4 avr. 2026

Note de lecture: Tu le diras à ma mère de Joseph Mwantuali

Il y a quelques semaines, Prof Mamingi m'a passé un roman très intéressant sur la situation de la femme dans la guerre qui sévit depuis des années à l'Est de la RDC. C'est l'histoire de Coco Ramazani. Je l'ai lue dans un délai relativement long, n'étant nullement pressé par quoi que ce soit. Je l'ai aimée parce qu'elle retrace le calvaire que subissent par milliers les femmes congolaises violées et muselées par les occupants-envahisseurs du Rwanda et de l'Ouganda. La cruauté est si effroyable qu'un small soldier, un kadogo éventré qui retient ses intestins entre ses mains ensanglantées meurt dans les bras de Coco. Celle-ci lui confie un message pour sa propre défunte mère qu'elle n'a ni vue ni connue. Ce message justifie en partie le titre de ce livre qui relate l'horreur vécue au quotidien: L'histoire vraie de Coco Ramazani racontée par Joseph E. Mwantuali: Tu le diras à ma mère. (Paris: Présence Africaine, 2015). La rencontre entre Coco et son "transcripteur de fortune" se passe en avril 2000 à Manchester, en Nouvelle Angleterre, Etats Unis. 

Voilà un roman qui donne la vraie mesure des atrocités qui se passent à l'Est de la RDC. La protagoniste Coco Ramazani se retrouve contaminée du virus du VIH. Conséquence d'une série interminable de viols perpétrés depuis l'âge de 13 ans d'abord par son assistant pasteur Musafiri, ensuite par ses chefs du RCD,  par des dizaines ou des centaines des soldats ougandais à la Forestière, à Kisangani. Elle travaillait comme secrétaire de Wadiamba, chef du RCD. L'histoire rapporte une enfance d'orpheline malheureuse du village de ? à Goma, des études interrompues en dépit de sa ferme volonté de réussir dans la vie. Un salon de coiffure qui ne fait pas long feu. Des soumissions à de corvées ménagères dans les maisons de ses soeurs, elles aussi instables et soumises à la basse débrouille. Le drame poursuit Coco partout où elle va. Le pire survient après la guerre entre les Ougandais et les Rwandais dans la ville de Kisangani. Les chefs étant évacués vers Kampala, elle  est abandonnée dans une caserne ougandaise à la Forestière avec six autres femmes. C'est ici qu'ont lieu les viols les plus atroces et les plus violents pendant toute une semaines. Jamais elle ne saura dire combien de fois ni combien de soldats l'ont violée, elle et ses amies, au cours de ces assauts nocturnes collectifs. Comme si ce n'était pas tout, même à Kampala elle subit les agressions de son chefs et même de Rudolph, l'Allemand gestionnaire de l'hôtel qui l'héberge.

Comme par miracle, elle réussit à rejoindre sa soeur Mona aux Etats Unis, dans le New Hampshire.. Son calvaire continue, Méprisée par sa soeur, elle découvre qu'elle a été appelée rien que pour s'occuper du ménage et des enfants de sa soeur. Cet "esclavage" ne lui accorde pas de répit pendant deux ans. Un examen médical révèle qu'elle est atteinte du virus de SIDA. Que retenir de ce roman ?

Le récit se présente comme un témoignage historique exemplaire. Historique parce que les évènements évoqués ont été réellement vécus et donnent des dates et des noms. Il s'agit de la guerre qui servit à l'Est depuis trois décennies. Exemplaire parce que Coco représente toutes les femmes congolaises violées dont la voix ne sera jamais entendu. Les viols des femmes et des jeunes ado sont fréquents. Ils sont tellement nombreux que le Dr Mukwege a reçu le Prix Nobel de la Paix. Ce roman dénonce les deux pays agresseurs, le Rwanda et l'Ouganda. C'est une invasion. Ces envahisseurs y sont pour exploiter les richesses du Congo, tuer les Congolais et violer filles et femmes, ils entendent y rester pour l'éternité. Un véritable génocide tu sous le couvert d'un conflit entre Congolais. Une MONUSCO impassible protège les envahisseurs et les multinationales. Beaucoup de lettres et de messages insérés éclairent le fond du roman.  

