Le populiste Silvio Berlusconi sait manier sa langue pour décrire les hommes et les femmes de ce monde. Le bunga-bunga man sait de quoi il parle lorsqu'il s'agit d'apprécier la beauté et de marquer la différence (raciale ou générique). Interrogé sur ses penchants alléchants pour les déesses, il a surpris les gens en disant que c'était une preuve qu'il n'était pas homosexuel. S'exprimant sur le premier président africain-américain, il n'a pas manqué de souligner qu'il le trouvait "giovane, bello e bronzato". Cela ne m'a pas vraiment étonné car j'étais habitué à m'entendre appelé "cioccolato" avec toutes les connotations légèrement racistes, libidineuses ou lubriques que cela implique. Commentant sur le couple Macron, il ne passe pas par quatre chemins. Il décrit E. Macron, comme un jeune homme de 39 ans avec beaucoup d'expérience professionnelle sur les épaules, mais "soppratutto con una bella mama che l'ha portato col braccio ancora quando era bambino" (surtout avec une belle maman qui l'a porté sur le bras alors qu'il était encore tout petit). Une vidéo bien entendu amusante pour ses spectateurs et auditeurs qui s'en donnent à coeur-joie. Humour à la limite de l'insulte, toutes tendances confondues. Dérapages? Blagues de mauvais goût? Allez-y voir. Le très médiatique Onorevole est pourtant très conscient de l'impact de ses propos dans la presse et dans le monde. Il n'en est ni à sa première ni à sa dernière prouesse langagière.
16 mai 2017
14 mai 2017
Bon dimanche du 14 mai
14 mai 2017. Passation de pouvoir en France entre les présidents sortant François Hollande et entrant Emmanuel Macron. Un moment qui donne une leçon de démocratie à nos gesticulateurs des jungles africaine et latino-américaine qui, à la place, organisent des changements de constitution, des referenda, pour se pérenniser au pouvoir. Maduro au Venezuela attend de son referendum qu'il obtienne plus de pouvoir présidentiel afin de mener la barque très contestée de son pays. Il y a déjà des marches dans les rues de Caracas. Mais comme on le sait, des marches pareilles réprimées à coups de bottes et de mitraillettes n'aboutissent qu'à des revers cauchemardesques, sanglants et terrorisants. C'est le lot auquel exposent les institutions arbitraires et inconstitutionnelles. La dérive dictatoriale se déclenche et se franchit presque conséquemment.
La France s'embarque aujourd'hui dans une administration Macron pour les cinq années à venir. Le défi est de voir s'il va réaliser ses promesses électorales. Certains l'accusent de vouloir détruire les valeurs de la famille. Ses supporters clament que c'est l'homme de la situation, quoique son élection ait été évidente, qu'il s'opposait à une candidate FN minée par l'extrémisme nationaliste, raciste et anti-europeen et dont les chances de l'emporter était minimes. Soit. Macron est le président de tous les Français; sa jeunesse lui donne des chances de réussite en dépit de l'inexpérience souvent attachée à cet âge. C'est l'homme qu'il fallait. Il a eu la géniale idée de créer sa machine de propagande "En Marche".
Premier défi: comment va-t-il gouverner du moment qu'il ne dispose pas de majorité au Parlement? Comment mènera-t-il les réformes que cet outsider a pourtant promises avec fracas et qui lui ont valu l'élection? C'est aussi peut-être une chance pour en finir une fois pour toutes avec les clivages traditionnels du pouvoir français. Il devra pourtant bien gouverner. La manière viendra quoi qu'il en soit. Le reste, on verra bien avec le temps. Bonne chance et félicitations Monsieur le Président!
Mon pourfendeur de politologue m'en veut de ne pas être plus explicite. Il n'a qu'à le faire lui-même, car on ne saurait être plus explicite. Lui au moins dispose de tout l'outillage théorique pour amélior ce genre d'analyse.
Bon dimanche du 14 mai à toutes et à tous.
10 mai 2017
Des décisions à prendre
Des décisions à prendre au sujet de quelques échéances. Une semaine de travail. Des corrections d'examens, de travaux de fin d'études, d'essais de postgraduates, autant de lectures pas toujours plaisantes ni faciles. Cela se passe plutôt bien. Après mon anniversaire, on dirait que je me relève d'une maladie. C'est l'impression que j'ai: fatigué, préoccupé, agité. Le calme n'est pas encore là. J'ai à peine suivi les élections françaises, nous avions des visiteurs. Le résultat connu d'avance, on n'attendait que le taux de participation et le pourcentage de la victoire.
