23 May 2019

Soeur Viviane Tsangu in memoriam

22 mai 2019. Un texto de Gaby: "J'ai oublié de te dire que la Soeur Tsangu, qui fut DG à l'lsp Kikwit, est décédée. Sa dépouille mortelle ira à Kikwit le vendredi mais fera escale à Kenge, paroisse Mwense Anuwaite vers 10h. ... Soeur de Marie au Kwango de Kikwit... Paix à son âme!"
Que son âme repose en paix! Que la terre de nos ancêtres lui soit tendre. Soeur Marie Viviane Tsangu Makumba fut une pionnière tant sur le plan spirituel qu'intellectuel parmi nos soeurs, une des premières à avoir décroché un doctorat es lettres. En plus elle fut une des premières à diriger un institut supérieur. Probablement une des premières à avoir publié un livre d'essais en éditions. Dame modèle sur beaucoup de plans. Femme de poigne, intelligente avec tout ce que cela implique d'arrogance et de fierté, soeur Viviane était respectable à plusieurs égards. Au Congo, j'ai eu des occasions de la rencontrer, mais c'est Fribourg que je l'ai mieux approchée, que j'ai eu à échanger avec elle. Au Congo, à l'époque, j'avais collaboré avec Mgr Louis Nzala, à l'époque sécrétaire-général adjoint de la CEZ, à la rédaction d'une lettre importante pour défendre sa cause auprès de l'autorité suprême du pays. C'était pour le compte des évêques de la CEPKIN. Les sieurs Mulasa ou Katosia s'en souviendront sans aucun doute. 
De Kikwit elle fut mutée à l'uni de Kinshasa, et l'abbé Fernand Mukoso la remplaça comme DG. De là, elle prit son congé sabbatique à Fribourg. On formait une petite communauté avec les Makelele, Bula, Biletshi ainsi que les abbés Lufwende et Kisambu, De cette époque date la publication du livre Pour une introduction à l'africanologie (Fribourg, PUF Suisse, 1994) que j'ai cité dans ma thèse. Un livre, il faut l'avouer, assez difficile à lire pour les non-initiés. Lorsqu'elle devait voyager pour le Congo pour les funérailles de sa mère, c'est moi qui l'avais accompagnée à l'aéroport de Genève. Au retour de ce voyage, elle me ramena un courrier qui fut détourné. No comments! Plus tard, de passage à Fribourg, je rencontrerai son neveu au centre d'insertion que dirige Régine Mafunu. Autant de souvenirs qui restent et passent. 
Je m'unis à la douleur des Soeurs de Marie au Kwango, et de sa famille biologique. Que son âme repose en paix. Kwenda mbote, Soeur Viviane.    
  

19 May 2019

19 mai: jour de baptême

Je fus baptisé à Kimbau un 19 mai, le 19 mai qui a suivi ma naissance soit trois semaines plus tard. Les anges du ciel m'accueillirent triomphalement et au milieu de mes pleurs de bébé, ils me dirent: "Tu es devenu fils de Dieu", dans la stricte tradition catholique. Aujourd'hui voici la réaction de ma muse Fleur de Cactus au rappel de cet événement capital:  "Félicitations chéri. Mon souhait est que tu puisses préserver les acquis du baptême. Lusm MP." A quoi j'ai répondu: "Waaauu merci MF. Je vais essayer de rester bon chrétien." Je garde jalousement mes deux carnets de baptême (Ne vous en faites pas: le contenu de ces duplicata est le même).
Selon mes parents, aujourd'hui d'heureuse mémoire, je fus baptisé par le P. Joseph Malfliet SVD. C'est ce que j'ai retenu. Une fois à Overijse en juillet 1982, je priai le P. Guus Van den Broeck de me conduire à lui et j'eus ainsi l'insigne honneur de rencontrer ce vénérable missionnaire dans la maison de retraite où il passait ses vieux jours. Celui qu'on appelait Kayefwa ou Tsia-mutombu à Kimbau me parla avec une affection très paternelle de ses souvenirs et démélées de Kimbau; il me donna quelque francs belges. Je venais de terminer mon bac en théologie à l'Urbaniana de Rome. Je ne l'avais jamais vu au Congo alors qu'il travaillait à Dima. Dans le registre des baptêmes de Kimbau, c'est plutôt le P. Tromp qui a signé comme officiant. Soit. Je suis fils de la Mission SVD. Un clin d'oeil au P. Hugo Tewes. 
Le littéraire que je suis devenu garde quand même une certaine fidélité à sa foi et ses engagements antérieurs en dépit des péripéties de la vie. Ce matin, à l'église, on a fait passer une fiche d'identité paroissiale et demander à chacun d'indiquer le type de ministère dans lequel il (elle) voudrait s'engager. J'ai répondu: "Nonne" à toutes les propositions. Tout le monde est engagé sauf moi. MF est engagée, pas moi. Ibangu et Mukawa sont engagés, pas moi. C'est que je ne me vois plus actif dans ce domaine, préférant laisser les autres m'édifier et servir l'Eternel au sein de la paroisse. Mais je demeure un chrétien catholique pratiquant. 
Ceci me rappelle le cas de mon ami Albert Kappenthuler ex SVD qui, lui, s'est converti en animateur pastoral au lieu même où il a exercé son ministère sacerdotal. Chacun a sa vie, je respecte et admire.  

