De plus en plus j'en fais l'expérience: les relations humaines sont souvent mues par un intérêt ou des intérets. Le plus important est de déterminer le genre d'intérêt. L'intérêt prend toutes les formes possibles, explicites ou déguisées; mais il est toujours présent. Une relation sans intérêt n'existe pas. Souvent, on pose les bases pour des actions futures plus efficaces. "Quand quelqu'un se colle à vous d'une façon spéciale, méfiez-vous", aimait répéter mon feu père. Il n'y a jamais rien pour rien. Une lettre, un message SMS, un appel, un regard, un clin d'oeil, tout signifie une communication particulière.
Il y a quelqu'un dans mon entourage qui me surprend toujours. Avide d'argent alors qu'il n'est pas le plus pauvre, il est toujours en manque et a toujours besoin d'argent. C'est depuis des années que cette situation dure et se répète. Lorsque ses affaires marchent, il ne laisse rien transparaître, ne communique pas et se terre dans son coin. Mais lorsque rien ne marche, il relance le contact, devient régulier au net et demeure désintéressé dans un premier temps jusqu'à ce qu'un jour il exprime son vrai désir. Astucieux, rusé, adroit, il sait quand dire, quoi dire et à qui le dire; il sait aussi comment le dire et dans quelles circonstances le dire. Il disparait de ma vue et de mon radar, et réapparait lorsque l'intéret le guide. Je viens encore d'en faire l'expérience pendant ce séjour au Congo. Il vient de solliciter une énième aide sans une fois se poser la question de savoir si je suis en mesure de l'aider. Lorsque je lui réponds que j'ai une famille à nourrir, il voit en moi un homme de mauvaise foi, un ennemi, peut-être même un ingrat alors même qu'il n'a jamais rien fait pour moi. Je ne lui dois rien.
L'intérêt peut parfois rendre certaines personnes aveugles, sourdes et étourdies. Une famille en est venue à marier sa fille à deux personnes différentes afin de bénéficier de nombreux avantages générés par ces deux mariages. Aussi abracadabrant que cela puisse paraître, Madame est deuxième femme à Kin et première dame à Paris. Mère de famille à Kin et jeune femme sans enfant à Paris, jouant sur les deux tableaux avec une souplesse de prestidigitateur. Comment cela a-t-il pu se passer? Fille et parents étaient à la manoeuvre pour monter le scénario. Les filles d'aujourd'hui ne cherchent que confort pour elles-mêmes et leurs parents. A Kin la deuxième femme vit dans une villa bien achalandée avec voiture et piscine. Le parisien lui a fait miroiter la belle vie parisienne, et elle a mordu à l'hameçon. Avec une chance inouïe elle a obtenu billet, passeport et visa, pendant que d'autres piétinent. C'était sans entrevoir les réalités de l'immigration française. Mais elle s'en sort sans trop de dégâts. Au pays les parents continuent de berner le brave papa. Jusques à quand cette mascarade tiendra-t-elle? Ne jugeons pas, observons seulement.
Hier, je suis allé déposer ma voiture à l'hotel Panacam parce que chez les soeurs salésiennes où je la dépose d'habitude, le portail est en réparation. Arrivé là bas, j'ai demandé la permission à un portier qui a tout de suite exigé de moi une bière... avec une telle insistance que j'ai été amené à la lui promettre lors du retrait de la voiture. Même après avoir évoqué ma relation familiale aux Mbakata, les propriétaires des lieux, le gars n'a pas bronché. J'ai refusé de payer. Dieu merci que peu de temps après est arrivé sur le lieu le gérant qui est d'ailleurs un neveu, qui a remis les choses en ordre. L'homme s'est fondu en excuses, prétendant qu'il ne me connaissait pas. Un quidam présent sur le lieu n'y a trouvé aucun problème: je devais payer, à son avis. Un service gratuit n'existe pas. La voiture est encore là, et ils sont capables de la bloquer.
Soyons donc attentifs aux personnes qui nous entourent. La relation avec elles est souvent motivée par des intérêts qu'il nous est parfois difficile de discerner. Faisons attention!
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