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2 avr. 2026

L'élimination de l'Italie

Un drame. La première fois que c'est arrivé que l'Italie n'a pas été qualifiée au Mundial, j'étais stupéfait. Inconsolable méme si c'était pas mon pays. C'était en 2014. La deuxième fois, j'étais étonné toutefois me disant que c'était pas la première fois. Et avant-hier, leur troisième élimination m'a fait réfléchir et voir les choses en face. Je le savais déjà, ou du moins le soupçonnais.

Le football italien est en crise. La crise est très profonde, plus profonde qu'on ne l'a cru. Qui l'aurait cru d'ailleurs? C'est comme si on avait perdu une grosse somme d'argent qu'on espère encore retrouvée, peut-être enfouie dans une poche de pantalon ou de sac à dos. L'Italie vient de renier sa grande classe historique en matière de foot. Quatre fois championne du monde! Et quelle humiliation  de se voir éliminée par une équipe sans prestige dans le monde footballistique. Une génération italienne est privée de ce privilège immense de voir gli Azzuri défendre leur honneur au terrain le plus élevé du football. 

Une crise qui révolte les esprits les plus sensibles à tel point que Arrigo Sacchi s'est exclamé: " I am not a racist,... but there are too many blacks in our teams ". C'est cette déclaration raciste de Mr Sacchi qui m'a poussé à écrire cette entrée. Comment une éminence grise du football s'est abaissée jusqu'à ce niveau? Venant d'homme qui a joué contre Pelé, entraîné Gullit, siégé au sommet du foot mondial, une telle déclaration ne peut que le disqualifier du piédestal qu'il a occupé longtemps. Effet de frustration? Déclaration délibérée? Tout est possible. Mais Sacchi est raciste.

Moi qui ai vécu assez longtemps en Italie, je sais de quoi je parle. Je peux prétendre connaître les Italiens. Pour y avoir vécu du temps de sa gloire, je sais à coup sûr de qu'est le "calcio" pour les Italiens. Une véritable religion. J'ai bien connu la Nazionale qui a gagné la CM en 1982 sous la direction technique de l'entraîneur Bearzot. Cette équipe-là avait des joueurs: Dino Zoff, Gentilé, Scirrea, Cabrini, Tardelli, Antonioni, Rossi, etc. Contrairement à la situation actuelle, les Italiens ont toujours eu de très bons clubs: Juve, Inter, Milan, Roma. Et d'excellents joueurs comme Maldini, Baresi, Baggio, Del Piero, ou Battega, Buffon, etc. A présent les plus performants ne dépassent presque jamais le niveau du quart de finale en coupes européennes. Les grands joueurs sont presque inexistants. De quoi s'en prendre aux Noirs trop présents dans leurs clubs et étouffant leurs jeunes talents de s'épanouir. 

Pour moi Scirrea et Baresi sont les meilleurs défenseurs, quoique Maldini soit bon. La honte actuelle n'est que passagère. L'Italie sera au prochain Mundial, si elle apprend de ses erreurs. Au travail ! Forza Italia ! Qu'on se le dise, cela pourrait arriver à tout pays du monde au vu de l'émergence de nouvelles nations footballistiques. C'est aussi cela la beauté du sport roi.

31 mars 2026

RDC Eloko ya Makasi

Ce soir du 31 mars 2026, les Léopards de la RDC ont mis fin au sort maléfique qui pesait sur eux en se qualifiant pour la phase finale de Coupe du Monde 2026, qui aura lieu aux US-Mexique-Canada. Cela faisait 52 ans que les Léopards de la RDC ne s'étaient plus mais qualifiés pour cette compétition. En 1974, l'équipe de base alignait Kazadi, Mwepu, Mukombo, Bwanga, Lobilo, Mana, Kibonge, Mayanga, Ndaye, Kidumu et Kakoko sous la houlette de l'entraîneur yougoslave Blagoje Vidinic. Ce soir, j'ai vu entre autres MPasi, Maswaku, Mbemba, Wissa, Meschiak, Bakambu, Mbuku, Twanzebe le buteur, Sidiki, etc. sous la direction sous la direction technique du Français Desabre. C'est un grand jour pour la RDC. Félicitations les gars ! RDC Eloko ya Makasi!

Commentaires des Congolais :

"Le match s'est joué sur 2 jours, 2 mois, 2 heures et 2 arbitres, on nous a refusé 2 buts et la RDC a 2e participation à la coupe du monde... on devait juste gagner !" (sic)

Occasion de penser à la mémoire de Kazadi, Mukombo, Mwepu, Ndaye, et d'autres comme Mavuba, Kembo, Ntumba, Kalala, Kalambay, etc. Honneur et respect. 

Les Léopards se sont qualifiés à l'issue des prolongations, à la 100e minute. Un but qui a couronné une série de deux buts manqués ou annulés pour motifs de hors-jeu. Le match était très tendu. La RDC a dominé la première mi-temps. Et les Reggae Boys ont dominé la deuxième mi-temps, imposant un jeu pausé qui brisait le rythme de celui des Léopards plus enclins à l'attaque à outrance. Je dois reconnaitre la maladresse des attaquants qui auraient pu marquer plus de deux buts en bonne et due forme. Soit. C'est aussi cela le football. Dans ces genres de match seuls les plus pragmatiques et les plus chanceux gagnent. Le reste ne compte pas. Ouf, c'est gagné. Les Léopards vont rejoindre le groupe du Portugal, Uzbekisthan, Colombie. Bonne chance! Fimbu ebatami kaka mbala moko.  RDC Eloko ya Makasi! Félicitations les gars. 

L'électricité de Kakobola

"Plus de 72 heures après le supposé lancement du barrage de KAKOBOLA, la ville de Kikwit sombre comme à l’accoutumée, dans l’obscurité la plus totale. Depuis Kikwit, nos sources confirment l’usage d’un groupe électrogène, le jour de l’inauguration, faisant croire à la desserte du barrage. Dans le chef de la population, le doute gagne du terrain. Ménages, établissements publics et privés, aucune structure ne consomme à ce jour la desserte de Kakobola. Les rues de la ville ne sont pas épargnées."

(Source:  Jonas Shampa jsl180T hreads)

Playoff: DRC vs Jamaica

March 31,2026. Today DRC Leopards are going to play against Jamaican Reggae Boys in Guadalajara, Mexico for a qualification to the final round of the 2026 FIFA World Cup. This derby forms a huge opportunity for DRC to come back to this Football Event after 52 years. My wish is obviously to see them win, but the victory has to be on the pitch. I see the Reggae Boys playing from times to times. Like for many Caribbean matches, the stadium is half full, I really don't have a clue re their form or strength. DRC look solid and collect on paper. Their last wins over Cameroon and Nigeria convinced me. But as said, in Football victory only counts after 90 minutes. Wait and see. Fimbu, fimbu will occur hopefully. Let us cross our fingers.

29 mars 2026

La rhétorique de la guerre

La guerre est une machine à tuer et à détruire. Elle tue et anéantit. Elle est le signe de la cruauté humaine. Tout homme est cruel sous le militaire qui sert sa patrie. L'homme est tellement mauvais qu'il faut se protéger de la prédation de son voisin. Un rien suffit pour que deux voisins en viennent aux mains: les pays se font la guerre pour montrer lequel est le plus fort. Pendant que l'amour se prêche à l'église, la haine sévit dehors. Et les mêmes prédicateurs vivent dans un environnement criminel dont ils ne réussissent pas à éradiquer la cruauté et la violence. La guerre ressemble à un concours de sauvagerie sous le beau couvert de l'héroïsme et de la bravoure patriotique. On jure de mourir pour son pays tant qu'on n'a pas éliminer physiquement son adversaire. L'ennemi naturel c'est le voisin; il est à exterminer, à liquider, à effacer de la terre. Gagne le camp qui détruit le plus grand nombre de vie et ravagé les infrastructures et constructions de l'autre. La mesure des destructions et des ravages détermine le vainqueur et le vaincu. Malheureusement, l'homme n'a jamais appris d'autre leçon que la guerre pour construire son pays en conquérant la terre des autres, en envahissant les territoires des voisins ou encore en colonisant les plus faibles. Réduire le voisin en esclave, tel est un des principes du conquérant et de l'envahisseur. Les frontières s'établissent, évoluent et changent en fonction des guerres. Le nom des pays reflète l'honneur sanctionné par les guerres d'humiliation et d'occupation des pays voisins. La guerre est l'acte le plus abominable et le plus ignoble qui rabaisse l'homme à l'animal sanguinaire. L'homme se trompe lourdement lorsqu'il prétend qu'en gagnant une guerre, il grandit en force et puissance humaines. Non,  il se dégrade et s'avilit. Que la valeur d'une nation dépende de ses victoires guerrières démontre l'inhumanité dans laquelle l'homme est tombé. Que les ravages des terres et les destructions des biens d'autrui réalisés pendant les guerres deviennent critères de victoire sur autrui amènent à penser combien l'homme est non seulement inhumain, mais qu'il a perdu sa raison d'être et le sens de sa mission sur terre. Que les belligérants renouent avec la paix quoique ce soit une mission impossible. L'homme est naturellement enclin mal, au crime, à la destruction, à la bataille, comme à la guerre la plus violente. Au lieu de s'en repentir,  il tire orgueil et fierté de la néantisation de son prochain. Au niveau individuel, communautaire ou national, il joue au héros sans coeur ni pitié, au tueur sans regret ni amour. Détruire, tuer, ravager, exterminer avec hargne, anéantir, voilà ce qui le pousse à vivre. Tout le contraire de l'éducation familiale, scolaire, culturelle ou religieuse reçue comme principes fondamentaux de vie. La guerre, c'est l'idéal. Horrible! La rhétorique de la guerre est contraire à l'essence même de l'humanité, même si la réalité nous montre le contraire. 

28 mars 2026

Un malade pas comme les autres

Il y a trois jours, l'envie m'a pris d'appeler une belle-soeur, Béa, la veuve de mon cousin Kingoma décédée depuis 1998, avec qui je me suis reconnecté depuis la mort de son fils Francis. N'ayant pas de phone, je l'appelle par celui de sa fille Sarah. J'ai appris que mon neveu Mutwambi, chauffeur de son état, voyait le dos d'une personne se planter devant lui alors qu'il conduisait son véhicule. L'apparition est tellement fréquente que le jeune homme a risqué de faire un accident. Quant à la personne, elle ne se montre que du dos, donc impossible de l'identitfier. Surpris, j'ai demandé s'il a été conduit à l'hôpital. Réponse: Non c'est pas une maladie d'hôpital, mais d'église. Dimanche, il sera amené à l'église de Bima pour être exorcisé. L'homme est dans la quarantaine. Depuis un certain temps, je n'aime plus questionner ces genres d'attitudes et de comportements. Dans ma logique, il faudrait amener un malade psychosomatique ou non à l'hôpital. Mais tel n'est pas le cas pour eux qui préfèrent l'église où un pasteur aux vertus miraculeuses va lui imposer les mains. C'est leur choix, je le respecte sans le remettre en question. Encore une fois, les pasteurs ont une influence puissante sur leurs adeptes. Tant mieux si le résultat attendu est atteint. Car ce qui compte après tous, c'est la guérison du malade. 