17 May 2019

17 mai 1997-17 mai 2019: La démocratie en RDC

J'ai toujours contesté l'applicabilité de la démocratie dans nos pays africains. Les événements jusque là me donnent raison. La démocratie est hélène, laissons-là à ses fondateurs. Ce qui se passe dans nos pays est souvent entaché d'irrégularités qui en démolissent la rigueur et la force. La faiblesse politique de nos pays réside dans la volatilité de nos institutions. La Constitution peut être amendée à tout moment afin de plaire au leader en place plutôt qu'à la nation entière. Les institutions peuvent être mises au service exclusif du leader sans qu'aucune voix ne se lève contre cette pratique. Tout cela s'est vu, se voit et se verra encore. C'est, on dirait, notre lot.
Ce 17 mai 2019 soit 22 ans depuis que le président Mobutu Sese Seko a quitté le pouvoir chassé par Laurent-Désiré Kabila. Que s'est-il passé entre-temps? Le Zaïre est redenu RD Congo. Une guerre s'est déclarée en 1998, et Kabila père a été assassine en janvier 2001, succédé par son fils Joseph Kabange que les combattants appellent Hippolyte Kanambe. L'identité de ce dernier est controversée car d'aucuns l'appellent un fils adoptif plutôt que biologique. La rumeur peut fabriquer des rois et des reines. L'histoire jugera. 
Depuis les élections du 30 décembre 2018, il y a un nouveau président du nom d'Etienne Tshisekedi, le propre fils de l'opposant historique Tshisekedi wa Mulumba. Ce dernier aurait été désigné par l'ancien président qui tenait à garder pignon sur rue. Et on aurait fait marcher la CENI. Tout cela se dit dans notre beau Congo Démocratique. D'autre part, Martin Fayulu, qui affirme avoir été élu à la hauteur de 62% des voix continue sa campagne de clarification pour réclamer la vérité des urnes. Y réussira-t-il au moment les institutions du pouvoir sont encore en train d'être mises en place? Il y a une majorité parlémentaire et sénatoriale acquise à l'ancien régime. Ce qui fait de l'autorité morale de cette plateforme politique FCC, Monsieur Joseph Kabila, un acteur incontournable dans la formation du gouvernement, dans la gestion de la sécurité, de l'armée et des finances du pays.
Les commentaires vont dans tous les sens selon qu'on appartient au pouvoir ou à l'Opposition. Une opposition presque inexistante et sans véritable poids étant donné que presque tous les gouverneurs, les sénateurs, les députés nationaux ou provinciaux appartiennent au FCC. On ne voit pas comment le président actuel peut juguler la force de cette institution. Un président sans majorité ressemble à un estropié de membres essentiels du corps. C'est cela la triste constatation des observateurs avertis, spécialistes ou non; et même du commun des mortels. On en arrive à se demander si notre pays n'est pas maudit. Pourquoi des questions de gouvernance aisément résolues ailleurs ont du mal à être intériorisées ou appliquées chez nous? Que l'ancien président invite chez lui tous les gouverneurs et députés de sa famille politique en toute légitimité ne trouble personne, encore moins le garant de la Constitution. Que le nouveau président se voie imposer des collaborateurs en dehors de son obédience n'inquiète aucun compatriote... On assiste à une léthargie politique sans nom, mais dont les conséquences se révéleront néfastes dans un proche avenir.A l'issue des 100 premiers jours de la présidence de SEM Félix Tshisekedi, l'opinion nationale et internationale par les réseaux sociaux et la presse, se demande qui dirige réellement la RDC. La question est pertinente d'autant plus que le président élu ou nommé n'a pas encore réussi à désigner un formateur pour son gouvernement. C'est apparemment là que le bât blesse. Il aurait signé des accords qui l'empêchent d'exercer ses fonctions de président avec tous les attributs ou fonctions que lui accorde la Constitution. La confusion est totale dans les esprits des Congolais. Nous ne voyons pas encore le bout du tunnel. Attendons de vivre le tournant de l'histoire.  

