6 oct. 2012

L'ignorance 2

Il y a plusieurs formes d'ignorances, il y en a qui sont intellectuelles, systémiques et d'autres simplement culturelles, circonstancielles. Les Américains sont tellement préoccupés d'eux-mêmes qu'ils ignorent le reste du monde. On dit qu'il y a des écoliers qui, pendant la guerre contre l'Irak, ne savaient pas reconnaître ce pays sur la carte; et d'autres qui croyaient que c'était une partie des Etats-Unis qu'ils ne connaissent pas bien non plus. Ce qui m'amène à conclure que certaines ignorances sont systémiques, idéologiquement voulues et motivées.
Le type d'enseignement hérité de la colonisation belge encore appliqué en RDC a le défaut d'exposer les élèves à plusieurs créneaux du savoir, donnant l'air qu'ils savent un peu de tout et ne maîtrisent presque rien de spécifique. La spécialisation occidentale possède le défaut de centraliser l'attention sur un domaine particulier sans tenter d'appréhender la totalité de la science. L'émiettement du programme expose à des lacunes de synthèse tout comme sa globalisation entraîne une vision trop étendue sans consistance réelle. L'équilible et l'idéal seraient donc dans la mesure.
Richard Rorty avait raison lorsqu'il soutenait que la vérité est une valeur hors de ce monde, intellectuelle, indépendante de la réalité. De là à justifier le mythe qui est irrationnel par essence, le pas est vite franchi. On sait donc tout d'une chose, et rien du reste. C'est l'idéologie du savoir qui veut ça.
Quelque chose ou rien. Tout ou rien. La dichotomie persistera tant qu'il n'y aura pas une "autre" prise de conscience du réel, de l'évolution du monde et du savoir.

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