A voir les choses comme elles se passent, notre pays est prise dans un étau de contradictions continuelles. Il m'est difficile de comprendre rationnellement ce qui se trame réellement, encore moins d'appréhender les motivations de ces impasses qui semblent toutes programmées. Alors que les élections sont prévues en fonction de mandats, comment peut-on comprendre cet interminable voyage en cul-de-sac, ces va et vient de dialogues creux et dilatoires, ces incertitudes sciemment entretenues par des allégations contraires au bien commun? Tout est suspendu.
Prévues pour 2016, les élections ne pourraient se réaliser avant 2019. Soit trois années d'intermède et d'attente portant entorse au cycle des mandats politiques. On vole vraiment à vue. Et même encore rien ne garantit que élections auront bel et bien lieu en 2019. Les termes demeurent vagues et confus. Allez me parler de démocratie? Toutes les institutions de la république sont devenues caduques mais se prolongent indéfiniment, et aucune solution n'est envisageable à court terme. Et on appelle ça démocratie. Conclusion: la démocratie ne convient pas aux Africains.
12 oct. 2017
11 oct. 2017
Joyeux anniversaire Bwesi
10 octobre 2017. Echange d'emails:
"Hello, Kha Yakala,
Happy Birthday dear Bwesi!
"Hello, Kha Yakala,
Tu es aussi calme que la mer après la période des ouragans. Comment tu vas donc? Aujourd'hui le petit Bwesi souffle ses 26 bougies. Sa mère a séché le boulot pour lui faire quelque chose pour recevoir ses amis."
A quoi j'ai répondu:
"Hi Man,
Bwesi a 26 ans. Félicitations aux heureux parents qui ont réussi à élever contre vents et marées cet enfant au destin exceptionnel. C'est un bel âge, pourvu qu'il grandisse en sagesse et en maturité. Que Dieu le protège et le garde."
Happy Birthday dear Bwesi!
11 octobre il y a trente ans
Le 11 octobre 1987 fut mon dernier jour de fonction à l'évêché de Kenge. Le lendemain soir, je devrais prendre la SOTRAZ pour finaliser mon voyage de Fribourg. Depuis quelque trois semaines mon successeur l'abbé Faustin Kwakwa était déjà dans les parages; je l'introduisais aux méandres et recoins du secrétariat de l'évêché. L'évêque m'avait demandé de l'informer de tout, de lui exposer sincèrement ce qui m'a plu et déplu dans la collaboration avec lui, de l'initier au vrai sens du mot aux secrets du métier. Il avait insisté que je me sente libre dans la transmission de mes cinq années d'expérience à cette très lourde charge. La remise-reprise prit la forme d'un long compagnonnage instructif et initiatique. La différence est que lui était encore grand séminariste à la date de sa nomination, alors que moi j'étais déjà diacre. Aux âmes bien nées, dit-on, la grandeur n'attend pas le nombre d'années. Pendant toutes les semaines qui ont précédé, j'ai tenu à mettre Faustin à l'aise, à l'abri des lacunes qui ont marqué mon propre temps d'apprentissage à ce même poste. Moi-même lorsque je suis arrivé pour la première fois à l'évêché, c'était Marc Mutombo Matsumakia, alors grand séminariste en stage, qui m'a reçu en lieu et place d'un secrétaire attitré. Pouvait-il en être autrement? La Sœur Marie Robert était partie deux années auparavant. Modeste Kisambu y a aussi œuvré pendant un bout de temps. J'avais donc la lourde charge de profiler Faustin en fonction des attentes de l'Ordinaire du lieu. Je mis à sa disposition les documents utiles et disponibles, les informations relatives au secrétariat, aux archives, et au métier qui l'attendait. Une succession en bonne et due forme. Ainsi qu'il me l'affirmera plus tard à Kalonda, lors des journées sacerdotales de juillet 92, je lui avais révélé des choses qui se sont avérées vraies par la suite, dans l'exercice de sa charge. Je lui avais même livré mon analyse de la personnalité de l'évêque et de la conception que ce dernier avait de son pouvoir et de son ministère épiscopal. Je dois avouer que le travail à l'évêché fut pour moi un privilège unique de collaborer avec l'illustre homme de Dieu, de le côtoyer quotidiennement, d'être témoin de ses temps de force et de faiblesse, de partager ses joies et ses peines, voire de subir ses sautes d'humeurs ou ses frustrations, etc. Il y avait à disposition une Land Rover bleue à douze places et une Vespa. Avec mon successeur, nous avons entre autres effectué quelques séances de vespa du côté de la piste d'aviation de Kenge. Le temps s'était révélé court pour tout faire. Le dimanche avant avait eu lieu une cérémonie d'adieu aux paroissiens d'Anuarité Nengapeta, dont j'étais le vicaire dominical pendant les trois premières années de son existence. Je pris congé des jeunes Bilenge ya Mwinda que j'encadrais. Tout était donc prêt pour mon départ.
