6 nov. 2020

Deux morts de plus: P. Benoit Kabongo et Oncle Zéphyrin Mbemba

Deux aînés partis en même temps qui ont beaucoup en commun: ils appartiennent à l'environnement d'Idiofa et de Kenge. Jeune prêtre, le Père Benoit a accompagné les petits séminaristes de Laba à Kalonda lors de la rébellion. A ce titre il a formé l'élite et le clergé de Kenge à plusieurs niveaux. Je me souviens avoir suivi deux récollections animées par lui: à Ngi et à Rome. C'est plutôt à Rome que je le connaîtrai mieux entre 80 et 82 alors qu'il était attaché à la maison générale des Oblats. Là il me racontera leur vie de Paris avec les abbés Angus, Luhangu et Ndoy. Plus intéressant, le Père Benoit était sur la liste des épiscopables de Kenge en 1974. Repos mérité pour cet apôtre des jeunes et missionnaire zélé. Paix à son âme! Condoléances spéciales au P. Jean Pierre Bwalwel. 

Quant à Oncle Zéphyrin, je l'ai connu et tenu en estime depuis ma tendre enfance. Toujours en lunettes, élégant, discret, calme et doux, cet homme à l'air savant a eu un parcours spécial. Il avait déjà un certain âge lorsque je l'ai accompagné de Kalonda au Beach sur son chemin pour Idiofa. Son exil volontaire au Gabon ne l'a jamais déconnecté des réalités de notre pays, ni de la famille. Dans sa générosité, il a énormément contribué au bien-être de la famille en soutenant l'éducation, la santé et la vie de certains de ses neveux et nièces. Des liens profonds nous unissent. Condoléances mutuelles à toute notre famille, spécialement à sa femme et ses enfants, à Maman Françoise, et à tous les miens et nôtres! Que son âme repose dans la paix éternelle du Seigneur!  

Leçons des élections américaines

Système difficile à comprendre. On rafle des sièges d'un état, et seuls les grands électeurs choisissent le président. Système unique basé sur une tradition que les pères fondateurs des Etats-Unis ont mis en place pour assurer l'équilibre politique au sein du pays. Aussi, comme tout système, il a ses avantages et ses désavantages. Il n'est pas évident que le candidat le plus populairement voté soit forcément le président élu.

Au cours des dernières décennies ont eu lieu des contestations et des vérifications supplémentaires des résultats à tel point que des doutes sont survenus dans la tête de plusieurs analystes et observateurs. Les Etats-Unis étant puissants, ils ne recourent qu'à leur propre instance constitutionnelle pour résoudre leurs conflits et déclare le vainqueur. Dans le Tiers-Mondes, les médias se seraient rués sur les rapports des observateurs dits internationaux qui en réalité ne servent que les intérêts des anciennes puissances "coloniales". On envoie des observateurs en Haiti, au Zimbabwe, mais jamais en France ni au Canada. Pourtant, Mr Trump dénonce des fraudes massives, de la corruption et du manque de transparence au cours de ces dernières élections. Very misleading. Allez voir! 

En Afrique ou en Amérique Latine, les constitutions sont taillées sur mesure. Des arrangements secrets prennent le dessus sur la volonté du peuple qui n'a de souverain que le nom. Des mandats sont multipliés, et des résultats avoisinent les 100% dans un système qui favorise le président ou le parti au pouvoir. Les pays deviennent ingouvernables, vendus aux intérêts des grandes puissances sans que le peuple se révolte.

Une chose au moins maintient la force de ces élections: les règles du jeu sont respectées; et chacun a le droit de recourir à la justice jusqu'à ce qu'une solution finale soit trouvée.

