18 oct. 2025

Notre pays est surprenant

La RDC, il faut le reconnaître honnêtement est un pays surprenant. Je ne pense pas au monde politique qui n’inspire aucune confiance, mais au social et à la justice. La pauvreté s’accroît, la criminalité et l’insécurité prennent une extension effroyable. Des choses jamais vues s’y passent chaque jour. 

Depuis des décennies, j’étais surpris par le nombre d’églises du réveil sur chaque rue. Certaines de nos maisons sont devenues des lieux de culte. Je pense à un cousin qui ne s’étant pas entendu avec le pasteur titulaire n’a  ́trouvé bon que de faire de la maison  familiale une église et de son épouse une prophétesse. L’argent qui échappe d’une main est récupéré de l’autre. Et les enfants deviennent leurs collaborateurs et fidèles immédiats. La boucle est bouclée. Trop d’églises, trop de pasteurs, trop d’évangélistes, trop de diaconesses ou prophétesses, de révérends, etc. Et chacun de ces hommes et femmes de Dieu possède ses ouailles, clients ou victimes soumis à l’escroquerie.  Comment une société pourrait-elle fonctionnner dans ce désordre époustouflant?

L’autre phénomène est du domaine de l’économie informelle. Chacun vend. Chacun vend quelque chose. Des tableaux de change sont visibles à tous les cent mètres. Tout le monde ou presque est cambiste. Tout le monde, même l’écolier peut vous dire le taux du dollar. "Eh papa dollar ekiti" Du jamais vu. Aujourd’hui l’argent s’échange à tous les coins de rue. Moi je n’avais jamais vu un billet de dollar avant mes 22 ans de vie. Des francs belges oui, mais pas des dollars. Le métier de cambiste  n’existait pas il y a cinquante ans, du moins je ne le voyais pas. Vers la fin de l’ère Mobutu sont soudain apparus au centre-ville des gens, hommes et femmes, brassant des centaines de billets en pleine rue. Aujourd’hui c’est partout que les devises s’échangent, même dans les villages. Tout se monnaie en dollars. 

Seulement voilà.  Le gouvernement a décidé de réduire le taux du dollar de 2.800  à 2.200 Fc. A la cité  ça descend jusqu'à 1900, voire 1600 Fc. Il aurait largué 50 ou 500 millions de dollars sur le marché pour baisser ce taux. Allez-y voir. Décision brusque, et pas accompagnée dans son application. La spéculation est totale. Oui, j’ai vu un ministre parler d’une diminution du prix d’essence de 300 Fc. Les prix ne baissent pas sur le marché au contraire; la vie devient plus cher. Sur le terrain ce qui se vendait à 10$ ou 28000 fc reste à 28000 fc tandis que les 10 dollars valent maintenant 19 ou 23000 fc. A qui profite cette baisse du taux de dollar ? Du jamais vu. 

Les braquages à main armée. Le cas récent de la RawBank sise Rond-point Victoire illustre la montée de la criminalité urbaine. Des kuluna et des agents de l’ordre armés font irruption dans des ́maisons, pillent argent et biens, violent les filles, tuent les propriétaires sans être inquiétés. Les voisins assistent, impuissants et intimidés. Agents de sécurité le jour, bandits la nuit. L’insécurité est totale dans toutes nos villes. Des taxis dissimulent des tueurs, malheur aux clients qui osent les prendre. Des jeunes gens armés de machettes sillonnent les rues et sèment la panique dans les divers quartiers de nos villes. Des familles entières sont parfois décimées par ces bandits cruels sans scrupules. Sans parler de la rébellion ni des mobondo, il y a quotidiennement des meurtres atroces des citoyens innocents dans nos villes et nos provinces. Trop de sang congolais coule. On dirait qu'il y a intention d'extermination ou d'un nettoyage ethnique qui ne dit pas son nom. La montée du crime est effroyable, les mesures de protection prises par les autorités se révèlent insuffisantes. Des vidéos circulent où des policiers et soldats sont lynchés sans ménagement; des femmes dénudées à poil, des voleurs tués ou brûlés au pneu. Quelle cruauté ?Le peuple se rend justice. De quoi vraiment se demander où le pays va.

Ça ne va pas. L’ordre n’existe pas. Les autorités se la coulent douce lorsque le petit peuple trinque. Insécurité, pauvreté, sous-alimentation ou faim, insalubrité et maladies, tel est le lot de notre peuple. Le pays est pillé, occupé, saigné à blanc; sa population terrorisée, déplacée de force de ses terres natales, ne sait plus à quel Dieu se vouer. Aucune solution immédiate à l'horizon. Sommes-nous vraiment maudits? Au point de ne pas assurer "la justice, la paix et le travail" (notre devise) à tous les citoyens congolais. Oui, c’est surprenant. Je dirais même plus: c’est scandaleux, révoltant. 

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