25 mai 2026

Ce qui se passe dans mon pays m'inquiète

Les bonnes nouvelles sont rares. Guerre à l'Est, insécurité à l'Ouest, tueries à Goma et Bukavu, Kuluna à Kinshasa, voilà le tableau qu'offre mon pays. A Kinshasa, c'est le débat constitutionnel qui bat son plein. Partisans et opposants s'acharnent les uns contre les autres, s'empoignent, s'insultent et se battent pour ou non réviser, changer, amender la Constitution de 2006. Le plus choquant, c'est que ce débat prend une allure violente, agressive et intolérante inattendue. Il en va du maintien ou pas du régime en place, du nombre et de la durée des mandats du président, moyennant réadjustement d'articles dits "verrouillés", etc. Tout porte à croire qu'il y aura changement. Une diversion passionnée qui élude ou met au second plan les dangers qui se déversent quotidiennement sur le pays. Des combats féroces et meurtriers continuent à l'Est malgré les accords de paix signés à Doha et à Washington DC. Hier 24 mai 26, deux drones kamikaze ont été neutralisés par l'armée congolaise à l'aéroport de Kisangani. Je ne vois pas clair. 

Ce qui surprend les non-connaisseurs de la chose politique, c'est la volte-face des politiciens et leurs partisans. C'est comme un cycle historique. On brandit selon que l'on est de l'opposition ou du pouvoir des articles de la Constitution pour en soutenir le statu quo, la révision ou le changement. Un combattant qui jadis récusait mordicus le changement de la constitution devient brusquement un fervent défenseur de sa modification ou révision parce que son parti se trouve au pouvoir. Une stratégie déjà rodée ailleurs en Afrique. Du côté du pouvoir, on rassemble des signatures, on propose un referendum populaire qui va sans aucun doute passer, vu la confortable majorité parlementaire dont il dispose. L'opposition et le parti régnant  précédent qui n'a pas réussi ce coup, s'y opposent farouchement, prêts à descendre dans la rue et à causer des troubles. On tente de les museler. En fait, c'est un cercle vicieux. La logique est simple. Tout tourne autour d'une seule question: rester au pouvoir ou partir du pouvoir? Chaque parti possède sa propre lecture de la Constitution. D'où le conflit d'interprétation des articles constitutionnels, qui laisse couler tant d'encre et de salive. L'intérêt supérieur de la Nation doit être mis au plus haut point. Même une phrase pareille, simple en soi, donnerait aisément matière à plusieurs interprétations. Parole de littéraire apolitique et d'observateur indépendant. Nos autorités et notre peuple se montreront assez sages pour trouver la solution qui servirait l'intérêt de notre pays. Une solution conforme à la devise nationale: Paix, Justice et Travail.  

Franchement, ce qui se passe dans mon pays m'inquiète. Je ne vois pas clair.

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