Par deux fois, prise de désespoir, Coco tente de se suicider. Mais une voix - intérieure ou venue de nulle part - l'empêche de commettre l'acte fatal. La deuxième fois, elle est internée dans un centre psychiatrique. Elle se décide de vivre et fe se battre et de faire entendre la voix des centaines des milliers de femmes violées dans cette guerre d'agression de la RDC dans l'indifference totale de la communauté internationale. Elle décide de dénoncer ces crimes et cette guerre avec l'espoir que son message atteindra le monde ä travers les écrits du narrateur transcripteur de sa vie. Ce qui fait de ce roman un témoignage réaliste et historique important.

2 avr. 2026

L'élimination de l'Italie

Un drame. La première fois que c'est arrivé que l'Italie n'a pas été qualifiée au Mundial, j'étais stupéfait. Inconsolable méme si c'était pas mon pays. C'était en 2014. La deuxième fois, j'étais étonné toutefois me disant que c'était pas la première fois. Et avant-hier, leur troisième élimination m'a fait réfléchir et voir les choses en face. Je le savais déjà, ou du moins le soupçonnais.

Le football italien est en crise. La crise est très profonde, plus profonde qu'on ne l'a cru. Qui l'aurait cru d'ailleurs? C'est comme si on avait perdu une grosse somme d'argent qu'on espère encore retrouvée, peut-être enfouie dans une poche de pantalon ou de sac à dos. L'Italie vient de renier sa grande classe historique en matière de foot. Quatre fois championne du monde! Et quelle humiliation  de se voir éliminée par une équipe sans prestige dans le monde footballistique. Une génération italienne est privée de ce privilège immense de voir gli Azzuri défendre leur honneur au terrain le plus élevé du football. 

Une crise qui révolte les esprits les plus sensibles à tel point que Arrigo Sacchi s'est exclamé: " I am not a racist,... but there are too many blacks in our teams ". C'est cette déclaration raciste de Mr Sacchi qui m'a poussé à écrire cette entrée. Comment une éminence grise du football s'est abaissée jusqu'à ce niveau? Venant d'homme qui a joué contre Pelé, entraîné Gullit, siégé au sommet du foot mondial, une telle déclaration ne peut que le disqualifier du piédestal qu'il a occupé longtemps. Effet de frustration? Déclaration délibérée? Tout est possible. Mais Sacchi est raciste.

Moi qui ai vécu assez longtemps en Italie, je sais de quoi je parle. Je peux prétendre connaître les Italiens. Pour y avoir vécu du temps de sa gloire, je sais à coup sûr de qu'est le "calcio" pour les Italiens. Une véritable religion. J'ai bien connu la Nazionale qui a gagné la CM en 1982 sous la direction technique de l'entraîneur Bearzot. Cette équipe-là avait des joueurs: Dino Zoff, Gentilé, Scirrea, Cabrini, Tardelli, Antonioni, Rossi, etc. Contrairement à la situation actuelle, les Italiens ont toujours eu de très bons clubs: Juve, Inter, Milan, Roma. Et d'excellents joueurs comme Maldini, Baresi, Baggio, Del Piero, ou Battega, Buffon, etc. A présent les plus performants ne dépassent presque jamais le niveau du quart de finale en coupes européennes. Les grands joueurs sont presque inexistants. De quoi s'en prendre aux Noirs trop présents dans leurs clubs et étouffant leurs jeunes talents de s'épanouir. 

Pour moi Scirrea et Baresi sont les meilleurs défenseurs, quoique Maldini soit bon. La honte actuelle n'est que passagère. L'Italie sera au prochain Mundial, si elle apprend de ses erreurs. Au travail ! Forza Italia ! Qu'on se le dise, cela pourrait arriver à tout pays du monde au vu de l'émergence de nouvelles nations footballistiques. C'est aussi cela la beauté du sport roi.

31 mars 2026

RDC Eloko ya Makasi

Ce soir du 31 mars 2026, les Léopards de la RDC ont mis fin au sort maléfique qui pesait sur eux en se qualifiant pour la phase finale de Coupe du Monde 2026, qui aura lieu aux US-Mexique-Canada. Cela faisait 52 ans que les Léopards de la RDC ne s'étaient plus mais qualifiés pour cette compétition. En 1974, l'équipe de base alignait Kazadi, Mwepu, Mukombo, Bwanga, Lobilo, Mana, Kibonge, Mayanga, Ndaye, Kidumu et Kakoko sous la houlette de l'entraîneur yougoslave Blagoje Vidinic. Ce soir, j'ai vu entre autres MPasi, Maswaku, Mbemba, Wissa, Meschiak, Bakambu, Mbuku, Twanzebe le buteur, Sidiki, etc. sous la direction sous la direction technique du Français Desabre. C'est un grand jour pour la RDC. Félicitations les gars ! RDC Eloko ya Makasi!

