18 mai 2016

LIverpool vs Séville

Voilà un match qui s'annonce intéressant. Deux entraîneurs ambitieux, deux styles de jeu. Klopp qui a fait ses preuves à Dortmund n'en est pas à sa première finale européenne. Unam Emery qui entraîne Séville depuis 2013 a raflé les deux dernières coupes de l'UEFA. Y aura-t-il un nouvel entraîneur champion? Ou bien le magicien de Séville réussira-t-il le triplé? Telles sont les questions que l'on se pose concernant l'issue de la  soirée de football d'aujourd'hui.
Comme c'est très difficile de faire un pronostic à ce niveau sur deux équipes finalistes. Si les Espagnols ont l'expérience de cette coupe qu'il n'ont pas lâchée depuis deux années, il n'est pas moins vrai que les Anglais possèdent la rigueur et la diligence nécessaires pour obtenir leur meilleur résultat à St Jakob. Un stade que je connais du temps où je faisais du ministère Muttenz. Des amis disent qu'on l'a modernisé. Soit. Les deux équipes sont très solides, peut-être avec un léger avantage aux tenants du titre. Mais je ne serai pas mécontent que Liverpool gagne... en fait, j'aime bien voir le belge Origi jouer et marquer. Un talent qui mérite une telle récompense. Mais les finales des tournois sont parfois décevantes. C'est parti.

16 mai 2016

Adieu Mr. Banza Mukalayi

C'est par un message Skype de l'abbé Michel N'Gob hier que j'ai appris la mort de Mr. Banza Mukalayi, ministre congolais de la culture et des arts. Que son âme repose en paix!  Je n'aime pas parler des personnalités politiques, mais je tiens à rendre un hommage à un compatriot un homme de convictions et d'actions. Son patriotisme et son militantisme étaient remarqués en hauts lieux pour avoir vaillamment défendu les idéaux du MPR. Cet ancien journaliste engagé "aurait" frappé un Belge qui eut le malheur de critiquer la révolution zaïroise. Sa carrière politique est riche, impressionnante: il a dirigé plusieurs ministères aussi bien sous Mobutu que sous Kabila; il est mort ministre, au service de la nation.
Comme par coïncidence, la veille, j'ai suivi une vidéo-interview de Papa Wemba dans laquelle ce dernier l'accusait lui et Kiamwangana d'avoir détourné 100.000 USD offerts aux musiciens par une société brassicole. "C'est quoi 50.000 USD pour un ministre?" s'exclamait Wemba. Il ne m'appartient pas de le juger. Vous connaissez mes positions sur la pratique de la politique.
Pour moi, au-delà de l'homme politique, je vois en Banza Mukalayi un homme de lettres, diplômé en langue et littérature française. A ce titre, il a développé sa vision du monde et sa lecture de la politique. Des Mots récurrents de la transition politique au Zaïre (1990-1997) aux Mots récurrents de la vie politique en RD Congo (1997-2015) se perçoit un effort de conceptualisation et de rationalisation de l'action politique de l'homme des lettres. Un travail intellectuel admirable. On peut ne pas adhérer à sa pensée, on ne peut pas ne pas reconnaître qu'il y a chez ce politologue averti un désir d'éveiller les consciences à la réalité politique de notre pays.
Comme beaucoup, je ne l'ai rencontré de visu qu'une seule fois, dans un restaurant au centre ville, du côté de building de l'Onatra. Mes commensaux qui l'ont reconnu me l'ont présenté. C'était en août 2003.
Condoléances émues à sa famille et à notre pays. Mr. Banza Mukalayi a servi son pays à la mesure de ses capacités. Que le Seigneur lui accorde le repos éternel!
 
