30 janv. 2026

A Kenge depuis le 18 janvier

Voila bientôt deux semaines que je trouve à  Kenge. Le petit malaise de santé est passé. Je m'emploie a vivre aussi sainement que je peux. J'effectue des courtes marches autour de mon guesthouse. Sans forcer car le corps a son rythme et l'impose naturellement. J'observe la ville et les gens. De jolies constructions voient le jour ici et là. Des hôtels et flats s'érigent.partout, de belles villas familiales tout comme des buildings publics émergent par ci par là. Des chantiers, dont certains sont anciens ou abandonnés, s'alignent comme des vestiges jistoriqued sur les rues et voies publiques. La ville évolue mais demeure sous-urbanisée. Les érosions abondent partout. La pluie amène une insalubrité chronique avec des plastiques et des débris infectueux... la situation sanitaire n'est guère améliorée en dépit d'importants projets en cour. La population reste pauvre. La dévaluation du dollar n'a pas apporté la baisse des prix attendue. Au contraire, la vie devient difficile et implacable pour nos proches et familles. Les riches se pavanent sans retenue dans les rues; les pauvres subissent de plein fouet l'injustice sociale. 

Chaque jour à mon retour de Mangangu, les étudiants se précipitent pour prendre place dans ma caracasse de voiture. Certains font la marche depuis Manzau ou Payeke Meleke. Des distances de plus de 10 km à pied aller-retour. Sans un sou pour se payer un transport en moto ni se procurer une banane ou un morceau de pain. Des situations insoutrnables. Et l'ISP ne dispose pas d'une structure d'aide aux étudiants démunis. Hélas comme tous les instituts éducationnels, l'ISP éprouve du mal à recevoir les émoluments académiques des apprenants. Un cercle vicieux certes, mais solvable. 

Hier, pour la première fois, je suis allé au Champ de Tirs rendre visite à ma tante Mambakila. Je l'ai trouvée égale à elle-même sauf qu'elle se plaignait de ses yeux qui s'obscurcissent. " Mes yeux me trahissent tellement que je pourrais entrer une parcelle voisine, et comme je suis vieille, on me traitera de sorcière". J'ai ri spontanément, préférant éviter la gravité dramatique de cette affirmation. Il lui faudra des consultations et soins ophtamologiques. Elle pourrait avoir développé des cataractes ou autre chose. Sur le chemin de retour, j'ai fait un crochet au Camp ONL pour voir mes petits-neveux et nièces orphelins de père. J'ai promis d'y retourner dimanche. 

Au retour à l'hôtel, je me suis replongé dans ma routine de lecture et de correction. Je lis les manuscrits de la prochaine RAK. Et je corrige les travaux quotidiens des étudiants. Il était 22h30 lorsque je me suis mis au lit. Bonne journée à toutes et à tous! 


28 janv. 2026

Enseignant à l'ISP Kenge

28 janvier 2026. Je suis à Kenge depuis le dimanche 18 janvier. J'ai participé aux funérailles de Jean Jacques. Mais j'ai eu un souci de santé qui ne m'a pas permis de commencer mes enseignements la semaine passée. J'ai préféré prendre du repos avant d'entamer les cours. J'enseigne depuis ce 26 janvier.

J'avais prévu d'enseigner trois cours mais je n'en ferai que deux. Quitte à poursuivre le reste au second semestre. L'introduction du systeme LMD a eu pour conséquence la suppression du cycle traditionnel de la licence. L'ISP Kenge n'offre pas de masters actuellement. Mes cours dd L1 et L2 de l'ancien système sont rapportés au LMD3. Et il se découvre que les apprenants n'ont pas couvert la totalité du programme. Enseignant désormais au premier cycle des études supérieures, je suis obligé d'adapter le contenu du cours au niveau Bac+3. Ce qui change toute l'approche de mon enseignement.

J'ai choisi d'offrir un cours ordinaire de littérature francophone d'Afrique en lieu et place des "Questions spéciales de littérature africaine". Ainsi j'ai choisi de m'arrêter au thème : Négritude, écriture et oralité. C'est basé sur un chapitre de mon livre Ecritures en situation postcolonoale: Francophonies périphériques, Saarbrücken, EUE, 2013.   