Commentaires des Congolais :

"Le match s'est joué sur 2 jours, 2 mois, 2 heures et 2 arbitres, on nous a refusé 2 buts et la RDC a 2e participation à la coupe du monde... on devait juste gagner !" (sic)

Occasion de penser à la mémoire de Kazadi, Mukombo, Mwepu, Ndaye, et d'autres comme Mavuba, Kembo, Ntumba, Kalala, Kalambay, etc. Honneur et respect. 

Les Léopards se sont qualifiés à l'issue des prolongations, à la 100e minute. Un but qui a couronné une série de deux buts manqués ou annulés pour motifs de hors-jeu. Le match était très tendu. La RDC a dominé la première mi-temps. Et les Reggae Boys ont dominé la deuxième mi-temps, imposant un jeu pausé qui brisait le rythme de celui des Léopards plus enclins à l'attaque à outrance. Je dois reconnaitre la maladresse des attaquants qui auraient pu marquer plus de deux buts en bonne et due forme. Soit. C'est aussi cela le football. Dans ces genres de match seuls les plus pragmatiques et les plus chanceux gagnent. Le reste ne compte pas. Ouf, c'est gagné. Les Léopards vont rejoindre le groupe du Portugal, Uzbekisthan, Colombie. Bonne chance! Fimbu ebatami kaka mbala moko.  RDC Eloko ya Makasi! Félicitations les gars. 

L'électricité de Kakobola

"Plus de 72 heures après le supposé lancement du barrage de KAKOBOLA, la ville de Kikwit sombre comme à l’accoutumée, dans l’obscurité la plus totale. Depuis Kikwit, nos sources confirment l’usage d’un groupe électrogène, le jour de l’inauguration, faisant croire à la desserte du barrage. Dans le chef de la population, le doute gagne du terrain. Ménages, établissements publics et privés, aucune structure ne consomme à ce jour la desserte de Kakobola. Les rues de la ville ne sont pas épargnées."

(Source:  Jonas Shampa jsl180T hreads)

Playoff: DRC vs Jamaica

March 31,2026. Today DRC Leopards are going to play against Jamaican Reggae Boys in Guadalajara, Mexico for a qualification to the final round of the 2026 FIFA World Cup. This derby forms a huge opportunity for DRC to come back to this Football Event after 52 years. My wish is obviously to see them win, but the victory has to be on the pitch. I see the Reggae Boys playing from times to times. Like for many Caribbean matches, the stadium is half full, I really don't have a clue re their form or strength. DRC look solid and collect on paper. Their last wins over Cameroon and Nigeria convinced me. But as said, in Football victory only counts after 90 minutes. Wait and see. Fimbu, fimbu will occur hopefully. Let us cross our fingers.

29 mars 2026

La rhétorique de la guerre

La guerre est une machine à tuer et à détruire. Elle tue et anéantit. Elle est le signe de la cruauté humaine. Tout homme est cruel sous le militaire qui sert sa patrie. L'homme est tellement mauvais qu'il faut se protéger de la prédation de son voisin. Un rien suffit pour que deux voisins en viennent aux mains: les pays se font la guerre pour montrer lequel est le plus fort. Pendant que l'amour se prêche à l'église, la haine sévit dehors. Et les mêmes prédicateurs vivent dans un environnement criminel dont ils ne réussissent pas à éradiquer la cruauté et la violence. La guerre ressemble à un concours de sauvagerie sous le beau couvert de l'héroïsme et de la bravoure patriotique. On jure de mourir pour son pays tant qu'on n'a pas éliminer physiquement son adversaire. L'ennemi naturel c'est le voisin; il est à exterminer, à liquider, à effacer de la terre. Gagne le camp qui détruit le plus grand nombre de vie et ravagé les infrastructures et constructions de l'autre. La mesure des destructions et des ravages détermine le vainqueur et le vaincu. Malheureusement, l'homme n'a jamais appris d'autre leçon que la guerre pour construire son pays en conquérant la terre des autres, en envahissant les territoires des voisins ou encore en colonisant les plus faibles. Réduire le voisin en esclave, tel est un des principes du conquérant et de l'envahisseur. Les frontières s'établissent, évoluent et changent en fonction des guerres. Le nom des pays reflète l'honneur sanctionné par les guerres d'humiliation et d'occupation des pays voisins. La guerre est l'acte le plus abominable et le plus ignoble qui rabaisse l'homme à l'animal sanguinaire. L'homme se trompe lourdement lorsqu'il prétend qu'en gagnant une guerre, il grandit en force et puissance humaines. Non,  il se dégrade et s'avilit. Que la valeur d'une nation dépende de ses victoires guerrières démontre l'inhumanité dans laquelle l'homme est tombé. Que les ravages des terres et les destructions des biens d'autrui réalisés pendant les guerres deviennent critères de victoire sur autrui amènent à penser combien l'homme est non seulement inhumain, mais qu'il a perdu sa raison d'être et le sens de sa mission sur terre. Que les belligérants renouent avec la paix quoique ce soit une mission impossible. L'homme est naturellement enclin mal, au crime, à la destruction, à la bataille, comme à la guerre la plus violente. Au lieu de s'en repentir,  il tire orgueil et fierté de la néantisation de son prochain. Au niveau individuel, communautaire ou national, il joue au héros sans coeur ni pitié, au tueur sans regret ni amour. Détruire, tuer, ravager, exterminer avec hargne, anéantir, voilà ce qui le pousse à vivre. Tout le contraire de l'éducation familiale, scolaire, culturelle ou religieuse reçue comme principes fondamentaux de vie. La guerre, c'est l'idéal. Horrible! La rhétorique de la guerre est contraire à l'essence même de l'humanité, même si la réalité nous montre le contraire. 

