11 août 2022

De nouveau à Kenge - août 22

Août 2022. Me voici de nouveau à Kenge pour mes enseignements à l'ISP Kenge. Je suis arrivé le lundi 8.8 et ai commencé mon premier cours Littérature comparée mardi. Il continuera jusque samedi 12.8. Les conditions de travail n'ont pas vraiment changé, mais je trouve des étudiants très motivés, soucieux d'apprendre. Cela me réjouit d'autant plus qu'ils me donnent une envie immense de cheminer avec eux dans l'exploration du savoir et de la science littéraires. Comme par coïncidence l'unique représentante du genre porte le second nom de ma mère Kayengo décédée ce mois il y a dix ans. L'année précédente la représentante du genre avait ou a un frère du nom de Claver Mabana. Allez-y voir. Le mythologue y voit une trace de son destin cosmique. Comme si cela ne suffisait pas, un étudiant Mbambi connait à fond ma famille patetnelle: il a vécu avec le vénérable Kahiudi et la reine Kalongo. Voilà mon regressum ad uterum dont parlait M Eliade. Retour à Kenge retour à la matrice primordiale dans mon univers symbolique.




29 juil. 2022

Chaos à l'UNIK Kenge

28 juillet 2022. Depuis plusieurs semaines s’est installé à l’Université du Kwango, UNIK en sigle, un chaos indescriptible. Le personnel a ou aurait signé une pétition réclamant la mise à l’écart de l’abbé Jean-Chrysostome Akenda, recteur de l'UNIK. La principale cause alléguée par les signataires serait la mégestion. Il est reproché à l’actuel locataire du rectorat une gestion calamiteuse de biens et de personnes, des détournements des émoluments académiques, le non-paiement des primes aux agents, le recteur bouffant seul le contenu de la cagnotte. La démission d’un doyen a déclenché la protestation. Des signatures ont été recueillies. Des menaces ont été et sont proférées contre le recteur. Une notification datée du 26 juillet et signée par l'Huissier greffier du Tribunal de Grande Instance Kenge lui a été délivrée. Comme si cela ne suffisait pas, des inconnus ont scellé avec des cadenas la porte du bureau du recteur Akenda avec l'instruction suivante: "Attention - Plus d’accès dans ce bureau". La police judiciaire mène des enquêtes sur le cas. Il s'agit d'un acte arbitraire qui a surpris la communauté universitaire au matin du 28 juillet. Qu’y a-t-il au juste? 

L’Université du Kwango est depuis sa création il y a cinq ans l’enjeu de plusieurs intrigues récurrentes à caractère politique et tribal. Des puissants lobbyistes internes et externes passent leurs journées à chercher des voies et moyens pour prendre la direction de cette institution qui n’est prestigieuse que de nom et qui fonctionne encore provisoirement dans des bâtiments de l'Institut Tshinda Kwango. Le professeur Akenda est suku du Kwilu, donc étranger au Kwango. Cela se dit et s'évoque à chaque crise. Certaines autorités politiques estiment qu'il doit à ce titre être remplacé par un natif du Kwango où deux pôles se disputent passionnément l’hégémonie du leadership. Des noms de successeurs potentiels ont été bruyamment cités avant que l'abbé Akenda ne soit confirmé à ce poste pour un second mandat. Ce qui n'a été du goût ni de ses détracteurs ni de ses rivaux qui siègent au comité de gestion ou ailleurs. Les territoires de Feshi et de Kasongo-Lunda revendiquent leur droit à ce poste. C’est dans ce dispositif violemment passionné que se situe la rhétorique politico-ethnique de ces luttes intestinales. J’ai réussi à parler à Jean-Chrysostome hier vers midi; mais le dialogue n'était pas possible à cause du réseau. 

