3 mars 2013

Autour de la logique

J'ai eu le privilège de rencontrer quelques logiciens de métier. Le Père Van Iseghem à Mayidi récitait par cœur tous les principes de la logique aristotélicienne, mais en latin. Le plus marrant de tous était le Père Joseph Bochenski à Fribourg. On racontait beaucoup d'anecdotes et d'histoires intéressantes à son sujet. Notamment qu'il aurait débarqué de sa voiture sur l'autoroute Fribourg - Zürich un étudiant à qui il a fait passer l'oral une fois l'examen terminé. Et pour cause? Il était professeur et non pas chauffeur. On le disait humoriste à vous faire pleurer de rire. Tout cela était logique, dans la tête de ce maître logicien de réputation internationale. On dit que l'érudit dominicain prétendait que la logique dépendait énormément de l'état social de l'individu qui la concevait. Ainsi en est-il de la logique du sapeur et de celle du pauvre.

La logique du sapeur



La Sape, véritable phénomène de société dans la capitale congolaise

La sape





(http://www.facebook.com/photo.php?fbid=490014741032549&set=a.194069277293765.45910.194064140627612&type=1&theater)



La logique du pauvre


(Source: http://www.facebook.com/photo.php?fbid=495510727149617&set=a.194069277293765.45910.194064140627612&type=1&theater)






28 févr. 2013

Benoît XVI à Castel Gandolfo, un moment historique


28 février 2013. Par un hasard de circonstances, j'ouvre par curiosité la TV pour voir s'il se passe quelque chose sur le pape. Voilà que je tombe sur son arrivée à Castel Gandolfo, l'hélicoptère blanc vient d'atterrir. Trois voitures noires s'approchent de l'avion. Après quelques formalités d'usage, salutations du maire et du curé du lieu, le Saint Père s'engouffre dans sa voiture Mercedes SCV 1 pour un déplacement estimé à un peu plus d'un kilomètre. Précédé d'un motard et suivi d'une escorte de quatre voitures noires, il arrive à la résidence d'été du Souverain Pontife. Dans ma tête se retracent tous les souvenirs de mes rencontres avec cet homme de Dieu depuis Munich à Rome en passant par Fulda, la ville de St Boniface où se réunit l'épiscopat allemand en assemblées plénières. Remontent à ma pensée mes propres passages par Castel Gandolfo trente ans plus tôt alors que j'étudiais à la Propagande. Me vient enfin l'idée de le photographier dès son apparition à la fenêtre, comme je le faisais avec Jean Paul II depuis ma chambre du Collegio Urbano. Ce sont, entre autres, les deux photos ci-dessus. Quelque 9 ou 10 000 fidèles - pratiquement tout Castel Gandolfo - l'accueillent, l'acclament, le remercient, l'encouragent. Echange vibrant, spontané mais dense. Benoît XVI prend tout de suite la parole.
Contrairement à son prédecesseur, il n'a pas commencé son mot par "Sia lodato Gesù Cristo", mais par "Carissimi Amici". Un discours sans papier, en italien, qui n'a pas duré trois minutes avant qu'il rentre dans ses pénates. Mais, un moment émotionnellement très chargé et intense car dans moins de deux heures, Benoît XVI achève officiellement son pontificat et laisse, de ce fait, le siège pétrinien vacant. Un moment historique!

27 févr. 2013

Benoît XVI: un saint homme

 Après un ultime salut aux cardinaux, Benoît XVI abandonnera jeudi soir ses fonctions en toute discrétion pour se mettre "en retrait du monde". Aucune cérémonie publique n'a été programmée pour cette renonciation et le pape n'a pas prévu de s'exprimer avant de céder le trône de Saint Pierre qu'il occupe depuis huit ans. /Photo prise le 27 février 2013/REUTERS/Alessandro Bianchi
(Source: Reuters, 28.2.2013)

Le Pape Benoît XVI a exercé un pontificat jalonné de douloureuses épreuves, mais est demeuré un homme discret, sensible et humble. Posant des actes courageux sans précédent, ce successeur de St Pierre a su mettre le bien de l'Eglise au-dessus de son aura personnelle. C'est un saint homme.