Lorsque j'ai parlé à sa maman, cette dernière m'a prié de n'en parler à personne. Mais à mon intention, elle a souligné: "Eglise eza na mbongo" (l'église est riche). Pour une femme qui ne m'a presque plus vu depuis que j'ai quitté le sacerdoce, cette remarque anecdotique frise à la fois une interpellation et peut-être une exhortation spontanée à un retour dans l'ordre sacerdotal. Ou du moins à créer une église afin non seulement de guérir les malades mais d'acquérir quelques bonnes sommes d'argent. Quant au silence qu'elle me prie de garder, c'est sans aucun doute pour éviter le sort maléfique des sorciers et la jalousie des autres. On ne dévoile pas la maladie de ses enfants à des "inconnus", à des personnes qui n'apprtiennent pas à la famille. Les mauvais esprits guetent chaque occasion pour jeter des sorts crapuleux. Quand la famille immédiate peut s'en sortir seule financièrement, elle évite de divulguer la nouvelle pendant que les malades sont sous traitement. D'où la garde du secret est stricte. C'est une pratique courante. Superstition ou calcul? Certains tiennent à leur intimité et au contrôle du cercle où l'information circule. D'autres s'abstiennent, ce faisant, de déranger ou de perturber la sensibilité d'autres membres de la famille. Les prétextes du silence sont nombreux. Comme par coïncidence et pour consolider cette idée, mon beau-frère m'a annoncé seulement aujourd'hui 28 mars 26 son opération datée du 25 mars. Attendons donc d'assister à la guérison complète de ce malade qui n'est pas comme les autres. 

La guerre USA-Israël vs Iran

Depuis le 28 février 2026 s'est déclenchée une guerre de destruction massive entre la coalition Etats-Unis-Israël et l'Iran, entre deux grandes puissances nucléaires et un pays qui tient à enrichir son uranium. Une guerre controversée, mais justifiée par les initiateurs pour assurer la sécurité du Moyen Orient et du monde. Cette guerre ressemble à celle qui oppose la Russie et l'Ukraine. Par-ci par-là, il y a des poches de guerres en Afrique, en Asie comme en Amérique Latine. J'avoue que la paix n'existe pas dans le monde; qu'il n'y a que la guerre qui s'enfouit pour mieux ressurgir à la face de la terre. L'homme, plus il est puissant, plus il est enclin à assujétir le plus faible. C'est dans l'instinct naturel de l'homme de faire la guerre sous le prétexte d'une agression de l'autre désigné désormais comme ennemi. Très souvent, des agendas cachés se profilent derrière les intentions de sécurité nationale ou de légitime défense. La géopolitique mondiale oblige à restructurer les enjeux actuels en vue d'un meilleur positionnement à l'avenir. Les alliances se font et se défont en fonction des intérêts des puissances qui gouvernent le monde. 

Le monde, jadis divisé en deux blocs, voient l'émergence de nouvelles puissances. Les états qui disposent de l'arme nucléaire s'imposent et empêchent les autres d'y accéder. La Chine, l'Inde, l'Afghanistan ou le Brésil, redéfinissent la cartographie géostratégique du monde. Les USA comme la Russie dictent leurs volontés en dépit des résistances des "états attaqués". Depuis plusieurs années, la Russie après avoir annexé la Crimée, mène contre l'Ukraine une guerre d'invasion qui s'enlise, cette dernière étant soutenue par l'Union européenne et l'Ouest. En début de cette année, les USA ont arrêté et extradé le président vénézuélien Maduro vers les États-Unis. Mais l'Iran résiste plus longtemps que ne l'a fait Venezuela, répliquant aux attaques en bombardant des porte-avions, des sites importants d'Israël et des alliés des US dans le Golfe. Les pertes en vies humaines et les dégâts matériels sont importants au Liban, en Arabie Saoudite, à Dubaï comme en Iran et en Israël. On assiste également à un retournement des situations... les Houthis yéménites s'en mêlent et épaulent l'Iran. C'est l'embrasement total tant que le détroit de Ormuz n'est pas rouvert, bloquant ainsi le passage quotidien de 20 millions de barils de pétrole. L'enjeu économique et financier est énorme, et le monde entier ne peut pas permettre ce blocus. 

La guerre, quoique parfois nécessaire, n'a jamais constitué, en soi, une solution à quelque problème que ce soit. Jusqu'à preuve du contraire, les analystes affirment que l'Irak et la Libye n'ont jamais retrouvé la "relative stabilité" atteinte avec les dictateurs Hussein et Kadhafi. Les belligérants finissent par signer un traité de paix, se positionnant selon l'issue de la guerre. Le plus fort dicte ses volontés. La trêve tant souhaitée tarde à venir, puisqu'il est attendu que le plus faible soit complètement annéanti et se rende. Il est notable que l'ONU se montre incapable de gérer ces deux conflits et de faciliter la paix. La vérité est que les USA et la Russie sont trop forts pour se plier aux normes qui régissent les relations internationales. Comme tout pacifiste, je souhaite que la guerre USA-Israël finisse au plus vite et cause le moins de victimes que possible. 

Investir son argent au pays

Dans les entrées précédentes, j'ai touché au problème de l'investissement au Bandundu, ma province d'origine. J'ai posé deux questions précises: Qui investit au GB? A quel prix investir au GB? Les questions se posent de la même façon pour tout le pays. Ces questions sont complexes, touchent même à l'essence de notre pays. 
N'est pas investisseur qui veut. Ma nature m'oblige souvent à ne pas prendre de risque. Je ne suis pas un homme d'affaires, quoique je pense que j'y aurais réussi avec un peu de volonté et de ténacité. Je suis un littéraire, je ne sais pas créer la richesse. Je n'investis pas, et quand bien même je t'aurais souhaité  avec quel argent? Je n'en ai ni le talent,ni les moyens ni le temps, encore moins la volonté de m'engager. Avec l'âge, je crois que c'est trop tard. Je suis plutôt un bon parleur qu'un acteur. Dois-je le regretter? Que non. A chacun son don reçu du bon Dieu. Un peu fataliste. Mais il revient à tout le monde de réfléchir sur l'idée d'investir au pays. 
Je suis prêt à critiquer les autres, à déceler leurs erreurs, mais je n'ai souvent pas de solution pour eux en cette matière. Ce que je soutenais au sujet du GB vaut pour tout le pays. Des conditions de sécurité et des infrastructures sûres constituent le socle de l'investissement. On n'investit pas dans un pays en guerre: on survit, on vend des armes et des chars. Un minimum de paix inspire confiance aux investisseurs ou opérateurs économiques. Je suis souvent surpris lorsque des communautés me demandent de leur venir en aide par un investissement personnel plutôt que par une facilitation d'investissements auprès d'éventuels partenaires. Nos gens aiment les "dons".
L'insécurité qui sévit actuellement au pays constitue un facteur de dissuasion aux potentiels investisseurs. Même aux natifs du pays qui voudraient y faire fructifier leur argent. Investir dans un projet commun du genre route, hopitaux, écoles ou hôtels, serait louable, mais très risqué. Parmi les difficultés rencontrées se trouvent être une administration prédatrice, un clientélisme ruineux, une corruption aveugle prête à tout remettre en question. Des personnes osées ont essayé et ont échoué lamentablement. Cela ne veut cependant pas dire qu'il n'est pas possible d'investir. 
L'instabilité politique et sécuritaire n'inspire pas confiance. Par contre, un génie dans ce domaine saura trouver dans quoi investir.  Qui réussissent aujourd'hui dans les affaires? Quelles catégories de personnes ou de professions prospèrent au milieu de ces eaux troubles? On pourrait les identifier sans difficulté. Les temps durs suscitent d'énormes opportunités pour certaines personnes.
Les pasteurs par exemple génèrent des sommes colossales dans leurs églises-entreprises. Nigerians et Congolais sont au sommet de l'échelle des églises du réveil. Les musiciens tous genres confondus ne sont pas à négliger. Les hauts gradés militaires, les politiques souvent convertis en hommes et femmes d'affaires trouvent de quoi s'en tirer pendant que leurs bases de djalelo triment et trinquent. Les gestionnaires des entreprises de l'état mènent une vie décente même s'ils détournent les recettes publiques. Etc. Dans tout cela, il faudrait mettre les vertus cardinales et éthiques au placard. Observons attentivement le train des nouveaux riche. Est-il possible dans ce pays de s'enrichir massivement, comme on le voit, sans compromettre son intégrité ? Je laisse la question ouverte. 



27 mars 2026

A quel prix investir au Bandundu ?

J'ai suivi avec intérêt une vidéo qui parlait du développement du Grand Bandundu, insistant sur les apports culturels du Bandundu. Il s'agissait d'un message audio visuel de revendication adressé au chef de l'état par les fils et les fils du GB. Belle affiche qui reprenait un poncif séculaire: la construction de la RN17 reliant Mongata à Bandundu-Ville, et de là à Kikwit via Bagata. Cette route désenclaverait les provinces du Mayindombe et du Kwilu. Etant kwangolais, j'ai été frappé par l'absence totale du Kwango tant au niveau culturel qu'économique.  Je félicite et encourage l'initiative bien que le GB ne se limite pas aux seules deux provinces identifiées. 

La vidéo a évoqué un problème réel, condition sine qua non de tout développement. Les fils et les filles du GB ont intérêt à s'investir collectivement dans ce grand chantier routier avant de penser à autre chose. C'est depuis plus de 60 ans que cette route est attendue, et jamais personne n'a réussi à la réaliser. On a beau urbaniser 50 km de rues et avenues, mais tant qu'on n'aura pas relié Bandundu-Ville à la RN1, tous ces efforts demeureront incomplets et vains. Les fils et les fils du GB l'ont compris, et revendiquent avec raison la construction de cette infrastructure capitale pour la vie économique et l'avenir de la région. 

La balle lancée dans le camp du Président de la République doit être suivie de faits et d'un engagement effectif. Au lieu d'attendre des institutions de l'état, il faudrait en rendre la réalisation possible. 60 ans déjà passés à attendre. L'heure est maintenant à l'action, pas aux discours ni aux voeux pieux. J'en profite pour saluer l'initiative du colloque que l'ami prof Evariste Pinipini organise en novembre 2026 autour du développement de Bandundu-Ville. Il faudrait prendre le taureau par les cornes. 

A quel prix investir? Beh au prix du sacrifice et du renoncement à soi. A trop craindre les risques, on ne prendra jamais le coup d'envoi. Le temps est à l'action. Faites ce que vous pouvez hic et nunc. Dans les prochains 60 ans nous serons morts. 

25 mars 2026

Qui investit au Bandundu?

Je viens de suivre une vidéo intitulée "Bandundu Sonieee" dans laquelle une dame s'insurge contre les ressortissants du Bandundu qui n'investissent pas dans leur province d'origine alors qu'ils ont "écopé de grands postes gouvernementaux" comme dirait l'Honorable Paulin Kilankayi. Il y a des soit disant  hommes d'affaires du Bandundu qui ont construit GB à Kinshasa mais n'ont jamais rien construit dans leur Bandundu natal. Elle cite des noms que je préfère taire, car tel n'est pas le but de mon propos. Ces propos ont été tenus dans le cadre de la 13e Conférence des Gouverneurs de la RDC, conférence présidée du 24 au 28 mars 2026 par le Président Felix-Antoine Tshisekedi à Bandundu-Ville. Je trouve pour ma part cette interpellation fondée. Ce qui m'a amené à poser quelques réflexions à ce sujet.