Le 11 octobre 87, je m'occupai essentiellement de finaliser mon voyage, de boucler mes valises et de ranger mes effets dans une malle d'Italie. Ce n'était pas aisé de quitter un lieu où l'on a vécu cinq années de suite, où l'on a tissé des habitudes, des réflexes et des relations. Je passai à la procure déposer une de mes malles à côté d'une autre qui s'y trouvait déjà. (Pour l'histoire, je n'ai presque rien retrouvé de tous ces biens cinq ans plus tard à part quelques livres n'intéressant personne. Je n'avais pas emporté la caisse.) Nicolas d'heureuse mémoire aujourd'hui voulait mon appareil projecteur de diapositives que je lui laissai volontiers. Je passai dire au revoir à des parents et amis à travers Kenge, en commençant par les champs de tir. Toute la journée, j'étais dans des courses à gauche à droite. Dans la soirée, j'eus une dernière conversation avec le Prélat un peu surpris de mon départ soudain à son sens; on se reverrait à Kinshasa. Je passai dire adieu tour à tour à mes confrères de la communauté: P. Jean Van der Hulst svd, Fr. Baptiste van Rooijen svd, A. Nicolas Berends, A. Denys Luhangu. Paix à leurs âmes! Le 12 octobre vers 22 heures, en compagnie de mon successeur, je franchis le portail humant et proférant l'ouf le plus puissant de ma vie. La suite est à lire dans mon autobiographie qui traîne à être publiée si jamais; mais c'est fait express.
5 oct. 2017
4-5 octobre 2017: Le détour de Trinidad
5 octobre 2017. Depuis hier soir 21h30, j'effectue un séjour de travail à Port-of-Spain, Trinidad. Je participe à ma toute première réunion comme membre du Conseil pour les études postgraduate et recherche de l'université. Je n'ai appris la nomination il n'y a que quelque trois semaines. Je n'ai eu que le temps d'arranger les papiers (visa, logement, ticket) et de traverser toutes les frustrations qui y sont liées. C'était un parcours de combattant pour mettre en place toutes ces opérations.
Hier je suis parti de la maison à 14h45, avec Mama Mapasa qui devrait récupérer sa voiture au chantier. A 15h30, j'étais à St Patrick pour dire au revoir aux enfants qui ne pouvaient pas m'accompagner vu que leur maman avait réunion des parents à l'école. A l'aéroport, j'ai été reçu au guichet par R, un ancien étudiant, qui m'a traité, je dois le reconnaître et le remercier, comme il se doit. Mon enregistrement s'est passé très vite, moins de cinq minutes. Il ne m'a posé qu'une question après voir vérifié passeport et billet: "Voulez-vous une place couloir ou fenêtre?" et tout de suite après "Bon voyage". A l'intérieur de l'aérogare, j'ai pris le temps de lire quelques documents de la réunion et de faire quelques coups de fil. Le vol a pris quelque cinquante minutes, et nous sommes arrivés à l'heure, 20h15, à Piarco International.
Avec un visa waiver, il me fallait solliciter un visa trinidadien; ce qui m'a pris une bonne quinzaine de minutes. Beaucoup moins que les autres fois. Là alors, j'ai été surpris quand on m'a demandé le nom et l'adresse d'un partenaire vivant à Trinidad. L'invitation à la réunion ayant été établie en Jamaïque, je n'avais aucune référence sous la main. J'ai donné le nom d'une collègue qui n'avait rien à voir avec la réunion. L'essentiel était d'en soumettre un. Un taxi. Vingt minutes plus tard, j'étais à l'University Inn, Campus St Augustine. J'ai été reconnu par Dr Rodolphe Solbiac de l'UAG, Martinique. Il y a l'Annual Western Indian Literature Conference. Le garçon de chambre m'a informé qu'il me fallait libérer la chambre à 12h00 comme je partirais le soir. Ainsi, je n'ai occupé ma chambre d'hôtel que de 22h à 8h45.