Ces décisions ont été prises afin de répondre aux besoins actuels et effectifs des apprenants, dont le niveau s'avère insuffisant pour aborder des questions approfondies habituellement traitées en maîtrises. Tel est le défi qu'il m'a été de traiter avec ce changement de cap LMD. Plutôt qu'un problème, j'y vois une opportunité d'amener les apprenants à améliorer leur connaissance de la littérature francophone et de lire des textes littéraires. Ce sera mon objectif. 

Comment dire? Nous en sommes encore à l'expérimentation. Les apprenants sont censés écrire des travaux de fin d'études collectifs appelés "projets tutorés". Est-ce un progrès ou un recul? Est-ce qualitativement mieux que l'ancien système? Il est trop tôt pour l'évaluer objectivement. Je ne saurais pas me prononcer sur ce que font mes collègues enseignants, vu que je n'ai jamais assisté à une réunion à ce sujet. Le temps nous donnera la réponse. 

19 janv. 2026

Adieu Jean-Jacques Hungu (1969-2026)

Arrivé à Kinshasa le 17 janvier, j'ai dû écourter mon séjour afin de me rendre au deuil familial survenu à la suite de la mort de Jean Jacques Hungu. Tout est allé trop vite. De courte ou de longue maladie ou ? Comment dire? Né en février 1969, Jean Jacques a été le dernier fils de mon grand oncle Kisalu Bakaba. Il n'a pas six mois lorsque décède son père. Ce cousin a grandi dans son cercle familial aussi humblement que cela pusse être. Intéressé très tôt à la mécanique, il est devenu chauffeur. C'est moi qui l'ai fait engager comme boy mécanicien à la procure de Kenge. Il laisse huit enfants, quatre filles et quatre fils parmi lesquels un Claver en guise de reconnaissance pour moi. Hier, aussitôt revenu de mon long séjour  je suis passé deux fois à la veillée funéraire à la parcelle familiale. Que du monde malgré la pluie qui ne cessait de tomber.

19 janvier 2026. Aujourd'hui après la morgue, nous sommes allés à l'église St Esprit pour la messe funéraire. Belle messe, bonne chorale, beau service. A la fin de la messe, le protocole a été dérangé par les jeunes de Terre sans loi, Kingwangala. Oncle François Médard Mayengo a lu la biographie, moi j'ai présenté les remerciements de la famille à la fin de la liturgie. Alors que le protocole prévoyait une levée du corps par les agents de Bodi Batu où JJ a travaillé comme chaufeur de bus, mais les jeunes gens ont pris le cercueil sur leurs épaules avant de s'évanouir dans la nature, scandant des chansons vulgaires et désarticulées. J'ai rencontré des tas de personnes non revues depuis plusieurs années. Mes tantes, cousines et cousins étaient tous présents. Alors que je me préparais à monter sur une moto, j'ai été aperçu par Monsieur l'Abbé Floribert Kiala qui m'a offert une place à bord de sa voiture. Un cortège de motos et jeeps est allé vers l'agence Bodi Batu et plus loin vers Mangangu pendant que nous on attendait au cimetière. L'arrivée du Gouverneur a fait retarder l'inhumation. On s'en est sorti sans trop.

Adieu Jean-Jacques, vanda ti beto ntangu yonso.


13 janv. 2026

Message du 23.3.25 à JMM à propos de Mgr Ngimbi

23 mars 2025

Bonjour cher ami Jean-Marie, comme prévu, j'ai parlé avec Mgr Ngimbi. La première fois, ça n'a pas marché. On ne se comprenait pas. La deuxième était la bonne. Au début ses souvenirs de moi étaient vagues. Il m'a parlé de sa cécité, et de l'irresponsabilité du jeune homme chargé de leurs soins avec Mgr Mampila, qui préfère aller enseigner dans une école et revenir le soir.

