4 mai 2026

50 ans du Lycée Mikembo


 [10:18, 5/4/2026] kahiudimabana: J'y ai co-enseigné, avec Faustin Mampuya, la religion en 6e en 1978-79. Que des souvenirs! Merci de me reconnecter avec mon passé.

[10:25, 5/4/2026] kahiudimabana: Je crois qu'il y a erreur de date. Ce lycée a commencé en 75, nous étions en 6e. Et les filles sont venues à Kalonda animer lors d'une visite du commissaire de région Kabangu: "E tata Kabangu tumuyambi... Tumuyambi na Masi e na Kalonda na esengo"... 

Le lycée Mikembo fait en quelque sorte partie de mon parcours. C'est là que pour la première fois de ma vie je me tins devant des étudiantes pour enseigner un cours. J'ai déjà évoque ce passage sur ce blog. Il totalise 50 ans d'existence. J'imagine que l'année 1976 a été retenue comme celle de sa reconnaissance officielle par les autorités gouvernementales. Je me souviendrai toujours du Frère Vandal, joséphite de Kinzambi et fondateur de ce lycée comme d'autres écoles. La première fois qu'il est passé à Kalonda, l'abbé Firmin Kilunga nous a rassemblés au refectoire pour une prière spéciale des vocations. A l'époque, le petit séminaire de Kalonda n'avait pas encore produit aucun prêtre pour le diocèse de Kenge. Tel était l'objet principal de sa prière. C'est lui qui nous parla des 3 S: Sainteté, Sagesse et Santé, si ma mémoire est bonne. Frère Vandal a consacré sa vie au service de l'éducation, créant contre vents et marées, des écoles non viables et qui devinrent plus tard agréées par le ministère de l'éducation. 

Longue vie au lycée Mikembo. Je peux prétendre de figurer parmi les pionniers de ce lycée de Masamuna qui a acquis une bonne réputation au fil des années. Félicitations aux Soeurs de la Charité de Namur, aux différents préfets qui ont succédé à Mr Gilonga-Nzambi, aux collègues enseignants, aux élèves, au personnel administratif et pato qui ont oeuvré dans cet institut au cours des 50 ans. Je vais sans aucun doute envoyer une contribution symbolique aux festivités.  




3 mai 2026

Comment ça va? 2

La réflexion d'aujourd'hui fait suite à celle d'hier. "Comment ça va?" prend une signification spéciale en fonction de la personne à laquelle on s'adresse. Lorsqu'on sait quelque chose de la situation actuelle de la personne, la question devient spécifique. Depuis quelques jours, mon ami a sa soeur hospitalisée à Kinshasa alors que cette dernière vit aux environs de Kenge. Chaque jour qui passe, le "comment ça va?" prend une autre envergure. Cela veut dire: comment se porte la malade? comment évolue la maladie? quelles sont les nouvelles actuelles la concernant? Une polysémie variée mais marquée par le contexte du jour. La question demeure la même, mais elle prend une autre ampleur selon la date et le moment où est posée. Elle prend aussi une dimension selon qu'il s'agit d'un entretien oral ou écrit, d'un audio ou d'un appel vidéo. Le comportement et l'attitude sont différents en vertu des circonstances ambiantes.
"Comment ça va?" vaut plus qu'une simple question de santé. Elle s'étend sur tout ce qui concerne l'individu: sa vie, ses désirs, son succès, ses soucis, ses ambitions, son environnement. Oui, la réponse "ca va bien", c'est vraiment le résumé de la vie non seulement hic et nunc, mais Eaussi comment cela va évoluer dans les prochains moments. "Ca va bien ou mal" est la synthèse des différents sentiments qui traversent le coeur de l'individu interrogé. Souvent, c'est l'occasion de partager ensemble joies et peines, soucis et réussites, sympathies et solidarités. Un partage privilégié des événements vécus individuellement ou collectivement avec un sentiment d'appartenance à une même famille ou commuauté. C'est un moment de dévoilement de ce qui est vécu intimément dans son corps comme dans son esprit. C'est une invitation à la réciprocité existentielle, l'homme étant appelé à vivre ensemble ou en société. La vie se vit avec l'autre. Ainsi, "comment ça va" et "ça va bien ou mal" sont des expressions de solidarité, d'unité interpersonnelle et de cohésion sociale. 
"Comment ça va?" convoque un élément culturel important selon qu'on est en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie. Elle comporte des connotations subtiles et différentes selon le lieu où l'on se trouve. Le lieu de profération de la question impose des pesanteurs culturelles dont les locuteurs doivent tenir compte. Un supérieur peut poser cette question à son subordonné, mais pas le contraire. Ce serait un manque de courtoisie que de prendre l'initiative d'interroger son boss. Un fils ne la pose pas à son père; une femme ne la pose à son mari dans la société patriarchale, macho et marquée par un instinct excessif de masculinité. Autant des marqueurs différentiels qui imposent des modes de conduites à suivre. C'est une question d'ascendance hégémonique. 
"Allo Allo comment ça va? Allo Allo comment ça va?"   


