7 mai 2026

Pourquoi le FC Bayern a-t-il perdu contre PSG?

6 mai 2026. J'ai suivi les deux matchs entre PSG et le Bayern presque intégralement à l'aller comme au retour. Deux matchs de très grande intensité. Je l'ai dit à Sera: le Bayern concède trop de buts. Donc defense perméable, goalkeeper en déclin, milieu de terrain deficient, lenteur à l'attaque. Des pertes de balle parfois trop faciles pour des professionnels grassement payés. Paris a compris cela et a enchaîné des contre-attaques dangereuses. PSG était compact, solide en défense, un gardien jeune et efficace, une attaque très rapide prête à semer le danger à tout moment dans le camp bavarois. La pression s'est établie dès les premières minutes. Stratégie parfaite. Bravo PSG. 

Le FCB a perdu cette demi finale parce qu'il n'a pas joué son jeu habituel, victime de son propre système de jeu. L'école de Cruyff Guardiola a fait son temps. 

La finale PSG vs Arsenal s'annonce dure et intéressant. Il n' y aura pas forcément du beau football. PSG possède un léger avantage, étant le champion en titre qui va tenter le doublé. Arsenal a démontré qu'elle est la meilleure équipe de ce Champions League. Clean sheet... Victoires et matchs nuls, aucune défaite. La légende veut qu'une équipe anglaise en finale gagne la coupe. Entre expérience et tradition, nous sommes devant un quitte ou double. Le suspense reste entier. Il y aura bien un vainqueur et c'est cela la beauté du football.

How are we doing?

"How are we doing?" This is the question or the greeting sentence Fr Omaris uses to start his Sunday homily at St Francis of Assisi, Barbados. The congregation appreciate it because it shows a proximity of heart and feelings, a whole of togetherness and  tight binding between the pastor and his christians. But there is more than just this yo say about the responses. 

"Good", "well" or "I am fine". I personally respond "surviving' and people are surprised, try to smile or just continue the conversation. And this is not usually the purpose of the question. All is protocol sofar. But there are many other surprising responses to the same question? 

"I can't complain", older or mature people say. Meaning I am good and it can't be any better. I take it as it comes. Senior people often add that "I wish it could be better".  Others invoke Gold's blessings and graces. "I am blessed by the grace of God". The most interesting I ever heard was from a colleague on campus who would great his friend by saying: 'Mussels" expecting the other to say the same word. The response depends on the place, the quality of relationship between the individuals, the level of speech (private, official, popular or even vulgar). The response comes out according to a certain protocol or social habit. 

"Are you still alive?", and the spontaneous response is: "Did you send somebody to kill me?". This agressive statement is sign of a very closed acquaintance. Violent words, but yet pleasant=and friendly. Please pay attention to the responses raised by the simple question "How are you" and you will be surprised. 

5 mai 2026

Education, oui mais quelle éducation?

Ecole coloniale? Les colons nous ont imposé un système scolaire pensé par eux pour les colonisés. Il y a des Congolais qui ridiculisent cet aspect au lieu de reconnaître que ce système répondait à leur mission principale. Il visait non pas le développement du colonisé, mais bien l'exploitation mentale et matérielle des colonisés. C'était l'éducation du "fais ceci fais cela", ou d'obséquosité. Le but était de comprendre les ordres du maître et de les exécuter. Pas plus. 

Ouverture au monde. J'ai suivi une interview du Père Ekwa, mémorable responsable de l'éducation catholique congolaise entre 1960-75 et plus tard président du Cadicec. Voilà un produit du système colonial qui, chiffres à l'appui, a admis les bienfaits de l'école occidentale. Celle-ci, selon lui, offrait la possibilité aux enfants africains de s'ouvrir au monde, de rivaliser avec les enfants du reste du monde entier. Fils de chef coutumier, il a bénéficié d'une éducation exemplaire qui l'a amené à devenir jésuite, c'est-à-dire membre d'une congrégation religieuse réputée pour la qualité de ses écoles et l'excellence de ses élèves. Je crois savoir qu'il a rendu d'énormes services à la nation congolaise. Contrairement aux radicaux révolutionnaires anti-coloniaux, le Père Ekwa a été de ceux qui ont opéré, avec un succès relativement remarquable, une transition raisonnable entre l'école du Congo-Belge et l'école de la RD Congo. Moi qui ai commencé la primaire en 1963, me situe dans cette trajectoire. Respect et gratitude. 

