4 juil. 2026

Kinshasa: 3 juillet 1966

Le 3 juillet 1966 reste gravé dans ma vie comme la date où je suis arrivé pour la première fois à Léopoldville. Je venais de finir ma 3e primaire à St Frédéric chez Maître Séverin Mayamba De Piano. Papa était venu de Léo me chercher à Kenge. Très tôt, nous avons quitté Kenge-Desert à bord d'un Taxi Bus blanc qui appartenait à une nommée Madame Gentille. Je ne saurais dire si elle possédait ou louait ce vehicule. Cela fait 60 ans aujourd'hui. Ce voyage a plusieurs sens dans ma vie. 

Ce fut le premier plus long voyage que j'avais jamais effectué. La route Kin - Kenge, construite par une société aopelée Rwinga, venait d'être inaugurée. Elle était toute neuve, j'avais l'impression de voir des mirages comme lors d'un précédent déplacement vers Bukanga Lonzo. En effet quelques mois auparavant le père Henri Kimbungu SVD nous a conduits deux autres servants de St Esprit et moi à Lonzo. Je n'ai jamais su pourquoi j'étais du groupe. Bref, j'avais déjà expérimenté les douces secousses et fatigues de la route asphaltée. 

En chemin deux bacs sur Wamba et sur Kwango ralentissaient énormément le trafic. Il fallait compter au moins trente minutes à une heure d'attente avant la traversée. Ce n'était pas un problème. Les ponts sur Wamba et Kwango n'ont été installés que dix ans plus tard. Ce voyage constitue une découverte pour moi. Tous ces noms de villages qui sont devenus familiers aujourd'hui m'étaient parfaitement inconnus alors. Kabuba, Mongata, Mbankana, Mayindombe, Menkao, Nsele, Air Congo ou Ndjili, défilaient sous mes yeux d'enfant de 9 ans à une vitesse vertigineuse. La vue du nuage sur le fleuve Congo était digne d'une contemplation merveilleuse. Kin - Léo s'approchait dans sa majesté idyllique, j'étais curieux devant ce nouveau monde jusqu'alors inconnu.

Arrivés à la station finale, je ne sais où mais probablement sur le boulevard Lumumba au niveau de Ndjili, nous avons pris un taxi pour nous rendre à Isoke 102, commune de Kinshasa. Papa Delphin Kilumbu, alors en terminales à St Jean Bosco, est parti en taxi pour Kintambo chez Tata Mayika. Dès l'arrivée, Ya Thambu fut chargé de me laver à l'eau chaude dans le kikoso. C'est la seule personne qui m'ait jamais lavé, à part ma maman bien entendu. Faux, il faudrait ajouter Ya Matesa et Alphonsine Tuka, mes gardiennes à la liste. 

Mon tout premier séjour à Léopoldville récemment changé en Kinshasa - les gens disaient indisctinctement Léo et Kin - a été très intéressant en termes de découvertes. J'ai appris beaucoup de choses, et Papa a veillé à ce que je voie tout ce qui m'intéressait: le Jardin Zoologique, le Palais de la Nation, l'église St Pierre, le Stade Reine Astrid, le fleuve Congo, les trains, les bus, etc. Le tube "Mokolo na kukokufa" de Rochereau s'entendait dans les bars. Les habitudes familiales avaient changé. Papa m'accompagnait partout. Après la messe à St Pierre, on passait au stade Reine Astrid où j'ai vu un match Himalaya vs Mikado. Dans le quartier, je jouais au foot avec mes congénères. Papa s'étonnait de me voir saluer des copains dans les rues: "d'où ou depuis quand les connais-tu?" Une fois, Papa m'amena au Libre Service, un restaurant souterrain jadis réservé aux colons. Nous allâmes aussi à l'hôtel Memling rencontrer Mr Berger, responsable du CNP où Papa suivait sa formation pédagogique. A l'époque, le ministère de l'éducation nationale avait organisé un Centre National de Perfectionnement afin d'améliorer la qualité de enseignants. C'est là que Papa obtint le diplôme qui lui manquait pour devenir d'école. Que des souvenirs! 

Les dimanches, il y avait sur le boulevard courses de vélo avec comme vedettes Caro, Manzambi ou Nduka. Par dessus-tout j'ai vu à plusieurs reprises le président Joseph Desiré Mobutu en compagnie des présidents François Tombalbaye du Tchad ou Jean Bedel Bokassa de RCA. Très solennels et impressionnants cortèges avec la Garde Républicaine en tenue de parade. J'ai aussi vu le général Mulamba, alors premier ministre. A l'époque, les véhicules allaient dans le sens du Grand Marché. Mon séjour à Kin était trop tumultueux pour que je reste faire l'école à Kinshasa. C'est ce que Papa me révéla plus tard, car il y avait pensé. Cela m'aurait assurément déséquilibré. Soit. Je fus confié à la garde de Ya José Kimbuta pour le retour à Kenge. Peu de temps après, je commençai ma 4e primaire avec Papa François Butandu comme enseignant. 

60 ans se sont entre-temps écoulés... sans que les souvenirs aient disparu. À la vie! 

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CM: Viva Capo Verde

3.7.2026. 

Cap Vert vs Argentine : 2 - 3. Ce match a été d'une intensité unique. C'est le plus beau que j'ai vu. L'Argentine acculé à la prolongation a douté de sa qualification contre la modeste équipe du CV. Les Argentins ont certes gagné mais dans la douleur. Jamais jusque là j'ai vu une équipe faire marcher l'Argentine. Les Capverdiens ont joué sans complexe, avec rigueur et détermination. Ils se sont défendus et ont attaqué jusqu'à la fin du match. Une motivation exceptionnelle. Leurs deux buts sont le fruit d'un excellent travail tactique et technique. C'est vraiment le genre d'équipe que j'aime au football. Bravo les gars. Viva Capo Verde. 


2 juil. 2026

CM: Leçons du 16e

RDC vs Angleterre : 1 - 2. Côte d'Ivoire vs Belgique: 2 - 3. Croatie vs Portugal: 1 - 2. Scores identiques. Même scenarios. L'équipe perdante a marqué le premier but. Coïncidence assuréement. Seulement ici, c'est du foot au niveau mondial. Les scores des trois matches se sont établis à la fin du match dans les trois cas. Coincidences? Oui, tout est au niveau psychologique. Les équipes qui ont perdu auraient pu gagner ces matchs qui étaient d'ailleurs à leur portée. Seulement voilà. Alors que ces équipes s'attendaient à une victoire, tout a brusquement changé dans les minutes décisives de la fin. C'est là qu'on parle d'expérience. Il s'agissait de gérer le stress. A voir mes compatriotes, on aurait dit qu'ils étaient eux mêmes surpris par la facilité avec laquelle ils ont réussi à malmener la grande équipe d'Angleterre, deux fois championne du monde. Ce poids leur pesait sur la tête à tel point qu'ils ont dégainé au moment où il fallait rester vigilants. La pression adverse était certes forte, c'est à ce moment qu'ils auraient dû gérer le match au lieu de laisser l'équipe adverse constamment à l'assaut des buts. Et ça, au foot, ça coûte très cher. Les Belges ont marqué deux buts à la 86e et à la 89e minutes pour égaliser à 2 - 2. Jouer à la défensive est une erreur. La meilleure défense ne consiste-t-elle pas à attaquer? Subir plusieurs assauts des adversaires expose à des buts ou à des fautes imprévisibles. La fin d'un match de foot se gère: il faut se battre jusqu'au dernier coup de sifflet. Congolais, Ivoiriens et Croates, vous sortez la tête haute. Vous avez fait honneur à vos nations. Vive le Football.  

1 juil. 2026

RDC: 66 ans d'indépendance

30 juin 1960-2026. Il y a 66 ans, la République démocratique du Congo accédait à l'independance avec Mr Joseph Kasavubu comme président et Mr Patrice Emery Lumumba comme premier ministre. Jetons un coup d'oeil en arrière pour évaluer comment notre pays a évolué. Mon avis personnel est que jusque là nous n'avons jamais réussi à jouir de la paix, de la justice et du travail. En 66 ans jamais ou presque, notre pays n'a été vraiment en paix. Les bottes ont toujours bougé quelque part. Depuis la mutinerie des gendarmes katangais deux semaines après la proclamation de l'indépendance jusqu'à la guerre actuelle de l'AFC/M23 appuyés par le Rwanda, nous avons montré notre incapacité d'imposer la paix et de préserver l'intégrité territoriale. Quant à la justice, avec la dictature et la transgression des droits de l'homme, nous n'avons jamais réussi à établir un état de droit malgré la bonne volonté de nos gouvernants. Sur le plan du travail: plus 80% de la population sont aujourd'hui  des chômeurs, et donc soumis à la misère perpétuelle. Il n'y a pas d'emplois ni de création d'emplois. Nous préférons attendre la manne du ciel au lieu de travailler, recevoir des dons au lieu de suer pour notre pain quotidien. Et ceux qui ont un emploi, ne sont pas payés décemment. Pour illustrer cette confusion, une anecdote. 

Depuis quelques jours se lit dans les réseaux sociaux, la nouvelle selon laquelle un ministre congolais aurait été interpelé par la police française pour avoir distribué en pleine rue des centaines des milliers de billets d'euro en coupure de 50 et 100. Une distribution à la criéée qui a stupéfait les riverains du Château Rouge de Paris. Une enquête a été ouverte. Comment a-t-il eu cet argent? Un ministre congolais est payé grassement gros, était-ce son propre argent? Etait-ce l'argent du contribuable congolais? Arrogance ou cynisme alors qu'il y a dans ce pays nos familles qui vivent avec moins de 2 dollars par jour. Cela me rappelle l'histoire d'un parent à nous qui avait le moyeke, recevrait dans ses poches de l'argent par milliers qu'on devait dépenser tous les jours jusqu'à les finir. A la maison il y avait des fêtes à n'en pas finir. L'argent ne tarissait jamais. C'était dans les années 70. Ce grand-oncle est encore en vie, malheureux, misérable, âgé et malade, sans ressources. Il n'a même de cabane convenable. Un ami m'a dit que cette distribution publique de milliers d'euros obéirait à des rites sacrificiels. Allez-y voir. Le sieur n'en serait pas à son premier coup. Il aurait la effectué la même distribution à Rabbat, à Fez ou Tanger lors de la dernière coupe d'Afrique des Nations. On peut tirer plusieurs lecons morales de cet événement.

Au-delà de l'anecdote, c'est la réalité de notre pays aujourd'hui. Le pays est divisé, la partie orientale occupée par les étrangers rwandais qui s'en revendiquent l'appropriation et l'origine. C'est brusquement devenu la terre de leurs ancêtres. Donc le pays n'est pas uni, la guerre sévit entre les FARDC et les rebelles du M23/AFC. Dans la ville de Kinshasa, des milliers de personnes ont vu leurs maisons, les magasins ou étalages de vente détruits sans ménagement. Sans indemnisation ni compensation parce qu'elles auraient occupé des espaces interdits. Et pourtant, elles avaient acquis ces espaces en bonne et due forme avec documents cadastraux et permis de construire. Des milliers de personnes délocalisées vivent dans la rue. 

Justice, paix et travail.  Pas juste des mots, mais des réalités. Verrai-je ces accomplissements de mon vivant? Unissons-nous au lieu de nous diviser ou de nous combattre. Tel est le défi que je lance à nos autorités et à nos compatriotes !

29 juin 2026

Nos compatriotes

Nos compatriotes sont naïfs et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. 
1. Naïfs. Ils sont prêts à gober n'importe quoi sans critique ni discernement. Tout ce qui est entendu est cru comme parole de la Bible. La facilité avec laquelle ils admettent des choses fausses ou des incohérences me surprend souvent. On dirait des gens sans formation intellectuelle. Ils vivent on dirait encore dans un autre siècle. Impulsifs, ils cèdent aisément à la violence et à l'insulte simplement ils sont incapables de soutenir un débat contradictoire.
2. Immaturité. Le succès des charlatans et des prophètes improvisés réside dans une bonne manipulation des consciences. La sorcellerie déguisée en parole de Dieu a plus de succès que la pratique religieuse ambiante. Une femme qui a un litige de parcelle avec sa famille, se voit invitée à remettre le livret parcellaire sans se rendre compte qu'il s'agit d'une subtile escroquerie. Combien de pasteurs sont aujourd'hui accusés dans des tribunaux pour ce genre de forfaits ? C'est que beaucoup de gens croient au pasteur plutôt qu'à Dieu. Et souvent c'est trop tard que leurs yeux s'ouvrent et perçoivent la vérité en face. Immaturité et naïveté vont souvent ensemble. 