2 mai 2026

Comment ça va?

Depuis notre tendre enfance nous entendions et entendons encore cette question après les salutations habituelles. Une question tellement banale qu'elle a perdu son sens et sa pertinence au fils des années. Une question tellement automatique qu'elle s'est transformée en un rituel dénué de signification. Cependant, depuis quelques temps, j'en ai redécouvert l'importance et toute la portée. 

De la routine à la réalité le cheminement a été long. En janvier 2017, j'ai souffert d'un mal de dos suivi d'une inflammation du nerf sciatique qui m'a cloué au lit pendant une semaine. C'est d'ailleurs la seule fois qu'en vingt cinq ans j'ai bénéficié d'un congé-maladie. Autrement, j'ai toujours travaillé sans interruption. Cette semaine-là et les mois suivants, j'ai senti non seulement le poids de l'âge, mais aussi le déclin de mes forces physiques. De nombreuses réflexions me sont passées par la tête. Me lever du lit ou de la chaise sur laquelle j'étais assis était devenu un problème. C'est là que s'est confirmé que la vie, fragile et éphémère, ne tient qu'à un fil. Aussi simple que cela puisse paraître. C'est alors que m'est revenu à l'esprit le rituel de la salutation. J'ai compris par mon corps la véracité de certains adages et prières debités souvent sans en connaître la profondeur.

"Comment ça va?" Ça me rappelle un film ouest africain, certes mais bien plus que cela. Il l faut écouter son corps: le corps parle et adresse des messages clairs auxquels il ne faudrait pas rester sourd. L'expression "ça va bien ou ça ne va pas" revêt une dimension plus profonde que la parole elle-même. Elle inscrit le locuteur dans la durée de la vie où dans le circuit de la mort. Se lever du lit ou de sa chaise devient un acte de triomphe. Se redresser sur son dos un exploit héroïque. Marcher debout le couronnement d'un mécanisme existentiel complexe et vital. Je sais de quoi je parle. La douleur qui empêche de disposer librement de son corps montre la finitude de l'homme et la conscience de sa vulnérabilité incommensurable. Des tragédies sombres et inavouées se vivent en nous, autour de nous et avec nous, parfois provoquées par nous. Mais là n'est pas notre propos d'aujourd'hui, bien que ce soit un sujet connexe.

Allo Allo comment ça va??? Donnez le pouls de votre état d'âme, d'esprit et de corps. 


29 avr. 2026

Le dernier anniversaire de sexagénaire





29 avril 2026, c'est mon dernier anniversaire de sexagénaire. Waouh. Gloria in excelsis Deo. Comment ne pas louer l'Etetnel pour les merveilles qu'il a accomplies dans ma vie? Comment ne pas penser à mes parents qui m'ont porté dès mes premiers cris de triomphe et de souffle? Mes grands-parents que j'ai tous connus, mes sœurs, mes frères, mes tantes, mes oncles, mes amies, mes amis, mes collègues, et toutes et tous... dans mon fort intérieur. Merci à tout ce beau monde! Oui, ça c'est mon univers.
Je pourrais m'avouer béni de Dieu. La Providence, à laquelle je crois infiniment, m'a secouru et me secourt toute ma vie durant. I am richly Blessed. Aucune honte ni peur de le dire. Toute ma vie, j'ai senti l'amour des miens et de mes proches. J'ai été constamment protégé par la main divine. Dans le désespoir, le Seigneur m'a donné le courage et la sagesse nécessaires pour m'en sortir. Et j'ai reçu, et je reçois, tout ce qui m'arrive comme un don du Ciel jusqu'à mon dernier souffle. Je pense à Clavère Maman, à Ibangu et à Mukawa, avec qui je partage le quotidien. Je pense à toutes celles et à tous ceux que le Ciel a mis sur mon chemin. Leur reconfortante présence m'est essentielle. Sans oublier ma Fleur de cactus ! Intelligenti pauca!
Je ne peux qu'être humble et rendre hommage au Maître du monde, qui contrôle ma vie et continue de me guider sous sa houlette. Amen. 