"A-t-on jamais vu une entreprise où l'on engage des philosophes?" Question apparemment comique par Mr Eliézer Tambwe, mais qui comporte une certaine vérité. Que fais-tu avec un diplôme de latin-philosophie? Je comprends d'où la question vient, mais je n'oserais jamais supprimer la section latin-philosophie du système scolaire. Ce serait pour moi comme renier ma propre formation, ma mission fondamentale d'homme et d'enseignant. A l'université des West Indies, j'ai été directeur de l'école des études supérieures ou école doctorale. On ne force pas le talent. Tout le monde n'est pas appelé à manipuler des machines ni à piloter un avion. Que deviendraient les artistes musiciens, comédiens, peintres ou sculpteurs? Et les sportifs, les médecins, les enseignants, les commerçants? Il faut du tout pour faire un monde, dit un adage. Les sciences humaines comme les sciences exactes sont utiles au pays. Au pays d'identifier et de privilégier ses besoins, et dès lors d'investir dans les domaines les plus immédiatment rentables. Au lieu de poser ou de résoudre cette question scolaire dans la mêlée, il y a lieu d'établir un plan bien ciblé à court ou à long termes, qui tenterait de résoudre synérgiquement tous les problèmes du pays. 

A une époque, l'examen de maturité orientait les élèves vers les différentes facultés universitaires. Déjà au niveau du secondaire, chaque enfant était guidé vers telle ou telle école, sélectionnée, technique ou professionnelle, selon ses aptitudes. Ngudia Miledi mia Khatu, ma défunte mère, me parlait de "kalasi dia kipati kia biodi" (classe de manioc trempé pendant deux jours dans l'eau) pour désigner l'école pédagogique de Kingungi. Suku et yaka peuvent comprendre cette expression. En fait, les colons avaient institué une formation accélérée d'une année des maîtres afin de pallier à la carence du personnel enseignant. A peine partis de Kimbau, les candidats revenaient de Kingungi une année après truffés du prestigieux titre de "maître".

Une école africaine pour les Africains? Une école congolaise pour les Congolais? Je n'en disconviens pas, mais à quelle condition? Le fait que l'école, dans sa forme actuelle, nous soit venue de l'Occident, n'en fait pas moins l'objet d'une critique interne ni d'une réforme constructive. Il ne s'agit pas de faire table rase de tout ce que les colons ont implanté chez nous, mais d'en discerner ce qui est bien et nécessaire pour notre développement intégral. L'école doit avoir pour objectif d'outiller l'élève avec des capacités utiles pour servir sa société, son pays. A l'état d'assurer l'administration et l'organisation de l'éducation nationale. Il s'agit d'intégrer judicieusement toutes les aptitudes dans un cercle national.

Frère Adolphe Vandal, fondateur du Lycée Mikembo

Une petite observation de ma part, Abbé Robert LUSILU BIPA :

Adolphe VANDAL UBA BOOS fut un religieux (Frère Joséphite de KINZAMBI) et non un Père, c'est-à-dire, prêtre. Il n'avait jamais donné son nom aux écoles qu'il créait.

Pour l'immortaliser, j'ai créé le C.S. Frère Adolphe VANDAL à KAMWENI/KOLOKOSO. A ce jour, une école "Institut VANDAL" est aussi implantée à KIMWELA/MASAMUNA.

Ce lycée commence à NZANZU sous le nom de MIGIEMBU, un village enclavé et difficilement accessible, avant de l'implanter à MASAMUNA sur la route nationale. Ce passé est-il aussi inclus dans le temps jubilaire ?

