28 oct. 2024

La question des intellectuels africains

J'avais tenu en 2000, à la demande des étudiants camerounais de Berlin, une conférence sur les intellectuels africains au Palm Beach La conférence était initialement plrévue en français, avec traduction simultanée en allemand. Mon interprête manifestant des limites, le débat s'est passé en allemand. Ce texte-là, je l'avais publié en 2001 dans D+C Développement et Coopération à Frankfurt a.M.  

https://www.seneweb.com/blogs/agmai/l-rsquo-intellectuel-africain-face-a-ses-responsabilites-defis-et-espoirs_b_550.html 

L’intellectuel africain face à ses responsabilités : défis et espoirs (KC Mabana)

(Source: https://www.seneweb.com/blogs/agmai/l-rsquo-intellectuel-africain-face-a-ses-responsabilites-defis-et-espoirs_b_550.html)

L’expérience a montré que le prédicat «africain» appliqué à certaines sciences suscitait de problèmes inattendus. Qu’il s’agisse d’art, de philosophie, d’histoire, de théologie, de musique ou de littérature, dès que l’on évoque leurs rapports avec l’Afrique, des doutes surgissent. L’Africain peutil se targuer la palme d’intellectuel sans provoquer des remous?

C’est que l’Occident s’est trop longtemps habitué à entendre à propos des Africains qu’ils sont un peuple sans écriture, primitif, folklorique, jusqu’à les exclure de la sphère intellectuelle; et cette attitude ne s’est jamais entièrement dissipée. Accepter l’Africain noir comme intellectuel revient donc à heurter des clichés.

