13 nov. 2014

Ideology and Religion in Francophone Novels from Africa



Ideology and Religion in Francophone Novels from Africa 
(Cave Hill International Philosophy Symposium, 13 November 2014) 
   
I choose to discuss the topic from three novels produced by African writers from different horizons. I will use Mudimbe’s Entre les eaux (1975) translated as Between Tides in 1991, Boris Boubacar Diop’s Les tambours de la mémoire (1990) and Ahmadou Kourouma’s Allah n’est pas obligé (2000). Pierre Landu, the protagonist of Between Tides is a former catholic priest who in an effort to fight capitalism and exploitation of the poor by the rich joins a Marxist-Leninist guerilla which preaches a proletarian Revolution. In Les tambours de la mémoire, Fadel Sarr, the son of billionaire, is inspired by the dream of peace and justice to join Queen Johanna Simentho in the Kingdom of Wissombo. Ahmadou Kourouma presents us an Ivorian twelve years old child, Birahima, who is involved in the wars that invade Liberia and Sierra Leone. What unites the three novels is the fact that they are all about religion. These novels all show the incapacity of religions, be it Christian belief or Islamic action to create a nation of peace, justice and work for all. Beyond the ontological question of how to live in a world of harmony and understanding among peoples of different descents rises the reality of ideology, dream and war as means to achieve human fulfillment.
My paper seeks to philosophically question the impact of religion over the consciousness of human being as an impulsive force to overcome inequality and build a better world. The provocative title chosen by Kourouma, stating that Allah is not obliged to be just, shows the limits of religion in the construction of a nation. That a priest quits his Christian belief to embrace revolutionary thesis and radically reorient his life posits the question about the essence of religious and political behavior. The final aim of this paper is to critically identify the raisons d’être of ideology and religion in the building process of a human being and a nation. Published by a Congolese, a Senegalese and an Ivorian, the novels reflect at three historical moments of Africa the political situations of Africa recently hit by the Arab Spring, Boko Aram, Al Shabab or LRA of John Koni. The paper constitutes a start of a wider reflection on African leadership, “Africa and Religions”, relation between ideology and nation building.

C

11 nov. 2014

Quoi de neuf au pays d'honnêtes gens?

Cette question me rappelle toujours une personne: Shemsi Fleury. Mais il n'est pas question de parler d'elle aujourd'hui. Son tour viendra. Mon regard se tourne vers le Burkina Faso, pays aux multiples surprises. Une expression est entendue ces derniers: une transition gérée par des civils! Les paroles sont belles, mais la réalité traîne à prendre le pas. Que M. Zida rende le pouvoir aux civils relève, je peux me tromper, de l'illusion. Je ne le vois pas céder si facilement. Qu'on se le dise, c'est la loi du plus fort qui règne dans la jungle burkinabé. Que des soldats sautent sur la poire coupée par des civils, cela s'est vu; mais qu'ils rendent le pouvoir aussi aisément que cela s'entend dire, montrera la cohésion nationale burkinabé. Ne soyons pas dupes: il y a des tractations souterraines dans tous les sens. Mais l'armée avec ses armes demeure aux commandes de l'édifice et n'entend pas du tout s'en priver.
Shese, personnage du sinistre Nnikon Nniku dans le Destin glorieux de NN de Tchcicaya U Tam'si explique comment les militaires en arrivent à prendre le pouvoir: "C'est la faiblesse des civils qui force les militaires à leur porter secours ou à remettre de l'ordre" (Citation à corriger car je la reprends de mémoire). Les tendances se dessinent déjà petit à petit.

9 nov. 2014

Maman Madeleine Mbeinse (1930-2005): neuf ans déjà.

