30 mars 2013

Brigade spéciale d'invervention de l'ONU en RDC

Brigade spéciale d'invervention en RDC = une mise sous tutelle militaire de la RDC. Telle est ma lecture de cette décision. N'étant qu'un littéraire lecteur de scénarios, je n'y crois pas car j'y perçois un autre voile de la réalité congolaise en entérinant l'incapacité de notre armée nationale. Pour moi, ce n'est rien d'autre qu'une humiliation de plus. Pessimiste non, mais critique et réaliste. Critique, je critique tout. J'aime voir l'autre revers de la médaille, car c'est au verso que réside la vérité ou la réalité.
Nul ne défend l'ingérence dans les affaires intérieures de la RDC. Nul n'évalue le coût de ces opérations. Nul n'entrevoit ce que la population des régions concernées va subir comme exploitation, menace, viol, tuerie. Les soldats, fussent-ils de l'ONU, ne sont pas des anges, ils vont se livrer à leurs pratiques habituelles. On les connaît déjà, ceux qui viennent ne seront pas meilleurs malgré l'habilitation militaire qui leur est octroyée. Ce serait naïf que d'y croire pieds et mains liés. Il faut les juger à l'oeuvre. Un peu de réalisme quand même!
Pour moi, beau parleur et rêveur d'un Congo fort et prospère, la priorité c'est la création d'une armée républicaine capable de défendre notre pays. Cela, ce n'est pas l'étranger qui le fera à notre place. Si on peut profiter de la présence de cette brigade pour monter une "armée" forte, dissuasive et crainte de l'étranger, alors tant mieux. Autrement, ce sera l'éternel cercle vicieux. A nos gouvernants d'en profiter.
 
 

28 mars 2013

La nationalité congolaise de Terminator (GF)

"Des collègues m'ont filé une vidéo de la première comparution de Bosco Ntanganda. Il dit être né au Rwanda, mais avoir grandi au Congo (RDC). Il dit être citoyen congolais. Entretemps on apprend qu'il a rejoint le FPR pour installer Kagame au pouvoir à Kigali, qu'il a contribué au renversement de Mobutu, qu'il a travaillé avec Lumbala, le RCD, Nkunda... qu'il aurait monté le M23, etc. pour déstabiliser la RDC en y poursuivant la lutte contre les Hutu. Le flou demeure immense dans le portrait de ce personnage téléguidé par ses maîtres qui l'ont recompensé en le plaçant au four et au moulin. Qui est-il au juste? Citoyen congolais, comment, où et quand a-t-il acquis cette nationalité? Sûrement pas avant 1990, autrement, il aurait reçu un postnom sous le régime Mobutu. Quelle nationalité a-t-il eue à sa naissance? Quelle nationalité avait-il lorsqu'il était dans l'armée rwandaise? La seule chose vraie à son  sujet est qu'il est tutsi. Un Congolais de la RDC, général rd-congolais de son état, se présente au CPI, opte de s'exprimer en kinyarwanda. C'est certes sa liberté, mais pourquoi n'a-t-il pas choisi le français ou le swahili, langue vernaculaire de cette partie du pays, mais choisit une langue véhiculaire rwandaise. Il y a un grave problème d'identité. Qu'on me dise tout ce qu'on veut, pour moi, Ntanganda est un citoyen rwandais qui se présente comme congolais pour des raisons évidentes. En Suisse, des collègues journalistes partagent cet avis. Que disent les Congolais de souche?"
(...)
"Tu parles souvent, et avec raison, de la faiblesse de vos institutions. Cela explique ce genre de zig-zag. Un individu de la frontière peut avoir deux passeports sans être inquiété et les utiliser à la guise des avantages qu'il en tire. Rwandais avec les Rwandais, et Congolais avec les Congolais. Avec la différence que, pour le cas de Ntanganda, son coeur bat pour le Rwanda où il est né. Son identité tutsi dépasse les limites frontalières. La RDC lui a octroyé des privilèges qu'il n'a jamais reçus au Rwanda: un grade de général d'armée et des richesses immenses, des propriétés minières, un pouvoir militaire sur de vastes territoires et une impunité surprenante jusqu'au jour de se reddition volontaire(?) à l'ambassade des Etats-Unis à Kigali. J'ai vraiment hâte de connaître la suite et l'issue de ce procès, car il y aura sans aucun doute un déballage sans précédent."
(GF, 28 mars 2013)

Triduum Pascal 2013

Des bonnes fêtes pascales à tout le monde!
Nkinsi ya Pake ya mbote na beno yonso! Lufutumuku ya Kristu kuvanda nsemo ya ntima na beno.
C