C’est l’ambiguïté même du terme intellectuel qui, à mon avis, pose problème. Le mot intellectuel exige une reformulation constante car il se définit, se redéfinit toujours par rapport à la dynamique de l’environnement socio-culturel ambiant. Classe sociale à part, les intellectuels constituent l’élite, l’intelligentsia d’un pays. En Afrique, cette catégorie semble difficile à circonscrire, vu que son rôle social s’y révèle ambigu: elle participe aussi bien de la classe des oppresseurs que de celle des opprimés. Longtemps, on a pris les intellectuels pour les acteurs essentiels du développement d’un pays, les penseurs d’une société. En Afrique, l’évolué des temps coloniaux bien avant l’universitaire s’est arrogé ce titre qui s’est par la suite étendu à toute personne possédant une éducation scolaire ou une formation professionnelle indépendamment du niveau des connaissances acquises.
Je définirais l’intellectuel comme celui qui par l’effort de réflexion possède ou prétend à un certain pouvoir de connaissance reconnu par la société. Formé en conséquence, il est capable de décoller du réel, apte à tenir un discours théorique. Je limiterai le mot à l’homme instruit en lettres et sciences (pratiques ou théoriques), doté de culture générale.
Dans le contexte de l’Afrique coloniale et post-coloniale, l’intellectuel s’est présenté d’abord comme la personne qui sait lire et écrire, l’alphabétisée, voire toute personne qui a été éduquée à l’école occidentale. Il s’est d’emblée situé et affirmé en rapport conflictuel face à la tradition africaine, laquelle est naturellement orale. Ce stigmate d’aliénation et d’arrogance collera longtemps à la peau de tout intellectuel africain.
Le premier défi à relever concerne l’intellectuel africain lui-même. En tant que survivance de l’Occident,
l’intellectuel africain est confronté au problème d’identité: il doit se définir par rapport à sa société, assumer ses responsabilités dans la destinée dé l’Afrique. Peut-il être intellectuel et demeurer en âme et conscience Africain? Peut-il manier la logique cartésienne et se réfugier dans les croyances ancestrales africaines? Dans la société africaine, le danger de cette conception instrumentale s’est manifesté à l’époque coloniale avec le phénomène de l’assimilation, avec le culte de l’intellectualisme, c’est-à-dire de la cravate et l’habillement chic. Manier à la perfection la langue du colonisateur, vivre et se comporter comme l’Européen a été un idéal pour le nouveau lettré. Le travail manuel a été méprisé, décrié au profit de la bureaucratie, du cléricalisme. On a ainsi connu le mouvement des évolués, des mindele-ndombé, i.e. blancs-noirs, dénoncés par Frantz Fanon dans «Peaux noires, masques blancs». Il était évident qu’à l’indépendance politiciens, technocrates, écrivains, enseignants, penseurs, diplomates, avocats, cadres d’entreprises, professeurs, agents des professions médicales ou libérales etc. se recrutent parmi les personnes ayant un certain niveau (optimal?) de formation et d’études. Ceux-ci constituaient
théoriquement parlant un groupe élitaire au sommet de l’éducation et de la culture, la crème de la crème, le premier choix qui devraient bâtir les nouvelles nations. De toute évidence ou selon toute raisemblance, ils devraient occuper ces postes de responsabilité en vertu de leur compétence intellectuelle. Les diplômes assuraient incontestablement des professions de bureau, érigeant ainsi une sorte d’élite bourgeoise.
Le bouleversement social était, à l’heure des indépendances africaines, tel qu’on a vu des infirmiers devenir du jour au lendemain ministres de la santé, des enseignants ministres de l’éducation nationale, des cantonniers lettrés ministres des travaux publics. A une crise de formation s’était jointe une crise profonde de l’élite intellectuelle. Or justement, à cette époque on croyait encore à une expression qui avait valeur de slogan politico-social: «le partage du pouvoir selon le savoir». Crûment dit, le pouvoir revient à celui qui sait, à celui qui pense. Mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est une fois de plus le mythe de l’intellectuel à l’occidental qui était célébré, dont le modèle n’a jamais été  sociologiquement intégré ni intériorisé dans les sociétés africaines.
Désorienté, ne trouvant aucun repère dans l’évolution globale du monde, l’intellectuel africain semble
fonctionner en dehors de ces critères. Au point d’endurer un complexe humiliant. Fini le temps où la formation et l’éducation intellectuelles servaient à la légitimation du savoir comme base pour être à la mesure de diriger un pays! Aujourd’hui plus que jamais, c’est l’argent qui régit le monde. Tout laisse croire que l’ère de la globalisation n’y changera rien. Le financier est l’homme respecté. Ainsi que le déclare un personnage de Ngugi wa Thiong’o dans «Devil on the Cross»: «’The barons of finance houses are the governing voices in the world today. Money rules the world».
Le monde a donc changé de code de gouvernement, ce ne sont plus les idées qui conduisent le monde mais l’argent et les lobbies qu’il a engendrés. L’intellectuel se retrouve sacrifié, son savoir caduque. La logique du pouvoir a changé. Les idées qui conduisent le monde sont celles qui sont soutenues par l’argent. L’homme ou l’institution capable de dicter sa pensée est celui ou celle qui possède la gestion financière. Eloigné de sa vocation première, l’intellectuel est sommé de s’insérer dans ce mécanisme: il ne vaut que s’il joint la puissance de l’argent et du pouvoir à son savoir théorique ou technique. C’est à se demander s’il n’en a pas toujours été comme cela.
