7 mars 2018

Des morts

Les morts comme toujours sont nombreux. Une semaine pleine de nouvelles douloureuses. D'abord c'est Lilian Kesteloot. Grande critique littéraire, une figure incontournable en littérature francophone d'Afrique et de la Caraïbe. Une grande dame. Elle est la pionnière des études littéraires africaines. Tous ceux qui l'ont approchée gardent d'elle l'image d'une chercheuse minutieuse et d'une femme de coeur. Elle laisse une oeuvre critique immense. Lorsqu'elle avait il y a bientôt cimquante-cinq ans sa thèse à l'ULB, nul ne lui accordait le moindre succès à cette investigation inédite dans les arcanes de la jungle littéraire africaine et caribéenne. Lorsque je pense à son aventure scientifiqur, je m'imagine en présence de mes anciennes condisciples d'université, voire à mes étudiantes de Humboldt, fouinant dans des domaines insolites en quête de sujets accrochants. Je pense à ces jeunes occidentales galopant les montagnes de l'Est ou la forêt équatoriale rencontrées au CRN à Cambridge, qui étudient les sources des conflits interethniques ou tentent de défendre la survie des Bonobo. Des recherches de visionnaire. Quoique j'aie longtemps remis en doute cette perspective parfois voilé d'un teint colonial et paternaliste, je respecte la mémoire et l'immense contribution de L K aux études africaines.
Hier j'ai comme beaucoup des gens de Kenge appris la mort d'Elisée Madilu. Que son âme repose en paix! Et condoléances émues à la famille Madilu.
Cette nuit, et c'est ce qui m'a réveillé, je viens d'apprendre la mort du Père Simon Pierre Metena sj. Je ne saurais dire avec précision quand j'ai connu le père Metena. Probablement du temps de Mayidi comme les contacts étaient réguliers avec Kimwenza. Soit. Nous avions eu un ami commun, le Père Henri de Decker, lui aussi ancien directeur du Cepas. Je n'oublierai jamais une concélébration qui nous a réunis dans la chapelle du Centre Nganda en avril 1993 alors que je me préparais à retourner pour ma thèse à Fribourg. J'en garde quelque part une photo. Mais comme vous en avez sans doute aussi l'expérience, souvent les choses disparaissent ou se perdent lorsqu'on en a besoin. Une personnalité remarquable dans la Compagnie SJ. Paix à l'âme du Père Metena. Adieu Simon!Requiescas in pace!

2 mars 2018

Adieu Mme L Kesteloot


Nous venons d'apprendre le décès, ce 28 février à Paris, de Madame
Lilyan Kesteloot.
Madame Kesteloot voulait, il y a une semaine encore, écrire au journal
/Le Monde/ pour donner son avis sur la question de la "francophonie" en
discussion en ce moment ...
Les études africaines lui doivent beaucoup
Papa Samba Diop

26 févr. 2018

Our Second Guest: Mado


Barbados, 25 Febr 2018

23 février à Mona

Je me lève de très bonne heure, prends le petit déjeuner. Là je rencontre des collègues de Cave Hill et de St Augustin. Certains me sont connus, d'autres pas du tout. 
Suzanne est aussi là. Ancienne étudiante à Cave Hill, elle est à présent directrice d'une unité de l'Université dans les territoires de la Caraïbe. Pour la petite histoire, son deuxième fils est né un jour après Madeleine et Claver Jr. On s'était retrouvé dans le même compartiment. Mais elle est venue ici pour une autre réunion. 
Peu avant 9 heures, je traverse la route qui relie le campus au siège central de l'Université où je retrouve tout le monde. Je mets des noms à des visages connus de visu et des visages à des noms connus sur papier. Deux ou trois pro vices-chancelliers dont le recteur de St Augustine sont présents. Les administratifs de Quality Assurance et de Graduate Studies ont aussi leurs places. Je m'assoeis à côté de Dr Pamela Dottin d'Open Campus, mais on ne s'est jamais rencontré à Cave Hill alors qu'elle y a obtenu son PhD. Dans la foulée, je retrouve ma collège et amie Liz Walcott, la fille du Prix Nobel de littérature. L'ambiance est cordiale, la réunion s'annonce longue, studieuse. 
Réunion interminable, mais fructueuse, puisque des décisions engageant l'avenir et le prestige de l'université sont prises. Car la qualité des diplômes post-gradués reflète la qualité de l'université. C'est d'ailleurs pourquoi on mentionne le lieu de leur obtention dans les CV et présentations. L'université est comme une griffe, une carte d'identité. Dans le ranking, on nous apprend que l'UWI est classée dans les 900 meilleures au monde. La position pourrait être améliorée si nous arrangeons nos murs publicitaires, car notre profil ne correspond pas à ce que nous faisons. Des questions comme la supervision des thèse, la classification des recherches et publications, le plagiat, l'échange intercampus sont discutées dans le cadre du Triple A du Plan Stratégique 2017-2022. Etc. PVC Webber est un excellent modérateur de réunion. Il est 17h45 lorsque la réunion prend fin.
Au revoir. Retour à Mona Lodge où m'attend Barth Iyemomay. Il m'apprend que le P Mayesi ne peut pas nous rejoindre. Comme on est fatigués tous les deux, on se contente d'un modeste souper au centre social des étudiants. A l'hôtel, le chaos commence dès 19 heures. 
C'est le Carnaval des Etudiant(e)s au Old Still House Ruins and Lawns, et Gold Room. Des centaines, ou milliers d'étudiant(e)s en provoquants costumes de carnival occupent le lieu créant ainsi une vibrante ambiance de fête et de liesse populaires. La musique est très forte. Nous étioms prévenus. On nous l'avait annoncé dès le matin. Des bruits à faire trembler les fenêtres. Des animations interminables à vous couper le souffle. "Des danses endiablées à faire trémousser même le Saint Père", je tiens l'expression d'un Monsieur très digne. Mon vénéré prof d'exégèse à Rome. Depuis ma chambre je subis ce tintamare infernal impuissant et résigné mais je ne me laisse pas faire. Je réussis toutefois à le présent article du blog qui est sous vos yeux. Il est 1 heure lorsque les bruits cessent net. Les normes ont été observées.   