"J'ai préparé mon cours de métaphysique pour Mayidi. Je n'ai pas pu l'enseigner, parce que je ne sais plus lire. Un jeune l'enseigne ä ma place." (sic).

Après que je lui ai raconté de vieux souvenirs, il m'a retracé: 

- Ah oui Mabana, Mabana, voyons, un des tout premiers mémoires sur Louis Lavelle.

- Oui Monseigneur. La découverte du moi chez Louis Lavelle. Et votre thèse s'intitulait: Tragique et intersubjectivité dans l'oeuvre de GM. 

- Oui, je vous reconnais. Séminariste de.... Kenge, brillant et bon joueur de foot. C'est vieux tout ça. Merci d'avoir pensé à moi.

- Oui Mbuta. Ma gratitude est profonde pour tout ce que vous avez fait et été pour moi, pour nous vos nombreux disciples à travers le monde.

- Etc...

En fait, je crois que mon prénom Claver l' a désorienté, Mabana seul lui est revenu à l'esprit. Authenticité!

Voilà pour la petite histoire.

Mgr Hippolyte Ngimbi Nseka in memoriam

Vaut-il encore la peine d’écrire quelque chose sur Mgr Ngimbi après les témoignages publiés par ses disciples et amis? La réponse spontanée serait ́non parce que tout a déjà été dit. Ma réponse est oui car je m'octroye le droit d’exprimer ma voix parmi tant d’autres. J'ai vraiment été privilégié d’avoir suivi les cours de cet éminent philosophe. Lui rendre hommage va absolument de soi. Selon programme publié par le diocèse de Kisantu, il y a aura veillée le 16 janvier et inhumation le 17 janvier 2026. Mais les messes de suffrage commencent déjà ce mardi 13 janvier à travers le diocèse. Quoi qu'il en soit, je salue en Mgr Ngimbi autant un maître qu’un guide spirituel. Maître enseignant avec une étonnante clarté d’expression, et guide spirituel conseiller et pasteur d’âmes. J’ai donc connu le prêtre, le professeur, l’aîné confrère dans le sacerdoce et le mentor.

J’ai déjà plus d’une fois évoqué le nom de Mgr Ngimbi dans ce blog. Je voudrais d’abord soulîgner son énorme contribution au grand séminaire de Mayidi. Et lors de notre dernière conversation téléphonique, il m’a parlé des cours qu’il a préparés mais qu’il lui était impossible d'enseigner parce qu’il a perdu vision. Il est donc resté actif et attaché à Mayidi jusqu'à la fin de sa vie, soit 48 ans après y avoir tenu son premier cours. J’en parle parce que je suis du premier groupe d’étudiants que le spécialiste de Gabriel Marcel a formés après son doctorat en philosophie à Louvain. Aussitôt débarqué au grand séminaire de Mayidi, l’abbé Hippolyte Ngimbi a tout de suite pris ses charges d'enseignement. Si ma mémoire est bonne, il m’a entre autres enseigné l'épistémologie, la métaphysique, la théodicée, la philosophie des sciences.

Pour la petite histoire, Mayidi avait été fermé en 1974-75, et les grands séminaristes renvoyés à leurs diocèses respectifs. Ce fut l’éphémère rectorat de l’abbé Ludiongo d’heureuse mémoire. Le grand séminaire a rouvert les portes en octobre 75 avec nous, un groupe de 44 étudiants, avec les pères SJ Joseph De Cock comme recteur, Édouard Dirven. Van Iseghem, Peter et le frère Schouf. On sentait encore la tension dans l’air. L’année suivante, les abbés sont revenus en force. Une véritable réforme a eu lieu avec l'arrivée des abbés Ignace Makela comme recteur, Louis Nioka, Dominique Kahanga, et un peu plus tard, Hippolyte Ngimbi qui a tout de suite remis de l’ordre dans le programme des études. La relève assurée, Mayidi a continué de fonctionner sans interruption jusqu’à ce jour. Et Mgr Ngimbi, toujours fidèle à sa mission, a porté haut le flambeau de cette Alma Mater.  

