13 août 2026

48e anniversaire sacerdotal: Abbé Michel N'Gob

13 août 1978-2026: 48 ans de vie sacerdotale au service du diocèse de Kenge et de l'église. 48 ans de dédication, de fidélité, de persévérance, de courage, de zèle et travail ardu dans la vigne du Seigneur. C'est cela la beauté de la prêtrise. Félicitations abbé Michel Jr. Je rends spécialement grâce à l'Eternel pour l'abbé Michel: il a toujours été là pour moi. Je salue mon aîné, mon formateur, mon confrère et mon conseiller. 

Il est des rares aînés de Kalonda qui m'ont approché au petit séminaire de Kalonda, alors qu'il partait pour Kinzambi. Aux funérailles de l'abbé Innocant Mwela, il a raconté à mes aînés Dieudonné Mbuya et Onésime Kalala, en présence de Mgr Kwambamba et de Maître Matadiwamba, que je pleurais les premiers jours de mon arrivée à Kalonda. Lui qui allait à Kinzambi ne l'avait jamais oublié, alors que c'était un non-événement pour les deux qui ont continué de vivre avec moi. Je n'en veux nullement à mes mbuta, loin de là, mais je voudrais souligner l'attention que l'abbé Michel avait portée sur moi dès mes premiers jours à Kalonda. Chacune de nos rencontres était pleine de fraternité d'aîné à cadet. Cette même gratitude va aussi à son alter ego Jean René Singa, d'heureuse mémoire, avec qui il était ordonné le 13 août 1978 à Kenge. Comme tous mes collègues grands séminaristes, j'étais présent et au diaconat et au sacerdoce, témoin de ses engagements.

Chaque année en septembre, avant d'aller au grand séminaire en octobre, il effectuait le ministère au petit séminaire, enseignant de français et de religion. En 1973-74, il a passé une année de régence au petit séminaire de Kalonda avec son ami l'abbé Jean René Singa. Il était de l'équipe des formateurs avec les abbés Dieudonné M'Sanda, Oscar Makolo, Charles Kapende, JR Singa, les pères Charles Schwertz, Ben Overgoor SVD. C'est l'année où l'abbé Dieudonné a été nommé, sacré et intronisé évêque de Kenge. Et Kapsy est allé à Rome en septembre 1974. A  mon admission au grand séminaire en septembre 75, l'abbé Michel qui se préparait à commençer la 2e année de théologie à Jean 23, était le responsable du groupe des séminaristes qui traduisaient en kikongo le missel qui est devenu plus tard  Fukimina Mfumu. Plus d'une fois, je me suis rendu à Jean 23 leur rendre visite. Son ministère diaconal s'est aussi passé à Kalonda en 1977-78. Tout de suite après son ordination sacerdotale, l'abbé Michel a été envoyé en septembre 1978 pour des études de théologie morale à l'Académie Alphonsianum de Rome où enseignait le professeur Bernhard Häring, auteur de la Loi du Christ. Son mémoire de licence a porté sur l'abbé Marc Oraison. Pendant ma régence à Kalonda en 1978-79, j'apprendrai de Kapsy qu'il se surnommait Vangu. Je le retrouvai à Rome dès septembre 1979.

Je dois avouer que c'est à Rome que nous avons consolidé notre relation fraternelle. L'abbé Michel passait souvent nous voir au Collegio Urbano. Proche de nous tous, il était vraiment notre aîné, attentif à nos problèmes et prêt à intervenir quand il le fallait. Il m'a présenté auprès de Mgr Franck, secrétaire général des oeuvres pontificales missionnaires. J'ai vraiment apprécié cette proximité. Nous sommes restés liés. Je le retrouverai à Kenge en septembre 1982 comme coordinateur des écoles conventionnées catholiques de Kenge. Il sera mon mentor pendant mon année diaconale, c'est aussi chez lui que j'ai vraiment connu l'abbé Louis Nzala, plus tard évêque de Popo. Nous sommes restés proches jusqu'à ce jour. Le fait que j'aie renoncé au sacerdoce n'a rien changé à nos relations. Nous nous parlons souvent, discutons de tout en toute confiance et confidence. 

Voilà 48 ans passés depuis qu'il a été ordonné, comment ne pas le recommander à la bienveillance divine en ce jour merveilleux? Comment ne pas glorifier l'Eternel pour ces années de consécration à son service? Abbé Michel, Proficiat! Sois heureux, célèbre ton jour en union avec l'église et le diocèse. Félicitations Mbuta Mich!

Comment en sommes-nous arrivés là? 2

Une des causes principales de mortalité dans les villes congolaises, c'est la moto. Les wewa sont une catastrophe dans ce pays. Chaque jour qui passe compte des morts par accident de moto. Il suffit de voir ces motos circuler pour se rendre compte de l'irresponsabilité collective. 

Les autorités voient, les passants voient, tout le monde voit, mais personne ne fait quoi que ce soit pour endiguer le cataclysme routier. La police, n'en parlons pas, n'est là que pour rançonner... elle n'assure pas l'ordre attendu d'elle. Il y a quelques décennies, les villes congolaises ne comptaient presque pas de motos. A Kenge par exemple, entre 1982 et 1985, il n'y avait plus de 20 motos en circulation. Et j'étais l'un des motards, et j'ai eu un accident en juillet 1986, qui m'a laissé des égratignures indélébiles à ce jour. Je sais donc de quoi je parle. 

Hier la nuit s'est produit à Kenge un accident impliquant une moto guizi et une moto de marque chinoise. Excès de vitesse. Bilan: 3 morts dont les deux conducteurs et un passager; un quatrième est dans un état critique à l'hôpital; un seul s'en est tiré sans dégâts notables. Aujourd'hui Kenge compte plus d'un millier de motos chinoises de marque XPress et consorts. 

Pendant que j'écris ces lignes, j'apprends la mort par accident de moto du côté du Pont Wamba de John Bititi. Je connais John. Je l'ai eu comme étudiant en dernière année de français et langues africaines. Un brave étudiant. Quelle perte! Que son âme repose en paix. Les motos sont devenus une machine à tuer, pire que les armes ou les machettes des Mobondo. Elles menacent tout le monde. Chaque traversée de rue, chaque croisement, constitue un risque énorme. Le ministère des transports est défaillant. La mairie urbaine est défaillante. Une chaine de responsabilités est clairement identifiable. L'autosatisfaction des politiciens ne se justifie pas dans ce domaine.

Le problème est plus profond. C'est l'image même du pays tel qu'il fonctionné. L'impunité et le non respect de la loi. Des motards sans permis de conduire, sans casques, ivres, circulent librement sur Lea routes, tuent passagers et passants, dans un désordre incroyable. La vie du Congolais n'est pas valorisée, ni protégée. J'ai vu des autorités provinciales monter sur ces Motos, sans casques et même pousser Lea motards à aller plus vite dans une cité où les piétons n'omt pas d'espace. Le drame, c'est l'absence totale de régulation et d'ordre rigoureux. On dirait une tare viscérale. Nous avons le devoir d'interpeler nos autorités pour qu'elles assurent notre protection. 

Plusieurs fléaux - wewa, kuluna, bandits de grands chemins, coupeurs de routes, Mobondo, rebelles à l'est, milices rebelles - sèment l'insécurité dans notre pays. Les autorités sont gardées, escortées lourdement mais la population abandonnées à elle-même. La police n'est pas efficace ni sûre. Combien de compatriotes regrettent de s'ètre confiés à la police? Le sens de l'ordre fait énormément défaut, et cela à tous les niveaux. Il faudrait une refondation totale de notre société et des valeurs fondamentales. Nous vivons dans une société violente et aggressive, et la route et ses motos sont des lieux de mort. Revenir  sain et sauf à son domicile est devenu une gageure. Vivons-nous vraiment en paix? Je me pose cette question. Comment en sommes-nous arrivés là? 

10 août 2026

Comment en sommes-nous arrivés là?

Le Kwango a appris avec surprise la destitutiion du ministre provincial de la santé par le Gouverneur. Motif: Le ministre a adressé au gouverneur une lettre où il épingle le dysfonctionnement de sa gestion provinciale. La lettre est devenue virale à travers les réseaux sociaux. Le destitué dresse un bilan très critique de la gouvernance provinciale, exposant les coulisses du pouvoir. J'ai lu sur Facebook les réactions des uns et des autres. La majorité des personnes soutiennent la démarche du ministre déchu. Difficile d'être neutre ou objectif dans un cas pareil. Il ne me revient pas de prendre position pour le gouverneur ni pour le ministre, lesquels ont exercé des prérogatives qui leur sont dévolues. 

Je crois avoir mon idée personnelle sur les deux illustres personnalitès de notre cher Kwango natal. Pour l'illustrer, je reviendrai sur un épisode que j'ai retenu lors de notre colloque de l'APISPK (Association des Professeurs de l'ISP Kenge) d'août 2025. Le colloque a reçu un soutien financier d'un honorable kwangolais, que nous avions publiquement remercié, en présence de son excellence. Dans ses discours d'ouverture et de clôture du colloque, le chef du Kwango a insisté sur les efforts de développement menés par le Président de la république. "Nous politiciens, nous sommes très sensibles " (sic). J'ai alors compris que le monde politique fonctionne différemment du monde académique. Tout académique qui entre en politique devient un autre homme. Je suis apolitique.

Je comprends aisément le sens de cette destitution. En plus, c'est dans la ligne de ce que j'appelle la logique politique. On a beau critiqué notre cher gouverneur, mais avait-il un autre choix que d'écarter ce ministre récalcitrant? En intellectuel initié à la dialectique de Kant ou Hegel, je me réserve de poser les vrais problèmes soulevés dans la lettre du ministre dèchu. Des simples questions de transparence: où vont les recettes de la Dgrkwa et du Fonds de la santé? Où sont les équipements détournés? Pourquoi les agents provinciaux ne sont-ils pas payés? Comment le gouverneur peut-il nommer, muter ou révoquer des agents à l'insu du ministre  et sans consultation avec lui? Le ministre de la santé était certes dans ses droits de dénoncer cet état des faits et de revendiquer des meilleures conditions de travail, mais il a commis l'erreur d'accuser publiquement son chef de l'exécutif. Toute vérité n'est pas bonne à dire. Ou comme aurait dit Soki Vangu: "La vérité blesse". Et même encore faudrait-il que ce que le ministre affirme, soit vrai. Trêve de verbiage! En langage élégant, il a sollicité sa démission. Le gouverneur a sévi sans hésiter en le révoquant.  

Le plus grand perdant dans cette lutte de leadership, c'est le Kwango. Comment en sommes-nous artivés là?


8 août 2026

CM 2026 B

Cet article était écrit pendant la CM 2026 mais n'a pas été publié. 

L'ambiance de la Coupe du Monde est aussi époustouflante que par le passé. Nous revivons les émotions habituelles dans un même esprit. Déceptions et contentements vont de paire. On crie, on acclame, on chahuté, on passe par différents états d'âme. On chante, on pleure, on regrette, on vit les matchs avec ses yeux, son coeur et son être. C'est ça la magie du football. Un peuple entier se retrouve dans ces onze joueurs qui s'affrontent sur le terrain. Des messages de tout genre passe. On supporte telle ou telle équipe par sympathie on rejette t'elle autre par antipathie. Un seul joueur suffit ä vous entraîner à suivre de près une équipe nationale. Des fois on tient compte de la composition raciale pour jeter son dévolu sur un pays. On trouve une raison pour justifier son choix. Bref on passe par tous les sentiments. 

Personnellement, je vis le Mundial comme une véritable fête du football. Je dois avouer que rarement les équipes que j'aimais ont gagné la finale; et souvent ce sont les joueurs que je n'aime pas qui soulèvent la coupe. C'est un paradoxe personnel. D'où ma déception qui n'en est en réalité pas une. Car c'est finalement un évènement qui passe. Par contre, j'admire le beau jeu, la bonne circulation de la balle, les performances individuelles d'un point de vue sportif. J'admire particulièrement les bons défenseurs, et j'ai mon classement personnel de bons défenseurs de la CM. J'admire les joueurs qui ne lâchent pas la balle aux adversaires, qui démontrent un engagement convaincant, qui défendent leurs camps sans relâche. Je hais les indivualistes ni les dribbleurs égoïstes. Mais à la fin, c'est le résultat qui compte. 

