8 mars 2017

Journée mondiale de la femme

Bonne fête à la femme peu importe sa couleur, sa race, sa religion, son pays, son continent, son orientation politique, sa taille, son âge, etc. Cette journée est entirèrement consacrée à son honneur. Figure essentielle de la vie en tant que mère, elle est, avec l'homme, le fondement de la société humaine. Sa contribution longtemps méconnue doit recevoir la reconnaissance qu'elle mérite. La femme est le pilier fondamental de toute oeuvre humaine. Et rien ne de grand dans ce monde ne s'est accompli sans la femme. Comment ne pas reconnaître son important rôle dans la conduite ordinaire de la vie? Comme à mon habitude; je saisis de telles occasions pour effectuer une petite réflexion. La femme dont les institutions universelles parlent est celle qui est née telle et est restée telle. Un problème d'identité survient dans certaines parties du globe terrestre. Comment considérer les travestis? Sont-ils homme ou femme, ou bien entre les deux? Quelle fête leur attribuer? Le monde moderne surprend par la complexité des problèmes qu'il soulève ou suscite.  En Allemagne, à ce qu'il paraît, toute personne est libre de se définir homme ou femme d'après ce qu'il ressent au fond de lui-même. Une version du fameux préfixe : trans-. La notion de trans-sexuel ou trans-genre est prise très au sérieux. Elle se définit dans le strict respect des droits de l'homme, au nom de la liberté reconnue à chaque être humain de se définir. Comme toujours, il y a des questions inévitables: à quelles toilettes se rend cette personne trans- ou travestie dans les sites publics? Le changement radical de ce siècle est que l'on est passé du déguisement habituel des siècles antérieurs à une reconnaissance officielle de ce statut. Nous célébrons la femme, mais quelle femme? Les initiateurs de cette journée n'avaient certainement jamais pensé à cette éventualité à l'époque de l'inauguration. Bonne fête à nos grands-mères, mères, tantes, soeurs, belles-soeurs, brus, cousines, nièces, toutes nées de sexe féminin.
C'est aussi le jour où les droits de la femme doivent être reconnus: droit au travail, droit à la justice, émancipation, liberté, égalité de droits, de statut social, de salaires, etc. Supportons donc l'émancipation totale de la femme.

Un chien vagabond?

Ibangu et Mukawa me rappellent des étapes de ma propre enfance. Lorsque j'étais enfant, j'aimais beaucoup les chiens. Je les adorais. Souvent, c'était lié à mes séjours à Kimfingia, chez mes grands-parents. J'en garde deux séparations très douloureuses en souvenir. La première, je ne devrais pas être encore à l'école, le chien là s'appelait Foc. Ou Phoque pour correspondre au mot français que je découvris plus tard. On l'avait eu à Kabwita. Il a disparu happé par la forêt de Panda. Je me souviens l'avoir vu attraper et relâcher des "thotu" sur la descente du "zumbu" de Kitundu.. Géocôterie suku oblige. Témoins: mes oncles paternels Richard Munzenza et Dieudonné Bunda.
La deuxième séparation fut plus poignante. Nous sommes en 1968. Sur mon insistance, Papa a acheté chez les Soeurs carmélites de Kimbau un beau chiot d'à peine une semaine, pas plus. Je l'ai nommé Bobby, avec la complicité de Papa Bunda. Ensemble, nous le soignions avec toutes les précautions nécessaires. Nous l'avons amené de Kimbau à Kimfingia dans le but de le confier aux soins du patriarche Kahiudi. Il a succombé, hélas, quelques semaines plus tard, rendant très triste notre séjour au village. Je me suis longtemps reproché cette disparition. Depuis, j'ai évité d'avoir des chiens. J'en ai rencontré d'autres au cours de ma vie, certes, mais un seul m'a marqué.
A Wurmlingen, quoique je me sois particulièrement attaché aux chiens de Traudl Schmitt, je garde un souvenir émouvant de Noelle qui m'a appris que les chiens éprouvent des sentiments de colère, d'amitié, de haine et de vengeance. Une fois, arrivé en visite, Noelle était fâchée contre sa maîtresse. La colère était tellement forte qu'elle ne la laissait s'approcher ni d'elle-même ni de moi, pendant qu'elle se montrait très gentille à mon égard. Et pour cause? La maîtresse de maison l'avait fait châtrer la veille chez le vétérinaire. Une opération pénible. En fait, le chien reprochait à Traudl de lui avoir fait subir ce supplice. Mal lui en prit.
Dimanche 5 mars. Mes enfants hier se sont pris d'amitié pour un chien qui vagabondait au parking de PriceSmart. Comme ce dernier les suivait, ils n'ont pas hésité à proposer que nous nous l'approprions. A la réplique de leur maman suggérant que un tel acte serait un délit, que ledit chien est trop propre pour n'appartenir à personne, ils ont unaniment évoqué la loi de la protection de la nature et des animaux. Claver et sa soeur estimaient qu'il était de notre devoir d'assurer un logis à un si sympathique chien. Ils ont tellement insisté que j'ai haussé le ton pour les faire taire. Une fois dans la voiture, Mademoiselle Ibangu a éclaté en sanglots, prise de pitié pour ce pauvre chiot que nous laissions seul, abandonné à son propre sort. Surpris par tant de tenacité et de compassion, je les ai encore une fois rappelés à l'ordre et au calme.. En réponse, nous avons été obligés de prier pour le pauvre chiot sans maître. Après cette prière spontanément dite par leur mère, Mademoiselle Ibangu a tenu à savoir si j'ai prié de bonne foi, sans arrières-pensées. J'ai complu à sa demande comme Saint François. Et de conclure: "Tous les chiens que nous croisons dans les rues, ne sont pas forcément abandonnés ni vagabonds." 