 

14 mai 2016

L'accès des femmes au diaconat

Depuis hier, j'ai appris que le pape François est d'accord pour que les femmes accèdent au diaconat. Dans l'église catholique, le diaconat est l'entrée dans l'ordre ou le statut de clerc. En tant que tel, le diacre peut administrer tous les sacrements sauf l'eucharistie et la confession. Vous rendez-vous compte de l'ampleur de la réforme qui est entreprise si elle vient à jour? Une véritable révolution!
Il faudra réviser le droit canon. Le droit traditionnel stipule que les religieuses ont statut de laïc dans l'ordre canonique. Exactement comme les frères réguliers. Le ministère diaconal par contre est conféré par une ordination. Canoniquement, on est ordonné diacre, prêtre, évêque (dernière étape). Un laïc ou un prêtre peut être créé cardinal. Un pape est d'abord évêque, l'évêque de Rome. L'admission des diaconesses dans le clergé catholique constitue un événement historique, sans pareil, aux conséquences imprévisibles. Il existe des diacres mariés depuis Vatican II. Y aura-t-il des diaconesses mariées? Quel sera leur statut? Il existe déjà des mères abbesses dont le statut épiscopal est officiellement établi et reconnu par l'église. 
Il me faudra décidément le droit canon car la question me paraît très complexe. Il est encore trop tôt pour élaborer une théologie consistante là-dessus. Que les canonistes nous éclairent. S'il y a donc ordination diaconale des femmes, pourquoi n'y aurait-il pas ordination sacerdotale pour les femmes. Que des implications historiques! Et de fil en aiguille, le mariage des prêtres. L'église catholique est-elle prête à opérer cette réforme qui changera son visage et son avenir? Quelles seront les conséquences sur le plan canonique, ecclésiologique, liturgique ou religieux?  Attendons donc voir la suite du débat dans ce tournant qui s'annonce passionnant, révolutionnaire et moderniste.

Un prêtre a accusé un évêque à un tribunal civil

Cet article est inspiré d'un email que j'ai reçu de la part du prêtre concerné. Mais je n'ai pas l'intention de le publier in extenso. Par contre, je tiens à en parler librement. Le prêtre est un belge d'origine congolaise. Voilà qu'après dix ans de ministère, il est licencié par l'évêque du lieu qui le prie de regagner son diocèse d'origine. Il conteste la décision et porte l'affaire à un tribunal civil en exigeant des dommages et intérêts. Il accuse à la fois l'évêque et le diocèse. J'arrêterai ma réflexion à quelques éléments.
Une affaire interne à l'église? Deux types de droit se concurrencent dans cette affaire. L'évêque applique le droit canon et le prêtre recourt au droit civil du travail. La première réaction des avocats du premier est de contester la compétence du tribunal pour siéger sur cette affaire. Comme le litige relève de la loi belge, elle est recevable. L'évêque et le diocèse ont été représentés par deux avocats tandis que le prêtre a comparu en personne, accompagné d'un avocat. Le verdict est tombé condamnant l'évêque à une amende de quelque 1000  euros pour n'avoir ni octroyé un contrat conséquent ni explicité le motif justifiant le licenciement. Par contre, l'exorbitante somme réclamée par le prêtre pour les DI a été déboutée. 
Dans le document du jugement, on apprend que fort de sa nationalité belge le prêtre a opté de rester en Belgique. Il a entamé une démarche d'excardination de son diocèse afin de s'incardiner à Bruxelles-Malines en vertu de cette nouvelle nationalité. Démarche restée cependant sans suite. Je sais par expérience que, canoniquement, l'excardination se demande après avoir obtenu un accord formel du diocèse incardinant. En fonction d'un accord commun, car c'est sur présentation d'un document d'acceptation que l'excardination s'obtient. Logique! On apprend également que le prêtre est désigné comme ancien prêtre. Ce changement de statut rend contradictoires les chefs d'accusation déposés au tribunal. On a l'impression que l'essentiel de l'accusation tourne principalement autour de l'argent. Ce que le verdict va refléter.
En réalité, notre compatriote n'a rien gagné de ce procès. Ce procès est un tournant de quitte ou double, et beaucoup de facteurs ont joué en sa défaveur. Une issue contraire m'aurait considérablement surpris. Ce verdict confirme son chômage et le catalogue désormais comme un indésirable, rendant ainsi son séjour et sa vie difficiles. Il devra trouver un autre boulot. J'ai depuis longtemps perçu qu'il lui serait difficile, voire impossible de trouver, après cette révocation, du ministère en Belgique comme dans un autre pays d'Europe. C'était évident. Venons-en à sa nationalité belge! Cette nationalité lui accorde des droits certes, mais on sait combien la couleur de la peau joue un rôle important dans cette même société. Européen naturalisé oui, mais tant que tu n'es pas de souche, tu es quand même tenu pour un étranger. Un étranger qui gagnerait un procès contre un natif de souche, cela se voit très rarement, même dans des états dits de droit. Un ami qui a lu le verdict s'est écrié, outragé: "Mindele kele mbote ve".
Ce qui m'intrigue dans ces genres de procès, c'est le préjudice et le dévolu qu'il jette sur les autres compatriotes qui seront dorénavant vus et jugés par rapport à cette affaire. C'est un précédent. L'ami n'est plus aux affaires, mais les conséquences tomberont sur d'autres. Des mesures drastiques seront prises pour limiter l'engagement de nos compatriotes africains ou noirs dans les institutions ecclésiastiques européennes. Si nous, habitués à notre tradition orale, oublions vite, les Européens eux, munis de leurs archives, n'oublient rien. Qu'on se le dise.