"Toza na Grand Bandundu kasi miso na mitema eza na Kinshasa." (Nous sommes au Grand Bandundu, mais nos yeux et nos coeurs sont tournés vers Kinshasa). Un complexe d'infériorité vis-à-vis de Kin Malebo ou Kin Kiese. La fascination qu'exerce Kin sur l'esprit des Bandundois est énorme. Comment ne pas dire tout haut ce qui se voit même aux yeux d'un aveugle? Nous préférons construire à Kinshasa plutôt qu'à Bandundu, Kikwit, Gungu, Idiofa ou Kenge. Tous nos hommes d'affaires et politiques, députés provinciaux et nationaux, ont leurs résidences principales à Kinshasa. C'est dans notre mentalité. Investir en province relève d'un risque trop coûteux pour nos frères et soeurs qui possèdent plus que le commun des mortels. Les investissements jugés autrefois sérieux de quelques hommes en élevage, en agriculture, en pisciculture ou en hotêlerie, ont connu des sorts pitoyables, des pertes irrémédiables. Les guerres successives et l'insécurité les ont éradiqués. Le manque d'infrastructures routières appropriées décourage et sert de prétexte à une certaine léthargie chez les investisseurs potentiels. L'occasion serait pourtant propice pour investir, comme privés, dans ces infrastructures au lieu de tout attendre de l'Etat. C'est un secteur-clé du développement.

A une époque un ami m'avait invité à investir dans un élevage bovin, c'était très attractif, et la tentation était forte, mais j'avais jugé bon de ne pas m'engager. La guerre de l'AFDL en 96-97, soit dix ans après, a réduit le kraal en ruines comme un chateau de paille ou de sable. Découragé, l'ami n'a plus jamais osé réinvestir dans ce domaine. Même les grands élévages des missionnaires, des politiques ou députés, et autres privés expatriés comme nationaux, n'ont pas résisté aux tempêtes répétées de l'histoire et de l'insécurité. De nombreux hôtels ont été détruits sauf quelques uns qui se comptent sur le bout des doigts. Investir dans des "flats" est à la mode aujourd'hui pour les petits épargnants. Les grands pourraient investir dans l'hôtelerie à grande échelle, mais ne le font pas ou rarement. Et même encore, grâce à leurs carnets d'adresses, nos grands hommes et femmes pourraient recourir à de chaînes hôtelières internationales pour désenclaver nos villes et permettre un tourisme de plaisance ou d'affaires. Y pensent-ils ou bien l'ignorent-ils exprès? Vrai pour certains, faux pour d'autres.

Jusqu'à le preuve du contraire, nos hommes politiques actuels préfèrent souvent investir pour leur propre intérêt, pas celui de leurs électeurs pour qui ils ont accédé à la députation ou à d'autres responsabilités. Ils possèdent des somptueuses résidences et flats à Kinshasa pour leur propre compte. Une résidence secondaire au chef lieu de province sans se préoccuper du bien commun. Rares sont les hommes politiques et d'affaires qui ont construit chez eux d'importants hôtels, des écoles, des hôpitaux ou des espaces de loisirs au bénéfice de la ville ou de la province. Un égoïsme sans pareil. Souvent, ils possèdent un charroi automobile immense mais, à quelques rares exceptions, ne pensent pas à développer le transport en commun. Les commerçants ne font pas mieux. Quelques magasins et bars, quelques épiceries et quincailleries, rien de spécial. Pas d'idées innovatrices. Pas de vision. Juste l'immédiateté du sel et du sucre, et même encore, ils sont pris au dépourvu dès que les banques tardent à payer ou que les stocks de Kin sont vides. Pire, ils ne disposent même pas de dépôts. Soit, j'écris n'importe quoi. Nos hommes suscitent des espoirs qu'ils trahissent aussitôt qu'ils obtiennent les postes, ou que leurs affaires prospèrent. 

La vraie question demeure sans réponse: Qui investit au Grand Bandundu?       

24 mars 2026

Les relations familiales 2

Les familles diffèrent souvent dans la façon dont elles traitent ou se gèrent les relations entre les membres. Tous les sas de figures sont possibles et imaginables. Un simple événement anodin peut déclencher une tempête inattendue au sein de l'environnement familial. Cela se voit, cela s'est vu et se verra tant que le monde existera.

Il existe des familles solidement unies ans l'amour et la paix. Tous les problèmes qui surgissent sont traités avec sérénité et sagesse. La volonté de résoudre les problèmes et de rétablir l'entente entre les membres est manifeste. Des familles fondées sur la tradition séculaire du pardon et de la réconciliation réciproques. Oü les divisions sont taclées änla racine, les incompréhensions élucidées dès leur surgissement. Elles tiennent sur des principes simples de foi et de solidarité qu'aucune circonstance passagère ne vient bousculer. Ča c'est la situation idéale. Des familles où n' dirait comme si le ciel se vivait déjà sur terre. Il fait beau y vivre. Parents, enfants et autres membres y vivent sans une harmonie sans faille. Trop beau pour être vrai certes, mais imaginable. 

La plupart des familles que nous connaissons, la nôtre y comprise, vivent l'enfer sur terre. Je suis pessimiste de nature, j'exagère les petites choses. C'est un point de vue qui peut se défendre. Comme je le sais là, la moindre erreur est exploitée comme si il n meurtre avait été commis. Image de totale décrépitude. Lorsque le mensonge et l'intérêt égoïste interviennent,la confiance se perd,la méfiance prend du terrain et mine les relations. Comme je l'ai suivi avec  émotion, la vérité qui libère pourrait devenir un fardeau insurmontable. Un homme amène une soit disant une cousine. Il se découvre plus tard que c'est son amante avec laquelle il envisage de s'installer à l'étranger. Une femme vient dans son foyer avec un enfant de 5 ans qu'elle a présenté comme un orphelin domaman serait décédée. Imaginez ce que deviendra la relation après la découverte de la vérité. 


23 mars 2026

Les relations familiales

C'est depuis plusieurs années que je me pose des questions sur les relations familiales. J'ai assez vécu et ai accumulé beaucoup d'expériences sur ce sujet partout où j'ai passé ma vie. Dans ma propre famille comme dans d'autres familles. Dans mon pays comme dans plusieurs pays. Les relations familiales ont des particularités spécifiques liées à la culture et à la tradition locales. Je pose comme préalable que les relations familiales comme les relations amicales, sociales ou professionnelles subissent l'épreuve du temps. Frères et soeurs aujourd'hui, comment seront vos relations dans dix ans? Amis intimes, le serez-vous encore dans dix ans? Collègues de service ou confrères dans certains milieux professionnels, tiendrez-vous la même relation dans dix ans? Je prends dix arbitrairement, je prendrais aussi volontiers quinze ou vingt ans si Dieu vous accorde la grâce de vivre ensemble longtemps. L'épreuve du temps donne la mesure de la solidité relationnelle.

La mouvance temporelle influence beaucoup les relations. La famille elle-même éclate avec le temps. Etudes, professions, mariages, amis et autres intérêts immédiats séparent déjà la famille. En fait, tout ne dépend pas que de l'éducation ni de la tradition reçues dans l'enfance. Les études orientent dans telle ou telle direction. Les responsabilités comme les réussites ou les mutations professionnelles séparent forcément les uns des autres. Les mariages canalisent l'amour et les soucis envers les partenaires et les enfants plutôt que vers le noyau familial de naissance. Les amis acquis dans la communauté sociale, scolaire ou religieuse, influencent la marche de la vie d'une façon ou d'une autre, à tel point que certains deviennent des ennemis dès que les centres d'intérêts changent. Certaines fonctions éloignent de la famille et des amis si l'on n'y prend garde. Autant des circonstances qui divisent, séparent et infligent des échecs aux relations le plus solidement établies. Chacun évolue dans la sphère qui est la sienne. 

Un frère, une soeur, un parent meurent, chacun fait son deuil chez soi au lieu de s'unir aux autres. Dans les familles européennes, je ne parle que de ce que j'ai observé, des frères et soeurs longtemps séparés se retrouvent aux deuils ou aux enterrements. Souvent sans se parler ou en se disant juste bonjour parce qu'ils ne se sont pas entendus sur le partage de l'héritage familial. Oui, l'héritage familial divise fréquemment consanguins et utérins. Chez nous, c'est plus brutal, la famille paternelle chasse l'épouse et les enfants du défunt de la maison que ce dernier a bâtie pour sa progéniture. Les conséquences néfastes s'étendent sur des années, voire à jamais. Et le code officiel de la famille n'est respecté de personne. Droit coutumier et droit civil se contredisent, sans qu'aucune solution satisfaisante ne soit trouvée. Des familles s'effondrent souvent à cause des biens materiels injustement partagés. D'autres pour des motifs religieux. Une femme malheureuse, dépitée par le destin, trouve refuge dans une église du réveil où la prophétesse ou le pasteur l'éloigne des sorciers lui affirme que son mari, ses frères et soeurs seraient à la base de ses malheurs. La séparation est souvent fatale. Certaines églises soumettent les adhérents à des confessions publiques qui dénigrent l'hyocrisie des églises traditionnelles. Des amis s'écartent pour un détournement d'argent ou de biens leur confiés de commune entente. Des collègues se désunissent pour des promotions de service à coup de trahison et de calomnies vis-à-vis des autres. Les causes de division sont nombreuses.

A une amie proche qui refusait de parler à son ancienne amie, du moins celle que j'avais connue comme telle, j'ai lancé un défi. "Si c'était une vraie amitié, elle reviendra d'une façon ou d'une autre". Il est de règle que les vrais amis se retrouvent ou se réconcilient quoi qu'il en coûte. Plus rien ne sera comme avant certes, mais ils se retrouvent quand même. La situation se complique lorsque s'y mêlent diabolisation, envoûtement, sorcellerie, jalousie, envie, empoisonnement et autres méfaits. Tout est donc dans la conscience de l'homme. Si la volonté est là, la réconciliation est possible. Pas de miracle. Pas besoin de neuvaine ni de pasteur pour retrouver le frère, la soeur, l'ami ou l'amie, perdus. Pas de magie pour reconstituer la complicité de jadis, s'il y a amour et bonne volonté. Voeux pieux! La réalité est toute autre, parole de littéraire. Les relations familiales subissent irrémédiablement l'épreuve du temps. 

20 mars 2026

Eloge funèbre pour Papa Jean Mvwabika (1948-2025)

 ELOGE FUNEBRE POUR PAPA JEAN  MVWABIKA (1948-2026)

 Mes Chers Frères et Soeurs dans le Christ,

 Condoléances réciproques! Mon nom est Kahiudi Claver MABANA. Je vous salue depuis l’Amérique Centrale.

J’ai travaillé avec Papa JEAN MVWABIKA, pour moi un frère aîné et aimé, au service de Mgr Dieudonné M’Sanda et du diocèse de Kenge, pendant 5 ans de 1982 à 1987. Des années marquées par un soutien et un respect mutuels sans reproche.

La Providence divine a fait que son épouse s’appelait Angélique Kayengo Matsasu et ma mère Christine Matsasu Kayengo. Paix à leurs âmes! Mon cousin Adrien Kayala a épousé sa grande soeur Anastasie Mvwabika. Autant de liens précieux. Nous nous parlions de temps en temps au téléphone. Nous nous sommes revus aux veillées funèbres de ma mère et de ma nièce Alida. Permettez que j’adresse deux-trois mots à mon frère Jean avant son enterrement.