9 novembre 2005 - 9 novembre 2014. Neuf ans depuis que Maman Mbeinse-Mosimi est morte. Neuf ans qu'elle est partie de nos yeux, mais son souvenir affectueux est toujours présent dans notre vie. Comment dire? Maman Madeleine depuis le premier jour de notre rencontre, est demeurée très gentille, douce, accueillante à mon égard. Cela s'est prouvé à Bandundu, à Kinshasa comme à Paris et à Berlin où elle a passé un mois en notre compagnie. Pour la petite histoire, sa photo-éphigie mortuaire a été faite par moi-même à Berlin, au jardin du chateau de Charlottenburg. Femme très douée pour le commerce et les affaires, elle a légué à ses enfants le sens pratique et réaliste dans la gestion de leur vie. Elle leur a également légué sa gentillesse et sa fermeté.
Combien de fois à Berlin, sur l'avenue Kaiserin Augusta Allée, elle m'a prodigué de conseils? Au milieu de nos rires et plaisanteries, elle ne cessait de répéter la dignité qu'il faudrait tenir dans la vie. La faute d'une autre personne ne peut jamais être couverte par une autre faute. Assume entièrement tes responsabilités sans te référer à d'autres personnes, m'a-t-elle dit. Cette leçon-là correspond à un de mes propres principes de vie.
2005. On hésitait à partir pour la RDC à cause des troubles qui s'annonçaient pour le 30 juin. Pour moi, il était essentiel que nous revoyions nos parents vu que le temps était de l'or; que chaque jour passé avec eux était une bénédiction; que toute conversation entretenue avec eux était une bénédiction. Cette intuition-là était la bonne. C'est la dernière fois que Clavère a vu sa chère maman car elle est décédée trois mois après notre retour du Congo. Paix à son âme!
Maman, vanda mbote, na ngemba na kifulu nge kele. Nge monaka bamapasa ve, ndoyi na nge Madeleine ke yulaka nge mingi. Yindulaka beto yonso! Sambilaka Mfumu Nzambi sambu na beto.

8 nov. 2014

Réaction de Gigie

"Claver,
Je retarde mon voyage de Ouaga de peur de me voir bloquée tant que le paysage ne s'éclaircit pas. Les négociations en cours sont difficiles et ne présagent rien de certain quoique les politiques prétendent le contraire. J'ai parlé au téléphone avec une cousine qui me déconseille de m'y rendre, et dit qu'on craint un bain de sang plus grave dans les jours qui viennent. Soutenu par l'armée, Zida refuse de se plier aux injonctions de qui que ce soit, et affine ses pions pour se maintenir au pouvoir. Etc....
J'ai bien aimé tes interventions sur le Burkina Faso et Compaoré. Beh décidément tu n'as pas froid aux yeux. On dirait que l'expérience de ton pays t'a marqué à tout jamais. Tu dresses un portrait du dictateur comme si tu lisais dans son coeur, comme si tu étais le dictateur en personne; je ne serais jamais de moi-même arrivée à ces idées. Je suis vraiment impressionnée par la véracité de ce que tu avances. Le dictateur africain, on l'a vu, se maintient au pouvoir plus pour sauver sa propre vie que pour autre chose. (...)
Est-ce vrai que des gens de ton pays sont venus au parlement de Ouagadougou s'inspirer de la solution burkinabé au changement de la constitution? Chaque pays a ses particularités. Voyons d'abord comment va aboutir la transition chez nous. Etc...
A la prochaine! 
Gg (Email du 7 novembre 2014)


Réponse:
"Gigie, 
Merci encore une fois pour ton mot. Je comprends ton engouement pour ton pays, c'est ton droit légitime et inaliénable, mais avoue qu'au vu de ce qui s'y passe actuellement, il y a de quoi se poser des questions.
Je tiens à te répéter que les idées que je défends sur ce blog, quoiqu'elles se vérifient parfois ou souvent, n'engagent que moi. Je regarde la politique à travers des prismes littéraires, de la mise en scène. J'aime bien prédire, anticiper plutôt que d'attendre que l'étau se referme sur moi.
Quant à la présence des représentants de mon pays au parlement burkinabé, je n'en sais rien. J'ai lu quelque chose là-dessus sur Facebook, mais je ne peux rien confirmer tellement mes compatriotes savent inventer des histoires. La politique, je le soutiens toujours, c'est l'art du mensonge. Je retiens cependant ta phrase: "Chaque pays a ses particularités". Les Congolais en discutent avec passion selon qu'ils sont de la majorité ou de l'opposition ou encore de la société civile. C'est difficile d'en juger depuis l'extérieur. On a encore deux ans et d'ici-là une tendance se dessinera clairement.
Ouvrons donc les yeux et voyons.
C "

5 nov. 2014

You make me feel like an orphan

- Hug, Hug, Claver Jr said.
- No hug. Take a shower before anything. His mother said.
- You make me feel like an orphan.
- Come back, come back. You are not an orphan. It's me the one  who is an orphan. His mother said.
- No, mummy. Chrystelle intervenes. Mother Mary is your mother though she is white. Jesus is your brother though he is white.
It was this evening of November 5, 2014. I heard everything, I decided to write it down just to remind that the skin colour is an issue even by children.