Le professeur Ngimbi était décrit par ses congénères comme un élève très brillant. Selon mon beau frère Ignace Nsanda qui l’a connu au petit séminaire de Lemfu: il obtenait des 80% avec une aisance surprenante. Les amis de Kisantu insistaient unanimément sur sa discipline rigoureuse et son esprit de travailleur. Personnellement, j'étais impressionné par sa bibliothèque. Il vivait au milieu des livres. De taille moyenne, il portait toujours des pantoufles, je ne me souviens pas l'avoir vu en souliers en cuir Il marchait vite, c’est à peine qu’on l'entendait passer. Il portait ses lunettes même au terrain de football. Lors d’un match entre profs et séminaristes en mars ou avril 78 il avait marqué un but. 

J’avais de bons rapports personnels avec lui. Lors de mes passages à son bureau, il ne manquait pas de me parler des séminaristes et prêtres de Kenge qu’il a connus à l'Urbaniana de Rome. A la recherche d’un sujet pour mon travail de fin d'études en philosophie, il m’a proposé de travailler sur Louis Lavelle. Ainsi a été produite sous sa supervision La découverte du moi chez Louis Lavelle, une œuvre fondamentale dans mon parcours de chercheur. C’est en travaillant avec lui que j’ai découvert la personne, Hippolyte Ngimbi. Derrière le savant intellectuel, le grand philosophe, se révélait un homme simple, généreux et sympathique. Quelle disponibilité! Quelle résolution dans la quête de la vérité et de l'expression adéquate! Il prenait son temps non seulement à lire et corriger mon texte, mais aussi et surtout à me projeter au-delà de ce travail. Il vérifiait chaque citation, me proposait des lectures. Merci Maître de la parole, comme je l’ai écrit dans une entrée antérieure. Ce TFE porte des phrases et des expressions émises par lui. Une véritable leçon d’écriture et de recherche!

Quelques privilèges. Comme il passait une partie de la semaine à Kinshasa, j’ai profité d’un de ses déplacements pour me rendre à Kinshasa dans sa belle petite voiture Renault. En juin 78, mon travail était chronologiquement le premier à être accepté à Mayidi. J’avais fini avant mes condisciples. J’arrête là ma prétention car Mgr Ngimbi dirigeait aussi des travaux à la Faculté Catholique. Je n'oublierai jamais un après-midi oû je l’ai rencontré à St Dominique en compagnie de l’abbé Nyeme Tese quj venait de lancer l’Amoza. Les deux profs étaient détendus et se taquinaient devant moi. 

Nous nous sommes revus au Collegio Urbano Rome. J’avais un ami, Jean-Roger Lumu de Lwiza, qui me parlait constamment de lui, fasciné qu’il avait été par son cours de métaphysique à la FTCK. Lorsque j’étais secrétaire à l’évêché de Kenge, il dirigeait le séminaire universitaire; j’ai renoué avec lui afin d’obtenir sa recommandation pour mon inscription à Fribourg.  Ce qu’il a fait sans hésiter, ayant gardé de moi un souvenir positif. C’est ainsi que je suis allé en 1987 aux études à Fribourg. Je lui ai rendu visite en juillet 2003 à son bureau de recteur aux Facultés Catholiques en compagnie des abbés Akenda et Matutu. Beaucoup plus tard, nous nous sommes retrouvés dans un avion Ethiopian Airlines à partir de Addis-Abeba jusqu'à Kinshasa. Il me dira qu’il a pris sa retraite de l’UCC, mais qu’il gardait des enseignements à Mayidi. Ce fut notre dernière rencontre de visu. Il y a presque une année, en mars 2025 j’ai été alerté par abbé Jean Marie Matutu au sujet de sa maladie et de sa retraite au Centre Pastoral de Kisantu. Je l’ai appelé, nous avons parlé sans qu’il ne meconnaisse au début. Hésitations. Puis soudain: "Oui Mabana de Kenge...". Presque cinquante ans se sont écoulés entretemps. 

