30 sept. 2012

Adieu Gérard Masisi

30 septembre 2012. Je viens d'apprendre par un email de l'abbé Floribert Kiala la mort au pays de Gérard Masisi, un brillant juriste et avocat. Que son âme repose en paix! Je n'ai pas d'autres détails.
J'ai connu Gérard au petit séminaire de Kalonda où il me suivait de quelques années. On s'est revus à Bandundu en juillet 2003. Marié à ma cousine Euphrasie Lunda, il travaillait à l'époque dans la magistrature provinciale. Je me souviendrai toujours de ses blagues et de ses réflexions. Je m'unis de tout coeur aux pleurs et aux prières de sa famille restreinte et élargie pour que le Seigneur l'accueille dans Son Royaume Céleste.
Wenda mboti, m'leki! Nzambi kakusambula. 

La culture du livre et de la lecture

Issus des cultures fondamentalement orales, il n'y a aucune honte à le reconnaître, nous n'avons pas une culture du livre ni de la lecture. Nous clamons haut et fort notre oralité primordiale, notre oraliture ou notre orature, des termes forgés pour marquer notre différence viscérale. Cela a pour conséquence que notre environnement culturel primaire ne nous expose pas au livre et nous conduit pas à faire du livre un élément essentiel de notre développement intellectuel et intégral. Un cliché à connotation raciste affirme que les Noirs ne lisent pas, dans les pays où ils cohabitent avec d'autres races. De là à réduire leurs chances de réussir sur le plan scolaire et académique, et donc sur le plan de la distribution professionnelle. Ceci explique-t-il cela?
 Lisez l'enquête du Prof. José Dianzungu dia Bianiakunu:

"Pr José Dianzungu: "95% d'étudiants n'ont jamais lu un seul livre depuis leur naissance!"
Dans une mini-enquête réalisée dans quelques universités de la RDC, notamment dans les universités de Luozi, de Mbanza-Ngungu, de Kimpese, de Kinshasa (ISP Gombe, UPN, UPC), le professeur à la retraite Dianzungu dia Biniakunu José, membre du Conseil d'administration de l'Université protestante au Congo (UPC) révèle que le niveau de l'enseignement en général en RDC est catastrophique. Selon ce spécialiste en statistiques, sur 100 étudiants interrogés, seulement moins de 5% ont lu un livre entier, tandis que les 95% autres n'ont jamais lu un seul livre depuis leur naissance ! " Quand j'ai rapporté ces résultats à mes amis professeurs de Suède, du Canada, des Etats-Unis avec qui je corresponds sur le niveau de l'enseignement supérieur et universitaire, ils m'ont dit : ''N'appelez pas ces gens des étudiants ; parce que pour nous, ils ne sont même pas des écoliers.''
(Source: Propos recueillis par Kléber Kungu, 21. .09.2012: www.radiocongonet.com)