2 nov. 2014

Démocratie, une fois de plus!

Le cas du Burkina Faso est riche en instructions pour un observateur sans ambition politique. Ce que je soutiens à propos de la démocratie en Afrique se vérifie tous les jours qui passent. Démocratie, c'est juste un mot pour couvrir les actions d'une pègre au pouvoir. Ils mettent en place des institutions dites démocratiquement établies alors que personne n'y croit. Tout est sujet à soupçon: au lieu de gouverner, on passe le temps à mijoter des calculs. On veut garder le pouvoir sans tenir compte des règles du jeu inscrites dans la Constitution du pays. 
Démocratie, c'est un prétexte pour se pérenniser au pouvoir. Une loi fondamentale qui devrait régir les institutions du pays se voit piétinée par les ambitions d'un seul individu soit-disant élu au nom de cette même constitution taillée sur mesure. Le plus surprenant est qu'il y a des juristes constitutionalistes - certains formés dans de grandes écoles de droit - qui, aveuglés par leur fascination pour leur parain, s'adonnent à ce malsain exercice de justifier le changement de constitution. Des millions de dollars sont distribués en coulisse pour que l'Assemblée entérine à une majorité écrasante ces bricolages politiques. C'est cela la démocratie africaine.
Parlez-moi de cour suprême de justice, de commission électorale indépendante, de referendum populaire improvisé, de zigzags électoraux... qui n'ont de crédibilité que dans la tête de ceux qui les créent ou qui s'en enrichissent illégalement. Le jour où Hollande ou Obama ou leurs partis proposeraient de changer la constitution pour des intérêts personnels, ils seraient automatiquement sommés d'abdiquer et leurs partis condamnés à des réparations. C'est cela la différence entre un pays démocratique et un autre qui ne l'est pas. Dans le premier les institutions sont solides, indéboulonnables; dans le second, c'est la volonté du despote qui décide de tout. Dans le premier, la justice est indépendante; dans le second, la justice obéit à la volonté sanguinaire du despote. Dans le premier, on va aux élections démocratiques; dans le second, on bourre les urnes et falsifie les données informatiques. Dans le premier, la justice punit; dans le second, le despote est intouchable, au dessus de la loi, corrompu et pilleur des finances nationales qui lui servent d'argent de poche. Dans le premier le salaire du président est connu; dans le second, le salaire du président est un secret d'état, un secret-défense. La litanie peut continuer infiniment.
On joue à la démocratie plutôt qu'à la pratiquer. La réalité montre que nous, on n'est pas démocratique. A tous les niveaux règne la corruption, l'argent décide de l'issue du scrutin. L'élu du peuple achète les voix de ses électeurs comme on achète des cachuètes au coin de la rue. Arpès la campagne, tous les candidats se rue vers la capitale afin de "soutenir leurs dossiers" moyennant espèces sonnantes.  Suivez partout en Afrique les campagnes, surtout les fins chaotiques des campagnes électorales pour vous rendre compte des drames que provoque l'exercice démocratique. Quelqu'un qui n'a eu que 48 voix prétend avoir été élu par une majorité écrasante, et siège paisiblement au parlement de son pays. Parlez-moi encore de démocratie!
Souvenons-nous de la phrase de Lumumba: "... que quelqu'un avec 12 voix puisse former un parti majoritaire contre la volonté du peuple... ça n'existe pas Monsieur". Cela s'est vu, même de son vivant.
La démocratie, ce n'est décidément pas pour nous. Laissons-là aux propriétaires, aux Européens ou aux Occidentaux qui ont créé le "mot".
Nnikon Nniku de Tchicaya U Tam'si avait pleinement raison: "La Constitution, c'est moi". Il a décrété d'être sacré président à vie par un sorcier. N'est-ce pas plus conforme à nos vénérables traditions africaines? A cela, je crois moi.

