17 juin 2021

Do Africa and the Caribbean need Francophonie?

The last decades have shown a clear discrepancy between Francophonie and African and the Caribbean intellectuals. Whereas the institutional Francophonie is becoming a politico-economic enterprise, African and Caribbean do not recognize the founding principles of Francophonie. All goes from there. It would be interesting to look at this internal and genuine conflict from a historical perspective. The divide is obvious throughout the time.

The movement of Negritude worked in common collaboration with Francophonie’s principle. Léopold Senghor who coined the concept of “Francité” almost meaning the same as Francophonie was among the most important supporter of this movement, which triggered the bases for Francophonie, as it is know now. With Edouard Glissant started the movement called “Antillanité“, the quality of being “Antillean” or “Caribbean”. Then came the “Créolité” movement coined by Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau and Raphael Confiant. This group insists on the creation of a genuine Creole literature stemming from within the Creole heartbeat. The last trend is “Littérature-monde”, a concept inspired by Edouard Glissant to embody the search or quest for a literature, which proclaims the end of Francophonie.

The main issue of this debate is nothing else but language, the French language. In developing the colonial policy of Assimilation, France has kept French language as an element of its being as a nation. According to the 19th century definition of a nation, language, culture, race are the main components of a nation.

Therefore, if Negritude was in line with Francophonie, what I call Post-Negritude is definitely not in agreement with the philosophy of Francophonie. The Caribbean have made their way freeing themselves from the links of Africa by re-defining their “Self” or identity as a diverse entity, by freeing themselves from France in terms of language and culture. Africans and Caribbean have joined in the movement of Littérature-monde to challenge the fundaments of Francophonie. The philosophical trend clearly moved from sameness to diversity, in the framework of the Postcolonial Theory. 

A propos: Sommes nous gouvernés ou pillés?

 "Claver,

Tu as posé une question qui rejoint mes préoccupations. Pour une fois, je suis d'accord avec toi, mais je vais plus loin. Tu touches le point le plus discutable de la démocratie chez nous. Nous élisons des gens non pas pour qu'ils nous gouvernent, mais pour qu'ils s'enrichissent en nous asservissant et en nous pillant. Nos élus s'écartent de nous ne revenir qu'à la veille des élections. Ils se servent des biens communs s'ils étaient les leurs. Ils se partagent entre eux les dividendes et les rétrocommissions des affaires de l'état sans être inquiétés. Ils surfacturent les commandes pour se faire verser le surplus dans leurs comptes privés. La compagnie aérienne Air France se voit obligé d'augmenter les prix de billets parce qu'elle doit satisfaire d'un fonctionnaire de l'état trop avide d'argent. Tout est bradé, vendu, spolié: eau, terre, feu, sol et sous-sol contre d'énormes récompenses personnelles. Tu as parlé de non-état. Nous vivons l'invivable et l'insupportable."    

15 juin 2021

Père Frédéric Nsangi SVD in memoriam

"Mbote Séba. D'après ce que je viens d'apprendre, le corps de Pépé est mis à la morgue de St. Joseph. Il y aura messe mercredi à kin et jeudi matin, le corps sera transporté à Ngondi pour l'enterrement. Restons en contact."
Sincères condoléances à la SVD Congo et à toutes celles et tous ceux qui pleurent ce missionnaire mort dans la fleur de l'âge. Que son âme repose en paix!

14 juin 2021

Sommes-nous gouvernés ou pillés?

Au vu des sommes colossales dilapidées ou détournées, j'en suis à me demander si en.fin de compte nous sommes gouvernés ou pillés. La réalité est terrible, inimaginable. Comme un bouc, chacun broute ou pille à la mesure de sa laisse. Il se passe en Afrique des choses ahurissantes. Les insoupçonables se révèlent souvent être les plus grands prédateurs dans cette jungle indomptée, que dis-je?, manipulée ou destinée au désarroi. Un quidam me parlait d'un non-état dans ce continent où la misère la plus crasseuse côtoie l'opulence la plus insolente. Terre de contradictions inhumaines et criminelles. Nos pasteurs millionnaires possedant des jets privés se pavanent, sans ciller les yeux, d'un coin à l'autre de l'univers. Nos élus du peuple qui se la coulent douce au détriment de leurs électeurs désormais abandonnés à leur triste sort. Et ceux qui ont le pouvoir ou accès aux caisses de l'état détournent le dénier public. La question mérite d'être posée à propos de ces millionaires et millardaires qui nous gouvernent, nous pauvres fellas. Sommes vraiment gouvernés ou pillés? Aux yeux de mon pote, gouverner dans le contexte africain actuel, c'est piller. On entre pauvre, on en sort riche. D'où la course au pouvoir. Cela me rappelle une chanson célèbre des années 66-68. La course au pouvoir continue inlassablement, les prédateurs se multiplient relayés par leurs descendants. Nul n'y échappe, malheureusement, même pas le diable en personne encore moins le pontife des sapeurs. Demandez-leur d'où vient l'argent de leurs friperies? Du système. Je répète du système tentaculaire de gouvernement et de pillage.