Je m’unis volontiers au diocèse de Kisantu, à l’église de la RDC, à la communauté académique congolaise et à sa famille biologique pour rendre hommage à Mgr le Professeur Hippolyte Ngimbi Nseka car sa vie est exemplaire et son œuvre édifiante. Adieu et profonde gratitude au Maître de la quiddité de l’être. Que son âme repose en paix! 

Tale kidilu kieto Tata Nzambi, tale kidilu kieto


12 janv. 2026

Me Albert F. Puela: Hommage à Mgr Hippolyte Ngimbi Nseka

"Hommage à Monseigneur Hippolyte Ngimbi Nseka,

Prêtre, Professeur, Bibliothèque vivante.

La nouvelle est tombée en cet après-midi du 9 janvier 2026 comme une onde de silence : Monseigneur Hippolyte Ngimbi Nseka s’en est allé. À 83 ans, après 56 années de vie sacerdotale, l’Église, l’Université et la Nation congolaise perdent à la fois un pasteur, un maître de pensée et un témoin rare de la fidélité intellectuelle et spirituelle. 

Certaines vies ne se racontent pas seulement en dates et en fonctions ; elles se mesurent à la profondeur des sillons qu’elles laissent dans les consciences. Celle de Monseigneur Ngimbi Nseka appartient sans conteste à cette catégorie.

Prêtre du diocèse de Kisantu, fils du terroir de Madimba, formé très tôt à l’exigence de la rigueur intellectuelle et de la discipline spirituelle, il aura traversé son époque sans jamais se laisser réduire par elle.

Ordonné prêtre en 1970, après une longue formation à Rome, puis docteur en philosophie à Louvain dès 1977, il portait en lui cette rare alliance entre la foi vécue et la raison maîtrisée. Chez lui, la pensée ne se coupait jamais de l’humain, et la science ne se séparait jamais de l’humilité.

À l’Université Catholique du Congo, aux Facultés Catholiques de Kinshasa comme dans les grands séminaires, de Mayidi plus particulièrement, il fut d’abord un formateur d’hommes avant d’être un transmetteur de concepts. Il enseignait la philosophie dans ses articulations les plus exigeantes, notamment la métaphysique, non pour produire des esprits brillants mais des consciences solides. 


Plusieurs générations d’étudiants, devenus à leur tour professeurs, responsables publics, magistrats, évêques ou cadres de la République, portent aujourd’hui l’empreinte de sa méthode : rigueur sans arrogance, profondeur sans dogmatisme, liberté sans désinvolture.

Mais réduire Monseigneur Ngimbi Nseka à l’enseignant serait encore insuffisant. Il fut aussi un serviteur discret des institutions, acceptant avec une simplicité désarmante des fonctions administratives que d’autres auraient jugées secondaires. Après avoir exercé de hautes responsabilités académiques, il n’hésita jamais à se mettre au service du savoir là où l’on avait besoin de lui, notamment comme bibliothécaire. 

Ce choix, loin d’être un retrait, était en réalité une profession de foi : celle de croire que la connaissance se garde, se transmet et se protège avec patience. Ceux qui l’ont connu le disaient souvent : il n’était pas un bibliothécaire ordinaire, il était une bibliothèque vivante, habitée par les livres autant que par la sagesse.

Son parcours pastoral s’inscrivait dans la même cohérence. Pasteur, il l’était sans tapage, sans mise en scène, sans recherche de reconnaissance. Il parlait peu, mais chaque parole était pesée. Il écoutait longuement, mais son silence n’était jamais vide. 

Gardien de la tradition, il savait pourtant que la tradition n’est pas la répétition du passé, mais l’intelligence fidèle du sens. À ce titre, il incarnait cette Église qui pense, qui enseigne et qui accompagne, sans jamais céder ni à la facilité intellectuelle ni au conformisme ambiant.

En décembre 2022, alors qu’il célébrait ses 80 ans et plus d’un demi-siècle de sacerdoce, ses anciens étudiants avaient tenu à lui rendre hommage à travers une rencontre scientifique d’envergure à la quelle nous étions convié à la fois comme membre du gouvernement et fils Kongo. 