1 nov. 2014

"Un dictateur peut en cacher un autre"

Cette réflexion me vient du mot de Gigie et de son coup de fil peu après. Elle m'a dit à peu près ceci: "Dans ton email tu avais raison, tu as même prédit cela. Il ne s'est même pas passé vingt quatre heures avant que la course au pouvoir ne se déclenche. Les militaires se sont rués dessus comme sur une manne tombée du ciel." Je lui ai répondu qu'à mon avis de littéraire, le scénario était monté, répété... afin que les militaires s'emparent du pouvoir et laissent l'oiseau rare filer tranquillement vers Yamoussoukro. Un cycle de dictature a fini, un autre commence. Et que devient le peuple à qui on vole sa révolution?
1. Président hier, prévenu de justice aujourd'hui. Président déchu. Aussitôt forcé de quitter le pouvoir, l'ex président burkinabé a pris le chemin de l'exil. Pourquoi ne pouvait-il pas rester à Ouagadougou? C'est le sort des potentats africains. Pour avoir commis beaucoup de crimes, pour avoir privé de nombreux enfants de leurs parents, pour avoir éliminer des individus qui leur faisaient de l'ombre, les dictateurs prennent tous le chemin de l'exil. Il leur est impossible de redevenir simple citoyen de leur pays. Cela, c'est aussi un signe de démocratie africaine. Compaoré voulait changer la constitution de son pays afin de se représenter aux élections présidentielles pour la enième fois. Mauvais calcul cette fois. Vingt-sept ans de pouvoir despotique sans partage, c'en était trop pour les Burkinabé qui ont dit "Niet". Et le peuple résolu a montré sa force: un peuple uni derrière un idéal ne peut que vaincre tous les défis. Vingt-sept ans de pouvoir, et il voulait encore un autre mandat? Il se voulait en réalité président à vie sous le subterfuge de l'élection. Vingt-sept ans de présidence, que cherchait-il encore à prouver comme si le pays lui appartenait entièremen?. Dieu intouchable dans son habitacle de palais! Voilà que le peuple a montré sa force.
2. La leçon de l'histoire. Beaucoup de dictateurs ont mal fini leurs vies. Beaucoup avaient rêvé de grandioses funérailles nationales mais sont décédés dans l'anonymat total. Beaucoup rêvaient de gloire éternelle, ils ont fin en geôle ou dans un coin perdu. Idi Amin, Bokassa, Mobutu... ont connu des sorts particuliers. D'autres plus rusés ont réussi à mourir au pouvoir, mais à quel prix? Bongo, le Vieux Houphouêt, Eyadema, Kadhafi ne pouvaient mourir qu'au pouvoir de la même façon qu'y ont cru ou y croient encore Moubarak, Mugabe,  Obiang, Dos Santos, Museveni, Kagamé, etc. D'autres les suivent sur la voie de l'usurpation politique. Leur force, c'est l'armée armée jusqu'aux dents. Leur arme, c'est la corruption. La jeune génération de présidents africains tend aussi vers le pouvoir éternel ou à vie. Pas question de céder car ce serait humiliation, "sign of cowardice" comme dit Mugabé. Ces tyrans restent dans leurs pays qu'ils pillent et saignent à blanc tant qu'ils ont le pouvoir. Sinon, soit ils meurent, soit ils fuient après avoir tué le plus de monde possible. Observons l'évolution des choses au surprenant Burkina Faso! Je revois Thomas Sankara sur les visages de Zida ou Traoré. L'un des deux sera écarté à coup sûr.
Pour un homme de lettres, le schéma est le même. Le despote s'assigne le droit de briguer un mandat, met ses pions en place, menace les récalcitrants lorsqu'il ne les tue pas grâce à ses sbires et autres hommes de mains, corrompt les plus influents et musellent les institutions gagnées à coup de millions à son sort. Aveuglé par son ambition, le tyran croit que ce qui arrive à son voisin, n'arrivera jamais chez lui ni à lui tant que sa garde prétorienne lui sert de rempart. Il doit assurer leur paiement, leur inventer des primes afin d'acheter leur fidélité. Mais il ignore que toute chose a une fin. L'éviction du tout-puissant Compaoré donne une véritable leçon d'histoire.