Mbuta Mutu. En août 79, la toute première fois que j’avais conduit une voiture à Kinshasa, c’est toi qui m’avais accompagné et guidé dans la Mini Morris du Frère Michel sur le Boulevard Lumumba, ce même boulevard qui te conduira aujourd’hui à ta dernière demeure. Quand je suis devenu secrétaire de Mgr M’Sanda, tu m’as été très proche. Excellent chauffeur, très dévoué et très poli. S’il y a un homme qui a bien connu Mgr M’Sanda, peut-être mieux que quiconque, et savait prévoir ses réactions, voire l’imiter, c’était toi. «Nge ta kumona dikosi na nge ve!». Combien de fois nous riions, complices et de bonne humeur, du lingala, des attitudes ou des paroles de notre Patron commun. Homme discret, effacé, sûr, ponctuel et très correct, dans l’exercice de ta charge, tu étais un homme de confiance, de dignité et de persévérance. Tu m’as énormément aidé à comprendre Monseigneur et à travailler avec lui. Nous parlions beaucoup et tu me prodiguais des conseils.

Je n’ai jamais oublié le jour où, revenant de Bandundu avec Monseigneur, nous étions embourbés de 8h30 jusque vers 16h à quelque 20 km après le bac de Buzala, avant Misay. Tu t’es demené, sans te plaindre ni te fatiguer, pour dégager la puissante Range Rover. En vain. Nous étions tirés par un véhicule de l’Office des Routes. De là, tu nous as conduits sains et saufs jusqu’à Kenge, sans broncher. Nous sommes arrivés vers 22 heures. Et le matin suivant, tu étais déjà à l’évêché, prêt à travailler. Quel dévouement professionnel!

Toi et moi sommes allés en pleine nuit déposer le corps de Jolie, soeur de l’abbé Kutukenda à Masamuna, et du frère Ndala à la maison généralice des Frères Joséphites de Kinzambi, à Kikwit. Tous deux décédés dans un accident à Pont Bakali. Des moments très durs! Tu étais toujours là. Respect!

« Mbuta Mutu, wenda mboti. Wakala mutu wa mboti. Baheka mboti bana benda ku ntwala ngeyi. Tuyindulaka betu tusadi tii kilumbu twa monana. Matondu mu mambu mamboti ma wasala. Wenda mboti, wenda mboti Yaya. Nzambi kakuyamba kuna hata diandi. Amen! »

 

Kahiudi Claver Mabana (Barbados), 19 mars 2026

 

16 mars 2026

Adieu Félicité Lunda

15 mars 2026. Hier est morte à 316 Félicité  Lunda, à la suite d'une crise d'hypertension (sic). Que son âme repose en paix. Condoléances mutuelles à mes cousines et cousins Lunda. 

"Bonjour les Copains, vous souvenez-vous des filles de la famille Lunda, qui nous préparaient la nourriture lors des examens d'état à Kenge? L'une d'elles, Félie, est décédée hier à 316. Que son âme repose en paix !" (Message envoyé ce matin à mes anciens condisciples de Kalonda).

Oui, c'est mon souvenir de Félie qui venait nous servir la nourriture avec sa a cousine Maboke jadis a la procure de Kenge. Nous sommes en juin 1975. Époque où se dansait le mabatalyi de Bella Bella avec la chanson Zamba de Soki Vangu. Je me souviens avoir esquissé quelques pas de danse avec elle devant notre réfectoire de fortune. Depuis, je ne l'ai presque plus revue... mais je la savais vivante à 316. Nous nous sommes croisés aux funérailles de son beau-frère Vital Ngoy sans nous rencontrer ni nous parler, tellement il y avait du monde. La voilà aujourd'hui ad patrem pour y rejoindre Papa Denis et Ma Monique, Mi-Rufin et Kovo. Je reste en union de prière et de coeur avec Romaine, Denis, Marie-Paule, Euphrasie, Kitsusuka et M'Sanda. Et toute la famille étendue. Nous sommes ensemble. Adieu Félicité ! 


Bonne et moins bonne nouvelles.

16 mars 2026. Commençons par la bonne. Noella Bunda, ma cousine, perdue depuis deux jours a été retrouvée saine et sauve. Dieu soit loué ! Dans une ville de Kinshasa en pleine insécurité, tout aurait pu lui arriver. Je n'ose pas imaginer le pire, rendons simplement gloire à l'Éternel qui a exaucé nos prières.

La deuxième, moins bonne, c'est le cas d'un vol survenu à Kenge dans la maison d'un de mes étudiants. Habits, téléphones, argent, chaussures et autres biens ont emportés par les malfrats. Les sas de vols sont devenus fréquents. Au camp SAS, une famille monoparentale a été visitéedeux fois en l'espace de trois mois. N'est-ce pas inquiétant ? Ce es bandits ou kuluna pulvérisent des produits en dormants ou somnifères instantanés qui neutralisént les occupants avant de les dévaliser. Viols et assassinats ne sont pas à exclure. 

15 mars 2026

Où va le monde?

Hier, je parlais d'info et désinfo. Il y en a à tous les niveaux. On ne sait plus qui ni quoi croire. Les grandes chaînes d'information se taisent ou ne diffusent que des informations orientées. Les silences et les déformations qui se remarquent dans la transmission des évènements répondent souvent à des idéologies souterraines qui les dirigent. Ce que nous voyons dans les réseaux parfois changent la réalité de ce qui se dit dans les grandes chaînes d'informations. Certaines questions se posent: on parle de la mort du premier ministre israélien, Mr Benjamin Netanyahu. Faux, archifaux. Les Chinois en parlent, mais les autres grandes puissances se taisent. Entretemps, on ne voit plus Mr Netanyahu. Silence officiel ou repli stratégique?  Je lis sur la page de TF1 que les Iraniens jurent de tuer Mr BN. ??? Autre chose. Aujourd'hui, Mr Trump appelle les autres pays à envoyer des navires de guerre afin de maintenir le détroit d'Ormuz ouvert. ??? Les Américains et les Israéliens seuls le pouvaient pourtant. Royaume Uni, Chine, France, Japon, Corée du Sud sont appelés à la rescousse. Il y a de quoi se poser des questions. L'enjeu du pétrole est de taille certes, mais comment la grande puissance américaine prend désormais la mesure de l'ampleur de l'opération qu'elle a commencée. Comment réagiront les pays invités au conflit?

14 mars 2026

Info ou désinfo

Il y a quelques jours a été diffusée dans les réseaux sociaux la nouvelle de mort de Mr Joseph Kabila, ancien président de la RDC de janvier 2001 à janvier 2019. Ce qui a marqué cet homme politique, c'est son silence et sa fermeté. Insulté, trainé dans la boue, Kabila reste de marbre. D'autres parlent à sa place. Il sort rarement de sa réserve, et vous laisse longtemps dans le doute. Maintenant les spéculations sur son mort arrivée tantôt à Uvira tant à Goma vont bon train, lui se tait. Silence radio. Est-il vivant ou mort? Tout le monde spécule. Ses partisans soutiennent qu'un drone aurait atteint la maison dans laquelle il se trouvait à Goma. Certains le disent vivant, d'autres morts brandissant des preuves audio douteuses. Un audio annonce le rassemblement de toute sa famille et ouvriers en Afrique du Sud pour les funérailles. Informations et désinformations riment sans que rien ne dissipe la confusion. Tout porte pourtant à croire que Mr Kabila est vivànt. Curieux qu'aucun média officiel ne parle de cette mort. Désinfo pour mystifier et banaliser sa mort. Une vidéo devenue virale le montre vivant, marchant en training comme pour un jogging de santé. La vérité, c'est seul JKK qui la connait. Qu'est-il arrivé au juste? Où se trouve-t-il en ce moment? Le mystère reste entier. 

10 mars 2026

Jamais vu un match pareil

10 mars 2026. Atletico Madrid vs Tottenham Spurs: 3-0 en 15 minutes, dont deux buts imputables au gardien qui, franchement, n'était pas entré dans le match. Les deux fois, le gardien n°1 est tombé de façon maladroite ou malheureuse. Manque de concentration? Peut-être de sommeil.  Je me suis posé tout de suite la question s'il fallait le garder sur le terrain. L'entraineur a pris la décision qu'il fallait, car au-delà d'une défaillance personnelle, c'est le prestige de toute l'équipe qui était en jeu. Il revient aux autres de remonter la pente. Le score pourrait s'alourdir dangereusement car il n'y a pas de cadeau en Champions League. Je ne serai pas étonné que ce soit une hécatombe pour les Spurs. J'ai vu Liverpool trimer face à Galatasarai pour égaliser d'un but concédé à la 7e minute. C'est ça aussi la beauté du football. Chaque match est spécial. Vive le foot. 

L'état de notre pays

Chaque fois que je rentre au pays, je suis surpris par la vie de plus en plus difficile que mènent les nôtres. Je ne parle pas de la classe politique ou financière qui se la coule douce. Je parle de Monsieur et Madame Tout le Monde. Qui se lève chaque matin sans savoir s'il aura l'eau et l'électricité, s'il aura à boire et à manger, si une fois sorti de chez lui il y reviendra sain et sauf. Autant des questions et des problèmes de sécurité, de santé, de transport ou de bien-être qui se posent inlassablement au quotidien. Ce monsieur ou madame tout le monde est celui qui attire mon attention. Je ne pose pas la question de savoir comment nous sommes gouvernés, mais comment nous allons survivre face aux défis du moment. Je ne vois rien de concret sur le terrain. 

Tout est compliqué. L'insécurité est flagrante: motos wewa ou kewezeki, ketchs, kuluna constituent des menaces permanentes à notre sécurité. Le trafic n'inspire pas confiance et ne donne aucune envie de bouger. Prenez votre voiture, allez en ville, vous serez tracassés par d'impitoyables agents routiers qui inévitablement vous soutireront de l'argent pour une infraction que vous n'aurez pas commise. Prenez la route du Kwango. Sortir de Kin est déjà un calvaire, des embouteillages monstres qui vous usent avant même d'arriver à Nsele. Priez votre Dieu qu'aucune panne ne vous surprenne en pleine brousse. Fief des Mobondo. Comment en sommes-nous arrivés là? 

Observez la jeunesse pendant ce temps. Les jeunes scolarisés sont reconnaissables par les uniformes. Les étudiants du supérieur se confondent avec la foule de badauds. Les autres sont chômeurs, vendeurs à la criée ou baladeurs de marche ou de hors de rues. Les jeunes filles vendent des beignets ou des chikwangues lorsqu'elles ne s'adonnent pas au vieux métier. Bref une jeunesse sans espoir ni vision d'avenir. Tableau sombre certes, mais réaliste. Une société pourrie et sans repères. Hier je parlais de pasteurs trop nombreux à mon sens. Eh bien, ils sont visibles dans les bus et les carrefours urbains. Au marché comme partout oü les gens s'attroupent. Je me pose des questions. La ville comme la rue sont envahies par une innombrable jeune population au chômage, affamée et au besoin criminelle pour survivre. 

Au niveau du quartier Pascal, un policier en tenue m'a piqué 20 dollars que je tenais entre mes mains avant de prendre la poudre d'escampette. Et cela m'est arrivé dans mon propre pays de la part d'un agent supposé assurer ma sécurité. C'est du vécu. Il y a un problème, que je me suis dit. Une société gangrenée par des anti-valeurs. Peut-on encore parler de valeurs dans notre pays? Je laisse la parole aux pasteurs et aux prédicateurs guides de conscience. J'interroge les autorités de notre pays. Je n'ose pas penser aux atrocités qui se passent à l'Est. Pitié Seigneur!

Oui, il y a guerre à l'Est. Mais ä Kinshasa, la vie continue comme s'il y avait paix partout. Les débats politiques tournent autour du changement de la Constitution. Partisans et opposants s'empoignent impitoyablement, passionnément. En littéraire que je suis, je m'abstiens de tout commentaire quoique j'aie mon opinion personnelle ä ce sujet. L'état de notre pays est alarmant I am afraid. 