Élections américaines - mise à jour

Ma mise à jour n’a rien à voir avec ce que les centres de contrôle ou de dépouillement relatent. C’est simplement mon point de vue personnel que d'autres personnes peuvent aussi avoir,  mais qui n’engage que moi. J’ai suivi à ma façon le parcours présidentiel de Trump. Un mandat qui a consisté à démanteler tout ce que Barack Obama a fait ou construit en commençant par l’Obamacare qu’il a diabolisé dans un scénario dramatique le jour même de son installation au pouvoir. Tout est allé dans un contre-sens de l’administration précédente. Les Etats-Unis sont sortis de plusieurs organisations internationales, etc. Le changement de climat n’a jamais été une préoccupation pour le milliardaire tandis que la guerre commerciale contre la Chine a pris le devant de la scène. L’Amérique a assurée ou repris sa puissance économique sans forcément avancer sur le plan social. Un virage à droite. A qui veut l'entendre, Mr Trump affirme que les Africains américains n’ont jamais été mieux traités et n’ont jamais autant prospéré que sous son administration. Tout lui a réussi, ou presque. Sauf peut-être une chose. Et c’est ce qui lui coûte vraisemblement aujourd’hui la présidence: le Covid-19. La gestion de la pandémie forme son tendon d'Achile. 

Perspicace et visionnaire, Joe Biden à très vite compris cet enjeu et y a ancré sa campagne. Donald Trump l’a négligé, et il en paie le prix. Les élections du coronavirus ne pouvaient se dérouler que dans un contexte de coronavirus. Cela, le président Trump l’a complètement ignoré. C’est sur ce point qu’il a sans aucun doute raté de consolider son leadership. Sa popularité jadis forte a chuté comme un château de sable. Son principal adversaire, ce n’est pas Biden mais le coronavirus. Il l’a défié au point qu’il a été contaminé et hospitalisé. Ses déclarations ont souvent montré qu’il n’a jamais cru à la menace mortelle du coronavirus. Son administration n’a jamais vraiment combattu la pandémie de sorte qu’elle est tenue pour responsable de la perte de plus deux cents milles vies américaines. En plus, sa négligence de la pandémie l’a poussé à déconsidérer le vote par poste alors que les démocrates ont encouragé leurs partisans à contourner le coronavirus. La clé de ces élections était et est encore à ce niveau. Manque de vision ou excès de confiance? Au lieu de s’en prendre au système électoral, à la fraude ou à la corruption, il aurait dû attaquer le coronavirus comme son premier adversaire. Le reste à mon avis ne relève que de la mise en scène.

Revanche du COVID-19. Parole de littéraire. 

3 nov. 2020

Suspense, suspense, and the Winner is ?????

Donald Trump ?????

Joseph Biden  ??

Dans la fièvre des élections américaines

3 novembre 2020. Elections américaines. Voilà un événement qui, depuis des années, a toujours attiré mon attention. Autant que ma mémoire peut remonter, je me souviens clairement de la montée au pouvoir de Jimmy Carter, de sa défaite à Ronald Reagan. Je me souviens de tous les autres. Je me souviens de la démission de Nixon: c'est Lucien Tshimpumpu qui avait ce jour-là changé sa casquette de journaliste sportif pour couvrir cet événement depuis les Etats-Unis où il préparait le combat Ali-Foreman. Je revois depuis Rome Jimmy Carter suspendant l'assaut sur l'Iran de l'Ayatolah Khomeni pour libérer les otages, sonnant ainsi le glas de sa campagne. Je me souviens de la montée de Bill Clinton face à Bush Père. La dernière semaine de cette campagne ressemble un peu à celle-ci. Mené dans les sondages par un bouillant Clinton glanant toutes les faveurs des sondages, George Bush Sr se battit bec et ongles pour démentir les soit disant mensonges de son adversaire promettant une vie dorée à des Américains fascinés par son élégant discours. Je revois le sourire de Bush Jr lorsqu'il atteint les 270 pour sa très disputée réélection alors qu'il était au coeur du scandale des armes de destruction massive qui ont provoqué l'invasion de l'Irak. L'élection de Barack Obama reste encore vive dans les mémoires, ainsi que sa réélection. Par contre, j'étais très surpris par l'élection de Mr Donald Trump. Je me trouvais à Dakar, Sénégal, ce matin là où je participais au cinquantenaire du 1er Festival Mondial des Arts Nègres. J'étais trop fatigué pour suivre jusqu'au bout le décompte des voix état par état. Descendu au restaurant de l'Hôtel Fana ce matin-là de novembre 2016, je fus surpris par la morosité manifestée par des touristes français ou européens qui furent mes commensaux. A ma question de savoir si Mme Clinton a gagné, une dame me répondra toute consternée: "Non, c'est Trump." C'était aussi bien comme cela, car ce que je savais de l'administration Clinton à propos de son implication dans le renversement de Mobutu, l'invasion rwandaise et le pillage des ressources minières de la RDC, ne poussait guère à éprouver de la sympathie pour Mme Clinton. Dans des cas pareils comme aujourd'hui d'ailleurs, je me dis: "C'est les Américains qui décident librement de leur sort et de leur histoire. Ma préférence n'a aucune importance." Il faut toutefois avouer qu'il y a autour de ces élections une euphorie médiatique qui ne laisse personne indifférent, car qu'on le veuille ou non, elles nous touchent tous de près ou de loin. Je m'intéresse beaucoup à l'évolution des sondages, et aux résultats finals car ils permettent d'apprécier et de prédire la courbe que prendra l'histoire dans les années qui suivent. 

