30 juin 2020

30 juin 20 - Homélie du Cardinal Fridolin Ambongo

*Fridolin Cardinal Ambongo, homélie du 30 juin 2020 à la Cathédrale Notre-Dame du Congo* - ------- *Points majeurs :* 💪🏿💪🏿💪🏿💪🏿💪🏿 *
1)* 60 ans d'indépendance = un échec total de la classe politique composée des individus malveillants qui pensent qu'exercer le pouvoir politique c'est la jouissance. Tellement corrompue, la classe politique congolaise est perdue. Voilà que nos 9 voisins nous ont envahis ; voilà que les ADF sont toujours là et continuent de tuer notre Peuple, alors qu'au début de l'année, l'armée a dit avoir récupéré le territoire et mis en déroute les ADF ; voilà que le plan de balkanisation existe et persiste ; voilà que tout se fait en complicité et avec la bénédiction du pouvoir du Kinshasa. Le peuple de se lever maintenant pour se libérer ; 
 *2)* 60 ans d'indépendance est un échec total de la démocratie, pas de démocratie au Congo : des successions d'autorités, depuis 1960, qui n'ont accédé au pouvoir que par les armes ou par la fraude électorale au détriment de la volonté populaire. Ce qui fait que, sachant bien que ce n'est pas le peuple qui les élit, ces individus ne pensent qu'à la jouissance, à la corruption, au détournement des deniers publics impunément ; 
 *3)* À propos de la CENI, *Madame la Présidente de l'Assemblée nationale est d'une attitude de mépris à l'égard des Églises Catholique et protestante.* C'est grave. Ces deux églises à elles seules font plus de 80% de la population. *Ces deux Églises ont dit qu'il faut des réformes approfondies de la CENI. Elles ont dit "non" au choix d'un individu qui a été le cerveau monteur du système NANGAA lequel a produit le Chao électoral,* mais, curieusement, la Présidente de l'Assemblée nationale veut s'obstiner. *Préparez - vous, les jours qui viennent seront très mauvais, ils vont nous rencontrer sur leur chemin. L'intérêt du peuple de Dieu primera sur tout ;* 
 *4)* Les fameuses lois Minaku et consorts, nous les attendons de pied ferme. L'indépendance de la Justice et de la CENI nous est très chère. *Le FCC et le CACH savent bien qu'ils n'ont pas gagné les élections, ils savent ce qu'ils ont fait pour accéder au pouvoir. Comme on avait volé la bénédiction d'ESAU dans la Bible, le FCC - CACH ont volé la victoire du Peuple congolais et ils le savent et le disent très bien.* Malgré tout ça, nous avons accepté, devant un fait accompli, de le voir travailler dans l'espoir - peut-être naïf tel que démontré aujourd'hui - que de la fraude, du mensonge électoral, de la corruption pouvait sortir quelque chose de bien, hélas ! On s'était trompé. *Pour nous, les Églises catholique et protestante, cette coalition de la fraude électorale n'a plus aucune raison d'être et doit absolument disparaître. Préparez - vous dans les jours très proches, plus rien ne sera comme avant....* 🙏🏿🙏🏿🙏🏿

Proficiat Mgr Bernard-Marie Fansaka, nouvel évêque de Popokabaka

29 juin 2029. Hier, j'ai été informé de plusieurs sources à la fois de la nomination de l'abbé Bernard Fansaka Biniama du clergé séculier de Kenge comme évêque du diocèse de Popokabaka et du remplacement de Mgr Louis Nzala qui a déposé sa démission. Je n'ai pas trouvé le temps d'écrire un éloge à son honneur sur ce blog. Sincères félicitations au nouvel évêque.
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a circulé drainant des réactions de liesse et de satisfaction chez beaucoup de ses confrères, amis et autres personnes consacrées ou non. Les commentaires vont dans tous les sens, mais cela n'a pas d'importance. Ma fierté est d'autant plus grande que Mgr Bernard Fansaka est d'abord un cadet, un ancien élève, un confrère de sacerdoce et un collègue professeur d'université avec qui j'entretiens de bonnes relations personnelles. Critique littéraire, j'enseigne aussi son roman Sur l'autre rive de l'Equateur à l'ISP Kenge. Son nom figure déjà sur ce blog.    
Le voilà aujourd'hui parachuté évêque à Popokabaka, un milieu dont il ne connait ni la culture ni la langue, encore moins les us et coutumes. Quelqu'un m'a soufflé qu'il lui sera difficile de se faire accepter à Popo, mais comme il l'a dit dans une interview: "il y va comme un frère parmi ses frères et soeurs". Courage!
Proficiat Monseigneur Bernard-Marie Fansaka. Que Dieu protège ton ministère épiscopal!  