L'école congolaise (par Darly Kambamba)

RDC : Pourquoi l’école est malade ?(LibreAfrique.org 28/03/2013) L’école congolaise est gravement malade. C’est la conclusion unanime qui se dégage des critiques qui fusent de tous bords. Avec les avancées réalisées sur le plan qualitatif et quantitatif dans les années 70, on ne pouvait s’imaginer cinquante ans plus tard des élèves s’asseoir à même le sol, des écoles sans toilettes, ou encore des diplômés du secondaire ne pas parler correctement le français. Comment expliquer cet échec de l’école en RDC ?...
(...)
En parallèle, la corruption s’est inscrite à l’école. L’assiduité et l’intelligence ne sont plus les seuls moyens de « réussite », un peu d’argent suffit pour passer dans la classe supérieure. D’ailleurs, il y sévit le phénomène dit « suivi » au niveau du secondaire : les gestionnaires d’écoles exigent des finalistes de l’argent pour motiver les inspecteurs chargés des examens d’État pour une éventuelle réussite de leurs écoles. Ces dernières délivrent des bulletins en contrepartie des cadeaux des parents d’élèves. La corruption est un indicateur probant de la pauvreté dans certaines écoles privées (et dans la plupart des écoles publique). Cette pauvreté se décline sous plusieurs facettes : les classes sont de plus en plus surpeuplées (taux de surpeuplement de classes de 39% en primaire et 24% en secondaire selon l’étude ENECO 2001), mal équipées avec des enfants assis par terre ; des enseignants sous-rémunérés et pris en charge financièrement par les parents, etc.
(...)
Il s’observe une extension du privé en RDC. On estime que 70% de l’enseignement primaire est géré par le privé (PMPTR 2006). Par rapport au régime de gestion, le privé détient le plus grand nombre des écoles, soit 72%, ce pourcentage a même augmenté par rapport à 2008, où il était à 68% (ASS 2009). Ces écoles privées comprennent le meilleur comme le pire (Kitaev 1999).
(...)
Bref, la situation de l’école congolaise est alarmante. L’enjeu est de parvenir à lui insuffler une dynamique de développement en réformant le secteur de l’éducation. L’État Congolais doit améliorer la qualité de la gouvernance ; endiguer la corruption, ce qui permettrait non-seulement de lutter contre la pauvreté par le biais d’une industrialisation mais susciterait également une saine concurrence de la part des acteurs privés de l’éducation en RDC.

