18 août 2026

Avez-vous déjà été trahi?

Avez-vous déjà été trahi dans la vie? Si oui, par qui? Si vous avez identifié le traître, comment avez-vous continué à vivre ensemble? Dans ma vie, j'ai réussi à identifier mes amis et à discerner les vrais des faux. C'est le temps qui finit par les révéler. Ai-je déjà trahi quelqu'un? Peut-être oui mais sans le savoir. Je regrette quelques moments de distraction où j'aurais pu sauver une situation mais je n'ai rien fait. Erreur fatale qui a coûté le boulot d'un collègue. Par contre, j'en ai sauvé plusieurs simplement parce que je pensais qu'il y avait de la place de travail pour tout le monde. 

Au niveau familial d'abord. De ma grande famille paternelle et maternelle, j'ai identifié des personnes pour qui mon rôle se réduisait à "donner". Tout chavirait chaque fois que je ne donnais pas. En retour, je n'ai rien reçu, parce qu'on croit que je n'ai besoin de rien. Une cousine s'est même évertuée à casser une affaire que je lui avais confiée, prétendant que ce serait son tour de "manger" parce que beaucoup d'autres ont "mangé mon argent" et mes biens avant elle. Dans son désir de vengeance ou de récupération, elle est parvenue jusqu'à detourner une propriété que j'avais acquise pour mes soeurs. Soeur et cousine, c'est la même chose. Soeur lorsque tu as à leur donner, cousine lorsqu'elle possède mais refuse de te donner ce qu'elle possède. Cette distinction varie selon les intérêts du moment. Rusée, manipulatrice, elle a réussi à construire pour elle-même sa propre maison... mais tout le monde sait d'où est sorti l'argent. Opération de blanchiment. Une telle personne s'est disqualifiée d'elle-même et ne fait plus partie de mon cercle.

Au niveau des amis. J'ai eu des vrais et des faux amis. Je les ai découverts au fil des années. Mon instinct de lecteur de texte et de décodeur de messages m'a aidé pour opérer ce discernement. Une attitude, une réaction, un mot ont suffi pour que la vérité éclate clairement à mes yeux. Tala ku tseki tala ku mamba, comme disent les Suku. Pour quelqu'un comme moi dont le travail consiste à interpréter des signes de messages, un regard du métier me révèle ce que cachent ces signes. Les ennemis qui m'ont trahi vivent avec moi, je les connais. Ils sont de tous les milieux ecclésiastiques comme laïcs, qui me sourient et me font des éloges auxquels ils ne croient pas eux-mêmes. Comme ils n'ont pas le courage de me parler directement, je les ignore et prends mes distances. Quelqu'un qui voulait contrôler ma vie, s'est remis à sa place, lorsque je lui ai signifié que je n'avais à négocié ma vie avec personne, quel que fût son rang. Quelqu'un m'a donné des mauvais conseils alors même qu'il s'est révélé être mon ennemi le plus nocif et mon calomniateur le plus virulent. Un autre m'a accusé de détournements d'argent, de faux et usages de faux, et même de délinquences morales auprès d'un cercle d'amis communs. Un autre encore n'a rien trouvé de mieux que de mener campagne auprès des services d'immigration pour que je sois interdit de séjour à l'étranger. Un autre m'a accusé de ceci et cela afin qu'une mesure de suspension a divinis soit prise à mon égard. Tout cela, je le sais, j'ai pardonné, mais je n'ai jamais oublié. J'ai déjà écrit à ce sujet dans ce blog. 

Avez-vous déjà été trahi? Vous êtes-vous déjà senti humilié et raillé par des collègues que vous croyiez proches et fiables? Moi, j'ai déjà vécu cette situation à deux reprises lorsque j'étais prêtre. Je passe les détails. Ces expériences m'ont rendu plus forts, plus confiants en moi-même et plus concentré sur mes propres atouts. Si je peux prétendre avoir réussi ma carrière professionnelle, je le dois à plusieurs personnes qui ont cru en moi. A commencer par mes parents et Mgr M'Sanda, mes amis et surtout les peronnes qui m'ont soutenu dans les périodes les plus sombres. Beaucoup sont décédées, mais certaines sont encore vivantes. Je me définis béni de Dieu. Blessed. Mono kele ya kusambuka. Au-delà des trahisons qui ne m'ont jamais ébranlé, le Seigneur a de tout temps véillé sur moi. Le chien aboie, la caravanne passe. Intelligenti pauca!   