7 mars 2017

Condoléances à Jeanne Kapuya

Comme si le sort s'acharnait contre Jeanne, voilà qu'après avoir perdu sa soeur il y a quelque deux mois, c'est au tour de sa maman. Décédée depuis deux jours à la suite d'un accident de véhicule, qui l'a vue perdre un bras. Elle est morte alors qu'elle était, à la demande des ses proches, en route pour Kinshasa afin de bénéficier des soins plus appropriés. En effet, l'accident a eu lieu entre Boma et Banana. Que lui est-il arrivé? Une hémoragie interne? Possible. Un traumatisme cranien d'autant plus que le bras arraché communique directement avec le cerveau? Nul ne le saura jamais. Toujours est-il que sa mort est directement liée à ce malheureux accident. Encore une fois, c'est le cas de déplorer la situation déficitaire de nos hôpitaux et de nos services médicaux. Il y a un manque total de prise en charge médicale. Les accidentés sont laissés à eux-même, comme d'ailleurs les autres malades.
Et lorsqu'il y a accident, les agents de la croix-rouge supposés porter secours aux accidentés descendent sur les lieux plus pour dépouiller les malheureux de leurs biens et argent que sauver des vies. Ce n'est certes pas tout le monde qui agit de la sorte, mais presque la majorité des secouristes. Il est arrivé qu'il  achèvent les rescapés afin d'effacer les traces de leurs sales besognes. C'est une situation très délicate. Les services publics et privés sont défaillants sur toute la ligne: des véhicules mal entretenus souvent sans freins ni phares, sur des routes sans balises ni normes de sécurité, au sinistre état des soins prodigués à la hâte par les unités de santé. Incompétence et irresponsabilité! C'est ainsi qu'un tel événement résonne à mes oreilles ou retentit à mon entendement. Les circonstances de plusieurs décès sont ahurissants.
En étroite union de coeur et de prières avec notre nièce Jeanne, nous prions pour le repos de l'âme de Maman. Paix et courage devant l'épreuve, consolation et persévérance dans la foi.

