10 août 2026

Comment en sommes-nous arrivés là?

Le Kwango a appris avec surprise la destitutiion du ministre provincial de la santé par le Gouverneur. Motif: Le ministre a adressé au gouverneur une lettre où il épingle le dysfonctionnement de sa gestion provinciale. La lettre est devenue virale à travers les réseaux sociaux. Le destitué dresse un bilan très critique de la gouvernance provinciale, exposant les coulisses du pouvoir. J'ai lu sur Facebook les réactions des uns et des autres. La majorité des personnes soutiennent la démarche du ministre déchu. Difficile d'être neutre ou objectif dans un cas pareil. Il ne me revient pas de prendre position pour le gouverneur ni pour le ministre, lesquels ont exercé des prérogatives qui leur sont dévolues. 

Je crois avoir mon idée personnelle sur les deux illustres personnalitès de notre cher Kwango natal. Pour l'illustrer, je reviendrai sur un épisode que j'ai retenu lors de notre colloque de l'APISPK (Association des Professeurs de l'ISP Kenge) d'août 2025. Le colloque a reçu un soutien financier d'un honorable kwangolais, que nous avions publiquement remercié, en présence de son excellence. Dans ses discours d'ouverture et de clôture du colloque, le chef du Kwango a insisté sur les efforts de développement menés par le Président de la république. "Nous politiciens, nous sommes très sensibles " (sic). J'ai alors compris que le monde politique fonctionne différemment du monde académique. Tout académique qui entre en politique devient un autre homme. Je suis apolitique.

Je comprends aisément le sens de cette destitution. En plus, c'est dans la ligne de ce que j'appelle la logique politique. On a beau critiqué notre cher gouverneur, mais avait-il un autre choix que d'écarter ce ministre récalcitrant? En intellectuel initié à la dialectique de Kant ou Hegel, je me réserve de poser les vrais problèmes soulevés dans la lettre du ministre dèchu. Des simples questions de transparence: où vont les recettes de la Dgrkwa et du Fonds de la santé? Où sont les équipements détournés? Pourquoi les agents provinciaux ne sont-ils payés? Comment le gouverneur peut-il nommer, muter ou révoquer des agents à l'insu du ministre  et sans consultation avec lui? Le ministre de la santé était certes dans ses droits de dénoncer cet état des faits et de revendiquer des meilleures conditions de travail, mais il a commis l'erreur d'accuser publiquement son chef de l'exécutif. Toute vérité n'est pas bonne à dire. Ou comme aurait dit Soki Vangu: "La vérité blesse". Et même encore faudrait-il que ce que le ministre affirme, soit vrai. Trêve de verbiage! En langage élégant, il a sollicité sa démission. Le gouverneur a sévi sans hésiter en le révoquant.  

Le plus grand perdant dans cette lutte de leadership, c'est le Kwango. Comment en sommes-nous artivés là?


8 août 2026

CM 2026 B

Cet article était écrit pendant la CM 2026 mais n'a pas été publié. 

L'ambiance de la Coupe du Monde est aussi époustouflante que par le passé. Nous revivons les émotions habituelles dans un même esprit. Déceptions et contentements vont de paire. On crie, on acclame, on chahuté, on passe par différents états d'âme. On chante, on pleure, on regrette, on vit les matchs avec ses yeux, son coeur et son être. C'est ça la magie du football. Un peuple entier se retrouve dans ces onze joueurs qui s'affrontent sur le terrain. Des messages de tout genre passe. On supporte telle ou telle équipe par sympathie on rejette t'elle autre par antipathie. Un seul joueur suffit ä vous entraîner à suivre de près une équipe nationale. Des fois on tient compte de la composition raciale pour jeter son dévolu sur un pays. On trouve une raison pour justifier son choix. Bref on passe par tous les sentiments. 

Personnellement, je vis le Mundial comme une véritable fête du football. Je dois avouer que rarement les équipes que j'aimais ont gagné la finale; et souvent ce sont les joueurs que je n'aime pas qui soulèvent la coupe. C'est un paradoxe personnel. D'où ma déception qui n'en est en réalité pas une. Car c'est finalement un évènement qui passe. Par contre, j'admire le beau jeu, la bonne circulation de la balle, les performances individuelles d'un point de vue sportif. J'admire particulièrement les bons défenseurs, et j'ai mon classement personnel de bons défenseurs de la CM. J'admire les joueurs qui ne lâchent pas la balle aux adversaires, qui démontrent un engagement convaincant, qui défendent leurs camps sans relâche. Je hais les indivualistes ni les dribbleurs égoïstes. Mais à la fin, c'est le résultat qui compte. 