Il ne serait pas aussi inutile de comparer cette historique avec les écoles créées dans la foulée par le Frère Adolphe VANDAL : Institut MOKWEN/DUNDA, Institut WAKANA/KIMAFU, Lycée KIMWELA/TSAKALA-NZADI, aujourd'hui Institut MUSAKA à MUSAKA...

4 mai 2026

50 ans du Lycée Mikembo


 [10:18, 5/4/2026] kahiudimabana: J'y ai co-enseigné, avec Faustin Mampuya, la religion en 6e en 1978-79. Que des souvenirs! Merci de me reconnecter avec mon passé.

[10:25, 5/4/2026] kahiudimabana: Je crois qu'il y a erreur de date. Ce lycée a commencé en 75, nous étions en 6e. Et les filles sont venues à Kalonda animer lors d'une visite du commissaire de région Kabangu: "E tata Kabangu tumuyambi... Tumuyambi na Masi e na Kalonda na esengo"... 

Le lycée Mikembo fait en quelque sorte partie de mon parcours. C'est là que pour la première fois de ma vie je me tins devant des étudiantes pour enseigner un cours. J'ai déjà évoque ce passage sur ce blog. Il totalise 50 ans d'existence. J'imagine que l'année 1976 a été retenue comme celle de sa reconnaissance officielle par les autorités gouvernementales. Je me souviendrai toujours du Frère Vandal, joséphite de Kinzambi et fondateur de ce lycée comme d'autres écoles. La première fois qu'il est passé à Kalonda, l'abbé Firmin Kilunga nous a rassemblés au refectoire pour une prière spéciale des vocations. A l'époque, le petit séminaire de Kalonda n'avait pas encore produit aucun prêtre pour le diocèse de Kenge. Tel était l'objet principal de sa prière. C'est lui qui nous parla des 3 S: Sainteté, Sagesse et Santé, si ma mémoire est bonne. Frère Vandal a consacré sa vie au service de l'éducation, créant contre vents et marées, des écoles non viables et qui devinrent plus tard agréées par le ministère de l'éducation. 

Longue vie au lycée Mikembo. Je peux prétendre de figurer parmi les pionniers de ce lycée de Masamuna qui a acquis une bonne réputation au fil des années. Félicitations aux Soeurs de la Charité de Namur, aux différents préfets qui ont succédé à Mr Gilonga-Nzambi, aux collègues enseignants, aux élèves, au personnel administratif et pato qui ont oeuvré dans cet institut au cours des 50 ans. Je vais sans aucun doute envoyer une contribution symbolique aux festivités.  




