11 mars 2018

Kardinal Karl Lehmann in memoriam

Info: Kardinal Lehmann ist heute um 4.45 gestorben, er war 81 Jahre alt und stammte aus Sigmaringen. Schönen Sonntag und alles Liebe.
(T Schmitt)

RIP. Kard. Lehmann habe ich einmal in Mainz getroffen, als er Vorsitzender der Deutschen Bischfskonferenz war. Im August 89 war ich Stellvertreter von Pfr. Albin in Leinach bei Würzburg. Eine Delegation der damaligen Zairischen Bischofskonferenz kam nach Mainz, im Rahmen einer Sondersitzung BRD-Zaire. So bin ich mit Pfadfindern von Würzburg hingefahren, um Bischof M'Sanda von Kenge zu treffen. So hatte ich die Ehre, Kard. Lehmann zu grüssen und ein paar Worte mit ihm zu halten. Danke, Herr Kardinal, für Ihre hervoragende Leistung für die Katholische Kirche nicht nur in Deutschland, aber auch in der ganzen Welt.

10 mars 2018

Qui définit la démocratie? 3

Chacun a certes sa définition, mais le mot démocratie porte en lui-même une marque indélébile que l'on ne saura jamais éliminer. Si les politiciens l'utilsent pour tromper leurs peuples, ceux-ci ne sont pas dupes quoiqu'ils se taisent. Que la démocratie soit définie par le plus fort, le dictateur, cela ne fait que confirmer qu'elle engage et est essentielle pour la survie d'un peuple. Chaque peuple a sa définition de la démocratie. Erreur. Retournez là d'où vous avez appris ce mot, et vous verrez si vous avez raison. Au nom de la démocratie on fait des guerres soit disant de libération. Au nom de la démocratie, on brûle des édifices publiques ou religieux. Au nom de cette démocratie, on quitte son pays pour jouir d'un climat plus serein, humain et paisible ailleurs. Qui définit la démocratie en dernière analyse? Personne et tout le monde, c'est-à-dire le mot est intouchable. C'est comme un cercle, on est soit dedans soit dehors. L'ambiguïté n'existe pas en démocratie: ou bien le peuple assume ses droits et devoirs, ou bien le dictateur se la coule paisiblement douce. Qui oblitère la démocratie se condamne à la méprise du monde, à la risée des partenaires étrangers qui estiment que les Africains sont incapables de s'auto-gouverner. Le monde entier se moque de nous et de nos dirigeants-guides providentiels dans leur effort de contourner les règles du jeu démocratique en changeant leurs constitutions à l'avantage des potentats contingents. Ils se croient respectés alors qu'ils sont moqués, avilis et vilipendés. 
Hier au festival Africa World Documentary Film Festival, j'ai suivi Burkinabé Rising de Lara Lee. J'ai été à la fois impressionné et intrigué par la poésie slam, et par l'humour des artistes. "Make Fufu Not War" reprenant "Faites l'Amour, Pas la Guerre". Voilà un message simple, concis mais bien ciblé sur le peuple local. C'est la révolution alimentaire prônée par Thomas Sankara qui est lancée comme une bombe à la face des tueurs de ce héros. Comme quoi Sankara est encore plus fameux vingt ans après sa mort que du temps où il vivait. C'est aussi cela la démocratie. Qui la définit en dernière analyse? Le peuple bien entendu. Et quoi qu'il arrive, les artistes le savent. Le peuple finit toujours par vaincre, malgré les efforts assidus du despote pour démolir la démo-cratie. Le dernier mot appartient donc au peuple. Il ne faut pas lui voler sa démocratie.
Ce qui n'est pas sans rappeler le vieux slogan des démocraties populaires: "Tout pour le Peuple, Rien que pour le Peuple"

8 mars 2018

La femme, ma muse

L'expression n'est pas de moi. Tous les poètes le disent. Mon Vénérable Professeur d'exégèse le disait, le soutenait, lorsque la religieuse allemande, Schwester Tamara, qu'il appelait sarcastico-affectueusement la Verginella, lui inspirait des interprétations originales de la Sainte Bible. Rien d'important dans ce monde ne s'est fait sans la femme. D'Eve à l'Immaculée Conception et de Lucie à Mère Theresa, la femme a été présente dans les profondes mutations de l'humanité.
Ce que prétendait mon Vénérable mariologue ne s'est révélé vrai à mes yeux que quand mes enfants jumeaux sont nés. L'homme n'est plus fort que la femme que superficiellement. Ne dit-on pas que ce que femme veut, Dieu le veut aussi. Des lieux communs certes mais qui véhiculent des vérités plus probantes que ce qui se voit. Mon Vénérable maître-exégète affirmait que deux réalités le hantaient dans la vie: la Bible, sa spécialité scientifique et la femme, dont il se méfiait éperdument. Mais tous ses étudiants se souviennent de ses remarques percutantes sur la Femme. Ses homélies sur la SV Marie étaient d'une profondeur extraordinaire. Je le vois encore prêcher fin mai 82 à la résidence du Cardinal Angelo Rossi, alors Préfet de la Propaganda Fide, en présence de nombreux prêtres et séminaristes du Collège Urbain, sur la Mère de Jésus. Une homélie d'anthologie qu'on entend une fois dans la vie. Une de meilleures homélies que j'ai suivies de ma vie. 
"La femme, ma muse", c'est d'autant plus vrai que ma U, que je salue volontiers, veille à ce que je garde les pieds sur la terre. Elle m'a rappelé la Journée Internationale de la Femme. Lusm.  