8.8.83 à Katende-Kenge

Kenge, 8.8.83 . Le jour après l'ordination des 10, je suis descendu avec la jeep de l'abbé Denis Luhangu, au petit séminaire de Katende, invité pour un repas de gala. Pour la circonstance spéciale l'abbé directeur Séraphin Kiosi avait, en bon gourmet, fait rôtir au feu doux un porc mariné à de succulents ingredients. Manzanza, le cuisinier, avait réussi son coup de chef. Le frère Jean Baptiste Van Roiijen svd  avait apprécié. On célébrait les 4 diacres profs au séminaire qui étaient devenus prêtres: Flavien Busina, Jean Robert Mifuku, René Ngambele, et moi dans la foulée. Je n'étais pas affecté officielellement à Katende mais y allais enseigner l'anglais les weekends. J'étais donc invité à ce titre. Pas si vrai que ça. 

Dans l'après-midi, je suis revenu à Kenge pour célébrer ma toute première messe à Notre-Dame de la Paix. Là même où j'avais passé mon année de diaconat. La messe était prévue à 18 heures. Mes parents, ma famille, mes amis, les Soeurs Salésiennes, les postulantes de Marie Reine de la Paix de l'époque, et quelques fidèles curieux étaient présents. Ma toute première messe, célébrée avec une chasuble verte ramenée de Rome, etait une messe d'action de grâce à laquelle étaient associés mes proches. Une agape fraterna a suivi au Camp ONL organisée chez Papa Frederic Kayolo dans la soirée. Paix à tous les miens ! Ce fut une journée mémorable. Louange à Notre Dieu. 

J'anticipe la suite des événements. Comme nous, les nouveaux prêtres de Kimbau-Matari (abbés Flavien Busina, Tryphon Ilenda, Modeste Kisambu, Liévin M'Banga et moi) nous étions convenus de concélébrer nos prémices, nous  avons pris la route de Kimbau le 9 août. La messe de Kimbau eut lieu le 10 août 1983 à St François Xavier. J'ètais le célébrant principal, l'abbé Liévin avait tenu l'homélie. La seconde grand-messe eut lieu le 14 août à Matari, Sts Martyrs d'Ouganda. L'abbé Flavien était le célébrant principal, les abbés Modeste et  Tryphon s'etaient chargés de l'homélie et autres discours. Entre temps nous sommes célébré à Musengambawu: "Mambu imoneee, mambu imona. Walanda satana, mambu imona". A Matari, l'abbé Bwanana avait composé un chant qui a connu du succès, mais passé inaperçu plus tard. "Beto yamba banganga nzambi yampa, bantumwa ya Mfumu me tula na kati na beto, o nki kiese eeee beto pesa ntonda na Nzambi." Que des souvenirs! 

HBD Gaby

August 8, 2026. Happy Birthday Gabrielle Ilenda. God's Blessings and Grace to a great friend and colleague. Wishing her success in her present academic journey and a wonderful day. 

7 août 2026

7 août 1983: 43 ans de sacerdoce

Kenge 7 août 1983: ordination sacerdotale des abbés Flavien Busina, Benjamin Fala, Jean Pierre Gavuka, Tryphon Ilenda, Modeste Kisambu, Claver Mabana, Faustin Mampuya, M'Banga Liévin, Jean Robert Mifuku, René Ngambele. Douze diacres dit douze apôtres l'année précédente, dix prêtres en 83, deux ordonnés une année plus tard avec le groupe suivant. Cela fait aujourd'hui 43 ans. 

À ce jour quatre sont décédés entre-temps: Jean Pierre en 86, Benjamin en 08, Flavien en 10 et Faustin en 12. Que leurs âmes reposent en paix! Les quatre défunts furent mes compagnons de formation en théologie à Rome. La vie de l'homme ne tient qu'à un fil. Dieu l'a voulu ainsi. Gloire et honneur lui soient rendues en ce jour mémorable de notre vie. Pieuses et ferventes pensées pour nos amis dont les souvenirs sont à jamais gravés dans nos coeurs.

Le décès le plus surprenant pour moi était celui de Benjamin. C'était le 7 août 2008, jubilé d'argent. Je l'avais appelé pour le féliciter, son numéro ne passait pas. Alors que je m'apprentais à le rappeler, m'est arrivé un SMS annonçant, comme un couperet, sa mort: "Abbé Fala me fwa na Lonzo". Paix à son âme!

Félicitations aux abbés Jean Robert à Bruxelles, Liévin à Kenge, Modeste probalement à Kenge René à Bandundu, et Tryphon en banlieue parisienne. Braves serviteurs de Dieu et de l'église.  Comme toujours et chaque année je me joins à leur action de grâce pour célébrer les merveilles que le Maître de la Vigne accomplit dans leur ministère. Fidelité, zèle apostolique et persévérance car tout est grâce divine. Ensemble bénissons le Seigneur toujours et partout. 

Joyeux 43e anniversaire sacerdotal! 


5 août 2026

Kenge, 4 août 1974: Intronisation de Mgr M'Sanda

Kenge, 4 août 1974. Ce jour-là eut lieu l'intronisation de Mgr Dieudonné M'Sanda comme évêque du diocese de Kenge. Cela fait 52 ans aujourd'hui. Je n'étais pas présent, j'étais en vacances à Kinshasa mais j'étais informé des details par Koko Mayengo qui y était. Ce dernier disait avoir été son enseignant à l'école primaire à Kimbau avant qu'il fasse carriere dans la fonction publique. Avec le recul du temps, je me dis que j'etais trop jeune pour prendre une telle decision. 

Quand bien même je l'aurais voulu, je n'aurais pas eu les moyens d'y aller. Mineur et dépendant des adultes, je ne me suis même pas rendu compte de la portée historique de cet événement. Mes condisciples comme Mampuya, Olenga, Kiosi, ont servi comme porte-croix, thuriféraires ou acolytes. La prise de possession canoniquw était présidée par le Cardinal Joseph Malula en présence des évêques de la Province ecclesiastique de Kinshasa comme Mgrs Ndudi de Boma, Nzita de Matadi, Hoenen émerite de Kenge, Boeckart de Popo, Biletsi d'Idiofa, Mbuka-Nzundu de Kikwit, Tshibangu auxiliaire de Kinshasa, etc. Était notée aussi la présence des tout premiers prêtres formés à Mayidi. Je n'etais pas là, j'ai entendu, mais aussi et surtout j'ai vu les photos. 

Les autorités politiques étaient présentes; le citoyen Kiwewa, membre du bureau politique, avait représenté le Guide de la Révolution. Don d'une voiture Mercedes promise mais jamais livrée. C'est le secrétaire qui parle au lieu de se taire. Je n'ai rien dit. Le citoyen Kulumba avait présidé le comité d'organisation de la fête. Un incident a eu lieu entre les notables kwangolais qui a impliqué un vieux et un jeune entrepreneur  dont je tais les noms. Paix aux âmes de tout ce noble monde! Ce que je relate là, ce sont des souvenirs qui me reviennent à l'esprit et certains m'ont été racontés par Koko Sylvain Mayengo. 

La cérémonie avait lieu sur l'ancien terrain de football en face de la procure: cet espace est devenu le grand marché de Kenge. Le chant-fétiche de cette intronisation fut une composition de l'abbé Kinzamza: "Telame Mfumu, telameee mbayi-mbayi bantu kuditsikisa" superbement animée par l'abbé Barthelmy Binia alors secretaire du Cardinal, et le grand séminariste Félix Manzanza. Je n'étais pas là mais j'ai entendu les échos. 

Quelques semaines plus tard, lors de sa messe inaugurale au petit séminaire de Kalonda, le nouvel évêque ne manqua pas de s'enquérir sur les raisons de mon absence à l'intronisation. Je dois avouer que j'étais honoré et impressionné, qu'au milieu de tout ce tourbillon, Monseigneur s'en soit rendu compte. Je commencais la 6e et, comme mes condisciples, arborais fièrement le T-Shirt épiscopal sur lequel était imprimée sa devise: "Ut diligatis invicem" ou "Beno Tondana Beno na Beno". Enthousiasme spontané d'adolescent. J'avais apprécié cette considération paternelle. N'oubliez pas que je vis dans les mythes. Ce T-Shirt me rappelle un voyage Kalonda - Kenge avec l'abbé recteur Denis Luhangu (lui aussi en ce t-shirt) comme chauffeur, nous nous embourbés et enlisés au Pont Konzi alors en construction. Nous sommes en 1975, on construisait la route Kenge - Kikwit. Nous nous rendions à Kenge pour signer les souches des examens d'état. 

Voilà des vieux souvenirs réveillés du fond de ma mémoire... Que l'âme de Mgr Dieudonné M'Sanda repose dans la félicité éternelle du Pére Celeste. 


4 août 2026

Le moi de juillet

Le mois de juillet est marqué par des événements très significatifs. Mois de rupture et de continuité. C'est le mois oú j'ai vu mes parents pour dernière fois. Papa est mort en septembre 2ll07 et Maman en août 2012. Notre dernière rencontre a eu lieu entre le 28 ou le 30 juillet. Au premier, j'avais dit mes adieu, pressemtant une mort imminente. Pour Maman, je n'étais pas préparé même si des signes auraient pu me prévenir. Mois de naissance de Bea, Rigo et Louise d'heureuse mémoire décédée le 25 juillet 1994, le jour de sa naissance. Il y a d'autres événements, mais je préfère m'arrêter ici. Paix à leurs âmes! 

1 août 2026

Addio Francesco Baresi (1960-2026)

Con tanto dolore nel cuore ho ricevuto la notizia della morte di Franco Baresi, emblematico capitano dell'AC Milan degli anni 80-90. Per me è stato uno dei mei migliori difensori del calcio anche al livello del mondo. Vederlo gioccare mi faceba tanto piacere. Per lui difendere la sua squadra era un arte. A me piace molto vedere un gioccatore totale capace di fare la differenza con gli altri. Come io stesso gioccavo al numero 5 osservo con attenzione; e ci sono tanti che non mi piaciono perché perdono loro temperamente o si fanno prendre dal panico. Quelli che seguono questo blog sanno di chi parlo. In Italia amavo bene vedere Scirrea, Gentile, Maldini. Beckenbauer, Krol o Gerets appartengono alla mia lista dei difensori migliori della storia del calcio mondiale. Sono vecchio non parlo dei bambini di oggi. 

Addio Baresi. Ci mancherai molto. Grazie per ció che hai offerto all'AC Milan e agli Azzuri. Riposa nella peace del Nostro Signore. 

31 juil. 2026

Dialogue compliqué

Ce qui complique le dialogue des Congolais pour la paix, c'est la disparité des points de vue. Le pouvoir pose des conditions, l'opposition émet des exigences d'inclusion de tous les acteurs, les médiateurs (la société civile et les églises) tentent de calmer les passions. Les divergences et les agendas ne laissent en ce moment pas prévoir un bon climat de dialogue. Dans ces conditions, il est fort probable que les échanges n'aboutissent à aucun consensus et causent encore plus de tensions. Or les différents camps doivent faire des concessions, renoncer à une partie de leurs revendications; sans quoi, ce seront des querelles ouvertes et des dialogues des sourds.  

Le peuple congolais n'a pas besoin de tout cela: c'est la paix qui importe. Tout doit être fait pour que la RDC retrouve la paix et récupère l'intégrité de ses territoires occupés. Même là, l'entente est loin de se dessiner. Certains voient la cause de la guerre dans des brèches ouvertes par la Constitution, d'où la nécessité de la changer. Et donc retour du compteur à zéro pour le président en place. Les autres, perçant la ruse ou le piège, exigent le maintien de la Constitution sur laquelle se légitime le pouvoir et privilégient l'option de la paix en incluant toutes les parties au dialogue. Or justement ce serait ouvrir la voie à l'ancien président condamné à mort d'avoir droit au chapitre et de revendiquer un retour au pouvoir. Peut-on obtenir la paix sans inclure les rebelles au dialogue? Le pouvoir dit oui, et l'opposition dit non. 

Pour le patriote que je suis, ce dialogue qui tarde à se réaliser, constitue une perte de temps. Dans l'entretemps, l'ennemi fourbit ses armes et consolide sa main-mise pendant que l'on discute indéfiniment à Kinshasa. Bunagana, Goma et Bukavu sont pris depuis des années, il faut les récupérer par les armes. Le dialogue se révèle trop compliqué pour aboutir à une quelconque solution satisfaisante. Les accords de Doha et Washington n'ont encore rien donné de concret sur le terrain sinon une assomption des appétits étrangers pour l'exploitation de nos minerais. Donc aux Congolais de prendre leurs responsabilités.