 

28 juin 2026

Ole Olé Olé RDC

Ousbekistan vs DRC : 1 - 3. 

28 juin 2026. FELICITATIONS aux LÉOPARDS de la RDC. J'ai suivi le match avec Jean Guy, Solange Kobey  et Mama Mapasa. Dès le début du match, je suis monté prendre douche parce que j'avais chaud, promettant que ce serait 1-0 à mon retour. J'avais juste parlé sans y croire. 15 minutes plus tard, A mon retour, Ousbekistan menait 1-0. Peu de temps après, Mbuku a marqué un but annulé par le VAR. Là j'ai vu une autre équipe des Léopards. Totalement différente de celle que j'avais vue  précédemment. Contre le Portugal Ils étaient timides. Contre la Colombie les Léopards n'ont pas joué, certains ont à peine touché la balle. Contre Ousbekistan j'ai une vaillante équipe des Leopards complètement transformée, motivée et osée. Malgré quelques de précision ou de précipitation, ils ont bien joué et gagné leur tout premier match de coupe du monde pour la RDC. Bravo les Léopards. Mission accomplie ! 

Qui l'eût crû ? Impossible n'est pas congolais, disait-on du temps de ma jeunesse. BRAVO RDC. 

26 juin 2026

RDC vs Ouzbekistan

Au vu des résultats des deux premiers matchs, les Léopards sont favoris sur papier. Et je lis ici et là des déclarations déconcertantes que la victoire des Léopards sera légendaire et qu'ils frapperont fort. Avec quelle attaque? Avec quel jeu? Si la RDC joue comme contre la Colombie, elle risque de perdre. Je dois avouer que je suis devenu très sceptique avec cette équipe. Hier Équateur a battu l'Allemagne avec moins de possession de balle. C'est le résultat qui compte. Les Léopards peuvent gagner s'ils optent pour un meilleur jeu collectif. La défense est bonne mais trop exposée aux assauts des adversaires. Ce qui donne des possibilités d'encaisser des buts. Il faudra absolument qu'ils attaquent. Pas d'autre miracle ni sorcellerie. 


24 juin 2026

Les déclarations de la conférence épiscopale

La toute première fois que j'en avais entendu, c'était en 1971-72. Ce fut l'année du conflit entre le cardinal Malula traité par Mr Madrandele de cardinal-caméléon et le président Mobutu montant en puissance. Année du changement du nom Congo en Zaïre, année de la suppression des cours de religion et des noms chretiens confirmant la laïcité de l'état. Élève au petit séminaire de Kalonda, je suivais l'évolution de la situation avec mes yeux d'un adolescent de 14-15 ans. Comme tous mes congénères. A l'occasion de ce différent état vs église catholique, les évéques avaient publié une déclaration qu'on devrait lire dans les églises. Le président avait interdit cette publication qu'il a traitée de "tract".  J'entendais ce mot pour la première fois Le train de la révolution était en marche, rien ne pouvait l'arrêter. Le recours à l'authenticité était déclenché avec des slogans du genre "olinga olinga te ozali na MPR" jusqu'à ce que ce parti est devenu parti-état. Ce n'est donc pas nouveau dans l'histoire de la RDC.

Je n'oublierai jamais comment nos formateurs nous avaient aidés à affronter cette réalité par la prière comme par une intelligente compréhension de l'histoire. A l'époque nous avions étudié la Révolution Française. Mutatis mutandis nous avions aussi compris que la Révolution Zaïroise touchait à tous les aspects de la vie. Il fallait remodeler le paysage religieux et culturel à l'image de propagande politique. Le mobutisme fut assimilé au christianisme. La tension était forte pour nous: nous éprouvions de la peur, subissions l'intimidation, notre avenir s'avérait plein d'incertitudes. Nous, en tant que séminaristes, envisagions une période sombre de notre pays. C'est ainsi que l'ordination à Kenge le 12 novembre 1972 de l'abbé Charles Kapende tomba pour nous comme un évènement décisif, qui a entre autres consolidé notre foi et notre vocation sacerdotale.  

J'évoque ce souvenir parce qu'il enrichit mon regard de littéraire sur le portable politique actuel. J'y vois beaucoup de similarités. Le scénario est identique à celui d'il y a 44 ans, seuls le script, les acteurs et les circonstances ont changé sur le portable. L'euphorie actuelle est telle que tout autre discours est jugé subversif, illogique, illégitime; que penser autrement ou penser le contraire est assimilé à faire acte d'opposition, voire de trahison. Des analystes indépendants ou neutres craignent la balkanisation du pays, mais cela ne semble pas arrêter le train du changement constitutionnel. 

Cette crise passera, sans aucun doute, avec son lot des marches et représailles. Le pouvoir dispose de tous les atouts pour effectuer le changement de constitution. Comme du temps de Mobutu ou des Kabila, et même avant l'indépendance, la voix de l'église catholique pèse de tout son poids. Les églises du réveil soutiennent dans leur élan prophétique et passionné le régime en place. En se plaçant au-dessus de la mêlée, de façon générale, les déclarations de la conférence épiscopale congolaise dérangent forcément le monde politique. D'où l'agitation qui s'observe. La mémoire est courte, retournons plutôt prier à l'église Sainte Anne. J'étais déjà né. L'histoire jugera. Attendons voir. Politica, politica, mani pulite.  


22 juin 2026

La CENCO a pris position

Samedi 20 juin 2026. La Conférence Episcopale Nationale du Congo s'est réunie en session extraordinaire du 18 au 20 juin 2026. Après avoir écouté les discours pro et contra, elle a pris position contre le changement de la Constitution de 2006. Aux points 7 et 8 les évêques congolais écrivent:

"7. Nous pensons quant à nous que tout passage en force dans cette direction comporte des risques énormes de balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d'une autre guerre civile est à à redouter. 

8. De tout ce qui précède, après un profond discernement, nous ne voyons ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité du changement de la Constitution. La priorité aujourd'hui en RD Congo c'est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l'unité et la cohésion nationale."

Et au point 12, ils demandent au Président de la République

"12. D'honorer le serment qu'il a prêté devant Dieu et la Nation, celui de respecter et de défendre la Constitution promulgée en 2006 (art.74). Agir autrement engagerait sa responsabilité personnelle et historique."

Les évêques congolais ont pris position. Et cette position contredit celle des tenants du pouvoir. Les jours qui vont suivre seront cruciaux, car les tensions sont très fortes entre l'opposition et le pouvoir. Prions pour que le sang des Congolais ne coule pas. Je suis certain qu'au bout du tunnel, le dialogue et la sagesse prévaudront.

20 juin 2026

Supporter l'Afrique du Sud ???

Je suis avec une certaine inquiétude ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud. Avouons que ce n'est pas la première fois, mais que le mouvement a cette fois pris une ampleur sans pareil auparavant. Certains gouvernements rapatrient leurs ressortissants; d'autres préfèrent observer ou user de la voie diplomatique. La chasse aux vilains étrangers qui sont allés prendre les emplois des nationaux risque de dégénérer en massacres rancuniers et unilatéraux. Le gouvernement sud-africain s'efforce de calmer les esprits, mais y réussira-t-il ? La date du 30 juin a été annoncée à tous les étrangers comme délai pour quitter le sol sud-africain. Les vidéos que j'ai vues montrent la violence dans les paroles et les gestes des agresseurs. Il y a franchement de quoi s'inquiéter. 

Moi qui ai vécu et vis la grande partie de ma vie hors de mon pays natal, je perçois très bien les sentiments par lesquels passent les étrangers d'Afrique du Sud. Ces Noirs qui ont subi l'apartheid des Blancs pendant près d'un siècle en sont aujourd'hui à chasser les autres Africains qui les ont pourtant soutenus dans leur lutte pour la libération. La solidarité de jadis n'existe plus entre Africains, du moins apparemment. C'est grave: où allons-nous? Où va ce monde où les valeurs qui nous ont guidés autrefois sont devenues obsolètes. 

A cause de la crise économique actuelle, les Sud Africains oublient le rôle que les autres Africains ont joué dans le processus de leur libération. En chassant les étrangers africains d'Afrique du Sud, ils brisent le coeur de l'Afrique, menacent leurs vies et leurs futurs. Chassés comme des chiens puants du pays de Mandela, les étrangers sont dans une situation déplorable, contraint d'abandonner travail, étude, affaires, biens immobiliers, investissements financiers. Qu'en est-il des familles mixtes, des réfugiés politiques, des étudiants, des investisseurs et autres immigrés qualifiés ? La situation est complexe.

Partir ou rester? Partir pour aller où ? Rester pour se faire égorger? Salus in fuga! Le départ serait la solution idéale mais pour finir où ? Le cas des nombreux dignitaires politiques qui s'y sont installés depuis des années mérite d'être suivi. Ce n'est pas l'état sud-africain qui chasse les étrangers, mais les communautés ethniques réunies dans des rallyes qui rappellent le sinistre temps de l'apartheid. C'est le même mouvement sauf que la cible a changé de peau. Que des Noirs s'acharnent à tuer d'autres Noirs me laisse sans voix, me heurte profondément. Nous sommes la seule race au monde qui ne s'aime pas. Résultat: les Africains ne soutiennent pas l'Afrique du Sud à la Coupe du Monde 2026. 

Mais moi, je supporte toute équipe africaine à ce Mundial, même les pays maghrébins et l'Égypte. Sauf si le match se joue contre la RDC. Que vive l'Afrique ! 


18 juin 2026

Leçon des premiers matchs de la CM 2026

Hier le Ghana a gagné 1 - 0 contre Panama mais n'avait que 37% de possession de balle. Les Léopards de la RDC ont fait match nul 1-1 contre le Portugal avec 25% de possession de balle. Leçon: bien jouer signifie marquer. Seul le resultat final compte, hélas. Le reste blablabla, zigzag inutiles. 

Les Ghanaiens ont eu une meilleure possession de balle que les Congolais, ils ont battu les Panamaiens sur une passe décisive dans les prolongations. Véritable balle de match comme au tennis. Les Portugais ont dominé les 5 premières minutes et marqué leur but sans que les Congolais ne touchent la balle. Ou presque. Je me suis préparé à subir une hecatombe. En fait, les Portugais ont contrôlé le match du début à la fin sans cependant arriver à concrétiser leur domination. Un seul coup de tête a suffi aux Congolais pour assurer le nul. Réalisme ou pragmatisme footballistique. 

Le spectacle est bien. Le beau jeu plait aux artistes et amateurs du foot, mais les but font la différence. En régle générale, ne joue bien que l'équipe qui marque des buts. Les passes multipliées dans les surfaces de réparation m'intriguent et m'ennuient personnellement. Plusieurs philosophies du football. Nous avons déjà vu une élégante équipe du Brésil perdre lamentablement contre une Manschaft efficace alors même qu'ils présentaient un jeu spectaculaire. A chaque équipe son jeu! C'est peut-être plus correct de penser comme cela. 

16 juin 2026

Révision ou non de la Constitution?