Auteur : Darly Kambamba

26 mars 2013

Président par interim

En RCA, il y a désormais un président par interim. Depuis deux jours, la situation a dramatiquement changé. L'ancien président a fui au Cameroun pour sauver sa peau, le nouvel auto-proclamé se dit président par interim. En tant que littéraire, peu importent les noms des acteurs, c'est le scénario qui m'intéresse.
1. Du déjà vu. Un coup d'état avec ou sans effusion de sang. Un commandant rebelle s'installe au pouvoir ou un chef d'armée connu ou inconnu estime se donne mission d'instaurer l'ordre dans le système démocratique. L'ancien président est accusé de tous les maux: incompétence, tribalisme, mégestion, injustice, crimes arbitraires, despotisme, détournements de fonds publics, etc. C'est la volonté du peuple ou de l'ethnie persécutés par le régime déchu, qui prévaut. Ou bien, c'est la volonté de la hiérarchie militaire scandalisée par des dissensions internes dans la classe dirigeante renversée, qu'on met en exergue. Quelle que soit la raison avancée, le chef de la révolution prend le pouvoir et fabrique des motifs de changement pour un mieux-être de toute la nation. Du point de vue formel, le schéma est identique un peu partout.
2. Une période de transition. Toutes les institutions du pays (exécutives, législatives et judiciaires) sont suspendues. Armes à la main, les frontières sont fermées, le pays isolé. La population est invitée à rester calme et à attendre le salut du nouveau maître. Le maître dicte sa loi: une période transitoire. Souvent, un siège relativement court, deux ou trois ans, est dicté car tout en restant très ferme voire cruel, il faut garder un visage humain. La transition constitue en réalité le temps qu'il faut pour s'installer confortablement dans son fauteuil, museler les récalcitrants, monter son système de gouvernement et s'assurer un pouvoir à longue durée. Le mouvement rebelle se "civilise" en devenant un parti politique, car il faut  éviter tout débordement tyranique de peur de provoquer des soulèvements intempestifs.
3. Le règne de l'arbitraire. Le nouveau chef se saisit des instruments et instances officiels pour justifier les bienfaits du nouveau régime après les ténèbres dans lesquelles s'enlisait le pays. "C'est moi, la Constitution", a dit le maréchal Nnikon Nniku prince consort de Tchicaya U Tam'si. Le dictateur non révélé peaufine son profil, sa doctrine et son action politiques, en dissimulant habilement ses ambitions de devenir "président à vie". Il devient l'homme qu'il fallait, le messie annoncé par les griots ancestraux, le héros du peuple. La propagande s'en mêle, et le tout est ficelé. Les services secrets éliminent toutes les velleïtés de résistance, musèlent les bavards et assurent à l'homme fort une voie royale pour un mandat présidentiel en bonne et due forme. Entretemps se promulgue une constitution taillée sur mesure, faisant table rase de tous les anciennes dispositions devenues désormais caduques.
4. La faiblesse des institutions. Voilà le tendon d'Achille de la politique en Afrique! Aucune institution ne s'inscrit dans la durée. N'importe quel seigneur peut tout chambouler n'importe quand. A se demander si on a le sens de l'état. Symbole de l'échec du bon sens au profit de l'arme, la fragilité des institutions forme le drame de notre politique. On recommence à zéro au lieu de continuer sur ce qui a été déjà fait. On institue la mémoire courte. Du jour au lendemain, on proclame que tous les prédécesseurs n'ont rien fait, ayant plutôt pillé le pays au lieu de le construire. Le tyran qui répare une route dit qu'il l'a construite; il pourrrait même ajouter qu'il y a investi sa fortune personnelle qu'il ne serait jamais contredit. Alors tout repart de zéro. En réalité plus ça change, plus c'est la même chose. On place les siens à des postes clés, on est élu à 95% faisant du pays et de ses ressources sa propriété privée. On y est, on y reste. La communauté internationale, en dépit de vociférations qui peuvent  parfois être agressives, finit toujours par s'en accommoder, complice ou lasse de poursuivre un boycott inutile. Tout en dénonçant l'inconstitutionalité du régime, les anciennes puissances coloniales continuent à sauvegarder leurs intérêts financiers et économiques.
5. A chaque pays son sort. Observez tous les putschs advenus en Afrique sub-saharienne depuis les années 60, vous dresserez une typologie de coups d'état. Pourquoi cela n'arrive-t-il qu'en Afrique? "C'est une fatalité, mon cher. Tu n'y peux rien, nous n'y pouvons rien. Laissons le temps au temps", m'a répondu un jour un journaliste burkinabé. Soit. La République Centrafricaine en est à l'étape initiale. Vive Djotodia qui a suspendu la constitution et va légiférer par ordonnance! Qui lui a donné ce pouvoir? Autrement dit, "président auto-proclamé par interim" est une autre fatalité proprement africaine. Quand sortirons-nous de l'incertitude et stabiliserons-nous nos institutions? Pas de mon vivant, quoi qu'il en soit. Démocratie, c'est pas pour nous.

22 mars 2013

Hommage: Chinua Achebe (1930-2013)


Le 21 mars 2013 est décédé à Boston aux Etats-Unis l'écrivain nigérian Chinua Achebe, l'auteur du roman le plus célèbre de la littérature africaine moderne toutes langues confondues: Things Fall Apart (Le monde s'effondre, 1958). Romancier remarquable, homme de lettres exceptionnel, Achebe qui vient de tirer sa révérence est un monument de la culture africaine. Paix à son âme! Honneur et respect au maître de la parole!