La paix n'est pas là, et n'adviendra pas par miracle, encore moins par des paroles prononcées dans un hémicycle loin de l'Est. Les tueries de nos frères et soeurs continuent, les déplacements des populations ne s'arrêtent pas, et les pillages de nos matières premières s'accélèrent. Aux armes compatriotes! Pro Patria mori ! 

30 juil. 2026

Logique politique et logique rationnelle

Deux logiques se disputent actuellement la priorité pour résoudre le conflit entre les FARDC et l'AFC/M23. La logique politique soutenue par le régime en place va dans le sens de la conservation du pouvoir en isolant les rebelles. La logique rationnelle ou ok ndépendante se demande comment établir la paix si toutes les parties concernées ne sont pas à la même table. 

En fait, la question revient à la même chose: Faut-il changer oui ou non la Constitution? A cette question les opinions divergent diamétralement et les spécialistes du du domaine hésitent ou se contredisent. L'exemple des profs Mbata et Bob Kabamba montre que la rigueur scientifique est parfois sacrifiée à l'immédiateté. Plusieurs autres noms pourraient s'ajouter à la liste. Deux démarches qui risquent de fragiliser les objectifs fixés au départ. Je ne vois pas clair à ce sujet. Ces démarches devraient mettre l'intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout. Tel hélas n'est pas le cas. Un consensus doit être trouvé afin de garantir la pertinence des résolutions qui émaneront dudit dialogue congolais. Si non, ce sera juste un dialogue comme les précédents, rien de plus.

Ces deux logiques s'opposent également dans d'autres domaines, comme par exemple dans la gestion du secteur économique et financier du pays. Toutes les banques commerciales par lesquelles passent les salaires des fonctionnaires congolais ou les épargnes, voire les taxtes prélevées, appartiennent à des étrangers belges, israeliens, libanais, indiens, nigérians, kenyans, gabonais, ou camerounais. La liste n'est pas exhaustive. Ce constat a été fait depuis des années mais il ne s'affiche aucune intention de doter le pays de banques proprement  congolaises. Les milliardaires et millionnaires du pays préfèrent loger leur argent dans ces réseaux ruineux plutôt que d'investir dans la création d'instituts financiers congolais. 

Au vu des sommes énormes détournées impunément, on peut conclure que ce n'est pas l'argent qui manque. Des milliards sont dépensés hors du pays, parfois pour des futilités. L'exemple du ministre qui distribuait des milliers de billets d'euros au Château Rouge à Paris est encore dans nos mémoires. Investissons chez nous, n'attendons pas la manne de l'Occident ni de l'Orient. Créons des industries de transformation de nos matières premières. Le pays ne se développera tant que l'intérêt supérieur de la nation n'est pas privilégié. Nous avons le devoir d'interpeler nos dirigeants politiques et nos tycoons à ce sujet et de leur suggérer des pistes de solution. 

Si dialogue il y a, qu'il réponde aux aspirations de la population plutôt qu'à des contraintes ou agendas politiciens. Que tout soit mis en œuvre pour que la paix devienne une réalité, pour que cessent les souffrances infligées à nos compatriotes de l'Est. Pour moi, au-delà du dialogue, c'est la guerre qu'il faut préparer zar "qui tue par l'épée meurt par l'épée". 

26 juil. 2026

25 juillet 1935-2026: MDT aurait eu 91 ans

S'il avait vécu jusqu'à ce jour Mgr Dieudonné M'Sanda aurait fêté ses 91ans aujourd'hui. Mais il a tiré sa révérence à 66 ans, il y a 25 ans. Il a tellement accompli des choses en cet espace de temps que l'on est surpris de ses achèvements. Homme d'actions, il avait une vision, un esprit sage et de discernement. Il avait aussi des défauts et comme tout homme commettait des fautes. Et même beaucoup. Mais par-dessus tout, cet homme de Dieu avait des convictions solides et y tenait. Il allait au bout de ses projets, et savait résoudre les problèmes. Problem solving and critical thinking, comme on dit en anglais. J'ai un privilège de vivre à ses côtés et de profiter de sa sagesse. "Il m'a appris à travailler", ne cessai-je de répéter contre vents et marées. Mon pourfendeur, que dis-je, son pourfendeur conteste cette assertion. Soit. Pieuses pensées pour Mgr Dieudonné M'Sanda, évêque ordinaire de Kenge de 1974 à 1999. Que son âme repose en paix ! 

23 juil. 2026

23 juillet 1961: Ordination de l'abbé Dieudonné M'Sanda

23 juillet 1961-2026: il y a 65 ans était ordonné à la MC Kimbau par Mgr Lefèvre l'abbé Dieudonné M'Sanda, qui deviendra évêque de Kenge en 1974. Il est mort il y a 25 ans. Gloire et louange à Notre Dieu pour son humble serviteur. Que son âme repose en paix! Commençons par le commencement. 

J'avais 4 ans. Nous vivions au poste scolaire de Kabwita oú mon père Donatien était enseignant. Il y avait là d'autres enseignants comme Maîtres Paul Mayamba, Séverin Mayamba, Félicien Mubinzi, Sébastien Mavudila, tous d'heureuse mémoire. Je reconstitute l'histoire. Une ou deux semaines auparavant, Maman Christine alors enceinte s'est rendue à Kimbau pour l'accouchement. Papa a suivi pour assister à l'ordination de son ancien condisciple de Kimbau et Kinzambi. Papa et Maman reviendront ensemble, quelques jours après, avec un bébé nommé Rigobert. 

Fixons les dates. Rigobert est né le 21 juillet à la Foreami, et l'abbé Dieudonné a été ordonné le 23 juillet à la mission Kimbau. Quelques semaines plus tard, il sera baptisé à Kabwita par le père Wilhelm Otte SVD. Je me souviens de l'absence de mes parents et de leur retour à Kabwita. De la naissance de Rigo oui avec un détail: Maman avait mis une jolie robe colorée de fleurs rouges et blanches. De l'ordination et du baptème aucune idée. Je n'avais jamais entendu parler de l'abbé M'Sanda, par contre je voyais le père aumônier Otte à Kabwita pour son ministère. A chacun de ses passages les scouts présentaient des spectacles de chants et danses. Je garde en mémoire certaines chansons comme Luku mu kati mu lukwenda banioka bavula ou Avion kuna zulu diluta eee, animées par Papa Severin Mayamba, qui sera plus tard mon enseignant en 3e primaire à Kenge. Je conclus de ces recoupements que j'ai vécu l'ordination de l'abbé M'Sanda par le souvenir autour de la naissance de mon frère qui venait, de fait,  se joindre à Béatrice et à moi dans la progéniture. Un épisode familial émouvant. 

L'homme de Dieu, l'abbé Dieudonné M'Sanda, je l'ai vu pour la première fois le 1er septembre 1969 à Kalonda. Son parcours est bien documenté. 1961-63: Préfet de discipline à l'école normale St Jean Bosco, Kenge, enseignant de religion a l'athenée, aumônier au camp militaire. 1963:-65 Etudes de droit canon à l'Urbaniana de Rome. 1965: Enseignant de latin, religion et sociologie à Kalonda, recherche et ministère à Dunda. 1968: Doctorat en droit canon, affectation comme curé à St Hippolyte Bandundu, puis préfet de discipline au petit séminaire de Kalonda. 1969-74: Directeur du petit séminaire. 1974-99: Evêque du diocèse de Kenge. Décédé le 22 octobre 2001 à Bruxelles. J'ai volontairement omis d'évoquer sa vie et sa formation antérieures à l'ordination. En 2021-22 la Fraternité Marie Reine de la Paix formée des ex-religieuses MRP, a pris l'initiative d'honorer leur père fondateur, mais cette initiative n'a jamais abouti jusqu'à ce jour. Reporté  par le diocése de Kenge au mois de juillet 2026, rien n'est fait alors que ce mois s'achève. J'en parle parce que j'y étais invité.   

Je suis particulièrement attaché à Mgr M'Sanda pour avoir été son élève turbulent et dérangeur au petit séminaire, son grand séminariste à Mayidi et à Rome, son prêtre et secrétaire pendant cinq ans à l'évêché de Kenge. J'ai été proche de lui. J'ai subi ses humeurs et son autorité, je me suis parfois révolté; mais mon respect pour lui reste total et permanent. Mon départ du sacerdoce n'a pas altéré nos relations en dépit de quelques secousses. J'ai participé à ses grandes réalisations. Ma gratitude à son égard demeure profonde, immense. C'est pourquoi je ne rate jamais une occasion de témoigner pour lui. Ce blog est plein d'articles en son hommage. Respect et honneur mon cher Père Evêque! Repose en paix! Amen. 

19 juil. 2026

CM 2026: Viva la Spagna

L'Espagne est de nouveau championne du monde. C'était mon voeu. C'est pour moi l'équipe, la meilleure de cette finale. Je n'aime pas trop l'Argentine Blanche et Raciste, qui a anéanti sa population noire. J'admire cependant Lionel Messi, un joueur extraordinaire qui peut à lui seul changer la face d'un match. Mais sur le plan humain, il me parait froid. Je le respecte, car j'aime les bons joueurs. L'équipe d'Espagne a montré qu'elle est la meilleure. Même les statistiques ont donné 20 tentatives de but contre 2, que l'Espagne était de loin meilleur que l'Argentine acculée à la défensive. Dans les dernières minutes, l'Argentine en infériorité numérique a tenté de pousser pour un but, mais cela n'a pas suffi ni réussi. Victoire amplement méritée de la Roja. 

Je suis remonté à mon passage à l'Institut Goethe de Staufen en 1980, où nous chantions: "Viva la Spagna". Avec Padre Primitivo. Quarante six ans plus tard, le moment est bon pour célébrer la victoire avec ce pays. Bravo aux Argentins pour avoir résisté si longtemps, car ils auraient pu encaisser plus de buts. Le meilleur a gagné. Les Espagnols viennent de gagner leur second trophée mondial, après celui obtenu en Afrique du Sud, avec le fabuleurx but d'Iniesta. Viva la Spagna.    

17 juil. 2026

Les Noirs disparus d'Argentine?

L'Argentine, blanche comme le montre son équipe nationale de football, a jadis connu la présence des Noirs déportés d'Afrique comme esclaves pendant le temps colonial. Minoritaires certes, mais ils ont existé et existent encore. Mais ils sont invisibles, vivants à la marge comme des condamnés à la disparition, à l'extermination. En 2011, à une conférence organisée par l'UNESCO à Purdue University, Indiapolis, j'ai rencontré des membres de cette communauté exclue de la vie argentine. J'en ai parlé dans ce blog. J'avais les coordonnées d'une animatrice de cette communauté. Ci-dessous un extrait d'une revue en ligne qui en dit long sur le sort des Noirs.

"L’histoire de la population noire en Argentine rappelle enfin qu’un peuple ne disparaît pas nécessairement parce qu’il cesse d’exister. Il peut aussi être effacé de la mémoire collective, des statistiques, des livres d’histoire et de l’imaginaire national. Comprendre cette réalité permet de mieux saisir certaines interrogations contemporaines, y compris celles que suscite aujourd’hui la composition de la sélection argentine à la Coupe du monde."

C'est le sort des Noirs en Argentine. Déjà le 23 avril 2011, j'avais publié ce qui suit concernant le colloque de Purdue: 

"La qualité des interventions était très élevée et stimulante. J'ai appris beaucoup de choses. Mais c'est surtout deux rencontres qui me resteront à coeur: celle avec Lucia Charun-Illescas et celle avec Miriam Gomes. Charun-Illescas est la toute première écrivaine péruvienne d'origine africaine. Son roman Malambo est titré à partir d'un quartier de Lima où a été livrée la dernière cargaison des esclaves. Gomes est de nationalité argentine, professeure de littérature africaine et latino-américaine. Elle affirme qu'il y a en Argentine 2.000.000 de personnes d'origine africaine dont l'existence est officiellement niée. Elle m'a remis un DVD d'un festival "Argentina negra" qu'elle a organisé en 2010. Par leur activisme, Charun et Gomes essaient de donner la voix aux sans-voix de leurs pays respectifs. Coup de chapeau, les dames!"

