14 sept. 2024

Encore un mort, Théo Mukelenge

Théophane Mukelenge, ancien sous proved à Kimbau, est décédé la nuit dernière à l'hôpital Maman Olive à Bibwa, à la suite d'une longue maladie. La nouvelle m'est parvenue par le groupe whatsapp Famille ISP de Kenge. Paix à son âme!  Voilà quelqu'un que je n'ai plus revu depuis plus de 30 ans mais dont j'ai suivi d'assez loin le dernier parcours de vie. En se hissant à la tête de l'entité éducationnelle de Kimbau, Théo a su relier l'excellence à la gratitude que chacun de nous doit à sa terre natale. Félicitations Théo pour cet engagement en faveur des tiens, mais aussi pour le professionnalisme qui t'a toujours caractérisé.Pour la petite histoire, nos papas Charles Mukelenge et Donatien Mabana étaient des grands amis depuis l'école primaire jusqu'à la fin de leur vie. Et nos familles étaient très proches, en dépit des mutations et de nombreux déplacements de travail qui nous ont parfois éloignés. Condoléances partagées à la grande famille Mukelenge. 

Wenda mboti Teddy comme tes proches t'appelaient. Puisse le Bon Dieu t'accueillir parmi les élus du Ciel.

"Mari de nuit"


Un prophète-pasteur ne trouve pas mieux que de convaincre une de ses adeptes qu'elle a un mari ou des maris de nuit. Péché de lèse-majesté. C'est que dans le monde des ténèbres elle mène une double vie de mariée à un ou plusieurs hommes. Seulement voilà. Cette femme est fiancée à un homme qui prépare les frais de leur mariage et lui confie l'argent de la dot et de la célébration nuptiale. A l'insu du fiancé, le pasteur propose à la fiancée pour l'exorciser des séances de délivrance à deux. Pendant ces séances, la femme se met nue alors que l'homme de Dieu s'adonme à des onctions d’huile d’olive sur le corps de sa proie. Pour finir, le prophète lui exige cet argent, afin qu'il le bénisse et invoque des incantations dessus pendant une semaine, sous prétexte qu'elle serait stérile s'il ne purifiait pas ce salaire de malheur et de sang. Dès qu'il a pris la somme, le pasteur disparait et  évite de recevoir son adepte à son bureau. Devant l'insistance de la dame de récupérer son argent, la protocole lui a apprend trois semaines plus tard, que l'église a été pillée. Une escroquerie bien planifiée basée sur l'imposture, la menace, l'intimidation et des pratiques très douteuses d'envoûtements et attouchements intimes. La suite, on peut l'imaginer et des pareils cas sont nombreux.
"Mari de nuit", je n'en avais jamais entendu parler dans ma jeunesse. Du moins je ne m'en souviens pas. Je pouvais peut-être l'imaginer par des récits qui se racontaient autour des mamiwata et autres créatures surnaturelles. Je savais que la vie de nuit était pleine de mystères, d'événements sorciers, de multiples retournements de vestes. L'homme à la bague d'or magique ou encore l'homme-crocodile-serpent, faisaient partie de ces êtres imaginaires que relatent les mythologies universelles. C'est dans ce contexte que pourraient se concevoir les concepts de "mari de nuit" et de "femmes de nuit" passés à la mode depuis quelques décennies. Le binzambi-nzambi exploitent vivement cet univers rocambolesque. 
De la mythologie populaire ces concepts sont devenus des réalités dans les églises du réveil qui ont envahi les agglomérations urbaines d'Afrique. Une aubaine pour les pasteurs-prophètes capables de vous dépouillés de tous vos biens. Apparemment, ces pasteurs ont remplacé les sorciers, les guérisseurs, les devins et magiciens de l'époque de notre enfance. Tout cela au nom de Jesus de Nazareth et de Dieu. Sans hésiter, le pasteur-prophète brandit quelques versets bibliques pour vous soutirer votre dernier centime. "J"ai eu une vision, et Dieu m'a dit"..."une prophétie est tombée vous concernant, votre vie est en danger"... "nous allons avoir des veillées de prières pour éloigner Satan et les esprits mauvais qui vous menancent". Autant d'astuces pour maintenir votre esprit en état d'émoi et d'effroi. Le combat spirituel, inconnu jadis, meut le comportement religieux des convertis aux nouvelles religions. "Je prie" signifie désormais qu'on est sorti des églises dites traditionnelles pour embrasser les nouvelles vagues de croyances. Ces recettes fonctionnement admirablement, et les victimes les consomment sans discernement ni remise en question. Un processus pratiquement infallible de lavage de cerveau. 
Pendant que j'écris ces lignes, je viens d'avoir une conversation avec une proche qui refuse de dévoiler une vérité à son propre frère sur ses déboires familiaux. Comme elle n'entretient pas de bons rapports avec sa belle-soeur, elle craint d'être traitée de "femme de nuit". A ma question de savoir si elle y croyait, elle a répondu: "Non yaya. Ce sont des inventions des pasteurs. Mais si on te colle cela au visage, toute ta vie privée est foutue à jamais" (sic). Voilà une croyance que je range dans les mythes mais qui modèle et informe le mode actuel de pensée dans notre société congolaise ou africaine. Par ailleurs, mes lectures mythiques de de l'œuvre de Tchicaya U Tam’si m'ont appris les notions de kalunga et du nyihimbi. L'idée de frère et soeur qui seraient mari et femme de nuit n'est pas nouvelle; elle remonte aux temps immémoriaux. Comme tout mythe, elle naît, vit, meurt, et elle renait, revit et meurt à nouveau. Et le cycle continue.  


