15 oct. 2025

14 octobre 2025: 95e anniversaire de Sésé.

14 octobre 1930-2025. Il y a 95 ans est né Mr Joseph Désiré Mobutu qui fut président du Congo-Zaïre entre 1965 et 1997. Cet homme a dirigé la RDC pendant tout le temps de mes études primaires, secondaires, supérieures et universitaires. Quoique je les aies commencées deux années auparavant, Mobutu demeure le président qui a le plus marqué mon pays. Il a été jugé dictateur par ses détracteurs; des mythes se sont vite créés autour de son être et de son pouvoir absolu. Bon orateur et très doué en analyses des situations, il savait convaincre son auditoire par la pertinence de ses propos et actions. Il était tout, sauf un amateur. J'eus le priviliège de lui parler à deux reprises, et même de remarquer comment il procédait avec son équipe. Je ne suis pas mobutiste, je suis apolitique et je ne suis supporter d'aucun politicien. J'ai assez de jugeote pour discerner le bon du mauvais, le bien du mal. Par contre, je reste marqué par cet homme politique qui me fascinait à chacun de ses discours, tellement il parlait bien et présentait bien les choses. J'ai relativement bien suivi son parcours, et noté qu'il s'est égaré après son discours du 24 avril 1990. Au lieu d'abdiquer, il a continué de croire qu'il détenait les solutions à toutes les crises du Zaïre. "Il n'a pas su partir à temps" quand sa mission était terminée. Le pouvoir use; le pouvoir aveugle le leader qui se croit omnipuissant alors que la roue de l'histoire tourne en sa défaveur. L'homme à la toque de léopard ne parlait de son remplacement que du bout des lèvres jusqu'au jour où il a été défenestré par LD Kabila. La suite est connue. Il est mort le 27 septembre 1997 à Rabbat, en exil, au Maroc. Comme un certain Napoléon à l'île de St Hélène. 

Regardez autour de vous en Afrique. Ces vieux leaders qui peinent à partir alors qu'ils ont déjà tout donné et montré à leur pays. Leur santé décline, leurs facultés flanchent. Ils n'en ont cure pourvu qu'ils soient réélus pour la enième fois comme si se retirer honorablement constituait une défaite. Le président, je ne cesserai de le dire, n'est pas un individu, c'est un système. Il est au service d'intérêts multiples et insoupçonnés, visibles et opaques. Le bien du peuple, qui justifie son pouvoir, n’existe pas en réalité pour lui. A lui s'accrochent des pesanteurs internes et externes qui le manipulent et le maintiennent au pouvoir pour leurs propres intérêts. Même les plus jeunes présidents, qu'on se le dise, n'ont pas l'intention de raccrocher les crampons. Ils font tout pour conserver le pouvoir par tous les moyens honnêtes ou malhonnêtes, car ils en détiennent les clés. Ceux qui partent à la fin de leurs mandats ne le font jamais sans avoir tenté de résister ni de réviser la constitution. Certains dans ce tumulte se sont astucieusement ajouté des années au pouvoir en brouillant les situations ou en suspendant les activités des institutions: des coups d'état constitutionnels. Aujourd'hui, les mobutistes commémorent le 95e anniversaire de la naissance de Sésé.     

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