27 nov. 2014

Happy Birthday Djoma

Today Djoma is celebrating her birthday. A milestone in her life. May the Lord bless her!
Mboti mama. Nzambi kakuheka luzingu ye kiesi ye ngemba ye bwesi ye biosu. Wa kola, wa kola, wa kola. Big big hugs. C

23 nov. 2014

Bon Anniversaire Khoso

Nicolas fête aujourd'hui son anniversaire. J'étais en cinquième année littéraire à Kalonda lorsqu'il est né. Mais, par la magie de l'histoire et des circonstances indépendantes de sa volonté, cet anniversaire tombe lorsque j'étais en sixième. Comme quatre peut s'écrire onze chez certaines gens, avril s'est transformé en novembre. Voilà la clé de l'énigme!
Quoi qu'il en soit, meilleurs voeux à mon cher frère cadet. Qu'en ce jour mémorable l'Eternel lui accorde grâces et bénédictions en abondance! Ad multos annos!
C

21 nov. 2014

Nicolas Berends

« En ce jour-là, Marie s’est rapidement mise en route vers la maison de sa cousine Elisabeth… »
 
Chers frères,
« Ma santé va très mal, viens me voir encore une fois »
C’est en ces et ses termes que l’abbé Nicolas Berends s’est adressé à l’abbé Willy Wele-Wele le priant de communiquer son numéro de téléphone à l’abbé Henri Tamuzi, Ce lundi 17 novembre 2014.
Après lui avoir téléphoné, il a, une fois de plus, repris : « Venez le plus vite que possible ». L’heure n’était plus aux hésitations. Nous avions décidé ces 19 et 20 novembre, en dépit de nos charges pastorales, de prendre la route pour aller le voir dans son appartement à Arnhem et nous rendre compte concrètement de son état de santé. Oui, effectivement sa santé va très mal.
« Non, le corps médical qui le suit et l’accompagne depuis son dernier départ et sa rentrée du Congo-Kinshasa ne peut plus rien faire d’extraordinaire » et nous en sommes témoins. Il n’avait pas d’autre choix aujourd’hui, sinon quitter sa résidence pour un centre des soins palliatifs. Notre présence était prophétique ; car il pouvait partir aujourd’hui. Oui, le Seigneur est grand.
Nous avons pu, après plusieurs difficultés de connexion, joindre Monseigneur Jean Gaspard Mudiso ; et ils ont pris du temps de dialoguer.
Nico nous demande de prier avec et pour lui et de venir, si c’est possible, à son enterrement.
« Peuple des baptisés marche vers ta Lumière
Le Christ est ressuscité, alléluia, alléluia »
 
Pour Nico Berends,
Willy Wele-Wele et Henri Tamuzi

20 nov. 2014

Isaac Zida, l'homme de la situation

Après avoir pris le pouvoir, le voilà aujourd'hui nommé premier ministre de la transition burkinabé. Coup de chapeau à ce gradé de l'armée qui a servi Blaise Compaoré et maintenu avec une habileté admirable le cap de la paix civile dans son pays. L'armée a certes remis le pouvoir aux civils, mais demeure maître de la situation. L'ordre est au centre de l'exécutif burkinabé. Un signe fort, apaisant et rassurant aux yeux du peuple! Restons cependant vigilants: armée et démocratie coopèrent difficilement en Afrique. C'est le pari de Zida, de réussir là où d'autres ont échoué avant lui. Pour nous qui avons un certain âge, relire l'histoire de la Haute-Volta, reconsidérer l'évolution du Burkina Faso et apprécier le revirement actuel de la situation constituent des exercices qui aident à explorer l'originalité du pays des hommes intègres.