12 sept. 2024

11/09/2014-24: Papa Mosimi in memoriam

11.9.2014-24, dix ans passés depuis que Papa Bernard Mosimi Bomwana a tiré sa révérence à l'âge de 94 ans. Que son âme repose en paix. Quelle belle, simple et longue vie! Quel exemple de discipline, de rigueur, et de responsabilité! Gloire soit rendue à Dieu pour ses merveilles et ses bienfaits autour de ce monument familial. Mama Mapasa, sa soeur Solange et leur fille Noëllie se sont rendues à Mbenteke, représentant toute la famille, pour commémorer la mort de notre père, beau-père, oncle, et grand-père. Toute la famille restreinte et élargie était unie de coeur à cette occasion. Paix éternelle à ton âme Papa Bernard!

11 sept. 2024

11 septembre 2024

11 novembre 2001. Il y a 23 ans, je venais de commencer les enseignements à Cave Hill lorsque les deux tours du World Trade Center furent bombarbées. Et dire que j'avais la chance de visiter en juillet 1997 ce monument de la suprématie américaine sur le monde des affaires. Ce matin-là je n'avais pas eu le temps de suivre les nouvelles en direct. Clavère Maman avait pris le soin de m'alerter peu avant que je ne retourne. Notre voiture était encore en route depuis le port de Hambourg où je l'avais embarquée un mois auparavant. Le matin, le doyen A. Cobley de la faculté des lettres me prenait sur son chemin vers l'université. Le soir, je montais dans un minibus ZR pour retourner à la maison. Cela dura jusqu'en octobre 01. Une fois informé du drame, j'avais hâte de voir les images et de suivre les informations à la télé.  Le terrorisme avait frappé au coeur-même de l'Occident en détruisant ce prestigieux immeuble au toit du monde. 

Quelles lecons tirer de cet événement? Le monde était secoué. La plus grande puissance du monde avait montré sa vulnérabilité. La colère du président américain Bush Jr, visible sur son front, ne pouvait rien changer face aux forces du mal. Des innocents, plus de 3000, ont perdu leur vie au Ground Zero. Le drame fut total et ramena le monde à la dure réalité. Désormais, plus rien ne serait comme avant. La lutte contre le terrorisme islamique prit alors un tournant radical. Des mesures intransigeantes furent arrêtées pour mieux contrôler les frontières. Un département spécial de la sécurité vit le jour. La lutte contre Al Qaeda et ses ramifications s'intensifia énormément. L'Amérique blessée pansait ses plaies en imposant au monde entier un nouvel ordre sécuritaire. Le monde a changé. Les relations internationales aussi. Le concept du voyage aérien, terrestre ou maritime, a été affecté par des contrôles renforcés, par des détections de métaux ou produits toxiques, par une vigilance accrue dans les ports, aéroports et avions. La xénophobie et la montée des droites extrémistes qu'on observe ces dernières années dans les pays d'émigration, sont aussi des conséquences de September 11. Rien, alors rien, n'est à l'abri total du danger. 

Le temps est passé entre-temps. Me voilà sexagénaire. Hommage aux victimes oblige même 23 ans après. Les deux candidats aux élections présidentielles américaines de novembre 2024 - Kamala Harris et Donald Trump -  se sont retrouvés au Ground Zero après leur houleux debat de la veille. Le monde a changé. 

10 sept. 2024

Adieu Soeur Astrid

10 septembre 2024. Ce matin est décédée à Kenge la sœur Astrid Ibaz Atelenge des Salésiennes de la Visitation. Que son âme repose en paix. J'ai connu Sr Astrid du temps de mon école primaire à Kenge. Je me souviens qu'elle avait remplacé Sr Marie-Robert comme directrice de l'école primaire des filles à St Esprit lorsque cette dernière était devenue secrétaire de Mgr Hoenen, évêque de Kenge de 1963 à 1974.