17 août 2026

Abbés Ngiengo, Kwambamba (Mgr), Mukanu et Munkaba@40

 

    Bandundu, 17 août 1986-2026

Félicitations aux quatre prêtres ordonnés ce jour-là à Bandundu. Parmi eux je salue mes cadets, confrères et élèves. J'étais leur aîné au petit séminaire de Kalonda. L'abbé Ghislain Mukanu, mon neveu, me suivait de deux ans depuis l'école primaire à Kimbau. L'abbé Albert Munkaba de trois ans. Monseigneur Jean Pierre Kwambamba et l'abbé Côme Ngiengo de quatre ans. Et lorsque, après la formation philosophique à Mayidi, je suis revenu à Kalonda pour la régence en 1978-79, j'ai eu Jean-Pierre et Côme comme élèves en 6e littéraire. A mon retour de Rome en août 1982, ils ont reçu la vêture lors de notre ordination diaconale avec les amis douze apôtres le 15 août. Depuis, leur parcours a été exemplaire sans anicroches ni tempêtes. Félicitations pour 40 ans au service de l'église universelle, du diocèse et de la nation. Lors de leur ordination sacerdotale à Bandundu, le 17 août 1986, j'étais témoin, actif dans l'organisation liturgique et matérielle de la cérémonie en ma qualité de secrétaire de Mgr Dieudonné M'Sanda, l'évêque ordinant. Je passe les détails des coulisses qui entourèrent cette ordination "unique" dans l'histoire du diocèse de Kenge. Je n'ai rien oublié.

40 ans se sont écoulés depuis cette ordination. Chacun d'eux a exercé des responsabilités importantes au sein du diocèse. L'abbé Albert a commencé au collège Kivuvu de Bandundu, puis est allé aux études de droit canon aux facultés catholiques de Kinshasa (actuellement UCC). A la fin de sa formation, il a exercé les fonctions de curé, de coordinateur d'enseignement secondaire à Kenge. L'abbé Jean Pierre était affecté au petit séminaire de Katende avant de s'envoler pour des études de liturgie à Rome. Docteur en théologie, il a travaillé à la propédeutique à Ngi puis à Kenge 2, vicaire général du diocèse, recteur du grand séminaire St Cyprien, fonctionnaire à la congrégation romaine du culte divin, cérémoniaire pontifical sous les papes Ratzinger et François. En 2016 il a été nommé évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Kinshasa et plus tard évêque ordinaire de Kenge en 2018. L'abbé Côme a été recteur du petit séminaire de Katende avant d'entreprendre des études d'agronomie à l'institut supérieur des sciences agronomiques et vétérinaire chez les Jésuites de Kimwenza. Directeur du centre de Luono, curé de Ste Cécile à Pont Kwango, il se trouve en Belgique depuis plusieurs années. L'abbé Mukanu a été responsable de la procure de Kenge, curé de plusieurs paroisses parmi lesquelles Masamuna, Matari, Kenge, Kalenge, Kimafu, Fatundu, etc. Il a brièvement servi comme secrétaire chancelier de Mgr Kwambamba avant de retourner en Italie comme prêtre fidéi donum au diocèse de Turin. Autant de vies, autant de destins, autant de parcours, mais un seul sacerdoce assumé avec zèle et fidélité au service de Dieu et de son église.

Une cérémonie festive est prévue le dimanche 23 août 2026 en la cathédrale Mwense Anwarite de Kenge. Il y aura très probablement les abbés Côme et Albert autour de Mgr Jean Pierre. L'abbé Ghislain étant empêché. Que la communauté diocésaine accompagne son évêque et ses confrères d'ordination dans ce cheminement de vie et glorifie l'Eternel pour ses merveilles. Union de prières et de coeur mes chers frères serviteurs de Dieu. Ad multos annos!