Ce matin, au restaurant, c'est ma collègue et amie Anthea Morrison qui m'a interpelé alors que je ne l'ai pas reconnue à première vue. En fait, je l'ai vue de profil. Elle est à la conférence. De là j'ai couru vers le bureau de Graduate Studies m'en quérir du lieu de la réunion. Aussitôt orienté, je suis retourné à la chambre pour boucler mon sac. A la réunion, j'ai eu le plaisir de rencontrer beaucoup de visages connus et inconnus. Parmi eux, Dr Ngoni Chipere du Zimbabwe qui opère à l'Open Campus, mais que je n'ai plus vu depuis plus d'une année. Parmi eux, Alan Cobley, lui est Pro-Vice Chancellor chargé du Board of Undergraduate Studies. Mon voisin de quartier, mais que je ne vois que par hasard, à des occasions spéciales ou officielles. Etc. une dizaine de collègues de Cave Hill, Barbade.
A cette réunion, j'ai plutôt observé, appris, écouté. Je serai partie prenante la fois prochaine. J'ai pu mettre des noms sur des titres, certains connus depuis des années. J'ai particulièrement apprécié les exposés des participants et la façon dont la réunion a été menée. Là, la réunion continue; il est 17h20, il reste deux points à traiter. J'ai commandé un taxi pour 16h00.
J'arrête là. Une pensée et des salutations cordiales de Trinité et Tobago.
Hier je suis parti de la maison à 14h45, avec Mama Mapasa qui devrait récupérer sa voiture au chantier. A 15h30, j'étais à St Patrick pour dire au revoir aux enfants qui ne pouvaient pas m'accompagner vu que leur maman avait réunion des parents à l'école. A l'aéroport, j'ai été reçu au guichet par R, un ancien étudiant, qui m'a traité, je dois le reconnaître et le remercier, comme il se doit. Mon enregistrement s'est passé très vite, moins de cinq minutes. Il ne m'a posé qu'une question après voir vérifié passeport et billet: "Voulez-vous une place couloir ou fenêtre?" et tout de suite après "Bon voyage". A l'intérieur de l'aérogare, j'ai pris le temps de lire quelques documents de la réunion et de faire quelques coups de fil. Le vol a pris quelque cinquante minutes, et nous sommes arrivés à l'heure, 20h15, à Piarco International.
Avec un visa waiver, il me fallait solliciter un visa trinidadien; ce qui m'a pris une bonne quinzaine de minutes. Beaucoup moins que les autres fois. Là alors, j'ai été surpris quand on m'a demandé le nom et l'adresse d'un partenaire vivant à Trinidad. L'invitation à la réunion ayant été établie en Jamaïque, je n'avais aucune référence sous la main. J'ai donné le nom d'une collègue qui n'avait rien à voir avec la réunion. L'essentiel était d'en soumettre un. Un taxi. Vingt minutes plus tard, j'étais à l'University Inn, Campus St Augustine. J'ai été reconnu par Dr Rodolphe Solbiac de l'UAG, Martinique. Il y a l'Annual Western Indian Literature Conference. Le garçon de chambre m'a informé qu'il me fallait libérer la chambre à 12h00 comme je partirais le soir. Ainsi, je n'ai occupé ma chambre d'hôtel que de 22h à 8h45.
Ce matin, au restaurant, c'est ma collègue et amie Anthea Morrison qui m'a interpelé alors que je ne l'ai pas reconnue à première vue. En fait, je l'ai vue de profil. Elle est à la conférence. De là j'ai couru vers le bureau de Graduate Studies m'en quérir du lieu de la réunion. Aussitôt orienté, je suis retourné à la chambre pour boucler mon sac. A la réunion, j'ai eu le plaisir de rencontrer beaucoup de visages connus et inconnus. Parmi eux, Dr Ngoni Chipere du Zimbabwe qui opère à l'Open Campus, mais que je n'ai plus vu depuis plus d'une année. Parmi eux, Alan Cobley, lui est Pro-Vice Chancellor chargé du Board of Undergraduate Studies. Mon voisin de quartier, mais que je ne vois que par hasard, à des occasions spéciales ou officielles. Etc. une dizaine de collègues de Cave Hill, Barbade.
A cette réunion, j'ai plutôt observé, appris, écouté. Je serai partie prenante la fois prochaine. J'ai pu mettre des noms sur des titres, certains connus depuis des années. J'ai particulièrement apprécié les exposés des participants et la façon dont la réunion a été menée. Là, la réunion continue; il est 17h20, il reste deux points à traiter. J'ai commandé un taxi pour 16h00.