Réponse: Il y aura révision; le contraire m'étonnerait. Le camp de la révision ou du changement est tellement galavanisé pour soutenir ses positions que je ne vois pas comment l'opposition pourrait s'en sortir. Le pouvoir n'a cure du résultat pourvu qu'il arrive à obtenir la loi referendaire grâce à ses élus. Ils sont largement majoritaires au sénat comme au parlement. Dès l'apparition de l'Union sacrée et la cessation des accords signés avec le FCC de Kabila, l'opinion parlait déjà d'une possible restructuration de la loi fondamentale. Le pouvoir maîtrise le referendum et ses résultats. Tous les moyens matériels et financiers sont mis en oeuvre pour arriver à cette fin. L'opposition l'a très bien compris et essaie de contrecarrer ce qu'elle peut. La seule chose inquiétante, c'est le nombre de morts inutiles qui surviendront tellement la passion et l'intolérance sont exagérées. Chaque camp durcit ses positions. L'un a la police et l'armée; l'autre la rue avec tous les risques de dérapages qui sont impliqués dans ces affrontements. Les tensions sont trop fortes et ont dépassé le niveau rationnel. Des pasteurs envéniment la situation en réinterprétant faussement la Bible, en encourageant le pouvoir à éliminer les opposants. Pour moi, le sang des Congolais est sacré. Jamais je ne supporterai ni ne soutiendrai un massacre de mes frères et soeurs de sang. Et quiconque tue mon sang, quel que soit son rang, se disqualifie. Par contre je suis prêt à mourir pour ma patrie, si c'est le prix à payer. Ce sont mes convictions. Je suis apolitique, mais je n'encourage aucun leader politique à tuer, à trahir le Congo ni à souiller le sang congolais.  

Qui dit vrai?

Les declarations faites à la suite des incidents qui ont eclaté au sit-in de l'opposition montrent combien le desaccord est profond entre les partisans du pouvoir et deux de l'opposition. Tout serait mise en scéne. Martin Fayulu ne serait atteint d'aucune balle. Comme les autres. Il n'y aurait aucun mort, tellement la police s'est acquittée de son devoir avec professionalisme et compétence pour disperser moutons et crapauds. Ca c'est le coté pouvoir. Le coté opposition soutient le contraire. La tension est forte. Le discoura se durcit, et la verité ne sera jamais connue. Qui dit vrai? Tout le monde dit vrai, ou dit qu'il dit vrai. Tel est le paradoxe. 

J'ecris souvent dans ce blog que la politique est un art du mensonge. Tout eat de savoir à qui le mensonge orofite. Il y a des videos qui attribuebt la nationalité senegalaise iu camerounaide à Martin Fayulu. Moi j'ai connu Martin Fayulu en avril 90 chez sin cousin Véron a Bula Tshaka. Chez son vrai cousin, pas Péoé Kallé. Bien avant qu'ul entre en politique. Les reseau sont truffés de mensonges. En fait, c'eee sont les mensonges qui dirigent le monde. Si non il n'y aalurait jamais eu de ministerebde la justice. 

Qui dit vrai? Meme ce que je présente  comme verite serait mensonge. C'est pourtant ma vérité. 

15 juin 2026

La violence politique

Notre pays vit un tournant décisif. Le changement constitutionnel suscite une violence inédite. Ce qu'on craignait et qui était prévisible arrive actuellement. Le sit-in de l'opposition a provoqué des troubles d'une agressivité surprenante. Pouvoir et opposition s'accusent mutuellement. Le sang a coulé, des images circulent. Montages selon certains. Mais le sang a coulé. Martin Fayulu a reçu quelques éclats à la tête et à la jambe, dit-on. Quelle leçon en tirer? Le sang a coulé, il coulera encore plus si l'on n'y prend garde.

Le problème n'est pas la Constitution. C'est Les discours radicaux et violents qui se tiennent autour de cette question. Les passions sont tellement allumées qu'il devient impossible de les maîtriser. Les esprits sont tendus, surchauffés. Partisans et opposants s'affrontent inlassablement. La police tire à balles réelles, selon les vidéos que j'ai vues. Fake news ou montage ? Je ne saurais dire. A cette allure, les villes déjà minées par l'insécurité des Kuluna risquent de devenir des poudrières incendiaires ou des centres de guerres civiles.

Il est temps que ces dérapages meurtiers cessent. A cette allure le pays va à la dérive. Nous allons nous détester, nous poignarder,, nous entretuer comme des bêtes sauvages mues par une extrême férocité. Il est temps que les tensions soient apaisées, que nous nous s'assoyons autour d'une table pour épargner le sang du peuple et éviter des carnages inutiles.. A voir la cruauté haineuse dont font montre les masses déchainées par les passions, la crainte est forte le pays s'imploser et éclater en miettes. 

L'unité du pays, entamée depuis la prise de Bunagana, est gravement menacée. Patriotes, compatriotes, mettons nos forces, nos armes et notre sagesse au service de l'unité de notre beau pays. Nos aïeux nous ont légué ce pays pour que nous y vivions dans la paix, la justice et que nous travaillons à sa prospérité. Que cesse la violence politique ! 

14 juin 2026

Retrouvailles avec les Thomas de Fladungen

"Grüße aus Old Germany." C'est en ces termes que vient de se désamorcer un silence vieux de presque 20 ans. Oui le contact s'est coupé à mon arrivée à la Barbade. De régulier il est devenu temporaire ou occasionnel avant de s'éteindre définitivement. Pas si définitivement que ça. So ist das Leben. 

En remontant en arrière, je crois que l'introduction généralisée des téléphones  portables y a été pour quelque chose. Nous n'avons pas intégré ce moyen de communication dans nos contacts. Pendant une vingtaine d'années, nous échangions des lettres et des cartes postales à l'occasion des fêtes. Puis, ça a disparu en dépit de quelques emails essentiels. 

Les Thomas m'ont longtemps soutenu depuis mes années de Rome jusqu'à la prêtrise. Ils étaient toujours là pour moi. Tout était parti de ma rencontre en août 1980 avec leur fille Gabriela à Staufen, où ils étaient en vacances chez les Stecks. Moi, j'apprenais l'allemand à l'Institut Goethe. De fil en aiguille, j'ai aussi connu la famille Stecks à Münstertal. Et j'ai longtemps entretenu des échanges épistolaires avec ces Bavarois et Souabes. Combien de fois ai-je été à Fladungen? Plus de dix fois, c'est sûr. En 95 j'y ai amené le P Séra Kiosi alors missionnaire à Calavi au Bénin. Ce dernier leur a offert des statuettes d'équilibristes que les enfants de Gabi appelaient affectueusement "Séraphin". La générosité des parents, Inge et Roman Thomas d'heureuse mémoire, reste à jamais gravée dans mon coeur. Leur nom figure parmi les personnes remerciées dans ma thèse. Ils font partie de mon cercle fermé d'amis. 

De renouer aujourd'hui avec Gabi, Petra et Christoph, revient pour moi à remplir un devoir de mémoire et de gratitude envers cette famille.  J'en suis d'autant heureux que je remonte à quatre décennies de ma vie. Des messages sporadiques ont certes existé, mais pas de façon continue. Les années avancent, mais il y a un passé qui ne saurait être changé quoiqu'on fasse un effort de l'oublier, de le changer ou de l'embellir. C'est reparti.

13 juin 2026

Coupe du Monde 2026

Une anecdote. Lorsque j'étais à l'école primaire, le FC Santos de Pelé est venu à deux reprises jouer à Kinshasa contre les Léopards, l'équipe nationale nouvellement créée par le Président Mobutu. Une fois, ces derniers ont gagné contre l'équipe du meilleur joueur du monde de l'époque. Pour moi, écolier, la RDC était championne du monde. Et j'y avais cru dur comme fer, jusqu'à ce je découvre la réalité.

Kalonda, juin - juillet 1970. Je suis en train de finir ma première du cycle d'orientation. La Coupe du Monde se joue au Mexique. Nous la suivons à la radio. Je me souviendrai de la demi-finale entre l'Italie et l'Allemagne. Les missionnaires SVD sont en réunion. Ce soir-là, le père Henri Schwiss alors broussard à Matari sortait de la réunion pour s'enquérir du score. L'Italie s'était qualifiée pour la finale après prolongation. La finale était gagnée par le Brésil de Pelé sur un époustouflant 4-0, je crois.

Je commençais à comprendre le système d'organisation du football tant au niveau congolais, africain que mondial. Le TP Englebert Mazembe était déjà deux fois champion d'Afriques des clubs champions ou CAF, tout comme les Léopards. 

Juillet 1974, je me trouve au DAIPN à la Cité du Parti. C'est là que je suivis la finale Allemagne vs Hollande sur un écran géant. C'était d'ailleurs la toute première fois que je voyais un appareil téléviseur et suivais un match télévisé. Pour la petite histoire, lors de mon tout premier séjour à Kinshasa en juillet août 65, la télévision n'existait pas pour moi. Je n'en avais même jamais entendu parler. A partir des années 70, les amis qui séjournaient à Kin nous en parlaient. 

Depuis, j'ai suivi toutes les coupes du monde avec ses hauts et ses bas. Rarement j' ai été satisfait des résultats. En 78, j'étais au grand séminaire de Mayidi. Nous avons vu l'Argentine de Passarella battre la Hollande de Cruyff. En 82, j'ai suivi la finale entre l'Italie de Zoff et l'Allemagne de Breitner depuis Fladungen en Bavière. Des équipes comme le Brésil, la Hollande, l'Allemagne, l'Italie, m'ont toujours fasciné. Avec l'âge le rapport au foot a complètement changé, mais je reste très attentif au monde du football. 

Avant-hier alors que je me débattais avec la relecture d'un texte à publier dans la revue du Kwango, Séra Kiosi m'a appelé:
-  Salut Man, tu suis le match?
-  Salut Man, quel match?
-  Bèh Mexique vs Afrique du Sud. C'est l'ouverture du Mondial.
-  Je ne savais pas. J'ai tellement du travail que je ne m'en suis même pas rendu compte. 

Le Mundial 2026 voit le retour des Léopards de la RDC dans la cour des grands. Tout en assumant qu'ils n'iront pas loin, je salue déjà leur participation comme une renaissance du football congolais. Les favoris sont les mêmes: France, Argentine, Brésil, Espagne, Allemagne, etc. Les surprises ne manquent pas en foot, et il y en aura. Que le meilleur l'emporte. 





11 juin 2026

Incompréhension

Cher Claver,

Il y a quelques semaines, j'ai écrit à ma bien aimée que je constatais un regain d'amour et de confiance dans notre relation. Elle tenait à ce que je le lui expliqué dès qu'elle retournerait du boulot. Mais entre-temps j'ai pris le soin d'effacer ce message qui n'a pas été accueilli favorablement. A son retour, elle s'est inquiétée de ne pas retrouver le message qui faisait problème. Je lui ai indiqué que mon intention était de la taquiner. Cette réponse l'a mise hors d'elle-même : " Donc tes sentiments sont faux. Tu ne me prends pas au sérieux. Franchement, je suis choquée et deçue. " Cette attitude pour une taquinerie m'a terriblement offensé, car je ne m'y était preparé. Je l'ai vue sortir de son sac une chemise pleine de documents: "Ce sont les formulaires de divorce", s'est-elle écriéé triomphalement. Je suis resté de marbre, figé comme si je venais d'une autre planète.

Du plein d'amour au vide, le pas a été très vite franchi. Je crois vivre dans un film dont je suis sans le vouloir l'acteur principal. Tout cela pour avoir taquiné mon épouse. Pour quel motif suis-je en instance de divorce?  J'ai refusé de signer quoi que ce soit avant de consulter mon avocat. Le même avocat qui, jadis, nous aida à acquérir notre résidence. Des questions de toute sorte me passent par la tête. Je me perds dans la lecture du droit matrimonial. Je ne dors plus, l'insomnie est devenue mon lot de tous les jours. Et si elle me taquinait comme je l'ai fait? Trève de naïveté, mon gars! Ce serait un drame de mauvais goût. Et s'il y avait un autre, un amant ou un soupirant tapi dans l'ombre de ma femme? En attendant les conseils des avocats, mes journées et mes nuits deviennent des cauchemars. Et la dame prend plaisir à me déstabiliser, à me titiller comme pour me faire payer mon crime impardonnable. ??? 

Les jours sont passés sans qu'elle ne bouge ni ne se montre. Et soudain ,Eureka'. C'était un poisson d'avril en plein juin. Qui ou quoi croire? En tous cas, plus rien ne sera comme avant. 


10 juin 2026

Je sens le stress

La retraite est souvent entendue comme synonyme de farniente et de paresse. Un illustre professeur avait prévu de lire pendant sa retraite tous les livres qu'il n'avait pas eu le temps de lire pendant son temps professionnel. Eh bien au bout de cinq ans, il n'en avait lu aucun, tellement il était tiraillé à gauche et à droite, par ci par là, par ceci cela. Je le comprends parfaitement, quoique mon expérience soit différente, mais identique en termes d'occupation et d'engagement. 

