7 sept. 2026

Héros ou criminel?

Héros ou criminel? C'est selon, répondrait un brave Congolais. Cela dépend. 

Honduras: Juan Orlando Hernandez condamné à 45 ans de prison pour traffic de drogues en 2024, grâcié par Trump, est retourné à Honduras. Son retour triomphal met fin à une humiliation dont il était innocent. Il parle de "chasse aux sorcières". Ce qui ne plait pas du tout aux Honduriens qui voient que les puissants et les riches sont protégés, et que la justice ne s'applique qu'aux faibles et aux pauvres.  
Serbie: Ratko Mladic, général criminel de guerre emprisonné à La Haye, est décédé, mais reçoit des honneurs funéraires de plusieurs milliers de partisans. Le monstrueux boucher de la Bosnie a été célébré comme un véritable héros national dans sa Serbie natale. 

Je ne m'arrête qu'à ces deux cas, car il y en a légion. Ces deux cas contradictoires montrent combien les notions de justice et de bien sont relatives. Justice pour quoi, où et comment? Bien pour qui, où et comment? Le président d'un des pays les plus sanguinaires du monde retourne, réhabilité et fort dans son pays pour faire taire les rumeurs qui jadis avaient justifié son extradition vers les US et sa condamnation à 45 ans de prison. C'était sans compter la grâce présidentielle de Mr Trump. Le voilà remis sur ses rails, prêt à défier ses détracteurs et pourquoi pas à retrouver les rènes du pouvoir. Plus grave encore, le pays Honduras ne le poursuivra pas en justice. Ce qui scandalise et révolte les opposants, les défenseurs de droits de l'homme ainsi que les paisibles citoyens soucieux de justice et de paix. Quant au général serbe emprisonné à La Haye, il a expié toute sa prison et y est mort. Et c'est qu'il est mort de suite de maladie, d'épuisement. Criminel pour la Cour Penale Internationale, héros national pour la Serbie. Des milliers de ses compatriotes sont allés l'accueillir pour montrer leur attachement aux bâtisseurs de la Serbie. De criminel de guerre, Mladic reçoit la couronne des élus de la nation serbe.

N'est pas héros qui veut. N'est pas criminel qui veut. Ce sont des concepts construits en fonction de la position qu'on défend. Ils sont relatifs et contradictoires. Comme Castro ou Hugo Chavez accusés comme des vils agents antiaméricains ou pro-russes, mais célébrés dans le monde anticapitaliste comme des héros nationaux adulés par leurs compatriotes. Chacun a sa mission. Et la mission de chacun à un espace et un temps. J'y reviendrai, je ne suis pas allé au bout de ma réflexion.  

 

 



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