1. Quelques anecdotes pour commencer. Il y a quelques années, un intellectuel congolais retournait au pays à la fin de ses études en Belgique ou aux Etats-Unis. Il avait tellement de livres qu'il était obligé d'en porter un bon nombre comme bagage à main. Ce qui a surpris ses compagnons de voyage: "Mais cet homme, dans quel monde vit-il? Il va manger des livres ou quoi?" Ayant entendu cela, il a simplement dit: "C'est tout ce que j'ai comme richesse, rien d'autre".
2. "Mémoire ihidi" Une maison brûle. Un jeune diplomé inconsolable surprend tout le village en pleurant: "Mémoire ihidi". C'est tout ce qu'il regrettait. "C'est quoi un mémoire? Est-ce que ça se mange? Pourquoi doit-il en faire un drame?", s'enquièrent les villageois.
3. Culture de l'écrit et du livre? Nous n'en avons pas. Retournez dans votre ancienne école primaire, et demandez de voir les archives de vos propres résultats. On vous dira, fièrement et sans sourciller, qu'elles ont été pillées. Un historien m'a raconté sa déception de voir partir en fumée des documents importants sur lesquels il travaillait. C'était à la chute du régime Mobutu.
4. Ne vous étonnez surtout pas de voir des cahiers, syllabus et livres servir d'emballage pour cacahuètes, beignets ou manioc au marché du coin ou au malewa (restaurant indigène) du quartier. Résultat: le niveau intellectuel est ce qu'il est.
5. J'ai déjà parlé de notre système scolaire. Ce que note le Prof Dianzungu ne me surprend pas. Le mal se trouve déjà à la racine. Des comportements que nous avons affichons aussi bien au niveau personnel que socio-culturel ou politique, il est clair que nous n'avons jamais décollé de l'arbitraire consubstantiel à notre tradition orale. L'écrit est dérisoire malgré ses apparences. Je ne pense pas aux lois qu'on change du jour au lendemain. Je pense à l'inexistence de la lecture comme base d'enseignement. Comme nous sommes trop pauvres pour ajouter l'achat d'un livre à notre budget habituel, l'enseignement est fondé sur la répétition de ce que dit le maître. Alors les notes prises en cours suffisent. Le syllabus exigé pour remplir la poche du maître-enseignant est incontournable. Nul besoin d'enrichir son savoir de choses superflues, encore moins d'encombrer son esprit d'élucubrations cérébrales difficiles à assimiler.
6. J'ai eu le privilège d'être formé dans un petit séminaire qui imposait dans l'horaire une heure de lecture, le dimanche après la messe. Bandes dessinées, Tintin, Obélix, Sheriph Warson, et d'autres étaient disponibles pour les plus jeunes, à côté d'une abondante littérature chrétienne et profane de jeunesse. Dominique Savio comme Le petit Chose étaient lus de tous. Déjà en deuxième année du secondaire, il nous était demandé de lire et résumer un livre entier. Mr Isaac Mbemba m'avait ainsi sommé d'analyser Pêcheurs d'Islande de Pierre Loti. Lorsque près de vingt ans plus tard, j'ai relu le même livre avec plus d'outils critiques, je me suis resouvenu de beaucoup de choses. Le séminaire avait une revue, L'élan, que nous avons rebaptisée plus tard Yembe sur initiative de René Ngambele.
7. La lecture est un exercice exigeant. Elle exige du temps, de la patience, du calme et une disposition d'esprit. Etudiant de philosophie, je pouvais aisément parler de La philosophie bantoue de Tempels sans avoir jamais vu le livre. C'est des années plus tard que j'ai vu et lu le livre. J'en ai aussi connu des esprits rusés, qui estimant que les livres de Doutreloux et Bitremieux étaient incontournables pour la culture yombe, n'hésitaient pas lors des exposés oraux à attribuer à ces deux chercheurs leurs propres idées sans jamais ouvrir leurs livres. Pas le temps de lire ce qu'on sait déjà.
8. D'autre part, je suis très admiratif de voir sortir de ce même système décrié aujourd'hui des esprits brillants qui font la fierté de nos pays aussi bien en Afrique que dans les universités occidentales et orientales. Et mêmes dans les institutions internationales. L'écart entre leurs conditions de travail et les réussites qu'ils atteignent est immense. Tout est question de motivation. Des étudiants du Tiers Monde travaillent dur pour se hisser au soleil dans certains milieux universitaires. Un étudiant menacé d'expulsion à la fin de chaque année académique par les services d'immigration a intérêt à utiliser efficacement toutes les ressources livresques que l'université met à sa disposition. Et à ce niveau, la lecture est incontournable. Si nos enfants étaient mis dans les mêmes conditions de vie que les enfants de l'Occident, ils seraient, j'en suis sûr, beaucoup plus brillants et performants.
9. Dans le système anglo-saxon britanique ou américain, l'école est élitaire et sert une formation intégrale de l'homme (mens sana in corpore sano). Le prestige de l'école d'où l'on sort constitue le sous-bassement du succès. L'école pilote des influences politiques et des enjeux culturels importants. Les "alumni" de Harvard, Yale, Oxford, Stanford cotisent des millions pour que les bibliothèques et les médiathèques de leurs "almae matres" soient équipées d'instruments de travail et de recherche les plus performants. Pourquoi? Parce qu'elles sont les pointes d'iceberg d'une culture immensément livresque et fondée sur la lecture. De la maison au kindergarten, de la maternelle à l'université, le livre est l'outil élémentaire au service du savoir et de la connaissance.
10. Tout le monde est presque unanime à reconnaître que les jeunes ne savent plus écrire. Ils ne savent plus écrire parce qu'ils ne lisent pas comme la bonne vieille génération. Ils sont victimes de leur génération dot.com comme on dit. C'est une crise endogène et épistémique passagère. Par contre, je suis souvent ahuri d'entendre des sommités intellectuelles, certains journalistes, commettre sans se corriger de graves fautes de prononciation ou de syntaxe française. Certains sites de nos compatriotes regorgent de ces maladresses. La lecture est une clé importante pour le développement de la culture d'un pays, de sa littérature, de ses sciences humaines, de sa production artistique ou cinématographique comme de son intelligentsia.
11. Ce qui se passe chez nous est pareil en Afrique noire. Une réforme - ou mieux une modernisation -  de l'enseignement est absolument nécessaire. Pour que cette réforme réussisse et réponde aux attentes de la société, il faut qu'elle soit opérée de préférence par des spécialistes du domaine, pédagogues et enseignants compétents, plutôt que par les seuls politiciens. Offrir de façon égale l'accès au livre à tous les écoliers doit constituer un objectif de cette réforme.
 