6 mars 2017

Regards sur les péripéties politiques

Je pense avoir bien fait de ne pas choisir la politique comme métier. Mon pourfendeur me traite de politicien sans fonction tellement je m'intéresse à décrier ce brave métier. Consolation de pauvre que la vie n'a pas rendu heureux en lui octroyant les millions que les autres accumulent en exerçant loyalement et honnêtement le noble métier politique. Allez-y voir. Peut-être que mon pourfendeur a raison. J'ai déjà préparé mes discours à la gloire de mon leader si jamais je suis parachuté à un poste politique. Bavardage de littéraire! J'ai ma dignité, je ne verse pas le sang des innocents ni directement ni par des voies détournées. Je ne suis en tout cas pas comme ces autres-là, engeance de vipères dont le venin rase des populations par milliers. Je suis simplement ce que je suis. Un politicien sans le sou et sans poste. 
Mon regard s'attarde sur les messages twitter de Mr. Trump accusant son prédécesseur d'avoir mis ses téléphones sur écoute. J'ai crû au début à une diversion face aux investigations sur le rôle de la Russie dans la campagne présidentielle américaine. Mais le locataire actuel de la Maison Blanche sait très bien de quoi il parle. Manoeuvre politique certes, mais ce qui compte pour lui, c'est le résultat. Dans la logique normale de son administration. Quant à moi, je lis, vois, perçois déjà le bout du tunnel. Le troisième oeil, le magique, que non?, le littéraire, sait lire le non-dit. Et ça c'est le plus important. En dernière analyse il revient à la justice de trancher dans cette immense fédération qui a la réputation d'être un pays de droit.
Je pense au revers que subit de plein fouet Mr. François Fillon, candidat LR aux présidentielles françaises. Contre vents et marées, envers et contre tous, Monsieur persiste et signe. Il voit le bateau chavirer, mais tel un flegmatique et patient capitaine, il contrôle la manoeuvre d'une main de maître. N'osez surtout pas lui dire de se retirer! Lâcheté, demie-mesure, manque de courage et de persévérance. Il n'est pas "autiste", mais il n'est pas "jusqu'au boutiste" non plus. Qu'est-il au juste? Lui-même. Exactement comme moi d'ailleurs. Pas d'autre solution, pas de solution B. Il incarne la vision LR mieux que tout autre. Pour preuve, n'a-t-il pas battu à plates coutures le prestigieux Mr. Jupé aux primaires? Mais, on oublie qu'à l'époque de sa victoire le scandale des emplois fictifs dont ses proches sont accusés n'avait pas encore surgi.
Enfin, me voilà de retour chez moi, dans ma bien-aimée RD Congo. Mon pays dont je suis si fier et qui m'a vu naître quoique j'aie passé plus de la moitié de ma vie en dehors de son territoire. Que se passe-t-il chez nous sur le plan politique? Silence, on attend. On attend l'aboutissement de la médiation de LL EE pour remettre la roue politique sur les rails. Tout est bloqué. On ne sait même pas se mettre d'accord pour enterrer dignement notre opposant historique, le lider massimo Tshisekedi. Paix à son âme! Nous, le petit peuple, devenons impatients car nous souffrons... de cette situation. Nous mourons à l'Est, au Kasai par dizaines ou centaines. Que notre élite politique ait le courage et la lucidité de nous sortir de ce bourbier dans la justice et la paix.
Des US en France et au Congo, c'est l'imprévisibilité des hommes qu'il est donné de constater avec évidence. Quelle sera l'issue de ces péripéties politiques? La suite des événements en décidera.

5 mars 2017

Violences contre des étrangers en Afrique du Sud. Je condamne.