Non à la violence aux femmes

Les femmes sont victimes de plusieurs crimes à travers le monde: violences domestiques, coups de poing, lapidations, viols, persécutions et martyrs, esclavages et séquestrations, harcèlements et agressions sexuels, discriminations psychologiques et raciales, restriction ou privation des droits et libertés, intolérance religieuse, etc. Il ne se passe pas un jour qu'un tel crime ne soit commis. Aujourd'hui, je joins ma voix à celles de milliers ou des millions de personnes qui défendent la dignité et l'intégrité de la femme. Je dis: NON A LA VIOLENCE AUX FEMMES.

Journée Internationale de la Femme

8 mars. Les femmes sont en honneur aujourd'hui. Quoiqu'elles le soient tous les jours, elles le sont spécialement aujourd'hui. Je rends d'abord hommage à celle qui m'a donné la vie. Et à travers elles à toutes les mères vivantes ou décédées. Je rends hommage à la femme. Je pense à celle qui vit près comme loin de moi. Je pense à toutes les femmes: grands-mères, mères, tantes, soeurs, belles-soeurs, filles, nièces, amies, associées, collègues ou supérieures, religieuses, quels que soient les titres sous lesquels on les désigne. C'est leur jour aujourd'hui.
Très tôt j'ai été rendu attentif à la question du genre. Le terme émancipation de la femme était porté par les médias, chanté par la musique congolaise. Je ne savais pas trop ce que c'était. Je me souviens de Mme Lihau Kanza, Sophie je crois. Un nom qu'on donnait en exemple à chaque fois. Nommée plusieurs fois ministre des affaires sociales, elle a longtemps incarné pour moi la femme intellectuelle, moderne et accomplie. Je ne l'ai vue que sur photos ou à la télévision. Paix et respect à cette grande dame. Puis il y en a eu plusieurs dans différents ministères, voire dans tous les départements d'état comme on disait à une époque. Puis est sorti des cendres le ministère de la condition féminine. Aujourd'hui on parle de ministère du genre. J'ai ma propre histoire sur cette question. Elevé dans un environnement phallocratique, j'ai éprouvé des réserves à considérer la question femme. Eduqué dans un milieu masculin, j'en garde les séquelles. Je n'ai eu des condisciples filles que les deux premières années d'école primaire, et il n'y en avait pas beaucoup. Un coucou à ma cousine Laurentine Ngondi, que nous appelions affectueusement Kathini. Un lointain coucou posthume à Charlotte Ilenda comme à Louise Kimbuta d'heureuse mémoire. Puis j'ai eu des condisciples dames ou religieuses à l'Urbianana, dans des écoles de langues et à Fribourg où elles étaient majoritaires.
Quand j'arrivais à Fribourg, Mme Philomène Milolo, auteure de La fille du couvent, venait de présenter sa thèse sur l'image de la femme africaine sous la direction de M. Giraud. Je n'étais pas impressionné... jusqu'au jour où je me suis occupé moi-même de ce sujet. Aujourd'hui je compte des grands noms parmi mes amies écrivaines dont Calixthe, Emmelie, Yanick, Frieda, Mariam, Monique, etc. Et même j'ai quelques publications sur les femmes, notamment une analyse de Douceurs du bercail d'Aminata Sow Fall. C'est un parcours atypique pour quelqu'un qui est parti du séminaire à la vie du monde. Respect, honneur et hommage  à toutes les femmes!
A Cave Hill existe un Centre for Gender Studies dont les travaux et les activités sont de grande qualité. Autrefois, j'étais invité par la directrice Eudine Barriteau à introduire et présenter l'activiste féministe sénégalaise Fatou Sow. Mme Barriteau occupe aujourd'hui le poste de recteur de notre université, Campus de Cave Hill. Chapeau Principal!
Hier, Mme Traudl Schmitt m'a étonné par la gravité de son propos lorsqu'elle a évoqué avec insistance l'usure que le temps cause dans la vie de quelqu'un, à fortiori d'une femme. J'ai apprécié avec beaucoup de respect. Ce matin, j'ai reçu un message dans le même sens d'une amie tchèque médecin anesthésiste: "Pierre, you really think, that a woman wants to bring her face after many years to Skype? I am starting to think about it. How to do a new look?" Le temps, le temps, le temps.
Coucou spécial à ma dulcinée qui a fait que je n'oublie pas ce jour. Merci ma U.


