Voila bientôt deux semaines que je trouve à Kenge. Le petit malaise de santé est passé. Je m'emploie a vivre aussi sainement que je peux. J'effectue des courtes marches autour de mon guesthouse. Sans forcer car le corps a son rythme et l'impose naturellement. J'observe la ville et les gens. De jolies constructions voient le jour ici et là. Des hôtels et flats s'érigent.partout, de belles villas familiales tout comme des buildings publics émergent par ci par là. Des chantiers, dont certains sont anciens ou abandonnés, s'alignent comme des vestiges jistoriqued sur les rues et voies publiques. La ville évolue mais demeure sous-urbanisée. Les érosions abondent partout. La pluie amène une insalubrité chronique avec des plastiques et des débris infectueux... la situation sanitaire n'est guère améliorée en dépit d'importants projets en cour. La population reste pauvre. La dévaluation du dollar n'a pas apporté la baisse des prix attendue. Au contraire, la vie devient difficile et implacable pour nos proches et familles. Les riches se pavanent sans retenue dans les rues; les pauvres subissent de plein fouet l'injustice sociale.
Chaque jour à mon retour de Mangangu, les étudiants se précipitent pour prendre place dans ma caracasse de voiture. Certains font la marche depuis Manzau ou Payeke Meleke. Des distances de plus de 10 km à pied aller-retour. Sans un sou pour se payer un transport en moto ni se procurer une banane ou un morceau de pain. Des situations insoutrnables. Et l'ISP ne dispose pas d'une structure d'aide aux étudiants démunis. Hélas comme tous les instituts éducationnels, l'ISP éprouve du mal à recevoir les émoluments académiques des apprenants. Un cercle vicieux certes, mais solvable.
Hier, pour la première fois, je suis allé au Champ de Tirs rendre visite à ma tante Mambakila. Je l'ai trouvée égale à elle-même sauf qu'elle se plaignait de ses yeux qui s'obscurcissent. " Mes yeux me trahissent tellement que je pourrais entrer une parcelle voisine, et comme je suis vieille, on me traitera de sorcière". J'ai ri spontanément, préférant éviter la gravité dramatique de cette affirmation. Il lui faudra des consultations et soins ophtamologiques. Elle pourrait avoir développé des cataractes ou autre chose. Sur le chemin de retour, j'ai fait un crochet au Camp ONL pour voir mes petits-neveux et nièces orphelins de père. J'ai promis d'y retourner dimanche.
Au retour à l'hôtel, je me suis replongé dans ma routine de lecture et de correction. Je lis les manuscrits de la prochaine RAK. Et je corrige les travaux quotidiens des étudiants. Il était 22h30 lorsque je me suis mis au lit. Bonne journée à toutes et à tous!


