Depuis des semaines des violences sont orchestrées en Afrique du Sud contre des ressortissants étrangers. J'ai vu des vidéos montrant une véritable chasse à l'homme dans les rues de Johannesbourg. On accuse ces derniers de prendre leur travail et d'entretenir le trafic des drogues dans le pays. Quelle honte! J'ai vraiment honte de me présenter comme africain aux yeux du monde entier. Moi qui ai fait du pays des Zoulous le berceau de mes premières recherches littéraires ne peut être que décu par un tel revers de l'histoire. Je n'en reviens pas lorsque je me souviens de tout ce que les autres Africains ont fait pour soutenir les Sud-Africains, l'ANC dans leur lutte contre l'Apartheid. Ils ont vraiment la mémoire courte. Les combattants de la liberté, Steve Biko et Nelson Mandela doivent se retourner dans leurs tombes tellement c'est ahurissant ce que font leurs compatriotes. Je condamne.
Il circule également une vidéo où un Africain en voiture s'écrie à la suite de ces événements: "Les Africains sont des sauvages, des animaux... Je suis un animal". Signe d'une extrême frustration.
Qu'un Africain agresse un autre Afrique pour cause de travail ou de drogue est contraire à l'esprit de l'Union Africaine que les derniers panafricanistes ne cessent de prêcher. Que la population locale se fasse justice et s'en prenne aux étrangers et à leurs biens relève d'une hystérie collective, arbitraire et irresponsable. Comme tout esprit sensé, je recommande que les fauteurs de troubles, les trafiquants de drogues et autres malfaiteurs subissent les sanctions prévues par la loi, mais je ne saurais concevoir que tout le monde soit mis dans un même panier et qu'on s'en prenne sans discernement à des paisibles compatriotes africains qui ont commis le péché de choisir l'Afrique du Sud comme leur terre d'exil ou d'accueil. A quoi tous les discours humanitaires panafricanistes ont-ils servi si c'est pour aboutir à de telles violations incontrôlées des droits élémentaires des étrangers? Fin novembre 2016, n'étais-je pas fier de faire partie du groupe qui a accueilli cinq étudiants de l'université de Johannesbourg à Cave Hill? Et dire que ces étudiants étaient originaires du Botswana, de Somalie, du Congo et RSA. De telles images salissent irréparablement notre image. Je condamne.
Les images de la video sont répugnantes, exécrables, indigestes même pour les plus insensibles des criminels. L'état sud-africain doit vite réagir, rétablir l'ordre et maîtriser sa population qui se déchaîne contre de pacifiques hôtes qui y ont élu domicile. D'énormes dégâts humains et matériels ont eu lieu, que la voie de la raison l'emporte. Qu'un Africain lève sa main contre un autre Africain étranger est à mon sens un crime. D'autres pays vont réagir et crier vengeance, paralysant ainsi toute paisible circulation bilatérale de biens et de personnes. Les conséquences de telles actions étant imprévisibles, il revient à la responsabilité des autorités et des associations sociales de rétablir la paix. Je condamne.
Où sont alors nos valeurs humaines jadis prônées comme des modèles pour le monde entier? Où est la solidarité africaine, la teranga? Où a disparu le respect de soi et d'autrui? Que sont devenues les traditions africaines  qui privilégiaient le sens humain, l'esprit de tolérance, la paix conviviale entre les nations qui forment l'Afrique-mère de l'humanité. Je condamne. HONTE AUX TUEURS DE NOTRE SANG ! Notre sang est sacré!

4 mars 2017

Erreurs dans les passeports

Un collègue est présentement bloqué dans un pays étranger où il s'est rendu pour des démarches de visa auprès d'une ambassade européenne. Que des souffrances endurées pour voyager! Que s'est-il passé? Il s'est simplement révélé que son titre de voyage comporte de graves erreurs d'orthographe, et qu'il lui faudra un ou deux mois pour obtenir le bon, lequel devra provenir de son pays d'origine. Ce cas n'est pas unique, j'ai failli en être victime moi-même si je n'avais pas été attentif. Plus d'une fois, j'ai vu "Mabanda" à la place de "Mabana". Ici à la Barbade, mes étudiants écrivent souvent "Mbana", Dieu seul sait pourquoi. Erreurs humaines, mais qui peuvent s'avérer fatales dans certaines circonstances.
De plus en plus des compatriotes africains se plaignent de trouver des erreurs dans leurs passeports. Ce document censé donner la plus exacte identification de l'individu est établi par des agents mercantilistes plus avides d'argent que soucieux du travail bien fait. L'excellence ne paie plus dans nos pays. C'est du passé, seul compte l'instant présent ainsi que les avantages en espèces qu'il implique. L'agent est plus pressé d'en finir avec sa tâche par les moyens les plus rapides, dans les délais les plus brefs pourvu que les espèces sonnantes tombent trébuchantes et alléchantes. Servir le plus de monde possible et encaisser sa quote-part plutôt que de prendre le temps nécessaire et adéquat pour remplir sa besogne et satisfaire sa clientèle. Au résultat, le document est bâclé, monnayé sans qu'aucune précaution ne soit prise. Qui paie? Pas l'agent qui s'empressera de répliquer que le tenant du passeport est tenu de vérifier la correction du formulaire. Vrai aussi. Mais c'est oublier que le bénéficiaire du document ne dispose d'aucun moyen de contrôle sur la chaîne compliquée qui va du bureau des formulaires à l'impression. Souvent, dans ce cas, le dossier est à refaire: formulaire, photos biométriques, empreintes, frais de ceci et cela, etc. Donc nouveau voyage au centre autorisé d'établissement de ces précieux documents avec tout ce que cela comporte d'inconvenient et de frustrant. Même encore, rien ne garantit que la copie suivante sera la bonne. Un ami kenyan a dû inclure ces erreurs qui faussent à la fois son identité et ses détails, autrement il serait sommé d'annuler un voyage prévu de longue date. Quitte à faire corriger ledit passeport plus tard sans réclamer ni dommages ni intérêts. Telles sont les conditions dans lesquelles nous évoluons.