Les versions des pamphlets varient d'un interlocuteur à l'autre. Il faudrait cependant reconnaître qu'il y a une puissante machine qui travaille avec acharnement pour que Mr Akenda soit à tout prix révoqué ou démis de ses fonctions. Comme l’a déclaré le prof Valentin Kasela à sa descente sur les lieux, il faudrait respecter des protocoles appropriés pour canaliser ces genres de revendications pour peu légitimes qu'elles soient. Ce chaos médiatique est donc voulu par une poignée de personnes incapables d’affronter le recteur en face mais assez nuisibles pour ruiner sa réputation. Ce chaos est entretenu par une série d’actions entreprises pour pousser le recteur à la démission. Le message est clair: « Le Kwango ne veut plus de toi voleur, pilleur des ressources du Kwango ». Et les réseaux sociaux assurent par des journalistes partiaux et des reporters sans scrupule une pression permanente, et le démolissent méchamment jusqu’à ce que démission ou éviction s'en suivent. Les commanditaires de ce mouvement contestataire sont connus, mais préfèrent garder l'anonymat. Chaos pour faire pression jusqu’au départ de l'abbé Akenda mal aimé et combattu à mort. Le bol est plein. C'est quitte ou double.

A y réfléchir objectivement, c'est l'essence même d'une université qui est remise en question par ce genre de situations. Je viens de passer 21 ans à l'Université des West Indies qui est parmi les top 1% des meilleures au monde, je sais d'expérience que la réputation d'une université repose essentiellement sur les critères d'excellence et d'intégrité. La qualité de son personnel va de pair avec la qualité de ses (infra-) structures. Sa gestion académique et administrative est strictement contrôlée, scrutée par des auditeurs d'entreprises internes et internationaux. L'UWI a récemment été accréditée pour sept années de plus. Des performances inimaginables pour l'UNIK. Chez nous, le travail académique est étouffé par des contraintes politiques, sociales, financières et tribales qui en enveniment le fonctionnement. N'osons pas parler d'excellence, ni d'intégrité, ni de compétence ni de qualité scientifique. Au final, nous possédons une autre conception de ce qu'est une université et de la façon dont elle doit être gérée. Sinon, nous agirions différemment. Tout tourne autour du pouvoir, de l'argent et d'intérêts égoïstes. Osez ajouter le prédicat "africain, congolais, kwangolais" à un concept ou à une entité, vous serez surpris du changement radical que vont subir ce concept ou cette entité. En fait, à considérer ces dissensions, il n'est plus question d'université ici, mais d'une cruelle arène politico-tribale sans envergure académique. Une sorte de terre-sans-loi.

Mon Petit Makambo aurait dit: "Vieux. Recteur Akenda atikela baninga pe balia. C'est un ligablo où chacun tire ses bénéfices au détriment des autres. Lokola bataba, moto na moto alia na mulayi ya singa na ye! Bonso bankombo, muntu na muntu kudia na nda ya nsinga na yandi." Kwango elengi !



25 juil. 2022

Anne-Louise et Alida in memoriam

25 juillet 1994-2022. Voilà 28 ans que ma soeur Anne-Louise a quitté ce monde. Que son âme repose éternellement dans la paix divine. Un coup fatal pour moi car je n'y ai pas cru au premier abord. J'étais à Enney lorsque Donat m'a appelé pour m'annoncer la triste nouvelle. Une grande leçon de vie car de ma réclusion, j'ai vu, observé le cynisme du monde. De bons amis ne sachant où je me trouvais ont appelé Mme Weignärtner en Allemagne pour le lui annoncer. D'autres qui savaient où je me trouvais ont gardé silence. J'étais de mauvaise fréquentation. Mes yeux se sont ouverts. Une fois de plus, j'ai su et vu qui était qui. Le mythologue que je suis devenu ne l'oubliera jamais. La mort de Yimbu, je ne le répéterai jamais assez, m'a poussé à finir quoi qu'il m'en coûte ma thèse doctorale. En effet, L'univers mythique de Tchicaya U Tam'si à travers son oeuvre en prose est uniquement dédié à Anne-Louise Mabana (1965-94). Cité abondamment jusqu'à ce jour, ce manuel publié chez Peter Lang de Bern, en 98, se retrouve dans les grandes bibliothèques du monde. Décédée le jour de son 29eme anniversaire, elle aurait fêté ses 57 ans si elle avait vécu jusqu'à ce jour. Avec tous les miens, au nom de tous les miens, je te rends hommage. Paix à ton âme Louise là où tu te trouves. Ngemba kuna wena Lwisa!