Or la puissance financière justifie la prospérité, la puissance des armes. Ainsi l’intellectuel ne trouve pas son compte dans ce système. Tout le système de pensée classique est ébranlé: la notion du bien, devenue relative, est reléguée au rang du libre-arbitre personnel. Les dynamiques traditionnelles qui assuraient l’évolution du monde occidental se retrouvent dépassées, désuètes et inopérantes.
Le diplôme ne vaut apparemment plus grand chose. Pour survivre, des docteurs en droit et lettres africains se retrouvent chauffeurs de taxi - ou maçons dans des sociétés européennes, et des médecins africains sentinelles d’hôpital en France et en Angleterre. En règle générale, l’Europe a formé et continue de former des intellectuels africains dont elle n’a cure. Les quelques-uns qui y travaillent à leur grade de formation savent à quelles contraintes administratives ou raciales ils sont soumis. Renié et marginalisé dans son propre pays, vilipendé par sa société, l’intellectuel africain de haut niveau est clochardisé, bâtardise, prostitué. Le doute et l’aigreur s’emparent de lui. Il se révolte d’être dirigé par des ignorants, des personnes qu’il juge comme étant sans formation intellectuelle, des malfrats qui n’ont que les armes à brandir face à là population. Ne pouvant participer à une opposition démocratique dans son propre pays, il choisit soit la résignation soit le chemin de l’exil. S’il est bon jongleur, il se crée de stratégies de survie, baigne dans l’eau trouble du régime en place, se laissant corrompre comme tous ceux qu’il critiquait lorsqu’il était hors de la sphère du pouvoir, sillonnant tous les ministères en quête de subsides pour un ONG fabriqué de toutes pièces afin de s’assurer des fins du mois décentes. Collaborant étroitement avec le tyran et son idéologie politique farfelue, pactisant avec le diable, il verse lui aussi dans la gabegie, incapable de gérer, au risque de perdre sa propre vie, la chose publique. On a vu des professeurs de philosophie interpréter faussement Marx ou Platon afin de redorer l’image du despote au pouvoir; on a vu des écrivains créer des hymnes poétiques à la gloire d’un héros politique à l’envergure obscure; on a vu des juristes justifier une constitution taillée sur la mesure du régime en place.
On vient récemment de voir au Congo un gouvernement ou trois individus nommer un président de la
république en l’absence de toute légitimité constitutionnelle; et même un parlement provisoire asseoir un
président permanent à la magistrature suprême. Pour combien de temps? Et pourtant, ce pays s’appelle une république démocratique. Or on sait dans l’histoire ce que cela signifie lorsqu’un pays se proclame
démocratique. Ce constat d’impasse, tout intellectuel peut l’établir sans forcément être un opposant officiel. Le danger qui guette l’intellectuel réside en ceci que lui privilégie le raisonnement, la pensée alors que l’acteur politique s’intéresse davantage à l’impact d’un tel constat sur le paysage politique. Tandis que le premier se contente d’observations théoriques, le second, pragmatique, vise l’action et ses effets. Et comme dans la plupart des cas ce dernier détient les rênes du pouvoir et peut agir sur le premier, la suite est facile à imaginer: emprisonnements, violences, persécutions, privations de libertés, tortures, délations, diabolisations, dénigrements, etc. sont souvent le lot des intellectuels. Dans ce rapport nécessairement conflictuel, le problème des acteurs politiques - intellectuels ou non - revient souvent à comment utiliser judicieusement l’élite intellectuelle, à comment s’adjuger le savoir de cette dernière. Et celui des intellectuels à comment survivre face aux illogismes des acteurs politiques et de leur système arbitraire.
L’intellectuel africain apolitique se trouve placé hors des problèmes de l’heure, marginalisé par la puissance de l’argent et de la politique. Son seul péché, c’est d’avoir suivi une formation scolaire ou académique avancée, se situant ainsi dans une situation permanente de crise. Il n’a pas encore trouvé sa vraie place et son vraie rôle en Afrique. Les espoirs suscités lors des indépendances des années 60 se sont estompés. Il n’y a cependant pas de raison de désespérer, car le génie créateur ne meurt jamais.
Le poète Tchicaya U Tam’si disait: «L’espoir ne peut pas être tué. En dépit des efforts prodigieux que le tyran développe pour parvenir à cette fin-là». Et l’intellectuel est, à mes yeux le vrai artisan de cette prise de conscience, il lui suffit d’avoir le courage de jouer à fond son rôle d’éclaireur dans la société africaine en la rendant capable de se gérer et de s’autocritiquer. S’il est vrai que l’intellectuel se distingue par son savoir et sa culture, le développement de l’Afrique ne saurait se concevoir ni se réaliser sans sa contribution efficace.
Qu’on l’accepte ou non, une formation intellectuelle et technique, artisanale ou scolaire orientée vers des
professions bien ciblées, est la clef du développement et de la prospérité. Lorsque l’Afrique parviendra à
valoriser toutes ses potentialités humaines et à utiliser judicieusement ses intellectuels au service de son
développement, elle aura opéré une véritable révolution mentale, signe évident de maturité et seule voie de sortie face à son impasse actuelle. Cette responsabilité revient conjointement au politique et à l’intellectuel.