8.8.83 à Katende-Kenge

Kenge, 8.8.83 . Le jour après l'ordination des 10, je suis descendu avec la jeep de l'abbé Denis Luhangu, au petit séminaire de Katende, invité pour un repas de gala. Pour la circonstance spéciale l'abbé directeur Séraphin Kiosi avait, en bon gourmet, fait rôtir au feu doux un porc mariné à de succulents ingredients. Manzanza, le cuisinier, avait réussi son coup de chef. Le frère Jean Baptiste Van Roiijen svd  avait apprécié. On célébrait les 4 diacres profs au séminaire qui étaient devenus prêtres: Flavien Busina, Jean Robert Mifuku, René Ngambele, et moi dans la foulée. Je n'étais pas affecté officielellement à Katende mais y allais enseigner l'anglais les weekends. J'étais donc invité à ce titre. Pas si vrai que ça. 

Dans l'après-midi, je suis revenu à Kenge pour célébrer ma toute première messe à Notre-Dame de la Paix. Là même où j'avais passé mon année de diaconat. La messe était prévue à 18 heures. Mes parents, ma famille, mes amis, les Soeurs Salésiennes, les postulantes de Marie Reine de la Paix de l'époque, et quelques fidèles curieux étaient présents. Ma toute première messe, célébrée avec une chasuble verte ramenée de Rome, etait une messe d'action de grâce à laquelle étaient associés mes proches. Une agape fraterna a suivi au Camp ONL organisée chez Papa Frederic Kayolo dans la soirée. Paix à tous les miens ! Ce fut une journée mémorable. Louange à Notre Dieu. 

J'anticipe la suite des événements. Comme nous, les nouveaux prêtres de Kimbau-Matari (abbés Flavien Busina, Tryphon Ilenda, Modeste Kisambu, Liévin M'Banga et moi) nous étions convenus de concélébrer nos prémices, nous  avons pris la route de Kimbau le 9 août. La messe de Kimbau eut lieu le 10 août 1983 à St François Xavier. J'ètais le célébrant principal, l'abbé Liévin avait tenu l'homélie. La seconde grand-messe eut lieu le 14 août à Matari, Sts Martyrs d'Ouganda. L'abbé Flavien était le célébrant principal, les abbés Modeste et  Tryphon s'etaient chargés de l'homélie et autres discours. Entre temps nous sommes célébré à Musengambawu: "Mambu imoneee, mambu imona. Walanda satana, mambu imona". A Matari, l'abbé Bwanana avait composé un chant qui a connu du succès, mais passé inaperçu plus tard. "Beto yamba banganga nzambi yampa, bantumwa ya Mfumu me tula na kati na beto, o nki kiese eeee beto pesa ntonda na Nzambi." Que des souvenirs! 

HBD Gaby

August 8, 2026. Happy Birthday Gabrielle Ilenda. God's Blessings and Grace to a great friend and colleague. Wishing her success in her present academic journey and a wonderful day. 

7 août 2026

7 août 1983: 43 ans de sacerdoce

Kenge 7 août 1983: ordination sacerdotale des abbés Flavien Busina, Benjamin Fala, Jean Pierre Gavuka, Tryphon Ilenda, Modeste Kisambu, Claver Mabana, Faustin Mampuya, M'Banga Liévin, Jean Robert Mifuku, René Ngambele. Douze diacres dit douze apôtres l'année précédente, dix prêtres en 83, deux ordonnés une année plus tard avec le groupe suivant. Cela fait aujourd'hui 43 ans. 

À ce jour quatre sont décédés entre-temps: Jean Pierre en 86, Benjamin en 08, Flavien en 10 et Faustin en 12. Que leurs âmes reposent en paix! Les quatre défunts furent mes compagnons de formation en théologie à Rome. La vie de l'homme ne tient qu'à un fil. Dieu l'a voulu ainsi. Gloire et honneur lui soient rendues en ce jour mémorable de notre vie. Pieuses et ferventes pensées pour nos amis dont les souvenirs sont à jamais gravés dans nos coeurs.

Le décès le plus surprenant pour moi était celui de Benjamin. C'était le 7 août 2008, jubilé d'argent. Je l'avais appelé pour le féliciter, son numéro ne passait pas. Alors que je m'apprentais à le rappeler, m'est arrivé un SMS annonçant, comme un couperet, sa mort: "Abbé Fala me fwa na Lonzo". Paix à son âme!