Ce moment n’était pas une célébration mondaine, mais un acte de reconnaissance intergénérationnelle. Il révélait surtout une chose : un maître ne meurt jamais tant que ses disciples pensent encore par eux-mêmes. Le livre qu’il avait alors offert, comme un testament spirituel, traduisait cette volonté ultime de transmettre, jusqu’au bout, ce qu’il avait patiemment mûri tout au long de sa vie.

Aujourd’hui, alors que la mort vient sceller son itinéraire terrestre, une certitude demeure : Monseigneur Hippolyte Ngimbi Nseka n’a pas quitté l’histoire. Il a simplement changé de demeure. Son héritage n’est pas matériel ; il est intellectuel, spirituel et moral. Il vit dans les amphithéâtres où l’on enseigne encore avec exigence, dans les séminaires où l’on forme des prêtres capables de penser leur foi, et dans toutes ces consciences qu’il a aidées à devenir libres sans être déracinées.

À l’Église, il laisse l’exemple d’un prêtre fidèle sans rigidité. À l’Université, celui d’un professeur savant sans orgueil. À la Nation, celui d’un homme qui a cru que le salut d’un peuple passe aussi par la qualité de ses élites intellectuelles et morales. Et à chacun de nous, il lègue une question silencieuse mais exigeante : "qu’avons-nous fait, et que ferons-nous, de ce que nous avons reçu?"

Que son âme repose dans la paix du Seigneur qu’il a servi avec intelligence et humilité. Et que son souvenir demeure, non comme une nostalgie, mais comme une responsabilité.

Me Albert Fabrice Puela, Avocat, député et ministre honoraires."

11 janv. 2026

Photo de Panama

 









Retour à la maison, 7 janvier 2026

7 janvier 2026. Après persque deux semaines de séjour en Colombie et à Panama, nous sommes retournés à la Barbade. Dieu soit loué.  

Une expérience unique. Partis le 26 décembre 25, au lendemain de Noël, Ibangu, Mukawa m, Mama Mapasa et moi, avons atterri en escale à Panama City par un vol régulier de Copa Airlines. Une compagnie qui m'était inconnue jusqu'à ce jour, et pourtant bien installée sans la Caraïbe. Nous avons dû prendre des chambres dans un hôtel près de l'aéroport avant de continuer le 27 décembre sur Cartagena.

Notre séjour à Cartagena a été merveilleux. Les Martinez ont tout mis en œuvre pour que nous soyons à l'aise et ayons un souvenir inoubliable de notre passage chez eux. Chaque jour était un délice. Visite de la vieille ville avec sa muraille, visite de la baie, réception de gala de la St Sylvestre, randonnée en calèche, ballade en navette en mer, pèlerinage à la tombe et au sanctuaire de St Pierre Claver, grill autour de la piscine, autant de moments inoubliables. 

Cap sur Panama City pour un tour mémorable au canal qui relie depuis 1916 le Pacifique à l'Atlantique sur 82 km. Un monument technologique inouï. Une construction gigantesque du genre Canal De Suez, Tunnel sous la Manche, le Tunnel du Gottard ou encore les grandes réalisations spatiales ou navales. Ou au Congo le Pont Maréchal. Nous avons pu assister au passage d’un paquebot sur ce canal qui charrie des millions et de millions de cargaisons. Quelle habilité ! Quelle précision! Quel respect des forces de la nature et de la puissance de l’eau. L'ingénierie humaine constitue une énorme capacité de créativité et d'inventivité.  

En Colombie comme au Panama, nous avons récontré d’excellentes personnes prêtes à assister ou à écouter nos doléances. Nous avons découvert une culture colombienne impressionnante: dame portant sur la tête une corbeille de fruits, plages animées par de la  musique afro-latino, concert des descendants noirs au park (?), lumières resplendissantes de Noël, élégance vestimentaire haut de gamme, cuisine à la saveur exquise, etc. A Panama City, Mr Escobar nous a aidés à faire du shopping, et à visiter la vieille ville comme la city et le canal. La capture de Maduro m’a ramené à cel’e de Noriega trente-six ans plus tôt comme si l’histoire se réécrivait sous nos yeux. Et nous sommes passés devant l'immeuble où ce dernier s'était caché. 

