Tirons la sonnette d'alarme. La MC Kimbau, fondée pat le Père Allard SJ en 1916 meurt ou se meurt. Cette mission qui fût longtemps un fleuron du progrès et du développement est en train de disparaître de la carte un siecle après son avènement. Que s'est-il? Comment en est-on arrivé là? La toute dernière fois que je suis passé dans cette paroisse fût en mai 1987. Je n'ai pas pas participé au centennaire alors que, apparemment, j'y étais attendu selon ce qu'on m'avait dit. Les communications n'avaient pas bien fonctionné. Je le regrette quand même car je suis très attaché à mon passé. Ce que j'écris ici est subjectif et n'engage que moi.
L'abbé Nestor Ilunga qui y est actuellement vicaire dominical et modérateur de la sous-paroisse de la Foreami (hôpital) a eu la gentillesse de me transférer des vidéos de ce qui reste de Kimbau que nous admirions au temps de sa splendeur. Septuagenaire dans presque une année, je suis né à Kimbau comme un bon nombre de mes frères et soeurs. Nos cordons ombilicaux y sont enterrés. Ce retour en images au bercail me touche profondenent. C'est de Kimbau que je suis parti au petit séminaire de Kalonda. C'est là que les abbés Liévin M'Banga, Flavien Busina, Tryphon Ilenda, Modeste Kisambu et moi-même avons célébré nos prémices en date du 10 août 1983. Et avant nous, ik y avait les abbés Denis Luhangu, en 1960, Dieudonné M'Sanda en 1061, Firmin Kilunga en 1966 et Louis Nzala en 1972. Deux parmi nous sont devenus évêques, le premier de Kenge et le second de Popo. D'autres ont suivi. Outre les abbés et les religieux, la MC Kimbau a formé une élite intellectuelle dont la réputation est allée au-delà de ses limites. Quelques leaders politiques et administratifs, quelques hommes d'affaires, des artistes, ont passé leur enfance et leur jeunesse dans cette havre de paix, de formation spirituelle et de vie sociale. Toutes les professions s'y sont initiées.
Les missionnaires SJ et SVD qui ont fondé cette mission l'ont construite patiemment et l'ont dotée de toutes les infrastructures concevables à cette époque. Nous qui avons grandi avons vu la belle église St François le couvent des soeurs, la cure le centre de santé, les écoles des filles et des garcons, l'usine de l'huile de palme, la menuiserie, les quartiers Makwela et Lukela. Des vaches de Mawono paissaient paisiblement à travers les terrains de passepallium qui décoraient la mission. L'élevage bovin fournissait de la viande à la population et un service de métayage s'était développé. Nos parents ont pu acquérir des genisses pour leur propre compte. Les écoles de la brousse envoyaient leurs élèves du second degré à la mission pour la 4e primaire. Il y avait trois internats pour les élèves qui venaient des villages éloignés de la mission. La mission était vraiment vivante, en plein essor. De l'autre côté l'EPA et le centre agricole de Mvwamba assuraient l'exploitations des espèces végétales nécessaires pour l'alimentation. L'hôpital de la Foreami fonctionnait parfaitement, assurait les soins de santé et luttait contre les maladies et les épidémies. Je parle des années 1967-69.
Cinquantrle après, c'est la désolation, la ruine et l'abandon. Tout a disparu, des instituts supérieurs (vétérinaires et agricoles) y sont pourtant ouverts qui sont moins équipés que les écoles primaires d'antan, dans les anciens locaux délabrés. La MC Kimbau est devenue méconnaissable hélas. Toutes les maisons du Makwela et du Lukela sont detruites sauf celle du directeur, la maison que j'ai habitée entre mes 10 et 12 ans. Elle tient encore, mais pour combien de temps? Un quartier s'est ajouté au-delà de ce qui servait de piste d'aviation, initié fin 70 par Papa Vincent Hatika. C'est tout ce qui reste de Kimbau. Comment en sommes-nous arrivés là? Telle est la question que tout le monde se pose. Il y a des pistes de réponses, mais il ne me revient pas de les révéler de peur de susciter des polémiques inutiles. Les responsables sont identifiables, mais.... Nous avons dans notre pays un grave problème d'entretien. A tous les niveaux. Nous attendons que tout se détruise avant de penser à réparer. J'arrête là.
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