Autour de la mort de Papa Wemba

Beaucoup d'anecdotes, beaucoup de règlements de comptes, beaucoup de surprises, beaucoup de polémiques. Kiamwangana et Tshala Mwana indésirables aux funérailles, finalement c'est pour apprendre que c'est plutôt Kiamwangana seul et Koffi Olomide. Beaucoup a été dit, revu, commenté dans tous les sens.  La presse, très présente, a couvert les événements du début à la fin; elle a livré des interviews avec des proches, amis et enfants de Wemba. Des enfants de PW se sont plaints du mauvais accueil, d'humiliation, d'avoir été traités comme des moins que rien. Il y a tellement à dire qu'on écrirait aisément un livre sur cette icône remarquable. Il y a également beaucoup de leçons de vie à retenir.
Le 2 mai, le président de la RDC a élevé Jules Shungu Wembadio au rang de "Grand Officier dans l’Ordre National « Héros Nationaux Kabila – Lumumba »  (sic) pour son œuvre.. Interprétation populaire: il est héros national. Est-ce une lecture correcte de l'ordonnance? Je laisse le débat aux spécialistes.
De son vivant, Wemba déclarait sans se gêner non seulement son amour pour les enfants mais aussi le nombre de ses enfants biologiques. Il déclarait son amour indéfectible envers Amazone. Dieu seul sait ce qu'il avait dans son cœur. L'existence de nombreux enfants hors mariage - de bâtards quoique ces enfants refusent ce titre - montre quel genre de mari il était. Il était un artiste-musicien: or justement, l'artiste trouve son inspiration dans son vécu quotidien, dans les expériences qu'il tire de ses rencontres, de ses rêves, de ses illusions, de ses projets, etc. Toulouse-Lautrec trouvait son inspiration dans des bordels et  boites à putes: sa peinture érotique n'est-elle pas l'une de plus admirables? Pourquoi alors s'étonner qu'une star adulée par le monde entier soit aimée des femmes et ait beaucoup d'enfants? Tabu Ley, Madilu, Kester n'ont pas fait exception à cette règle. A la mort des artistes se révèlent des secrets longtemps inconnus. Certains sont morts sans laisser d'héritiers connus, encore moins d'héritage ni d'adresses. C'est aussi cela être une star de chez nous. La personnalité de l'individu compte beaucoup. Ndombe Opetun a eu aussi une vie comme Maxime Soki ou Emile. Chaque musicien a son histoire et son sort. Au-delà de ces événements, il y a des points de réflexions intéressants à relever.
Les femmes aiment bien les vedettes musicales, sportives ou artistiques. Mon ami (pourfendeur) ajouterait volontiers les prêtres ou pasteurs à la liste. Elles les adorent, les placent au sommet de leurs aspirations. Curiosité, ambition de succès, plaisir de vivre avec une personnalité bien connue, amour (?), attrait de leur argent, arrogance tirée de l'aura de la vedette, tout cela contribue à l'attraction envers l'objet de leurs rêves. Et ces vedettes possèdent l'art de la parole susceptible de les attirer vers eux. Par leurs comportements, par leur sape, par leur notoriété, ils savent imposer leur prestige à la face de