La retraite pourrait être frustrante si l'on n'y prend garde. Se lever le matin sans un programme précis ni projet d'activité amène à des situations difficiles à gérer. Ne s'étant nullement préparé à avoir des journées vides, le risque est grand de se voir plonger dans l'alcoolisme pour combler les heures d'inoccupation. Le risque est sérieux de se perdre dans des activités auxquelles on n'a jamais été exposé auparavant. Créativité! Pour ma part,  je pourrais certes me réjouir d'avoir pris des enseignements au pays, de m'être intégré dans des structures savantes et professionnelles, d'avoir en quelque sorte tirer profit de mes responsabilités académiques et administratives de Cave Hill, mais le fait de ne pas éprouver du stress constitue un stress en lui-même. C'est vrai et faux à la fois. La trauma post-retraite forme une réalité qui pourait se révéler fatale.

Mon option pour un "give back to my home community" n'a pas été sans risques. En plus des enseignements, j'ai pris la noble décision de m'engager à fonds dans la publication d'une revue, la Revue académique du Kwango (RAK). Notre revue de l'Association des Professeurs de l'ISP Kenge (APISPK).  Mon expérience d'éditeur de trois collectifs m'a servi de repère et de motivation; et pourtant, je peine à respecter le timing de la publication du deuxième numéro de la RAK. En effet, le premier numéro a frôlé la catastrophe, faute de collaboration professionnelle avec l'éditeur.  Nous ne nous sommes vraiment pas entendus ni sur le contenu ni sur la forme. La préoccupation principale tournait autour des frais à payer. Les discussions concernaient plus l'argent que la qualité du travail. Le produit final était bâclé: de nombreuses coquilles, deux tables des matières sans pagination correcte, des surcharges de  corrections non élaguées, etc. En fait, l'ouvrage a été imprimé sans que nous ayons eu préalablement accès au fichier prêt à imprimer. Vous comprenez que ce souci soit la cause de mon stress actuel. 

Le présent numéro sera publié chez un autre éditeur. Les démarches utiles sont en cours car nous tenons à éviter les erreurs du passé, à ce que le rapport qualité prix soit satisfaisant. Je suis stressé. J'ai le stress. Normal quoi! 

8 juin 2026

Adieu Sœur Wivine Matobo

Message de Mr Rachidi Tsumbi reçu ce 8 juin 2026 à 6h02:

"Bonjour prof,

J'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de la sœur Wivine MATOBO, que j'ai connue à Kenge au Centre de Santé Saint Esprit. Je m'unis à la peine de toute sa communauté religieuse par la pensée et la prière. Que le Seigneur leur apporte réconfort, force et espérance en ces moments difficiles, et qu'Il accueille sa servante dans sa paix et sa lumière éternelles. Avec toute ma compassion." (Rachidi)

Mes sincères condoléances à sa famille biologique et aux Sœurs Salésiennes de la Visitation. Que son âme repose en paix !

La nouvelle m'est tombée brutalement ce matin. Juste une photo. Je savais depuis deux semaines, par sa consoeur Ghislaine, que Sr Wivine était malade, hospitalisée à HJ, Kinshasa. Voilà qu'elle est décédée aujourd'hui. Que son âme repose en paix.

Je garde de la Sr Wivine le souvenir d'une religieuse dans l'âme, qui a servi l'Eternel et son église jusqu'au bout avec foi et charité, avec zèle et dévotion. J'ai eu le privilège de la connaître déjà pendant sa formation au noviciat des Sœurs Salésiennes de la Visitation. A l'époque, les mercredis soirs, Mgr Dieudonné M'Sanda y célébrait la messe. En son absence, je m'y rendais quelques fois. C'est avec plaisir que, de retour à Kenge pour des enseignements à l'ISP, j'ai retrouvé la Sœur Wivine comme supérieure de la communauté Ntetembo. Lors de nos échanges, elle me rappelait des événements du bon vieux temps. En général, je dépose mon véhicule à Ntetembo. Elle m'a plus d'une fois invité à prendre un repas avec ses consoeurs. J'étais à Kenge le jour de son 60e anniversaire de naissance. Qui aurait crû qu'elle tirerait si promptement sa révérence? Pendant que j'écris cet éloge, j'apprends que la population de Kenge éplorée est rassemblée au couvent Ntetembo et rend un vibrant hommage à leur brave soeur infirmière du Centre de Santé Saint Esprit.

Merci Sr Wivine Matobo pour tous les biens que vous avez accomplis dans l'église, spécialement au bénéfice des malades et des familles démunies. Le Seigneur vous en revaudra. Ma Soeur Wivine, kwenda mbote na Kimfumu ya Nzambi. Amen. 

6 juin 2026

Heureux 44e anniversaire de sacerdoce

Diocèse de Kenge, 6 juin 1982-6 juin 2026: Heureux et pieux 44e anniversaire sacerdotal aux abbés Séraphin Kiosi, Noël Matonga, Albert N'Koy et Alexis Olenga. Ad multos annos! Louange à l'Éternel.

Retour sur le passé. Les abbés Noël Matonga et Albert N'Koy étaient de la promotion du PSK 1968-69, alors que les abbés Séra Kiosi et Alexis Olenga y sont arrivés en 1969-70. Quelqu'un m'a une fois posé de savoir comment ils se sont retrouvés ensemble jusqu'à être ordonnés ensemble. Très simple à expliquer. 

En 1974, le grand séminaire de Mayidi a été fermé sur décision des évêques de la CEPKIN pour sanctionner les désordres qui s'y étaient passé. Les grands séminaristes étaient renvoyés à leurs diocèses respectifs. Si ma mémoire est bonne,  Félix Manzanza et Robert Lemba mis à part, Firmin Mukwasa est allé en ministère à Matari; Fabien Ndindi à Banza Lute, Séraphin Mbenza et Benjamin Bwanana à Ito, Noël Matonga à Beno, Albert N'Koy à St Esprit Kenge.  

A l'ouverture de 1975-76, le diocèse de Kenge a réparti ses philosophes entre la Faculté catholique de Kinshasa et Mayidi. Ainsi Manzanza, Mukwasa, Mbenza, Bwanana se sont retrouvés à la FCK; et les autres Ndindi, N'Koy, Matonga se sont joints à notre promotion qui a inauguré la toute première 6e littéraire à Kalonda: Séraphin Kiosi, Alexis Olenga, Faustin Mampuya, Antoine Mindua, François Mapasu, Claver Mabana. Ceux de la FCK ont ainsi gagné une année, et ont célébré leur vêture lors de l'ordination diaconale des abbés Singa et Ngob en septembre 77. Le 6 août 1978, a eu lieu à Bandundu la prise de soutane pour Kiosi, Matonga, N'Koy, Olenga, Mampuya et Mabana. Régence en 78-79 à Kalonda pour Mampuya et Mabana alors que leurs condisciples sont admis en théologie au grand séminaire Jean 23, Kinshasa. 

Au final, les abbés Manzanza et Bwanana seront ordonnés prêtres en 81; les abbés Olenga, Matonga, Kiosi et N'Koy en 82; les rescapés Mampuya et Mabana en 83 avec les abbés Jean Pierre Gavuka, Jean Robert Mifuku, Tryphon Ilenda, René Ngambele, Flavien Busina, Modeste Kisambu, Liévin M'Banga et Benjamin Fala, promotion 1970-71. Signalons toutefois que les abbés JR Mifuku et René Ngambele sont de la promotion 1969-70. Une sorte de sélection naturelle s'est opérée au fil des années. Chacun a son propre parcours au sein de l'histoire collective de son groupe. 

Ce 6 juin 2026, encore une fois, heureux anniversaire sacerdotal aux abbés Albert, Alexis, Noël et Séraphin. Foi, sagesse, sainteté et persévérance!      

3 juin 2026

Le 3 juin : St Charles Lwanga et compagnons

Les saints martyrs d'Ouganda sont célébrés ce jour à travers le monde catholique. Pour nous qui sommes passés par le petit séminaire St Charles Lwanga de Kalonda ou Katende, ce jour reste spécial. Par un lien souterrain et émotionnel, nous le célébrons en groupe ou individuellement. Il s'opère une sorte de regressus ad uterum. Une véritable symbiose de l'apothéose, comme aurait dit l'abbé poète Kapsy d'heureuse mémoire. Où que nous soyons, nous nous retrouvons dans cette cellule magique pour nous ressourcer spirituellement. Jamais je passe cette journée dans l'anonymat. Je crie toujours "Kieleka Kiese ngwa", je chante l'hymne immortel qu'a inoculé dans nos coeurs le père/abbé Nicolas Berendts, le pionnier fondateur du PSK. Je pense aux formateurs, aux élèves et aux ouvriers qui ont contribué et contribuent encore à meubler l'histoire du PSK. 

Qu'un vibrant hommage soit rendu au vrai initiateur de Kalonda, Mgr Jan Van der Heyden SVD qui fut entre 1957 et 63 le préfet apostolique avant l'érection canonique du diocèse de Kenge. Je ne l'avais jamais vu de son vivant, je n'ai aucun souvenir de lui à part les photos officielles. Avec le recul du temps, j'aurais pu le rencontrer en Belgique ou en Hollande si j'en avais eu l'intention. Ensemble des SVD mentionne que le père Jan fut avec Van Gorp et Ben Van den Boom que j'ai vus, le tout premier missionnaire du Verbe Divin à arriver au Congo Belge en 1951. Tout premier supérieur de la SVD Congo, il posa les fondations sur lesquelles repose jusqu'à ce jour le DK. C'est lui qui négocia les limites territoriales du DK, organisa l'évangélisation, ouvrit des écoles à la suite des Pères Jésuites, érigea et construisit de nouvelles paroisses. C'est lui le supérieur qui se déplaça de Banningville pour s'installer comme ordinaire à la préfecture apostolique de Kenge, d'abord à Kenge 2, puis à Kenge 1. Il construisit la procure de Kenge. Et son oeuvre fut poursuivie par Mgr Franz Hoenen. Respect et honneur aux pionniers missionnaires de Kalonda. Je ne saurais pas les citer de mémoire tellement ils sont nombreux. Par contre je citerais volontiers Valentin Mudimbe qui y a enseigné en septembre 63, au même moment où je commençais le 1ere primaire à Mutoni. 

Notre alma mater a été transférée de Kalonda ä Katende après la cession de son site au grand séminaire philosophique St Augustin qui reçoit depuis octobre 1978 des séminaristes d'Idiofa, Inongo, Kenge, Kikwit et Popokabaka. J'étais régent avec L'homme Faustin Mampuya au PSK lorsqu'advint l'inauguration officielle du grand séminaire. Depuis ce temps, la route du philosophat de Mayidi fut fermée aux ressortissants du Grand Bandundu. Le déplacement effectif commença en 1980 sous la houlette des abbés Kapende et Singa. Ce dernier est considéré comme le fut Nico Berendts, le pionnier fondateur de Katende. Comme dans le cas précédent, l'initiateur est et restera Mgr Dieudonné M'Sanda décédé il y a bientôt 25 ans. J'ai eu le privilège d'être formateur dans les deux sites du PSK. Nous ne sommes pas cinq. Je citerais le père Ben Overgoor, les abbés Kapsy, Singa, Tamuzi, éventuellement Mundele et Kaloso. Il faudrait ajouter le Frère constructeur Jean Baptiste Van Roiijen SVD, qui avait refusé de travailler à Ngondi. J'étais témoin de cette décision car j'étais avec lui le jour où il s'est rendu pour la première fois à Ngondi alors que débutait le défrichage du site. Détail peut-être redondant, mais qui fait partie de mon histoire personnelle de Kalonda Katende. 