17 août 1987-2026: 40 ans de sacerdoce

 [17/08, 04:40] Ghislain Mukanu: Bonjour et bon début de semaine à tous. Aujourd'hui, 4 anciens de Kalonda fêtent leur 40è anniversaire sacerdotal ( Mgr. Jean Pierre Kwambamba, abbés Côme Ngiengo, Ghislain Mukanu et Albert Munkaba). Que vos prières les accompagnent. Une messe d'action de grâce sera célébrée le 23 août à Kenge. Excellente journée à tous.

[17/08, 07:35] Kahiudi C Mabana: Bonjour abbé Ghislain, je me souviens de votre ordination. C'est moi qui vous avais appelés avant que l'archiprêtre Kapende ne vous présente à Mgr M'Sanda. Jamais une messe n'avait été célébrée sous autant de tensions. Félicitations!

15 août 2026

La trahison tue la RDC

Les plus grandes trahisons, comme les tromperies, viennent souvent des personnes en qui nous avons le plus confiance. C'est connu de toute éternité. "Moto akosala yo mabe se moninga bomelaka na yo. Moninga tofandi na ye woo apesaka nga gentil ya monoko. Kasi na motema na ye wowo azwa nga ennemi na ye ya liboso, etc." (La personne qui te fera du mal c'est ton ami avec lequel tu partages le verre au bar. L'ami avec lequel je vis ne manifeste sa gentillesse que par la bouche, mais au fond de son coeur il me prend pour son premier ennemi). Cà c'est au niveau individuel ou social. Si elle est meurtrière pour des individus, à plus forte raison combien nuisible la trahison est au niveau d'un pays. C'est ce qui se vit chez nous. Il y a plusieurs types de trahisons. J'en cible deux: l'économique et la militaire. 

La trahison économique, c'est quand une autorité politique ou un gestionnaire d'entreprise nationale s'empare des ressources du pays et les brade à des étrangers. Quand il crée des sociétés écrans pour exploiter et piller les ressources du pays. Des produits dont les recettes sont supposés revenir au peuple sont empochés par des inciviques qui ne voient que leurs ventres. Tous les détourneurs, pilleurs et voleurs de grand chemin sont, à mon avis, à ranger dans la catégorie des traîtres de la nation. Ils sont placés à ces postes pour servir le pays, mais détournent les moyens qui devraient contribuer à la construction du pays. La police qui rançonne les innocents trahit sa mission et le peuple congolais. Le gestionnaire qui détourne les deniers publics trahit sa mission, et de fait mérite des sanctions. La corruption n'est rien d'autre qu'une trahison qui bloque le développement du pays. Tous les politiciens tombent malheureusement dans cette catégorie, dont on entend des promesses électorales mais dont on ne voit jamais les réalisations. Et quand bien même il y a réalisation, c'est souvent en déca des monnaies reçues ou perçues. 

La trahison militaire est plus grave parce qu'elle met la vie même de la nation en danger. Lorsqu'on se demande pourquoi la guerre à l'Est de la RDC traîne depuis des années, on entend dire que l'armée est tellement infiltrée qu'il n'est pas possible de gagner cette guerre. On entend beaucoup de choses: des généraux congolais mais rwandais dans leurs coeurs donnent des contre-ordres et forcent les militiaires congolais à ne pas faire la guerre, à replier ou à fuir. Les armes et équipements de combat sont détournés, revendus, ou livrés à l'ennemi. Les soldes des militaires sont récupérées par des généraux avides d'argent et de pouvoir, et encaissées dans leurs comptes pour des constructions à Kinshasa et dans d'autres villes de la république. Des chantiers ou carrés miniers sont pris par des étrangers, sans aucune résistance des forcées armées de la république parce qu'elles sont soit désarmées, soit sommées de quitter le lieu de combat et de n'opposer aucune résistance. Les infiltrés prennent des photos, vidéos, et des renseignements de guerre qu'ils livrent aux étrangers sans qu'aucune sanction ne leur soit appliquée. La RDC et ses territoires sont livrés à la merci des prédateurs étrangers avec la complicité de nos propres compatriotes. Des accords sont signés qui ne traduisent nullement la volonté du souverain primaire, où des terres sont cédées à l'ennemi, des mines livrées à des multinationales sans aucune rétribution en récompense. Les pots-de-vin circulent en coulisses. La trahison est tellement importante qu'on ne sait plus qui est qui? ni qui défend la RDC ni pour qui le combattant congolais se bat? Voici ce que conclut mon pourfendeur:

"Le premier traître de la RDC, c'est le Congolais lui-même. N'importe qui, angolais, rwandais, ougandais, burundais, est congolais. C'est notre passivité qui donne des ailes aux étrangers à tel point qu'ils s'arogent le droit de nous commander et de nous occuper. Je ne fais que transposer une idée qui n'est pas mienne, mais dont je n'hésite pas à m'approprier. Désormais que celui qui trahit la nation subisse la peine capitale. Quiconque cause la mort des Congolais par sa trahison doit mourir aussi. Quiconque porte le sang des Congolais sur ses mains doit être poursuivi. Que la justice soit implacable vis-à-vis des ennemis de notre nation." Sacré pourfendeur, tu exagères. La peine de mort doit être rétablie et appliquée aux traitres. Des mesures dissuasives doivent cependant être prises pour éradiquer l'impunité actuelle car en dernière analyse, c'est la trahison qui tue la RDC.

13 août 2026

48e anniversaire sacerdotal: Abbé Michel N'Gob

13 août 1978-2026: 48 ans de vie sacerdotale au service du diocèse de Kenge et de l'église. 48 ans de dédication, de fidélité, de persévérance, de courage, de zèle et travail ardu dans la vigne du Seigneur. C'est cela la beauté de la prêtrise. Félicitations abbé Michel Jr. Je rends spécialement grâce à l'Eternel pour l'abbé Michel: il a toujours été là pour moi. Je salue mon aîné, mon formateur, mon confrère et mon conseiller. 

Il est des rares aînés de Kalonda qui m'ont approché au petit séminaire de Kalonda, alors qu'il partait pour Kinzambi. Aux funérailles de l'abbé Innocant Mwela, il a raconté à mes aînés Dieudonné Mbuya et Onésime Kalala, en présence de Mgr Kwambamba et de Maître Matadiwamba, que je pleurais les premiers jours de mon arrivée à Kalonda. Lui qui allait à Kinzambi ne l'avait jamais oublié, alors que c'était un non-événement pour les deux qui ont continué de vivre avec moi. Je n'en veux nullement à mes mbuta, loin de là, mais je voudrais souligner l'attention que l'abbé Michel avait portée sur moi dès mes premiers jours à Kalonda. Chacune de nos rencontres était pleine de fraternité d'aîné à cadet. Cette même gratitude va aussi à son alter ego Jean René Singa, d'heureuse mémoire, avec qui il était ordonné le 13 août 1978 à Kenge. Comme tous mes collègues grands séminaristes, j'étais présent et au diaconat et au sacerdoce, témoin de ses engagements.

Chaque année en septembre, avant d'aller au grand séminaire en octobre, il effectuait le ministère au petit séminaire, enseignant de français et de religion. En 1973-74, il a passé une année de régence au petit séminaire de Kalonda avec son ami l'abbé Jean René Singa. Il était de l'équipe des formateurs avec les abbés Dieudonné M'Sanda, Oscar Makolo, Charles Kapende, JR Singa, les pères Charles Schwertz, Ben Overgoor SVD. C'est l'année où l'abbé Dieudonné a été nommé, sacré et intronisé évêque de Kenge. Et Kapsy est allé à Rome en septembre 1974. A  mon admission au grand séminaire en septembre 75, l'abbé Michel qui se préparait à commençer la 2e année de théologie à Jean 23, était le responsable du groupe des séminaristes qui traduisaient en kikongo le missel qui est devenu plus tard  Fukimina Mfumu. Plus d'une fois, je me suis rendu à Jean 23 leur rendre visite. Son ministère diaconal s'est aussi passé à Kalonda en 1977-78. Tout de suite après son ordination sacerdotale, l'abbé Michel a été envoyé en septembre 1978 pour des études de théologie morale à l'Académie Alphonsianum de Rome où enseignait le professeur Bernhard Häring, auteur de la Loi du Christ. Son mémoire de licence a porté sur l'abbé Marc Oraison. Pendant ma régence à Kalonda en 1978-79, j'apprendrai de Kapsy qu'il se surnommait Vangu. Je le retrouvai à Rome dès septembre 1979.

Je dois avouer que c'est à Rome que nous avons consolidé notre relation fraternelle. L'abbé Michel passait souvent nous voir au Collegio Urbano. Proche de nous tous, il était vraiment notre aîné, attentif à nos problèmes et prêt à intervenir quand il le fallait. Il m'a présenté auprès de Mgr Franck, secrétaire général des oeuvres pontificales missionnaires. J'ai vraiment apprécié cette proximité. Nous sommes restés liés. Je le retrouverai à Kenge en septembre 1982 comme coordinateur des écoles conventionnées catholiques de Kenge. Il sera mon mentor pendant mon année diaconale, c'est aussi chez lui que j'ai vraiment connu l'abbé Louis Nzala, plus tard évêque de Popo. Nous sommes restés proches jusqu'à ce jour. Le fait que j'aie renoncé au sacerdoce n'a rien changé à nos relations. Nous nous parlons souvent, discutons de tout en toute confiance et confidence. 

Voilà 48 ans passés depuis qu'il a été ordonné, comment ne pas le recommander à la bienveillance divine en ce jour merveilleux? Comment ne pas glorifier l'Eternel pour ces années de consécration à son service? Abbé Michel, Proficiat! Sois heureux, célèbre ton jour en union avec l'église et le diocèse. Félicitations Mbuta Mich!

Comment en sommes-nous arrivés là? 2

Une des causes principales de mortalité dans les villes congolaises, c'est la moto. Les wewa sont une catastrophe dans ce pays. Chaque jour qui passe compte des morts par accident de moto. Il suffit de voir ces motos circuler pour se rendre compte de l'irresponsabilité collective. 

Les autorités voient, les passants voient, tout le monde voit, mais personne ne fait quoi que ce soit pour endiguer le cataclysme routier. La police, n'en parlons pas, n'est là que pour rançonner... elle n'assure pas l'ordre attendu d'elle. Il y a quelques décennies, les villes congolaises ne comptaient presque pas de motos. A Kenge par exemple, entre 1982 et 1985, il n'y avait plus de 20 motos en circulation. Et j'étais l'un des motards, et j'ai eu un accident en juillet 1986, qui m'a laissé des égratignures indélébiles à ce jour. Je sais donc de quoi je parle. 

Hier la nuit s'est produit à Kenge un accident impliquant une moto guizi et une moto de marque chinoise. Excès de vitesse. Bilan: 3 morts dont les deux conducteurs et un passager; un quatrième est dans un état critique à l'hôpital; un seul s'en est tiré sans dégâts notables. Aujourd'hui Kenge compte plus d'un millier de motos chinoises de marque XPress et consorts. 

Pendant que j'écris ces lignes, j'apprends la mort par accident de moto du côté du Pont Wamba de John Bititi. Je connais John. Je l'ai eu comme étudiant en dernière année de français et langues africaines. Un brave étudiant. Quelle perte! Que son âme repose en paix. Les motos sont devenus une machine à tuer, pire que les armes ou les machettes des Mobondo. Elles menacent tout le monde. Chaque traversée de rue, chaque croisement, constitue un risque énorme. Le ministère des transports est défaillant. La mairie urbaine est défaillante. Une chaine de responsabilités est clairement identifiable. L'autosatisfaction des politiciens ne se justifie pas dans ce domaine.

Le problème est plus profond. C'est l'image même du pays tel qu'il fonctionné. L'impunité et le non respect de la loi. Des motards sans permis de conduire, sans casques, ivres, circulent librement sur Lea routes, tuent passagers et passants, dans un désordre incroyable. La vie du Congolais n'est pas valorisée, ni protégée. J'ai vu des autorités provinciales monter sur ces Motos, sans casques et même pousser Lea motards à aller plus vite dans une cité où les piétons n'omt pas d'espace. Le drame, c'est l'absence totale de régulation et d'ordre rigoureux. On dirait une tare viscérale. Nous avons le devoir d'interpeler nos autorités pour qu'elles assurent notre protection. 

Plusieurs fléaux - wewa, kuluna, bandits de grands chemins, coupeurs de routes, Mobondo, rebelles à l'est, milices rebelles - sèment l'insécurité dans notre pays. Les autorités sont gardées, escortées lourdement mais la population abandonnées à elle-même. La police n'est pas efficace ni sûre. Combien de compatriotes regrettent de s'ètre confiés à la police? Le sens de l'ordre fait énormément défaut, et cela à tous les niveaux. Il faudrait une refondation totale de notre société et des valeurs fondamentales. Nous vivons dans une société violente et aggressive, et la route et ses motos sont des lieux de mort. Revenir  sain et sauf à son domicile est devenu une gageure. Vivons-nous vraiment en paix? Je me pose cette question. Comment en sommes-nous arrivés là? 

10 août 2026

Comment en sommes-nous arrivés là?

Le Kwango a appris avec surprise la destitutiion du ministre provincial de la santé par le Gouverneur. Motif: Le ministre a adressé au gouverneur une lettre où il épingle le dysfonctionnement de sa gestion provinciale. La lettre est devenue virale à travers les réseaux sociaux. Le destitué dresse un bilan très critique de la gouvernance provinciale, exposant les coulisses du pouvoir. J'ai lu sur Facebook les réactions des uns et des autres. La majorité des personnes soutiennent la démarche du ministre déchu. Difficile d'être neutre ou objectif dans un cas pareil. Il ne me revient pas de prendre position pour le gouverneur ni pour le ministre, lesquels ont exercé des prérogatives qui leur sont dévolues. 

Je crois avoir mon idée personnelle sur les deux illustres personnalitès de notre cher Kwango natal. Pour l'illustrer, je reviendrai sur un épisode que j'ai retenu lors de notre colloque de l'APISPK (Association des Professeurs de l'ISP Kenge) d'août 2025. Le colloque a reçu un soutien financier d'un honorable kwangolais, que nous avions publiquement remercié, en présence de son excellence. Dans ses discours d'ouverture et de clôture du colloque, le chef du Kwango a insisté sur les efforts de développement menés par le Président de la république. "Nous politiciens, nous sommes très sensibles " (sic). J'ai alors compris que le monde politique fonctionne différemment du monde académique. Tout académique qui entre en politique devient un autre homme. Je suis apolitique.

Je comprends aisément le sens de cette destitution. En plus, c'est dans la ligne de ce que j'appelle la logique politique. On a beau critiqué notre cher gouverneur, mais avait-il un autre choix que d'écarter ce ministre récalcitrant? En intellectuel initié à la dialectique de Kant ou Hegel, je me réserve de poser les vrais problèmes soulevés dans la lettre du ministre dèchu. Des simples questions de transparence: où vont les recettes de la Dgrkwa et du Fonds de la santé? Où sont les équipements détournés? Pourquoi les agents provinciaux ne sont-ils pas payés? Comment le gouverneur peut-il nommer, muter ou révoquer des agents à l'insu du ministre  et sans consultation avec lui? Le ministre de la santé était certes dans ses droits de dénoncer cet état des faits et de revendiquer des meilleures conditions de travail, mais il a commis l'erreur d'accuser publiquement son chef de l'exécutif. Toute vérité n'est pas bonne à dire. Ou comme aurait dit Soki Vangu: "La vérité blesse". Et même encore faudrait-il que ce que le ministre affirme, soit vrai. Trêve de verbiage! En langage élégant, il a sollicité sa démission. Le gouverneur a sévi sans hésiter en le révoquant.  

Le plus grand perdant dans cette lutte de leadership, c'est le Kwango. Comment en sommes-nous artivés là?