Dr. Claver Kahiudi Mabana, Berlin
D+C Dévelopment et Coopération,
edité par: Deutsche Stiftung für internationale Entwicklung (DSE)
Rédaction:
D+C Dévelopment et Coopération, B.P., D-60268 Frankfurt, Allemagne.
E-Mail: remeyer@t-online.de

23 oct. 2024

A propos: Béatification du Roi Baudouin 1er

Je viens de recevoir de Legrand une dépêche d'Actualité.CD: "Le Cardinal Ambongo s'oppose totalement à la béatification du roi Baudouin." Je me suis, tout de suite après, informé sur les détails. Le Pape François a promis aux Belges d'accélérer la béatification du roi des Belges. Le Cardinal a émis ses réserves et exigé qu'une enquête soit diligentée sur son rôle dans l'assassinat de Patrice-Emery Lumumba, etc. Ci-dessous ma réaction au message de François Mapasu à ce sujet:  

"FM: Ce n'est pas un peu trop fort du côté du Vatican? Que dire alors de notre Father Ben?

CM: Le Cardinal Ambongo a raison. Le roi Baudouin était certes un homme de foi, mais il ne s’est jamais démarqué du système colonial. On ne l’avait jamais  entendu remettre en question les crimes coloniaux ni les pillages des ressources du Congo par son grand-père Léopold II et par la Belgique. Une enquête doit clarifier ses positions politiques... et son rôle dans la mort de Lumumba. Si toutefois des miracles attestent sa sainteté, je n’aurais aucune objection. Que ce ne soit pas une béatification vaticane, politique ou bureaucratique."

S'il est un crime qui a valu à Lumumba la condamnation à mort, c'est justement d'avoir rétorqué au discours du Roi des Belges le 30 juin 1960. Crime-de-lèse-majesté. Il fut traité de communiste, d'anti-occidental. Son sort fut scellé ce jour-là. La suite dramatique est connue. De ce point de vue là, proclamer bienheureux et plus tard saint un tel homme, quelle que soit la profondeur de sa foi, heurterait vivement la sensibilité des Congolais. Normal que des sons discordants proviennent de la RDC. PE Lumumba est devenu pour les Congolais un héros national, une icone indéboulonnable, bien que j'émette mes réserves personnelles à cet héroïsme d'idéologie. Attendons voir la suite!

Quant à notre cher bon Fr Ben, FM doit créer un lobby solide pour ouvrir les portes du Vatican. Si ses collègues, élèves et ouailles de Kalonda, Katende, Kalenge, Ito et la SVD Congo réunissent leurs efforts dans ce sens, c'est possible d'ouvrir le cas Ben. Certains de nos amis, s'ils vivent encore, ne soutiendront pas cette initiative, le latin les ayant terriblement persécutés. 

    



20 oct. 2024

Adieu Papa Gilbert Musoba

Dimanche passé le 13.7.24, est décédé à Kenge M Gilbert Musoba. Paix eternelle à son âme! Quand j'étais en philosophie à Mayidi (75-78), je passais quelquefois à son domicile à Kintanu. Ce fut le seul parent ressortissant de Mulombi-Mutoni que je connaissais à Kisantu. Nos rencontres me ramenaient "al mio paese natale." Il travaillait au CEMEKI (Centre Médical de Kisantu). A mon retour de Rome, je le retrouvai à Kenge en 82, très engagé comme légionnaire à la paroisse Notre-Dame, puis en 84 à Sts Pierre et Paul qui deviendra plus tard Mwense Anuarite. Un homme très discret et serviable dont la contribution à l'édification de la paroisse-cathédrale de Kenge à été notable, mais probablement méconnue de nos successeurs. Il habitait Mangangu. Je revois encore Papa Gilbert sur les photos de mon ordination, tout comme assurant l'ordre à Anuarite. Ma douleur est d'autant plus forte que, ne l'ayant plus revu, je le croyais deja mort alors qu'il continuait de vivre à quelques pas du site de l'ISP Kenge où j'enseigne. J'aurais pu le rencontrer si je le savais. Wenda mboti Mbuta-mutu. Mfumu Nzambi kamonga lukumu. 

17 oct. 2024

Profession: politique, politicien

Politique, je suis apolitique. J'en parle parce que c'est un portable intéressant pour le littéraire que je suis. Je n'y crois pas. Je ne crois pas au discours politique parce qu'il est creux et vide. Il promet des merveilles qu'il n'accomplit pas du tout. Envoûtant et charmant, il vous fait mirer des bonheurs auxquels vous ne goûterez jamais de votre vivant. La politique est un art d'aliénation et d'imposture comme la profession de pasteur. Aliénation parce que l'acteur politique s'allie à des personnes qui n'existent que le temps des élections. Aliénation parce qu'il place l'électeur sur une orbite d'espérance idyllique. Aliénation enfin parce que l'électeur perd sa personnalité et se moule dans le modèle de son élu. Tout cela correspond à l'imposture qui est fondamentale en politique. Et la politique est devenue au fil du temps le métier le mieux payé dans certains pays. Seuls les pasteurs, les musiciens, les sportifs peuvent les concurrencer de nos jours, mais ceux-ci aspirent aussi à la politique pour sécuriser leur enrichissement. Politique = argent. A voir l'attraction que la politique exerce sur des milliers de personnes, on y va pour s'enrichir, rien de plus. On y entre pour abattre ses ennemis potentiels, visibles et invisibles. On y entre pour fasciner ses électeurs, ses co-villageois ou compatriotes. Parler parler parler, comme dirait Ibangu. On parle à n'en pas finir, on ne résoud rien, ni la pauvreté ni la maladie ni la précarité qui gangrènent la communauté. Rien rien rien que la parole au final. A quoi sert-elle finalement la politique?