3 mars 2017

Vous avez dit "Corruption?"

Corruption et politique vont ensemble. Corruption et affaires vont ensemble. Un ambassadeur de mes amis me disait il y a quelques années: "Corruption can never disappear since people need to sell and buy, give and take others' properties." C'est ainsi que fonctionne le monde depuis l'éternité. Ce qui ne pourrait se faire de façon légale est obtenu par le truchement de la corruption. L'obtention des marchés ne va jamais sans à-côtés. Et pour ne pas apparaître soi-même, on se sert d'intermédiaires. De fil en aiguille, l'homme le plus irréprochable, l'intouchable, pourrait bien se révéler être au sommet d'un immense empire de corruption. Le truc c'est de brouiller les pistes qui permettent de remonter à la source. Le camouflage forme le jeu de la corruption par excellence.
Le corrupteur donne l'impression de recourir à l'achat de conscience en dernier ressort, alors que cela est prévu dans son schéma. Des millions, voire des milliards de dollars, sont engloutis dans des opérations d'incendieurs-pyromanes, qui soufflent à la fois le chaud et le froid. Des valeurs inestimables sont versées contre des services à but lucratif. Des couvertures de toutes sortes sont établies pour faire bénéficier impunément des biens publics, des récettes d'une société à l'insu de ses vrais détenteurs au cas où ceux-ci ne seraient pas complices. Des valises diplomatiques pleines de magots circulent d'un coin à l'autre de l'univers pour dissimuler des actes d'une probité douteuse. Un homme dit ou réputé incorruptible peut trôner sur la plus vaste magouille financière sans qu'on s'en rende compte. Et cela pendant des années. Tout est question de ruse. La corruption a tellement ébranlé le monde politique et économique qu'elle en est devenue une deuxième nature. A ce point, rien n'est possible sans la corruption. Elle alimente des caisses noires, des activités criminelles comme des actions de bienfaisance (?). Elle guette toutes les institutions au point de rendre impossible tout résultat qui n'est pas obtenu sans son concours. Au fait, c'est quoi la corruption?
Action de corrompre, d'abimer, d'user. Est corrompu quelque chose se gâte, se détruit. Est corrompu quelqu'un qui use des détours malhonnêtes, immoraux ou illégaux pour obtenir un résultat. Corruption égale soumission, dérangement des règles du jeu, jeu d'influences, mensonge, déguisement de la vérité, détournement de la légalité. Corruption correspond à usurpation, tentative de subvertir l'ordre naturel ou légal des comportements et des actions. Comprenez alors combien corruption rime avec pouvoir. Le pouvoir corrompt = le pouvoir use le coeur de l'homme qui l'exerce. Le pouvoir corrompt = le pouvoir est un moyen par lequel le leader se sert exclusivement des biens communs pour son seul bénéfice personnel. Corruption égale abus, falsification, faux et usage de faux. Cet amalgame délibérément concocté et embrouillé démontre la complexité de la corruption. Cela va du matabisch qu'on offre à un agent de police routière à la commission de 10% alloué à un ministre ou intermédiaire pour la signature d'un document. Trafic d'armes, circulation des narcotiques, industrie aéronautique ou automobile, entreprise de construction, société d'eau et d'électricité, même institutions de bienfaisance, ont tous leurs "agents" secrets ou invisibles. On les appelle des lobby, lobbies, terme consacré pour indiquer ces nobles pratiques. C'est dans les coulisses que se joue la corruption. C'est, hélas, ainsi que les biens du monde sont gérés, planifiés, distribués... dans le seul intérêt des plus puissants.
