13 août 2026

Comment en sommes-nous arrivés là? 2

Une des causes principales de mortalité dans les villes congolaises, c'est la moto. Les wewa sont une catastrophe dans ce pays. Chaque jour qui passe compte des morts par accident de moto. Il suffit de voir ces motos circuler pour se rendre compte de l'irresponsabilité collective. 

Les autorités voient, les passants voient, tout le monde voit, mais personne ne fait quoi que ce soit pour endiguer le cataclysme routier. La police, n'en parlons pas, n'est là que pour rançonner... elle n'assure pas l'ordre attendu d'elle. Il y a quelques décennies, les villes congolaises ne comptaient presque pas de motos. A Kenge par exemple, entre 1982 et 1985, il n'y avait plus de 20 motos en circulation. Et j'étais l'un des motards, et j'ai eu un accident en juillet 1986, qui m'a laissé des égratignures indélébiles à ce jour. Je sais donc de quoi je parle. 

Hier la nuit s'est produit à Kenge un accident impliquant une moto guizi et une moto de marque chinoise. Excès de vitesse. Bilan: 3 morts dont les deux conducteurs et un passager; un quatrième est dans un état critique à l'hôpital; un seul s'en est tiré sans dégâts notables. Aujourd'hui Kenge compte plus d'un millier de motos chinoises de marque XPress et consorts. 

Pendant que j'écris ces lignes, j'apprends la mort par accident de moto du côté du Pont Wamba de John Bititi. Je connais John. Je l'ai eu comme étudiant en dernière année de français et langues africaines. Un brave étudiant. Quelle perte! Que son âme repose en paix. Les motos sont devenus une machine à tuer, pire que les armes ou les machettes des Mobondo. Elles menacent tout le monde. Chaque traversée de rue, chaque croisement, constitue un risque énorme. Le ministère des transports est défaillant. La mairie urbaine est défaillante. Une chaine de responsabilités est clairement identifiable. L'autosatisfaction des politiciens ne se justifie pas dans ce domaine.

Le problème est plus profond. C'est l'image même du pays tel qu'il fonctionné. L'impunité et le non respect de la loi. Des motards sans permis de conduire, sans casques, ivres, circulent librement sur Lea routes, tuent passagers et passants, dans un désordre incroyable. La vie du Congolais n'est pas valorisée, ni protégée. J'ai vu des autorités provinciales monter sur ces Motos, sans casques et même pousser Lea motards à aller plus vite dans une cité où les piétons n'omt pas d'espace. Le drame, c'est l'absence totale de régulation et d'ordre rigoureux. On dirait une tare viscérale. Nous avons le devoir d'interpeler nos autorités pour qu'elles assurent notre protection. 

Plusieurs fléaux - wewa, kuluna, bandits de grands chemins, coupeurs de routes, Mobondo, rebelles à l'est, milices rebelles - sèment l'insécurité dans notre pays. Les autorités sont gardées, escortées lourdement mais la population abandonnées à elle-même. La police n'est pas efficace ni sûre. Combien de compatriotes regrettent de s'ètre confiés à la police? Le sens de l'ordre fait énormément défaut, et cela à tous les niveaux. Il faudrait une refondation totale de notre société et des valeurs fondamentales. Nous vivons dans une société violente et aggressive, et la route et ses motos sont des lieux de mort. Revenir  sain et sauf à son domicile est devenu une gageure. Vivons-nous vraiment en paix? Je me pose cette question. Comment en sommes-nous arrivés là? 

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