C’est bien de retrouver sa maison après un aussi bon voyage de vacances et de pèlerinage. "E viva Bucaramanga", ne cessais-je de répéter. Le petit Lilio Martinez, qui prétendait manger du papier, s’en souvient. 




10 janv. 2026

Mgr Hippolyte Ngimbi Nseka (1941-2026)

Je publie avec sa permission supposée le message très profond de l’abbé JM Matutu

[10/01, 03:08] Kahiudi C Mabana: Bonjour Diogène, c'est avec une grande émotion que j’ai  appris la mort de notre maître commun, Mgr Hippolyte Ngimbi. Condoléances mutuelles.  Que son âme repose en paix !

[10/01, 03:33] Abbé JM Matutu: J'étais à son chevet vendredi 2 courant et j'ai pressenti très fort, les larmes aux yeux, que mbuta Hippolyte Ngimbi allait nous quitter incessamment. Je m'y attendais. La nouvelle m'a été annoncée par Richard Makuba vers 16h45, en plein cours à l'UPN et j'ai tenu le coup jusqu'à la fin de la leçon sans en informer mes auditeurs de DEA. Alors que cette triste nouvelle  m'est tombée en effet  comme un coup de massue sur ma tête! Une grande perte pour le Diocèse de Kisantu, pour l'Eglise catholique à laquelle il consacra toute sa vie chrétienne et sacerdotale, une grande perte pour moi qui n'aurai plus cet Aîné d'une facture intellectuelle, morale et spirituelle incomparable! Dieu a donné au Diocèse de Kisantu un Prêtre selon le coeur de JC, son grand modèle d'identification humaine et religieuse! Il vient de le rappeler auprès de Lui. Que Son nom soit tjrs glorifié et que Son serviteur si dévoué  repose maintenant dans la félicité céleste où il ne connaitra plus le tragique de l'incommunicabilité inhérente à la condition humaine incarnée. Qu'il survive aussi dans la mémoire affective de tous ceux et de toutes celles qu'il a aimés et... qui l'ont aimé sur cette terre des vivants. Qu'il intercède dorénavant pr notre cher Diocèse et pour son Clergé! Jmmatutu "

No comment. Paix à l’âme de Mgr H Ngimbi. 

3 janv. 2026

Inoubliable 2 janvier 2026

Cartagena, 2.1.2026. Visite à la tombe de St Pierre Claver et ballade en mer













Immémorable 2 janvier 2026

 














Le gala du nouvel an 26

Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, Mama Mapasa, Ibangu, Mukawa et moi avons vécu une soirée de gala unique et inoubliable. Jean Christophe, Marie-Aude et le petit Lilio nous ont invités à y prendre part. Nous sommes de Bocagrande en taxis pour l'hôtel Santa Clara vers 20h pour arriver 30 minutes plus tard. Juste à l’heure du début de la réception. Dés que JC le manager général de l'hôtel nous a accueillis à l'entrée principal, nous avons fait des photos en compagnie d’une dame qui est montée sur de longs bois du genre Bapende, sauf que la dame etait de race blanche. Peu après, nous sommes allés à la table qui nous était réservée. 

Quel beau monde! Plus de 500 invités ou participants à ce festival culinaire. Accueillis au champagne, nous avons savouré nos flûtes sans nous faire prier deux fois. Un étalage incroyable de mets exquis excellemment présentés par des chefs exceptionnels. Plus de 200 serveurs et serveuses étaient à pied d’oeuvre. De l'entrée au plat principal et au dessert, tout était là, disséminé a travers les couloirs de l'hôtel transformés en univers extraordinaire de la bonne cuisine. Toute nourriture imaginable était là, et en grande quantité. Un buffet comme jamais j’en avais vu de ma vie. En compagnie de JC, j’ai choisi une légère omelette au caviar, du saumon accompagné d’une salade mijoté à l'avocat, aux tomates  et aux noisettes. J’y suis retourné pour une salade niçoise, car je tenais à manger bio. Comme plat principal, j’ai pris du homard, une escalope grillée sous mes yeux, quelques pommes sautées et un légume genre épinard. J’ai ajouté quelques brioches de manioc. Tout était arrosé à un champagne léger choisi par notre JC. Au dessert, j’ai goûté de la bûche de Noël. Toute notre compagnie s’est régalée. Merci JC et famille !