28 avr. 2026

La beauté d'une famille

Ma famille s'est réunie autour du mariage de notre nièce Anne Louise, fille de Rigobert. C'était la première fois que nous mariions une Mabana. Il y a avant elle un neveu, deux nièces, et j'ai participé d'une façon ou d'une autre à ces célébrations de mariage. A travers cet engagement, j'ai pu observer mes frères, mes soeurs, mes neveux et nièces. Chacun a fait quelque chose. Et il y a eu tout genre de personnes. Certains ont promis des contributions, sans rien donner. D'autres ont donné à la mauvaise adresse. D'autres ont compté sur l'argent de la dot, sans rien, pour en tirer des dividendes. Il y a d'autres qui se sont montrés complètement indifférents, sans même souhaiter des voeux aux mariés. Il y en a d'autres qui se sont absentés officiellement à cause de la pluie, mais la vraie raison était ailleurs. Comme toujours, il y en a qui subrepticement attendaient que les cérémonies échouent afin d'en tirer une étrange satisfaction. Je ne dirais pas concurrence mais cynisme. Il y en a qui, spectateurs, n'agissent pas, n'offrent rien, mais font les commentaires les plus désobligeants. Tout cela, c'est la famille. Des événements comme un mariage, un enterrement ou un baptême, sont des occasions pour observer les visages réels et cachés des membres de la famille. Hommes et femmes se montrés: engagés, indifférents, hypocrites, opposants, jaloux, concurrents, généreux, profiteurs, arrogants méprisants, saboteurs, observateurs négatifs, etc. Par leurs attitudes, leurs dits et gestes, tous se classent dans ces catégories.

Dans le cas du dernier mariage de notre famille, tout cela s'est observé. J'en profite pour saluer, sans déconsidérer les autres, la dédication d'une de mes soeurs, Pascaline Mabana Mawana. Plus que les autres, elle s'est dévouée, avec sa fille Grâce, corps et âme pour que l'événement réussisse. Avec Béatrice, nous avons souligné cet engagement efficace et sans ambiguïté; nous avons admiré la loyauté impeccable de notre soeur à notre famille. Sous la pluie, dans le potopoto nauséabond de Kinshasa, elle et sa fille se sont dévouées pour acheter les denrées et apprêter avec les moyens dont disposait la famille deux repas à la hauteur de différents événements nuptiaux. J'ai même craint, alors même que d'autres dormaient, qu'elle ne tombe malade. Béa me dira qu'elle l'a trouvée solide et résistante, avouant qu'elle-même en serait incapable. Rendons grâce à Dieu de nous avoir donné une soeur si généreuse, si gentille, si dévouée à la cause familiale, plus que quiconque. A plusieurs égards, elle me rappelle notre soeur défunte Anne Louise, l'éponyme de celle qui s'est mariée. Dimanche, alors que je l'appelais pour faire le point, elle se trouvait au CNPP, au chevet de sa belle soeur Sylvie, opérée et internée. Elle ne s'est même pas suffisamment reposée. Nous avons là une perle dont nous ignorons les talents et le coeur. Merci Passy. Sois bénie. Tu as été essentielle à ce mariage. 

Notre famille est comme toutes les autres avec des hauts et des bas, des qualités et des défauts. Au-delà de nos incompréhensions et querelles internes, nous tenons bon. Nous gérons nos écarts, et atteignons nos objectifs. Nous n'avons que faire de celles et ceux qui se moquent de nous ou nous mettent les bâtons dans les roues. Nous avanços. Félicitations à toutes et à tous. D'autres événéments nous attendent. 