"Chinua Achebe, le romancier de l'oralité
(p. 233-235)
Dans Things Fall Apart Achebe nous met en présence des villages auxquels il attribue un discours à la mesure de leurs usages langagiers. Soucieux de vraisemblance, il va jusqu’à transposer ce niveau de langue en anglais. G.D. Killam avait déjà observé ce phénomène: « The language of Okonkwo and the others villagers is expressed in the idiom of the villagers as Achebe transmutes it into modern English » (Killam 1969: 13).[1]Même aux enfants on apprend dès le jeune âge à peser les mots et à bien choisir les expressions en fonction des circonstances:
Children were warned not to whistle at night for the fear of evil spirits. Dangerous animals became even more sinister and uncanny in the dark. A snake was never called by its name at night, because it would hear. It was called a string. (Achebe 1973: 7)[2]
Ce contrôle rigoureux de la parole montre que les personnages vivaient dans un monde merveilleux propre aux contes et légendes. Au-delà de l’attribution d’un discours proverbial aux personnages et de l’inspiration esthétique, Achebe s’inscrit dans la tradition igbo du narratif. Non seulement le romanesque est construit sur une ambivalence philosophique propre à la narratologie igbo, le romancier anglophone insuffle des contes entiers ou des extraits de conte susceptibles d’expliquer une situation événementielle de son récit romanesque. Ainsi en est-il de la fable du moustique et de l’oreille:
“Mosquito”, she said, asked Ear to marry him, whereupon Ear fell on the floor in uncontrollable laughter. “How much longer do you think you will live?” She asked. “You are already a skeleton.” Mosquito went away humiliated, anytime he passed her way he told Ear that he was still alive. (Achebe 1973: 66)[3]
C’est le mythe étiologique qui aide à comprendre pourquoi le moustique vole toujours près de l’oreille et l’empêche de dormir.
Le conte du vendeur de chèvre justifie l’usage de la sorcellerie, pratique souvent évoquée pour expliquer certaines choses inexplicables:
There was once a man who went to sell a goat. He led it on a thick rope which he tied round his wrist. But as he walked through the market he realized that people were pointing at him as they do to a madman. He could not understand it until he looked back and saw that what he led at the end of the tether was not a goat but a heavy log of wood.
Do you think a thief can do that kind of thing single-handed?” asked Nwanko.
“No”, said Obierika. “They use medicine”. (Achebe 1973: 101)[4]
Le conte, la fable, la légende, le chant comme le proverbe, constituent la toile de fond du discours des personnages présentés dans Things Fall Apart. N’est-ce pas le lieu de reconnaître qu’il s’agit d’un roman dont l’écriture est inspirée de la poétique orale igbo? Achebe applique au roman la même transposition formelle et thématique que Senghor a appliquée à la poésie française et que Diop a reprise dans ses contes."
 (Source: KC MABANA. "Léopold S. Senghor, Birago Diop et Chinua Achebe: Maîtres de la parole" Matatu 33.  2006: 223-240)


[1] [Le langage d’Okonkwo et des autres villageois est exprimée dans l’idiome des villageois pendant qu’Achebe le transmue en anglais moderne.]
[2] [On apprenait aux enfants de ne pas siffler la nuit par crainte des esprits mauvais. Les animaux dangereux devenaient même plus sinistres et malins. Un serpent n’était jamais appelé par son nom la nuit, parce qu’il pouvait entendre. Il était appelé une corde.]
[3] [Le moustique, dit-elle, demanda à l’oreille de l’épouser. Sur ce, l’oreille tomba par terre, saisie d’un rire incontrôlable. « Combien de temps, penses-tu, te reste-t-il à vivre ? », lui demanda-t-elle. « Tu es déjà un squelette ». Le moustique s’en alla, humilié, et chaque fois qu’il passait son chemin, il disait à l’oreille qu’il était encore vivant.]
[4] [Il y avait une fois un homme qui alla vendre une chèvre. Il la lia avec une corde épaisse autour de son coude. Mais comme il marchait à travers le marché, il se rendit compte que les gens le fixaient comme ils fixent un fou. Il ne pouvait pas comprendre cela jusqu’au moment où il regarda en arrière et vit que ce qu’il portait au bout de la corde n’est pas une chèvre, mais un lourd fagot de bois.
- Penses-tu qu’un fou peut faire ce genre de choses tout seul?, demanda Nwanko.
- Non, dit Obierika. Ils se servent de fétiches.]



19 mars 2013

L'éducation et la santé

Du discours de Mr Kengo Wa Dondo, président du Sénat de la RDC, j'ai retenu entre autres ce paragraphe:

"Entretemps, la situation sociale de la population ne s'améliore guère. La pauvreté s'accentue et le pays est toujours à l'avant-dernier rang de l'indice du développement humain. Les secteurs éducatif et sanitaire n'évoluent guère."
 
