16 oct. 2019

La guerre - aucune guerre n'est défendable

La guerre, c'est le dernier recours. Mieux la guerre devrait être le dernier recours. Le monde ressemble à une jungle qui ne dit pas son nom. La force est toujours l'atout des plus forts. Les Turcs déclarent la guerre aux forces négatives ou aux terroristes comme ils les appellent, justement parce qu'ils sont forts. Ils dictent la règle du jeu, déterminent ce qui doit vivre ou mourir. Les puissants abusent de leurs armes pour étouffer toute tentative de libération de la part des sujets qu'ils colonisent ou tiennent sous leur domination. Voici à peu près le dialogue que j'ai échangé avec mon pourfendeur:
- Au lieu de juger les Turcs, occupe-toi des conflits armés qui ont lieu dans ton propre pays.
- Que ce soit en RDC ou en Syrie ou encore en chez les Rohingas, la guerre n'est pas défendable.
- Chez toi, cela fait des années que des femmes sont violées, que des enfants sont embrigades comme soldats dans les milices, que des tribus sont dépossédés de leurs terres, par la force des armes. 
- Oui, c'est vrai. Je décrie la guerre, où qu'elle ait lieu. 
- Il ne suffit pas de la décrier, il faut poser des actes concrets pour défendre les innocents qui en souffrent. Tu le fais certes avec ta plume, mais ne crois-tu pas que tu ferais mieux de descendre sur le terrain. 
- Là tu m'en demandes trop. Je suis enseignant, j'enseigne la justice, la paix et l'honnêteté, loin de tout moralisme aveugle. 
- C'est une contribution qui se défend, mais au moralisme je substituerais l'activisme. C'est là que réside notre faiblesse. Nous prêchons dans le désert au lieu de prendre le taureau par les cornes..
- Tu touches là un point très important. Les organisations internationales, privées ou officielles, mettent d'importants moyens pour éradiquer la guerre, et assurer la paix. Cet effort s'avère souvent inutile. Mais imagine un peu ce que le monde sans la voix ni les actions de ces humanitaires. Je soutiens ces efforts...sans forcément en faire partie. 
- Homme de discours, tu as raison. J'admire ta détermination et ta foi dans tes convictions. 
- Chacun voit le monde à travers ses yeux. Oui, j'ai des convictions indéboulonnables sur lesquelles je base mon agir. Je ne porterai jamais le sang de quelqu'un sur mes mains. Et la guerre, c'est pas mon truc. 

15 oct. 2019

La meilleure bière actuelle du monde est produite à Wurmlingen

"Nun etwas ganz anderes - stell Dir mal vor: Unsere Wurmlinger Hirsch-Brauerei gewinnt den "World Beer Award". In London wurde das Hirsch Pils als bestes klassisches Pils der 'Welt ausgezeichnet. So sind nun eben mal wir Wurmlinger. Insgesamt wurden mehr als 3500 Biere aus über 50 Ländern bewertet." (T Schmitt).

"Maintenant quelque chose de complètement différent - peux-tu une fois t'imaginer: Notre  Brasserie Hirsch de Wurmlingen vient de gagner le "World Beer Award". A Londres la Hirsch Pils a reçu le prix de la meilleure Pils classique du monde. Ainsi sommes-nous les habitants de Wurmlingen. Au total il y avait en compétition plus de 3500 bières provenant de plus de 50 pays." (T Schmitt).

Même l'ancien curé de Wurmlingen en est très fier.
Auch der ehemalige Pfarrer von Wurmlingen ist sehr stolz darauf.

14 oct. 2019

Hommage au nonagenaire Mugabe décédé à 95 ans

95 ans, quel bel âge pour tirer sa révérence pour un être humain qui a marqué l'histoire de son pays. Qu'on l'aime ou qu'on le haïsse, Mugabé demeure un personnage important en Afrique. Il a lutté contre le colonialisme et affronté le néocolonialisme d'une façon originale. Héros national pour ses partisans et dictateur sanguinaire pour ses adversaires. 95 ans, trop longs pour ses détracteurs. 
J'ai suivi avec une certaine constance la montée et la descente de Robert Mugabe. Opportuniste et fin analyste des situations, il a su souffler le chaud et le froid en même temps. Des jeunes enthousiastes pour le discours anticolonial et nationaliste de ce conducteur d'hommes ont très vite déchanté dès que le président, lâché par les Britaniques, a durcit sa propagande en insistant sur l'occupation raciale de ce qui fut la Rhodésie du Sud. Les descendants des Anglais et les adhérents de Ian Smith ne s'étaient pas préparés au revers de Mugabé qu'ils avaient pourtant considéré au départ comme un modéré. La redistribution des terres pour une certaine parité raciale et l'occupation systématique des fermes des Blancs par des partisans noirs... ont enterré, aux yeux de beaucoup d'observateurs étrangers, les chances du développement du Zimbabwe qui ne s'est jamais vraiment relevé de cette crise congénitale. Tout cela est tombé sur la tête de Monsieur Mugabe qui, tentant de se faire remplacer par sa propre épouse, a été chassé du pouvoir par la petite porte. Je n'ai jamais soutenu le dictateur, mais je garde de lui l'image d'un grand leader africain qui a marqué son pays.