leurs "victimes". Comment une femme qui sait bien que cet homme a des engagements ailleurs peut-elle succomber à cette tentation? Comment se permettent-elles de relations non protégées avec des hommes réputés coureurs de jupons, ignorant complètement le risque d'être infectées? Dans ce domaine, les opinions divergent. Les hommes savent se montrer convaincants lorsqu'ils entreprennent ces démarches de séduction. Hommes et femmes sont fautifs dans ces types de relations.
La notoriété fascine les femmes. Il y en a qui sont prêtes à porter un enfant d'une vedette rien que pour l'honneur d'être vue comme telle. "Moi, je suis la fille de Youyou Mère Supérieure." Une référence de poids pour tous les mélomanes de Viva ou de la musique congolaise. Un jour, il m'est arrivé de rencontrer "MT La Vérité" chez les Kasongo à Clarens. "Oyo MT oyo Wemba  ayemba na Zaiko." 'C'est MT que Wemba a chanté dans Zaiko) Un autre jour, c'était Marie-Jeanne: "Yai mpangi na beto me butaka bana zole ti Tabu Ley." (MJ, c'est notre sœur qui a eu deux enfants avec Tabu Ley). Cette carte de visite fait classe, honneur. En règle générale, être "chanté" ou "être cité comme libanga" fait entrer l'individu honoré dans la cour des grands, dans l'histoire. Et ce prestige sans commune mesure s'apprécie immensément à tel point qu'on peut se couper en quatre pour y accéder. Les femmes en s'offrant généreusement, les hommes en payant des sommes faramineuses. Voilà une source des drames qui suivent la mort d'une vedette.
L'argent, c'est aussi synonyme de femmes. Les vedettes, c'est aussi, aux yeux des femmes, l'argent. "Tobandi na yo na ba pauvre, lelo osi okomi mobali ya bato" (Nous avons commencé avec toi dans la pauvreté, aujourd'hui tu es l'homme des autres". Passer dans la presse et les média montre qu'on est une personne en vue, donc une personne à succès. L'argent tombe et coule automatiquement à flots. Et souvent, c'est de l'illusion. Comment entretenir ces femmes et ces enfants? Et chaque enfant clame qu'il était aimé de son père, soigné et scolarisé par son père. Supposons que Wemba ait laissé 1 million de dollars dans son compte, combien recevrait chaque enfant si la loi autorisait que cet argent soit distribué équitablement? Une explication: nous avons une autre conception de la famille et de l'enfant en partie parce que le régime polygamique fait partie de notre patrimoine social et culturel. Je crois qu'en vivant dans la société moderne nous devons adapter nos us et coutumes.
Comme dans tous les domaines, que ce soit en politique, en religion ou dans le domaine de la vie familiale, nous prenons les conceptions modernes tout en gardant intacts les usages traditionnels dans la pratique. Le chef du village demeure intouchable, l'avis du sorcier est irréfutable, le chef de famille reste le "pater familias" vénéré et incontestablement impérial. Sans être féministe, j'avoue qu'on reste dans un cycle strictement patriarcal. Une mentalité ne se change pas en un tour de main.
 
 