29 sept. 2012

La paix en RDC, tu parles?

Claver,

Comme toujours tu te mêles des choses pour lesquelles tu es foncièrement maladroit et inapte. La politique, tu prétends qu'elle est sale, immonde, mais tu ne te gènes de t'en mêler constamment. Des hommes d'état, des diplomates et d'autres négociateurs se penchent depuis des mois sur cette affaire, et toi tu ne trouves rien d'autre à dire que "il faut une solution diplomatique mais appuyée par une solution militaire". D'où tiens-tu cette déclaration inepte? Te crois-tu plus avisé que tous ces gens pourtant bien versés dans leur domaine? Tu n'es ni politicien ni politologue, cesse alors de ridiculiser les efforts de tant d'hommes si bien motivés avec des expressions comme "blablaba".
etc...
(Email du 28.9)

"Cher ami,

1. Merci pour ton mot. J'aime ta sincerité qui frise parfois l'insulte, mais je la préfère au non-dit nébuleux de certains de mes lecteurs.
2. Tout le monde parle de politique à un moment donné ou à un autre. Seulement, tout le monde n'exprime pas forcément son opinion personnelle. Ce que je me permets. La politique a trop d'impact sur notre quotidien pour être laissée comme l'apanage des seuls praticiens. A voir le profil de politiciens chez nous comme ailleurs, on dirait que n'importe qui peut devenir politicien. Si Hollande a fait l'ENA, Mme Angela Merkel est physicienne de formation. D'autres sont militaires, commerçants, enseignants, juristes, etc. C'est un choix qu'on fait à un moment de sa vie. Le jour où je chercherai à m'enrichir à tout prix comme Crésus, j'entrerai en politique. Pour dire que ce n'est pas ma vocation. Mais j'ai du respect pour ceux qui y réussissent... mani pulite.
3. Quant à ma déclaration que tu juges inepte, je crois que la réflexion est un droit à revendiquer dans tous les domaines où s'exerce le bon sens. Ce droit-là, aucun roi ni prince ne peut me le nier. Je le prends de ma propre initiative dans le strict respect des lois qui régissent le monde.
4. Comme toute opinion, elle possède des avantages et des désavantages. Cela peut se discuter. Et je suis ouvert au débat sans forcement m'emporter contre celui qui soutient une opinion différente de la mienne. J'affirme et confirme que, quoique pensent nos acteurs politiques, la paix en RDC passe par une solution à la fois diplomatique et militaire. Les Latins soutenaient: "Qui veut la paix prépare la guerre" Cet adage vieux de plus de vingt siècles vaut même pour notre pays actuel.
5. Enfin, il ne s'agit pas d'être plus avisé ni intelligent que les acteurs politiques, mais il s'agit d'un débat. A quoi servent les conseillers ou "conseilleurs" qui sillonnent nuit et jour les couloirs des ministères et ambassades sinon à livrer aux autorités une vision judicieuse des événements? A quoi servent les services de renseignements sinon à cibler les informations d'une façon experte et efficace? Juste pour dire que les politiciens ont besoin d'études et d'opinions censées les guider dans la prise des décisions. Si ce principe tient, alors accorde-moi le droit de dire ce que je pense même si ce n'est pas forcément original. Et mes opinions touchent à tous les domaines de la vie. Je m'accorde ce droit inaliénable, en tant que littéraire et enseignant.
Pour le reste, beh... à la prochaine!

