23 nov. 2021

Coutume ou rançon? (Suite)

3. Dimanche matin, à mon réveil, j'ai reçu un message audio de Grâce. La palabre post-funéraire venait de finir. Voici ce que j'ai répondu à Donat qui n'avait plus de contact avec eux: "Bjr, moi j'ai parlé avec Grâce et Mama na Willy. Votre délégation a commis plus de dégâts que de bien. Adelin était intransigeant, imposant des amendes, exigeant les documents parcellaires avec menace de causer du malheur. N'ayant contribué en rien, il revient avec une cagnotte d'au moins 200 US$ qu'il mettra dans une agence avant la traversée et des biens (habits) de la défunte. C'est ça la coutume ou bien c'est de la rançon? Je me pose beaucoup de questions sur la pertinence de ce genre de traditions." (Message Messenger de ce 21 novembre 2021). Selon la tradition, le mari qui l'a conduite à Pointe-Noire doit rendre le corps de la défunte au lieu où elle a été épousée: amende 150.000 CFA. On lui a remis 100.000 CFA. Selon la tradition, le mari doit payer pour n'avoir pas alerté le père de la défunte: amende 50.000 CFA. Selon la tradition, pour je ne sais plus quelle raison: amende 50.000 CFA. En plus, les filles de Christine devraient leur confier les documents des parcelles de Kinshasa et de Pointe-Noire. Tout cela soit disant pour assurer qu'elles soient heureuses et protégées dans la vie. En termes clairs: "si vous n'obéissez pas, malheur!" Adelin a été mandaté par son père, le Lemba de la famille, afin de réclamer tous ces paiements. Tradition, semble-t-il. Un grand-oncle que les enfants n'ont jamais vu du vivant de leur mère, qui ne leur a jamais rendu visite ni les a jamais assistées en quoi que ce soit. Hier on leur a ouvert la chambre de la défunte, et ils ont pris tous les biens qui les intéressaient. Tradition, semble-t-il. Partis aux funérailles mains et poches vides, ils en retournent mains et poches pleines. Telle était, hélas, la visée ultime de leur déplacement. Quelle honte! Sans pitié, sans compassion. Ils sont tellement obnubilés par le gain qu'ils ne sauraient pas percevoir l'immensité de leur ignominie et scélératesse. 
4. Tradition, parlons-en. Du côté des Etats-Unis, Kathy et Ashley Randele n'ont découvert que peu de temps avant sa mort que leur mari et père millionnaire Thomas Randele s'appelait en fait Theodor Conrad, et qu'il avait braqué une banque et détourné 215 000 US$ en 1969, presque soixante ans plus tôt. J'en parle parce que le statut social actuel d'un individu élude souvent son passé. On voit une personne riche, mais on ne sait jamais comment elle l'est devenue. Des parents ont souvent encouragé leurs progénitures à voler ou à se prostituer pour s'enrichir contrairement à Conrad qui a effacé tout de Conrad pour se refaire peau neuve et se recycler métamorphosé en Randele. Le puissant Lemba possède les traits d'un braqueur expérimenté sous les traits d'un bienfaiteur de la famille dont Dieu seul sait qui en a bénéficié. Son très rusé fils est à son école, sa photocopie conforme. Il semblerait qu'il le prépare à devenir notre lemba. Et mon neveu Jude de s'interroger: "Personnellement je me demande si le kilemba s'applique seulement en cas de décès et de mariage coutumier. Ça doit cesser. C'est nous utiliser comme des vaches à lait." C'est une forme d'esclavage. Le cas que je viens de vivre et décrire me pousse à me demander si sous la coutume ne se cache pas une sordide rançon? Je respecte les us et coutumes de chez nous, mais je m'insurge contre cette tradition qui reçoit tout sans jamais rien donner en retour. Je condamne l'abus dans le recours à la tradition. Les décès et mariages coutumiers constituent des fonds de caisse pour ces impitoyables sangsues et croques-morts. Il est temps que ces escroqueries cessent, et elles vont cesser à n'importe quel prix.