(Sources: https://clavermabana.blogspot.com/2011/04/mon-sejour-purdue-university-west.html )

La MC Kimbau meurt

Tirons la sonnette d'alarme. La MC Kimbau, fondée pat le Père Allard SJ en 1916 meurt ou se meurt. Cette mission qui fût longtemps un fleuron du progrès et du développement est en train de disparaître de la carte un siecle après son avènement. Que s'est-il passé? Comment en est-on arrivé là? La toute dernière fois que je suis passé dans cette paroisse fût en mai 1987. Je n'ai pas pas participé au centennaire alors que, apparemment, j'y étais attendu selon ce qu'on m'avait dit. Les communications n'avaient pas bien fonctionné. Je le regrette quand même car je suis très attaché à mon passé. Ce que j'écris ici est subjectif et n'engage que moi. 

L'abbé Nestor Ilunga qui y est actuellement vicaire dominical et modérateur de la sous-paroisse de la Foreami (hôpital) a eu la gentillesse de me transférer des vidéos de ce qui reste de Kimbau que nous admirions au temps de sa splendeur. Septuagenaire dans presque une année, je suis né à Kimbau comme un bon nombre de mes frères et soeurs. Nos cordons ombilicaux y sont enterrés. Ce retour en images au bercail me touche profondenent. C'est de Kimbau que je suis parti au petit séminaire de Kalonda. C'est là que les abbés Liévin M'Banga, Flavien Busina, Tryphon Ilenda, Modeste Kisambu et moi-même avons célébré nos prémices en date du 10 août 1983. Et avant nous, y étaient ordonnés les abbés Denis Luhangu, en 1960, Dieudonné M'Sanda en 1961; Les abbés Firmin Kilunga en 1966 et Louis Nzala en 1972 y ont célébré aussi leurs prémices. Deux de nous sont devenus évêques, le premier de Kenge et le second de Popokabaka. D'autres ont suivi. Outre les abbés et les religieux, la MC Kimbau a formé une élite intellectuelle dont la réputation est allée au-delà de ses limites. Quelques leaders politiques et administratifs, quelques hommes d'affaires, des artistes, ont passé leur enfance et leur jeunesse dans cette havre de paix, de formation spirituelle et de vie sociale. Toutes les professions s'y sont initiées.   

Les missionnaires SJ et SVD qui ont fondé cette mission l'ont construite patiemment et l'ont dotée de toutes les infrastructures concevables à cette époque. Nous qui avons grandi avons vu la belle église St François le couvent des soeurs, la cure le centre de santé, les écoles des filles et des garcons, l'usine de l'huile de palme, la menuiserie, les quartiers Makwela et Lukela. Des vaches de Mawono paissaient paisiblement à travers les terrains de passepallum qui décoraient la mission. L'élevage bovin fournissait de la viande à la population et un service de métayage s'était développé. Nos parents ont pu acquérir des genisses pour leur propre compte. Les écoles de la brousse envoyaient leurs élèves du second degré à la mission à partir de la 4e primaire. Il y avait trois internats pour les élèves qui venaient des villages éloignés de la mission. La mission était vraiment vivante, en plein essor. De l'autre côté l'EPA et le centre agricole de Mvwamba assuraient l'exploitation des espèces végétales nécessaires pour l'alimentation. L'hôpital de la Foreami fonctionnait parfaitement, assurait les soins de santé et luttait contre les maladies et les épidémies. Je parle des années 1967-69. 

Cinquante ans après, c'est la désolation, la ruine et l'abandon. Tout a disparu, des instituts supérieurs (vétérinaires et agricoles) y sont pourtant ouverts qui sont moins équipés que les écoles primaires d'antan, dans les anciens locaux délabrés. La MC Kimbau est devenue méconnaissable hélas. Toutes les maisons du Makwela et du Lukela sont detruites sauf celle du directeur, la maison que j'ai habitée entre mes 10 et 12 ans. Elle tient encore, mais pour combien de temps? Un quartier s'est ajouté au-delà de ce qui servait de piste d'aviation,  initié fin des années 70 par Papa Vincent Hatika. C'est tout ce qui reste de Kimbau. Comment en sommes-nous arrivés là? Telle est la question que tout le monde se pose. Il y a des pistes de réponses, mais il ne me revient pas de les révéler de peur de susciter des polémiques inutiles. Les responsables sont identifiables, mais.... Nous avons dans notre pays un grave problème d'entretien. A tous les niveaux. Nous attendons que tout se détruise avant de penser à réparer. J'arrête là. 


16 juil. 2026

Travail commun

Travail commun ou en/de groupe. Appelez cela Teamwork si vous voulez. C'est un tres bon concept. très poussé et apprécié dans le monde du travail moderne. Spécialement dans le secteur des ressources humaines et du personnel des entreprises. Même dans la recherche scientifique, c'est à la mode. Il fait partie de l'excellence et de l'efficacité. Le travail de groupe possède et offre des atouts susceptible de favoriser la competitivité et la suprématie sur la concurrence. Des esprits motivés et mis ensemble sur un chantier produisent des résultats inattendus en un temps record. Tout est beau lorsque tout marche. Mais ce n'est pas souvent le cas. La simple bonne volonté ne suffit pas, encore faudrait-il réunir la bonne volonté de tout le groupe. Tous les membres du groupe de travail ne font souvent pas montre d'une motivation commune ni d'une détermination similaire. Les relations interpersonnelles  sont importantes pour réussir un travail d'ensemble. Pour une raison ou une autre, un membre peut tout bousiller et remettre tout le travail en question. Pas facile de s'imposer une discipline. Pendant que tout le groupe avance, il y en a un qui traîne les pas,  brouille les pistes ou sabote l'effort communautaire. Certains sont profonds et concentrès tandis que d'autres restent superficiels, désengagés ou démotivés. Des situations que le comducteur ou le meneur du groupe doit gérer avec prudence et sagesse. Et le leadership n'est pas facile; il est exigeant voire parfois humiliant.

Dans ma vie, au fil de mes responsabilités, j'ai eu très jeune à affronter des situations de gestion des sensibilités et des conflits. Des fois avec succès, mais souvent sans réussite. J'ai appris le leadership à mes dèpens, dans la douleur et l'épreuve. Ma première responsabilité au petit séminaire a failli causer mon renvoi si je n'avais pas été défendu par le préfet de discipline. J'ai appris la leçon: un leader est une personne seule au milieu de la masse qui l'entoure. La cause est commune, mais on l'assume seul malgré la communauté d'idées et d'agendas. Groupe oui, mais un seul le mène. Collaboration oui, mais responsabilité. Le maître d'hôtel doit savoir arranger un lit et nettoyer une chambre d'hôtes. C'est au grand séminaire que j'ai mieux évaluer le sens de la responsabilité. Ce n'est pas exécuter mais  faire exécuter. C'est guider, orienter, donner une vision. Et la personnalité du meneur est capitale pour la réussite du projet envisagé. Le beau parleur vous captive sans rien réaliser. Je suis passé par plusieurs épreuvequi m'ont durci le coeur et m'ont forgé la personnalité que je  prétemds avoir aujourd'hui. En réalité je demeure l'enfant timide maia têtu que personne n'a jamais ébranlé. Toujours égal à moi-mê

15 juil. 2026

Au Mundial 2026

Arbitrage. Je suis d'accord avec l'utilisation du VAR lors des matchs de football, mais il est utilisé de façon discriminatoire. Les Belges auraient dû bénéficier d'un penalty sur un retrait de De Bruyne contre l'Espagne. Le but de Yamal Lamine a été annulé contre la France pour un hors-jeu trés contestable. C'est à ce niveau que j'ai un problème. Dans les deux cas, le VAR aurait tranché. Deux poids deux mesures. 

Pendant que je suivais la Denise finale Espagne vs France, j'ai eu un échange de commentaries avec Séraphin à Lyon:

- Je ne vois pas la France gagner ce match contre l'Espagne, ai-je dit

- Ce sera très difficile. L'Espagne domine sur tous les flancs, a confirmé Séra.

- C'est un jeu à la Barcelona. L'erreur serait de les laisser pratiquer ce jeu: il faut le casser

- C'est justement là le problème. Comment neutraliser ce jeu? Mission presque impossible. 

- A cette allure, l'Espagne maitrise le match. Équipe parfaite, circulation du ballon comme à l'entraînement. 

Etc. Le match s'est achevé sans surprise: 2 - 0. L'erreur des Français, c''est d'avoir trop misé sur Mbappé au detriment de Dembele. Le seul joueur à avoir frappé deux ou trois tirs cadrés. Les Espagnols ont mérité leur victoire et jouerint la finale contre le vainqueur Argentine vs England. La surprise reste... 

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12 juil. 2026

Leçons de la CM 2026

J'ai relativement bien observé cette Coupe du Monde 2026. J'ai constaté que le football a beaucoup changé en termes de qualité et d'occupation du terrain. Les équipes les plus performantes gèrent bien la fin des match en général. Les quatre équipes nationalesbqui s'affrontent en demie finale y sont parce qu'elles ont joué leur jeu à la fin du match. J'ai l'impression que certaines équipes ne croyaient pas à leur victoire possible alors même qu'elles menaient au marquoir. La RDC aurait pu éliminer l'Angleterre si les joueurs y avaient cru.  Tout comme le Maroc. 

On parle certes d'expériences, mais les jeunes qui sont sur le terrain sont dans la même rangée d'âge. Les Suisses auraient pu battre les Argentins si Embolo ne s'était pas fait prendre une carte rouge. Et le jeu a tout de suite changé d'allure. En avantage numérique les Argentins avec un Messi plus actif à la fin ont poussé jusqu'à marquer deux buts dans les prolongations. L'erreur est de jouer à la défensive. C'est justement cela le risque. Une équipe qui défend ne marque pas et celle qui attache s'ouvre des opportunités de but. La meilleure défense c'est l'attaque. Autant de slogans sages mais qui s'appliquent rarement sur le terrain.

Pour moi, le joueur qui pratique le meilleur foot, c'est l'anglais Jude Bellingham. Je le suis depuis Madrid. Infatigable, motivé, il ne lâche rien et s'engage sur toutes les balles. Ce qui cause beaucoup de cartons et de blessures. C'est le joueur par excellence, aussi bon en attaque, au milieu comme en défense. De nulle part, il peut créer un but.

Tous les cas de figures sont possibles. Une finale: France vs Argentine, Angleterre vs France, Espagne vs Argentine ou Espagne vs Angleterre. A ce niveau chaque équipe peut battre l'autre. C'est ici que la créativité d'un Messi ou d'un Bellingham peut aider. Pour la France, on privilégie Mbappé mais Dembelé pourrait bien faire l'affaire. L'Espagne est plein de talents à tous les postes. Le pronostic officiel est le suivant: 1. Argentine 2. Espagne 3. France et 4. Angleterre. Le mien est plutôt subjectif: 1. Espagne 2 France 3. Angleterre et 4. Argentine. C'est beau de pronostiquer, mais tout se joue sur le terrain de foot.

L'arbitrage laisse parfois à désirer. Les Belges auraient pu bénéficier d'un pénalty en seizième de finale... mais l'arbitre ne s'est même pas donné la peine de consulter le VAR. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet. Mais à la fin, en bon amateur de football, je souhaite que le meilleur l'emporte. Je féliciterai sans hésiter les vainqueurs.


Joyeux anniversaire Béa

Aujourd'hui ma soeur Béa célèbre son anniversaire. Paix, santé, joie et bonheur. Loué soit l'Eternel en ce jour merveilleux. 

Dans la grande famille, il y a l'anniversaire de mon neveu Daniel Bwangi. Meilleurs voeux. Il y a aussi une naissance ce jour. Le nom est encore tenu secret.

J'ai pris un Rhum and Coke pour célébrer ces beaux événements. De Kin me sont parvenus des vidéos de Béa au milieu de ses soeurs, ses enfants, ses petits-enfants, ses amis et ses belles-familles. Simple mais belle fête chez Jude. Ad multos annos! 

4 juil. 2026

Kinshasa: 3 juillet 1966

Le 3 juillet 1966 reste gravé dans ma vie comme la date où je suis arrivé pour la première fois à Léopoldville. Je venais de finir ma 3e primaire à St Frédéric chez Maître Séverin Mayamba De Piano. Papa était venu de Léo me chercher à Kenge. Très tôt, nous avons quitté Kenge-Desert à bord d'un Taxi Bus blanc qui appartenait à une nommée Madame Gentille. Je ne saurais dire si elle possédait ou louait ce vehicule. Cela fait 60 ans aujourd'hui. Ce voyage a plusieurs sens dans ma vie. 

