2 déc. 2013

Joyeux Anniversaire à mes trésors: Chrystelle et Claver

3 décembre 2013. Ibangu et Mukawa totalisent 7 ans de vie. De cette lointaine ville de Groningue où je me trouve, je leur envoie mon amour et ma tendresse pour toutes les merveilles que Seigneur nous donne de vivre et partager ensemble. Gloire et louange à l'Eternel pour ce don de vie, de générosité et de partage! Oui, ces deux trésors réchauffent mon coeur à chaque fois que je les vois grandir, sourire, jouer, danser, crier, se plaindre, et même pleurer. Mes félicitations s'adressent spécialement à Clavère leur mère qui, alors que je sillonne monts et vallées de l'univers, demeure patiemment à leurs côtés sans réchigner ni se décourager. Happy Birthday and Many Happy Returns, Tsitella and Junior!

ADIEU TABU LEY, MAESTRO

ADIEU TABU LEY, LE MAESTRO DU CHANT (1939-2013)

Faute d'écrire sur mon blog que je ne réussis plus à ouvrir - pour des raisons techniques je suppose - je me contente de mettre un vibrant hommage sur Facebook à ce maître des muses, à ce talentueux artiste de la musique congolaise, africaine et universelle que fut Pascal Tabuku, alias Rochereau. Il a été à mes yeux, après la génération des Wendo ou... Kallé Jeff, le plus grand auteur-compositeur et la plus belle voix de notre univers musical. Il fallait l'écouter et le voir sur scène. Quel talent poétique! Quelle harmonie gestuelle! Quel travail de recherche et d'inspiration! Bref un excellent musicien qui cherchait l'essence du Beau dans ses oeuvres. Je ne lui trouve aucun concurrent sur le plan scénique et de la richesse du spectacle.
Et justement dimanche 24.11 à Bruxelles, dans la jeep de l'abbé JR Mifuku, nous avons encore savouré de sa musique sans savoir qu'il nous disait son adieu d'artiste et de soulageur de coeurs. Un chanteur de l'amour pas comme deux! Je pèse mes mots. Mon attachement aux Frères Soki a été inspiré par la veine poétique de Vieux Ngunza. Et hier, dans la froide solitude de Groningue, j'ai écouté les Soki et Ley dans Shauri Yako sur Youtube. Adieu maître de la chanson! Adieu Tenor inégalable qui a longtemps incarné notre fierté.
Dans ma jeunesse j'ai eu deux fois l'occasion de le rencontrer au pays et en Suisse. J'ai croisé quelques membres de sa famille. J'écrivais justement à un autre artiste, le critique et poète Jean Roudaut, lorsque l'annonce de cette mort m'est parvenue.
A sa famille et à la communauté culturelle qui pleurent ce monument de la musique mes condoléances les plus émues.
Seigneur Ley, puisse l'Eternel t'accueillir dans son royaume! Pesa Kashamankoyi na Karibu que tu as immortalisés par les trémolos de ta voix mbote mbote mingi! L'émotion est très forte, j'arrête là. Mon coeur te pleure, artiste des muses souterraines et célestes. Va en paix, Maestro! Kende malamu. Kwenda mbote! "C'est comme ça la vie", que tu as chanté une fois, car un artiste ne meurt jamais!

Groningen, 30 novembre 2013.

27 nov. 2013

27.11.2013

L'avant-midi j'ai préféré travailler à l'hôtel simplement parce qu'il m'aurait été impossible d'ouvrir l'Internet sur le computer mis à ma disposition. L'ID number dure quelques jours. J'en ai profité pour mettre les choses au point car il me reste trois jours à l'hôtel avant d'occuper la chambre qui m'est réservée dans un home universitaire.
A 13 heures, lunch à la mensa avec ma personne de contact, Dr Jeanette den Toonder. Visite à l'Institut Français où je m'informe des activités qu'organise la communauté francophone. Reprise de la clé de mon bureau et arrangement de mon programme pour le deuxième moitié de la semaine. Il y a demain un colloque sur les études canadiennes francophones et vendredi un séminaire sur les littératures minoritaires. J'essaierai de participer à ce deux activités. J'ai retenu trois interventions au programme.
A 15 heures, j'ai assisté dans le bâtiment administratif à une remise officielle de diplômes à quatre étudiantes de la faculté des lettres. Une cérémonie beaucoup plus simple que celle l'université des West Indies m'a habitué à voir ces dix dernières années. Les diplômés sont présentés personnellement, leurs thèses résumées, avant de recevoir leur document officiel et de signer le régistre des diplômes. Un maître de cérémonies préside cette remise, en présence de quatre membres officiels de l'université. Applaudissements, photos, félicitations. Tout s'enchaîne jusqu'à la clôture de l'événement. Comme quoi, chaque pays a ses traditions universitaires et populaires. Quoique cela se soit déroulé en néerlandais, le contexte a fait que je comprenne quelques mots sans vraiment saisir les détails. A Groningue, l'anglais se parle partout.
Peu après, je suis rentré à mon nouveau bureau pour enregistrer mes textes sur lesquels je vais travailler au cours des vingt jours qui suivent.