22 nov. 2021

Coutume ou rançon? Rikiki

Ce weekend a été marqué par l'enterrement à Pointe-Noire de ma cousine Christine. Paix à son âme! Une délégation composée de deux cousins est partie de Kin pour ces funérailles. Elle est soit disant partie pour nous représenter, nous la branche paternelle de la famille. Des problèmes se sont posées dès le départ.

1. Venus du village et de Kenge, les deux ont juste eu de quoi payer leur transport jusqu'à Kinshasa, attendant que les gens de Kinshasa les assistent pour la traversée. Entre-temps du côté de Pointe-Noire, on attendait leur présence pour procéder à l'enterrement. Une autre cousine s'est pointée pour la traversée. Cet empressement à participer aux funérailles n'avait en réalité rien à voir avec une quelconque solidarité ni compassion; c'était l'appat du gain. La troisième cousine, souffrante de tension quelques jours auparavant, était prête, guérie du jour au lendemain pour le voyage. C'est le matin du voyage que son médecin traiteur diagnostiquant une élévation de la tension lui ai déconseillé à regret de renoncer au déplacement. La famille de Kinshasa s'est débattue pour leur assurer les frais de transport et des démarches conjointes. Il devait rejoindre deux autres cousins basés à Brazza pour aller à PN.

2. Dès leur arrivée, notre délégation a manifesté ses marques. Elle avait son agenda caché. Le temps était propice pour inspecter les lieux, s'informer sur les biens de la défunte,  ou rassembler les arguments pour la palabre post-funéraire. Soupçonnant les enfants de Christine de leur cacher des vérités, nos deux représentants se comporteront en véritables tyrans. A la question de montrer ce qu'ils ont amenté comme contribution pour les funérailles, ils ont répondu: "Ya Claver a envoyé l'argent pour les funérailles, nous n'avons rien amené." Ce qui est faux, car mon frère Nicolas a contribué à part égale. 

21 nov. 2021

Christ Roi de l'Univers

Grazie Signore rendiamo grazie a te che regni nei secoli eterni.... A te cantiamo con gioia!

Ce matin je me suis réveillé avec ce chant de louange à la bouche ou au coeur, c'est selon. Comme je vis dans le passé, je suis remonté au vieux temps de ma formation théologique. Je revois le P. Fumagalli, John M Lukwata, John Qhosa, Jose Porumnedan, Michael Barimah ou Arnold Francis. Et pourquoi le P Tot ou Pierre Tis? C'est ainsi que s'est pistonnée en moi la célébration du Christ. Rendons grâce au Seigneur car il est bon. Au Seigneur qui règne dans les siècles éternels. Bon et pieux dimanche du Christ Roi, Kristu Ntotila kuyala, à tous les chrétiens qui ce jour achèvent leur temps ordinaire et commencent une année liturgique nouvelle.

20 nov. 2021

RDC: Comment le Clan Kabila pillait la caisse de l'état?

Kongo: Wie der Kabila-Clan die Staatskasse plünderte - Eine Bank, eine Briefkastenfirma und ein Überfall - DER SPIEGEL