Politicien. Le politicien, c'est l'imposteur, le manipulateur de la bonne foi de ses électeurs. Il parle du peuple mais le peuple n'existe pas dans son subconscient. Le peuple n'a pour rôle que de l'aider à monter sur le piedestal du pouvoir et de la richesse. Le politicien  mange trois fois par jour, alors que son électeur croupit dans la faim, l'indigence ou la malnutrition. Il a un salaire mensuel colossal qui ne s'explique pas, et maintient les fonctionnaires, les médecins, les enseignants, les militaires, les policiers, dans un dénuement déshumanisant. Corrompu, il corrompt, achète tout et se fait acheter au point de trahir son pays, de vendre la terre de ses ancêtres à des étrangers. Avide d'argent, de pouvoir et d'honneur, le politicien tient à être vu comme le bienfaiteur de sa communauté qui lui doit tout. Il proclame les lois auxquelles il n'obéit ni ne croit, pille le pays, détourne les déniers publics, neutralise les services de l'état pour son seul avantage, vend les biens et immeubles de l'état, en toute impunité. Il collabore à vendre et détruire son propre pays, il octroie des contrats faramineux à des étrangers occidentaux, Indiens, israélien, libanais, chinois ou turcs. Tout cela pour son propre compte. Son suppléant ou directeur de cabinet c'est son propre fils. Son cabinet est plein de membres de sa famille et de sa tribu. Les enseignants n'ont qu'à trinquer pour leur salaire de misère, il n'en a cure. Les enfants peuvent mourir de maladies ou ne pas être scolarisés, ce n'est pas son problème. Les siens étudient a l'étranger sinon dans les meilleurs écoles privées. Ne comptent pour lui que son intérêt personnel et celui des siens. Alors finalement pourquoi est-il devenu politicien? 

Politique, politicien? Je ne vois rien, je ne vois personne. C'est comme le pasteur. Rien ni personne qui m'inspirent le service et l'amour du petit peuple auquel j'appartiens et auquel je m'identifie. Et si nous rentrions dans nos chefferies planter nos maniocs, tendre nos pièges à gibier, assurer nos palabres, et vivre notre dignité d'homme? La campagne, hélas, n'offre plus la sécurité ni la sérénité légendaires.  Reculer pour mieux sauter, car la prétendue démocratie n'existe que de nom. Du moins pas pour nous indigènes d'Afrique noire. Nous imitons un modèle occidental que nous ne comprenons pas et qui ne correspond pas à notre génie profond. Aliénation et imposture. Profession: politique, politicien. Politica, politica, mani pulite.

16 oct. 2024

Congrats Professor Yawson

October 16, 2024. "Thanks to you all, Seniors. I am thankful to the Lord and glad to inform you that I have been promoted to the rank of Professor." (D Yawson)

Amen, Amen, Alleluia!

Professor David Yawson is the youngest of our AU-Bim, a group of African colleagues (former and present) teaching at Cave Hill. The Ghanaian colleague is the present Director of CERMES (Centre for Resource Management and Environmental Studies). His ascension has been dazzling if one knows how long it takes to become a Professor in the system of the University of the West Indies. From Lecturer to Senior Lecturer, then to Professor, the way can be hard, frustrating and discouraging if you are not perseverant or professional. Some colleagues never reach this demanding rank. Now that the University Appointments Committee has promoted him, he has to chose his title as Professor. From now on he will be reporting to the Vice Chancellor or the University Headquarters in Jamaica for all matters pertaining to his further appointments. AU-Bim welcomes you Prof David Yawson to the Club. Well done Prof. 