26 nov. 2013

A l'université royale de Groningue

Hier 25 novembre, je suis parti de Bruxelles-Midi à 6h18. Jean-Robert m'a déposé à 6 heures. Arrivé à Gronigue à 11h44, j'ai aussitôt cherché l'hôtel Friesland dans lequel je n'ai pas réussi à confirmer ma réservation. L'hôtel n'est pas situé loin de la gare, mais quand on ne sait pas, c'est de la mer à boire parfois. Autour de 13 h, j'ai pris le bus pour ce que je croyais être l'université selon les instructions reçues de l'hôtel. J'ai donc visité ce campus là pour y marquer des repères. Eh bien, c'était absolument faux. C'est ce matin que je le découvrirai, à mes dépends.
Pour mon rendez-vous avec le service des échanges universitaires d'Erasmus, je suis rentré. Ponctuel, j'y étais à 10 heures. Mais seulement au mauvais endroit, au mauvais campus. J'ai dû retourner à la gare car le chaufeur qui m'a conduit ne connaissait pas la rue. Puis repris un troisième bus pour m'y rendre. A ma surprise, la fameuse rue que je cherchais n'était pas du tout loin de mon hôtel. Moins de dix minutes ou dix au plus.
Le passage au bureau des Mobilités n'a pas duré car une des responsable n'y était pas. Il fallait rentrer entre 14 et 16 heures. Je suis revenu à l'hôtel vérifier si l'hôtelier avait réparé le chauffage et la fenêtre. Puis vers 12h30, j'ai repris le chemin de l'université, cette fois pour rencontrer Jeanette den Toonder. On s'est finalement vus à la mensa. Avec Jeanette, on s'était vus sans se connaître en 2011 à Waterloo, Canada, au colloque Roman et mémoire organisé par François Paré et Tara Collington. En effet, les actes publiés comportent nos articles.
Le tour des édifices et des bureaux a duré relativement long. Il fallait trouver un bureau pour moi, obtenir un ID, signer ceci et cela, etc. Dans le couloir, j'ai retrouvé Dagmar Reichardt sans la reconnaître du premier coup. Jeanette nous présente l'un à l'autre:
"Look, this is Kahiudi Mabana, who is here in the framework of Erasmus.
"My name is Dagmar.
"I know somebody with the same name.
"It is actually a Sweedish name. My father gave me it. As a child, I was called Magda instead.
Puis, on s'est séparés. Jeanette devait me conduire à un bureau pour je ne sais plus quoi. Ah pour que je sois en mesure d'utiliser le computer, d'accéder à la bibliothèque et même au "café". Je devais remplir un formulaire pour cela mais elle a dû vite partir pour récupérer son enfant de l'école. Lorsque sa collègue m'a conduit à la photocopieuse, j'ai retrouvé Dagmar. Et nous avons réengagé notre conversation.
- What's your name again?
- Dagmar
- And what's yours?
- Kahiudi
- Mais c'est mon ami Claver, s'est-elle écriée en français. On s'est vus à Michigan en ...
- Beh oui, Dagmar, et on a publié ensemble une entrée "Aimé Césaire" pour Metzler Lexikon Weltliteratur.
On s'est embrassés, étonnés et surpris de ne nous être pas reconnus du premier coup. Mais le magnétisme a fonctionné. Allez me dire que j'ai une mémoire fabuleuse. Le temps a fait que chacun de nous a changé, car on s'est rencontrés en 2005 à la conférence de Michigan Academy.
A Groningue donc, moi qui me croyais étranger au début, ne le suis pas tout à fait.


