29 mai 2014

Le paradoxe FN

Depuis plusieurs décennies je suis régulièrement le discours raciste et xénophobe non seulement du FN français, mais aussi d'autres partis d'extrême droite essaimés à travers l'Occident. Le discours est le même partout: le pays aux habitants, les autres n'ont qu'à retourner chez eux.
Mon premier séjour en Europe m'a rendu sensible au problème racial. Ayant vécu principalement en Italie, je considérais ce pays comme un lieu idéal de vie. Je jurais que, si j'avais à choisir, ce serait mon pays d'élection. Un ami m'a vite remis à ma place: l'Italie prospère et accueillante que tu as connue diffère complètement de l'Italie d'aujourd'hui. La crise économique, le chômage et d'autres délitements sociaux justifient cette volte-face. Le souvenir de Cécile Kyenge est encore frais dans nos esprits. Les étrangers y sont l'objet d'agressions racistes, d'humiliations et d'autres actes de violence.
Chaque fois qu'il y a une crise sociale ou économique dans un pays, on l'impute aux étrangers qui pourtant exercent les plus modestes emplois. La misère des Européens vient des réfugiés asiatiques, africains ou latino-américains qui s'emparent de leurs emplois, de leur espace, de leurs avantages, qui envahissent leurs écoles, centres de santé et infrastructures communes, qui accèdent à des droits réservés comme le chômage, les allocations de toutes sortes. Un banal accident de circulation n'a d'autre suite que d'insulter l'étranger broussard qui ne respecte jamais les règles de la route quand bien même le natif du pays aurait tort. Bref, l'étranger est assimilé au voleur, au fraudeur dans les transports publics - pas seulement Mme Royal - au violeur de mineures, au criminel de grand chemin. On le prend pour un malhonnête dans les affaires, un vil profiteur des biens du pays d'accueil. Pour lui on n'éprouve que du mépris, du dédain et du dégoût. On distinguera entre l'Arabe assassin, le Chinois imposteur, l'Africain hédémoniste et paresseux, le Noir jouisseur, l'Allemand travailleur, le Suisse horlogier, l'Américain sans culture. Des stéréotypes basés sur des critères douteux, subjectifs et obscurs, mais qui forment des impensés impulsifs d'actes, d'abus et d'attitudes xénophobes.
Le FN ou l'extrême droite, c'est la voie autorisée du racisme et de la discrimination nationale. Il soutient que les fils et les filles du pays n'ont de compte à rendre à personne dans l'espace de leur pays, que tous les non-natifs n'y ont pas de place. A force d'insister sur ce slogan gratuit, l'on finit par trouver qu'on serait mieux sans les étrangers. "Une poubelle abandonnée en pleine rue, c'est pas suisse. Propre en ordre, c'est suisse". Ainsi l'étranger du village est spontanément montré du doigt par toute la communauté communale, alors que ce n'est pas lui qui a abandonné la poubelle à la place du village. Pourquoi? Parce que l'étranger est une non-personne. "C'est le torchon dont on s'essuie le cul", a dit un fameux musicien dont je tais le nom. 
Aux approches d'importantes échéances électorales, tous les candidats deviennent populistes, tenant des propos ambigus ou dont l'ambiguïté est intentionnellement entretenue, dans le but de s'attirer le vote des mécontents au nombre desquels on compte les Lepenistes, les Vlamsblok, les droites nationalistes. Les étrangers, sujet controversé, deviennent des cibles discursives idéales pour l'acquisition du pouvoir. On s'est étonné naïvement lorsque la France Républicaine s'est réveillée avec Le Pen comme deuxième candidat à la Présidentielle. On oublie que ce monsieur disait haut ce que d'autres pensaient tout bas.
Le paradoxe FN consiste en ce que la vérité énoncée par la bouche de la majorité ne reflète pas celle des urnes. Personne n'est raciste, mais le nombre des racistes augmente presque à chaque élection. Marine Le Pen peut se frotter les mains, Yannick Noah peut se mordre le pouce, la roue tourne dans le sens de la haine, de l'intolérance raciale et sociale. On durcit les lois de l'immigration, on restreint les conditions d'octroi de visas, on complique l'acquisition de la nationalité aux enfants étrangers nés sur le territoire, on impose des restrictions sur l'accès aux soins, aux avantages sociaux, à la scolarité. Tout cela pour rappeler, à chaque tournant de l'histoire, que l'étranger n'est pas chez lui. On a même créé le mot "intégration" pour le dépouiller de ses barbaries originelles. On a ... on a... on a ainsi posé les bases pour rendre la vie difficile aux non-natifs du pays.
La montée des extrêmes droites aux élections européennes est symptomatique d'une réalité simple, vécue au quotidien: l'incertitude de l'union avec l'étranger. Autrement dit, l'échec de l'Europe angélique affichée comme prétexte pour gérer des situations sociales et économiques inconciliables. Que les riches Suédois, Allemands ou Danois se mettent au même diapason que les pauvres Espagnols, Grecs ou Portugais, rien de plus utopique. Cette Europe-là menée par le bout du nez ne satisfait personne, ni les riches ni les pauvres. Quoi qu'il prêche des antivaleurs, l'inégalité des races et des hommes, le FN a encore des beaux jours, que dis-je, des belles années devant lui.

28 mai 2014

What is a Rosary?