23 févr. 2018

De nouveau en Jamaïque

Depuis hier, 22 avril 2018, je suis à Mona, Kingston. Parti de la maison à 4h25, je suis arrivé à BGI peu avant 5h. Le temps de faire l'enregistrement, je me suis vite retrouvé dans la zone d'embarquement. Un peu trop vite à mon sens car au moment de changer l'argent, je me suis rendu compte que j'ai oublié mon porte-monnaie ainsi que les cartes bancaires. Cela c'est moi. Quelque chose a fait défaut dans mon système de fonctionnement car j'ai pris le faux porte-monnaie. Seulement, je ne saurais dire à présent où c'est resté. A la maison ou dans la voiture qui m'a conduit à l'aéroport? Je le saurai au retour.  Par contre, lorsque j'ai un problème, en général, il se résout souvent de lui-même. J'ai un fond secret, ce n'est pas un moyeke, mais un mécanisme qui supplée à mes faux-frais. Une sorte de Plan B comme on dit. Là je suis imbattable. Ma chambre d'hôtel sera payée sans problème car le Mona Lodge a enregistré ma carte Visa Premium lors de la réservation. Je n'aurai qu'à réduire mon train de vie pour la durée du séjour; je n'ai pas besoin de beaucoup d'argent pour vivre. Les cadeaux en souffriront un peu. Et même encore, il y a toujours une solution. C'est ce que dans mon optimisme viscéral j'appelle ma Providence. 
Au moment de l'embarquement, je rencontre Prof. Jane Bryce, professeure émérite de littérature africaine et cinéma, et Dr Ngoni Chipere du Zimbabwe. Jane est en route pour Cuba tandis que Ngoni pour la même réunion qui m'amène à Mona. Lors de l'escale à Mona, pendant que nous prenons un snack, nous engageons des échanges sur l'Afrique, la RDC et le Zimbabwe. J'apprends que le Ndebele et le Shona sont pratiquement les mêmes peuples mais que les différences résident dans les détails historiques. Que le Kinyarwanda est proche du Shona et du Ndebele, malgré la distance qui sépare les deux pays. Que Dieu est appelé "Mwari" dans ces langues. Qu'il y a eu des transactions commerciales avec la Chine, ou l'Iran à une époque révolue. Qu'il y a encore actuellement en Inde des communautés noires dans lesquelles le "Shona" est encore parlé. Il est donc important de revoir l'histoire des peuples africains à travers les siècles. L'histoire héritée des anciennes puissances coloniales n'aide pas à clarifier ces genres de migrations.
De Piarco International nous sommes allés à Antigua pour une longue et ennuyeuse escale, dans un autre avion. A 11h30 nous avons atterri à Kingston, Jamaïque. A l'Immigration, on place les passagers qui disposent d'une carte de vaccination pour la fièvre jaune d'un côté et ceux qui n'en ont pas d'un autre côté. Pour ma part, je ne l'avais pas sur moi, n'ayant pas été informé de cette disposition ni par le Consulat jamaïcain ni par l'agence de voyage. Le hasard a fait que je retrouvé un vieux certificat pris en Allemagne il y a vingt ans. Il était curieusement valide, étant donné qu'une vaccination de la fièvre jaune s'effectue une fois dans la vie.  So the immigration agent!
On apprend que les participants à la réunion sont attendus. On forme un groupe de trois avec l'étudiant Dwayne Simon et Dr Chipere. Ms. Denise Jackson a la gentillesse de nous conduire à Mona Campus, et en premier, de me déposer au Mona Visitors' Lodge où je suis arrivé autour de 15 heures. Formalités de check in. On me met dans la chambre 7. Dès que je me connecte au Wi Fi, je trouve Unique au bout du fil. Une belle conversation me permet de me calmer les nerfs fatigués du long voyage. J'appelle des proches disponibles. Je contacte Barthelemy Iyemomay que j'ai rencontré deux années plus tôt ici. La connexion est très mauvaise. On s'entend que j'écrive plutôt l'adresse de l'hôtel. Il est question qu'on se rencontre avec le Père François Mayesi. J'apprends qu'il est de Lonzo. Je vais à Hi Lo pour une opération de transfert de sous. Puis à Mapene. Je reviens, rejoins Barth à Hi Lo. Le père François arrive autour de 18 heures, son visage ne m'est pas inconnu. On passe ensemble une soirée inoubliable. Il est 20 heures lorsque je reviens à l'hötel. J'en profite pour préparer la réunion, lisant tous les documents.



20 févr. 2018