Le colloque de Paris-Créteil: 21-22 novembre 2013

"Littératures en langues françaises: histoire, mythes et création", tel est le titre du colloque international organisé conjointement par l'UPEC (Université de Paris-Est Créteil) et l'AUF (Agence Universitaires de la Francophonie) en partenariat avec Laval, Omar Bongo, Craïova, !roraina, Maldova, et le CIEF da la Sorbonne. Les profs Papa Samba Diop et Alain Vuillemin étaient les maîtres d'orchestre à Paris-Créteil. Six ateliers concomittants en deux-trois sessions de trois présentations ont constitué les vingt-huit ateliers initialement prévus. Le premier jour on a assisté après l'ouverture officielle, à une table-ronde rassemblant Ndhembi et Caya Makhele, animée par Jacques Chevrier, professeur émerite. La conférence inaugurale de Samba Diop a porté sur les tendances observées actuellement en littérature subsaharïenne.
A la pause, c'était un temps de retrouvailles et de connaissances de personnes connues à travers leurs publications. Retrouvailles entre autres avec Justin Bisanswa, Olga Hel Bongo, Romuald Fonkwa, Valentina Tarquini, Williams, Léontine Gweye, Selom Gbanou, Caya Makhele, Jacques Chevrier. Sylvère Mbondombari du Gabon n'est pas venu. Connaissance avec Marie-Rose Abomo-Maurin, Amuri Mpala, Céline Gahungu,Elise Adjoumani, Alain Vuillemin ou Papa Samba Diop. A ce dernier, j'ai demandé si c'est lui qui avait écrit un compte-rendu sur mon livre Des transpositions... dans Research in African Literature. Je voyais Abomo-Maurin pour la première fois bien que j'ae collaboré à son collectif Tchicaya U Tam'si ou l'éternelle quête de l'humanité de l'homme en 2010. J'ai aussitôt pensé à régler mon litige financier avec elle à l'issue de cette collaboration. J'ai fait de bonnes confusions: j'ai attribué à Léontine Gweye la nationalité gabonaise alors qu'elle est ivoirienne. Je tenais à mettre un visage sur le nom de mon collègue de L'shi, Amuri Mpala qui a publié un excellent livre sur Tchicaya. Bref, des rencontres formidables. Puis a commencé la présentation des contributions individuelles. J'ai suivi Fonkoua et Bisanswa avec beaucoup de plaisir. Des exposés d'une facture exceptionnelle en terme de recherche et de pertinence.
Ma propre présentation "Des littératures-mondes aux francophonies périphériques" était prévue pour 16h45, mais elle a eu lieu trente minutes plus tard. J'y ai présenté le livre d'Oana Panaïté et mon propre livre en insistant sur leur dimension théorique comme étant des tentatives de résolution du conflit français vs francophone. Le débat qui s'en est suivi était intéressant, mais je devrai éliminer quelques éléments de mon texte qui sera publié dans les actes.
Peu après, mon beau-frère Dr Donatien Mosimi est passé me chercher à la bouche du métro Créteil-Université. Et nous sommes partis pour Coulommiers. Là, une surprise, car peu de temps après notre arrivée, il m'a demandé de l'accompagner voir quelqu'un. Savez-vous qui? Me Grégoire Munoko, procureur général de la république. Quelles retrouvailles! Nous avons passé près d'une heure à l'hôtel où était logé mon illustre cousin paternel à parler comme tous les Kalondais de Kalonda, de la famille et de la vie. Un moment très touchant pour moi.  Le matin suivant, Donat nous a reconduits tous les deux à Paris.
La deuxième journée du colloque était marquée par la présence d'un écrivain roumain, Viesniec Matei, qui nous a parlé de son expérience d'écrivain devenu francophone par la force des choses et par choix. Il écrit ses pièces de théâtre en français, mais ses romans s'écrivent en roumain. On peut le comprendre. J'y ai appris que quand Caeucescou avait fui Bucarest et que le pouvoir était dans la rue, c'est un poète qui a rappelé la population au calme avant que les politiciens ne récupèrent l'arène politique. Ainsi que l'immense contribution de deux comédiens roumains à aider la population à panser ses plaies.
Dans l'après-midi, j'ai suivi l'intervention d'Elise Adjoumani de Cocodi, Abidjan: "Ecritures francophones hybrides: révélatrices d'une diversité ou d'une identité des littérures d'expression française". Exactement le sujet sur lequel je travaille et pour lequel j'ai obtenu une bourse de recherche à Gronigue. Une présentation très instructive selon moi par une jeune chercheuse qui, je vous assure, possède une carrière exceptionnelle devant elle.
Bref, une très bonne conférence dans l'ensemble sur le plan de la qualité des sujets et de l'organisation. Deux couacs: on nous a donné des stylos mais pas de bloc-notes sur lesquels prendre des notes; aux pauses-cafés il n'y avait que des croissants, du café avec sucre sans lait. A la française quoi! Pas de thé. Je conseillerais à l'avenir de disposer une logistique plus efficace. J'ai vu pire ailleurs. Je suis parti après avoir réglé le compte d'Abomo-Maurin. Le retour à Coulommiers a été en douceur malgré la basse de temperatures autour de 1°.