Les Occidentaux ont l'habitude d'accuser à tort les Africains de corrompus pendant qu'ils sont les plus grands corrupteurs. Tenez. Juin-juillet 1980. Jeune étudiant à l'époque, je me suis retrouvé en Belgique, à Raeren chez le Père De Backer avec beaucoup d'autres collègues. Parmi les personnes qui s'occupaient du centre qui nous hébergeait, se trouvait un monsieur qui travaillait à Aix-la-Chapelle pour une compagnie de machines agricoles. Un ministre africain était venu acheter une quantité importante de leurs produits. Le rôle de ce monsieur consistait à assurer la surfacturation de la commande et l'ouverture d'un compte bancaire en faveur de l'illustre partenaire. Il me l'a raconté comme une histoire banale alors que j'en étais profondément scandalisé, dépité car je me suis tout de suite avisé de la gravité de l'opération. Et dire que des millions sont versés dans de tels comptes, avec la complicité des banques bien entendu, mais au détriment des populations africaines. Par de telles pratiques souterraines, les dirigeants politiques et leurs collaborateurs-conseillers connus et invisibles s'enrichissent de façon extravagante, sans vergogne ni regret. C'est une chaîne complexe, compliquée et inextricable que le mécanisme qui génère, entretient et maintient active la corruption. Une maffia. Un militaire se retrouve propriétaire d'une carrière d'exploitation minière dans un pays étranger dont il ne connaît même pas la langue ni les coutumes. Comment a-t-il obtenu le permis d'exploitation alors que la loi interdit de telles activités aux étrangers? Et il est possible qu'il n'ait même pas dépensé un sou pour en obtenir l'exploitation. La chaîne de ses relations au sommet de l'état y serait pour quelque chose, tout le monde le sait mais personne n'ose le dire à haute voix de peur d'être exécuté. La corruption active ou tacite ouvre grandes toutes les portes, même celles réputées hermétiques du Bunker. La société Oderbrecht n'a pas été créée de toutes pièces ni surgi de nulle part. La chasse aux postes politiques ou d'influence rime avec l'achat des consciences que les Africains appellent sarcastiquement le "taisez-vous."
La corruption est souvent l'émanation d'une relation en haut-lieu, qui paralyse tout le système économique simplement parce que le bénéficiaire est l'ami de..., l'oncle de..., la tante de..., le cousin de... Népotisme, clientélisme, favoritisme sont autant des signes auxquels recourent les "corrupteurs-corrompus." Ainsi, la corruption est-elle aisément érigée en système de comportement ou de gouvernement dans un pays où chacun tient à prendre sa part du gâteau. L'état étant vidé de son essence, d'honorables seigneurs en cravates s'arrogent le droit d'exploiter à leur bénéfice personnel tous les moyens de production et de contrôler toutes les richesses disponibles. En Corée du Nord, on catapulte le corrompu à l'arsenal de guerre tandis qu'au Brésil ou en Corée du Sud on dépose carrément la présidente. Conflit d'initiés ou d'intérêts = corruption. Ce qui ne veut pas forcément dire que les autres qui ne sont pas sanctionnés ni arrêtés sont meilleurs. Cela fonctionne comme le dopage. On peut bien rester tranquillement à la maison et gagner du trésor public des centaines de milliers d'euros sans avoir exercé une profession quelconque. Juste question d'être conseiller parlementaire ou juridique. Ce n'est pas nouveau, ni fini. La corruption fonctionne comme une gangrène que rien ne saura arrêter si l'on n'y prend garde. Nul n'y échappe, surtout pas ceux que l'on croit idoine en la matière, surtout pas ceux qui la combattent publiquement. Un politicien cache toujours un corrompu. Le Vénérable Caton n'apprenait-il pas le grec en catimini alors qu'il en était l'ennemi public acharné au Forum romain? Mani pulite!