Ces élections américaines sont particulières. Elles se déroule dans un contexte de coronavirus, une situation unique. Joe Biden tire la couverture de son côté pour dénoncer la gestion calamiteuse de son rival par rapport à cette pandémie, alors que Donald Trump n'y accorde qu'une importance relative. Il revient aux Américains de départager les deux candidats. Les sondages donnent Biden vainqueur au vote national alors que les deux candidats sont au coude à coude au niveau des états. Or dans ce système, ce sont les grands électeurs des états qu'il faudrait rafler. Quoique en léger retard, Trump garde encore ses chances comme il y a quatre ans; mais la bataille s'avère plus rude et dure qu'en 2016. Le suspens est total: réiterera-t-il son exploit? Lui-même y croit ou le dit fermement. On dit même qu'il serait prêt à se proclamer vainqueur dès ce soir si les tendances générales lui accordent une quelconque avance confortable. Il le dément, mais c'est une habile stratégie. C'est serré: Biden peut tout aussi surprendre en gardant intacte son avance sur son rival. La fièvre est encore vive: aux urnes de dévoiler la vérité!


1 nov. 2020

Union sacrée

Lorsque je dialogue avec des gens au pays, presque tous parlent des consultations initiées par le président pour former un gouvernement d'union sacrée. À défaut d’évoquer la maladie, la mort et la misère qui sévissent dans le pays. « Union sacrée » Du déjà entendu et vu. Il semble que personne n’y croit sauf le concepteur et ses alliés. Attendons donc voir. 

Bonne Fête de la Toussaint

Nous qui avons grandi dans la tradition catholique, tenons beaucoup à cette fête qui ouvre novembre suivie de la commémoration des fidèles défunts. Elle est au coeur de la foi chrétienne. Bonne Fête de Tous les Saints à tout le monde. Union de prières dans le Christ Notre Seigneur. 

Il y a Arthurine Reece qui n'est pas de mon avis. Elle n'accepte que je manifeste si ouvertement ma foi chrétienne, une foi selon elle imposée par les oppresseurs de notre race, donc totalement étrangère à notre race noire. Avec insistance, elle m'invite à me tourner vers le Rastafary afin d'adorer le dieu Tafary aussi connu sous le nom de Haile Selassié. Tout en respectant sa pratique religieuse ainsi que son expérience de la foi, je lui ai répondu que je ne changerai jamais, que je ne monnaierai jamais la seule foi dans laquelle j'ai grandi. Les tendances à dénoncer le caractère colonial de l'évangélisation et à le remplacer par des religions authentiquement noires sont nombreuses, mais j'estime que chacun a le droit de se comporter comme il l'entend pourvu que ce soit moralement correct et conforme à sa conscience. J'exprimerai mon désaccord, mais je ne condamnerai jamais personne pour ses positions religieuses sauf si elles sont extrémistes. Une chose est sûre pour moi: je n'accepterai jamais Tafary comme mon Dieu. Au-delà de ces considérations, sans être prosélytes ni apologistes, mes rapports avec tous les amis adhérants à d'autres groupes religieux sont marqués de respect, de cordialité et de tolérance. 
Bonne Toussaint à toutes et à tous encore une fois. Bon dimanche.