Bilan 30 juin 1960 - 2020

1. Cinq ans de rébellion (60-65)
2. Trente-deux ans de révolution MPR (65-97)
3. Trois ans et demi de révolution AFDL(97-01)
4. Dix-huit ans de 5 chantiers et de PPRD (01-19)
5. Une année et demi de FCC-CACH (19- )

6. Bricolage politique: élections truquées, dictature
7. Balkanisation du territoire: occupation étrangère
8. Gestion économique chaotique: pillage, corruption, marasme
9. Insécurité généralisée
10. Inexistence de l'Etat de droit

"La RDC offre l'image d'un non-état. Dirigé par un régime extérieur qui fait main basse sur toutes ses structures visibles et invisibles, qui le pille et le prive de gérer ses immenses richesses naturelles, ce pays n'appartient aux Congolais que de nom. Les institutions censées assurer sa stabilité sont toutes infiltrées, téléguidées par des intérêts étrangers avec une active complicité de ses propres filles et fils. Des sommes colossales destinées à ses infrastructures sont impunément détournées par la pègre au pouvoir. Il est dirigé par des leaders que le peuple congolais n'a pas élus et dont l'amateurisme, l'inconscience ou l'incompétence ne sont plus à démontrer. Un pays sans vision qui s'enlise dans la misère, l'insécurité et la confusion au lieu de décoller au profit de ses citoyennes et citoyens. Un agglomérat tribalisé entre l'Ouest et l'Est. Otage d'une oligarchie sans conscience, le Congo démantelé par l'égoïsme matérialiste de ses filles et fils, ne réalise pas les vœux de la prospérité jadis rêvée par ses nobles aïeux. Béni de Dieu et considéré comme un scandale géologique, le Zaïre redevenu Congo est - on dirait - maudit, poursuivi par un maléfice qui l'étreint continuellement. Géré par une classe dont la bourgeoisie et l'illicite enrichissement scandalisent, et qui afficher ses biens mal acquis, le Congo n'est pas debout en soixante ans d'indépendance. De quoi se demander s'il est vraiment indépendant. Il s'avère qu'au fond le Congolais n'aime pas son pays. Le premier ennemi de ce pays est le Congolais lui-même. Aveuglés par l'appât des honneurs, de l'argent et des biens qu'ils extorquent ou volent à visage découvert, leurs excellences (religieuses inclues) et les honorables n'ont cure du peuple congolais. L'opacité en matière de gestion (corruption, détournement) est une mentalité. Il se dégage de ce principe de fonctionnement social que tout individu qui gère l'argent - du contribuable, d'un particulier ou d'une entreprise - se sert, vole. C'est la règle: tout gestionnaire dans ce pays détourne ou vole. La malhonnêteté s'est sacralisée en une vertu acclamée: on admire le riche sans s'interroger sur l'origine de ses avoirs. Le voleur est célébré, hissé aux nues, tellement sa suffisance matérielle éblouit le pauvre. On invite la presse nationale pour mettre un précieux collier onéreux au cou de sa dulcinée de méga-star. Ces honneurs de façade possèdent aussi leurs revers. Nous sommes superficiels, nous nous attachons à des futilités, nous nous masquons comme des pasteurs, des sapeurs ou des musiciens. Un honorable peut se révéler un kuluna, un bandit de grand chemin. Le profil que livrent au public ses leaders est vil, perfide, honteux. Observez attentivement. Tel est après soixante ans d'indépendance le triste sort de ce pays dit beau, hélas. Pourquoi? Pourquoi?
60 ans de honte et de trahison. Et la roue de l'histoire continue."
(L'Opposant)

26 juin 2020

Conséquences du Verdict

1. Remise en question de l'état de droit
2. Éclatement de l'accord de gouvernement
3. Justice  discriminatoire à deux vitesses
4. Refus des droits de l'homme
5. Pillage systématique de toutes les ressources naturelles, minérales
6. Manipulation de tous les appareils de l'état
7. Corruption et mégestion généralisées
8. Démembrement ou balkanisation effective du territoire national
9. Résistances des corrompus de l'ombre face au semblant de justice
10. Durcissement évident des tensions politiques

23 juin 2020

Leçons du Procès 100 Jours

"Politica, politica, mani pulite"

Politique ou pas, fabriqué ou pas, pré-fabriqué ou téléguidé par des mains invisibles, ce procès révélé des failles toujours dénoncées sur ce blog. Retenons 10 points qui peuvent s'étendre à d'autres pays africains. 
1. Le sens de l'état n'existe nulle part. Une ignorance totale de ce que c'est qu'un état.
2. L'état de droit n'est qu'un prétexte maquillé pour masquer une gouvernance chaotique.
3. Un pouvoir fruit d'arrangements non électoraux finit avec la rupture desdits arrangements. 
4. La gestion dudit pays est faite de pillages systématiques, impunis et couverts par des privilèges.
5. La classe politique n'est qu'une pègre criminelle, une bande de kuluna à la cravate, plus soucieuse de s'enrichir que de servir leur peuple.
6. Tout se règle par la corruption dans ce pays sans loi.
7. Aucun homme politique jusqu'à la preuve du contraire n'est propre. Tous volent, seuls les mal-chançards sont arrêtés.
8. L'institution de la justice est à sens unique, partiale, manipulée.
9. La faiblesse des institutions de gouvernement est criante.
10. Une main invisible guide toutes les actions de l'état. Pas si invisible que cela. Elle navigue à tête découverte. 