 

27 avr. 2026

Ce monde comme il va

J'ai l'impression que le monde se passe sans moi et que je n'en maîtrise pas les leviers. La vie autour de moi a subi plusieurs revers auxquels j'essaie de m'accommoder sans jamais y parvenir réellement. Fatalité, résignation, indifférence ? Voilà un mot qui me rappelle mon défunt paternel qui s'est une fois montré "indiff" vis-à-vis de son sous-réged de l'époque. J'étais surpris de l'entendre utiliseR un terme des jeunes. Soit. Une autre preuve que le monde va comme il va, à son rythme, sans moi. En fait, il me revient de m'y accrocher. Tala se na miso: contente-toi seulement d'observer.

Le monde va comme il va et ne s'arrête pas. Disons-le nous. Des situations créent des habitudes et des traditions selon le temps et l'espace. Ngolo balambaka ye na mayi n'ango: le poisson se prépare dans/avec son eau". Cette expression se dit en cas de dot et de mariage. La fête se célèbre avec l'argent et les boissons offerts à cette occasion par la famile du mari. Mais moi, vivant ailleurs, bien que je le sache, j'ai préféré passer outre. Cela a fait des mécontents, j'ai compris l'émotion. J'ai un autre projet à ce sujet, plus durable et plus consistant que l'éphémère soirée de la fête. Je ne la néglige pas, au contraire, je la valide comme un événement essentiel mais passager, privilégeant la vie qui continue son cours. De l'avis de certains, il s'agissait de tout dépenser et de se distribuer le reste. Je ne partage pas cette philosophie des jouisseurs, prêts à tout brûler sans penser à l'avenir. Certains m'ont compris après la fête qui s'est par ailleurs bien passée. Je ne devais pas céder à cette pression parce que cela se pratique ainsi à Kinshasa. Moi, j'investis dans du durable, avec une vision claire et lucide. C'est ce qui fait la différence. Un peu de modestie KCM.

Un ami essayait de me convaincre de participer à un projet qui dépasse largement ses compétences d'homme de sciences humaines. Je lui ai dis niet. Il proposait une division du pays et retraçage des routes afin de transformer les infrastructures routières du pays. Je lui ai dit que ce projet était myope, ambitieux et sans avenir, étant donné qu'aucune instance politique sérieuse ne le soutiendrait. Son argument était que le schéma existant n'a jamais rien rapporté au pays. En fait, il y a des choses qui dépendent et d'autres qui ne dépendent pas de nous. Le seul fait de penser à une chose, aussi solide et intelligente soit-elle, n'en fait pas une réalité. Il faudrait en avoir les moyens, les leviers pour la transposer à la réalité. Le savoir n'est pas le pouvoir; c'est la volonté qui accorde le pouvoir. Vieil adage intellectuel populaire. Il ne suffit pas de penser, il faudrait assurer ou assumer la faisabilité. C'est à ce niveau que beaucoup de projets échouent. Et même encore, si les moyens sont mis à disposition, rien ne garantit que le projet se réalisera. Détournement des fonds, manque de volonté politique, déficience logistique, carence de contrôle, etc. pourraient tout faire foirer. 

Telle est la réalité. Le monde va comme il va. C'est ni toi ni moi qui allons le changer. Fais ce que tu peux, que je fasse ce que je peux. Et le monde continue avec ou sans nous.  

Joyeux anniversaire abbé Jean Robert

Jean Robert Mifuku fête aujourd'hui un jalon important de sa vie. Gloire et louange à notre Seigneur Dieu Éternel et Tout-Puissant. Lorsque nous sommes rencontrés dans la soirée du 2 septembre 1969 à Kalonda, il entrait à peine dans son adolescence. Entre il a poursuivi ses études secondaires, supérieures et universitaires. Devenu prêtre depuis quarante-trois ans bientôt, il continue de servir Dieu et l'église catholique. Ce service commencé au diocèse de Kenge s'effectue depuis quelques décennies au diocèse de Bruxelles Malines. Aujourd'hui, je ne pourrais que rendre grâce pour tant de merveilles que le Seigneur a accomplies pour lui à travers sa vie. Longue vie, santé et persévérance cher ami. Proficiat!