  


Guerres et insécurité dans le monde

Guerres et insécurité s’intensifient dans le monde. Tous les continents sont touchés. La violence est présente partout. Tuer, tuer, tuer toujours plus de monde. Massacrer l’ennemi avec la cruauté la plus terrible et inhumaine. Aux guerres citées par M Macron, j’ajouterais volontiers les troubles maintenus depuis trente ans dans l’Est de la RDC où l’insécurité s’est intensifiée à la suite de la montée du FPR au pouvoir. Voilà un tableau peu reluisant du monde actuel. A quoi sert l’ONU? Pourquoi ne réussit-elle pas à rétablir la paix entre les nations, laquelle paix justifie pourtant sa raison d’être? Autant de questions difficiles à comprendre, sans réponses. 

La tension monte entre les deux Corée; on apprend que celle du Nord s’est déjà engagée aux côtés des Russes dans la guerre qui oppose celle-ci à l'Ukraine. L’Ukraine envahie il y a deux ans par la Russie occupe désormais une partie de la Russie. Israël en guerre contre le Hamas, Hezbollah, pilonne Gaza, Beyrouth, le Liban, et bientôt l’Iran avec une violence inouïe. La situation s’embrase. La violence à outrance. Je ne vois pas dans ces conditions de paix possible entre Israël et ses voisins, hélas. Du moins pas dans l’immédiat tellement la haine est forte entre ces peuples. Les nombreuses rébellions en Afrique, en Asie et en Amérique n’offrent aucun espoir de paix durable. Les cessez-le-feu négociés ne sont jamais respectés. La paix adviendra le jour où tous ces guerriers déposeront les armes, pense-t-on naïvement. 

La paix en d’autres termes n’adviendra jamais. Des milliards des dollars sont investis dans les industries d’armement qui prospèrent en fonction des guerres. Ces industries étant des entreprises économiques et financières au même titre que les fabriques des denrées alimentaires ou pharmaceutiques, les guerres continueront éternellement. Pas de mystère. L'expression "qui veut la paix prépare la guerre" est en elle-même une déclaration de guerre. Lorsque je vivais en Suisse, des activistes luttaient pour l'avènement d'une "Suisse sans armée" alors que dans chaque maison il y a au moins un fusil. Tout adulte suisse est soldat, effectue son service militaire, possède son arme à la maison, peut être mobilisé en cas de guerre. Jamais il n'a été exigé que la fabrication des armes de guerre soit arrêtée, car c'est une des ressources importantes de devises comme le chocolat, les montres pour ce pays qui abrite des institutions de l'ONU.  La guerre est une réalité au quotidien. Elle est là et peut surgir n’importe quand et n’importe où. Et peu de choses suffisent pour la déclencher. La paix même si elle adviendra sera hypothétique, fluctuante et éphémère. L'homme par nature est enclin à la violence, à l'adversité, au conflit. 

Observez l’escorte d’un président de république sur les artères de la capitale où il a été élu à ?%. Il est accompagné d’un bataillon de guerre pour se protéger de son propre souverain primaire. Est-ce moi seul qui vois cela? Certains présidents exhibent sans vergogne leurs revolvers, entourés de leurs gardes-corps. Ces escadrons de la mort constituent une véritable machine de guerre, sans coeur, menaçante et entraînée au carnage spontané. La violence n’est pas voilée ni dissimulée, elle est là. Les embryons du conflit armé sont présents dans le sérail du pouvoir. Commander in Chief, ça veut dire quoi? Voilà une rhétorique belliqueuse qui ne dit pas son nom.

La puissance d’un pays se mesure à l’aune des armes, donc de la guerre. Est puissant le pays qui dispose des armes les plus sophistiquées. En fait, le vrai pouvoir, c’est la capacité de frapper l’ennemi, en commençant par son voisin immédiat. Observez bien autour de vous. La littérature m’a appris à lire le texte par son non-dit qui est en réalité le dit. Les mots mêmes du texte sont par leurs agencements indicateurs de l'interprétation du texte, de la découverte du dit... sans surprise. Le langage national a été de tout temps le vecteur d'une rhétorique de la guerre. Et le monde entier est englué dans ce discours. Guerres et insécurité trouvent leur fondement au sein-même des institutions qui sont censées les éviter, les négocier ou les gérer. Imposées par l’histoire, elles créent l’histoire des héros conquérants et le destin des grandes nations. Comme quoi, "petit poisson deviendra grand". Kadogo!