9 mars 2026

Trop de pasteurs

Ma famille est pleine de pasteurs, d'hommes et de femmes de Dieu... beaucoup de miens ins ne vont plus à l'église catholique dans laquelle ils ont été baptisés. C'est même la mode et l'influence de leur entourage qui ont beaucoup pesé sur leur choix religieux. J'ai même été invité à une cérémonie d'investiture que j'ai déclinée. Quand j'ai le choix, j'évite d'aller à des cérémonies (mariage, baptêmes, etc) non catholiques sauf aux funérailles. Cependant, je suis parfois obligé de répondre aux exigences de courtoisie. Sans être traditionaliste, je revendique le droit de vivre ma foi d'enfance, dans laquelle j'ai tout reçu et à laquelle je suis éternellement tributaire. Je me dis béni de Dieu. 

Tout le monde, les hommes surtout, voudrait être pasteur, prêcher la parole de Dieu et édifier la foi des hommes. Je n' en disconviens pas. C'est leur droit et leur liberté. Qu'ils poursuivent leur foi dans la sérénité sans vilipender les religions traditionnelles jugées démodées ou essoufflées à leurs yeux. Les homélies catholiques ne sont pas profondes selon eux. Mis à part quelques slogans ostracistes, je ne trouve dans leur agir aucun signe qu'ils sont différents ou spéciaux. Ils le sont plutôt loquaces et volubiles... Admiratifs des prêcheurs des églises du réveil qui ont le vent en poupe, ils désirent le devenir non pas par vocation, mais pour bénéficier des privilèges liés à ce rang social. Les femmes aspirent ä devenir intercesseuses, diaconesses, prophétesses, évangélistes, pourquoi des mamans ???? Titres d'honneur égal à ceux de Mama Pasteur. 

Et souvent ces pasteurs prêchent sur des réalités de nos croyances africaines de superstition et de sorcellerie à la manière des Bima qui jurent de chasser les démons grâce à des gestes machinalement répétés. Certaines églises du réveil surprennent par la superficialité de leur mission et de leurs propos. Seul compte la mise en scène pour attirer des dons et des dîmes de leurs clients. Chances, succès, fertilité, mariages, voyages et visas sont au menu de leurs enseignements. Oui plutôt que des adeptes ou des ouailles, on a affaire à des clients pourvoyeurs de fonds. Un quidam fait attendre que les clients paient la dîme avant qu'il libère son créancier. Inacceptable. Une cliente du Pasteur Baruti voulait vendre sa propriété pour qu'elle aille vivre à l'église. A la question de savoir où elle mettrait les enfants, elle a répondu que ce ne serait pas du tout un problème car elle serait aussitot elle serait élevée dans la hiérarchie ecclésiastique (sic). Money Money Money.

Revenez â notre terre naturelle chers frères, cousins, sœurs et tantes, oncles et amis. C'est le Seigneur qui appelle, pas le pasteur qui va vous prêcher du vent et des histoires sans fondements. Arrêtez s'il vous plaît. Il y a déjà trop de pasteurs.



8 mars 2026

Journée mondiale de la Femme

Voilà une journée que je n'ai jamais vraiment enregistrée dans ma tête. Pour moi le 8 mars, c'est d'abord un jour d'anniversaires de Ma Céline et de Ma Josée, deux proches ä plus d'un titre. La première est l'épouse de mon beau-frère Dr Mosimi. La seconde une plus que soeur a moi avec qui j'avais jadis pleuré Louise. Elles ont toujours meublé mes 8 mars: Joyeux anniversaire à elles. 

Aujourd'hui le monde honore la femme. Femme, épouse, mère, compagne de l'homme, source de la vie, etc. Tous les bons qualificatifs lui conviennent aujourd'hui jusqu'à la preuve du contraire. Elle est honorée de façon spéciale. Gardienne du foyer et de la famille, la femme est de tous les combats de l'homme comme conseillère, confidente ou complice. Sa mission est spéciale. Elle symbolise l'unité et la stabilité de l'humanité. Éducatrice et actrice de la société, la femme a un rôle primordial auprès de l'homme à la maison comme dans le milieu professionnel. Elle construit la communauté avec l'homme. 

À toutes les femmes, quelles que soient leurs religions, races et appartenances idéologiques, je souhaite paix et joie, santé et courage, persévérance et réussite dans la vie. Que les violences et les viols qu'elles subissent à travers le monde, cessent. Qu'elles mènent une vie paisible et sereine, digne et honorable, libre sans être esclaves et jouent le rôle de partenaires égales des hommes.  Respect et honneur aux femmes!

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5 mars 2026

Echanges autour de Grand John Mvwabika

 [2:31 PM, 3/5/2026] Zephyrin Mukangu: Photo

Ya Jean comme nous l’appelions fut notre grand-frère à Kimbau/ Hôpital où son père fut infirmier. Il fut notre papa. Ya Jean est notre grand-frère. Il m’était très proche. Ce dernier temps je cherchais à le contacter mais en vain, même les enfants ne pouvaient pas me donner son numéro de téléphone. Sa mort fait très mal tellement qu’elle me ramène à des années passées. Que Dieu l’accueille dans son royaume.

[2:33 PM, 3/5/2026] Pierre: Qu'il reponse en paix,le pilote de Range Rover

[2:41 PM, 3/5/2026] Buka Corneille Mukangu: Oui, que son âme repose en paix et que Dieu l’accueille auprès de Lui 🙏🏾

[2:43 PM, 3/5/2026] Pierre: Corneille, il vivait à Kinshasa aux dires de Abbé Robert Lusilu

[2:45 PM, 3/5/2026] Buka Corneille Mukangu: Merci beaucoup Pierre, je l’avais laissé à Kenge en 1986 et depuis ce temps, je n’ai plus eu ces nouvelles

[3:40 PM, 3/5/2026] Kahiudi C Mabana: Moi, en plus d'être notre vieux et mon beau-frère, j'ai collaboré avec lui à l'évêché de Kenge. J'étais en contact avec lui. Je l'ai vu aux deuils de ma mère et de ma nièce Alida Muzembo. J'ai son numéro. Sauf que ce dernier temps, son numéro ne passait plus. Je le savais malade... Je vous communiquerai le programme dès qu'il sera établi. Il a récemment perdu son fils Serge. Il lui reste une fille qui vit en Angola.

Correction:

Bonjour les Copains, permettez que je corrige une info que je vous ai donnée à propos du défunt Jean Mvwakika. J'ai parlé à sa soeur Espérance. Il laisse trois enfants dont Christelle, John et Emmanuel, tous vivants à Kin. Rip.

Adieu Jean Mvwabika

Message d'Adrien Kayala sur Facebook:

Comme vous le remarquez déjà, notre famille est triste de vous annoncer la mort de notre oncle Jean-Francois Mvwabika connu sous le sobriquet de GRAND JOHN, mort survenu hier autour de 23h00 à la suite d'une crise d'hypertension artérielle, le programme vous sera communiqué ultérieurement. (Familles Kayala et Mvwabika)

Que son âme repose en paix !


2 mars 2026

USA-Israel vs Iran: Le monde en ébullition

March 2, 2026. Le monde bouge. Ça bouge au Moyen Orient.ça bouge partout. La guerre s'attise partout. Israël et les USA se coalisent pour faire plier l'Iran. Ils ont tué l'ayatollah Ali Khamenei dès samedi dernier. Le Moyen Orient s'embrase, missiles, drones et guerre des étoiles bombardent, déteuisent tout sur leur passage. L'Iran réplique attaque des positions américaines dans le Golfe. Israéliens et Américains sont résolus à détruire tout l'arsenal des missiles de l'Iran. Que s'est-il passé au juste? N'y avait-il pas récemment des négociations de paix à Genève sur le programme nucléaire iranien? La force a vaincu. Voilà un autre front de guerre ouvert sur une aire où l'on s'y attendait le moins.

"Homo homini lupus". L'homme est un loup pour l'homme. De par sa nature même il est méchant. Il se mesure à l'autre par le degré de sa méchanceté. Lorsque la paix vainc, c'est pour mieux attiser la guerre, l'insécurité et la violence. Et la force s'mpose souvent comme le seul moyen de remettre l'ordre et la paix. A se demander si la paix existe vraiment? Il n'y aura pas de paix tant qu'il y aura des armes. Il n'y en aura jamais tant que l'homme continuera ä fabriquer des armes, les plus récentes plus sophistiquées que les vieilles. Un cercle vicieux instoppables. Armes à feu ou blanches, qu'importe. Des outils de tuerie et de carnage. La paix, la vraie, n'existe pas. Pourquoi chaque pays s'équipe-t-il en armes si ce n'est pour prévenir la guerre? Seule la guerre existe, elle n'attend qu'une pion déclencheur. Triste vérité, mais seule vérité je dirais vraie. La paix, je répète, n' existe pas.

La paix n'est que leurre. Contrairement à l'opinion des âmes pieuses et aux organismes médiateurs de paix, l'ordre mondial repose sur la force et la violence. Les États Unis et Israël attaquent un l'Iran parce qu'ils sont forts, les plus forts, et contrôlent la puissance de leurs ennemis réels, potentiels et virtuels. Quelle est au juste la visée de cette guerre qui vient de se déclencher loin des USA? Contrôle du monde. Et que font les autres grandes puissances? La Russie, la Chine, l'UE ou l'OTAN? Ouvrons l'oeil, le bon, pour voir comment la paix, que dis-je, la guerre évoluent dans le monde actuel.

Nous qui croyons en Dieu, prions pour que les hommes se convertissent en cultivateurs de la non-violence et de la paix.  Qu'ils renoncent à leur esprit belliqueux et deviennent plus humains. Que les innocents soient épargnés, de ces folies sanguinaires, que le vie des enfants et des personnes âgées soit préservée. Que les hommes retrouvent le sens de l'amour du prochain et obéissent aux commandements bibliques de Dieu car le monde est vraiment en ébullition. 


1 mars 2026

Déjà Mars 26

Le temps avance vite, voire très vite. A peine nous venons de commencer l€année2026 que nous voilà en mars. Rendez gloire à l'Eternel! Nous avons reçu la visite de beau-frère Éphrem Mosimi et son épouse Mama Anita Panzu du 18 au 28 février. Et hier, ils sont repartis sur Londres avec Virgin Atlantic de 21h40. Un séjour qui nous a mutuellement fait beaucoup de bien. 

Le veille, le soir du 27.2, nous avons invité plus de vingt personnes de notre communauté africaine pour célébrer l'anniversaire de Mama Mapasa et leur présence parmi nous. Bien qu'en Carême nous avons célébré modestement, mon avec un plaisir exceptionnel. Les familles Bosson, Diagne, Mamingi, Cave, Mama Yvette, et d'autres étaient présentes. Il y avait ä boire, manger, a rire et même à danser. Le curé de St Francis est venu se joindre à nous et il a dansé "Premier Gaou" dans une ambiance relative de joie. Il s'est cependant abstenu de prendre de la viande, ce qui était à son honneur en bon homme d'église. Il était 23 heures lorsque les derniera hôtes, les Evelyn (Aldane, Anthony et Mama Claudine) ont quitté les lieux. Merci ä toutes et à tous!

Depuis quelque trois heures, nous sommes déjà en mars. Gloire ä l'Eternel pour le souffle de vie qui nous anime! Amen!