Dieu merci, il n'est pas comme les autres

La fameuse prière du pharisien, je l'ai vécue une seule fois dans ma vie. Et pourtant, elle se décline tous les jours au présent. Je me vois vivre et j'observe les autres aussi vivre. Je suis comme les autres, en même temps je ne suis pas comme les autres.
Lorsque j'étais plus jeune, un ami m'avait surpris en se vantant d'avoir toutes les qualités attendues d'un élève de son âge. Pour le prouver, il a accusé un autre d'avoir émis des insultes à l'endroit d'autres condisciples. Quarante ans plus tard, j'observe le comportement du même ami. Il n'a pas changé d'un iota. Une vie faite d'incidents et de ruptures, de divorces et de remariages, de tensions continuelles et de procès en justice. Pourquoi? Il a une volubilité incontrôlée.
Maladroit dans ses propos, inconsistant dans son raisonnement, il exprime des positions difficiles à tenir devant le commun des mortels. Il n'a guère cure des autres, tellement il est imbu de lui-même. Elève très moyen, il est cependant imbattable - il ne se reconnaît jamais battu - dans des discussions, même celles dont il n'est pas spécialiste. Comme il n'arrête jamais de parler et tient à garder la dernière parole dans un débat, il baigne dans une illusion qui le montre plus grand, plus talentueux, plus intelligent, plus sage, plus combattant, etc. que les autres. En réalité, il s'est créé une "persona" à travers laquelle il voudrait que le monde le perçoive. Hélas, le naturel revient au galop lorsqu'on l'élude. Un personnage digne d'être dépeint par La Bruyère dans ses Caractères.  L'erreur mythique de Narcisse, c'est le nombrilisme, l'incapacité de voir plus beau, plus malin, plus parfait que soi. Des études sur ce type de personnalité sont concluantes pour relever qu'il s'agit d'une anomalie susceptible d'être soignée par des spécialistes. Cependant, Dieu merci, il n'est pas comme les autres.

11 mai 2016

Le chef Mwambu est mort

11 mai 2016. C'est hier que j'ai appris de Bernardin Mbuku la nouvelle de la mort du chef Mwambu, Kabadi. Paix à son âme! Ce matin, je viens d'avoir une conversation Messenger avec Bernardin qui confirme la nouvelle et ajoute que le gouverneur André Kimbuta a fait publier une annonce officielle à la télévision à ce sujet. 
Comment dire? J'ai connu du temps de mon école primaire à Makiosi. Comme les enfants des villages autour de l'école, il marchait tous les matins de Kimwambu pour l'école et y retournait les soirs. Il était proche des enfants du Chef de C.I. Mandokolu. De là il est allé à Kenge, mais je n'ai pas suivi son curriculum scolaire. Par contre, il s'est engagé avec succès comme "animateur" dans le groupe-choc de Kenge, au service de la propagande mobutiste. C'est donc au sein de la JMPR qu'il a évolué. Je le croisais de temps en temps en compagnie de Lazarre Kimbuta d'heureuse mémoire. Du temps où je travaillais à l'évêché dans les années 80, l'animation ayant perdu son entrain, Kabadi travaillait à la Sous-Région comme agent à la MOPAP. Le secrétaire sous-régional Anicet Mondo était son chef direct. Je le mentionne parce qu'à ce titre, nous avons eu une conversation sur une parcelle que j'avais achetée au camp ONL de Kenge - juste à côté des Nkonika - , que son patron convoitait. Kabadi était intervenu pour que je revoie ma position; mais c'était trop tard. A la mort du vieux Mandokolu, Kabadi et Papa Gabriel Ndikita ont sollicité une messe que j'avais célébrée à la paroisse Notre-Dame. C'était en 84 probablement. Je m'en souviens parce que c'était l'une de mes toutes-premières messes de morts.
Plus tard, Kabadi s'est fait introniser Chef Mwambu, titre et responsabilité qu'il a assumés d'une main de fer jusqu'à la fin de sa vie. Installé depuis à Kimwambu, il a beaucoup souffert de diabète, selon Bernardin. Il serait même allé se faire soigner en Inde à deux reprises. On lui aurait amputé une jambe. L'enterrement, selon Bernardin, aura lieu au village car on devra opérer les cérémonies traditionnelles liées à son rang de chef. Le retrait des mitsunga et des attributs chefaux se fait selon des rites stricts qu'on ne saurait opérer à Kinshasa. D'autre part, la présence des autres chefs - Kiamfu, Mwela, Kidima, Kayombo, Mukata - est nécessaire afin de faciliter l'installation de son successeur au trône. Comme quoi, ce n'est pas facile de mettre en terre un chef. Mais moi, je pleure un frère avec qui j'ai partagé une partie de ma vie terrestre.
Ah Mfumu Mwambu Kabadi, wenda mboti. Bankhaka ba kutambwasa!