Ce fut le premier plus long voyage que j'avais jamais effectué. La route Kin - Kenge, construite par une société aopelée Rwinga, venait d'être inaugurée. Elle était toute neuve, j'avais l'impression de voir des mirages comme lors d'un précédent déplacement vers Bukanga Lonzo. En effet quelques mois auparavant le père Henri Kimbungu SVD nous a conduits deux autres servants de St Esprit et moi à Lonzo. Je n'ai jamais su pourquoi j'étais du groupe. Bref, j'avais déjà expérimenté les douces secousses et fatigues de la route asphaltée. 

En chemin deux bacs sur Wamba et sur Kwango ralentissaient énormément le trafic. Il fallait compter au moins trente minutes à une heure d'attente avant la traversée. Ce n'était pas un problème. Les ponts sur Wamba et Kwango n'ont été installés que dix ans plus tard. Ce voyage constitue une découverte pour moi. Tous ces noms de villages qui sont devenus familiers aujourd'hui m'étaient parfaitement inconnus alors. Kabuba, Mongata, Mbankana, Mayindombe, Menkao, Nsele, Air Congo ou Ndjili, défilaient sous mes yeux d'enfant de 9 ans à une vitesse vertigineuse. La vue du nuage sur le fleuve Congo était digne d'une contemplation merveilleuse. Kin - Léo s'approchait dans sa majesté idyllique, j'étais curieux devant ce nouveau monde jusqu'alors inconnu.

Arrivés à la station finale, je ne sais où mais probablement sur le boulevard Lumumba au niveau de Ndjili, nous avons pris un taxi pour nous rendre à Isoke 102, commune de Kinshasa. Papa Delphin Kilumbu, alors en terminales à St Jean Bosco, est parti en taxi pour Kintambo chez Tata Mayika. Dès l'arrivée, Ya Thambu fut chargé de me laver à l'eau chaude dans le kikoso. C'est la seule personne qui m'ait jamais lavé, à part ma maman bien entendu. Faux, il faudrait ajouter Ya Matesa et Alphonsine Tuka, mes gardiennes à la liste. 

Mon tout premier séjour à Léopoldville récemment changé en Kinshasa - les gens disaient indisctinctement Léo et Kin - a été très intéressant en termes de découvertes. J'ai appris beaucoup de choses, et Papa a veillé à ce que je voie tout ce qui m'intéressait: le Jardin Zoologique, le Palais de la Nation, l'église St Pierre, le Stade Reine Astrid, le fleuve Congo, les trains, les bus, etc. Le tube "Mokolo na kukokufa" de Rochereau s'entendait dans les bars. Les habitudes familiales avaient changé. Papa m'accompagnait partout. Après la messe à St Pierre, on passait au stade Reine Astrid où j'ai vu un match Himalaya vs Mikado. Dans le quartier, je jouais au foot avec mes congénères. Papa s'étonnait de me voir saluer des copains dans les rues: "d'où ou depuis quand les connais-tu?" Une fois, Papa m'amena au Libre Service, un restaurant souterrain jadis réservé aux colons. Nous allâmes aussi à l'hôtel Memling rencontrer Mr Berger, responsable du CNP où Papa suivait sa formation pédagogique. A l'époque, le ministère de l'éducation nationale avait organisé un Centre National de Perfectionnement afin d'améliorer la qualité de enseignants. C'est là que Papa obtint le diplôme qui lui manquait pour devenir d'école. Que des souvenirs! 

Les dimanches, il y avait sur le boulevard courses de vélo avec comme vedettes Caro, Manzambi ou Nduka. Par dessus-tout j'ai vu à plusieurs reprises le président Joseph Desiré Mobutu en compagnie des présidents François Tombalbaye du Tchad ou Jean Bedel Bokassa de RCA. Très solennels et impressionnants cortèges avec la Garde Républicaine en tenue de parade. J'ai aussi vu le général Mulamba, alors premier ministre. A l'époque, les véhicules allaient dans le sens du Grand Marché. Mon séjour à Kin était trop tumultueux pour que je reste faire l'école à Kinshasa. C'est ce que Papa me révéla plus tard, car il y avait pensé. Cela m'aurait assurément déséquilibré. Soit. Je fus confié à la garde de Ya José Kimbuta pour le retour à Kenge. Peu de temps après, je commençai ma 4e primaire avec Papa François Butandu comme enseignant. 

60 ans se sont entre-temps écoulés... sans que les souvenirs aient disparu. À la vie! 

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CM: Viva Capo Verde

3.7.2026. 

Cap Vert vs Argentine : 2 - 3. Ce match a été d'une intensité unique. C'est le plus beau que j'ai vu. L'Argentine acculé à la prolongation a douté de sa qualification contre la modeste équipe du CV. Les Argentins ont certes gagné mais dans la douleur. Jamais jusque là j'ai vu une équipe faire marcher l'Argentine. Les Capverdiens ont joué sans complexe, avec rigueur et détermination. Ils se sont défendus et ont attaqué jusqu'à la fin du match. Une motivation exceptionnelle. Leurs deux buts sont le fruit d'un excellent travail tactique et technique. C'est vraiment le genre d'équipe que j'aime au football. Bravo les gars. Viva Capo Verde. 


2 juil. 2026

CM: Leçons du 16e

RDC vs Angleterre : 1 - 2. Côte d'Ivoire vs Belgique: 2 - 3. Croatie vs Portugal: 1 - 2. Scores identiques. Même scenarios. L'équipe perdante a marqué le premier but. Coïncidence assuréement. Seulement ici, c'est du foot au niveau mondial. Les scores des trois matches se sont établis à la fin du match dans les trois cas. Coincidences? Oui, tout est au niveau psychologique. Les équipes qui ont perdu auraient pu gagner ces matchs qui étaient d'ailleurs à leur portée. Seulement voilà. Alors que ces équipes s'attendaient à une victoire, tout a brusquement changé dans les minutes décisives de la fin. C'est là qu'on parle d'expérience. Il s'agissait de gérer le stress. A voir mes compatriotes, on aurait dit qu'ils étaient eux mêmes surpris par la facilité avec laquelle ils ont réussi à malmener la grande équipe d'Angleterre, deux fois championne du monde. Ce poids leur pesait sur la tête à tel point qu'ils ont dégainé au moment où il fallait rester vigilants. La pression adverse était certes forte, c'est à ce moment qu'ils auraient dû gérer le match au lieu de laisser l'équipe adverse constamment à l'assaut des buts. Et ça, au foot, ça coûte très cher. Les Belges ont marqué deux buts à la 86e et à la 89e minutes pour égaliser à 2 - 2. Jouer à la défensive est une erreur. La meilleure défense ne consiste-t-elle pas à attaquer? Subir plusieurs assauts des adversaires expose à des buts ou à des fautes imprévisibles. La fin d'un match de foot se gère: il faut se battre jusqu'au dernier coup de sifflet. Congolais, Ivoiriens et Croates, vous sortez la tête haute. Vous avez fait honneur à vos nations. Vive le Football.  

1 juil. 2026

RDC: 66 ans d'indépendance

30 juin 1960-2026. Il y a 66 ans, la République démocratique du Congo accédait à l'independance avec Mr Joseph Kasavubu comme président et Mr Patrice Emery Lumumba comme premier ministre. Jetons un coup d'oeil en arrière pour évaluer comment notre pays a évolué. Mon avis personnel est que jusque là nous n'avons jamais réussi à jouir de la paix, de la justice et du travail. En 66 ans jamais ou presque, notre pays n'a été vraiment en paix. Les bottes ont toujours bougé quelque part. Depuis la mutinerie des gendarmes katangais deux semaines après la proclamation de l'indépendance jusqu'à la guerre actuelle de l'AFC/M23 appuyés par le Rwanda, nous avons montré notre incapacité d'imposer la paix et de préserver l'intégrité territoriale. Quant à la justice, avec la dictature et la transgression des droits de l'homme, nous n'avons jamais réussi à établir un état de droit malgré la bonne volonté de nos gouvernants. Sur le plan du travail: plus 80% de la population sont aujourd'hui  des chômeurs, et donc soumis à la misère perpétuelle. Il n'y a pas d'emplois ni de création d'emplois. Nous préférons attendre la manne du ciel au lieu de travailler, recevoir des dons au lieu de suer pour notre pain quotidien. Et ceux qui ont un emploi, ne sont pas payés décemment. Pour illustrer cette confusion, une anecdote. 

Depuis quelques jours se lit dans les réseaux sociaux, la nouvelle selon laquelle un ministre congolais aurait été interpelé par la police française pour avoir distribué en pleine rue des centaines des milliers de billets d'euro en coupure de 50 et 100. Une distribution à la criéée qui a stupéfait les riverains du Château Rouge de Paris. Une enquête a été ouverte. Comment a-t-il eu cet argent? Un ministre congolais est payé grassement gros, était-ce son propre argent? Etait-ce l'argent du contribuable congolais? Arrogance ou cynisme alors qu'il y a dans ce pays nos familles qui vivent avec moins de 2 dollars par jour. Cela me rappelle l'histoire d'un parent à nous qui avait le moyeke, recevrait dans ses poches de l'argent par milliers qu'on devait dépenser tous les jours jusqu'à les finir. A la maison il y avait des fêtes à n'en pas finir. L'argent ne tarissait jamais. C'était dans les années 70. Ce grand-oncle est encore en vie, malheureux, misérable, âgé et malade, sans ressources. Il n'a même de cabane convenable. Un ami m'a dit que cette distribution publique de milliers d'euros obéirait à des rites sacrificiels. Allez-y voir. Le sieur n'en serait pas à son premier coup. Il aurait la effectué la même distribution à Rabbat, à Fez ou Tanger lors de la dernière coupe d'Afrique des Nations. On peut tirer plusieurs lecons morales de cet événement.

Au-delà de l'anecdote, c'est la réalité de notre pays aujourd'hui. Le pays est divisé, la partie orientale occupée par les étrangers rwandais qui s'en revendiquent l'appropriation et l'origine. C'est brusquement devenu la terre de leurs ancêtres. Donc le pays n'est pas uni, la guerre sévit entre les FARDC et les rebelles du M23/AFC. Dans la ville de Kinshasa, des milliers de personnes ont vu leurs maisons, les magasins ou étalages de vente détruits sans ménagement. Sans indemnisation ni compensation parce qu'elles auraient occupé des espaces interdits. Et pourtant, elles avaient acquis ces espaces en bonne et due forme avec documents cadastraux et permis de construire. Des milliers de personnes délocalisées vivent dans la rue. 

Justice, paix et travail.  Pas juste des mots, mais des réalités. Verrai-je ces accomplissements de mon vivant? Unissons-nous au lieu de nous diviser ou de nous combattre. Tel est le défi que je lance à nos autorités et à nos compatriotes !

29 juin 2026

Nos compatriotes

Nos compatriotes sont naïfs et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. 
1. Naïfs. Ils sont prêts à gober n'importe quoi sans critique ni discernement. Tout ce qui est entendu est cru comme parole de la Bible. La facilité avec laquelle ils admettent des choses fausses ou des incohérences me surprend souvent. On dirait des gens sans formation intellectuelle. Ils vivent on dirait encore dans un autre siècle. Impulsifs, ils cèdent aisément à la violence et à l'insulte simplement ils sont incapables de soutenir un débat contradictoire.
2. Immaturité. Le succès des charlatans et des prophètes improvisés réside dans une bonne manipulation des consciences. La sorcellerie déguisée en parole de Dieu a plus de succès que la pratique religieuse ambiante. Une femme qui a un litige de parcelle avec sa famille, se voit invitée à remettre le livret parcellaire sans se rendre compte qu'il s'agit d'une subtile escroquerie. Combien de pasteurs sont aujourd'hui accusés dans des tribunaux pour ce genre de forfaits ? C'est que beaucoup de gens croient au pasteur plutôt qu'à Dieu. Et souvent c'est trop tard que leurs yeux s'ouvrent et perçoivent la vérité en face. Immaturité et naïveté vont souvent ensemble. 

 

28 juin 2026

Ole Olé Olé RDC

Ousbekistan vs DRC : 1 - 3. 