Vous avez dit Katende? Non, c'est moi qui dis Katende. Comme tout les anciens de Kalonda, je suis uni de coeur avec notre alma mater. Très fier d'être passé par le plateau vert "Kalonda mboka biso ahe ahe" comme on chantait au scoutisme avec CT Séverin Swadi de pieuse mémoire. Depuis 2017 que j'enseigne à l'ISP Kenge, je me suis rendu au moins cinq fois à Katende et à chaque fois je m'incline au cimetière des abbés parmi lesquels je compte des formateurs, des aînés, des amis, des cadets, des élèves. C'est mon monde. J'ai vu Katende à ses débuts, j'y ai enseigné entre 1982-85, j'y retourne de temps en temps. Dans mon univers, c'est le fief des amis Séra Kiosi et Benjamin Fala. C'est le lieu où reposent des êtres chers. Bien plus qu'une école, le PSK est un lieu de recueillement, de mémoire et de rencontre avec les "archives" du DK. Il ne me revient pas de juger la face que présente le PSK aujourd'hui. J'en laisse le soin à d'autres qui sont plus observateurs et éloquents que moi. Mon vœu est de voir ce petit séminaire, notre petit séminaire, remplir sa mission et son rôle de pépinière des vocations pour l'église. Que St Charles Lwanga intercède pour notre séminaire auprès du Seigneur. Telle est ma prière ce 3 juin 2026. 

Excellente journée et bonne fête patronale du PSK. "Chantez diables": Ngeye Karolo Lwanga, muna zulu ulemina. Brille au ciel St Charles Lwanga. Amen! Que vive le petit séminaire St Charles Lwanga!

1 juin 2026

Juin 2026 est là

Le mois de juin 2026 vient de commencer il y a à peine deux heures. Je me suis réveillé pour résoudre un problème urgent. Des agents de l'administration urbaine menaceraient de confisquer une concession familiale au cas oú les documents nécessaires ne seraient pas présentés. C'est la réalité de chez nous. Sous couvert du recensement, nombreux sont les pauvres qui voient leurs propriétés acquises au prix d'immenses sacrifices spoliées, extorquées et vendues. Il faut vraiment faire gaffe dans ce monde impitoyable! 

Pour moi le mois de juin commencent l dans cette ambiance de crainte de perdre un bien. La concession ne m'appartient pas, je n'ai rien moi, mais j'en suis le garant maturel. Si je n'interviens pas d'une façon ou d'une autre, la situation risque de se détériorer. Dans ce cafouillage les agents communaux intimident, se font corrompre en prétendant travailler pour l'état. Ils vous traitent comme des vauriens, voire comme des apatrides. J'ai pitié de ma pauvre tante qui est sommée de se présenter à la commune dans un delai trés court. Il ne faudra pas céder à la panique, mais rester calme, prudent et vigilant. 

Le mois de juin, c'est aussi des anniversaires dans mon cercle d'amis et connaissances: ma soeur Passy, mes belles soeurs Sola et Mado, mes amis de cactus. Le 66e anniversaires de l'indépendance de la RDC se celebrera le 30 juin. Mais avant cette date aura la World Cup... Et les Léopards de la RDC vont y participer: au premier tour ils affronteront le Portugal, la Colombie et l''Uzbekistan. Bonne chance à eux. S'ils marquent un but, ils laveront l'opprobre qui pèse sur le Congo depuis le Mundial 1974. Autant d'événements significatifs. Attendons voir ce que ce mois nous réserve. Bon mois de juin 2026 à toutes et à tous!

30 mai 2026

Développement participatif ?

Merci cher Diogène pour ce beau texte méditatif et stimulant pour la pensée. On ne peut changer l'histoire quoiqu'elle soit une science utilisée idéologiquement pour servir certaines fins. Oui, c'est vrai, à l'époque coloniale belge, on pouvait parti partir en VW de Kinshasa ou Kisantu jusqu'au Katanga. Les routes étaient bonnes, les cantonniers étaient rémunérés, le travail rigoureusement suivi et contrôlé. Après l'indépendance, tout a changé. Je me souviens avoir vu quelques véhicules et jeeps qui ont roulé sur ces routes. Jusqu'aux années 65-70, certaines étaient encore praticables. Au diocèse de Kenge, des missionnaires partaient de Matari ä Banningville. "Landa muyansi kuna nsiyandi,, nsiyandi ikala lelenzi lelenzi", une expression des missionnaires qui en dit tout. Avec le délabrement progressif des routes, les choix des véhicules ont évolué chez les missionnaires. De la moto à la VW, de la VW à la jeep Land Rover, de la Land Rover à la Toyota. Aujourd'hui rien! J'insiste "rien". C'est quoi le développement ? Il y a certes des routes asphaltées qui se détruisent à la moindre tombée de la pluie. En plus, les bretelles routières sont impraticables. Impossible ou presque d'arriver à Bandundu par la route. C'est ça le développement ? Loin de moi l'idée d'encenser l'époque coloniale glorieuse! Je reconnais que les infrastructures routes fonctionnaient parce qu'il y avait un sens du développement qui n'existe plus aujourd'hui. JMM a tout dit et bien dit. Merci Maître Diogène ! 

Plus on parle de développement, moins on se développe, attendant que le Ciel vienne à l'aide. Au travail chers compatriotes ! 

29 mai 2026

Voici le véritable développement participatif (JM MATUTU)

Prof Abbé Jean Marie Matutu:

Il faut combien de siècles pour en arriver là ? Il n'y a pas de culture naturelle. La culture, c'est tout ce qui transforme la nature humaine et l'environnement, c'est tout ce que produit l'esprit humain pour transformer et humaniser son biotope. Il y en a combien comme ça en 0? Qui sensibilise et mobilise aujourd'hui dans ce sens, à tous les niveaux de notre société ? Impossible de faire de ce modèle une option fondamentale aujourd'hui en RDC? 

A l'époque des Belges, on partait de Kisantu par Kimvula, Bandundu, Kasai jusqu'au Katanga, en voiture et en jeep. Quand les routes ne sont plus une priorité des priorités dans notre pays et en Afrique, peut-on maintenir un tel esprit dans un peuple desireux de progrès,  et donc, de changement? Autrefois on allait à Kimvula en VW, parce que les cantoniers qui entretenaient cette route étaient régulièrement rémunérés officiellement et autrement motivés. Et aujourd'hui? 

Nous assistons impuissants au délabrement de nos routes proncipales et de desserte agricole et, donc, au développement inexorable du sous-développement. Nous attendons que Dieu vienne nous développer par la prière démissionnaire! Dieu qui nous a créés sans nous peut-il nous sauver sans nous? Nous sommes à plaindre, franchement, toutes tendances confondues. Il n'y a jamais eu de développement au monde par procuration. 

Et aujourd'hui, l'histoire nous a appris qu'on ne développe plus, on se développe ensemble et de façon endogène; tout le reste est logomachie rhétorique et paresseuse ou, tout simplement: manipulation et volonté de puissance! C'est mon regard sinon  mon commentaire sur  cette vidéo virale concernant le véritable développement des Strilankais. Hautement symbolique! 

Excellent week-end. 

Jmmatutu

26 mai 2026

Un 24 mai de 90

24 mai 1990. Ce jour-là je me trouvais en Suisse, la nouvelle est tombée comme une bombe, prenant tout le monde par surprise. Le président fondateur du MPR venait de céder à la pression nationale et internationale en acceptant le multipartisme au Zaïre. Ce fut la fin du sinistre parti-état, symbole du despotisme et de la tyrannie de Mr Mobutu. Ce jour-là tout ce qui avait constitué les fondements de la deuxième république s'est effondré comme un château de sable. Retour des noms chrétiens, autorisation de mettre la cravate, de porter pantalon pour femmes, vestes et costumes à l'occidental, etc. Ce jour-là, toute la politique de l'authenticité est devenue caduque.  

Le géant Mobutu Sese Seko, le Léopard, qui dirigeait le Zaire d'une main de fer a mordu la poussière. Le dictateur a, saisissant la gravité historique de son discours, cédé à des instants de condition humaine, au point de perdre son flegme légendaire: "Comprenez mon émotion". Dévasté, impuissant devant l'ouragan de l'histoire pour reprendre sa propre expression, le dictateur Seskoul profondément ému a même versé quelques larmes. Un moment vraiment dramatique quoique des mauvaises langues aient parlé de "larmes de crocodile". 

Le littéraire en formation que j'étais avait suivi et saisi la portée de cet instant. Plus rien n'a été comme avant ... jusqu'à la fatale journée du 17 mai 1997. Une page de l'histoire s'était tournée mais le héros de Gbadolite ou l'aigle de Kawele avait encore tenu sept ans avant de disparaître définitivement de la scène active du pouvoir. Il est mort et a été enterré au Maroc dans l'anonymat et la déchéance, loin de son pays natal. Cette époque correspondait parfaitement à mes recherches sur les mythes, et la descente aux "enfers" de Mr Mobutu étayait de façon évidente les résultats de mes lectures théoriques. Le mythe Mobutu virait à la déchéance et au désastre, ruiné et vidé de sa substance essentielle. Je defendis ma thèse le 12 juin 1997 convaincu entre autres de la finitude de l'être humain quelle que fût sa puissance. 

Ainsi sont tombés tous les héros de l'histoire. Ainsi tomberont tous les puissants d'aujourd'hui. Sic transit gloria mundi et terrae

25 mai 2026

Ce qui se passe dans mon pays m'inquiète

Les bonnes nouvelles sont rares. Guerre à l'Est, insécurité à l'Ouest, tueries à Goma et Bukavu, Kuluna à Kinshasa, voilà le tableau qu'offre mon pays. A Kinshasa, c'est le débat constitutionnel qui bat son plein. Partisans et opposants s'acharnent les uns contre les autres, s'empoignent, s'insultent et se battent pour ou non réviser, changer, amender la Constitution de 2006. Le plus choquant, c'est que ce débat prend une allure violente, agressive et intolérante inattendue. Il en va du maintien ou pas du régime en place, du nombre et de la durée des mandats du président, moyennant réadjustement d'articles dits "verrouillés", etc. Tout porte à croire qu'il y aura changement. Une diversion passionnée qui élude ou met au second plan les dangers qui se déversent quotidiennement sur le pays. Des combats féroces et meurtriers continuent à l'Est malgré les accords de paix signés à Doha et à Washington DC. Hier 24 mai 26, deux drones kamikaze ont été neutralisés par l'armée congolaise à l'aéroport de Kisangani. Je ne vois pas clair. 

Ce qui surprend les non-connaisseurs de la chose politique, c'est la volte-face des politiciens et leurs partisans. C'est comme un cycle historique. On brandit selon que l'on est de l'opposition ou du pouvoir des articles de la Constitution pour en soutenir le statu quo, la révision ou le changement. Un combattant qui jadis récusait mordicus le changement de la constitution devient brusquement un fervent défenseur de sa modification ou révision parce que son parti se trouve au pouvoir. Une stratégie déjà rodée ailleurs en Afrique. Du côté du pouvoir, on rassemble des signatures, on propose un referendum populaire qui va sans aucun doute passer, vu la confortable majorité parlementaire dont il dispose. L'opposition et le parti régnant  précédent qui n'a pas réussi ce coup, s'y opposent farouchement, prêts à descendre dans la rue et à causer des troubles. On tente de les museler. En fait, c'est un cercle vicieux. La logique est simple. Tout tourne autour d'une seule question: rester au pouvoir ou partir du pouvoir? Chaque parti possède sa propre lecture de la Constitution. D'où le conflit d'interprétation des articles constitutionnels, qui laisse couler tant d'encre et de salive. L'intérêt supérieur de la Nation doit être mis au plus haut point. Même une phrase pareille, simple en soi, donnerait aisément matière à plusieurs interprétations. Parole de littéraire apolitique et d'observateur indépendant. Je suis sûr que les autorités et le peuple congolais se montreront sages, ouverts et tolérants pour trouver une solution en faveur de l'intérêt du pays. Une solution patriotique conforme à la devise nationale:  Justice, Paix et Travail.  

Franchement, ce qui se passe dans mon pays m'inquiète. Je ne vois pas clair.