Floribert Mvunzi in memoriam

17 mai 2019. Avec une profonde douleur je viens d'apprendre de mon neveu Herrman Mawana la mort hier à Kinshasa de Floribert Mvunzi. Que son àme repose en paix!
Antonio a eu, je dois l'avouer, une vie particulièrement difficile. Lorsque je l'ai revu en janvier 2018, il essayait de prendre des fonctions au sein du gouvernement provincial du Kwango au titre de chef de bureau (?) aux Affaires coutumières. Rien qu'à le voir, on pouvait observer une certaine précarité dans son maintien et sa vie. J'ai eu une franche conversation avec lui. Ce fut notre dernière rencontre. Aux dernières élections législatives, son nom figurait comme premier suppléant du candidat Kikwa. Il a tenté de se faire une place au soleil.  
Comment dire? J'ai connu F. Mvunzi dès mon arrivée à Kimbau en octobre 1967, brillant élève de 6è primaire selectionné et orienté au petit séminaire de Kalonda. Condisciple de Benjamin Bwanana (+), Jean-Pierre Mankasi, Thomas Nzas, Nicolas Ngemi, Florent Gabati, Albert N'Koy, Séraphin Mbenza, Noël Matonga, Nsutieri, Muyembe, Ben Bulu, Bertin Mbolo, etc. Hannibal se révèlera très protecteur à mon égard devant les menaces des anciens. Les Kalondais se souviennent des bleusailles. Il poursuivra sa formation plutôt à Kenge. Deviendra enseignant à Kimbau avant de retourner aux études à Lubumbashi pour une licence en relations internationales ou sciences politiques. En 1993, il m'informe qu'il a obtenu une inscription pour un doctorat à l'université de Genève. Il faut l'aider pour les démarches. Puis on a perdu contact. Des témoignages disent qu'il était très social, participait à toutes les funérailles des gens qu'il connaissait.
Une chose que je n'oublierai jamais de lui à Kalonda, c'était au football. Hannibal était un joueur fort médiocre. Il jouait au foot parce qu'il était obligé de pratiquer ce sport pour lequel il n'avait pas de talent. De corpulence forte, il aimait intimider les adversaires: "Katuka kuna, katuka kuna, katuka... ", il tapait alors indistinctement et sur la balle et sur l'individu qui possédait la balle. Et nous, ne pouvant l'affronter de face, on ironisait: "Mu katuka mu kwenda wapi? Beto yonso ke bula balle, etc." Quelqu'un se souvient-il de ce que signifiait le verbe "chauffer" au foot à Kalonda? Il s'agit d'un genre de foot pratiqué par les séminaristes de façon brutale, violente, efreinée, hystérique. Certains appelaient cela "Coupe du Monde", on cognait tout ce qui passait, on frappait la balle contre l'adversaire, de préférence de la classe adverse. Une aubaine sur un plat d'or pour les anciens que de "chauffer les nouveaux". Je revois Antonio à l'oeuvre dans cette sorte de carnage autorisé sur le terrain. Du foot sans loi quoi. 
J'ai reçu à son sujet des nouvelles sporadiques par quelques proches tels Félicien Munday, mais surtout Constant Mawana. Une vie familiale mouvementée, un statut social à la limite de la débrouille kinoise. Autant d'indications sur les difficultés qu'a endurées notre frère.
J'ai revu Floribert aux obsèques de ma mère en 2012 et de ma nièce Alida en 2014. Je lui en suis reconnaissant. La dernière image de lui que je garde gravée dans ma mémoire date de janvier 18 à Kenge. Condoléances émues à sa famille biologique et aux amis.
Wenda mboti Floribert mwana mama. Nzambi ka kuyamba ku hata diandi. Tuyindulaka betu tuzingi yaku.