J'arrête là. Une pensée et des salutations cordiales de Trinité et Tobago.
4 oct. 2017
Zum Geburtstag viel Glück FK
Heute feiert Frau Traudl Schmitt ihren Geburtstag. Alle meine engen Verwandte and Freunde haben - durch meine Erzählungen oder Schreiben - schon mal über sie gehört, da sie irgendwie zu meinem alltäglichen Leben gehört. Alle die Leser and Leserinnen von diesem Blog kennen sie. Ihr Name scheint ab und zu in verschiedenen Texten. Schon 23 Jahre seit ich sie zum erstenmal getroffen habe und seit wir uns kennengelernt haben. Genau am 5. August 94, zwei Wochen nach dem Tod meiner schwester Louise. Unsere Beziehung ist solange sehr stark geblieben, auch wenn der Kontakt manchmal nicht so regelmässig laüft. Ihre Anwesendheit ist mir wesentlich, das ist für mich das wichtigste. Dafür bin ich dem Schöpfer der Welt sehr dankbar. Möge ihr der Herr Gott noch Segen, Frieden, Kraft, Gesundheit, schenken. Mut und Hoffnung braucht sie auch, besonders in diesen Tagen und Monaten. Alles Gute und Liebe liebe FK. "Zum Geburtstag viel Glück" würde ich sehr gerne singen.
3 octobre 2017: Dix ans sous terre
"Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière" (Gen 3, 19).
Dix ans que Papa a été porté en terre, dix ans que la terre a déjà repris mon père dans l'au-delà, dix ans de souvenirs et de mémoire. Dix ans de séparation physique, et c'est pourtant comme si c'était encore hier. Je suis enocre passé te voir le 1er août 2016 à ton logis de repos. Pieuse prière, méditation et silence! Paix éternelle à ton âme!
Je me souviens particulièrement d'une date. Le 3 octobre 2008, j'avais appelé Maman: elle avait tout de suite compris que c'était en rapport avec l'enterrement de Papa. "Lelu, le 3" avait-elle dit. Tout était dit et entendu à demis-mots. Après un temps, elle a rappelé: "Tat'enu mu nkembu bam'zika". Aujourd'hui, Papa et Mabana se retrouvent ensemble dans le royaume des vivants, communiant et communiquant à travers les symboles magnétiques du cosmos, attendant que nous les y rejoignons un jour, à notre tour. De la vie à la mort il n'y a qu'un pas.
Buna bwa bukheti tata.
2 oct. 2017
Giuseppe Kisekka vive in eterno
October 1, 2017. I was trying to get news about Joseph Kisekka. It is how I found myself devastated to learn about his passing on April 14, 2016. Giuseppe passed away more than a year ago without me knowing. May his soul rest in peace. His colleagues of the Martyrs of Uganda University have published an impressve 70 pages Tribute to Associate Professor Fr. Joseph Kisekka (1959-2016). I have always considered Jeff and Jean-Roger Lumu among my best friends while studying at the Urbaniana, Rome.
Kisekka started philosophy at the same time I started theology. When I finished third year he was in first theology. We used to chat a lot, discussing almost any subject, sharing life experience and many things in common. To me he was like Lumu. They both had a sense of humor and sarcasm I really appreciated. We would laugh at everyone. "Che forza selvaggia!" He once said teasing Faustin Mampuya. He used to make jokes about Vincent Ssekabira, kindly nicknamed "Bisognerebbe". He might have been the one who coined that nickname for VS. When I decided to attend a language course at the Central School of English, London, he took it for a waste of time, suspecting or hinting that I had an agenda in mind. "Even if you pretend that you lost English by learning German, your English does not need any improvement. Period.", he told me. Kisekka used to argue that Idi Amin was a Zairean, not Ugandan. Through him and other friends from Uganda I learned to understand some Kiganda language, a Bantu language similar to Lingala. "Tugende" for example means "Tokende" or "Let us go". Last time I met JK was at Collegio San Paolo in 89 or 90. He was finishing his PhD in Philosophy at the Urbaniana.
In 2008 I found his email address on the net and reconnected with him. We shared some news on our common friends and life challenges. Unfortunately the last three years we lost contact. I understand that it was due to his sickness. Having JRL and JK at my side was a real blessing to me. I heard of Lumu's passing two years later, the same way I heard tonight of Joseph Kisekka's death one and a half year later. Vivo o morto, Giuseppe vive davero in eterno nel mio cuore.
Dear Joseph, may your soul rest in peace and the Allmighty grant you eternal peace.
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