28 juin 2026. FELICITATIONS aux LÉOPARDS de la RDC. J'ai suivi le match avec Jean Guy, Solange Kobey  et Mama Mapasa. Dès le début du match, je suis monté prendre douche parce que j'avais chaud, promettant que ce serait 1-0 à mon retour. J'avais juste parlé sans y croire. 15 minutes plus tard, A mon retour, Ousbekistan menait 1-0. Peu de temps après, Mbuku a marqué un but annulé par le VAR. Là j'ai vu une autre équipe des Léopards. Totalement différente de celle que j'avais vue  précédemment. Contre le Portugal Ils étaient timides. Contre la Colombie les Léopards n'ont pas joué, certains ont à peine touché la balle. Contre Ousbekistan j'ai une vaillante équipe des Leopards complètement transformée, motivée et osée. Malgré quelques de précision ou de précipitation, ils ont bien joué et gagné leur tout premier match de coupe du monde pour la RDC. Bravo les Léopards. Mission accomplie ! 

Qui l'eût crû ? Impossible n'est pas congolais, disait-on du temps de ma jeunesse. BRAVO RDC. 

26 juin 2026

RDC vs Ouzbekistan

Au vu des résultats des deux premiers matchs, les Léopards sont favoris sur papier. Et je lis ici et là des déclarations déconcertantes que la victoire des Léopards sera légendaire et qu'ils frapperont fort. Avec quelle attaque? Avec quel jeu? Si la RDC joue comme contre la Colombie, elle risque de perdre. Je dois avouer que je suis devenu très sceptique avec cette équipe. Hier Équateur a battu l'Allemagne avec moins de possession de balle. C'est le résultat qui compte. Les Léopards peuvent gagner s'ils optent pour un meilleur jeu collectif. La défense est bonne mais trop exposée aux assauts des adversaires. Ce qui donne des possibilités d'encaisser des buts. Il faudra absolument qu'ils attaquent. Pas d'autre miracle ni sorcellerie. 


24 juin 2026

Les déclarations de la conférence épiscopale

La toute première fois que j'en avais entendu, c'était en 1971-72. Ce fut l'année du conflit entre le cardinal Malula traité par Mr Madrandele de cardinal-caméléon et le président Mobutu montant en puissance. Année du changement du nom Congo en Zaïre, année de la suppression des cours de religion et des noms chretiens confirmant la laïcité de l'état. Élève au petit séminaire de Kalonda, je suivais l'évolution de la situation avec mes yeux d'un adolescent de 14-15 ans. Comme tous mes congénères. A l'occasion de ce différent état vs église catholique, les évéques avaient publié une déclaration qu'on devrait lire dans les églises. Le président avait interdit cette publication qu'il a traitée de "tract".  J'entendais ce mot pour la première fois Le train de la révolution était en marche, rien ne pouvait l'arrêter. Le recours à l'authenticité était déclenché avec des slogans du genre "olinga olinga te ozali na MPR" jusqu'à ce que ce parti est devenu parti-état. Ce n'est donc pas nouveau dans l'histoire de la RDC.

Je n'oublierai jamais comment nos formateurs nous avaient aidés à affronter cette réalité par la prière comme par une intelligente compréhension de l'histoire. A l'époque nous avions étudié la Révolution Française. Mutatis mutandis nous avions aussi compris que la Révolution Zaïroise touchait à tous les aspects de la vie. Il fallait remodeler le paysage religieux et culturel à l'image de propagande politique. Le mobutisme fut assimilé au christianisme. La tension était forte pour nous: nous éprouvions de la peur, subissions l'intimidation, notre avenir s'avérait plein d'incertitudes. Nous, en tant que séminaristes, envisagions une période sombre de notre pays. C'est ainsi que l'ordination à Kenge le 12 novembre 1972 de l'abbé Charles Kapende tomba pour nous comme un évènement décisif, qui a entre autres consolidé notre foi et notre vocation sacerdotale.  

J'évoque ce souvenir parce qu'il enrichit mon regard de littéraire sur le portable politique actuel. J'y vois beaucoup de similarités. Le scénario est identique à celui d'il y a 44 ans, seuls le script, les acteurs et les circonstances ont changé sur le portable. L'euphorie actuelle est telle que tout autre discours est jugé subversif, illogique, illégitime; que penser autrement ou penser le contraire est assimilé à faire acte d'opposition, voire de trahison. Des analystes indépendants ou neutres craignent la balkanisation du pays, mais cela ne semble pas arrêter le train du changement constitutionnel. 

Cette crise passera, sans aucun doute, avec son lot des marches et représailles. Le pouvoir dispose de tous les atouts pour effectuer le changement de constitution. Comme du temps de Mobutu ou des Kabila, et même avant l'indépendance, la voix de l'église catholique pèse de tout son poids. Les églises du réveil soutiennent dans leur élan prophétique et passionné le régime en place. En se plaçant au-dessus de la mêlée, de façon générale, les déclarations de la conférence épiscopale congolaise dérangent forcément le monde politique. D'où l'agitation qui s'observe. La mémoire est courte, retournons plutôt prier à l'église Sainte Anne. J'étais déjà né. L'histoire jugera. Attendons voir. Politica, politica, mani pulite.  


22 juin 2026

La CENCO a pris position

Samedi 20 juin 2026. La Conférence Episcopale Nationale du Congo s'est réunie en session extraordinaire du 18 au 20 juin 2026. Après avoir écouté les discours pro et contra, elle a pris position contre le changement de la Constitution de 2006. Aux points 7 et 8 les évêques congolais écrivent:

"7. Nous pensons quant à nous que tout passage en force dans cette direction comporte des risques énormes de balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d'une autre guerre civile est à à redouter. 

8. De tout ce qui précède, après un profond discernement, nous ne voyons ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité du changement de la Constitution. La priorité aujourd'hui en RD Congo c'est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l'unité et la cohésion nationale."

Et au point 12, ils demandent au Président de la République

"12. D'honorer le serment qu'il a prêté devant Dieu et la Nation, celui de respecter et de défendre la Constitution promulgée en 2006 (art.74). Agir autrement engagerait sa responsabilité personnelle et historique."

Les évêques congolais ont pris position. Et cette position contredit celle des tenants du pouvoir. Les jours qui vont suivre seront cruciaux, car les tensions sont très fortes entre l'opposition et le pouvoir. Prions pour que le sang des Congolais ne coule pas. Je suis certain qu'au bout du tunnel, le dialogue et la sagesse prévaudront.

20 juin 2026

Supporter l'Afrique du Sud ???

Je suis avec une certaine inquiétude ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud. Avouons que ce n'est pas la première fois, mais que le mouvement a cette fois pris une ampleur sans pareil auparavant. Certains gouvernements rapatrient leurs ressortissants; d'autres préfèrent observer ou user de la voie diplomatique. La chasse aux vilains étrangers qui sont allés prendre les emplois des nationaux risque de dégénérer en massacres rancuniers et unilatéraux. Le gouvernement sud-africain s'efforce de calmer les esprits, mais y réussira-t-il ? La date du 30 juin a été annoncée à tous les étrangers comme délai pour quitter le sol sud-africain. Les vidéos que j'ai vues montrent la violence dans les paroles et les gestes des agresseurs. Il y a franchement de quoi s'inquiéter. 

Moi qui ai vécu et vis la grande partie de ma vie hors de mon pays natal, je perçois très bien les sentiments par lesquels passent les étrangers d'Afrique du Sud. Ces Noirs qui ont subi l'apartheid des Blancs pendant près d'un siècle en sont aujourd'hui à chasser les autres Africains qui les ont pourtant soutenus dans leur lutte pour la libération. La solidarité de jadis n'existe plus entre Africains, du moins apparemment. C'est grave: où allons-nous? Où va ce monde où les valeurs qui nous ont guidés autrefois sont devenues obsolètes. 

A cause de la crise économique actuelle, les Sud Africains oublient le rôle que les autres Africains ont joué dans le processus de leur libération. En chassant les étrangers africains d'Afrique du Sud, ils brisent le coeur de l'Afrique, menacent leurs vies et leurs futurs. Chassés comme des chiens puants du pays de Mandela, les étrangers sont dans une situation déplorable, contraint d'abandonner travail, étude, affaires, biens immobiliers, investissements financiers. Qu'en est-il des familles mixtes, des réfugiés politiques, des étudiants, des investisseurs et autres immigrés qualifiés ? La situation est complexe.

Partir ou rester? Partir pour aller où ? Rester pour se faire égorger? Salus in fuga! Le départ serait la solution idéale mais pour finir où ? Le cas des nombreux dignitaires politiques qui s'y sont installés depuis des années mérite d'être suivi. Ce n'est pas l'état sud-africain qui chasse les étrangers, mais les communautés ethniques réunies dans des rallyes qui rappellent le sinistre temps de l'apartheid. C'est le même mouvement sauf que la cible a changé de peau. Que des Noirs s'acharnent à tuer d'autres Noirs me laisse sans voix, me heurte profondément. Nous sommes la seule race au monde qui ne s'aime pas. Résultat: les Africains ne soutiennent pas l'Afrique du Sud à la Coupe du Monde 2026. 

Mais moi, je supporte toute équipe africaine à ce Mundial, même les pays maghrébins et l'Égypte. Sauf si le match se joue contre la RDC. Que vive l'Afrique ! 


18 juin 2026

Leçon des premiers matchs de la CM 2026

Hier le Ghana a gagné 1 - 0 contre Panama mais n'avait que 37% de possession de balle. Les Léopards de la RDC ont fait match nul 1-1 contre le Portugal avec 25% de possession de balle. Leçon: bien jouer signifie marquer. Seul le resultat final compte, hélas. Le reste blablabla, zigzag inutiles. 

Les Ghanaiens ont eu une meilleure possession de balle que les Congolais, ils ont battu les Panamaiens sur une passe décisive dans les prolongations. Véritable balle de match comme au tennis. Les Portugais ont dominé les 5 premières minutes et marqué leur but sans que les Congolais ne touchent la balle. Ou presque. Je me suis préparé à subir une hecatombe. En fait, les Portugais ont contrôlé le match du début à la fin sans cependant arriver à concrétiser leur domination. Un seul coup de tête a suffi aux Congolais pour assurer le nul. Réalisme ou pragmatisme footballistique. 

Le spectacle est bien. Le beau jeu plait aux artistes et amateurs du foot, mais les but font la différence. En régle générale, ne joue bien que l'équipe qui marque des buts. Les passes multipliées dans les surfaces de réparation m'intriguent et m'ennuient personnellement. Plusieurs philosophies du football. Nous avons déjà vu une élégante équipe du Brésil perdre lamentablement contre une Manschaft efficace alors même qu'ils présentaient un jeu spectaculaire. A chaque équipe son jeu! C'est peut-être plus correct de penser comme cela. 

16 juin 2026

Révision ou non de la Constitution?

Réponse: Il y aura révision; le contraire m'étonnerait. Le camp de la révision ou du changement est tellement galavanisé pour soutenir ses positions que je ne vois pas comment l'opposition pourrait s'en sortir. Le pouvoir n'a cure du résultat pourvu qu'il arrive à obtenir la loi referendaire grâce à ses élus. Ils sont largement majoritaires au sénat comme au parlement. Dès l'apparition de l'Union sacrée et la cessation des accords signés avec le FCC de Kabila, l'opinion parlait déjà d'une possible restructuration de la loi fondamentale. Le pouvoir maîtrise le referendum et ses résultats. Tous les moyens matériels et financiers sont mis en oeuvre pour arriver à cette fin. L'opposition l'a très bien compris et essaie de contrecarrer ce qu'elle peut. La seule chose inquiétante, c'est le nombre de morts inutiles qui surviendront tellement la passion et l'intolérance sont exagérées. Chaque camp durcit ses positions. L'un a la police et l'armée; l'autre la rue avec tous les risques de dérapages qui sont impliqués dans ces affrontements. Les tensions sont trop fortes et ont dépassé le niveau rationnel. Des pasteurs envéniment la situation en réinterprétant faussement la Bible, en encourageant le pouvoir à éliminer les opposants. Pour moi, le sang des Congolais est sacré. Jamais je ne supporterai ni ne soutiendrai un massacre de mes frères et soeurs de sang. Et quiconque tue mon sang, quel que soit son rang, se disqualifie. Par contre je suis prêt à mourir pour ma patrie, si c'est le prix à payer. Ce sont mes convictions. Je suis apolitique, mais je n'encourage aucun leader politique à tuer, à trahir le Congo ni à souiller le sang congolais.  