Un scandale d'une ampleur gigantesque. Cela fait réfléchir. Des individus s'arrogent le droit de brader les richesses minières et de détourner l'argent du pays pour leur propre compte sans penser à la majorité de la population qui croupit dans la misère. Le Congolais vit avec moins de 1 dollars par jour alors que 138 millions de dollars se volatilisent dans la cagnotte familiale de l'ancien président. Qu'on me dise que ce n'est pas vrai car l'énormité de la somme dépasse mon entendement, à moi qui sue nuit et jour pour un salaire de misère. Qu'on me dise que ce n'est pas vrai pour tranquiliser ma conscience d'honnête citoyen, à moi qui rends à ma communauté ce que je peux faire le mieux: enseigner. Qu'on me dise que ce n'est pas vrai, à moi qui ait choisi de vivre ailleurs non pas par choix, mais parce que retourner définitivenent au pays ressemblerait  selin certains, simplement à un suicide. Le littéraire mythologue perçoit la pesanteur létale du retour au pays. L'émigration a ses revers. La pauvreté est extrême dans ce pays qui fonctionne, on dirait, sans vrais repères institutionnels de contrôle. Les pillages sont dénoncés, mais les malfrats sont intouchables, protégés par des immunités inamovibles de sénateur à vie ou d'ancien président ou d'ancien premier ministre. La pauvreté est sérieuse dans ce pays où l'on camoufle l'indigence sous la couverture de la sape et de la musique. Nous sommes pauvres mais nous nous habillons très cher et nous aimons l'ambiance. Superficialité légendaire, immaturité viscérale. Cela se dit, cela s'entend, cela se vit. Nos proches en sont la preuve tangible. On se pavane dans les rues pour étaler ses avoirs meubles et immobiliers, pour menacer le commun des mortels par une armada privée prête à vous éliminer sans pitié sans qu'elle soit inquiétée. Insécurité totale. On parle de plus de 20 millions de personnes menacées par la pénurie alimentaire au moment où des millions des dollars sont dilapidés dans des poches privées. J'ai lu et entendu beaucoup de rapports, commentaires autour du pillage systématique des ressources de la RDC. Pillé et convoîté par les voisins, ratiboisé par ses propres filles et fils, saigné à blanc par son élite politique, notre pays donne tous les signes d'un non-état. Que ce soit dans le Rapport Mapping, que ce soit dans les Panama Papers ou dans ce recent Congo Hold-Up, les mêmes têtes apparaissent, circulent sans qu'aucun doigt ne soit levé sur eux. Il est temps que notre pays soit géré dans la justice et la distribution équitable de nos richesses. Utopie, oui mais il faut y croire avant d'entamer toute action. 

"Wie der Kabila-Clan Kongos Staatskasse plünderte
Es ist das größte Datenleck in der Geschichte Afrikas: Recherchen des SPIEGEL und seiner internationalen Partner enthüllen, wie die Familie des Ex-Präsidenten Kabila über Jahre hinweg mindestens 138 Millionen Dollar Staatsgeld einstrich."

("Comment le Clan Kabila pillait la caisse de l'état du Congo. 
C'est la plus importante fuite de données dans l'histoire d'Afrique: des recherches du SPIEGEL et de ses partenaires internationaux ont révélé, comme la famille de l'ex-président a détourné pendant des années au moins 138 millions de l'argent de l'état.")

Merci à Mme Schmitt de m'avoir relayé cet article du SPIEGEL qui donne un point de vue différent de ce que nous avons déjà lu et entendu. Etat de droit, il est temps de passer du slogan à l'action.

18 nov. 2021

Plan stratégique

Cette année, l'Université des West Indies revisite son plan d'opérations avant de concevoir un autre plan stratégique pour les cinq années à venir. Un plan quinquennal qui s'inscrit dans la tradition de toute institution bien administrée. Le résultat de cette gestion est palpable: notre université compte parmi les meilleurs. C'est le fruit d'un travail rigoureux et assidu. Entre 2017-22 l'université a eu un triple A plan stratégique. Accessibilité, Agilité et Alignement. A partir du 1er août 2022 commencera un nouveau plan qui accomplira les initiatives que le plan précédent a commencées et y imprimera son propre cachet, ou une orientation révisée. Il s'agit de dresser l'état des lieux et de visionner ou prévoir l'état de l'université dans les cinq années à venir. Des activités académiques et des projets concrets visant à améliorer les conditions de travail et la qualité des réponses aux problèmes qu'affrontent la région caribéenne et le monde entier. Félicitations à cette institution universitaire pour l'excellence de sa gestion en dépit de la crise du coronavirus qui secoue le monde et qu'elle tacle avec beaucoup de compétence. Avec un succès soutenu et avec une ferme résolution de les vaincre, elle affronte les défis de ce temps. Ainsi aujourd'hui, nous avons passé la journée à réfléchir à la situation présente et au statut de notre universités dans les années à avenir. Un travail de brainstorming. Le terrain a été déblayé ce jour; une retraite est prévue en décembre pour approfondir les discussions. Chaque structure de nos campus participe aux discussions et proposera sa vision, son initiative. Ensuite le conseil universitaire de la planification canalisera tous les plans et projets en un seul plan stratégique lors des réunions universitaires. 