Claver Mabana (27 février 2013)

La presse et ses pressions sur l'Eglise

S'il est dans le monde actuel une force dont il faut se méfier, c'est bien la presse. J'entends les médias, les moyens de communication qui font du monde d'aujourd'hui un grand village: Internet, CNN, BBC, Facebook, Twitter, mais aussi les portables et autres formes d'ordinateurs, d'iphones en miniature.
Les murs du Vatican, murs du silence, ne filtrent plus rien. Or, l'Eglise dans sa tradition est fondée sur la loi du silence, la discrétion prônées comme de véritables vertus. Quel est le visage attendu de l'Eglise de la génération dot.com? Alors que les médias tiennent à ce que tout leur soit dévoilé, l'Eglise est encore le seul lieu au monde régi par le secret, l'inviolabilité du secret. Le Pape, la hiérarchie, le supérieur catholique, décide "in peto" quelles que soient les circonstances qui dictent ces décisions. 
C'était une pratique (tacitement) admise dans l'Eglise qu'un prêtre qui contrevient aux règles de ses engagements ecclésiastiques soit éloigné de son lieu immédiat, afin d'éviter de scandaliser les faibles. Ces mutations punitives ou correctives se faisaient en toute discrétion, dans un total esprit de pardon. Les missionnaires renvoyaient au bercail des jeunes trop impétueux ou susceptibles de ternir leur image. Les évêques affectaient à d'autres postes leurs agents peu idoines; certains étaient envoyés temporairement ou définitivement dans des maisons de retraite ou de recueillement. Tout cela dans le souci de garder l'unité et la prépondérance de la mission prophétique qu'elle a reçue du Christ. Voilà qu'aujourd'hui, on condamne un évêque d'avoir déplacé un prêtre pédophile au lieu de le traîner sans hésiter devant la justice civile. Le droit canon lui-même ne l'autorise pas. Certains s'en sont pris au Saint Père pour son rôle à la tête du Dicastère de la Doctrine de la Foi et ont même tenté de l'accuser. On évoque un groupe de pression, des divisions internes, des scandales financiers pour justifier l'abdication pontificale. Pourquoi tant d'insistance sur le lobby gay? L'idée de moderniser l'Eglise revient à la séculariser complètement, à changer sa nature, à n'en faire qu'une congrégation humaine. De ce point de vue, c'est toute l'ecclésiologie qui doit être revue en fonction des problèmes actuels liés "au pouvoir, à l'argent et au sexe."
L'Eglise fait face à des situations qu'elle n'a pas connues par le passé. Pas si vrai que cela. A chaque tournant de l'histoire, elle a eu à se remettre en question et à opter pour des réformes. C'est le sens de ses conciles, synodes et symposiums. Elle se trouve aujourd'hui forcée de se moderniser, de suivre les vagues qui atteignent les temps historiques. On la veut plus à l'écoute des problèmes des gens, au souci d'un temoignage plus direct et concret vis-à-vis de grands problèmes qui affectent le monde tels que la paix, la pauvreté, le changement climatique, le nucléaire... et le sécularisme. Dans tout cela, la presse presse l'Eglise de s'adapter sous peine de s'exclure du bateau qui mène le monde moderne. Par le passé, on attendait que le curé donne la consigne de vote, aujourd'hui le curé est un monsieur dont le rôle se limite dans sa concession paroissiale. La presse a pris le dessus. La presse presse sa conscience. Homme jadis réputé saint, sage et immaculé, le voilà traîné dans la boue des scandales pédophiles et homosexuels.
J'ai un peu perdu le fil de ma pensée. La presse, impitoyable, diffuse de l'anticléricalisme, du sécularisme, la haine ou le rejet de l'Eglise. A coup d'innombrables répétitions, d'interminables expositions des abus des princes de l'Eglise, elle s'impose sur l'opinion universelle et vise à affaiblir l'Eglise. Le fait que le procès contre l'Eglise et la papauté soit simplement déplacé vers des horizons temporels, au lieu de viser le spirituel, devrait rendre les catholiques plus sensibles à leur survie comme "peuple de Dieu" dans un monde désacralisé. Au lieu de céder aux pressions des temps actuels, ils doivent demeurer fidèles à leur mission sacerdotale, royale et sainte. L'Eglise étant le sacrement universel du salut, le voeu est que le prochain Pape ne soit pas celui modelé par la presse, les médias mais celui qu'auront choisi "in peto" et éclairés par l'Esprit-Saint les cardinaux électeurs.
"Credo in unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam".