30 mai 2026

Développement participatif ?

Merci cher Diogène pour ce beau texte méditatif et stimulant pour la pensée. On ne peut changer l'histoire quoiqu'elle soit une science utilisée idéologiquement pour servir certaines fins. Oui, fvrai, à l'époque coloniale belge, on pouvait parti partir en VW de Kinshasa ou Kisantu jusqu'au Katanga. Les routes étaient bonnes, les cantonniers étaient rémunérés, le travail rigoureusement suivi et contrôlé. Après l'indépendance, tout a changé. Je me souviens avoir vu quelques véhicules et jeeps qui ont roulé sur ces routes. Jusqu'aux années 65-70, certaines étaient encore praticables. Au diocèse de Kenge, des missionnaires partaient de Matari ä Banningville. "Kanda muyansi kuna nsi yandi, nsi yandi ikala lelenzi lelenzi", une expression des missionnaires qui en dit tout. Avec le délabrement progressif des routes, les choix des véhicules ont évolué chez les missionnaires. De la moto à la VW, de la VW à la jeep Land Rover, de la Land Rover à la Toyota. Aujourd'hui rien! J'insiste "rien". C'est quoi le développement ? Il y a certes des routes asphaltées qui se détruisent à la moindre tombée de la pluie. En plus, les bretelles routières sont impraticables. Impossible ou presque d'arriver à Bandundu par la route. C'est ça le développement ? Loin de moi l'idée d'encenser l'époque coloniale glorieuse! Je reconnais que les infrastructures routes fonctionnaient parce qu'il y avait un sens du développement qui n'existe plus aujourd'hui. JMM a tout dit et bien dit. Merci Maître Diogène ! 

Plus on parle de développement, moins on se développe, attendant que le Ciel vienne à l'aide. Au travail chers compatriotes ! 

29 mai 2026

Voici le véritable développement participatif (JM MATUTU)

Prof Abbé Jean Marie Matutu:

Il faut combien de siècles pour en arriver là ? Il n'y a pas de culture naturelle. La culture, c'est tout ce qui transforme la nature humaine et l'environnement, c'est tout ce que produit l'esprit humain pour transformer et humaniser son biotope. Il y en a combien comme ça en 0? Qui sensibilise et mobilise aujourd'hui dans ce sens, à tous les niveaux de notre société ? Impossible de faire de ce modèle une option fondamentale aujourd'hui en RDC? 

A l'époque des Belges, on partait de Kisantu par Kimvula, Bandundu, Kasai jusqu'au Katanga, en voiture et en jeep. Quand les routes ne sont plus une priorité des priorités dans notre pays et en Afrique, peut-on maintenir un tel esprit dans un peuple desireux de progrès,  et donc, de changement? Autrefois on allait à Kimvula en VW, parce que les cantoniers qui entretenaient cette route étaient régulièrement rémunérés officiellement et autrement motivés. Et aujourd'hui? 

Nous assistons impuissants au délabrement de nos routes proncipales et de desserte agricole et, donc, au développement inexorable du sous-développement. Nous attendons que Dieu vienne nous développer par la prière démissionnaire! Dieu qui nous a créés sans nous peut-il nous sauver sans nous? Nous sommes à plaindre, franchement, toutes tendances confondues. Il n'y a jamais eu de développement au monde par procuration. 

Et aujourd'hui, l'histoire nous a appris qu'on ne développe plus, on se développe ensemble et de façon endogène; tout le reste est logomachie rhétorique et paresseuse ou, tout simplement: manipulation et volonté de puissance! C'est mon regard sinon  mon commentaire sur  cette vidéo virale concernant le véritable développement des Strilankais. Hautement symbolique! 

Excellent week-end. 

Jmmatutu

26 mai 2026

Un 24 mai de 90

24 mai 1990. Ce jour-là je me trouvais en Suisse, la nouvelle est tombée comme une bombe, prenant tout le monde par surprise. Le président fondateur du MPR venait de céder à la pression nationale et internationale en acceptant le multipartisme au Zaïre. Ce fut la fin du sinistre parti-état, symbole du despotisme et de la tyrannie de Mr Mobutu. Ce jour-là tout ce qui avait constitué les fondements de la deuxième république s'est effondré comme un château de sable. Retour des noms chrétiens, autorisation de mettre la cravate, de porter pantalon pour femmes, vestes et costumes à l'occidental, etc. Ce jour-là, toute la politique de l'authenticité est devenue caduque.  

Le géant Mobutu Sese Seko, le Léopard, qui dirigeait le Zaire d'une main de fer a mordu la poussière. Le dictateur a, saisissant la gravité historique de son discours, cédé à des instants de condition humaine, au point de perdre son flegme légendaire: "Comprenez mon émotion". Dévasté, impuissant devant l'ouragan de l'histoire pour reprendre sa propre expression, le dictateur Seskoul profondément ému a même versé quelques larmes. Un moment vraiment dramatique quoique des mauvaises langues aient parlé de "larmes de crocodile". 

Le littéraire en formation que j'étais avait suivi et saisi la portée de cet instant. Plus rien n'a été comme avant ... jusqu'à la fatale journée du 17 mai 1997. Une page de l'histoire s'était tournée mais le héros de Gbadolite ou l'aigle de Kawele avait encore tenu sept ans avant de disparaître définitivement de la scène active du pouvoir. Il est mort et a été enterré au Maroc dans l'anonymat et la déchéance, loin de son pays natal. Cette époque correspondait parfaitement à mes recherches sur les mythes, et la descente aux "enfers" de Mr Mobutu étayait de façon évidente les résultats de mes lectures théoriques. Le mythe Mobutu virait à la déchéance et au désastre, ruiné et vidé de sa substance essentielle. Je defendis ma thèse le 12 juin 1997 convaincu entre autres de la finitude de l'être humain quelle que fût sa puissance. 

Ainsi sont tombés tous les héros de l'histoire. Ainsi tomberont tous les puissants d'aujourd'hui. Sic transit gloria mundi et terrae

25 mai 2026

Ce qui se passe dans mon pays m'inquiète

Les bonnes nouvelles sont rares. Guerre à l'Est, insécurité à l'Ouest, tueries à Goma et Bukavu, Kuluna à Kinshasa, voilà le tableau qu'offre mon pays. A Kinshasa, c'est le débat constitutionnel qui bat son plein. Partisans et opposants s'acharnent les uns contre les autres, s'empoignent, s'insultent et se battent pour ou non réviser, changer, amender la Constitution de 2006. Le plus choquant, c'est que ce débat prend une allure violente, agressive et intolérante inattendue. Il en va du maintien ou pas du régime en place, du nombre et de la durée des mandats du président, moyennant réadjustement d'articles dits "verrouillés", etc. Tout porte à croire qu'il y aura changement. Une diversion passionnée qui élude ou met au second plan les dangers qui se déversent quotidiennement sur le pays. Des combats féroces et meurtriers continuent à l'Est malgré les accords de paix signés à Doha et à Washington DC. Hier 24 mai 26, deux drones kamikaze ont été neutralisés par l'armée congolaise à l'aéroport de Kisangani. Je ne vois pas clair. 

Ce qui surprend les non-connaisseurs de la chose politique, c'est la volte-face des politiciens et leurs partisans. C'est comme un cycle historique. On brandit selon que l'on est de l'opposition ou du pouvoir des articles de la Constitution pour en soutenir le statu quo, la révision ou le changement. Un combattant qui jadis récusait mordicus le changement de la constitution devient brusquement un fervent défenseur de sa modification ou révision parce que son parti se trouve au pouvoir. Une stratégie déjà rodée ailleurs en Afrique. Du côté du pouvoir, on rassemble des signatures, on propose un referendum populaire qui va sans aucun doute passer, vu la confortable majorité parlementaire dont il dispose. L'opposition et le parti régnant  précédent qui n'a pas réussi ce coup, s'y opposent farouchement, prêts à descendre dans la rue et à causer des troubles. On tente de les museler. En fait, c'est un cercle vicieux. La logique est simple. Tout tourne autour d'une seule question: rester au pouvoir ou partir du pouvoir? Chaque parti possède sa propre lecture de la Constitution. D'où le conflit d'interprétation des articles constitutionnels, qui laisse couler tant d'encre et de salive. L'intérêt supérieur de la Nation doit être mis au plus haut point. Même une phrase pareille, simple en soi, donnerait aisément matière à plusieurs interprétations. Parole de littéraire apolitique et d'observateur indépendant. Je suis sûr que les autorités et le peuple congolais se montreront sages, ouverts et tolérants pour trouver une solution en faveur de l'intérêt du pays. Une solution patriotique conforme à la devise nationale:  Justice, Paix et Travail.  

Franchement, ce qui se passe dans mon pays m'inquiète. Je ne vois pas clair.

22 mai 2026

Abbé Jean Anatole Sabw in memoriam

 