28 mars 2026

Un malade pas comme les autres

Il y a trois jours, l'envie m'a pris d'appeler une belle-soeur, Béa, la veuve de mon cousin Kingoma décédée depuis 1998, avec qui je me suis reconnecté depuis la mort de son fils Francis. N'ayant pas de phone, je l'appelle par celui de sa fille Sarah. J'ai appris que mon neveu Mutwambi, chauffeur de son état, voyait le dos d'une personne se planter devant lui alors qu'il conduisait son véhicule. L'apparition est tellement fréquente que le jeune homme a risqué de faire un accident. Quant à la personne, elle ne se montre que du dos, donc impossible de l'identitfier. Surpris, j'ai demandé s'il a été conduit à l'hôpital. Réponse: Non c'est pas une maladie d'hôpital, mais d'église. Dimanche, il sera amené à l'église de Bima pour être exorcisé. L'homme est dans la quarantaine. Depuis un certain temps, je n'aime plus questionner ces genres d'attitudes et de comportements. Dans ma logique, il faudrait amener un malade psychosomatique ou non à l'hôpital. Mais tel n'est pas le cas pour eux qui préfèrent l'église où un pasteur aux vertus miraculeuses va lui imposer les mains. C'est leur choix, je le respecte sans le remettre en question. Encore une fois, les pasteurs ont une influence puissante sur leurs adeptes. Tant mieux si le résultat attendu est atteint. Car ce qui compte après tous, c'est la guérison du malade. 

Lorsque j'ai parlé à sa maman, cette dernière m'a prié de n'en parler à personne. Mais à mon intention, elle a souligné: "Eglise eza na mbongo" (l'église est riche). Pour une femme qui ne m'a presque plus vu depuis que j'ai quitté le sacerdoce, cette remarque anecdotique frise à la fois une interpellation et peut-être une exhortation spontanée à un retour dans l'ordre sacerdotal. Ou du moins à créer une église afin non seulement de guérir les malades mais d'acquérir quelques bonnes sommes d'argent. Quant au silence qu'elle me prie de garder, c'est sans aucun doute pour éviter le sort maléfique des sorciers et la jalousie des autres. On ne dévoile pas la maladie de ses enfants à des "inconnus", à des personnes qui n'apprtiennent pas à la famille. Les mauvais esprits guetent chaque occasion pour jeter des sorts crapuleux. Quand la famille immédiate peut s'en sortir seule financièrement, elle évite de divulguer la nouvelle pendant que les malades sont sous traitement. D'où la garde du secret est stricte. C'est une pratique courante. Superstition ou calcul? Certains tiennent à leur intimité et au contrôle du cercle où l'information circule. D'autres s'abstiennent, ce faisant, de déranger ou de perturber la sensibilité d'autres membres de la famille. Les prétextes du silence sont nombreux. Comme par coïncidence et pour consolider cette idée, mon beau-frère m'a annoncé seulement aujourd'hui 28 mars 26 son opération datée du 25 mars. Attendons donc d'assister à la guérison complète de ce malade qui n'est pas comme les autres.