20 mars 2018

Ma journée d'hier

Cette semaine s'annonce difficile, mais restons optimistes. A plusieurs points de vue. Hier, j'ai éprouvé de la douleur en apprenant d'abord sur Facebook, ensuite par des messages emails et Whatsapp, la mort à Luanda, Angola, de notre frère, le Père Ambroise Kitoko Nawenayandi, SVD. Mes condoléances vont aussi bien à sa famille biologique qu'à la congrégation des Verbites. Que son âme repose en paix! Wenda mboti mwan'etu.
La journée d'hier a commencé dans une certaine euphorie. Très tôt de gentils messages l'ont mise sur les rails, mais c'était sans compter avec les circonstances du temps. J'ai accompli mes devoirs professionnels sans encombres. Dans l'après-midi, j'ai senti une sorte de vide et d'inaccompli jusqu'à ce que j'ai pu revoir mon unique, ma fleur de cactus, et lui parler  de coeur à  coeur. Un moment presque surréaliste de répit, d'inspiration et de renaissance. La mer est la meilleure consolation.
J'en profite pour souhaiter de bons voeux d'anniversaire à ma soeur, Mamie Mbakata, et à l'abbé Fidèle Khoto. Bénédictions divines et grâces abondantes!

    

18 mars 2018

Mon tout premier béton




Ce 17 mars 2018, j'ai décidé de construire les bases pour la pose d'une cuisine et de deux armoires de chambre. Le constructeur n'avait pas d'aide; j'ai donc accepté de faire le boy-maçon plutôt que d'attendre un qualifié pour le travail. Une aventure réussie selon toute évidence. Un travail dur qui sollicite tous vos membres et votre sens commun. Je n'ai jamais de ma vie fait de la maçonnerie. De la peinture oui, quelque fois de la plomberie oui, mais jamais je n'ai touché au ciment jusque hier. Pour me préparer à cette délicate opération, j'ai cherché dans l'Internet comment on mélange sable, ciment et moellon pour faire du béton. Lorsque Mr Boyce est arrivé, il a pris des décisions contraires à tout ce que j'ai appris. Je n'ai pas fait de problèmes, au contraire, je voulais apprendre. J'ai déplacé de mes mains 3 sacs de ciment de 50 kg, 10 sacs de sable de 50 kg, et 22 seaux de moellon. De quoi briser les vertèbres au moindre faux pas. Pour la petite histoire, à la fin, il y avait un seau de moellon de trop que je devais reverser au tas situé à quelque six mètres de la veranda où nous avons fabriqué le béton. Il m'a été presque impossible de le déplacer. Que s'est il passé en moi? Pourquoi ce seul seau est-il devenu si lourd à porter alors que j'en ai porté 22? C'était psychologique: j'ai relâché mes forces, pressé que j'étais d'en finir avec ce travail qui m'a rapporté 200 dollars barbadiens. Le prix que j'aurais dû payer à un ouvrier s'il y en avait eu un. Nous avons travaillé pendant pres de trois heures pour achever la besogne. Nous avons posé cinq bases: deux de 2m/60cm à la cuisine, deux de 1,5m/60cm dans les deux chambres, et une de 1m/60cm dans la salle de bain. Un boulot de pro. Surprise par mes prouesses, Mama Mapasa a vu sur mon visage les traits caractéristiques d'un boy-maçon, tellement je me suis acharné à obtenir un bon rendement. Au-delà de la fatigue lancinante, je m'en suis sorti sans trop de dégâts. 
Un weekend consacré à la construction de notre annexe. La veille j'avais vidé l'appartement de tous les objets gênants afin d'ouvir un espace pour les travaux de samedi. Ce qui a été sans failles. Tout s'apprend. C'est donc parti pour un autre métier.

Pensées pour Annie Coly

Voici l'email d'Abdou Gningue aux membres de la Communauté Africaine de Culture/Sénégal:

Bonsoir Professeur
J'ai appris avec beaucoup de tristesse le crash de l'hélicoptère dans lequel se trouvait notre amie Annie Coly qui est actuellement hospitalisée à l'hôpital Principal de Dakar. 
Je ne sais pas s'il y a une délégation de la CACSEN pour lui rendre visite.
Je reste à l'écoute. 
Merci
Abdou GNINGUE

C: Annie Coly a été d'une efficacité exceptionnelle dans l'organisation logistique du cinquantenaire du Premier Festival des Arts Nègres, à Dakar en novembre 2016. Je lui souhaite un prompt rétablissement tout en implorant la grâce divine sur elle.