Qui dit vrai?

Les declarations faites à la suite des incidents qui ont eclaté au sit-in de l'opposition montrent combien le desaccord est profond entre les partisans du pouvoir et deux de l'opposition. Tout serait mise en scéne. Martin Fayulu ne serait atteint d'aucune balle. Comme les autres. Il n'y aurait aucun mort, tellement la police s'est acquittée de son devoir avec professionalisme et compétence pour disperser moutons et crapauds. Ca c'est le coté pouvoir. Le coté opposition soutient le contraire. La tension est forte. Le discoura se durcit, et la verité ne sera jamais connue. Qui dit vrai? Tout le monde dit vrai, ou dit qu'il dit vrai. Tel est le paradoxe. 

J'ecris souvent dans ce blog que la politique est un art du mensonge. Tout eat de savoir à qui le mensonge orofite. Il y a des videos qui attribuebt la nationalité senegalaise iu camerounaide à Martin Fayulu. Moi j'ai connu Martin Fayulu en avril 90 chez sin cousin Véron a Bula Tshaka. Chez son vrai cousin, pas Péoé Kallé. Bien avant qu'ul entre en politique. Les reseau sont truffés de mensonges. En fait, c'eee sont les mensonges qui dirigent le monde. Si non il n'y aalurait jamais eu de ministerebde la justice. 

Qui dit vrai? Meme ce que je présente  comme verite serait mensonge. C'est pourtant ma vérité. 

15 juin 2026

La violence politique

Notre pays vit un tournant décisif. Le changement constitutionnel suscite une violence inédite. Ce qu'on craignait et qui était prévisible arrive actuellement. Le sit-in de l'opposition a provoqué des troubles d'une agressivité surprenante. Pouvoir et opposition s'accusent mutuellement. Le sang a coulé, des images circulent. Montages selon certains. Mais le sang a coulé. Martin Fayulu a reçu quelques éclats à la tête et à la jambe, dit-on. Quelle leçon en tirer? Le sang a coulé, il coulera encore plus si l'on n'y prend garde.

Le problème n'est pas la Constitution. C'est Les discours radicaux et violents qui se tiennent autour de cette question. Les passions sont tellement allumées qu'il devient impossible de les maîtriser. Les esprits sont tendus, surchauffés. Partisans et opposants s'affrontent inlassablement. La police tire à balles réelles, selon les vidéos que j'ai vues. Fake news ou montage ? Je ne saurais dire. A cette allure, les villes déjà minées par l'insécurité des Kuluna risquent de devenir des poudrières incendiaires ou des centres de guerres civiles.

Il est temps que ces dérapages meurtiers cessent. A cette allure le pays va à la dérive. Nous allons nous détester, nous poignarder,, nous entretuer comme des bêtes sauvages mues par une extrême férocité. Il est temps que les tensions soient apaisées, que nous nous s'assoyons autour d'une table pour épargner le sang du peuple et éviter des carnages inutiles.. A voir la cruauté haineuse dont font montre les masses déchainées par les passions, la crainte est forte le pays s'imploser et éclater en miettes. 

L'unité du pays, entamée depuis la prise de Bunagana, est gravement menacée. Patriotes, compatriotes, mettons nos forces, nos armes et notre sagesse au service de l'unité de notre beau pays. Nos aïeux nous ont légué ce pays pour que nous y vivions dans la paix, la justice et que nous travaillons à sa prospérité. Que cesse la violence politique ! 

14 juin 2026

Retrouvailles avec les Thomas de Fladungen

"Grüße aus Old Germany." C'est en ces termes que vient de se désamorcer un silence vieux de presque 20 ans. Oui le contact s'est coupé à mon arrivée à la Barbade. De régulier il est devenu temporaire ou occasionnel avant de s'éteindre définitivement. Pas si définitivement que ça. So ist das Leben. 

En remontant en arrière, je crois que l'introduction généralisée des téléphones  portables y a été pour quelque chose. Nous n'avons pas intégré ce moyen de communication dans nos contacts. Pendant une vingtaine d'années, nous échangions des lettres et des cartes postales à l'occasion des fêtes. Puis, ça a disparu en dépit de quelques emails essentiels. 

Les Thomas m'ont longtemps soutenu depuis mes années de Rome jusqu'à la prêtrise. Ils étaient toujours là pour moi. Tout était parti de ma rencontre en août 1980 avec leur fille Gabriela à Staufen, où ils étaient en vacances chez les Stecks. Moi, j'apprenais l'allemand à l'Institut Goethe. De fil en aiguille, j'ai aussi connu la famille Stecks à Münstertal. Et j'ai longtemps entretenu des échanges épistolaires avec ces Bavarois et Souabes. Combien de fois ai-je été à Fladungen? Plus de dix fois, c'est sûr. En 95 j'y ai amené le P Séra Kiosi alors missionnaire à Calavi au Bénin. Ce dernier leur a offert des statuettes d'équilibristes que les enfants de Gabi appelaient affectueusement "Séraphin". La générosité des parents, Inge et Roman Thomas d'heureuse mémoire, reste à jamais gravée dans mon coeur. Leur nom figure parmi les personnes remerciées dans ma thèse. Ils font partie de mon cercle fermé d'amis. 

De renouer aujourd'hui avec Gabi, Petra et Christoph, revient pour moi à remplir un devoir de mémoire et de gratitude envers cette famille.  J'en suis d'autant heureux que je remonte à quatre décennies de ma vie. Des messages sporadiques ont certes existé, mais pas de façon continue. Les années avancent, mais il y a un passé qui ne saurait être changé quoiqu'on fasse un effort de l'oublier, de le changer ou de l'embellir. C'est reparti.

13 juin 2026

Coupe du Monde 2026

Une anecdote. Lorsque j'étais à l'école primaire, le FC Santos de Pelé est venu à deux reprises jouer à Kinshasa contre les Léopards, l'équipe nationale nouvellement créée par le Président Mobutu. Une fois, ces derniers ont gagné contre l'équipe du meilleur joueur du monde de l'époque. Pour moi, écolier, la RDC était championne du monde. Et j'y avais cru dur comme fer, jusqu'à ce je découvre la réalité.

Kalonda, juin - juillet 1970. Je suis en train de finir ma première du cycle d'orientation. La Coupe du Monde se joue au Mexique. Nous la suivons à la radio. Je me souviendrai de la demi-finale entre l'Italie et l'Allemagne. Les missionnaires SVD sont en réunion. Ce soir-là, le père Henri Schwiss alors broussard à Matari sortait de la réunion pour s'enquérir du score. L'Italie s'était qualifiée pour la finale après prolongation. La finale était gagnée par le Brésil de Pelé sur un époustouflant 4-0, je crois.

Je commençais à comprendre le système d'organisation du football tant au niveau congolais, africain que mondial. Le TP Englebert Mazembe était déjà deux fois champion d'Afriques des clubs champions ou CAF, tout comme les Léopards. 

Juillet 1974, je me trouve au DAIPN à la Cité du Parti. C'est là que je suivis la finale Allemagne vs Hollande sur un écran géant. C'était d'ailleurs la toute première fois que je voyais un appareil téléviseur et suivais un match télévisé. Pour la petite histoire, lors de mon tout premier séjour à Kinshasa en juillet août 65, la télévision n'existait pas pour moi. Je n'en avais même jamais entendu parler. A partir des années 70, les amis qui séjournaient à Kin nous en parlaient. 

Depuis, j'ai suivi toutes les coupes du monde avec ses hauts et ses bas. Rarement j' ai été satisfait des résultats. En 78, j'étais au grand séminaire de Mayidi. Nous avons vu l'Argentine de Passarella battre la Hollande de Cruyff. En 82, j'ai suivi la finale entre l'Italie de Zoff et l'Allemagne de Breitner depuis Fladungen en Bavière. Des équipes comme le Brésil, la Hollande, l'Allemagne, l'Italie, m'ont toujours fasciné. Avec l'âge le rapport au foot a complètement changé, mais je reste très attentif au monde du football. 

Avant-hier alors que je me débattais avec la relecture d'un texte à publier dans la revue du Kwango, Séra Kiosi m'a appelé:
-  Salut Man, tu suis le match?
-  Salut Man, quel match?
-  Bèh Mexique vs Afrique du Sud. C'est l'ouverture du Mondial.
-  Je ne savais pas. J'ai tellement du travail que je ne m'en suis même pas rendu compte. 

Le Mundial 2026 voit le retour des Léopards de la RDC dans la cour des grands. Tout en assumant qu'ils n'iront pas loin, je salue déjà leur participation comme une renaissance du football congolais. Les favoris sont les mêmes: France, Argentine, Brésil, Espagne, Allemagne, etc. Les surprises ne manquent pas en foot, et il y en aura. Que le meilleur l'emporte. 





11 juin 2026

Incompréhension

Cher Claver,

Il y a quelques semaines, j'ai écrit à ma bien aimée que je constatais un regain d'amour et de confiance dans notre relation. Elle tenait à ce que je le lui expliqué dès qu'elle retournerait du boulot. Mais entre-temps j'ai pris le soin d'effacer ce message qui n'a pas été accueilli favorablement. A son retour, elle s'est inquiétée de ne pas retrouver le message qui faisait problème. Je lui ai indiqué que mon intention était de la taquiner. Cette réponse l'a mise hors d'elle-même : " Donc tes sentiments sont faux. Tu ne me prends pas au sérieux. Franchement, je suis choquée et deçue. " Cette attitude pour une taquinerie m'a terriblement offensé, car je ne m'y était preparé. Je l'ai vue sortir de son sac une chemise pleine de documents: "Ce sont les formulaires de divorce", s'est-elle écriéé triomphalement. Je suis resté de marbre, figé comme si je venais d'une autre planète.

Du plein d'amour au vide, le pas a été très vite franchi. Je crois vivre dans un film dont je suis sans le vouloir l'acteur principal. Tout cela pour avoir taquiné mon épouse. Pour quel motif suis-je en instance de divorce?  J'ai refusé de signer quoi que ce soit avant de consulter mon avocat. Le même avocat qui, jadis, nous aida à acquérir notre résidence. Des questions de toute sorte me passent par la tête. Je me perds dans la lecture du droit matrimonial. Je ne dors plus, l'insomnie est devenue mon lot de tous les jours. Et si elle me taquinait comme je l'ai fait? Trève de naïveté, mon gars! Ce serait un drame de mauvais goût. Et s'il y avait un autre, un amant ou un soupirant tapi dans l'ombre de ma femme? En attendant les conseils des avocats, mes journées et mes nuits deviennent des cauchemars. Et la dame prend plaisir à me déstabiliser, à me titiller comme pour me faire payer mon crime impardonnable. ??? 

Les jours sont passés sans qu'elle ne bouge ni ne se montre. Et soudain ,Eureka'. C'était un poisson d'avril en plein juin. Qui ou quoi croire? En tous cas, plus rien ne sera comme avant. 


10 juin 2026

Je sens le stress

La retraite est souvent entendue comme synonyme de farniente et de paresse. Un illustre professeur avait prévu de lire pendant sa retraite tous les livres qu'il n'avait pas eu le temps de lire pendant son temps professionnel. Eh bien au bout de cinq ans, il n'en avait lu aucun, tellement il était tiraillé à gauche et à droite, par ci par là, par ceci cela. Je le comprends parfaitement, quoique mon expérience soit différente, mais identique en termes d'occupation et d'engagement. 

La retraite pourrait être frustrante si l'on n'y prend garde. Se lever le matin sans un programme précis ni projet d'activité amène à des situations difficiles à gérer. Ne s'étant nullement préparé à avoir des journées vides, le risque est grand de se voir plonger dans l'alcoolisme pour combler les heures d'inoccupation. Le risque est sérieux de se perdre dans des activités auxquelles on n'a jamais été exposé auparavant. Créativité! Pour ma part,  je pourrais certes me réjouir d'avoir pris des enseignements au pays, de m'être intégré dans des structures savantes et professionnelles, d'avoir en quelque sorte tirer profit de mes responsabilités académiques et administratives de Cave Hill, mais le fait de ne pas éprouver du stress constitue un stress en lui-même. C'est vrai et faux à la fois. La trauma post-retraite forme une réalité qui pourait se révéler fatale.