Dans la piscine comme autour de la piscine, un orchestre jouait des notes à vous transporter vers des lieux merveilleux. Des chansons classiques et populaires étaient exècutées par des professionnels chevronnés. Un spectacle culturel colombien trés riche en symboles historiques nous a été par une vedette locale dont je n’ai pas retenu le nom. Nous avons fait la connaissance d’un compatriote sénégalais Baba Sar et son épouse canadienne, des habitués du lieu. 

Peu avant minuit toute la compagnie est montée sur la terrace de l'hôtel Santa Clara pour voir les feux d’artfice. Des milliers de personnes etaiebt installés le long du boulevard qui relie la ville à l'aéroport, attendant le jour J. Quelques individus incontrôlables allumaient déjà leurs pétards. Du côté de la ville, les explosifs étaient déjà déclenchés. Ceux que nous nous apprêtons à voir depuis les balcons de l'hôtel Santa Clara étaient de loin plus importants. Quels feux gigantesques ! Les feux étaient tirés depuis la plage, pas depuis la mer comme à la Barbade. Je suis resté admiratif. C’est la première fois que j’ai vu les artificiers à l’œuvre. Un métier très dangereux du moins tels que je les ai observés travailler. Une explosion en plein ne pardonnerait jamais. Dieu merci, tout s’est passé sans heurts ni périls. Les feux ont duré une dizaine de minutes, puis nous sommes descendus. Direction Discothèque de l'hôtel.  Mais nous avons décidé de retourner à Bocagrande. Il était presque 2 heures du matin lorsqu'un bus de l'hôtel nous a déposés à notre demeure. 

Quelle veillée de nouvel an! Après une prière en famille, nous nous sommes couchés et endormis. Louange à l’Eternel pour nous avoir gardés en vie jusqu'à ce jour. Heureuse année 2026.

2 janv. 2026

Meilleurs voeux 2026

Jan 2, 2026. 

Wishing you all a year 2026 of peace, health, wealth and the happiness that really matters above everything.  God's Blessings. 

Vi auguro a tutti un anno 2026 di pace, salute, richezza e di gioia che conta realmente al di là di tutto. Benedizioni di Dio. 

Mono ke zodila beno yonso mvula ya 2026 ya ngemba, ngolo ya nitu, kimvwana ti kiese ya kuluta bima nionso. Lusambulu ya Nzambi. 

FELIZ AÑO 2026 A TODOS

Depuis Cartagena où ma famille vient de passer le cap de l’année 2026, je vous salue tous et toutes, fidèles lecteurs et lectrices de ce blog. Gloire et louange soient rendues à Notre Dieu pour ses merveilles.  Paix, santé,  richesse et joie par-dessus tout. Bénédictions du Seigneur. 

Je pense à tous ces êtres chers parmi lesquels ma tante Charlotte et d’autres qui ont prématurément quitté ce monde. Je pense aux familles en deuil, aux personnes malades, aux affamées comme aux bien portables, que le Seigneur soulage leurs peines. Que 2026 soit meilleur que 2025. 

Je pense à notre pays la RDC qui traverse un moment sombre de son histoire. Au Nord Kivu, au Sud Kivu, à Goma, Bukavu comme dans les provinces touchées par les Mibondo, que la paix revienne et que les tueries cessent. Que l’insécurité et l'agression des paisibles citoyens prennent fin, que la vie dans notre pays redevienne paisible et sereine. Que les massacres aveugles des innocents n'aient plus lieu sur la terre de nos ancêtres,  notre éternelle. Telle est ma prière de ce deuxième jour de 2026. Que St Pierre Claver intercède pour notre pays.

Mboti benu bosu bana ba Kongu Ngunga.