Conclusion: Absence totale d'un homme politique digne, nationaliste et patriote. Ignorance révoltante du sens de l'état.

Adieu Abbé Dosithée Atal

Je viens d'apprendre la mort samedi 20 juin à Kinshasa de l'abbé Dosithée Atal, prêtre diocésain d'Idiofa. Paix à son âme! Comme l'abbé Tshiamalenga son collègue, le professeur Atal a marqué d'une empreinte indélébile sa contribution aux Facultés de Théologie Catholique de Kinshasa. Après l'abbé Joseph Ntedika, il fut le puissant doyen et gestionnaire de cette institution universitaire déplacée du campus de Kinshasa vers les installations qu'occupe aujourd'hui l'hôpital St Joseph à la 13e rue Limete.
J'ai connu le mythe de l'abbé Atal avant de le voir. Ce fut le premier exégète congolais dont il m'a été donné de connaitre l'existence grâce à notre prof de religion, l'abbé Charles Kapende. Selon ce dernier la thése de l'abbé Atal aurait porté sur les quatorze premiers versets de l'évangile de St Jean. Nous sommes ainsi restés fascinés par ce savant d'une race presque extra-terrestre. Que pouvait-il si bien écrire sur ces versets au point de remplir des centaines de pages?
Je dois avouer que j'ai eu peu de contacts personnels avec le défunt. Par contre j'ai reçu des témoignages de personnes qui l'ont connu d'assez près comme le prof Georges Ngal et des prêtres de sa génération. A Rome, mon ami Jean-Roger Lumu Luimpe d'heureuse mémoire vouait une admiration inouïe à cet illustre doyen de la FTCK: "Il est arrivé qu'une autorité civile arrive à l'improviste à la fac. Eh bien l'abbé Atal présentait alors une allocution de circonstance comme s'il lisait ou l'avait préparée minutieusement de longue date."
Je me souviens d'avoir concélébré avec lui au sacre de Mgr Mununu à Kikwit en 1985. A la sacristie, je l'ai vu mettre l'aube au-dessus de sa veste; ce qui m'a frappé. Et la dernière fois à Rottenburg avec Mgrs Walter Kasper and M'Sanda en 1989 alors qu'il était en sabbatique. Par contre, j'avais fait la rencontre à Leinach, en août 1988, avec Dr med. Eugen Kriener. A la suite d'une interview à moi publiée par un journal de Wurzburg, Dr Kriener m'a appelé pour retrouver les traces de Dr Atal qu'il avait connu comme enfant-servant de messe dans les années 64. Je les ai remis en contact.
Le voilà parti. Je joins ma prière à celle de sa famille biologique et spirituelle. Que l'âme de ce serviteur de Dieu repose en paix dans le royaume du Père.


20 juin 2020

Courage Mme Pierrette Herzberger-Fofana

Depuis quelques jours circule dans les réseaux sociaux, notamment sur Youtube, une vidéo où le député européenne Pierrette Herzberger-Fofana décrit comment elle a été violentée par la policie belge alors qu'elle tentait de documenter l'agression des deux jeunes Noirs à la Gare du Nord, Bruxelles. Violentée, humiliée, discriminée par une police raciste visiblement sourde à ses déclarations. Tout cela parce qu'elle est femme, noire et étrangère à ce pays de Blancs.
Dr Herzberger-Fofana est présentée comme politicienne allemande des Verts. Je la connais d'abord comme spécialiste de littérature francophone d'Afrique dans son dialogue culturel avec le monde allemand et européen. Une voix très respectée et appréciée des femmes africaines. Avec elle je dénonce le racisme et toute forme de discrimination à travers le monde. Avec elle je condamne toute rhétorique idéologique, religieuse ou politique qui prône l'inégalité des hommes, la suprématie d'une race sur une autre, ou l'animalisation de ceux et celles qui sont différents. Avec elle je proclame les droits inaliénables qui reviennent à tout homme et à toute femme dans sa dignité humaine. 
En tant que littéraire, je salue le courage de cette femme qui fait notre fierté d'africain au sein des institutions où elle sert. Glückwunsch und viel Erfolg liebe Frau Herzberger-Fofana! Lassen Sie sich bitte nicht entmutigen.