La semaine annonce ses couleurs

Ce sera une semaine relativement chargée qui s'ouvre par une réunion d'octroi des bourses d'études. Avec la crise du covid s'est développée une restriction des fonds. Le gouvernement barbadien, le secteur privé et l'université offrent des possibilités de financement des études aux plus brillants comme à certaines minorités. Puis suivront des réunions de travail en plus du CHIPS (Cave Hill International Philosophy Symposium) du 16 au 18 juin. Comme le symposium est consacré au langage, je présenterai sur la Francophonie en tant qu'entité de politique linguistique. Je suis invité à assister en ligne  à quelques événements culturels et académiques. Sans oublier mes activités administratives habituelles. Voilà,  c'est parti. 

12 juin 2021

12 juin 1997

Université de Fribourg, Miséricorde, 12 juin 1997. Je défends ma thèse de doctorat es lettres, option langue et littérature française. Titre: L'univers mythique de Tchicaya U Tam'si à travers son oeuvre en prose. Le jury est présidé par le Prof Rudi Imbach. Les membres en sont les professeurs: Yves Giraud (1er rapporteur), Dominique Combe (2e rapporteur) et Giordani. Sont présents à la réception outre les rapporteurs: Mme de Reyff, Shemsi Fleury, Modeste Kisambu, Rigobert Kabwita, Claude Bourqui, NN, et  Mme Traudl Schmitt. Une crême méticuleusement sélectionnée. La soirée se passe dans la famille de Jean et Régine Biletsi ainsi que leurs filles jumelles Gaëlle et Nadege alors âgée de 4 ou 5 ans. Le champagne et le whisky ont coulé à flot. La thèse sera publiée aux Editions Peter Lang de Bern en 1998. Le titre de docteur me sera attribué en mars 99 au cours d'une cérémonie grandiose, peu avant que je rejoigne l'université Humboldt de Berlin. La suite est connue. Me voilà exilé à la Barbade depuis 20 ans, soit 24 ans après cette défense de thèse. Depuis 2019, je dirige les études postgraduées et m'occupe spécialement des thèses de licence, master et doctorat à Cave Hill, Barbade.

L'univers mythique de TUT a fait son chemin d'oeuvre pionnière qui m'a ouvert les portes de la carrière universitaire et assure une relative notoriété littéraire. Il manquait une recherche globale et mythopoétique, et j'ai quelque peu comblé la lacune bien que de plus éminents aient préparé le terrain pour moi. Je peux prétendre être un spécialiste de Tchicaya et une référence en critique littéraire africaine. A ce titre, j'ai reçu des invitations à présenter des conférences, à animer des plénières ou modérer des ateliers. Un parcours modeste, mais relativement intéressant pour quelqu'un dont la première vocation était ailleurs. Ce jour du 12 juin 97 a donc posé les jalons d'un voyage littéraire autour de la terre. De Honolulu à Brazzaville en passant par Dakar, Berlin, Paris, Perugia ou Michigan ou Waterloo, j'ai gardé l'humilité de celui que j'ai toujours été: moi. De Grand Rapids à Créteil, en passant par Ann Arbor, Ottawa, Lugano, Cambridge, Limoges, Grönigen, Purdue ou Kinshasa, je suis resté le même: moi. Et depuis 2017, je retourne à la terre de mon enfance: Kenge où j'enseigne à l'ISP en admirant la vallée de Manioka ou de Yete où jadis le féru des plages barbadiennes effectua ses premières prouesses de nageur. Allez me dire qu'on peut apprendre à nager sur le sable! Cette remontée dans le temps a un point d'encrage: la date du 12 juin 2017.        

11 juin 2021

Hommage à Ali il y a 5 ans

9 juin 2016. "Durant sa vie, Muhamad Ali détenait une mission pour l'humanité; il était le porte-parole des sans-voix sur les questions politiques, sociales, éthiques, religieuses, culturelles, raciales, de son époque. Qu'on l'ait aimé ou détesté, qu'on ait accepté son message ou pas, on a été interpellé, à un moment ou à un autre, par ses déclarations. Ali était un éveilleur de conscience. Paix à son âme!"

Mes sentiments vis-à-vis d'Ali restent les mêmes qu'il y a cinq ans. J'ajouterais seulement quelques détails. Éveilleur de conscience, il l'était par son combat et sa mission. Il y a aujourd'hui un manque cruel de ces modèles épiques. A la différence des prophètes qui nous rabattent les oreilles avec leurs prédications indigestes, à la différence des théoriciens qui consolident les idées d'exploitation et de domination, il y avait chez Ali une admirable simplicité de cœur, et un sens génial d'amour. C'était un monsieur. Et lorsqu'il a tiré sa révérence, le monde entier a unanimement salué sa bravoure et la noblesse de son combat. Hommage et respect au héros!