25 févr. 2026

Lubutuku ya mbote Ngudia Mapasa

25 février 2026. Aujourd'hui Ngudi Mapasa fête son anniversaire de naissance. Elle avance en âge sans jamais m'atteindre, sans jamais atteindre mon âge. Ce sera toujouts comme ça. Je m'incline devant l'Eternel pour le glorifier et le remercier pour tant de merveilles. Voilà plusieurs années que nous nous connaissons et plusieurs années que nous vivons ensemble. Plusieurs années couronnées par un mariage heureux mais sans fanfares ni frasques, par deux progénitures magnifiques gémélaires, et surtout quarante siècles d'affection, de proximité, de confidence et de complicité. Une amitié séculaire tissée par le destin onomastique. C'est le cas de le dire. Nous serions-nous jamais connus, n'eûsse été la magie du nom que nous portons en commun? Ce qui était une aventure éphémère s'est transformé en un ouragan ravageur qui a tout saccagé sur son chemin. Du solide, du constant, du roc. Ce jour là de fin mars 1978 où Chantal Kidiata m'avait annoncé sa rencontre avec Clavère Mosimi, je ne m'attendais pas à ce que cet événement anodin constituerait un point tournant de ma vie qui était orientée dans un sens complètement opposé au mariage. Jamais je n'avais pensé que je serais un jour parti du sacerdoce. Jamais je n'avais pensé qu'on serait devenus comme aujourd'hui mari et femme. 

Merci Eternel Seigneur pour ce beau jour où nous avons la visite de son frère Ephrem et son épouse Mama Anita dans nos murs. Joyeux anniversaire Ngudia Mapasa, Ngudia Bodi. Que le Seigneur te bénisse abondamment. Lubutuku ya mbote Mama Mapasa!

22 févr. 2026

Un voyage relativement agréable

Depuis le 16 février au soir, j'ai pris l'avion SN Brussels pour un voyage retour sur Londres via Bruxelles. A Zaventem, j'avais un transit de presque 6 heures. Assez de temps pour rencontrer du monde mais je n'ai vu personne, sauf un frère et ami d'une soixantaine d'années qui s'est retrouvé sur ma trajectoire. Ainsi va la vie. Je l'ai invité de partager un lunch avec moi au restaurant du hall où j'ai élu mon gîte de repos. Le temps est vite passé avant que je retrouve ma connexion pour Londres. Heathrow Express - Paddington Station. Emos m'a rejoint à la station dans un temps relativement court. Quelque vingt minutes plus tard, nous sommes arrivés à Kilburn Park. 

Voyager de Kinshasa relève d'un parcours de combattant. C'est, de tous mes voyages à travers le monde, l'aéroport où je rencontre le plus de problèmes. C'est mon expérience. Il y a des complications à tous les niveaux. Et lorsque l'on n'est pas patient, l'on peut exploser. J'ai même l'impression que tout est mis en oeuvre pour que les clients explosent. J'en ai vu qui, acculés, ont crié leur rage sans se soucier de leur entourage. Vous êtes dérangés pour tout. Je montre mon passeport, on me demande une preuve imprimée du billet alors que le passeport est déjà enregistré dans le manifeste officiel. Ensuite on me demande une preuve d'acquisition de l'ETA pour entrer en Angleterre. Lorsque je leur demande de vérifier le nombre d'entrées en Angleterre depuis que ce visa électronique de transit existe, ils s'énervent comme si je les avais offensés ou insultés personnellement. Pour finir, je retrouve un code reçu à cette occasion. La pesée des bagages à main est une autre paire de manches. Il y a deux kilos de trop que je propose de répartir entre mes bagages deviennent une autre causes d'ennui. Niet. Heureusement pour moi, je rends la marchandise aux personnes qui me l'ont apportée. Un autre agent me susurre à l'oreille qu'il me fallait proposer une somme au lieu de rendre la marchandise à l'expéditeur. Soit 20 dollars pour des choses qui n'en valent. A l'escale de Bruxelles, il n'y a eu aucun ennui.

Arrivé à Londres, j'avais prévu trois jours d'escale. Je suis dès le lendemain parti pour Birmingham rendre visiter à Mr Mabana, Maylis, Joseph et Mama Marie Louise. J'ai trouvé tout le monde en bonne santé. Les enfants grandissent en âge, en sagesse et en esprit. Un plaisir que de les voir s'amuser dans les bras de leurs parents. Trois heures me suffisent amplement pour remplir ma mission et finir ma conversation avec eux. Le retour à Kilburn se fait sans probème. En effet, j'ai découvert un intinéraire plus rapide combinant Underground et Traveline depuis Kilburn High Road, et retour. 

Hier après midi je suis allé à Croydon voir Papa Faustin Mvundji et la famille. Je n'ai vu que Rosy, Mika et Danielle. Giselle empêchée par une petite grippe n'a pas pu se joindre à nous. Elle a quand même communiqué avec moi, promettant de venir le lendemain. Mais le lendemain, elle n'était pas mieux. Soit, je suis reparti en début d'après-midi pour Kilburn où je devais enrregistrer en ligne, payer pour le deuxième bagage, et plus. 

Hier 21 février, vers 10h45, j'ai pris un cab londonien pour Paddington, d'où j'ai rejoint l'aéroport par le train Heathrow Express. 20 minutes ont suffi pour rejoindre LHR. Tout s'est bien passé: enregistement, attente, embarquement à la porte B18. Dans l'avion, j'ai profité du service de WiFi de Virgin Atlantic pour communiquer avec pas mal de gens. A ma grande satisfaction car les gens s'étonnaient de m'entendre depuis l'atmosphère entre LHR et BGI. Une belle aventure technologique. 


14 févr. 2026

L'imposture

Mentir est le propre de l'homme fourbe et rusé. Imposture et mensonge s'équivalent parfaitement. Parlons de menteur ou de menteuse. Je viens de découvrir deux menteurs lors de mon dernier séjour à Kenge. Et ce sont des voleurs. Toute personne qui vous entoure est un éventuel voleur, pourrait se tourner en un voleur inattendu mais prêt à renier son acte avec la plus grande énergie. C'est aussi cela l'homme. Alors que je croyais avoir pris toutes les mesures pour éviter qu'on me vole, j'en suis toujours à la découverte des astuces les plus sophistiquées pour que mon attention soit attirée ailleurs. Quelles que soient les dispositions prises, on finit toujours par se laisser surprendre. A chacun son métier. C'est vraiment le cas de le dire. Appareil de téléphone et argent m'ont été volé. J'ai identifié les malfrats, mais n'ai pas réussi à prouver leur culpabilité. Et en cette matière, même attrapé la main dans le sac, l'usurpateur s'échappe sans trop de dégâts.

Ces pratiques de vol à main nue ou à ciel ouvert sont plus fréquentes qu'on n'ose le croire. Et à tous les niveaux. C'est le mensonge, la ruse, l'astuce qui priment. Le perceveur des recettes publiques utilise le carbone inversé. Vous payez par exemple 500 mille francs. Eh bien le monsieur ou la dame les encaisse sans problème, vous donne un reçu en bonne et due forme, mais n'entreront dans les caisses que 50 mille francs. Ce système de double facturation enrichit le caissier ou la caissière. Les recettes publiques n'évoluent pas entre autres à cause de ce système. C'est comme ça que vous découvrirez qu'un modeste de vente ou de perception dont le salaire mensuel est précaire, acquiert d'immenses propriétés au delà de ses possibilités. Des agents de l'état ou du secteur privé, payé à l'heure, deviennent de propriétaires incontestés d'immeubles et de grandes surfaces. Montez plus haut, vous découvrirez depuis le sommet de la montagne la gravité des forfaits humains. Et cela à tous les niveaux. Ce type d'imposture est hélas le drame qui nous guette à tous les coins.

 

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12 févr. 2026

De nouveau à Kinshasa

12 février 2026. Je suis retourné hier de Kenge à Kinshasa, inquiété par les nouvelles mesures de contrôle qui sont entrées en vigueur depuis quelque deux semaines. Dans la précipitation, j'ai régularisé tous les documents mentionnés par les autorités. Seulement voilà, je n'ai pas été contrôlé ou j'ai évité d'être contrôlé. En fait, je n'ai rien pour cela. Les contrôles de routine concernent quelques usagers de la route, qui n'osent pas "obtempérer aux injonctions" de la circulation routière. J'ai eu quelques embouteillages sur le chemin, du genre où des policiers armés accompagnant une personnalité politique vous contraignent de changer de direction ou de monter sur le trottoir. Par ci par là des sirènes crépitent à vos oreilles comme pour vous assourdir ou vous terroriser. C'est l'impression que j'en ai souvent éprouvé ici à Kinshasa. J'ai beaucoup apprécié la présente rigueur des autorités, car la route était relativement dégagée. Hier j'ai traversé la ville d'un bout à l'autre comme je le faisais il y a trente ans. Il parait que les gens sortent la nuit, moment où la police est absente des grandes artères routières. Soit. La leçon a été apprise.

3 févr. 2026

Lorsque les incompétences se rencontrent...

Ca donne ça. Quoi ça? Oui ça. Je suis surpris par le manque de professionalisme de certaines responsables qui nous dirigent ou nous contrôlent. Un agent contrôleur des dossiers académiques qui ne sait pas distinguer la référence d'un livre de celle d'un article n'est pas à sa place. C'est hélàs ce que j'ai vécu. Je n'ai jamais voulu le relever. Son problème, c'est l'argent. Tout peut s'acheter. Imaginez l'efficacité d'un bureau lorsque les agents se distinguent par une incompétence flagrante. A se demander comment ils ont obtenu ces postes. Des incompétents dirigent ceux ou celles qui savent, les contrôlent et les soumettent à leur incompétence. Et dire qu'il en va de l'avenir même du pays, de l'éducation et de l'enseignement universitaire ou supérieur. De simples questions critiques constructives sont perçues comme des antagonismes et des contestations des autorités incompétentes, sans un moindre discernement ni une remise en question. Encore moins un réévaluation. Du bas vers le haut comme du haut vers le bas, la société est entachée de nombreuses imperfections.  

Fin de janvier 2026

Nous sommes presque déjà en février, ou mieux en février 2026 dans quelque 3 heures. Le mois est passé très vite pour moi. Commencé à Cartagena en Colombie pendant la première semaine, en passant par Panama pendant deux jours et Barbados pendant une semaine, ce mois m'a vu à Londres, Kinshasa avant d'atterrir à Kenge où je me trouve actuellement. Je serai parti dans une ou deux semaines. Une semaine au lit, et deux semaines prévues d'enseignement et me voilà reparti. Ca va vite. Et dire que je suis l'un des plus réguliers. Février s'annonce comme un mois de défi et d'espoir. 

30 janv. 2026

A Kenge depuis le 18 janvier

Voila bientôt deux semaines que je trouve à  Kenge. Le petit malaise de santé est passé. Je m'emploie a vivre aussi sainement que je peux. J'effectue des courtes marches autour de mon guesthouse. Sans forcer car le corps a son rythme et l'impose naturellement. J'observe la ville et les gens. De jolies constructions voient le jour ici et là. Des hôtels et flats s'érigent.partout, de belles villas familiales tout comme des buildings publics émergent par ci par là. Des chantiers, dont certains sont anciens ou abandonnés, s'alignent comme des vestiges jistoriqued sur les rues et voies publiques. La ville évolue mais demeure sous-urbanisée. Les érosions abondent partout. La pluie amène une insalubrité chronique avec des plastiques et des débris infectueux... la situation sanitaire n'est guère améliorée en dépit d'importants projets en cour. La population reste pauvre. La dévaluation du dollar n'a pas apporté la baisse des prix attendue. Au contraire, la vie devient difficile et implacable pour nos proches et familles. Les riches se pavanent sans retenue dans les rues; les pauvres subissent de plein fouet l'injustice sociale. 