1. Prise de conscience. Les autorités du pays admettent que des efforts soient consentis par leur administration dans ces domaines particuliers. La condition sociale du citoyen congolais est au plus bas. Il n'y a qu'à regarder la dégradation des conditions de vie de nos propres familles au pays. Nos frères et soeurs désoeuvrés n'ont pas de quoi mener une vie décente. Payer les frais de scolarité de leurs enfants est une gageure, les soumettant à d'interminables acrobaties financières pour totaliser les 80 ou 100 USD. Il n'y a pas de travail. Il n'y a pas de politique sociale ni d'assistance sociale aux plus démunis. Les riches se pavanent avec une arrogance indescriptible sur la place publique, poussant les pauvres à les admirer et les forçant à jauger le degré de leur misère.
2. Lutte contre la pauvreté. On ne peut lutter contre la pauvreté qu'en prioritarisant les infrastructures de base. Cela ne s'improvise pas. Il faut une organisation structurée et conséquente, contrôlée et maîtrisée. A titre d'exemple, la ville de Kinshasa est surpeuplée avec un pourcentage élevé de chomage et de délinquance. Source de misère, de crime et de rançon. Y règne visiblement la loi du plus fort. En d'autres mots, la loi de celui qui dispose des armes et autres moyens de puissance. Les Shegue, les Kuluna sont la pointe de l'immense iceberg qui mine profondément la société. Ce qui se passe à Kinshasa se vit aussi ailleurs, dans les autres villes, mais à des degrés relativement proportionnés. Comment tacler la pauvreté dans une ville où circulent des milliards, où siègent des institutions bancaires et internationales, sinon en établissant un cadre de justice sociale et humaine? Comment éradiquer la pauvreté à travers tout le pays sinon en appliquant une politique sociale élaborée sur des bases scientifiques et crédibles? La distribution des biens, usurpés par les puissants, est un problème de justice basique: elle conditionne l'épanouissement humain.
3. Développement humain. Le développement humain est inconcevable sans l'éducation. Pas de développement sans éducation. Ou comme on dit ailleurs, l'éducation est la clé du développement, ce n'est pas l'argent comme prétendent certains materialistes assoifés d'argent coulant. L'EDUCATION DOIT ETRE GRATUITE POUR TOUS LES ENFANTS DE CE PAYS. Le gouvernement doit instituer L'ECOLE OBLIGATOIRE ET GRATUITE POUR TOUS. La formation, c'est le meilleur investissement. Une population s'en sortira absolument mieux si elle est outillée intellectuellement que si elle est analphabète. Seule condition de vie ou de survie dans un monde moderne. Que le chemin de l'école soit réservé aux enfants riches dans un pays qui se construit relève d'une flagrante injustice que rien ne justifie, car même aux Etats-Unis, longtemps première puissance économique mondiale, l'éducation constitue une priorité dans la politique d'Obama. Des études concrètes doivent être menées pour que soit déterminée une politique éducative enracinée ou inculturée qui réponde aux besoins réels de notre pays. Une école congolaise pour les enfants congolais. Le programme doit être réorganisé et adapté aux réalités de notre société. Le métier d'enseignant doit être valorisé au premier plan, stimulé et encouragé car il détient l'avenir du pays entre ses mains. Des voeux pieux sans doute, mais il faut avoir le courage d'oser y croire. Il n'est pas interdit de rêver, comme j'aime souvent répéter.
4. Une anecdote. A l'époque de sa gloire, le régime Mobutu avait mis une somme importante à la disposition d'une ville du pays. Un de ses gardes de corps était chargé de réunir les notables de sa ville natale pour décider de ce qui serait fait avec l'argent. Nombreux étaient ceux qui souhaitaient la construction d'un institut d'études supérieures. Mais le garde de corps a imposé que soit bâtie une brasserie, car lui-même était riche sans avoir jamais fini l'école primaire. Le long français ne nourrit pas.  L'attrait de l'argent vite acquis forme un frein à la formation humaine,  intellectuelle et spirituelle de notre population. Le riche même voleur est admiré, l'universitaire hué ou honni. Je pourrais citer d'autres cas, mais je m'arrête là. 
5. La santé. Une catastrophe. Traversez nos villes et nos campagnes, vous vous rendrez compte de l'état d'insalubrité dans lequel vivent des millions de nos concitoyens. Je ne parle pas d'eau potable ni d'électricité, des choses résolues ailleurs mais qui demeurent chez nous des denrées réservées aux élites et aux nantis. Je parle des conditions hygiéniques, des mouches, des tsé-tsé, des vers, des parasites, des maladies bactériennes, des sanitaires nauséabonds, des chaussées, des dépots de détritus infestes. Tout cela au vu de tous. Je parle des médicaments trafiqués, des pharmacies et des pratiques médicales douteuses incontrôlées qui mettent en danger toute la population. Et des soins. Pourquoi les riches s'empressent-ils d'aller se faire soigner à l'étranger alors que nous avons des hôpitaux et des médecins qualifiés?  Certains centres de santé sont crasseux. On dirait un peuple entier décidé à se suicider mais dont la vie ne tient qu'à des cordes qui se désaxent.
6. N'osez pas demander le pourcentage du budget national consacré à l'éducation et à la santé. En réalité, c'est tout le système qui doit changer de fond en comble. Une autre mentalité de vie et de gestion de la chose publique.