4 juil. 2026

Kinshasa: 3 juillet 1966

Le 3 juillet 1966 reste gravé dans ma vie comme la date où je suis arrivé pour la première fois à Léopoldville. Je venais de finir ma 3e primaire à St Frédéric chez Maître Séverin Mayamba De Piano. Papa était venu de Léo me chercher à Kenge. Très tôt, nous avons quitté Kenge-Desert à bord d'un Taxi Bus blanc qui appartenait à une nommée Madame Gentille. Je ne saurais dire si elle possédait ou louait ce vehicule. Cela fait 60 ans aujourd'hui. Ce voyage a plusieurs sens dans ma vie. 

Ce fut le premier plus long voyage que j'avais jamais effectué. La route Kin - Kenge, construite par une société aopelée Rwinga, venait d'être inaugurée. Elle était toute neuve, j'avais l'impression de voir des mirages comme lors d'un précédent déplacement vers Bukanga Lonzo. En effet quelques mois auparavant le père Henri Kimbungu SVD nous a conduits deux autres servants de St Esprit et moi à Lonzo. Je n'ai jamais su pourquoi j'étais du groupe. Bref, j'avais déjà expérimenté les douces secousses et fatigues de la route asphaltée. 

En chemin deux bacs sur Wamba et sur Kwango ralentissaient énormément le trafic. Il fallait compter au moins trente minutes à une heure d'attente avant la traversée. Ce n'était pas un problème. Les ponts sur Wamba et Kwango n'ont été installés que dix ans plus tard. Ce voyage constitue une découverte pour moi. Tous ces noms de villages qui sont devenus familiers aujourd'hui m'étaient parfaitement inconnus alors. Kabuba, Mongata, Mbankana, Mayindombe, Menkao, Nsele, Air Congo ou Ndjili, défilaient sous mes yeux d'enfant de 9 ans à une vitesse vertigineuse. La vue du nuage sur le fleuve Congo était digne d'une contemplation merveilleuse. Kin - Léo s'approchait dans sa majesté idyllique, j'étais curieux devant ce nouveau monde jusqu'alors inconnu.

Arrivés à la station finale, je ne sais où mais probablement sur le boulevard Lumumba au niveau de Ndjili, nous avons pris un taxi pour nous rendre à Isoke 102, commune de Kinshasa. Papa Delphin Kilumbu, alors en terminales à St Jean Bosco, est parti en taxi pour Kintambo chez Tata Mayika. Dès l'arrivée, Ya Thambu fut chargé de me laver à l'eau chaude dans le kikoso. C'est la seule personne qui m'ait jamais lavé, à part ma maman bien entendu. Faux, il faudrait ajouter Ya Matesa et Alphonsine Tuka, mes gardiennes à la liste. 

Mon tout premier séjour à Léopoldville récemment changé en Kinshasa - les gens disaient indisctinctement Léo et Kin - a été très intéressant en termes de découvertes. J'ai appris beaucoup de choses, et Papa a veillé à ce que je voie tout ce qui m'intéressait: le Jardin Zoologique, le Palais de la Nation, l'église St Pierre, le Stade Reine Astrid, le fleuve Congo, les trains, les bus, etc. Le tube "Mokolo na kukokufa" de Rochereau s'entendait dans les bars. Les habitudes familiales avaient changé. Papa m'accompagnait partout. Après la messe à St Pierre, on passait au stade Reine Astrid où j'ai vu un match Himalaya vs Mikado. Dans le quartier, je jouais au foot avec mes congénères. Papa s'étonnait de me voir saluer des copains dans les rues: "d'où ou depuis quand les connais-tu?" Une fois, Papa m'amena au Libre Service, un restaurant souterrain jadis réservé aux colons. Nous allâmes aussi à l'hôtel Memling rencontrer Mr Berger, responsable du CNP où Papa suivait sa formation pédagogique. A l'époque, le ministère de l'éducation nationale avait organisé un Centre National de Perfectionnement afin d'améliorer la qualité de enseignants. C'est là que Papa obtint le diplôme qui lui manquait pour devenir d'école. Que des souvenirs! 

Les dimanches, il y avait sur le boulevard courses de vélo avec comme vedettes Caro, Manzambi ou Nduka. Par dessus-tout j'ai vu à plusieurs reprises le président Joseph Desiré Mobutu en compagnie des présidents François Tombalbaye du Tchad ou Jean Bedel Bokassa de RCA. Très solennels et impressionnants cortèges avec la Garde Républicaine en tenue de parade. J'ai aussi vu le général Mulamba, alors premier ministre. A l'époque, les véhicules allaient dans le sens du Grand Marché. Mon séjour à Kin était trop tumultueux pour que je reste faire l'école à Kinshasa. C'est ce que Papa me révéla plus tard, car il y avait pensé. Cela m'aurait assurément déséquilibré. Soit. Je fus confié à la garde de Ya José Kimbuta pour le retour à Kenge. Peu de temps après, je commençai ma 4e primaire avec Papa François Butandu comme enseignant. 