M. Emmaneul Macron, connais pas vrais; je ne l'ai presque pas connu jusqu'à la diffusion de son nom durant la campagne électorale. Mais il est l'actuel locataire élu de l'Elysée. Un puissant président de France ne laisse personne indifférent, car il est grand à l'image du pays qu'il dirige. J'en connais combien déjà? Il y a eu de Gaule, Pompidou, VGE, Mitterand, Chirac, et la suite. Pas mal non? Je connais l'histoire de France, moi. Depuis les Carolingiens en passant par le Serment de Strasbourg et la Révolution. Mirabeau, Robespierre. Lq Guillotine. Le Marquis de Sade. Les Essais de Montaigne, c'est aussi l'histoire de France. Et mon pote Modou Diallo, descendant en ligne droite de tirailleurs sénégalais, non..., plutôt d'immigrés sénégalais. Et Jean Kabongo, mon cousin congolais qui se prétend aujourd'hui plus français que les Français de souche. A se demander s'il s'agit de la langue ou de la nationalité. Demain, nous le reverrons à Mindouli au sein du gouvernement national après avoir flirté avec le gouvernement congolais en exil. Tohu-bohu. Il y a longtemps que j'ai cessé de plaider pour ce mic-mac.
Redevenons sérieux! Je suis en train de mettre au point quelques textes que je voudrais publier en ligne et dans des revues, mais l'inspiration fait défaut. On dirait que j'en suis encore à mes débuts. Cela me rappelle le sérieux du métier de la plume. Un homme sérieux n'écrit pas comme moi: j'écris comme je parle. Demandez moi des références biblio, je ne saurais les établir. Un alibi. Je vis dans un pays anglophone où il est difficile d'accéder à des bouquins français et kikongo. Tu parles? Tu écris en kikongo toi?, me demandait un jour un de mes lecteurs. Est-ce que le kikongo s'écrit? Je lui réponds qu'il y a des articles en kikongo sur ce blog, mais pas beaucoup. Aliénation mentale! On m'appelle francophone parce que je parle petit-nègre, dirait Birahima. Le petit-nègre, c'est ma langue officielle. Une des décisions sérieuses à prendre que de décréter le petit-nègre langue naitonale officielle. Je sers bien les intérêts de France, moi.
Décision deux: "Toi y en a pas singe parlant bien sûr.. kamata kibot'oyo kibi!", aurait dit Monsieur Boubou autour d'un "kabondo bu et non pas consommé". Vous connaissez Mr. Boubou? Recherchez-le sur ce blog. Paix à son âme! Le meilleur petit-nègre se trouve dans Allah n'est pas obligé de Kourouma. Cela s'appelle "pidgin" en anglais, c'est la langue de Sozaboy. S'il est un art dans lequel nous Blacks excellons, c'est la déformation linguistique. Créole, pidgin, bajan, franglais, camfranglais, indoubil, patois, démontrent bien notre capacité de déformer la langue civilisée. Voilà pourquoi il est difficile, voire impensable de comprendre ce qu'est la démocratie; ce mot nous demeure étranger malgré tout le décorum esthétique dont nous l'entourons. Pendant que nous le prononçons en francais ou en anglais, il est déjà africanisé, créolisé, pidgnisé, paganisé, diabolisé. Sic! Bref, il s'agit de décider de quel côté nous nous plaçons. Un de mes amis a eu la bonne idée de sa lancer en politique, afin de changer la face du pays et du monde. Et même le mot "politique" est détourné de son sens grec. Du pain sur la planche et bonne chance!
6 mai 2017
Les dés sont jetés
La vie, c'est comme l'eau qui coule. Elle va, s'en va, sans jamais revenir en arrière. Elle tire en longueur. C'est comme le temps. Il n'arrête jamais, ne s'arrête jamais. Il continue, et détruit ce qu'il aide à naître. Le temporel disparaît ou finit toujours par disparaître. Tout ce qui a un commencement a une fin. Seul l'intemporel dépasse le temps, la vie: c'est l'éternité. Toutes les philosophies, toutes les théologies, toutes les religions, toutes les pensées et gnoses de ce monde prêchent, pérorent sur ce lieu commun. Et même les pasteurs du réveil jouent sur cette corde. "Telle est la vie, de moi pensant", titre d'un de mes poèmes composé il y a près de quarante ans à Mayidi.