22 mai 2026

Abbé Jean Anatole Sabw in memoriam

 


Quelle triste nouvelle! L'abbé Jean Anatole Sabw Kanyang, prêtre du diocèse de Luiza, vient de tirer sa révérence. Je l'ai connu à Fribourg où nous étions voisins de chambre dans la communauté des Missionnaires de Bethléem, Chemin de l'abbé Freeley. Il était au Foyer St Justin avant monter à Torry. Brillant chercheur, il avait une licence des Facultés catholiques de Kinshasa. Il me fascinait par sa discipline et sa passion pour ses études. Nous échangions souvent sur des sujets d'actualités, sur des amis communs de Luiza ou du Kasaï. Il m'a aidé à atteindre mon ami Jean Roger Lumu de pieuse mémoire. Dans nos dialogues, il en voulait à un collègue qui aurait imité la signature de son évêque pour s'inscrire à Rome. L'histoire jugera. Il possédait une photo-souvenir qui le montrait avec le théologien Hans Küng aux FCK alors qu'il y était étudiant. Comme par coïncidence, il vient de mourir à Tubingue. 
C'était un compatriote agréable, pieux, sage et de bon conseil. Je l'avais présenté à ma bienfaitrice Mme Weingärtner de Munich lors d'une de ses visites à Fribourg. Jean Anatole préparait encore sa thèse de doctorat en patristique à la faculté de théologie lorsque j'ai quitté Torry en mai 92. Nous nous sommes revus à mon retour du Zaïre; nous avons partagé un repas au restaurant de la gare de Fribourg. En juin 94, Jean Sabw m'a appelé pour s'informer de la maladie de ma soeur Louise, alors que je me trouvais à Munich. Depuis, nos voies se sont complètement séparées. J'étais toutefois informé de son parcours par recoupements. Et j'ai même lu sa thèse à la bibliothèque de la SOAS, à Londres: Episcopus et plebs: L'évêque et la communauté ecclésiale dans les conciles africains (345-525) (Bern, Peter Lang: 2002). Quel travail de bénédictin! Chapeau! 
Va en paix cher frère et ami Jean Anatole. Des souvenirs de nos discussions et de la vie  communautaire à la maison de Bethléem me  reviennent. Je pense avec gratitude aux braves missionnaires de Bethléem: PP Bruno Fürer, François Lovis, Georges Conus, Jean Cottet, Jakob Baumgartner, Frère Bernhard Döbelin et André Gachet, qui nous ont offert un cadre spirituel et humain propice à notre développement intellectuel. Je pense à nos rencontres à la bibliothèque de théologie où tu me demandais si je ne m'étais pas égaré. Je pense à certains commentaires que tu émettais sur la politique, l'église, la musique, la vie, Je pense, je pense,.... 
Adieu Jean Anatole ! Te voilà parti ad patrem. Condoléances mutuelles à ta famille biologique et au diocèse de Luiza pour cette perte énorme. Tu as servi l'église jusqu'au bout. Que tu reçoives la couronne des élus du Ciel! Amen!

19 mai 2026

19 Mai: Baptême

J'étais baptisé le 19 mai 1957 par le père Joseph Malfliet SVD à Kimbau. Parole de mes feux parents! Mais dans le registre des baptêmes de la MC Kimbau, c'est le père Tromp qui a signé comme célébrant de la cérémonie. J'ai eu la joie de revoir le père Kayefwa alias Tsia Mutombu à Bruxelles en juillet 1982 en compagnie des pères Van den Broeck et Mario Estepa SVD. De taille modeste et svelte, tel que je le voyais dans les photos, le brave missionnaire était déjà à la retraite dans un foyer pour personnes agées. Paix éternelle à son âme! 

J'ai grandi dans la foi catholique. J'ai suivi une formation litteraire au petit séminaire de Kalonda, philosophique au grand séminaire de Mayidi et théologique à l'Urbaniana à Rome. Même mon doctorat  es lettres a été obtenu dans une université catholique à Fribourg. J'étais prêtre diocésain de Kenge pendant quinze ans avant de m'orienter vers l'enseignement universitaire à Berlin, puis à Cave Hill et récemment à l'ISP Kenge. Jusqu'à ce jour je professe la foi catholique: Et unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam. Confiteor unum baptisma. Jour de louange et de prière. Que le Seigneur me garde et me protège.

16 mai 2026

Solution à l'insécurité à l'Est

Après le sommet Africa Forward 2026 tenu du 11 au 12 mai 2026 à Nairobi, les Congolais ont jugé mitigées les déclarations du président français Emmanuel Macron ä propos de l'insécurité à l'Est de la RDC. Une version plus assouplie et étendue de la sinistre Frane-Afrique, pilotée par la France. En appelant victimes et agresseurs au "dialogue", ce dernier refuserait de condamner le Rwanda. Il soutiendrait par contre l'intégrité territoriale de la RDC. Ce discours ambigu envoie un signal contradictoire au peuple congolais. Cela s'explique par le fait que les intérêts français dans l'exploitation des minerais congolais via Kigali sont énormes. Ce n'est donc pas de la France qu'il faudrait attendre une solution acceptable à ce conflit. Ni d'aucun autre pays. 

Depuis plusieurs années, je ne trouve personnellement pas d'autre solution à mon la crise de l'Est de la RDC que la guerre. La diplomatie apporte certes des résultats positifs, mais elle ne suffit pas à éradiquer l'occupation du pays par des forces étrangères. L'Occident n'est pas préoccupé par le bien des Congolais, mais par les matières premières dont regorge ce pays. Et le Rwanda leur parait plus sûr que la RDC. Aussi simple que cela. Il revient aux Congolais de prendre leur responsabilité, de s'armer et de défendre leur territoire. Le reste, c'est de l'opium pour endormir la galerie. Je ne crois pas au discours diplomatique empreint d'ambiguités. Les décisions prises dans des bureaux feutrés des palais occidentaux n'ont aucun impact sur le terrain oriental congolais. Ces leaders n'ont aucune idée des crimes et souffrances impitoyables qu'endurent nos compatriotes dans cette partie du pays. Nos compatriotes sont tués, assassinés, terrorisés, les femmes violées, les enfants mis en débandade et séparés de leurs parents. Les envahisseurs ont occupé nos terres et villes par les armes, il ne faudrait pas attendre qu'ils partent pacifiquement, même à la suite d'une diplomatie persuasive. La guerre est inévitable pour en finir avec ce théâtre criminel et sanguinaire. Pro patria mori.

15 mai 2026

La mendicité comme occupation

Je connais à travers le monde des gens qui vivent de la mendicité. Ils n'ont pas peur ni de gène à demander de l'assistance. Ces gens passent maîtres dans l'art de la mendicité. Dotés d'une capacité de persuasion, ils savent ouvrir même les mains flambeaux, comme on disait jadis au Zaïre. Par tous les moyens, ils arrivent à vous soutirer quelque chose, sous peine de vous laisser dans le regret ou la culpabilité au cas où vous seriez inflexibles. J'en connais qui n'entretiennent de relations que d'intérêt, et qui vous repoussent au moindre faux pas. C'est souvent une chaîne: la mère ou le mari intercède auprès de l'âme généreuse pour que le butin soit décroché. Par une sorte de harcelement bien nuancé, par une insistance adéquatement dosée ou calculée, ils obtiennent ce qu'ils veulent coûte que coûte. J'en connais trois spécialement qui ont fait de la mendicité leur occupation principale. Ils manquent de tout, mais jamais des mégas pour leurs communications.

Le premier est un homme de Dieu. Chez lui, chaque rencontre avec un inconnu constitue une manne à dons, dont il faudrait tirer le plus grand bénéfice. Un autre se sert de sa maladie pour ne pas travailler mais jouir du fruit du travail des autres. Je ne parle pas des charlatans pasteurs prêts à tout pour faire "sceller" les multiples bienfaits de leurs actions thérapeutiques. J'en connais une, une dame  qui élève ses nombreux enfants toute seule, mais avec l'aide de plusieurs membres de famille. Elle s'arrange sans vergogne à soutirer les dividendes des ayant droit. Elle vit aux crochets de ses frères, soeurs, neveux et nièces, qui se démènent à lui assurer une vie décente. Toute sa vie, elle n'a jamais travaillé ni gagné de salaire. Toute sa vie, elle a peaufiné des méthodes et moyens pour s'assurer la générosité de ses bienfaiteurs, sans jamais rien sacrifier en retour. A se demander si elle éprouve de la gène ou de la honte lorsqu'elle dérange les autres, comme si ces derniers n'avaient aucune responsabilité. Chaque relation, chaque coup de fil sonne chez elle comme une demande d'aide, comme si le monde n'existait qu'autour d'elle seule. 

Le troisième, c'est un homme à projets. Démarcheur dans le coeur et dans l'âme, il prévient qu'il a besoin d'un petit quelque chose afin de se prémunir contre la nécessité. Il ne se considère pas comme un pauvre, mais vise des choses spectaculaires. Ses chiffres se projettent en millions, pas en milliers. C'est le genre du prometteur qui n'a jamais rien en mains quand il doit agir ou aider. Pour verser la dot de son épouse, il arrange un scénario tel qu'au final, les autres paient et lui-même ne sort pas un seul sou. A l'occasion du mariage coutumier de sa nièce, il promet une somme qui couvrirait tous les frais manquants, mais finalement on ne voit pas la somme et il ne se présente même pas à la fête des noces. C'est le vendeur de rêves qui n'a jamais rien mais dispose de la parole vive pour laisser les autres intervenir et tout faire. Bon parleur, il impressionne par son langage bien agencé, son raisonnement incisif, logique et rigoureux. Logique? Oui, de sa logique, une logique que lui seul soutient au monde. Maître ès fourberie! Il hait le travail, mais profite du travail des autres. Pourquoi pas? 

L'artiste mendiant contraint son sponsor ou mécène à l'action. Il court le risque de détruire ses relations en culpabilisant son interlocuteur. Il n'a cure des sentiments de ses victimes, seul compte son intérêt. 


14 mai 2026

La politique comme elle va

Je suis apolitique mais j'écris souvent sur la politique. Je l'aborde en littéraire, n'étant ni politologue ni juriste ni même acteur dans ce domaine. Je clame toujours que la politique me sert de portable théâtral pour des réflexions à la fois sarcastiques, rarement sérieuses sauf quand je cite nommément des individus. Domaine sensible, j'aime mieux garder mes distances et me tenir loin des péripéties politiques. Un ancien commissaire sous-régional du Kwilu nous a une fois surpris à Kalonda en déclarant: "L'abbé ici à ma côté (sic) est plus politicien que moi". Il s'agissait de l'abbé Denis Luhangu. C'était en 1975. C'est que l'on peut prétendre être apolitique, mais avoir des points de vue sensés ou crédibles en politique.  

Cinquante années se sont écoulées entre-temps, j'entends entre cet événement et aujourd'hui, la politique demeure identique dans sa diversité et son unicité. Les acteurs ont changé sur le portable, mais la réalité politique demeure la même comme !'eau qui prend la forme de son contenant. Oui en effet l'eau est unique, qu'elle sorte d'un tuyau, d'un sceau, d'une bouteille ou d'un verre. Ainsi en est-il de la politique. La volte-face et l'imprévisibilité même si l'homme ne change jamais fondamentalement caractérisent l'homme politique. L'appât du pouvoir contraint a le politique la contradiction. L'homme politique tient un discours et son contraire selon qu'il en va de son intérêt, selon qu'il est au pouvoir ou dans l'opposition. Il ne tire la couverture que de son côté. Réalisme politique. Ce qu'il a fermement renié hier pourrait lui servir de socle aujourd'hui pour sa carrière. Appelez ce phénomène comme vous voulez, traitez l'individu de tous les qualificatifs les plus indignes, l'homme politique se façonne une image immaculée même s'il est le plus crapuleux des humains. Il y a cinquante ans un politicien détourneur le denier public, s'est enfui avec les agents assignés à sa surveillance, est entré en clandestinité puis en opposition, est revenu au pays, a ete nommé gouverneur urbain, promu ministre d'état. Quel fabuleux parcours ! Aujourd'hui c'est pareil. 

C'est l'observation des comportements des hommes politiques qui m'intéresse. Peu importe le lieu, peu importe le temps, peu importe leurs races ou pays, ils agissent tous de la même façon, oeuvrant dans les marges que leur offrent les textes de base de leur pouvoir. Le script théatral ou filmique est identique. Les querelles individuelles et partisanes ne m'intéressent pas et n'ont de sens que pour la gallerie. Nihil novi sub sole! Plus ça change plus c'est la même chose. 