16 nov. 2014

L'armée en Afrique

Depuis les Mobutu, les Bokasa, les Bongo jusqu'au derniers carrés, les militaires ont toujours recouru à la force pour prendre le pouvoir. Les coups d'état militaires sont légion en Afrique, seule la forme change d'un pays à l'autre. Dans certains pays et dans certains cas, les changements sont sanglants; dans d'autres, aucune goutte ne coule mais on prend soin de neutraliser les forces négatives. Certains pays ont connu des putsch à répétition, d'autres ont été stabilisés par des militaires rendant le pouvoir aux civils ou redevenant civils. Tout ceci m'amène à dire que le passage par l'armée est une voie obligée ou privilégiée pour la prise du pouvoir en Afrique. Signe évident de manque de démocratie quoi que prétendent les slogans qui accompagnent le dictateur illuminé. J'ai bien dit démocratie, et je sais de quoi je parle. Un mot qui appartient à nos anciens maîtres colonisateurs qui en gardent le sens. Chez nous, c'est de l'imposture. Il y aura démocratie en Afrique le jour où, comme ailleurs, les militaires s'abstiendront définitivement de prendre le pouvoir.
Venons-en à l'armée. Sur papier, il est dit que l'armée protège le pays, défend ses frontières et assurent la sécurité des citoyens. Je suis toujours impressionné sur les autoroutes européennes, lorsqu'il m'arrive de croiser des véhicules militaires. Modèles de conduite, ces véhicules suivent à la lettre le code de la route, la limitation des vitesses. Au Congo, on les appelle "Foti ya motuka" (Faute du véhicule). Les véhicules militaires causent de nombreux accidents mortels, parfois et souvent à des endroits où l'on imaginerait mal un accident se produire. "Ce n'est pas ma faute, c'est la faute du véhicule", ainsi se dédouanent ces malfrats de leur criminelle conduite.
L'armée, c'est le banditisme au sommet de la sécurité du pays. Nos armées d'Afrique défendent souvent les autorités au pouvoir, pas forcément le territoire national. La garde prétorienne est souvent mieux équipée que l'armée régulière. Les déconvenues qu'elles connaissent poussent souvent à se poser la question de leurs rôles. Un vaste territoire est pris au Nigéria, des villes sont occupées par Boko Haram, et on dit que l'armée nigériane est une grande puissance militaire. De quoi vraiment se poser des questions! Complicité, veulerie, irresponsabilité? Trois cent filles sont kidnapées de leur école sans aucune tentative de récupération! A se demander à quoi elle sert ou quels intérêts elle sert!
Que des pays soient envahis par des rebellions, souvent sans une résistance sérieuse, doit nous amener à repenser le rôle de l'armée. Des fois, la population est mieux traitée, protégée, par les rebelles que par l'armée nationale censée pourtant la protéger. On voit les officiers supérieurs détourner ou s'approprier de biens d'autrui, s'enrichir à vue d'oeil lorsqu'ils reviennent des campagnes à l'intérieur du pays. Les soldats sont souvent assimilés aux voleurs, bandits, tueurs, brigands, violeurs, etc. Dans les villes, ils causent plus d'insécurité et de crimes que les brigands civils. Soldat ou agent de l'ordre le jour, le même soldat devient bandit la nuit. Un régime militaire est, qu'on l'accepte ou non, toujours un régime qui terrorise sa population qu'il est pourtant censé protéger et rassurer. Les armes restent comme pointées contre les citoyens intimidés et sommés sous peine de mourir de "flatter" le militaire au pouvoir. C'est la peur et l'intimidation qui assurent la vie de ces régimes. Tout le monde le sait, mais personne n'ose le dire. Et des millions de dollars sont distribués pour corrompre ou acheter l'adhésion, la soumission pacifique des citoyens.
L'armée peut à tout moment renverser le régime en place, parce qu'elle dispose d'armes. C'est vraiment la loi de la jungle qui règne. Dans certains pays comme l'Egypte, sauf exception, il n'y a que des généraux qui deviennent présidents. Un général se fait plus craindre et respecter qu'un civil. L'arme est à elle seule un langage. Jean-Pierre Bemba ne s'était-il pas proclamé général pendant sa rébellion entre 98 et 01? Et le plus fort, militairement, a le pouvoir. Le cas du Burkina Faso est intéressant à plus d'un titre. Zida a eu la sagesse de "céder aux pressions", mais il ne faut pas oublier qu'il a, ainsi faisant, manifesté ses ambitions et que ce ne serait jusqu'à preuve du contraire que partie remise. Un Rawlings burkinabé sans doute! Quoi qu'il en soit, l'armée pèse de tout son poids dans ce processus démocratique.