15 mars 2018

Quelques réflexions sur les dernières nouvelles

Comme tout le monde, je suis ce qui se passe chez nous avec une attention particulière. Je regarde les nouvelles qui passent dans les chaînes internationales, je lis les réseaux sociaux surtout Facebook, je parcours, quand le temps le permet, les annonces officielles du pays. Des images afreuses circulent sur Internet. Des interviews des uns et des autres montrent l'ampleur de la situation difficile que traverse le pays. Faute de compagnie dans cette lointaine Barbade, il ne m'arrive que rarement de discuter avec des compatriotes. Par contre, avec mon collègue kenyan que je vois de moins en moins depuis que j'ai changé de bureau, on échange de temps en temps sur la situation politique de l'Afrique. En analysant les nouvelles des dernières semaines, j'en arrive à poser quelques réflexions que je juge importantes. 
Y aura-t-il élections? Au vu de ce qui se passe, rien ne les présage. Il y a peu de chances que le calendrier soit tenu car les tenants du pouvoir et leur opposition ne semblent pas s'entendre sur les principes fondamentaux. Mais comme impossible n'est pas congolais, laissons-nous surprendre par l'ardeur de nos autorités. On entend qu'il y a beaucoup de poches d'insécurité à l'est comme au centre du pays. Comment organiser des élections libres et transparentes dans des conditions aussi précaires que celles-là?
L'église catholique justifiant sa mission prophétique prend des initiatives relevant de l'opposition politique. Les tenants du régime le perçoivent tellement bien qu'ils ne cessent de la remettre à sa place, de la salir, et de l'attaquer par tous les moyens. Des choses qui n'existaient pas par le passé apparaissent: encerclement d'églises par des éléments de la police, profanations de lieux sacrés, menaces d'intimidation, etc. Que des prêtres soient attaqués dans leurs cures ou dans des églises démontre une dérive dangereuse. Curieux, je me demande jusqu'où elle ira dans ce qu'elle appelle sa quêté de vérité et de libération. Entre-temps, le paysage économique est en train de changer.
Le nouveau code minier est promulgué depuis le 9 mars. Une première certes, mais que dit-il? que se passait-il jusqu'à ce jour? comment a été signé celui de 2002? comment expliquer que l'état congolais a pu accepter de tels désavantages? pourquoi avoir attendu si longtemps? Quelle est la part de responsabilité de nos négociateurs dans ces pourparlers? Les multinationales qui exploitent le gâteau minier congolais et leurs alliés sont-ils vraiment prêts à laisser les Congolais bénéficier, comme tout pays souverain, des biens dont regorge leur sous-sol? Des contrats ont été signés par le passé, qui ne rapportent pas grand chose ni à l'état ni au peuple congolais. Des milliards passent au-dessus de nos têtes, exploités et gagnés par des puissantes entreprises étrangères (Glencore, Ivanohe, etc.) au détriment des propriétaires naturels de ces richesses. Et dire que ce pays est décrit comme un scandale géologique. Le défi des pouvoirs congolais a été de tout temps de bien gérer ce patrimoine commun au profit du pays plutôt que des intérêts particuliers. On ne peut que le regretter sans perdre l'espoir d'un lendemain meilleur. Malheureusement le lobbying occidental et oriental se montre extrêmement cupide pour que ce pieu voeu se transforme en réalité. Mais attendons voir l'issue que réserve le nouveau code.

14 mars 2018

Mort de l'astrophysicien Stephen Hawking

Ce jour 14 mars 2018 est mort à Cambridge le célèbre astrophysicien anglais Stephen Hawking à l'âge de 76 ans. Quelle vie extraordinaire! Cet homme handicapé de presque toutes les fonctions motrices à la suite d'une sclérose latérale amyotrophique, ayant perdu l'usage de ses mains et de sa voix, communiquait depuis plus de trente ans par un système électronique. Né à Oxford, diplômé d'Oxford, c'est plutôt à Cambridge qu'il obtiendra son doctorat et occupera la Lucasian Chair of Mathematics. Une vie semée d'incroyables défis. Physicien théoricien, il est de la trempe d'Isaac Newton et d'Albert Einstein. Son livre Une brève histoire de notre temps a connu un succès sans pareil, faisant de lui un brillant vulgarisateur de la théorie de la relativité et de la mécanique quantique. Lorsque j'évoque ces concepts, un nom me revient spontanément à l'esprit, celui de l'abbé Dominique Kahanga d'heureuse mémoire qui m'a donné à Mayidi un cours inoubliable d'épistémologie. Un des rares cours dont je me souviens encore après plus de quarante ans. Hawking, destiné à la médecine par les siens, s'est tourné vers la physique parce que le curriculum de l' université Oxford ne lui offrait pas les mathématiques dont il était féru. Ce spécialiste des trous noirs est un des meilleurs connaisseurs de l'univers spatial que le monde ait connu.
En 2000 à Berlin, j'ai raté l'unique occasion qui m'était offerte de voir de visu Mr. Hawking au cours d'une conférence qu'il y avait donnée. Une des raisons était qu'à l'époque, je ne le connaissais pas et je n'avais éprouvé aucun intérêt particulier d'y participer. Je le regrette infiniment. Car depuis ce temps, je me suis informé sur ses activités, j'ai vu un film consacré à sa vie. Il y a dans ma vie d'autres rencontres manquées que je regrette. J'avais par exemple raté de voir Michael Jackson à Bâle, Suisse, pour des raisons d'engagement professionnel. Soit. Un grand esprit de ce temps vient de nous quitter. 
Chapeau Mr. Hawking pour avoir fait rêver des milliers de personnes! Chapeau Mr. Hawking pour votre résilience et votre courage, pour avoir défié la maladie et continué à vivre en conséquence!  Paix à votre âme!  