Une semaine incontrolée

Une semaine incontrôlée. Des réunions et des réunions qui n'en finissent pas. En plus des emails dont certains exigent beaucoup d'attention, sinon une étude approfondie des éléments avant de répondre. Les suspendre ou ne pas y répondre illico ouvrent le risque d'oubli, de retard. Ainsi, il arrive que certains cas à revoir sont simplement oubliés quoique programmés sur papier. Cette semaine, je l'ai senti tout particulièrement. Des problèmes viennent de tous les côtés, et la mort de ma cousine n'a pas facilité la concentration dans mes activités professionnelles et personnelles. Mine de rien, je suis très affecté par cet événement. Est-ce parce qu'elle a porté le nom de ma mère, Christine Matsasu? Est-ce ma veine de mythologue qui me meut sans que je n'y prenne garde? Le résultat est là, incontestable. Une petite crise. Je ne contrôle pas mes jours ni mon agenda. On dirait que tout se fait pour moi. Au service, c'est la solitude. Ma secrétaire est en vacances, des vacances qui se prolongent autrement elle ne récupérera jamais ses jours off. Le vide n'étant pas totalement comblé, je suis obligé de faire tout ou presque moi-même. La nature particulière de ce travail fait que personne ne peut la remplacer sans être initiée aux méandres des dossiers simples mais sensibles. Il me faut résoudre les problèmes immédiats au rythme selon lequel ils adviennent. Le personnel étant réduit en cette fin de novembre à cause de la pandémie du coronavirus, nous travaillons en équipe pour parer à cette lacune. La vie va de l'avant. Ce qui doit se faire est fait; nous sommes des professionnels après tout. 

Ce 19 novembre, j'ai trois réunions de travail en plus d'un rendez-vous médical. Et oui, avec l'âge qui décline, il faut s'accrocher à quelques algues de mer pour poursuivre la vie. La santé est un trésor qu'il faut protéger inlassablement. Mieux vaut prévenir que guérir. Rhumatismes, courbatures, maux de ceci et cela, deviennent fréquents: on se souvient des jours où on bondissait comme des cabris dans les prés ou les préaux de Mutoni, Makiosi, Kenge, Kalonda...  C'est loin tout ça. Rendons grâce au Seigneur pour le souffle de vie! Néanmoins cette semaine incontrôlée possède aussi son bon côté: elle m'a remis à ma méditation nocturne dans les eaux salées de la Mer de la Carïbe. Cet exutoire fonctionne parfaitement.  

17 nov. 2021

2 anniversaires de proches

15 novembre 2021. C'était l'anniversaire de mon oncle et ami Dieudonné Bunda et de ma cousine Adrienne Kayolo. Deux êtres très chers à mon cœur. Mais, je ne sais pour quelles raisons, j'ai oublié de leur exprimer mes vœux de bonheur, paix et santé. Je dois avouer que j'étais plus préoccupé par le décès de Christine à Pointe-Noire dont l'anniversaire est fixé au 19 novembre matin. Vous aurez noté que je n'écris plus écrit sur le blog ces jours-ci. Un deuil d'écriture. Ce n'est pas grave, me dirais-je à moi-même d'un revers de la main, sauf qu'il s'agit d'une étape importante pour Papa Bunda. Si vous lisez régulièrement ce blog, vous comprendrez pourquoi. Soit. Certains vous diront que l'anniversaire se célèbre tous les jours. D'autres en font un point d'honneur ou culminant dans l'année. D'autres n'y portent aucune attention. A chacun sa philosophie. Pour moi, c'est important de remercier le Bon Dieu pour le souffle de vie qu'il nous a offert. Et aussi de s'unir à tous les proches, familles et amis, et collègues pour se souvenir de cet événement primordial et vital. Mieux vaut tard que jamais. Joyeux anniversaire Papa. Joyeux anniversaire Adrienne. Que le Bon Dieu vous protège et vous bénisse!