25 juillet 2014-22. Huit ans que ma nièce Alida Muzembo nous a quittés. Alida fut la fille aînée de Béatrice et Cyrin Muzembo d'heureuse mémoire. Je viens de lire cela sur le statut de Jude: "25 juillet 2014 - 25 juillet 2022 - In memoriam Alida Muzembo Diezi # Forever" (sic). A quoi j'ai répondu spontanément en temps réel: "Oooooo paix à son âme. Louise est aussi décédée ce jour en 1994. Ces deux défuntes ont bénéficié d'une attention spéciale de ma part à leur naissance. Que leurs âmes reposent en paix. Union de prières et de coeur!" Tout est dit. Juste un rappel. J'étais parti de Strasbourg où je me trouvais en vacances pour Kinshasa afin de participer aux funérailles d'Alida. Pour revoir les détails de ce séjour dans ce blog, il suffit de rechercher ou googler son nom. Ibangu et un peu moins Mukawa se souviennent affectueusement d'elle. Avec les miens et au nom des miens, je demande au Seigneur que son âme repose dans la paix éternelle du royaume céleste.

  

24 juil. 2022

Le point de non-retour 2

Il y a en tout un seuil que l'on ne peut dépasser impunément ou inexorablement. Ce seuil une fois dépassé vous place de l'autre côté de l'humaine condition. C'est souvent l'oeuvre d'un instant, le gestion d'une seconde. L'ordre du monde se disloque comme un chateau de sable ou de paille. Il suffit de se promener nu comme un ver de terre pour se voir traité de fou. Il suffit d'ouvrir la porte d'un sorcier ou d'un devin pour se retrouver victime des manipulations de ce dernier. Le Malin fonctionne à sa guise: l'agneau se mène lui-même au sacrifice lui-même. Il suffit qu'un ensemble de circonstances ou de paramètres soient réunis pour que se déclenche le point de non-retour. La réflexion d'hier m'a amené à jeter un autre regard sur le monde dans lequel nous vivons. Les relations humaines obéissent à des situations qui leur servent d'épreuves pour s'entretenir et tenir fortes ou s'affaiblir. Un mauvais réveil peut vous gâcher la journée, et si vous n'y prenez garde, une semaine, un mois et toute votre vie. Je n'ose pas m'aventurer dans un domaine qui dépasse mon entendement. 

Je suis depuis quelques années l'émission de Simon Monceau "Ca va se savoir". Des vies basculent rien qu'à la révélation de la vérité. Des mariages se défont à la seconde à la suite d'une violation de codes. Des destins changent dès que le pot aux roses est dévoilé. Des vérités impensables, longtemps cachées ou à peine entamées, brisent le cours de la vie des personnes qui s'y donnent rendez-vous. La fille et la mère suivent le même homme, le patron en veut à un employé peu idoine, des amis se trahissent au boulot, en amour ou encore dans des délits inénarables. Tout est possible, tout se voit. Le point décisif, c'est le point de non-retour, le point de la vérité. La vie est comme la sortie de dents dans la bouche: elles sortent contre toute attente. Hier encore, mon cadet de frangin me sortait une expression: "Moto apemaka na zolo ya moninga te" (Personne ne respire par le nez d'un autre). Chacun porte son destin, son propre destin, pas celui d'un autre, quels que soient les efforts engagés par les autres pour l'assister ou le décourager. 

