Ce qui complique le dialogue des Congolais pour la paix, c'est la disparité des points de vue. Le pouvoir pose des conditions, l'opposition émet des exigences d'inclusion de tous les acteurs, les médiateurs (la société civile et les églises) tentent de calmer les passions. Les divergences et les agendas ne laissent en ce moment pas prévoir un bon climat de dialogue. Dans ces conditions, il est fort probable que les échanges n'aboutissent à aucun consensus et causent encore plus de tensions. Or les différents camps doivent faire des concessions, renoncer à une partie de leurs revendications; sans quoi, ce seront des querelles ouvertes et des dialogues des sourds.
Le peuple congolais n'a pas besoin de tout cela: c'est la paix qui importe. Tout doit être fait pour que la RDC retrouve la paix et récupère l'intégrité de ses territoires occupés. Même là, l'entente est loin de se dessiner. Certains voient la cause de la guerre dans des brèches ouvertes par la Constitution, d'où la nécessité de la changer. Et donc retour du compteur à zéro pour le président en place. Les autres, perçant la ruse ou le piège, exigent le maintien de la Constitution sur laquelle se légitime le pouvoir et privilégient l'option de la paix en incluant toutes les parties au dialogue. Or justement ce serait ouvrir la voie à l'ancien président condamné à mort d'avoir droit au chapitre et de revendiquer un retour au pouvoir. Peut-on obtenir la paix sans inclure les rebelles au dialogue? Le pouvoir dit oui, et l'opposition dit non.
Pour le patriote que je suis, ce dialogue qui tarde à se réaliser, constitue une perte de temps. Dans l'entretemps, l'ennemi fourbit ses armes et consolide sa main-mise pendant que l'on discute indéfiniment à Kinshasa. Bunagana, Goma et Bukavu sont pris depuis des années, il faut les récupérer par les armes. Le dialogue se révèle trop compliqué pour aboutir à une quelconque solution satisfaisante. Les accords de Doha et Washington n'ont encore rien donné de concret sur le terrain sinon une assomption des appétits étrangers pour l'exploitation de nos minerais. Donc aux Congolais de prendre leurs responsabilités.
La paix n'est pas là, et n'adviendra pas par miracle, encore moins par des paroles prononcées dans un hémicycle loin de l'Est. Les tueries de nos frères et soeurs continuent, les déplacements des populations ne s'arrêtent pas, et les pillages de nos matières premières s'accélèrent. Aux armes compatriotes! Pro Patria mori !