Mon option pour un "give back to my home community" n'a pas été sans risques. En plus des enseignements, j'ai pris la noble décision de m'engager à fonds dans la publication d'une revue, la Revue académique du Kwango (RAK). Notre revue de l'Association des Professeurs de l'ISP Kenge (APISPK).  Mon expérience d'éditeur de trois collectifs m'a servi de repère et de motivation; et pourtant, je peine à respecter le timing de la publication du deuxième numéro de la RAK. En effet, le premier numéro a frôlé la catastrophe, faute de collaboration professionnelle avec l'éditeur.  Nous ne nous sommes vraiment pas entendus ni sur le contenu ni sur la forme. La préoccupation principale tournait autour des frais à payer. Les discussions concernaient plus l'argent que la qualité du travail. Le produit final était bâclé: de nombreuses coquilles, deux tables des matières sans pagination correcte, des surcharges de  corrections non élaguées, etc. En fait, l'ouvrage a été imprimé sans que nous ayons eu préalablement accès au fichier prêt à imprimer. Vous comprenez que ce souci soit la cause de mon stress actuel. 

Le présent numéro sera publié chez un autre éditeur. Les démarches utiles sont en cours car nous tenons à éviter les erreurs du passé, à ce que le rapport qualité prix soit satisfaisant. Je suis stressé. J'ai le stress. Normal quoi! 

8 juin 2026

Adieu Sœur Wivine Matobo

Message de Mr Rachidi Tsumbi reçu ce 8 juin 2026 à 6h02:

"Bonjour prof,

J'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de la sœur Wivine MATOBO, que j'ai connue à Kenge au Centre de Santé Saint Esprit. Je m'unis à la peine de toute sa communauté religieuse par la pensée et la prière. Que le Seigneur leur apporte réconfort, force et espérance en ces moments difficiles, et qu'Il accueille sa servante dans sa paix et sa lumière éternelles. Avec toute ma compassion." (Rachidi)

Mes sincères condoléances à sa famille biologique et aux Sœurs Salésiennes de la Visitation. Que son âme repose en paix !

La nouvelle m'est tombée brutalement ce matin. Juste une photo. Je savais depuis deux semaines, par sa consoeur Ghislaine, que Sr Wivine était malade, hospitalisée à HJ, Kinshasa. Voilà qu'elle est décédée aujourd'hui. Que son âme repose en paix.

Je garde de la Sr Wivine le souvenir d'une religieuse dans l'âme, qui a servi l'Eternel et son église jusqu'au bout avec foi et charité, avec zèle et dévotion. J'ai eu le privilège de la connaître déjà pendant sa formation au noviciat des Sœurs Salésiennes de la Visitation. A l'époque, les mercredis soirs, Mgr Dieudonné M'Sanda y célébrait la messe. En son absence, je m'y rendais quelques fois. C'est avec plaisir que, de retour à Kenge pour des enseignements à l'ISP, j'ai retrouvé la Sœur Wivine comme supérieure de la communauté Ntetembo. Lors de nos échanges, elle me rappelait des événements du bon vieux temps. En général, je dépose mon véhicule à Ntetembo. Elle m'a plus d'une fois invité à prendre un repas avec ses consoeurs. J'étais à Kenge le jour de son 60e anniversaire de naissance. Qui aurait crû qu'elle tirerait si promptement sa révérence? Pendant que j'écris cet éloge, j'apprends que la population de Kenge éplorée est rassemblée au couvent Ntetembo et rend un vibrant hommage à leur brave soeur infirmière du Centre de Santé Saint Esprit.

Merci Sr Wivine Matobo pour tous les biens que vous avez accomplis dans l'église, spécialement au bénéfice des malades et des familles démunies. Le Seigneur vous en revaudra. Ma Soeur Wivine, kwenda mbote na Kimfumu ya Nzambi. Amen. 

6 juin 2026

Heureux 44e anniversaire de sacerdoce

Diocèse de Kenge, 6 juin 1982-6 juin 2026: Heureux et pieux 44e anniversaire sacerdotal aux abbés Séraphin Kiosi, Noël Matonga, Albert N'Koy et Alexis Olenga. Ad multos annos! Louange à l'Éternel.

Retour sur le passé. Les abbés Noël Matonga et Albert N'Koy étaient de la promotion du PSK 1968-69, alors que les abbés Séra Kiosi et Alexis Olenga y sont arrivés en 1969-70. Quelqu'un m'a une fois posé de savoir comment ils se sont retrouvés ensemble jusqu'à être ordonnés ensemble. Très simple à expliquer. 

En 1974, le grand séminaire de Mayidi a été fermé sur décision des évêques de la CEPKIN pour sanctionner les désordres qui s'y étaient passé. Les grands séminaristes étaient renvoyés à leurs diocèses respectifs. Si ma mémoire est bonne,  Félix Manzanza et Robert Lemba mis à part, Firmin Mukwasa est allé en ministère à Matari; Fabien Ndindi à Banza Lute, Séraphin Mbenza et Benjamin Bwanana à Ito, Noël Matonga à Beno, Albert N'Koy à St Esprit Kenge.  

A l'ouverture de 1975-76, le diocèse de Kenge a réparti ses philosophes entre la Faculté catholique de Kinshasa et Mayidi. Ainsi Manzanza, Mukwasa, Mbenza, Bwanana se sont retrouvés à la FCK; et les autres Ndindi, N'Koy, Matonga se sont joints à notre promotion qui a inauguré la toute première 6e littéraire à Kalonda: Séraphin Kiosi, Alexis Olenga, Faustin Mampuya, Antoine Mindua, François Mapasu, Claver Mabana. Ceux de la FCK ont ainsi gagné une année, et ont célébré leur vêture lors de l'ordination diaconale des abbés Singa et Ngob en septembre 77. Le 6 août 1978, a eu lieu à Bandundu la prise de soutane pour Kiosi, Matonga, N'Koy, Olenga, Mampuya et Mabana. Régence en 78-79 à Kalonda pour Mampuya et Mabana alors que leurs condisciples sont admis en théologie au grand séminaire Jean 23, Kinshasa. 

Au final, les abbés Manzanza et Bwanana seront ordonnés prêtres en 81; les abbés Olenga, Matonga, Kiosi et N'Koy en 82; les rescapés Mampuya et Mabana en 83 avec les abbés Jean Pierre Gavuka, Jean Robert Mifuku, Tryphon Ilenda, René Ngambele, Flavien Busina, Modeste Kisambu, Liévin M'Banga et Benjamin Fala, promotion 1970-71. Signalons toutefois que les abbés JR Mifuku et René Ngambele sont de la promotion 1969-70. Une sorte de sélection naturelle s'est opérée au fil des années. Chacun a son propre parcours au sein de l'histoire collective de son groupe. 

Ce 6 juin 2026, encore une fois, heureux anniversaire sacerdotal aux abbés Albert, Alexis, Noël et Séraphin. Foi, sagesse, sainteté et persévérance!      

3 juin 2026

Le 3 juin : St Charles Lwanga et compagnons

Les saints martyrs d'Ouganda sont célébrés ce jour à travers le monde catholique. Pour nous qui sommes passés par le petit séminaire St Charles Lwanga de Kalonda ou Katende, ce jour reste spécial. Par un lien souterrain et émotionnel, nous le célébrons en groupe ou individuellement. Il s'opère une sorte de regressus ad uterum. Une véritable symbiose de l'apothéose, comme aurait dit l'abbé poète Kapsy d'heureuse mémoire. Où que nous soyons, nous nous retrouvons dans cette cellule magique pour nous ressourcer spirituellement. Jamais je passe cette journée dans l'anonymat. Je crie toujours "Kieleka Kiese ngwa", je chante l'hymne immortel qu'a inoculé dans nos coeurs le père/abbé Nicolas Berendts, le pionnier fondateur du PSK. Je pense aux formateurs, aux élèves et aux ouvriers qui ont contribué et contribuent encore à meubler l'histoire du PSK. 

Qu'un vibrant hommage soit rendu au vrai initiateur de Kalonda, Mgr Jan Van der Heyden SVD qui fut entre 1957 et 63 le préfet apostolique avant l'érection canonique du diocèse de Kenge. Je ne l'avais jamais vu de son vivant, je n'ai aucun souvenir de lui à part les photos officielles. Avec le recul du temps, j'aurais pu le rencontrer en Belgique ou en Hollande si j'en avais eu l'intention. Ensemble des SVD mentionne que le père Jan fut avec Van Gorp et Ben Van den Boom que j'ai vus, le tout premier missionnaire du Verbe Divin à arriver au Congo Belge en 1951. Tout premier supérieur de la SVD Congo, il posa les fondations sur lesquelles repose jusqu'à ce jour le DK. C'est lui qui négocia les limites territoriales du DK, organisa l'évangélisation, ouvrit des écoles à la suite des Pères Jésuites, érigea et construisit de nouvelles paroisses. C'est lui le supérieur qui se déplaça de Banningville pour s'installer comme ordinaire à la préfecture apostolique de Kenge, d'abord à Kenge 2, puis à Kenge 1. Il construisit la procure de Kenge. Et son oeuvre fut poursuivie par Mgr Franz Hoenen. Respect et honneur aux pionniers missionnaires de Kalonda. Je ne saurais pas les citer de mémoire tellement ils sont nombreux. Par contre je citerais volontiers Valentin Mudimbe qui y a enseigné en septembre 63, au même moment où je commençais le 1ere primaire à Mutoni. 

Notre alma mater a été transférée de Kalonda ä Katende après la cession de son site au grand séminaire philosophique St Augustin qui reçoit depuis octobre 1978 des séminaristes d'Idiofa, Inongo, Kenge, Kikwit et Popokabaka. J'étais régent avec L'homme Faustin Mampuya au PSK lorsqu'advint l'inauguration officielle du grand séminaire. Depuis ce temps, la route du philosophat de Mayidi fut fermée aux ressortissants du Grand Bandundu. Le déplacement effectif commença en 1980 sous la houlette des abbés Kapende et Singa. Ce dernier est considéré comme le fut Nico Berendts, le pionnier fondateur de Katende. Comme dans le cas précédent, l'initiateur est et restera Mgr Dieudonné M'Sanda décédé il y a bientôt 25 ans. J'ai eu le privilège d'être formateur dans les deux sites du PSK. Nous ne sommes pas cinq. Je citerais le père Ben Overgoor, les abbés Kapsy, Singa, Tamuzi, éventuellement Mundele et Kaloso. Il faudrait ajouter le Frère constructeur Jean Baptiste Van Roiijen SVD, qui avait refusé de travailler à Ngondi. J'étais témoin de cette décision car j'étais avec lui le jour où il s'est rendu pour la première fois à Ngondi alors que débutait le défrichage du site. Détail peut-être redondant, mais qui fait partie de mon histoire personnelle de Kalonda Katende. 

Vous avez dit Katende? Non, c'est moi qui dis Katende. Comme tout les anciens de Kalonda, je suis uni de coeur avec notre alma mater. Très fier d'être passé par le plateau vert "Kalonda mboka biso ahe ahe" comme on chantait au scoutisme avec CT Séverin Swadi de pieuse mémoire. Depuis 2017 que j'enseigne à l'ISP Kenge, je me suis rendu au moins cinq fois à Katende et à chaque fois je m'incline au cimetière des abbés parmi lesquels je compte des formateurs, des aînés, des amis, des cadets, des élèves. C'est mon monde. J'ai vu Katende à ses débuts, j'y ai enseigné entre 1982-85, j'y retourne de temps en temps. Dans mon univers, c'est le fief des amis Séra Kiosi et Benjamin Fala. C'est le lieu où reposent des êtres chers. Bien plus qu'une école, le PSK est un lieu de recueillement, de mémoire et de rencontre avec les "archives" du DK. Il ne me revient pas de juger la face que présente le PSK aujourd'hui. J'en laisse le soin à d'autres qui sont plus observateurs et éloquents que moi. Mon vœu est de voir ce petit séminaire, notre petit séminaire, remplir sa mission et son rôle de pépinière des vocations pour l'église. Que St Charles Lwanga intercède pour notre séminaire auprès du Seigneur. Telle est ma prière ce 3 juin 2026. 

Excellente journée et bonne fête patronale du PSK. "Chantez diables": Ngeye Karolo Lwanga, muna zulu ulemina. Brille au ciel St Charles Lwanga. Amen! Que vive le petit séminaire St Charles Lwanga!