C "

28 sept. 2012

La paix en RDC, quelle est la bonne solution?

Alors que la guerre sévit à l'est de la RDC, des gens passent leur temps à discuter si la bonne solution serait militaire ou diplomatique. Il ne faudrait à mon avis pas séparer les deux solutions, elles sont liées. En fait, insister sur la diplomatie revient à manifester une faiblesse face à l'ennemi. Il y a, curieusement, un manque flagrant de nationalisme. On ne peut que négocier en position de faiblesse lorsqu'on ne dispose pas d'une armée capable de défendre l'intégrité territoriale. Curieusement, je suis très surpris par la lourdeur de l'arsenal déployé pour restreindre les velléités de grèves, de marche. Pourquoi le pays se laisse si facilement infiltrer par des insurgés soutenus par le Rwanda, l'Ouganda ou le Burundi alors même qu'il n'a qu'à former une armée dissuasive et crainte des voisins. Là est à mon avis le tendon d'Achille du pouvoir inauguré par Kabila Père. Personnellement, je m'étais déjà posé la question lors de mon passage d'avril 1998 à Kinshasa.
Nos services de sécurité et d'armée sont trop connus de nos voisins pour être vraiment efficaces. Comment voulez-vous gagner une guerre contre le Rwanda lorsqu'on sait que James Kabarere a été le maître de l'armée congolaise à une époque donnée? Il en connaît trop les secrets et peut les utiliser à dessein. J'ai peut-être tort, mais je ne crois pas que la paix dépend du dialogue avec l'envahisseur. Notre avenir a été trop compromis par des alliances très confuses et obscurantistes dont très peu de Congolais connaissent les tenants et les aboutissants.
Souvenez-vous de la façon dont les G. Bush ont justifié leurs attaques de l'Irak. Le volet diplomatique mené par l'ONU n'a vraiment jamais pesé. La solution militaire a prévalu. Ce n'est certes pas un modèle. "If you want things to be done properly, just go it alone". La détermination y était, la motivation aussi, et les moyens mis à disposition.
Bref, il faut une solution diplomatique absolument appuyée par une solution militaire. On ne peut chasser l'envahisseur armé de mitraillettes et d'armes lourdes avec des machettes ou des fusils de chasse. En tout état de cause, il faut absolument une armée disciplinée, digne et correspondante à la mesure du pays. Le reste, c'est du blablabla. Le problème de notre pays, c'est d'abord nous-mêmes, pas les Rwandais, qu'on se le dise. Respectons la terre et le sang de nos ancêtres, le reste blablabla.
 

Abbé Vincent Mulago: RIP

La mort le 23 septembre 2012 à Bukavu de Mr l'abbé Vincent Mulago laisse un vide non seulement dans le monde de la théologie et de la philosophie africaines, mais aussi dans le monde de la culture africaine. Voilà un prêtre qui a longtemps servi l'église catholique du Congo aussi bien aux facultés que dans son diocèse, un maître qui a formé de nombreux étudiants devenus plus tard ses collègues,  un homme de foi et de science dont la pensée marquera les générations futures. Son  livre pionnier Un visage africain du christianisme  demeure un classique incontournable que cet érudit pionnier de l'africanisation de l'église lègue à la postérité congolaise et africaine. Il est, à ma connaissance, le premier docteur en théologie de la RDC. Dans tous les cas un des tout premiers professeurs noirs engagés à l'université Louvanium. Tout élève congolais qui a reçu des notions de philosophie au secondaire doit avoir entendu parler de Mulago, à côté de Tempels, Kagamé, et d'autres.
J'ai eu le privilège de rencontrer l'abbé Mulago à quelques reprises. A Rome comme à Kinshasa. La dernière fois fut un peu dramatique. En 1985, accompagnant dans un minibus un groupe de visiteurs suisses vers Kikwit, il avait prévu de s'arrêter quelque temps à la procure de Kenge pour un raffraichissement, mais le service du centre interdiocésain n'a pas transmis le message à l'abbé procureur Tryphon Ilenda. Comme je me trouvais par hasard sur le lieu, on s'est débrouillé tant bien que mal.
Puisse le Seigneur lui accorder le repos éternel mérité par ce pionnier de la recherche africaine!