7 mars 2018

Qui définit la démoratie?2

Sacré Claver,
Tu en as des intuitions. J'aime bien ta façon de raisonner, et comme sur la plupart des questions, tu as raison. La démocratie, qui la définit? Je me suis souvent poser la question, mais en d'autres termes. En termes de forces et de pouvoirs. C'est la loi du plus fort. Le plus fort, dans les pays organisés et développés politiquement, c'est la Constitution. Et dans les pays en voie de développement ou sous-développés politiquement, c'est le dictateur que les militaires ont placé à leur tête comme leur guide suprême.
La Constitution est reconnue comme la seule instance de référence pour un pouvoir républicain ou monarchique digne d'assurer l'égalité des droits entre les citoyens ou sujets. Elle organise l'exercice du pouvoir. Son respect rigoureux et indiscutable constitue ou définit la démocratie. Tu as souvent soutenu dans ce blog que la démocratie appartenait aux Occidentaux, et que les Africains n'y comprenaient pas grand chose. Alors pas du tout. Tu as raison quoique l'expression soit maladroite, agressive et parfois délicate vis-à-vis des autorités en place. Y aurait-il un moyen plus adapté pour l'exprimer? Je ne saurais le dire.
Quelque part, tu as évoqué Nnikon Nniku déclarant: "La Constitution, c'est moi". C'est ce que vos minables dictateurs et despotes font une fois à la tête de vos pays. Ce qui entraîne du mépris pour vos systèmes politiques, souvent très monolithiques et peu flexibles aux vagues de l'histoire. Le despote incarne la Constitution, sans devoir rendre des comptes à qui ce soit. Il la change selon son goût. Il la tripatouille au gré de ses émotions. Grâce à ses forces de violence, il la maintient selon son seul vouloir. Ses sujets les plus proches se sont ses thuriféraires comme si le ridicule ne tuait pas. Ses collaborateurs de confiance sont maintenus sur une menace constante d'être révoqués ou éliminés sans autre forme de procès dès qu'ils s'écartent de la ligne tracée par le guide suprême. Ils sont sommés de définir la démocratie en fonction du maintien au pouvoir de leur soi-disant autorité morale. Cela s'est vu, cela se voit, cela se verra.
L'homme fort du pays fixe les règles du jeu. Il n'est redevable envers personne. Il sert les intérêts de ceux qui l'ont placé jusqu'au jour où ces derniers décideront de le lâcher. Les puissances étrangères qui le soutiennent l'aident à affûter ses armes contre ses ennemis, moyennant en contrepartie d'énormes dividendes financières. Elles ferment les yeux devant les crimes de leur protégé tant que leurs intérêts ne sont pas touchés ni bousculés. Sous le couvert d'opérations de charme en leur direction, le despote et ses acolytes creusent chaque jour la tombe commune de leurs concitoyens voués désormais à la misère, à la peur, à la précarité sans espoir de voir briller leur lendemain. 
Des questions réglées une fois pour toutes ailleurs sont sujets à discussions et à amendements de ce côté de l'Atlantique. La loi de la jungle, c'est cela la démocratie de l'homme fort africain. Un ministre des sports a été arrêté, mis en examen, pour avoir permis que le président joueur de foot soit taclé pendant le match. Intouchable quoi! C'est cela la démocratie... chez nous en Afrique. Le monde entier se moque de nous. On s'en fout. Chaque peuple a sa définition de la démocratie, soutiennent les partisans du régime. Et la définition de la démocratie, c'est celle que décide le chef. 

Qui définit la démocratie?

Ce matin, en lisant un article sur RFI, qui annonçait la création d'un parti dissident du Zanu-PF, j'ai été très surpris de lire la déclaration suivante du Nouveau Parti Patriotique: "Le parti est outré par la façon inconstitutionnelle dont Robert Mugabe a été chassé du pouvoir. Chassé par des criminels qui ont honteusement abîmé la démocratie zimbabwéenne". ' Un déclaration de combat surprenante à plusieurs égards. Un recours contre la mise à l'écart de R Mugabe. Au nom de la démocratie, le NPF est acquis à la cause de R Mugabe et réclame des réparations dans une bataille juridique qu'elle engage aussi bien au niveau de l'UA que de la Cour Constitutionnelle du Zimbabwe. J'aime mieux ne pas être surpris.
R Mugabe est, comme tous les présidents africains, un système, un maillon essentiel dans une chaîne d'inextricables intrigues politiques, économiques, financiers, maffieux, et que sais-je encore. Exécré par ses opposants et son propre peuple, il est adulé par une autre bande d'indéfectibles qui ne jurent que par lui. Intérêts individuels et ethniques obligent. L'homme fort traité de sinistre dictateur par le monde entier se trouve réhabilité par une faction de son parti, ceux-là mêmes qui ont bénéficié de ses faveurs et soutiens. Alors que le monde entier a salué une passation de pouvoir sans effusion de sang, voilà qu'on déterre une autre hache de conflits. Tout cela au nom de la démocratie. A vraiment se demander qui définit la démocratie!