19.11.2013



19 novembre 2013. Parti hier de la Barbade, je suis arrivé ce matin à Frankfurt à 10h30. 6° C contre 28° au départ de la Barbade. Il était 11h15 lorsque je suis sorti de l’aérogare, informé que mon bagage était embarqué sur la connexion pour Amsterdam. Il me fallait donc prendre une carte d’embarquement auprès du guichet de la Lufthansa. Un petit problème s’est posé, le bagage n’était pas enregistré correctement. Dès que je me suis libéré de ce doute, j’ai appelé la Barbade. Claver Jr a pris l’appareil car il était exactement 6 h là bas. Ils se réveillaient pour se préparer pour l’école. Ensuite, j’ai appelé Mme Schmitt pour l’alerter de mon passage. J’ai tenté de joindre les Français. J’ai appelé mon frère Rigo, sans succès également. A 12h35, je me suis embarqué sur la Lufthansa qui m’a déposé à Amsterdam. De là, j’ai pris le train Thalys à 14h34 pour Paris-Nord, via Rotterdam, Anvers, Bruxelles. Curieusement, depuis des années, je n’ai jamais visité Amsterdam sauf la gare ou l’aéroport. Je suis en route pour Paris.
Que des souvenirs en survolant Frankfurt et la Hollande. J’avais passé en 1980 un séjour mémorable avec le Père Bernard Overgoor svd dans sa famille à Stoutenbourg, près d’Utrecht. D’en haut, j’ai retrouvé le joli paysage hollandais jadis cultivé de betteraves, de maïs et de fleurs, aujourd’hui vide dans la tristesse séculaire hivernale.  Le passage par Anvers m’a rappelé deux ou trois voyages dont l’un en 1993 pour y embarquer une voiture Peugeot 305. Le tout dernier voyage à Anvers a eu lieu  en 2008 avec Chrystelle, Claver et leur maman. On était allés en voiture depuis Coulommiers pour rencontrer Mr José Mosimi. Bruxelles, n’en parlons pas. Encore plus de souvenir depuis ma rencontre légendaire en 80 avec le père Malfliet (Lufweleti ou Kayefwa). C’est en effet le prêtre qui m’a baptisé un certain 19 mai, trois semaines après ma naissance. Et beaucoup d’autres souvenirs…

17 nov. 2013

Kienge, Taubira ... Obama: le même combat

Victimes d'un même fléau, ces trois figures représentent en ce temps toute la misère que subissent les Noirs en Europe et aux Etats-Unis. Discrimination raciale, ai-je dit? Certaines choses arrivent, certains problèmes surgissent, certains propos humiliants sont tenus, certaines affaires se compliquent parce que c'est eux. Il y aurait eu d'autres personnes à leur place que rien ne fût arrivé. Ils affrontent la haine raciale, le dénigrement, la gifle au visage, la méprise et le dédain arrogant de leurs compatriotes simplement parce qu'ils sont d'une autre race. Ils dérangent. Kienge, Taubira ... Obama livrent le même combat.
Et ce combat est loin d'être gagné malgré le fait que leur présence à ces étages de l'échelle sociale soit due à leur valeur et à leur parcours personnels en tant qu'être humain. Comme disait Dambudzo Marechera: "I have never met an African but only human beings". Leur vrai combat est d'acquérir le statut d'homme auprès de leurs compatriotes peu enclins à le reconnaître, bloqués par des préjugés révolus. Tel a été le combat des mouvements New Negro, Harlem Renaissance, Négritude, African Personality, Ujama, etc. Ce combat gagné idéologiquement n'a jamais franchi le seuil de la mentalité.
Or la mentalité est pire que tout. La déraciner revient à une gageure de titan. Une mentalité couvre un réseau très complexe de stéréotypes, de sous-entendus, de clichés et d'irrationnels qui, mythiquement, meuvent l'esprit et l'agir de l'homme. Des lapsus de façade et de profondeur. Tant que l'ordre économique et politique mondial sera dominé par les Blancs, les autres races seront toujours rejetées au rang du non-existant et du néant. Une rhétorique difficile à accepter mais qui correspond à l'expérience des personnes de race noire partout où ils cohabitent avec les autres races.
Un combat de titans! Etant les premiers dans leur catégories, nos vaillantes icones parmi d'autres nombreuses connues, inconnues ou méconnues, servent de cobaye au bouleversement de l'histoire qui se trame sous nos yeux. L'heure est venue où la prise de conscience des injustices, des inégalités et des déséquilibres qui existent dans le monde devra mener à des actions concrètes de pacification et de recherche d'harmonie. Mais le chemin est encore long, très long même. Kienge, Taubira ... Obama, et bien d'autres de leur race, forment les paradigmes du combat gagné quoiqu'encore contesté. Nul ne pourrait arrêter la roue de l'histoire: elle tourne, tourne et tourne dans un sens bien donné. Celui de la victoire de l'humain.