PS: Je viens de lire l'éloge appuyé de l'abbé Mugaruka sur le site de l'archidiocèse de Kinshasa, dans lequel je retrouve quelques expressions que j'ai utilisées spontanément. Ce qui suggère une unanimité autour de l'homme, du prêtre et de l'homme de culture qu'est l'abbé Mulago. Paix à son âme encore une fois! CM

27 sept. 2012

A propos de "LS Senghor et l'universel"

La prestigieuse revue Diogène fondée par le mythologue Roger Caillois et publiée par le conseil international de la philosophie et des sciences humaines a édité un article de moi intitulé "Léopold Sédar Senghor et la civilisation de l'universel" dans sa livraison No 235-236 de juillet-Octobre 2011. Et curieusement je lis à la fin de l'article: "Traduit de l'anglais oar Jeanne Delbaere-Garant". Surpris, je me demande ce que cette traductrice a pu bien faire sur deux textes concomittamment soumis, l'un en anglais et l'autre en français aussitôt que j'ai appris que la version finale serait en français. En effet, l'original de ce texte était présenté en français le 20 mars 2006  en réponse à une invitation de l'Alliance française de Castries, St Lucie. J'ai parcouru le texte publié et y ai remarqué quelque deux ou trois retouches auxquelles je ne me reconnais pas et ne saurais m'identifier. Bien que le texte reprenne intégralement mes idées, mes phrases et le résultat de mes recherches, j'estime que cette doublure inutile gène sensiblement mon intégrité académique.
Pour la petite histoire, c'est cette intervention qui a inspiré la tenue à Cave Hill des colloques organisés presque tous les deux ans par notre département.

25 sept. 2012

Merci à toutes et à tous pour votre soutien

Un mois après la mort de ma mère, je me sens redevable envers beaucoup de personnes chères et aimantes qui m'ont témoigné, à moi, à ma famille restreinte et étendue, de beaucoup de générosité, de bienveillance, d'amour et de sympathie. Tous les gestes posés - matériels, moraux et spirituels - sont allés droit au coeur. Que c'est merveilleux de se retrouver au coeur de tant d'amour. La mort de ma mère - paix à son âme - m'a appris beaucoup de choses. Entre autres.
1. Tout est don de Dieu. Je le répète: chaque jour passé avec ses parents doit être célébré comme une bénédiction. Je soutiens cette idée depuis des années, depuis que la mort fait partie de ma vie consciente. Mes enfants ont pu jouir d'un mois avec leur grand-mère, juste trois semaines avant sa mort. On aurait dit qu'elle a attendu de les voir pour mourir.
2. La famille est le moteur de tout. Ma famille restreinte et étendue s'est unaniment réunie autour du corps de ma mère. Comme je l'ai dit à la messe, elle a été mère, grand-mère, tante, cousine, soeur, nièce, amie de beaucoup de personnes. Toute la famille a déployé un effort considérable pour que la veillée et l'enterrement se passent décemment. A la messe, le prédicateur l'a appelée "mère des ecclésiastiques". Combien de mes ami(e)s ont été reçu(e)s par Maman, ont goûté de sa cuisine, ont dormi chez elle! Quelle grâce!
3. L'amitié est une vertu. "Un ami fidèle est un puissant soutien, qui l'a trouvé a trouvé un trésor" dit l'Ecclésiaste. Que des signes d'amitié m'ont entouré, moi et les miens, en ces jours douloureux. Jusqu'à ce jour, mes amis se soucient de moi, m'écrivent ou m'appellent juste pour demander comment je vais. Que des dons reçus à cette occasion! D'autres promettent encore d'apporter une contribution quelconque. S'il est une chose que j'admire, c'est la fidélité dans l'amitié.
4. Dire merci! Merci à vous toutes et à tous, membres de ma famille, parents, ami(e)s, connaissances et autres sympathisants pour tant de prévenance, de bonté et de gentillesse. Vos prières, vos messages de condoléances et votre présence spirituelle nous ont été d'un très grand réconfort. Au nom de mes oncles et tantes, frères et soeurs, cousins et cousines, neveux et nièces, beaux-frères et belles-soeurs, et autres proches parents, je dis merci à toutes et à tous.
Puisse le Seigneur vous combler de ses grâces et de ses bénédictions!