Retour de Trinidad

Du 29 septembre au 4 octobre j'étais à Trinidad pour particper à des réunions centrales de l'université des West Indies. Elles se tiennent trois fois l'année académique. La première a lieu à Trinidad, la seconde en Jamaïque et la troisième fois à Cave Hill, à la Barbade. Belle répartition pour une université régionale traditionnellement tripartite, mais qui depuis septembre compte cinq campus. The Five Island University compte les trois grands campus, plus l'Open Campus et le campus d'Antigua nouvellement créé. 
Ces réunions constituent des hauts lieux de leadership et des points de référence pour la direction des affaires de l'université au niveau le plus élevé. Toutes les unités importantes de la vie universitaire sont représentées ou présentes. S'y prennent des décisions concernant le fonctionnement de l'université tant au niveau académique, administratif et des services spécialisés. S'effectuent des nominations ou promotions aux postes de professeurs. Se discutent tous les problèmes relatifs aux différents aspects que comportent la direction et l'orientation de l'institution universitaire. Pendant ces cinq jours toute la communauté universitaire est en attente des décisions ou nominations.
J'y participais déjà en tant que représentant de notre conseil académique, mais c'est la première fois que j'y ai été comme Director for GSR. Comment dire? Un baptême de feu comme j'aime à le souligner. Un processus continuel d'apprentissage. Je prends de plus en plus conscience de l'ampleur de ma nouvelle responsabilité. Quelqu'un doit bien faire ce boulot. Cette fois, c'est moi. Je passerai,  Je passerai certes, mais j'y laisserai mon empreinte. Il faut savoir partir... sans tergiverser.  

La guerre

1. Depuis quelques jours la Turquie a commencé l'invasion du nord de la Syrie afin de neutraliser les poches de résistance des PKK. Ils profitent du départ des troupe américaines pour occuper le terrain et consolider leur main-mise sur ce territoire qui est vital à leurs yeux. Une guerre d'invasion ou d'expulsion des PKK de leurs fiefs. Légitime ou pas, cette guerre ne se justifie pas, car elle met sur la rue ou exile de leurs terres, des femmes, des enfants, des vieillards... simplement parce qu'ils sont nés et vivent sur cet espace qui sert de base-arrière aux PKK. Terroristes aux yeux des uns, liberateurs ou résistants aux yeux de leurs compatriotes.
2. Les images qui circulent devant nos yeux montrent à quel point la guerre est insensée. Des innocents sont mises sur les pavés du monde. Des familles sont divisées. Des enfants égarés ou arrachés à leurs parents par la force maléfique des hommes. Lorsque je vois des gens emballer leurs bagages dans cette fuite de salut, je me demande bien ce qu'ils choisissent et dans quel état d'âme. Il y a de nombreux souvenirs dont ils sont sommés de se séparer. Expérience pénible et douloureuse que de décider, c'est de choisir ce qui est bien en ce moment pour soi et pour les siens. 
3. La conscience de la vanité de ce monde. Dans ce monde, ce que nous possédons ne vaut rien. Rien que la poussière. On a beau avoir les meilleures bolides du monde, on n'est que humain et vulnérable. On a beau gravir la haute échelle de l'honneur et de la gloire, on n'est que des pauvres hommes. Les biens sont secondaires. Ce père ou cette mère de famille qui sont sommés d'abandonner la maison qu'ils ont construite de leur sueur sont désespérés et ne sauraient affronter le dessein simplement parce qu'ils s'en tiennent encore au matériel, à l'argent ou au bien, en même temps qu'ils se rendent compte que l'essentiel est ailleurs, pas immédiat. Se séparer d'une maison bâtie tout comme de son pilon à manioc ou millet pour une femme revient à dire adieu à la vie, à tourner définitivement la page de l'histoire.   
4. Folie des grandeurs. Les Turcs en tant que superpuissance dans la région veulent se sécuriser en créant une zone de non-agression... geste arrogant d'impérialistes sans vergogne. Le plus surprenant, c'est que le monde entier les regardent ahuris, indifférents ou impuissants devant cette preuve de défi au monde. Cette démonstration de force est à mes yeux criminelle puisqu'elle cause des morts d'hommes innocents et déstabilise la vie de centaines des milliers d'individus. Malheureusement, le mal a tellement pris racine dans le monde que le monde se révèle incapable de l'éradiquer. Les alliés applaudissent aveuglement, les opposants élèvent la voix sans convaincre. Et les Turcs continuent leur invasion sans être inquiétés même par plus puissants qu'eux. C'est la loi de l'histoire. 

3 oct. 2019

3 octobre, porté en terre

Le 3 octobre, Papa fut porté en terre à Kinkole. Silence, méditation et méditation.

Jessye Norman vient de tirer sa révérence

Adieu Jessye, icone de musique classique qui a longtemps fait vibrer mon coeur, vedette d'art symphonique qui s'est distinguée dans les cours des puissants de ce monde. La vedette de l'Opéra de Berlin est une fierté pour notre race. Dans mon univers de mélomane, Jessye a longtemps incarné la plus haute marche de l'excellence et du génie. 
Un jour, marchant dans les rues de Berlin, j'ai lu sur une porte privée "Jessye Norman". J'ai demandé à un vieux riverain du coin: "Kennen Sie JN?" "Ja, aber das ist nicht die JN an die Sie denken". 
Rest in peace Jessye.