60 ans se sont entre-temps écoulés... sans que les souvenirs aient disparu. À la vie! 

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CM: Viva Capo Verde

3.7.2026. 

Cap Vert vs Argentine : 2 - 3. Ce match a été d'une intensité unique. C'est le plus beau que j'ai vu. L'Argentine acculé à la prolongation a douté de sa qualification contre la modeste équipe du CV. Les Argentins ont certes gagné mais dans la douleur. Jamais jusque là j'ai vu une équipe faire marcher l'Argentine. Les Capverdiens ont joué sans complexe, avec rigueur et détermination. Ils se sont défendus et ont attaqué jusqu'à la fin du match. Une motivation exceptionnelle. Leurs deux buts sont le fruit d'un excellent travail tactique et technique. C'est vraiment le genre d'équipe que j'aime au football. Bravo les gars. Viva Capo Verde. 


2 juil. 2026

CM: Leçons du 16e

RDC vs Angleterre : 1 - 2. Côte d'Ivoire vs Belgique: 2 - 3. Croatie vs Portugal: 1 - 2. Scores identiques. Même scenarios. L'équipe perdante a marqué le premier but. Coïncidence assuréement. Seulement ici, c'est du foot au niveau mondial. Les scores des trois matches se sont établis à la fin du match dans les trois cas. Coincidences? Oui, tout est au niveau psychologique. Les équipes qui ont perdu auraient pu gagner ces matchs qui étaient d'ailleurs à leur portée. Seulement voilà. Alors que ces équipes s'attendaient à une victoire, tout a brusquement changé dans les minutes décisives de la fin. C'est là qu'on parle d'expérience. Il s'agissait de gérer le stress. A voir mes compatriotes, on aurait dit qu'ils étaient eux mêmes surpris par la facilité avec laquelle ils ont réussi à malmener la grande équipe d'Angleterre, deux fois championne du monde. Ce poids leur pesait sur la tête à tel point qu'ils ont dégainé au moment où il fallait rester vigilants. La pression adverse était certes forte, c'est à ce moment qu'ils auraient dû gérer le match au lieu de laisser l'équipe adverse constamment à l'assaut des buts. Et ça, au foot, ça coûte très cher. Les Belges ont marqué deux buts à la 86e et à la 89e minutes pour égaliser à 2 - 2. Jouer à la défensive est une erreur. La meilleure défense ne consiste-t-elle pas à attaquer? Subir plusieurs assauts des adversaires expose à des buts ou à des fautes imprévisibles. La fin d'un match de foot se gère: il faut se battre jusqu'au dernier coup de sifflet. Congolais, Ivoiriens et Croates, vous sortez la tête haute. Vous avez fait honneur à vos nations. Vive le Football.  

1 juil. 2026

RDC: 66 ans d'indépendance

30 juin 1960-2026. Il y a 66 ans, la République démocratique du Congo accédait à l'independance avec Mr Joseph Kasavubu comme président et Mr Patrice Emery Lumumba comme premier ministre. Jetons un coup d'oeil en arrière pour évaluer comment notre pays a évolué. Mon avis personnel est que jusque là nous n'avons jamais réussi à jouir de la paix, de la justice et du travail. En 66 ans jamais ou presque, notre pays n'a été vraiment en paix. Les bottes ont toujours bougé quelque part. Depuis la mutinerie des gendarmes katangais deux semaines après la proclamation de l'indépendance jusqu'à la guerre actuelle de l'AFC/M23 appuyés par le Rwanda, nous avons montré notre incapacité d'imposer la paix et de préserver l'intégrité territoriale. Quant à la justice, avec la dictature et la transgression des droits de l'homme, nous n'avons jamais réussi à établir un état de droit malgré la bonne volonté de nos gouvernants. Sur le plan du travail: plus 80% de la population sont aujourd'hui  des chômeurs, et donc soumis à la misère perpétuelle. Il n'y a pas d'emplois ni de création d'emplois. Nous préférons attendre la manne du ciel au lieu de travailler, recevoir des dons au lieu de suer pour notre pain quotidien. Et ceux qui ont un emploi, ne sont pas payés décemment. Pour illustrer cette confusion, une anecdote. 

Depuis quelques jours se lit dans les réseaux sociaux, la nouvelle selon laquelle un ministre congolais aurait été interpelé par la police française pour avoir distribué en pleine rue des centaines des milliers de billets d'euro en coupure de 50 et 100. Une distribution à la criéée qui a stupéfait les riverains du Château Rouge de Paris. Une enquête a été ouverte. Comment a-t-il eu cet argent? Un ministre congolais est payé grassement gros, était-ce son propre argent? Etait-ce l'argent du contribuable congolais? Arrogance ou cynisme alors qu'il y a dans ce pays nos familles qui vivent avec moins de 2 dollars par jour. Cela me rappelle l'histoire d'un parent à nous qui avait le moyeke, recevrait dans ses poches de l'argent par milliers qu'on devait dépenser tous les jours jusqu'à les finir. A la maison il y avait des fêtes à n'en pas finir. L'argent ne tarissait jamais. C'était dans les années 70. Ce grand-oncle est encore en vie, malheureux, misérable, âgé et malade, sans ressources. Il n'a même de cabane convenable. Un ami m'a dit que cette distribution publique de milliers d'euros obéirait à des rites sacrificiels. Allez-y voir. Le sieur n'en serait pas à son premier coup. Il aurait la effectué la même distribution à Rabbat, à Fez ou Tanger lors de la dernière coupe d'Afrique des Nations. On peut tirer plusieurs lecons morales de cet événement.