12 May 2019

La Journée Mondiale des Mères

12 mai 2019. L'abbé André Mukanu, professeur au grand séminaire de Kalonda, fête son énième anniversaire. Il me l'a annoncé hier et je l'ai congratulé comme il se doit. Joyeux anniversaire cher cousin. Double cousin, aussi bien par sa mère que par son père. Santé, bonheur, paix et bénédictions!
D'autres cousins, nièces et neveux ont fêté aussi leur naissance en ce début de mois. Meilleurs voeux à Sophie, Rita, Joël, Michel, Rob, et d'autres. 
Ce dimanche a aussi été un jour d'hommages à la femme-mère d'enfants. Je l'ai appris comme toujours par les réseaux sociaux: Limbi, Sr Angélique, Rosemary, et... bien entendu à la messe dominicale. A la suite d'un échange sur un sujet délicat avec l'abbé Jean-Robert Mifuku, ce dernier a conclu comme suit:
"Tout à fait...évangile de ce dimanche, nous invite aussi à être attentifs aux autres à l’instar du bon pasteur, c’est aussi cela notre engagement et mission."
Je découvrais à cet instant que c'était le dimanche du Bon Pasteur. Mes souvenirs de calotin sont revenus à la surface comme à chaque fois que je me reconnecte aux célébrations liturgiques catholiques. L'idée m'est venue de publier un message de vœux aux mères sur mon mur de Facebook: "Excellente fête à toutes les mères". Je me otsuis rendormi car il était 3 ou 4 heures du matin;; Qu'importe. Un texto à un Dr Pengele pour des renseignements académiques. Un coucou à mon mwana mama Dédé Pengele. Un coup d'oeil sur d'éventuelles surprises de dernière minutes. Je me suis rendormi.
A la messe dominicale Father a fait l'éloge des femmes-mères d'une façon particulièrement émouvante. Nous avons tous été émus par la profondeur de son homélie et la bénédiction qu'il a conférée aux mères à la fin de la messe. J'ai personnellement admiré le sens humain du curé. Ensuite nous sommes passés du côté de notre ancienne propriété pour nous rendre compte de l'état des lieux. Beaucoup de mangues, de citrons, des avocats et des bananes royales encore verts mais prometteurs d'une bonne récolte dans quelque deux ou trois semaines. Je dois avouer que ce petit parc privé me manque depuis que nous avons déménagé à Prior Park il y a bientôt deux années. Ce site ne semble pas propice à une telle expansion agricole.
Le soir les enfants ont cuisiné des pizzas en l'honneur de leur mère. Une recette qu'ils ont appris à l'école, au cours de ménage. Nous avons savouré ce mets offert par les mapasa avec appétit et fierté. Bref, nous n'avons pas manqué à cette fête qui s'impose chaque année comme une inévitable tradition.


Une semaine différente des autres

Cette semaine s'est passée d'une façon peu normale. Je voulais ou j'ai planifié de faire un certain nombre de choses, mais peu ou presque rien s'est réalisé. Et pour cause? Moi-même bien entendu. Avec le temps et l'âge on devient moins strict vis-à-vis des principes que l'on a longtemps soutenus. C'est vrai. On devient vieux, tolérant et modéré. Pas vieux de douze ans, mais vieux de soixante-dix ans, quoiqu'il n'y ait pas de différence entre les deux. Vous vous étonnez sans doute? L'expression n'est pas de moi, de M'Khetu Toma Ku ... Nsinga Nsitu, aka Kapendson Fils. Un vieux, c'est en esprit, mais pas en âge. Consolation pour ceux et celles que le poids des années assujettit sans cesse. Soit, mon problème n'est pas là. 
Moi, j'ai prévu des rendez-vous qui se sont réalisés à moitié. J'en ai eu un qui m'a presque terrifié, mais c'était plus de peur que de mal. C'est la vie. Je m'en suis bien sorti. Il ne s'agit pas du taux de cholestorol ni d'une maladie quelconque, loin de là; mais bien d'une rencontre où l'on se dit: "c'en est fait de moi". Hélas, en fils béni de Dieu, je m'en suis sorti fort et élevé. "Blessed". Yes I am blessed. God does wonderful things in my life. Alleluia! La fleur de cactus mon inspiratrice et complice sait de quoi je parle.
Redevenons sérieux. J'avais des examens et des travaux à corriger, mais pour une raison ou une autre, je ne les ai pas finies, empêché que j'étais d'accomplir mes devoirs. Il y a eu des maladies dans la famille restreinte et élargie, qui m'ont préoccupé au point de neutraliser mon rythme de travail. Il y a des déconvenues sur le plan des projets et des prévisions de travail qui se sont révélés frustrantes. Il y a eu également des appels à l'aide auxquels je suis reste presque insensible faute de moyens, impuissant devant la fatalité alors que je ne suis pas de ce genre.  Encore une fois, c'est la vie.
Je dois toutefois avouer qu'elle a été merveilleuse cette semaine. Il faut rendre grâce à l'Eternel pour tant de merveilles qu'il accomplit autour de nous nous. Maman Annie est sortie d'hôpital. Mon cousin également, mais cela doit encore se confirmer. Des raisons de satisfaction sans détour. Mon blog en souffre un peu, mais j'ai décidé de réduire le nombre hebdomadaire d'entrées. Occuper mon temps à autre chose que m'asseoir et écrire. Il parait que la vie, c'est plus que ça. 

8 May 2019

Des malades dans la famille

Depuis plus de deux semaines deux proches sont hospitalisés: Maman Annie et Richard Mbangi. La première est ma tante paternelle, elle se trouve à St Joseph à Kinshasa. Elle vient de sortir des soins intensifs, mais il y a une nette amélioration de sa condition. Le second, mon cousin préfet, pasteur et assistant à l'Isp, est interné à la Clinique de Kenge. Aux dernières nouvelles, il attend le OK des médecins pour sortir. Demandons à l'Eternel de les guérir et de les protéger. Union de prières et de coeur!