Une phrase, un mot, une attitude, voire un geste anodin suffisent pour sonner le glas d'une entreprise menée de longue haleine ou ruiner la fortune d'un magnat du bitcoin. Quelle épreuve perpétuelle que cette vie de défis! Un saut d'humeur peut transformer une vie en un cauchemar diurne ou changer le cour du destin. Je ne réussis pas à bien rendre cette pensée peut-être parce qu'il est tard. J'arrête le texte là, quitte à le revoir et le corriger demain.... à le laisser tel quel.

Claver va au camp d’entraînement

24 juillet 2022. Ce dimanche est différent des autres. Mon fils Mukawa va participer à un camp de formation des cadets de l’armée barbadienne. C’est un événement spécial car ce sera la première fois de sa vie qu’il quittera la maison familiale. Jamais il n’a séjourné hors de notre sphère familiale. Pendant une semaine, il suivra avec d’autres jeunes de son âge un entraînement rigoureux à la discipline militaire. Je lui souhaite au nom de toute la famille plein succès dans la réalisation de cet exercice national. Que l’Eternel des Armées le garde et le protège. Respect Claver Jr. Poursuis ton destin de vainqueur!

23 juil. 2022

Le point de non-retour

Hier discutant avec mon cadet de frangin nous en sommes arrivés à parler de certains événements qui se passent autour de nous. Très ému, il m’a rapporté le cas inexplicable d’ingratitude de la part de gens connus vis-à-vis de la main qui a fait qu’ils soient devenus ce qu’ils sont. Ce qu’il jugeait inacceptable se rangeait pour moi, lecteur de mythe, du côté de l’irrationnel. Le lien familial est inamovible; ce qui le sépare c’est l’évocation erronée de la sorcellerie et de croyances superstitieuses. Or ces croyances minent la vie sociale en Afrique. Chacun se croit victime; chacun évoque la force de Jésus-Christ pour se protéger contre l’assaillant. Selon toute apparence, ils se haïssent au point d’oublier leur consanguinité. Toutes les bonnes actions posées par l’aînée du temps où elle possédait bien et argent sont jetées à la poubelle, inévitablement oubliées et ignorées. La bienfaitrice est devenue l’ennemie à abattre maintenant que les plus jeunes ont des moyens. L’apparente ingratitude des assistés de jadis se justifie par un recours éventuel à des forces surnaturelles ou occultes. Chacun accuse l’autre d’avoir tenté de le sacrifier. Je l’ai entendu. C’est une obsession inéluctable. Dans cette confusion chaotique, chacun accuse l’autre d’avoir sollicité les services maléfiques d’un ensorceleur pour le liquider. Des accusations graves qui dépassent le niveau rationnel que nul n’est en mesure de gérer sagement. Tout compte fait, c’est la sorcellerie qui leur empeste et pourrit la vie. Tout est là: c’est le point central de la dispute que vivent ces si proches parents à nous. Au point où ils en sont, aucun conseil ne tient, aucune intervention spirituelle n’agit, aucune réconciliation ne pointe. Ils en souffrent car ils sont tous déstabilisés en dépit de l’apparente maîtrise de la situation qu’ils exhibent. Le manque de reconnaissance constaté chez les plus jeunes contraste avec l’indifférence offusquée de la bienfaitrice méprisée. En réalité, ils se livrent à une guerre de tranchées: ils en sont au point de non-retour. Au bout du compte, ils ne se disent pas la vérité, se craignent sans y croire vraiment, mais préfèrent se confier à des quidams qui ont intérêt de les séparer plutôt que de les voir unis, donc forts et puissants. Tout est là: ils ont atteint le point de non-retour. 

21 juil. 2022

Joyeux anniversaire Rigo

21 juillet. Joyeux anniversaire Rigobert. Que le Bon Dieu soit loué pour ce jour mémorable. Paix bonheur, santé et tout ce que ton coeur souhaite, en abondance!