Au-delà de l'anecdote, c'est la réalité de notre pays aujourd'hui. Le pays est divisé, la partie orientale occupée par les étrangers rwandais qui s'en revendiquent l'appropriation et l'origine. C'est brusquement devenu la terre de leurs ancêtres. Donc le pays n'est pas uni, la guerre sévit entre les FARDC et les rebelles du M23/AFC. Dans la ville de Kinshasa, des milliers de personnes ont vu leurs maisons, les magasins ou étalages de vente détruits sans ménagement. Sans indemnisation ni compensation parce qu'elles auraient occupé des espaces interdits. Et pourtant, elles avaient acquis ces espaces en bonne et due forme avec documents cadastraux et permis de construire. Des milliers de personnes délocalisées vivent dans la rue. 

Justice, paix et travail.  Pas juste des mots, mais des réalités. Verrai-je ces accomplissements de mon vivant? Unissons-nous au lieu de nous diviser ou de nous combattre. Tel est le défi que je lance à nos autorités et à nos compatriotes !

29 juin 2026

Nos compatriotes

Nos compatriotes sont naïfs et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. 
1. Naïfs. Ils sont prêts à gober n'importe quoi sans critique ni discernement. Tout ce qui est entendu est cru comme parole de la Bible. La facilité avec laquelle ils admettent des choses fausses ou des incohérences me surprend souvent. On dirait des gens sans formation intellectuelle. Ils vivent on dirait encore dans un autre siècle. Impulsifs, ils cèdent aisément à la violence et à l'insulte simplement ils sont incapables de soutenir un débat contradictoire.
2. Immaturité. Le succès des charlatans et des prophètes improvisés réside dans une bonne manipulation des consciences. La sorcellerie déguisée en parole de Dieu a plus de succès que la pratique religieuse ambiante. Une femme qui a un litige de parcelle avec sa famille, se voit invitée à remettre le livret parcellaire sans se rendre compte qu'il s'agit d'une subtile escroquerie. Combien de pasteurs sont aujourd'hui accusés dans des tribunaux pour ce genre de forfaits ? C'est que beaucoup de gens croient au pasteur plutôt qu'à Dieu. Et souvent c'est trop tard que leurs yeux s'ouvrent et perçoivent la vérité en face. Immaturité et naïveté vont souvent ensemble. 

 

28 juin 2026

Ole Olé Olé RDC

Ousbekistan vs DRC : 1 - 3. 

28 juin 2026. FELICITATIONS aux LÉOPARDS de la RDC. J'ai suivi le match avec Jean Guy, Solange Kobey  et Mama Mapasa. Dès le début du match, je suis monté prendre douche parce que j'avais chaud, promettant que ce serait 1-0 à mon retour. J'avais juste parlé sans y croire. 15 minutes plus tard, A mon retour, Ousbekistan menait 1-0. Peu de temps après, Mbuku a marqué un but annulé par le VAR. Là j'ai vu une autre équipe des Léopards. Totalement différente de celle que j'avais vue  précédemment. Contre le Portugal Ils étaient timides. Contre la Colombie les Léopards n'ont pas joué, certains ont à peine touché la balle. Contre Ousbekistan j'ai une vaillante équipe des Leopards complètement transformée, motivée et osée. Malgré quelques de précision ou de précipitation, ils ont bien joué et gagné leur tout premier match de coupe du monde pour la RDC. Bravo les Léopards. Mission accomplie ! 

Qui l'eût crû ? Impossible n'est pas congolais, disait-on du temps de ma jeunesse. BRAVO RDC. 

26 juin 2026

RDC vs Ouzbekistan

Au vu des résultats des deux premiers matchs, les Léopards sont favoris sur papier. Et je lis ici et là des déclarations déconcertantes que la victoire des Léopards sera légendaire et qu'ils frapperont fort. Avec quelle attaque? Avec quel jeu? Si la RDC joue comme contre la Colombie, elle risque de perdre. Je dois avouer que je suis devenu très sceptique avec cette équipe. Hier Équateur a battu l'Allemagne avec moins de possession de balle. C'est le résultat qui compte. Les Léopards peuvent gagner s'ils optent pour un meilleur jeu collectif. La défense est bonne mais trop exposée aux assauts des adversaires. Ce qui donne des possibilités d'encaisser des buts. Il faudra absolument qu'ils attaquent. Pas d'autre miracle ni sorcellerie.