13 mars 2018

Bon anniversaire Josephina

Joyeux anniversaire Josephina! Que le Bon Dieu te protège et te garde au fil des années. C'était le 8 mars, mais contrairement à mes habitudes, je l'ai oublié je ne sais pour quelle raison. Cela m'arrive de plus en plus, avec l'âge. Normal dira-t-on, mais toutefois inquiétant pour moi. Lors de ma réclusion volontaire, ma soeur Josephina a été la seule personne à m'assister à la mort de ma soeur Anne Louise. Je lui en sais gré à jamais.

11 mars 2018

Secrets de famille

Les secrets de famille ont deux destins contradictoires. Soit ils demeurent inconnus, c'est-à-dire secrets, soit ils deviennent des secrets de polichinelle, c'est-à-dire connus de tous sans que chacun sache que l'autre le sait. Il y a des secrets hermétiques, connus des seuls détenteurs des trésors. Comme le secret de Coca Cola. Tout le monde le dit, voire le prétend. Mais son histoire est connue de tous les amateurs de secrets, sans que ledit secret soit jamais dévoilé. Il y a des secrets plus carabinés dont les écheveaux sont difficiles à démêler tellement leurs pistes de détection sont brouillées, délibérément confondues. Il y a des secrets qui ne tiennent que pendant le temps d'une action: des secrets opératoires. D'où la pléthore de théories qui existent autour du secret. Les services secrets n'ont souvent de secret que le nom alors qu'ils répandent des milliers d'espions à travers le monde. Pas si vrai que ça. Qu'en est-il au juste des secrets de famille?
Les familles sont souvent un foyer d'intrigues romanesques dont parfois seuls les membres connaissent les tenants et les aboutissants. Initié très tôt aux arcanes de mes familles paternelles et maternelles, je sais mieux que mes sœurs et frères cadets les rapports qui me lient à tel ou tel parent. Je sais même qui sont nos esclaves, et qui donc ne pourront jamais parler pour nous en cas de problèmes d'ordre coutumier. Souvent, ce n'est pas dit, c'est simplement vécu. Les intéressés quoi qu'ils fassent le savent, et jouent parfois sur l'ignorance du milieu dans lequel leur "chef" a vécu.
Secrets de famille. Les familles sont parfois le sommet d'un monstre iceberg dont les contours sont profondément ancrés dans l'histoire. Un fils métis apparaît dans la généalogie familiale sans que le père ait jamais été identifié. Un parent se révèle sans attaches directes au milieu dans lequel il vit. Un mariage est refusé sans que les prétextes ne soient clairement élucidés. Une maladie décime des enfants sans que les parents n'en soient atteints. Des pistes d'incestes sont brouillées à dessein; des pactes sanguins sont maquillés de faux. Bref les secrets de familles relèvent de n'importe quel ordre.
"Ah Ngala", avait dit un de mes grands oncles. Tout le monde s'est retourné vers le locuteur, étonné d'entendre ce nom sorti de nulle part attribué à celui que les colonisateurs avaient imposé comme chef coutumier. Ngala était le nom de naissance de ce chef ilote. Un usurpateur qui a réussi à se faire adopter par le décideur blanc. Or justement, on n'appelle pas un chef par son nom de naissance mais par son titre. Ce faisant, mon grand-oncle voulait rétablir la vérité longtemps enfouie dans la mémoire collective. Ce faisant, il mettait en garde quiconque oserait remettre en doute l'hégémonie et la légitimité de ce brillant conducteur d'hommes. Le soi-disant chef n'était pas de la lignée des chefs fondateurs, mais avait réussi à se tailler une généalogie conséquente. Les guerres de succession dans les ethnies en sont révélatrices. Deux frères peuvent pour des raisons de pouvoir se haïr et révéler des histoires inouïes.
Secrets de famille. Chaque famille a ses secrets réservés à ses seuls membres initiés. Allez-y voir. Y en a-t-il vraiment? Oui, il y en a. Encore faut-il définir qui sont ces membres de famille. Regardez bien autour de vous. Rien qu'un nom peut servir d'indication. Rien qu'un fait anodin peut guider votre flair. Vous pouvez les supposer, les sentir sans forcément les percevoir clairement.