Quelle triste nouvelle! L'abbé Jean Anatole Sabw Kanyang, prêtre du diocèse de Luiza, vient de tirer sa révérence. Je l'ai connu à Fribourg où nous étions voisins de chambre dans la communauté des Missionnaires de Bethléem, Chemin de l'abbé Freeley. Il était au Foyer St Justin avant monter à Torry. Brillant chercheur, il avait une licence des Facultés catholiques de Kinshasa. Il me fascinait par sa discipline et sa passion pour ses études. Nous échangions souvent sur des sujets d'actualités, sur des amis communs de Luiza ou du Kasaï. Il m'a aidé à atteindre mon ami Jean Roger Lumu de pieuse mémoire. Dans nos dialogues, il en voulait à un collègue qui aurait imité la signature de son évêque pour s'inscrire à Rome. L'histoire jugera. Il possédait une photo-souvenir qui le montrait avec le théologien Hans Küng aux FCK alors qu'il y était étudiant. Comme par coïncidence, il vient de mourir à Tubingue. 
C'était un compatriote agréable, pieux, sage et de bon conseil. Je l'avais présenté à ma bienfaitrice Mme Weingärtner de Munich lors d'une de ses visites à Fribourg. Jean Anatole préparait encore sa thèse de doctorat en patristique à la faculté de théologie lorsque j'ai quitté Torry en mai 92. Nous nous sommes revus à mon retour du Zaïre; nous avons partagé un repas au restaurant de la gare de Fribourg. En juin 94, Jean Sabw m'a appelé pour s'informer de la maladie de ma soeur Louise, alors que je me trouvais à Munich. Depuis, nos voies se sont complètement séparées. J'étais toutefois informé de son parcours par recoupements. Et j'ai même lu sa thèse à la bibliothèque de la SOAS, à Londres: Episcopus et plebs: L'évêque et la communauté ecclésiale dans les conciles africains (345-525) (Bern, Peter Lang: 2002). Quel travail de bénédictin! Chapeau! 
Va en paix cher frère et ami Jean Anatole. Des souvenirs de nos discussions et de la vie  communautaire à la maison de Bethléem me  reviennent. Je pense avec gratitude aux braves missionnaires de Bethléem: PP Bruno Fürer, François Lovis, Georges Conus, Jean Cottet, Jakob Baumgartner, Frère Bernhard Döbelin et André Gachet, qui nous ont offert un cadre spirituel et humain propice à notre développement intellectuel. Je pense à nos rencontres à la bibliothèque de théologie où tu me demandais si je ne m'étais pas égaré. Je pense à certains commentaires que tu émettais sur la politique, l'église, la musique, la vie, Je pense, je pense,.... 
Adieu Jean Anatole ! Te voilà parti ad patrem. Condoléances mutuelles à ta famille biologique et au diocèse de Luiza pour cette perte énorme. Tu as servi l'église jusqu'au bout. Que tu reçoives la couronne des élus du Ciel! Amen!

19 mai 2026

19 Mai: Baptême

J'étais baptisé le 19 mai 1957 par le père Joseph Malfliet SVD à Kimbau. Parole de mes feux parents! Mais dans le registre des baptêmes de la MC Kimbau, c'est le père Tromp qui a signé comme célébrant de la cérémonie. J'ai eu la joie de revoir le père Kayefwa alias Tsia Mutombu à Bruxelles en juillet 1982 en compagnie des pères Van den Broeck et Mario Estepa SVD. De taille modeste et svelte, tel que je le voyais dans les photos, le brave missionnaire était déjà à la retraite dans un foyer pour personnes agées. Paix éternelle à son âme! 

J'ai grandi dans la foi catholique. J'ai suivi une formation litteraire au petit séminaire de Kalonda, philosophique au grand séminaire de Mayidi et théologique à l'Urbaniana à Rome. Même mon doctorat  es lettres a été obtenu dans une université catholique à Fribourg. J'étais prêtre diocésain de Kenge pendant quinze ans avant de m'orienter vers l'enseignement universitaire à Berlin, puis à Cave Hill et récemment à l'ISP Kenge. Jusqu'à ce jour je professe la foi catholique: Et unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam. Confiteor unum baptisma. Jour de louange et de prière. Que le Seigneur me garde et me protège.

16 mai 2026

Solution à l'insécurité à l'Est

Après le sommet Africa Forward 2026 tenu du 11 au 12 mai 2026 à Nairobi, les Congolais ont jugé mitigées les déclarations du président français Emmanuel Macron ä propos de l'insécurité à l'Est de la RDC. Une version plus assouplie et étendue de la sinistre Frane-Afrique, pilotée par la France. En appelant victimes et agresseurs au "dialogue", ce dernier refuserait de condamner le Rwanda. Il soutiendrait par contre l'intégrité territoriale de la RDC. Ce discours ambigu envoie un signal contradictoire au peuple congolais. Cela s'explique par le fait que les intérêts français dans l'exploitation des minerais congolais via Kigali sont énormes. Ce n'est donc pas de la France qu'il faudrait attendre une solution acceptable à ce conflit. Ni d'aucun autre pays. 

Depuis plusieurs années, je ne trouve personnellement pas d'autre solution à mon la crise de l'Est de la RDC que la guerre. La diplomatie apporte certes des résultats positifs, mais elle ne suffit pas à éradiquer l'occupation du pays par des forces étrangères. L'Occident n'est pas préoccupé par le bien des Congolais, mais par les matières premières dont regorge ce pays. Et le Rwanda leur parait plus sûr que la RDC. Aussi simple que cela. Il revient aux Congolais de prendre leur responsabilité, de s'armer et de défendre leur territoire. Le reste, c'est de l'opium pour endormir la galerie. Je ne crois pas au discours diplomatique empreint d'ambiguités. Les décisions prises dans des bureaux feutrés des palais occidentaux n'ont aucun impact sur le terrain oriental congolais. Ces leaders n'ont aucune idée des crimes et souffrances impitoyables qu'endurent nos compatriotes dans cette partie du pays. Nos compatriotes sont tués, assassinés, terrorisés, les femmes violées, les enfants mis en débandade et séparés de leurs parents. Les envahisseurs ont occupé nos terres et villes par les armes, il ne faudrait pas attendre qu'ils partent pacifiquement, même à la suite d'une diplomatie persuasive. La guerre est inévitable pour en finir avec ce théâtre criminel et sanguinaire. Pro patria mori.