24 oct. 2025

Veuve et accusée de crime

Un phénomène m'intrigue depuis plusieurs années, qui se répète pratiquement à chaque  décès. Hier encore cela s'est répété.  Ma nièce a perdu son mari, qui la laisse avec quatre enfants. Le cynisme de sa belle-famille les amène à l'accuser d'avoir tué son mari; raison pour laquelle ils ont refusé de la "purifier" comme le veut la tradition. Et les gens admettent cela sans se poser des questions. Que gagne-t-elle à tuer son mari et père de ses enfants? Comment va-t-elle vivre seule avec ses enfants? Qui les élevera, les nourrira, les vêtira, leur payera l'école? Ses accusateurs aveuglés par le matérialisme ne voient que les biens et l'argent qu'il aurait laissés. Quelle est la valeur de ces biens et à combien s'élève cet argent, qui justifieraient que la femme tue son mari? La belle-famille oublie que la veuve est la plus malheureuse et la perdante à la suite de ce décès. C'est elle qui va trimer et subir toute sa vie durant le poids réel de cette tragédie.
Ce cas n'est pas isolé.  Nos familles - africaines ou congolaises - ont l'habitude de soupçonner la femme à chaque décès de mari. La violence et l'agressivité vont souvent au-delà du permis et de la tolérance. La femme est souvent persécutée, vilipendée, dépossédée de tout. Les traditions, derriere lesquelles nous nous cachons pour justifier ces excentricités, ne sont jamais rigoureusement appliquées, tellement elles sont détournées de leur fonction de justice et de régulation sociales. Elles sont devenues obsoletes et caduques. Pour "purifier" la veuve, tout prêtre ou pasteur peut procéder à la cérémonie. Que les imposteurs ne s'imposent pas et que soient défendus les droits de la femme et des enfants. C'est le cas de le dire, le monde est méchant. Comprenne qui pourra. 

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