10 mars 2026

L'état de notre pays

Chaque fois que je rentre au pays, je suis surpris par la vie de plus en plus difficile que mènent les nôtres. Je ne parle pas de la classe politique ou financière qui se la coule douce. Je parle de Monsieur et Madame Tout le Monde. Qui se lève chaque matin sans savoir s'il aura l'eau et l'électricité, s'il aura ámanger et à manger, si une fois sorti de chez lui il y reviendra sain et sauf. Autant des questions et des problèmes de sécurité, de santé, de transport ou de bien-être qui se posent inlassablement au quotidien. Ce monsieur ou madame tout le monde est celui qui attire mon attention. Je ne pose pas la question de savoir comment nous sommes gouvernés, mais comment nous allons survivre face aux défis du moment. Je ne vois rien de concret sur le terrain. Tout est compliqué. L'insécurité est flagrante: motos wewa ou kewezeki, ketchs, kuluna constituent des menaces permanentes à notre sécurité. Le trafic n'inspire pas confiance et ne donne aucune envie de bouger. Prenez votre voiture, allez en ville, vous serez tracassés par d'impitoyables agents routiers qui inévitablement vous soutireront de l'argent pour une infraction que vous n'aurez pas commise. Prenez la route du Kwango. Sortir de Kin est déjà un calvaire, des embouteillages monstres qui vous usent avant même d'arriver à Nsele. Priez votre Dieu qu'aucune panne ne vous surprenne en pleine brousse. Cle fife des Mobondo. Comment en sommes-nous arrivés là? 

Observez la jeunesse pendant ce temps. Les jeunes scolarisés sont reconnaissables par les uniformes. Les étudiants du supérieur se confondent avec la foule de badauds. Les autres sont chômeurs, vendeurs à la criée ou baladeurs de marche ou de hors de rues. Les jeunes filles vendent des beignets ou des chikwangues lorsqu'elles ne s'adonnent pas au vieux métier. Bref une jeunesse sans espoir ni vision d'avenir. Tableau sombre certes, mais réaliste. Une société pourrie et sans repères. Hier je parlais de pasteurs trop nombreux à mon sens. Eh bien, ils sont visibles dans les bus et les carrefours urbains. Au marché comme partout oü les gens s'attroupent. Je me pose des questions. La ville comme la rue sont envahies par une innombrable jeune population au chômage, affamée et au besoin criminelle pour survivre. Au niveau du quartier Pascal, un policier en tenue m'a piqué 20 dollars que je tenais entre mes mains avant de prendre la poudre d'escampette. Et cela m'est arrivé dans mon propre pays de la part d'un agent supposé assurer ma sécurité. C'est du vécu. Il y a un problème, que je me suis dit. Une société gangrenée par des anti-valeurs. Peut-on encore parler de valeurs dans notre pays? Je laisse la parole aux pasteurs et aux prédicateurs guides de conscience. J'interroge les autorités de notre pays. Je n'ose pas penser aux atrocités qui se passent à l'Est. Pitié Seigneur!

Oui, il y a guerre à l'Est. Mais ä Kinshasey la vie continue comme s'il y avait paix partout. Les débats politiques tournent autour du changement de la Constitution. En littéraire, je m'abstiens de tout commentaire quoique j'aie mon opinion personnelle ä ce sujet. L'état de notre pays est alarmant I am afraid. 

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