Du neuf au pays des hommes intègres


1. Charte de la transition. La charte de la transition a été signée; le colonel Zida a signé son retrait et  M.  Michel Kafando est devenu ce lundi 16 nove€mbre président de la transition. Une transmission qui en dit long, et contredit mes propres supputations antérieures. Chapeau, car la sagesse d'un peuple a prévalu. La transition est ouverte: l'après-Compaoré entre dans sa phase décisive.
2. Constitution suspendue, constitution restaurée. L'armée a suspendu la constitution dans un élan qui avait tout l'air d'un coup d'état, usurpant de facto le mouvement révolutionnaire initié par des civils. Zida est devenu l'homme fort à la suite de tractations des officiers de l'armée. Il y a quelques jours, n'y pouvant plus rien tellement la pression locale et extérieure était forte, il a rétabli la constitution. Autant dire l'arbitraire qui a eu lieu pendant deux semaines. Ce qui confirme la fragilité de nos institutions démocratiques. N'importe qui peut, pourvu qu'il soit lourdement armé, impunément suspendre la loi fondamentale qui régit les institutions du pays. Chose impossible dans un pays démocratique.
3. Quoi qu'il en soit, tout est bien qui finit bien. L'armée a été remise à sa place comme institution de défense et de sécurité. Aux civils de diriger la transition. Le vide est désormais comblé. A un moment donne, je m'attendais à une solution du genre Samuel Doe c'est-à-dire que Zida aurait, séance tenante, échangé ses galons contre un costume civil pour parachever la transition. Mais la sinistre farce n'a pas eu lieu. La voix du peuple a eu le dessus. Honneur et gloire aux Burkinabé pour cette leçon d'histoire!

CHIPS 2014: Idéologie et religion dans les romans francophones d'Afrique.

Chaque année depuis 2005 le département d'histoire et philosophie organise un symposium de philosophie, le Cave Hill International Philosophy Symposium (CHIPS). Et chaque année depuis 2005, ou presque, je participe à ce symposium très proche de mes thèmes de recherche. Ainsi, j'y ai publié en ligne la plupart de mes articles présenteés à cette conférence. Ce symposium étant de très bonne qualité, j'y participe parce qu'il est à ma portée de main, et l'organisateur principal F. Ochieng'Odhiambo est mon voisin de palier. Ensuite parce qu'avec les restrictions budgértaires en vigueur, ce symposium constitue pour moi une activité presque gratuite de recherche. C'est souvent l'occasion de rencontrer des collègues qui évoluent sous d'autres cieux. Je suis sans aucun doute l'homme qui a le plus capitalisé cette opportunité en y présentant  une contribution.
Le thème du dernier symposium portait sur "Philosophy of Religions".
Et ma présentation avait comme titre:" Idéologie et religion dans les romans francophones d'Afrique.
J'ai choisi de discuter le thème à partir de trois romans publiés par des écrivains africains de différents horizons. Je vais utiliser Entre les Eaux de V.Y. Mudimbe (1973), Les tambours de la mémoire de Boris Boubacar Diop (1990) et Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma (2000). Pierre Landu, le protagoniste d'Entre les eaux, est un ancien prêtre cathooique qui dans un effort de combattre le capitalisme et l'exploitation du pauvre par le riche rejoint une guerilla marxiste-léniniste qui prêche une révolution prolétarienne. Dans Les tambours de la mémoire, Fadel Sarr, le fils de Madické Sarr, milliardaire et conseiller du dictateur Major Adelezo, est inspiré par le rêve de paix et justice à rejoindre la Reine Johanna Simentho au Royaume mythique du Wissombo. Ahmadou Kourouma nous présente un enfant ivoirien de douze ans, Birahima, qui est impliqué dans guerres qui envahissent le Liberia et la Sierra-Leone. Ce qui unit les trois romans, c'est le fait qu'ils traitent tous de politique et religion. Ces romans montrent tous l'incapacité des religions, qu'elle soit de croyance chrétienne ou d'ordre islamique, de créer une nation de paix, justice et travail pour tous. Au-delà de la question ontologique qui consiste à comment vivre dans un monde d'harmonie et de comprehension entre peuples de différentes origines se pointe la réalité de l'idéologie, du rêve et de la guerre comme moyens pour promouvoir la réalisation humaine.
Mon étude consiste à questionner l'impact de la religion sur la conscience de l'être humain en tant que force impulsive pour vaincre les inégalités et construire un monde meilleur. Le titre provocatif choisi par Kourouma, déclarant que Allah n'est pas obligé d'être juste en toutes choses sur terre, montre les limites de la religion dans la construction d'une nation. Qu'un prêtre abandonne sa foi chrétienne pour embrasser des thèses révolutionaires et réorienter radicalement sa vie pose la question au sujet de l'essence des comportements idéologiques et religieux. Le but final de cette étude est d'identifier de façon critique les raisons d'être de l'idéologie et de la religion dans le processus constructif d'un être humain et d'une nation.
Publiés respectivement par un Congolais, un Sénégalais et un Ivoirien, les romans examinés reflètent à trois moments historiques les situations politiques de l'Afrique récemment frappée par le Printemps Arabe, Boko Aram, Al Shabab ou le LRA de John Koni. Cette présentation constitue l'ébauche d'une réflexion plus étendue sur le leadership african, les thèmes "Afrique et religions", relation entre idéologie et construction nationale.