Chaque jour à mon retour de Mangangu, les étudiants se précipitent pour prendre place dans ma caracasse de voiture. Certains font la marche depuis Manzau ou Payeke Meleke. Des distances de plus de 10 km à pied aller-retour. Sans un sou pour se payer un transport en moto ni se procurer une banane ou un morceau de pain. Des situations insoutrnables. Et l'ISP ne dispose pas d'une structure d'aide aux étudiants démunis. Hélas comme tous les instituts éducationnels, l'ISP éprouve du mal à recevoir les émoluments académiques des apprenants. Un cercle vicieux certes, mais solvable. 

Hier, pour la première fois, je suis allé au Champ de Tirs rendre visite à ma tante Mambakila. Je l'ai trouvée égale à elle-même sauf qu'elle se plaignait de ses yeux qui s'obscurcissent. " Mes yeux me trahissent tellement que je pourrais entrer une parcelle voisine, et comme je suis vieille, on me traitera de sorcière". J'ai ri spontanément, préférant éviter la gravité dramatique de cette affirmation. Il lui faudra des consultations et soins ophtamologiques. Elle pourrait avoir développé des cataractes ou autre chose. Sur le chemin de retour, j'ai fait un crochet au Camp ONL pour voir mes petits-neveux et nièces orphelins de père. J'ai promis d'y retourner dimanche. 

Au retour à l'hôtel, je me suis replongé dans ma routine de lecture et de correction. Je lis les manuscrits de la prochaine RAK. Et je corrige les travaux quotidiens des étudiants. Il était 22h30 lorsque je me suis mis au lit. Bonne journée à toutes et à tous! 


28 janv. 2026

Enseignant à l'ISP Kenge

28 janvier 2026. Je suis à Kenge depuis le dimanche 18 janvier. J'ai participé aux funérailles de Jean Jacques. Mais j'ai eu un souci de santé qui ne m'a pas permis de commencer mes enseignements la semaine passée. J'ai préféré prendre du repos avant d'entamer les cours. J'enseigne depuis ce 26 janvier.

J'avais prévu d'enseigner trois cours mais je n'en ferai que deux. Quitte à poursuivre le reste au second semestre. L'introduction du systeme LMD a eu pour conséquence la suppression du cycle traditionnel de la licence. L'ISP Kenge n'offre pas de masters actuellement. Mes cours dd L1 et L2 de l'ancien système sont rapportés au LMD3. Et il se découvre que les apprenants n'ont pas couvert la totalité du programme. Enseignant désormais au premier cycle des études supérieures, je suis obligé d'adapter le contenu du cours au niveau Bac+3. Ce qui change toute l'approche de mon enseignement.

J'ai choisi d'offrir un cours ordinaire de littérature francophone d'Afrique en lieu et place des "Questions spéciales de littérature africaine". Ainsi j'ai choisi de m'arrêter au thème : Négritude, écriture et oralité. C'est basé sur un chapitre de mon livre Ecritures en situation postcolonoale: Francophonies périphériques, Saarbrücken, EUE, 2013.   

Ces décisions ont été prises afin de répondre aux besoins actuels et effectifs des apprenants, dont le niveau s'avère insuffisant pour aborder des questions approfondies habituellement traitées en maîtrises. Tel est le défi qu'il m'a été de traiter avec ce changement de cap LMD. Plutôt qu'un problème, j'y vois une opportunité d'amener les apprenants à améliorer leur connaissance de la littérature francophone et de lire des textes littéraires. Ce sera mon objectif. 

Comment dire? Nous en sommes encore à l'expérimentation. Les apprenants sont censés écrire des travaux de fin d'études collectifs appelés "projets tutorés". Est-ce un progrès ou un recul? Est-ce qualitativement mieux que l'ancien système? Il est trop tôt pour l'évaluer objectivement. Je ne saurais pas me prononcer sur ce que font mes collègues enseignants, vu que je n'ai jamais assisté à une réunion à ce sujet. Le temps nous donnera la réponse. 

19 janv. 2026

Adieu Jean-Jacques Hungu (1969-2026)

Arrivé à Kinshasa le 17 janvier, j'ai dû écourter mon séjour afin de me rendre au deuil familial survenu à la suite de la mort de Jean Jacques Hungu. Tout est allé trop vite. De courte ou de longue maladie ou ? Comment dire? Né en février 1969, Jean Jacques a été le dernier fils de mon grand oncle Kisalu Bakaba. Il n'a pas six mois lorsque décède son père. Ce cousin a grandi dans son cercle familial aussi humblement que cela pusse être. Intéressé très tôt à la mécanique, il est devenu chauffeur. C'est moi qui l'ai fait engager comme boy mécanicien à la procure de Kenge. Il laisse huit enfants, quatre filles et quatre fils parmi lesquels un Claver en guise de reconnaissance pour moi. Hier, aussitôt revenu de mon long séjour  je suis passé deux fois à la veillée funéraire à la parcelle familiale. Que du monde malgré la pluie qui ne cessait de tomber.

19 janvier 2026. Aujourd'hui après la morgue, nous sommes allés à l'église St Esprit pour la messe funéraire. Belle messe, bonne chorale, beau service. A la fin de la messe, le protocole a été dérangé par les jeunes de Terre sans loi, Kingwangala. Oncle François Médard Mayengo a lu la biographie, moi j'ai présenté les remerciements de la famille à la fin de la liturgie. Alors que le protocole prévoyait une levée du corps par les agents de Bodi Batu où JJ a travaillé comme chaufeur de bus, mais les jeunes gens ont pris le cercueil sur leurs épaules avant de s'évanouir dans la nature, scandant des chansons vulgaires et désarticulées. J'ai rencontré des tas de personnes non revues depuis plusieurs années. Mes tantes, cousines et cousins étaient tous présents. Alors que je me préparais à monter sur une moto, j'ai été aperçu par Monsieur l'Abbé Floribert Kiala qui m'a offert une place à bord de sa voiture. Un cortège de motos et jeeps est allé vers l'agence Bodi Batu et plus loin vers Mangangu pendant que nous on attendait au cimetière. L'arrivée du Gouverneur a fait retarder l'inhumation. On s'en est sorti sans trop.

Adieu Jean-Jacques, vanda ti beto ntangu yonso.


13 janv. 2026

Message du 23.3.25 à JMM à propos de Mgr Ngimbi

23 mars 2025

Bonjour cher ami Jean-Marie, comme prévu, j'ai parlé avec Mgr Ngimbi. La première fois, ça n'a pas marché. On ne se comprenait pas. La deuxième était la bonne. Au début ses souvenirs de moi étaient vagues. Il m'a parlé de sa cécité, et de l'irresponsabilité du jeune homme chargé de leurs soins avec Mgr Mampila, qui préfère aller enseigner dans une école et revenir le soir.

"J'ai préparé mon cours de métaphysique pour Mayidi. Je n'ai pas pu l'enseigner, parce que je ne sais plus lire. Un jeune l'enseigne ä ma place." (sic).

Après que je lui ai raconté de vieux souvenirs, il m'a retracé: 

- Ah oui Mabana, Mabana, voyons, un des tout premiers mémoires sur Louis Lavelle.

- Oui Monseigneur. La découverte du moi chez Louis Lavelle. Et votre thèse s'intitulait: Tragique et intersubjectivité dans l'oeuvre de GM. 

- Oui, je vous reconnais. Séminariste de.... Kenge, brillant et bon joueur de foot. C'est vieux tout ça. Merci d'avoir pensé à moi.

- Oui Mbuta. Ma gratitude est profonde pour tout ce que vous avez fait et été pour moi, pour nous vos nombreux disciples à travers le monde.

- Etc...

En fait, je crois que mon prénom Claver l' a désorienté, Mabana seul lui est revenu à l'esprit. Authenticité!

Voilà pour la petite histoire.

Mgr Hippolyte Ngimbi Nseka in memoriam

Vaut-il encore la peine d’écrire quelque chose sur Mgr Ngimbi après les témoignages publiés par ses disciples et amis? La réponse spontanée serait ́non parce que tout a déjà été dit. Ma réponse est oui car je m'octroye le droit d’exprimer ma voix parmi tant d’autres. J'ai vraiment été privilégié d’avoir suivi les cours de cet éminent philosophe. Lui rendre hommage va absolument de soi. Selon programme publié par le diocèse de Kisantu, il y a aura veillée le 16 janvier et inhumation le 17 janvier 2026. Mais les messes de suffrage commencent déjà ce mardi 13 janvier à travers le diocèse. Quoi qu'il en soit, je salue en Mgr Ngimbi autant un maître qu’un guide spirituel. Maître enseignant avec une étonnante clarté d’expression, et guide spirituel conseiller et pasteur d’âmes. J’ai donc connu le prêtre, le professeur, l’aîné confrère dans le sacerdoce et le mentor.

J’ai déjà plus d’une fois évoqué le nom de Mgr Ngimbi dans ce blog. Je voudrais d’abord soulîgner son énorme contribution au grand séminaire de Mayidi. Et lors de notre dernière conversation téléphonique, il m’a parlé des cours qu’il a préparés mais qu’il lui était impossible d'enseigner parce qu’il a perdu vision. Il est donc resté actif et attaché à Mayidi jusqu'à la fin de sa vie, soit 48 ans après y avoir tenu son premier cours. J’en parle parce que je suis du premier groupe d’étudiants que le spécialiste de Gabriel Marcel a formés après son doctorat en philosophie à Louvain. Aussitôt débarqué au grand séminaire de Mayidi, l’abbé Hippolyte Ngimbi a tout de suite pris ses charges d'enseignement. Si ma mémoire est bonne, il m’a entre autres enseigné l'épistémologie, la métaphysique, la théodicée, la philosophie des sciences.

Pour la petite histoire, Mayidi avait été fermé en 1974-75, et les grands séminaristes renvoyés à leurs diocèses respectifs. Ce fut l’éphémère rectorat de l’abbé Ludiongo d’heureuse mémoire. Le grand séminaire a rouvert les portes en octobre 75 avec nous, un groupe de 44 étudiants, avec les pères SJ Joseph De Cock comme recteur, Édouard Dirven. Van Iseghem, Peter et le frère Schouf. On sentait encore la tension dans l’air. L’année suivante, les abbés sont revenus en force. Une véritable réforme a eu lieu avec l'arrivée des abbés Ignace Makela comme recteur, Louis Nioka, Dominique Kahanga, et un peu plus tard, Hippolyte Ngimbi qui a tout de suite remis de l’ordre dans le programme des études. La relève assurée, Mayidi a continué de fonctionner sans interruption jusqu’à ce jour. Et Mgr Ngimbi, toujours fidèle à sa mission, a porté haut le flambeau de cette Alma Mater.  

Le professeur Ngimbi était décrit par ses congénères comme un élève très brillant. Selon mon beau frère Ignace Nsanda qui l’a connu au petit séminaire de Lemfu: il obtenait des 80% avec une aisance surprenante. Les amis de Kisantu insistaient unanimément sur sa discipline rigoureuse et son esprit de travailleur. Personnellement, j'étais impressionné par sa bibliothèque. Il vivait au milieu des livres. De taille moyenne, il portait toujours des pantoufles, je ne me souviens pas l'avoir vu en souliers en cuir Il marchait vite, c’est à peine qu’on l'entendait passer. Il portait ses lunettes même au terrain de football. Lors d’un match entre profs et séminaristes en mars ou avril 78 il avait marqué un but. 