3 mai 2026

Comment ça va? 2

La réflexion d'aujourd'hui fait suite à celle d'hier. "Comment ça va?" prend une signification spéciale en fonction de la personne à laquelle on s'adresse. Lorsqu'on sait quelque chose de la situation actuelle de la personne, la question devient spécifique. Depuis quelques jours, mon ami a sa soeur hospitalisée à Kinshasa alors que cette dernière vit aux environs de Kenge. Chaque jour qui passe, le "comment ça va?" prend une autre envergure. Cela veut dire: comment se porte la malade? comment évolue la maladie? quelles sont les nouvelles actuelles la concernant? Une polysémie variée mais marquée par le contexte du jour. La question demeure la même, mais elle prend une autre ampleur selon la date et le moment où est posée. Elle prend aussi une dimension selon qu'il s'agit d'un entretien oral ou écrit, d'un audio ou d'un appel vidéo. Le comportement et l'attitude sont différents en vertu des circonstances ambiantes.
"Comment ça va?" vaut plus qu'une simple question de santé. Elle s'étend sur tout ce qui concerne l'individu: sa vie, ses désirs, son succès, ses soucis, ses ambitions, son environnement. Oui, la réponse "ca va bien", c'est vraiment le résumé de la vie non seulement hic et nunc, mais Eaussi comment cela va évoluer dans les prochains moments. "Ca va bien ou mal" est la synthèse des différents sentiments qui traversent le coeur de l'individu interrogé. Souvent, c'est l'occasion de partager ensemble joies et peines, soucis et réussites, sympathies et solidarités. Un partage privilégié des événements vécus individuellement ou collectivement avec un sentiment d'appartenance à une même famille ou commuauté. C'est un moment de dévoilement de ce qui est vécu intimément dans son corps comme dans son esprit. C'est une invitation à la réciprocité existentielle, l'homme étant appelé à vivre ensemble ou en société. La vie se vit avec l'autre. Ainsi, "comment ça va" et "ça va bien ou mal" sont des expressions de solidarité, d'unité interpersonnelle et de cohésion sociale. 
"Comment ça va?" convoque un élément culturel important selon qu'on est en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie. Elle comporte des connotations subtiles et différentes selon le lieu où l'on se trouve. Le lieu de profération de la question impose des pesanteurs culturelles dont les locuteurs doivent tenir compte. Un supérieur peut poser cette question à son subordonné, mais pas le contraire. Ce serait un manque de courtoisie que de prendre l'initiative d'interroger son boss. Un fils ne la pose pas à son père; une femme ne la pose à son mari dans la société patriarchale, macho et marquée par un instinct excessif de masculinité. Autant des marqueurs différentiels qui imposent des modes de conduites à suivre. C'est une question d'ascendance hégémonique. 
"Allo Allo comment ça va? Allo Allo comment ça va?"   


2 mai 2026

Comment ça va?

Depuis notre tendre enfance nous entendions et entendons encore cette question après les salutations habituelles. Une question tellement banale qu'elle a perdu son sens et sa pertinence au fils des années. Une question tellement automatique qu'elle s'est transformée en un rituel dénué de signification. Cependant, depuis quelques temps, j'en ai redécouvert l'importance et toute la portée. 

De la routine à la réalité le cheminement a été long. En janvier 2017, j'ai souffert d'un mal de dos suivi d'une inflammation du nerf sciatique qui m'a cloué au lit pendant une semaine. C'est d'ailleurs la seule fois qu'en vingt cinq ans j'ai bénéficié d'un congé-maladie. Autrement, j'ai toujours travaillé sans interruption. Cette semaine-là et les mois suivants, j'ai senti non seulement le poids de l'âge, mais aussi le déclin de mes forces physiques. De nombreuses réflexions me sont passées par la tête. Me lever du lit ou de la chaise sur laquelle j'étais assis était devenu un problème. C'est là que s'est confirmé que la vie, fragile et éphémère, ne tient qu'à un fil. Aussi simple que cela puisse paraître. C'est alors que m'est revenu à l'esprit le rituel de la salutation. J'ai compris par mon corps la véracité de certains adages et prières debités souvent sans en connaître la profondeur.

"Comment ça va?" Ça me rappelle un film ouest africain, certes mais bien plus que cela. Il l faut écouter son corps: le corps parle et adresse des messages clairs auxquels il ne faudrait pas rester sourd. L'expression "ça va bien ou ça ne va pas" revêt une dimension plus profonde que la parole elle-même. Elle inscrit le locuteur dans la durée de la vie où dans le circuit de la mort. Se lever du lit ou de sa chaise devient un acte de triomphe. Se redresser sur son dos un exploit héroïque. Marcher debout le couronnement d'un mécanisme existentiel complexe et vital. Je sais de quoi je parle. La douleur qui empêche de disposer librement de son corps montre la finitude de l'homme et la conscience de sa vulnérabilité incommensurable. Des tragédies sombres et inavouées se vivent en nous, autour de nous et avec nous, parfois provoquées par nous. Mais là n'est pas notre propos d'aujourd'hui, bien que ce soit un sujet connexe.

Allo Allo comment ça va??? Donnez le pouls de votre état d'âme, d'esprit et de corps.