Depuis que je retourne à Kenge pour mes enseignements à l'ISP Kenge, je la revois à chaque fois. Toujours égale à elle-même, souriante et de bonne humeur, la brave servante du Seigneur m'a toujours fasciné par sa gentillesse, son attention aux autres et sa disponibilité à aider. A chaque fois, elle prenait le temps d'échanger avec moi. La dernière rencontre date du 17 avril 2024 alors que j'étais invité à souper chez les mères Salésiennes. Je me souviens de ses gentilles conversations. Une fois, elle m'a demandé d'acquérir un dictionnaire médical pour sa nièce ou encore de la conduire à la Barrière. Autant de petits souvenirs anodins mais qui prennent aujourd'hui une ampleur significative. Va en paix jouir de la félicité éternelle auprès du Maître de l'univers. Adieu Mère Astrid. 

Condoléances mutuelles aux Soeurs Salésiennes de la Visitation et à sa famille biologique.  Kwenda na ngemba na bwala ya Ngangi ya Zulu ye ntoto. 

9 septembre 2024

Le 9 septembre, c'est ma fête patronale. La St Pierre Claver m'est toujours rappelée par des amis. Spécialement par Mme Schmitt qui a pris le soin de me féliciter la veille, au cas où la connexion internet aurait fait défaut. Cette année, deux surprises m'attendaient. L'une inconnue jusqu'a ce jour. 

"Happy Grandparents' Day", que  m'a souhaité Jennifer, une dame originaire de l'ile de Ste Lucie, dont la fille a eu récemment des triplets. J'ai ainsi appris l'existence de cette tradition. Bonne fête à tous les grands-parents biologiques et/ou spirituels. Qu'il leur soit accordé le sublime privilège de voir leurs arrieres-petits-enfants. Je pense particulièrement à Victor Hugo, à son célèbre texte intitulé "La joie d'être grand-père".  Honneur et respect aux grands-parents. 

La deuxième surprise fait partie de mes propres prédispositions à lire les événements. Ce 9 seprembre est né à Birmingham, GB, un garçonnet, fils de Marie-Louise et Nicolas Mabana. Que l'Eternel bénisse ce petit trésor qui vient combler sa famille de joie, qui se présente au monde dans des conditions particulières. Je percevais cette naissance avec certitude... et cette intuition-là me trompe rarement. C'est un don que je possède de pré-sentir des événements ou de voir mes voeux accomplis. Ce principe fonctionne toujours. Nicolas ètait surpris que je parle du 9.9: 

"[9/8, 5:08 PM] Kahiudi: Tant mieux. Est-ce que maman ML est prête pour l’accouchement demain.?

[9/8, 7:12 PM] Nicolas Mabana: C’est plutôt Mardi le 10. Sept. Ce Lundi Elle sera recue mais l’accouchement aura lieu Mardi. Le telephone etait en chambre pour le charger."

Le bébé est né le 9 septembre en totale conformité avec mes sentiments. Ça, c'est aussi moi, K C Mabana. Blessed. 

C'est aussi l'anniversaire de ma soeur Rita Kayolo à Paris. Grâces et bénédictions divines en abondance à elle. Enfin, Ibangu a suivi son tout premier cours d'allemand à BCC. Elle parait motivée et intéressée par la langue de Goethe. Courage et succès à elle. 

9 sept. 2024

Importance de l'éducation en Afrique

Mes étudiants de L1 FLA ISP Kenge ont retransmis  une vidéo intitulée: 

 "A quoi servent l'école et l'université en Afrique?" 

Bonne question. Voici ma réaction à chaud. 

A rien si elles ne résolvent pas nos problèmes. A rien si nous nous contentons de reproduire les leçons de nos maítres au lieu de réfléchir par nous-mêmes. Le collègue qui parle ainsi reste dans le schéma de l'esclave que pourtant il réfute. Que propose-t-il concrètement? L'extrait est incomplet pour y répondre. De toute façon,  l'école et l'université sont utiles, voire nécessaires à condition qu'elles soient réformées, formatées et adaptées à nos besoins naturels, spirituels, socio-économiques ou culturels. Les questions de langues font partie de cette prise de conscience à être nous-mêmes. Jusque là très peu de pays africains ont réussi leur réforme linguistique. Chacun répète ses maîtres jusqu'à ce qu'il arrive à penser par lui-même. Voilà justifiée l'importance des réflexions critiques que j'impose à la fin de mes cours. Quelle éducation pour l'Afrique? Le débat est ouvert. 

Bonne journée