13 mai 2026

"Kein Weltfriede ohne Religionsfrieden" (Küng)

Das ist eben Hans Küng und sein Konzept des Weltethos. Diese Überzeugung von ihm hatte er lange Jahre verteidigt und bewiesen. Und heute mehr als gestern stimmt alles, genau wie es der berühmte Schweizer Theolog vor vielen Jahren weltweit geäussert hatte. Dass Rom ihm die Missio Canonica entzogen hatte, hatte ich damals für eine Schande gehalten. Die Uni Tübingen hatte ihn nie verlassen. Ich war unter den Theologiestudenten, die linke Ideen oder Verhältnisse positiv ansahen. Ich hatte einen Artikel úber die Taufe geschrieben, den die Zeitschrift Telema nicht veröffentlicht hatte. Der Grund war, weil dieser Text gegen die offizielle Lehre der Katholischen Kirche war. Deutsche Theologe wie Kasper, Rahner, Ratzinger unter anderen waren mir am liebsten zu lesen. Küng war der resizendste, und sogar mein Vorbild. Mein allererster Artikel war durch Küng inspiriert. Pater Simon Boka hatte den Text gefährlich und nicht richtig geschrieben gefunden. Als P De Decker mir es erzählt hatte, war ich sehr enttäuscht, weil ich in dieser Richtung weiterstudieren wollte. Dieser Shock so zusagen war das Ende meines Dogmatiktraums. Gern hatte ich Vorlesungen von Theologen und Vortäge von Philosophen wie Habermas oder Gadamer an der Uni Gregoriana in Rom zugehört. Das war meine Leidenschaft. Sehr wahrscheilich hätte ich eine Doktorarbeit über Hans Küng geschrieben hatte, wenn ich die Gelegenheit gehabt hätte. Dann ich mich entschlossen die Bibel auf Griechisch und Hebräisch lernen und lesen zu können. Wie Sprachen meine natürlichen Stärken waren, war es mir einfach mich damit zu beschäftigen. Aber Küng hatte nich über alles faziniert. Der Mann war mir Ehrlich und wise. Da ist er in meinem Leben wieder anwesend. Sein Begriff "Kein Nationsfriede ohne Religionsfrieden" bleibt wahr für ewig und ewig.

12 mai 2026

Des pasteurs critiquent l'église catholique

Ce thème est connu de tous. Beaucoup de pasteurs des églises du réveil s'acharnent avec passion contre l'église catholique romaine. Une stratégie très sûre pour s'assurer un succès auprès de leurs fidèles. Il s'agit de puiser des fidèles dans ce grand réservoir qui compte plus de deux milliards de croyants. Alors ces pasteurs s'attaquent aussi bien à la doctrine catholique qu'à sa hiérarchie et son clergé. C'est de bonne guerre comme qui dirait. La "sola scripta" luthérienne fonctionne à merveille. 

Un pasteur du réveil s'est dernièrement attaqué avec virulence au culte de la Vierge Marie tel qu'il est pratiqué par les catholiques. C'est à ses yeux un blasphème, de l'idolâtrie, vu qu'aucun passage de la Bible n'en parle ni le recommande. Marie serait, selon lui, juste la mère de Jésus, et ne mérite aucune prière.  Comme c'est un sacrilège que de professer la virginité de Marie, ledit pasteur condamne à la damnation et à la géhenne du feu tous les chrétiens qui la vénèrent. Il condamne de fait, le dogme de l'Immaculée Conception, et out ce que l'église prône dans sa doctrine mariologique. Des devises comme "Totus Tuus" de St Jean-Paul II serait à ses yeux des abérations sans fondement biblique, donc basées sur des hérésies. Or Marie n'est pas une déesse, que je sache: "Sainte Marie Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, ...". Elle a mission de médiation, d'intercession comme d'ailleurs tous les saints du Ciel. Nulle part dans la Bible cette phrase n'est visible. Il combat et récuse la séculaire traditon de la maternité divine de la Sainte Vierge Marie.  

Un autre pasteur justifie la dîme que lui versent Les fidèles par une pratique catholique. Serviteur de Dieu qui exige des billets de banque en Dollars, il s'étonne que les médias le critiquent pour sa cupidité et son enrichissement personnel. Un autre, comme Jesus; "Nalongoli maladi.... scellez la guérison" et les fidèles se précipitent pour déposer leur offrande. Ensuite: "Napesi mabala, Napesi kobota.... scellez avant que la grâce divine ne disparaisse. " Les fidèles reviennent de nouveau avec leurs offrandes. De tous ces chrétiens obséquieux, personne n'osé comprendre que ledit pasteur n' d'autre visée que de gagner de l'argent. On dirait qu'ils sont tous envoûtés. Et pourquoi pas car ces derniers recourent à des pratiques sorcières de domination et d'enrichissement faciles. 

Je m'arrête à ces exemples pour souligner l'impact de la parole des pasteurs sur le comportement de leurs fidèles souvent par les prétendus miracles de leurs pasteure. trop fanatiques et obnubilés J'y reviendrai.

Paix entre les religions

Un ami sri-lankais que je croise à l'église St Francis ne cesse de me rappeler que la religion est derrière toutes les guerres qui se succèdent dans le monde depuis des siècles. Il y a selon lui guerre de religions partout. Il suffit de réfléchir profondément. Les divergences religieuses sous-tendent les relations conflictuelles entre les états. Cette façon de penser au théologien suisse Hans Küng. 
"Kein Friede unter den Nationen ohne Frieden unter den Religionen" (Pas de paix entre les nations sans paix entre les religions). Une phrase que j'ai retenue du vivant même de Hans Küng souvent répétée lors de ses interviews télévisées tout comme à la conférence qu'il tint en 1991 dans l'Aula Magna de l'Uni Fribourg. Le très médiatique Prof Dr Küng jouissait d'un succès incroyable du temps de mes études universitaires à Rome comme à Fribourg. Ses positions contre certains dogmes comme l'infallibilité du Pape reçurent un retentissement mondial.  Je ne crois pas que mon ami ingénieur sri-lankais ait jamais entendu parler de Küng. En tout cas, il défend avec conviction la même théorie ou thèse que l'homme de Tübingen.
A y réfléchir, il y a des faits patents qui lui donnent raison. Si c'est vrai pour l'actuelle guerre entre l'Iran et la coalition Israël-Etats-Unis, cela ne l'ai pas forcément entre l'Ukraine et la Russie. Mais si hélas! Notre ami remonte à l'histoire des Tzars mongols.... et y lit l'éclatement d'idéologies religieuses défendues par les belligérants.  De là il perçoit au Nigeria, en RDC, au Mali, en Libye, l'ombre furtive d'un conflit avec l'Islam qui n'est pas invisible selon lui. Sa vision des choses montre que le  monde occidental, à s'y méprendre, évolue une islamisation démographique très subtile mais constante. Je vais approfondir ma réflexion à ce sujet. 
Et s'il avait totalement raison??

9 mai 2026

Troisième mandat pour le président congolais actuel?

 ..." si les Congolais le lui demandent." C'est autour de cette phrase conditionnée que partisans et opposants du président congolais s'empoignent. Logique, responsable et normale pour les partisans. Inconstitutionnelle pour les opposants. Le monde politique congolais s'agite depuis plusieurs mois autour de ce débat. Qui a raison? Qui a tort? Difficile de trancher. Tout dépend de l'interprétation des textes et de la notion de démocratie qu'on défend. L'autre point d'acchopement, c'est les élections de 2028. Pas possible si le Nord Kivu et le Sud Kivu ne rentrent pas sous le contrôle du gouvernement central de Kinshasa. Les élections les éloigneraient du centre et les pousseraient à justifier leur démembrement du reste du pays. Tel est le dilemme. Telle est la situation embarrassante et insidieuse que traverse la RDC. Quelles sont les voies de sortie de guerre? Dialogue inclusif, referendum pourraient constituer des moyens pour solliciter la volonté des citoyennes et citoyens congolais. J'estime pour ma part que, malgré les passions des uns et des autres, les Congolais sont assez mûrs et réalistes pour trouver une solution négociée pour le plus grand intérêt de la nation. Entre la poursuite d'un autre mandat, un glissement de fait qui ne dit pas son nom, et une paix incertaine sur toute l'étendue de la république, il y a lieu de se fier à la responsabilité commune et unanime des Congolais. Entre une dérive dictatoriale pour les opposants et un consensus referendaire salutaire pour les partisans du pouvoir, l'intervalle s'avère quasi impossible à gérer. La réalité est que dans sa qualité de garant et de commandant suprême des armées, le président possède assez de marge de manoeuvre pour justifier sa vision et le soutien de ses partisans. C'est l'insécurité à l'Est qui conditionne tout: il faudrait absolument réunifier le pays avant de parler d'élection. Attendons voir. Pour moi apolitique et littéraire, seules la paix et l'intangibilité des frontières nationales comptent. La paix ne s'obtiendra qu'à la fin effective des hostilités séparatrices ou sécessionnistes qui balkaniseraient le pays. Et ce sera par la force des armes. Les individus passent, la nation reste. Pro patria mori. 

7 mai 2026

Pourquoi le FC Bayern a-t-il perdu contre PSG?

6 mai 2026. J'ai suivi les deux matchs entre PSG et le Bayern presque intégralement à l'aller comme au retour. Deux matchs de très grande intensité. Je l'ai dit à Sera: le Bayern concède trop de buts. Donc defense perméable, goalkeeper en déclin, milieu de terrain deficient, lenteur à l'attaque. Des pertes de balle parfois trop faciles pour des professionnels grassement payés. Paris a compris cela et a enchaîné des contre-attaques dangereuses. PSG était compact, solide en défense, un gardien jeune et efficace, une attaque très rapide prête à semer le danger à tout moment dans le camp bavarois. La pression s'est établie dès les premières minutes. Stratégie parfaite. Bravo PSG. 

Le FCB a perdu cette demi finale parce qu'il n'a pas joué son jeu habituel, victime de son propre système de jeu. L'école de Cruyff Guardiola a fait son temps. 

La finale PSG vs Arsenal s'annonce dure et intéressant. Il n' y aura pas forcément du beau football. PSG possède un léger avantage, étant le champion en titre qui va tenter le doublé. Arsenal a démontré qu'elle est la meilleure équipe de ce Champions League. Clean sheet... Victoires et matchs nuls, aucune défaite. La légende veut qu'une équipe anglaise en finale gagne la coupe. Entre expérience et tradition, nous sommes devant un quitte ou double. Le suspense reste entier. Il y aura bien un vainqueur et c'est cela la beauté du football.

How are we doing?

"How are we doing?" This is the question or the greeting sentence Fr Omaris uses to start his Sunday homily at St Francis of Assisi, Barbados. The congregation appreciate it because it shows a proximity of heart and feelings, a whole of togetherness and  tight binding between the pastor and his christians. But there is more than just this yo say about the responses. 

"Good", "well" or "I am fine". I personally respond "surviving' and people are surprised, try to smile or just continue the conversation. And this is not usually the purpose of the question. All is protocol sofar. But there are many other surprising responses to the same question? 

"I can't complain", older or mature people say. Meaning I am good and it can't be any better. I take it as it comes. Senior people often add that "I wish it could be better".  Others invoke Gold's blessings and graces. "I am blessed by the grace of God". The most interesting I ever heard was from a colleague on campus who would great his friend by saying: 'Mussels" expecting the other to say the same word. The response depends on the place, the quality of relationship between the individuals, the level of speech (private, official, popular or even vulgar). The response comes out according to a certain protocol or social habit. 

"Are you still alive?", and the spontaneous response is: "Did you send somebody to kill me?". This agressive statement is sign of a very closed acquaintance. Violent words, but yet pleasant=and friendly. Please pay attention to the responses raised by the simple question "How are you" and you will be surprised. 

5 mai 2026

Education, oui mais quelle éducation?

Ecole coloniale? Les colons nous ont imposé un système scolaire pensé par eux pour les colonisés. Il y a des Congolais qui ridiculisent cet aspect au lieu de reconnaître que ce système répondait à leur mission principale. Il visait non pas le développement du colonisé, mais bien l'exploitation mentale et matérielle des colonisés. C'était l'éducation du "fais ceci fais cela", ou d'obséquosité. Le but était de comprendre les ordres du maître et de les exécuter. Pas plus. 

