19 sept. 2026

Ce que j’apprends encore

J'ai beaucoup appris au cours de la vie, je continue à apprendre et à découvrir beaucoup d'autres choses encore plus révélatrices de ĺ’esprit humain. Chaque jour qui passe, j'apprends, je fais face à beaucoup de défis que lance la vie. J'y réfléchis sans forcément trouver des solutions. Moi qui ai pourtant opté pour le principe de problem solving comme moto. Je m'efforce a penser qu’il y a une solution  à tous les problèmes. Bonne ou ́mauvaise, adéquate ou inadaptée? Je m'efforce à croire qu’il y a une boîte à solutions à tous les obstacles qui se posent à l'esprit humain. Erreur! Illusion! Mais je n'ai pas, prétentieux que je suis, l'humilité de reconnaître mes limites. 
Il faut savoir partir... tout ce que nous entreprenons a une fin que parfois nois refusons d'accepter. Dans un esprit de vouloir mieux apprivoiser son univers, un homme quitte son village comme Ngeleka pour s'installer en ville. Après avoir vendu ses bétails, ses légumes et tout ce qu’il possédait, il se retrouve sans domicile fixe dans la megapole urbaine. Le voilà désormais "balado", un mot des années 80. Il n'est pas le seul, ce sont des milliers de personnes qui se retrouvent dans ce cas. Et des millions dans le monde. Question de circuler le soir ou la nuit dans les rues de Washington DC , New York, Paris ou même Kinshasa.  La ville attire et répugne à la fois comme par un mouvement de fascination répulsive. Le bonheur espéré passe à coté du malheur tout comme la mort est le revers de la vie. C'est la face cachée certes mais ouverte de la même médaille. Le bonheur tant rêvé s'éloigne toujours et on se demande finalement à quoi a servi ce long parcours de vie pour finir comme cela. 
Fascination répulsive, disait mon vénérable maître Jean Roudaut. Il vit encorenet compte 98 ans. Et dans sa sagesse légendaire, il soutenait que "l’on n'aime jamais que l’absent." L’absent, c'est l'être présent de corps mais invisible de l'esprit. L'être vit dans l'esprit plutot que par la parole. Trêve d’élucubrations cérébrales. L’absent, c'est le disparu, le défunt, le vide émotionnel et physique. La personne invisible possède une dimension ineluctable dans la vie. Le constat de l'absence est pour moi un moment à la fois dramatique et tragique. 
Chaque fois que je revisite Kenge, je suis frappé par l'absence. Je re-découvre une ville dont j'ai partagé certains événements et d'autres que j’ai percus de loin. Ma mémoire me ramène souvent à la réalité. En ce moment même, Kenge pleure Maman Mbulungu, née Marie Colette Ngonso, la mère d’Odon, Mariane, Valentine, Mathieu, Marguerite, etc. Voilà un nom trés connu à Kenge, iconique pour ma génération mais presque ignorée aujourd'hui.  L'épouse de Papa Mbulungu Milolo fut une grande dame à Kenge. Elle est décédée dans une discrétion totale. J’ai eu le privilège de la revoir il y a une année, toujours aussi digne et noble. Je me joins avec gratitude à la douleur de sa famille biologique et lui rend un hommage respectable. Que son âme repose en paix.  
Il n'y a pas de meilleure école que la vie. Il y a toujours des leçons à apprendre. 

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