J’avais de bons rapports personnels avec lui. Lors de mes passages à son bureau, il ne manquait pas de me parler des séminaristes et prêtres de Kenge qu’il a connus à l'Urbaniana de Rome. A la recherche d’un sujet pour mon travail de fin d'études en philosophie, il m’a proposé de travailler sur Louis Lavelle. Ainsi a été produite sous sa supervision La découverte du moi chez Louis Lavelle, une œuvre fondamentale dans mon parcours de chercheur. C’est en travaillant avec lui que j’ai découvert la personne, Hippolyte Ngimbi. Derrière le savant intellectuel, le grand philosophe, se révélait un homme simple, généreux et sympathique. Quelle disponibilité! Quelle résolution dans la quête de la vérité et de l'expression adéquate! Il prenait son temps non seulement à lire et corriger mon texte, mais aussi et surtout à me projeter au-delà de ce travail. Il vérifiait chaque citation, me proposait des lectures. Merci Maître de la parole, comme je l’ai écrit dans une entrée antérieure. Ce TFE porte des phrases et des expressions émises par lui. Une véritable leçon d’écriture et de recherche!

Quelques privilèges. Comme il passait une partie de la semaine à Kinshasa, j’ai profité d’un de ses déplacements pour me rendre à Kinshasa dans sa belle petite voiture Renault. En juin 78, mon travail était chronologiquement le premier à être accepté à Mayidi. J’avais fini avant mes condisciples. J’arrête là ma prétention car Mgr Ngimbi dirigeait aussi des travaux à la Faculté Catholique. Je n'oublierai jamais un après-midi oû je l’ai rencontré à St Dominique en compagnie de l’abbé Nyeme Tese quj venait de lancer l’Amoza. Les deux profs étaient détendus et se taquinaient devant moi. 

Nous nous sommes revus au Collegio Urbano Rome. J’avais un ami, Jean-Roger Lumu de Lwiza, qui me parlait constamment de lui, fasciné qu’il avait été par son cours de métaphysique à la FTCK. Lorsque j’étais secrétaire à l’évêché de Kenge, il dirigeait le séminaire universitaire; j’ai renoué avec lui afin d’obtenir sa recommandation pour mon inscription à Fribourg.  Ce qu’il a fait sans hésiter, ayant gardé de moi un souvenir positif. C’est ainsi que je suis allé en 1987 aux études à Fribourg. Je lui ai rendu visite en juillet 2003 à son bureau de recteur aux Facultés Catholiques en compagnie des abbés Akenda et Matutu. Beaucoup plus tard, nous nous sommes retrouvés dans un avion Ethiopian Airlines à partir de Addis-Abeba jusqu'à Kinshasa. Il me dira qu’il a pris sa retraite de l’UCC, mais qu’il gardait des enseignements à Mayidi. Ce fut notre dernière rencontre de visu. Il y a presque une année, en mars 2025 j’ai été alerté par abbé Jean Marie Matutu au sujet de sa maladie et de sa retraite au Centre Pastoral de Kisantu. Je l’ai appelé, nous avons parlé sans qu’il ne meconnaisse au début. Hésitations. Puis soudain: "Oui Mabana de Kenge...". Presque cinquante ans se sont écoulés entretemps. 

Je m’unis volontiers au diocèse de Kisantu, à l’église de la RDC, à la communauté académique congolaise et à sa famille biologique pour rendre hommage à Mgr le Professeur Hippolyte Ngimbi Nseka car sa vie est exemplaire et son œuvre édifiante. Adieu et profonde gratitude au Maître de la quiddité de l’être. Que son âme repose en paix! 

Tale kidilu kieto Tata Nzambi, tale kidilu kieto


12 janv. 2026

Me Albert F. Puela: Hommage à Mgr Hippolyte Ngimbi Nseka

"Hommage à Monseigneur Hippolyte Ngimbi Nseka,

Prêtre, Professeur, Bibliothèque vivante.

La nouvelle est tombée en cet après-midi du 9 janvier 2026 comme une onde de silence : Monseigneur Hippolyte Ngimbi Nseka s’en est allé. À 83 ans, après 56 années de vie sacerdotale, l’Église, l’Université et la Nation congolaise perdent à la fois un pasteur, un maître de pensée et un témoin rare de la fidélité intellectuelle et spirituelle. 

Certaines vies ne se racontent pas seulement en dates et en fonctions ; elles se mesurent à la profondeur des sillons qu’elles laissent dans les consciences. Celle de Monseigneur Ngimbi Nseka appartient sans conteste à cette catégorie.

Prêtre du diocèse de Kisantu, fils du terroir de Madimba, formé très tôt à l’exigence de la rigueur intellectuelle et de la discipline spirituelle, il aura traversé son époque sans jamais se laisser réduire par elle.

Ordonné prêtre en 1970, après une longue formation à Rome, puis docteur en philosophie à Louvain dès 1977, il portait en lui cette rare alliance entre la foi vécue et la raison maîtrisée. Chez lui, la pensée ne se coupait jamais de l’humain, et la science ne se séparait jamais de l’humilité.

À l’Université Catholique du Congo, aux Facultés Catholiques de Kinshasa comme dans les grands séminaires, de Mayidi plus particulièrement, il fut d’abord un formateur d’hommes avant d’être un transmetteur de concepts. Il enseignait la philosophie dans ses articulations les plus exigeantes, notamment la métaphysique, non pour produire des esprits brillants mais des consciences solides. 


Plusieurs générations d’étudiants, devenus à leur tour professeurs, responsables publics, magistrats, évêques ou cadres de la République, portent aujourd’hui l’empreinte de sa méthode : rigueur sans arrogance, profondeur sans dogmatisme, liberté sans désinvolture.

Mais réduire Monseigneur Ngimbi Nseka à l’enseignant serait encore insuffisant. Il fut aussi un serviteur discret des institutions, acceptant avec une simplicité désarmante des fonctions administratives que d’autres auraient jugées secondaires. Après avoir exercé de hautes responsabilités académiques, il n’hésita jamais à se mettre au service du savoir là où l’on avait besoin de lui, notamment comme bibliothécaire. 

Ce choix, loin d’être un retrait, était en réalité une profession de foi : celle de croire que la connaissance se garde, se transmet et se protège avec patience. Ceux qui l’ont connu le disaient souvent : il n’était pas un bibliothécaire ordinaire, il était une bibliothèque vivante, habitée par les livres autant que par la sagesse.

Son parcours pastoral s’inscrivait dans la même cohérence. Pasteur, il l’était sans tapage, sans mise en scène, sans recherche de reconnaissance. Il parlait peu, mais chaque parole était pesée. Il écoutait longuement, mais son silence n’était jamais vide. 

Gardien de la tradition, il savait pourtant que la tradition n’est pas la répétition du passé, mais l’intelligence fidèle du sens. À ce titre, il incarnait cette Église qui pense, qui enseigne et qui accompagne, sans jamais céder ni à la facilité intellectuelle ni au conformisme ambiant.

En décembre 2022, alors qu’il célébrait ses 80 ans et plus d’un demi-siècle de sacerdoce, ses anciens étudiants avaient tenu à lui rendre hommage à travers une rencontre scientifique d’envergure à la quelle nous étions convié à la fois comme membre du gouvernement et fils Kongo. 

Ce moment n’était pas une célébration mondaine, mais un acte de reconnaissance intergénérationnelle. Il révélait surtout une chose : un maître ne meurt jamais tant que ses disciples pensent encore par eux-mêmes. Le livre qu’il avait alors offert, comme un testament spirituel, traduisait cette volonté ultime de transmettre, jusqu’au bout, ce qu’il avait patiemment mûri tout au long de sa vie.

Aujourd’hui, alors que la mort vient sceller son itinéraire terrestre, une certitude demeure : Monseigneur Hippolyte Ngimbi Nseka n’a pas quitté l’histoire. Il a simplement changé de demeure. Son héritage n’est pas matériel ; il est intellectuel, spirituel et moral. Il vit dans les amphithéâtres où l’on enseigne encore avec exigence, dans les séminaires où l’on forme des prêtres capables de penser leur foi, et dans toutes ces consciences qu’il a aidées à devenir libres sans être déracinées.

À l’Église, il laisse l’exemple d’un prêtre fidèle sans rigidité. À l’Université, celui d’un professeur savant sans orgueil. À la Nation, celui d’un homme qui a cru que le salut d’un peuple passe aussi par la qualité de ses élites intellectuelles et morales. Et à chacun de nous, il lègue une question silencieuse mais exigeante : "qu’avons-nous fait, et que ferons-nous, de ce que nous avons reçu?"

Que son âme repose dans la paix du Seigneur qu’il a servi avec intelligence et humilité. Et que son souvenir demeure, non comme une nostalgie, mais comme une responsabilité.

Me Albert Fabrice Puela, Avocat, député et ministre honoraires."

Retour à la maison, 7 janvier 2026

7 janvier 2026. Après persque deux semaines de séjour en Colombie et à Panama, nous sommes retournés à la Barbade. Dieu soit loué.  

Une expérience unique. Partis le 26 décembre 25, au lendemain de Noël, Ibangu, Mukawa m, Mama Mapasa et moi, avons atterri en escale à Panama City par un vol régulier de Copa Airlines. Une compagnie qui m'était inconnue jusqu'à ce jour, et pourtant bien installée sans la Caraïbe. Nous avons dû prendre des chambres dans un hôtel près de l'aéroport avant de continuer le 27 décembre sur Cartagena.

Notre séjour à Cartagena a été merveilleux. Les Martinez ont tout mis en œuvre pour que nous soyons à l'aise et ayons un souvenir inoubliable de notre passage chez eux. Chaque jour était un délice. Visite de la vieille ville avec sa muraille, visite de la baie, réception de gala de la St Sylvestre, randonnée en calèche, ballade en navette en mer, pèlerinage à la tombe et au sanctuaire de St Pierre Claver, grill autour de la piscine, autant de moments inoubliables. 

Cap sur Panama City pour un tour mémorable au canal qui relie depuis 1916 le Pacifique à l'Atlantique sur 82 km. Un monument technologique inouï. Une construction gigantesque du genre Canal De Suez, Tunnel sous la Manche, le Tunnel du Gottard ou encore les grandes réalisations spatiales ou navales. Ou au Congo le Pont Maréchal. Nous avons pu assister au passage d’un paquebot sur ce canal qui charrie des millions et de millions de cargaisons. Quelle habilité ! Quelle précision! Quel respect des forces de la nature et de la puissance de l’eau. L'ingénierie humaine constitue une énorme capacité de créativité et d'inventivité.  

En Colombie comme au Panama, nous avons récontré d’excellentes personnes prêtes à assister ou à écouter nos doléances. Nous avons découvert une culture colombienne impressionnante: dame portant sur la tête une corbeille de fruits, plages animées par de la  musique afro-latino, concert des descendants noirs au park (?), lumières resplendissantes de Noël, élégance vestimentaire haut de gamme, cuisine à la saveur exquise, etc. A Panama City, Mr Escobar nous a aidés à faire du shopping, et à visiter la vieille ville comme la city et le canal. La capture de Maduro m’a ramené à cel’e de Noriega trente-six ans plus tôt comme si l’histoire se réécrivait sous nos yeux. Et nous sommes passés devant l'immeuble où ce dernier s'était caché. 

C’est bien de retrouver sa maison après un aussi bon voyage de vacances et de pèlerinage. "E viva Bucaramanga", ne cessais-je de répéter. Le petit Lilio Martinez, qui prétendait manger du papier, s’en souvient.