Et dans la vie, ce qui est à toi te revient, pas tout de suite peut-être, mais quoi qu'il arrive, finit toujours par te revenir. C'est la leçon de la vie. Proverbe. Pourquoi pas dès lors qu'elle draine une sagesse intemporelle, vraie et valide à toutes les épreuves? Parole de vie. Parole éternelle et créatrice par laquelle le monde fut créé. Les puissants de ce monde traînent parfois ou souvent une vie privée misérable et piteuse. Malheureux qui s'accroche au temporel, en se nourrissant d'illusions temporaires soufflées par des satisfactions passagères.
Jusqu'à un certain âge, j'avais toujours cru que tout le monde m'aimait, m'appréciait et supportait mes échecs. Je ne m'étais jamais cru vulnérable jusqu'au jour où le destin en décida autrement et se retourna contre moi. Une douleur lancinante sans pareil. Et elles se multiplièrent les douleurs, sans jamais s'interrompre jusqu'à ce jour. J'ai appris avec la force de l'âge à apprécier le moment, l'instant passager du bonheur. J'ai appris à percevoir l'essentiel dans les méandres emberlificotés - comme dirait Mbuta Swa Yaanvu - de la vie. Cela, je ne l'ai pas appris à/de l'école, mais dans/de la vie. Pas de meilleure école que la vie. Vanité des vanités!
En intutilant cette entrée "les dés sont jetés", je pensais particulièrement aux élections françaises aui arrivent à terme ce 7 mai 17, aux sondages d'opinion, aux différents messages diffusés dans les réseaux sociaux qui prédisent la défaite imminente de Marine Le Pen. Mais ma pensée est allée dans une autre direction. Est-elle vraiment allée dans une autre direction? C'est la question que je me pose moi-même.
2 mai 2017
Et si Marine Le Pen devenait présidente?
"Claver,
Tu sais jouer avec le feu. Je dis NON, il faut même pas y penser. Tout le monde fait bloc contre elle. Elle ne le sera jamais. Malgré les quelques soutiens dont elle dispose, les Français ne voteront jamais pour cette femme xénophobe et raciste, qui tient à supprimer le droit du sol et de ce fait priver des milliers d'enfants d'étrangers nés en France de la citoyenneté française. Encore une fois NON.
Best
C"
Et si Marine Le Pen était élue Présidente de la RF?
Pourquoi pas? Les élections présidentielles ne sont pas encore jouées. Malgré tout ce qui se pense et se dit, l'éventualité d'une victoire de Mme Marine Le Pen n'est pas à écarter du revers de la main. Selon mon pote et les analystes, la situation actuelle est inédite et n'a rien à voir avec ce qui se passa au deuxième tour de 2002, du temps de Le Pen père. Le FN s'est entretemps refait une peau neuve dans le contexte de la crise financière, sociale et politique qui mine l'Europe et le monde. Que Le Pen soit arrivée au deuxième tour reflète le climat qui secoue actuellement le monde occidental. Marine Le Pen est une solution à cette crise. Loin de moi l'idée de m'imisquer dans la politique française, j'observe simplement ce qui me passe sous les yeux. Loin de moi l'idée de donner une consigne de vote, ce dont je n'ai ni autorité ni légitimité, j'estime que pour avoir éliminé certains puissants de partis, elle est encore forte pour rafler l'échéance présidentielle. Et Mr Fillon dans le tas!
Le Brexit et l'élection de Mr Trump aux US ont ouvert un autre regard envers le monde occidental. Le monde entier était surpris de ces résultats obtenus à la dernière minute. D'autre part, on annonce un taux très élevé d'abstention. Au vu de sa remontée dans les sondages, une élection de Marine Le Pen, aussi nsolite et inespérée soit-elle, n'est ni impossible ni inconcevable. On dirait que le peuple français optant pour une élection en dehors de schémas politiques traditionnels lance un message fort au monde s'il élit Mme Le Pen, une femme et membre du FN. Cette possibilité ne doit pas être exclue.
Une collègue française m'a dit une fois: "Marine Le Pen est bien, plus sympa que son père. Je l'aime bien." De là à voter pour elle, le pas n'est pas difficile à franchir.
Une collègue française m'a dit une fois: "Marine Le Pen est bien, plus sympa que son père. Je l'aime bien." De là à voter pour elle, le pas n'est pas difficile à franchir.
Si Marine Le Pen devenait présidente de la RF, le monde continuerait de vivre, le soleil de se lever et de se coucher. Son élection entraînerait certainement de graves chambardements sur les plans socio-économiques, culturels et politiques. Le peuple français en tant que souverain primaire a son destin entre ses mains. Il appartient donc aux Français de barrer la route à une politique prônant la xénophobie et la haine des étrangers. Quelle que soit l'issue du vote, ce sera leur volonté.
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