Ouverture au monde. J'ai suivi une interview du Père Ekwa, mémorable responsable de l'éducation catholique congolaise entre 1960-75 et plus tard président du Cadicec. Voilà un produit du système colonial qui, chiffres à l'appui, a admis les bienfaits de l'école occidentale. Celle-ci, selon lui, offrait la possibilité aux enfants africains de s'ouvrir au monde, de rivaliser avec les enfants du reste du monde entier. Fils de chef coutumier, il a bénéficié d'une éducation exemplaire qui l'a amené à devenir jésuite, c'est-à-dire membre d'une congrégation religieuse réputée pour la qualité de ses écoles et l'excellence de ses élèves. Je crois savoir qu'il a rendu d'énormes services à la nation congolaise. Contrairement aux radicaux révolutionnaires anti-coloniaux, le Père Ekwa a été de ceux qui ont opéré, avec un succès relativement remarquable, une transition raisonnable entre l'école du Congo-Belge et l'école de la RD Congo. Moi qui ai commencé la primaire en 1963, me situe dans cette trajectoire. Respect et gratitude. 

"A-t-on jamais vu une entreprise où l'on engage des philosophes?" Question apparemment comique par Mr Eliézer Tambwe, mais qui comporte une certaine vérité. Que fais-tu avec un diplôme de latin-philosophie? Je comprends d'où la question vient, mais je n'oserais jamais supprimer la section latin-philosophie du système scolaire. Ce serait pour moi comme renier ma propre formation, ma mission fondamentale d'homme et d'enseignant. A l'université des West Indies, j'ai été directeur de l'école des études supérieures ou école doctorale. On ne force pas le talent. Tout le monde n'est pas appelé à manipuler des machines ni à piloter un avion. Que deviendraient les artistes musiciens, comédiens, peintres ou sculpteurs? Et les sportifs, les médecins, les enseignants, les commerçants? Il faut du tout pour faire un monde, dit un adage. Les sciences humaines comme les sciences exactes sont utiles au pays. Au pays d'identifier et de privilégier ses besoins, et dès lors d'investir dans les domaines les plus immédiatment rentables. Au lieu de poser ou de résoudre cette question scolaire dans la mêlée, il y a lieu d'établir un plan bien ciblé à court ou à long termes, qui tenterait de résoudre synérgiquement tous les problèmes du pays. 

A une époque, l'examen de maturité orientait les élèves vers les différentes facultés universitaires. Déjà au niveau du secondaire, chaque enfant était guidé vers telle ou telle école, sélectionnée, technique ou professionnelle, selon ses aptitudes. Ngudia Miledi mia Khatu, ma défunte mère, me parlait de "kalasi dia kipati kia biodi" (classe de manioc trempé pendant deux jours dans l'eau) pour désigner l'école pédagogique de Kingungi. Suku et yaka peuvent comprendre cette expression. En fait, les colons avaient institué une formation accélérée d'une année des maîtres afin de pallier à la carence du personnel enseignant. A peine partis de Kimbau, les candidats revenaient de Kingungi une année après truffés du prestigieux titre de "maître".

Une école africaine pour les Africains? Une école congolaise pour les Congolais? Je n'en disconviens pas, mais à quelle condition? Le fait que l'école, dans sa forme actuelle, nous soit venue de l'Occident, n'en fait pas moins l'objet d'une critique interne ni d'une réforme constructive. Il ne s'agit pas de faire table rase de tout ce que les colons ont implanté chez nous, mais d'en discerner ce qui est bien et nécessaire pour notre développement intégral. L'école doit avoir pour objectif d'outiller l'élève avec des capacités utiles pour servir sa société, son pays. A l'état d'assurer l'administration et l'organisation de l'éducation nationale. Il s'agit d'intégrer judicieusement toutes les aptitudes dans un cercle national.

Frère Adolphe Vandal, fondateur du Lycée Mikembo

Une petite observation de ma part, Abbé Robert LUSILU BIPA :

Adolphe VANDAL UBA BOOS fut un religieux (Frère Joséphite de KINZAMBI) et non un Père, c'est-à-dire, prêtre. Il n'avait jamais donné son nom aux écoles qu'il créait.

Pour l'immortaliser, j'ai créé le C.S. Frère Adolphe VANDAL à KAMWENI/KOLOKOSO. A ce jour, une école "Institut VANDAL" est aussi implantée à KIMWELA/MASAMUNA.

Ce lycée commence à NZANZU sous le nom de MIGIEMBU, un village enclavé et difficilement accessible, avant de l'implanter à MASAMUNA sur la route nationale. Ce passé est-il aussi inclus dans le temps jubilaire ?

Il ne serait pas aussi inutile de comparer cette historique avec les écoles créées dans la foulée par le Frère Adolphe VANDAL : Institut MOKWEN/DUNDA, Institut WAKANA/KIMAFU, Lycée KIMWELA/TSAKALA-NZADI, aujourd'hui Institut MUSAKA à MUSAKA...

4 mai 2026

50 ans du Lycée Mikembo


 [10:18, 5/4/2026] kahiudimabana: J'y ai co-enseigné, avec Faustin Mampuya, la religion en 6e en 1978-79. Que des souvenirs! Merci de me reconnecter avec mon passé.

[10:25, 5/4/2026] kahiudimabana: Je crois qu'il y a erreur de date. Ce lycée a commencé en 75, nous étions en 6e. Et les filles sont venues à Kalonda animer lors d'une visite du commissaire de région Kabangu: "E tata Kabangu tumuyambi... Tumuyambi na Masi e na Kalonda na esengo"... 

Le lycée Mikembo fait en quelque sorte partie de mon parcours. C'est là que pour la première fois de ma vie je me tins devant des étudiantes pour enseigner un cours. J'ai déjà évoque ce passage sur ce blog. Il totalise 50 ans d'existence. J'imagine que l'année 1976 a été retenue comme celle de sa reconnaissance officielle par les autorités gouvernementales. Je me souviendrai toujours du Frère Vandal, joséphite de Kinzambi et fondateur de ce lycée comme d'autres écoles. La première fois qu'il est passé à Kalonda, l'abbé Firmin Kilunga nous a rassemblés au refectoire pour une prière spéciale des vocations. A l'époque, le petit séminaire de Kalonda n'avait pas encore produit aucun prêtre pour le diocèse de Kenge. Tel était l'objet principal de sa prière. C'est lui qui nous parla des 3 S: Sainteté, Sagesse et Santé, si ma mémoire est bonne. Frère Vandal a consacré sa vie au service de l'éducation, créant contre vents et marées, des écoles non viables et qui devinrent plus tard agréées par le ministère de l'éducation. 

Longue vie au lycée Mikembo. Je peux prétendre de figurer parmi les pionniers de ce lycée de Masamuna qui a acquis une bonne réputation au fil des années. Félicitations aux Soeurs de la Charité de Namur, aux différents préfets qui ont succédé à Mr Gilonga-Nzambi, aux collègues enseignants, aux élèves, au personnel administratif et pato qui ont oeuvré dans cet institut au cours des 50 ans. Je vais sans aucun doute envoyer une contribution symbolique aux festivités.  




3 mai 2026

Comment ça va? 2

La réflexion d'aujourd'hui fait suite à celle d'hier. "Comment ça va?" prend une signification spéciale en fonction de la personne à laquelle on s'adresse. Lorsqu'on sait quelque chose de la situation actuelle de la personne, la question devient spécifique. Depuis quelques jours, mon ami a sa soeur hospitalisée à Kinshasa alors que cette dernière vit aux environs de Kenge. Chaque jour qui passe, le "comment ça va?" prend une autre envergure. Cela veut dire: comment se porte la malade? comment évolue la maladie? quelles sont les nouvelles actuelles la concernant? Une polysémie variée mais marquée par le contexte du jour. La question demeure la même, mais elle prend une autre ampleur selon la date et le moment où est posée. Elle prend aussi une dimension selon qu'il s'agit d'un entretien oral ou écrit, d'un audio ou d'un appel vidéo. Le comportement et l'attitude sont différents en vertu des circonstances ambiantes.
"Comment ça va?" vaut plus qu'une simple question de santé. Elle s'étend sur tout ce qui concerne l'individu: sa vie, ses désirs, son succès, ses soucis, ses ambitions, son environnement. Oui, la réponse "ca va bien", c'est vraiment le résumé de la vie non seulement hic et nunc, mais Eaussi comment cela va évoluer dans les prochains moments. "Ca va bien ou mal" est la synthèse des différents sentiments qui traversent le coeur de l'individu interrogé. Souvent, c'est l'occasion de partager ensemble joies et peines, soucis et réussites, sympathies et solidarités. Un partage privilégié des événements vécus individuellement ou collectivement avec un sentiment d'appartenance à une même famille ou commuauté. C'est un moment de dévoilement de ce qui est vécu intimément dans son corps comme dans son esprit. C'est une invitation à la réciprocité existentielle, l'homme étant appelé à vivre ensemble ou en société. La vie se vit avec l'autre. Ainsi, "comment ça va" et "ça va bien ou mal" sont des expressions de solidarité, d'unité interpersonnelle et de cohésion sociale. 
"Comment ça va?" convoque un élément culturel important selon qu'on est en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie. Elle comporte des connotations subtiles et différentes selon le lieu où l'on se trouve. Le lieu de profération de la question impose des pesanteurs culturelles dont les locuteurs doivent tenir compte. Un supérieur peut poser cette question à son subordonné, mais pas le contraire. Ce serait un manque de courtoisie que de prendre l'initiative d'interroger son boss. Un fils ne la pose pas à son père; une femme ne la pose à son mari dans la société patriarchale, macho et marquée par un instinct excessif de masculinité. Autant des marqueurs différentiels qui imposent des modes de conduites à suivre. C'est une question d'ascendance hégémonique. 
"Allo Allo comment ça va? Allo Allo comment ça va?"   


2 mai 2026

Comment ça va?

Depuis notre tendre enfance nous entendions et entendons encore cette question après les salutations habituelles. Une question tellement banale qu'elle a perdu son sens et sa pertinence au fils des années. Une question tellement automatique qu'elle s'est transformée en un rituel dénué de signification. Cependant, depuis quelques temps, j'en ai redécouvert l'importance et toute la portée. 

De la routine à la réalité le cheminement a été long. En janvier 2017, j'ai souffert d'un mal de dos suivi d'une inflammation du nerf sciatique qui m'a cloué au lit pendant une semaine. C'est d'ailleurs la seule fois qu'en vingt cinq ans j'ai bénéficié d'un congé-maladie. Autrement, j'ai toujours travaillé sans interruption. Cette semaine-là et les mois suivants, j'ai senti non seulement le poids de l'âge, mais aussi le déclin de mes forces physiques. De nombreuses réflexions me sont passées par la tête. Me lever du lit ou de la chaise sur laquelle j'étais assis était devenu un problème. C'est là que s'est confirmé que la vie, fragile et éphémère, ne tient qu'à un fil. Aussi simple que cela puisse paraître. C'est alors que m'est revenu à l'esprit le rituel de la salutation. J'ai compris par mon corps la véracité de certains adages et prières debités souvent sans en connaître la profondeur.

"Comment ça va?" Ça me rappelle un film ouest africain, certes mais bien plus que cela. Il l faut écouter son corps: le corps parle et adresse des messages clairs auxquels il ne faudrait pas rester sourd. L'expression "ça va bien ou ça ne va pas" revêt une dimension plus profonde que la parole elle-même. Elle inscrit le locuteur dans la durée de la vie où dans le circuit de la mort. Se lever du lit ou de sa chaise devient un acte de triomphe. Se redresser sur son dos un exploit héroïque. Marcher debout le couronnement d'un mécanisme existentiel complexe et vital. Je sais de quoi je parle. La douleur qui empêche de disposer librement de son corps montre la finitude de l'homme et la conscience de sa vulnérabilité incommensurable. Des tragédies sombres et inavouées se vivent en nous, autour de nous et avec nous, parfois provoquées par nous. Mais là n'est pas notre propos d'aujourd'hui, bien que ce soit un sujet connexe.

Allo Allo comment ça va??? Donnez le pouls de votre état d'âme, d'esprit et de corps.