Félicitations aux abbés Jean Robert à Bruxelles, Liévin à Kenge, Modeste probalement à Kenge René à Bandundu, et Tryphon en banlieue parisienne. Braves serviteurs de Dieu et de l'église.  Comme toujours et chaque année je me joins à leur action de grâce pour célébrer les merveilles que le Maître de la Vigne accomplit dans leur ministère. Fidelité, zèle apostolique et persévérance car tout est grâce divine. Ensemble bénissons le Seigneur toujours et partout. 

Joyeux 43e anniversaire sacerdotal! 


5 août 2026

Kenge, 4 août 1974: Intronisation de Mgr M'Sanda

Kenge, 4 août 1974. Ce jour-là eut lieu l'intronisation de Mgr Dieudonné M'Sanda comme évêque du diocese de Kenge. Cela fait 52 ans aujourd'hui. Je n'étais pas présent, j'étais en vacances à Kinshasa mais j'étais informé des details par Koko Mayengo qui y était. Ce dernier disait avoir été son enseignant à l'école primaire à Kimbau avant qu'il fasse carriere dans la fonction publique. Avec le recul du temps, je me dis que j'etais trop jeune pour prendre une telle decision. 

Quand bien même je l'aurais voulu, je n'aurais pas eu les moyens d'y aller. Mineur et dépendant des adultes, je ne me suis même pas rendu compte de la portée historique de cet événement. Mes condisciples comme Mampuya, Olenga, Kiosi, ont servi comme porte-croix, thuriféraires ou acolytes. La prise de possession canoniquw était présidée par le Cardinal Joseph Malula en présence des évêques de la Province ecclesiastique de Kinshasa comme Mgrs Ndudi de Boma, Nzita de Matadi, Hoenen émerite de Kenge, Boeckart de Popo, Biletsi d'Idiofa, Mbuka-Nzundu de Kikwit, Tshibangu auxiliaire de Kinshasa, etc. Était notée aussi la présence des tout premiers prêtres formés à Mayidi. Je n'etais pas là, j'ai entendu, mais aussi et surtout j'ai vu les photos. 

Les autorités politiques étaient présentes; le citoyen Kiwewa, membre du bureau politique, avait représenté le Guide de la Révolution. Don d'une voiture Mercedes promise mais jamais livrée. C'est le secrétaire qui parle au lieu de se taire. Je n'ai rien dit. Le citoyen Kulumba avait présidé le comité d'organisation de la fête. Un incident a eu lieu entre les notables kwangolais qui a impliqué un vieux et un jeune entrepreneur  dont je tais les noms. Paix aux âmes de tout ce noble monde! Ce que je relate là, ce sont des souvenirs qui me reviennent à l'esprit et certains m'ont été racontés par Koko Sylvain Mayengo. 

La cérémonie avait lieu sur l'ancien terrain de football en face de la procure: cet espace est devenu le grand marché de Kenge. Le chant-fétiche de cette intronisation fut une composition de l'abbé Kinzamza: "Telame Mfumu, telameee mbayi-mbayi bantu kuditsikisa" superbement animée par l'abbé Barthelmy Binia alors secretaire du Cardinal, et le grand séminariste Félix Manzanza. Je n'étais pas là mais j'ai entendu les échos. 

Quelques semaines plus tard, lors de sa messe inaugurale au petit séminaire de Kalonda, le nouvel évêque ne manqua pas de s'enquérir sur les raisons de mon absence à l'intronisation. Je dois avouer que j'étais honoré et impressionné, qu'au milieu de tout ce tourbillon, Monseigneur s'en soit rendu compte. Je commencais la 6e et, comme mes condisciples, arborais fièrement le T-Shirt épiscopal sur lequel était imprimée sa devise: "Ut diligatis invicem" ou "Beno Tondana Beno na Beno". Enthousiasme spontané d'adolescent. J'avais apprécié cette considération paternelle. N'oubliez pas que je vis dans les mythes. Ce T-Shirt me rappelle un voyage Kalonda - Kenge avec l'abbé recteur Denis Luhangu (lui aussi en ce t-shirt) comme chauffeur, nous nous embourbés et enlisés au Pont Konzi alors en construction. Nous sommes en 1975, on construisait la route Kenge - Kikwit. Nous nous rendions à Kenge pour signer les souches des examens d'état. 

Voilà des vieux souvenirs réveillés du fond de ma mémoire... Que l'âme de Mgr Dieudonné M'Sanda repose dans la félicité éternelle du Pére Celeste.