- Claver, tell me. What is a Rosary?
- It is a necklace with many many Hail Mary and some Our Father.
- Who told you that?
- Nobody. I don't need anybody to tell me.
- Have you ever prayed the Rosary?
- Yes, but I never finish the whole necklace. It's too long...
- Claver, you can't say that.
- Daddy, I only say the truth. Too long (...)

(Sunday, May 25, 2014)

26 mai 2014

Les expulsions du Congo-Brazzaville

"Claver,
J'ai lu avec attention tes interventions sur les expulsions des citoyens rd-congolais du Congo-Brazzaville. Monsieur le littéraire, ton texte était truffé des fautes d'orthographe et de syntaxe, que tu as pris le soin de corriger à la dernière version. Je l'explique par l'émotion ou la passion qui t'animent face à ce drame ignoble qui dépasse tout entendement. Ton analyse de la situation demeure littéraire, sans ampleur politique ni géopolitique. Ton registre est sentimental, jouant sur la communauté historique, ignorant que ces peuples aux ancêtres communs comme tu dis n'ont plus rien en commun. Sinon, tout resterait en ordre normal. Le sort commun par lequel ils sont liés, n'existe plus que dans des contes traditionnels inconciliables avec les réalités modernes. Tes recommandations aux autorités politiques ne sont rien que des voeux pieux, lettres mortes d'un novice ou d'un apprenti-sorcier qui n'y connait rien en politique. Et çe qui se passe là, c'est la Realpolitik.
Mon cher ami, nous sommes là en face d'un tournant historique majeur. Un changement radical et irréversible est en train de s'opérer, qui marquera les années à venir. Le silence des leaders surprend alors que leurs agents parlent, chacun dans le sens de la paix et de la diplomatie sans que la réalité sur le terrain ne change. Les expulsions continuent. L'ONU a élevé sa voix, deux mois après le début de cette chasse aux sorciers rd-congolais. Qu'elle ait attendu si longtemps pour dénoncer cette flagrante injustice et cette violence sans nom étonne l'opinion.
La vraie question est de savoir qui tire les ficelles de ces sordides manoeuvres ou à qui profitent ces crimes d'innocents soudain tournés en indésirables malfrats. Car sous le prétexte de punir des Kuluna (bandits), on s'en prend aussi à des paisibles personnes. Que gagne Brazzaville par cette épuration? Que perd Kinshasa impuissant devant les souffrances de ses expatriés refoulés? Quels sont les enjeux politiques de l'heure? Pourquoi ces expulsions ont-ils lieu maintenant alors que ces gens dits sans papiers ont toujours vécu là-bas? Quoiqu'il y ait eu des conflits verbaux par le passé, la haine entre les deux pays n'avait jamais atteint une telle ampleur. La xénophobie a certainement longtemps couvé dans le cœur des gens; j'ai entendu plus RD-Congolais affirmer que les Congolais d'en face nous détestent à mort. Quoi qu'il en soit, ce n'est plus le temps de jouer à la victime.
Au vu du nombre d'expulsés ou de personnes tuées ou incarcérées, il y a aussi lieu de se demander s'il n'y aurait pas un agenda caché, une connivence entre les deux régimes pour se débarrasser d'opposants ou des rebelles encombrants. N'est-ce pas contradictoire qu'on parle d'ériger incessamment un pont entre les deux villes au moment même où on durcit les lois de la traversée? Exiger un passeport avec visa à la place du laisser-passer habituel complique les rapports entre les deux pays. J'espère que les autorités se rendent compte de la gravité de leurs décisions. Au moment où l'Europe défait ses frontières, au moment où se hisse le drapeau de l'Union Africaine, ces mesures impulsives apparaissent à long terme inadaptées, inadéquates, aveugles et révolues. Des signes qui ne trompent pas puisqu'ils font montre d'une immaturité diplomatique.
La solution à ces expulsions doit être politique ou diplomatique. Des pressions internationales doivent être exercées sur la RC afin de rétablir des relations de bon voisinage. Les grandes puissances, muettes jusque-là, doivent forcer la paix par tous les moyens étant donné que les deux pays concernés ne s'en sortent pas. C'est à ce niveau que les autorités de la RDC doivent montrer l'efficacité de leur politique étrangère et leur souci de protéger leurs concitoyens." (...)
(KCM Email du 26 mai 2014)

25 mai 2014

RC-RDC ou la consécration de la haine

Les républiques du Congo et démocratique du Congo consacrent la haine au lieu d'apaiser les esprits. 130 000 ressortissants rd-congolais ont été expulsés du Congo Brazzaville dans des conditions inhumaines et indescriptibles. Motif: séjour illégal.
Dans ma première intervention à ce sujet, j'insistais sur le colonialisme occidental qui a réussi à rendre les Africains les uns ennemis des autres. La création des états modernes africains, tels que nous les connaissons aujourd'hui, a opéré des profondes divisions et mutations dans les rapports entre les Africains. Et les Africains semblent satisfaits de ces divisions tant qu'ils ont le soutien des Occidentaux. J'ai déjà insisté sur la proximité et l'appartenance aux racines communes de ces peuples situés de part et d'autre du fleuve Congo.
Qu'il y a ait plus de RD-Congolais à Brazzaville, Ouessou ou Pointe-Noire, que de R-Congolais en RDC relève de la proportion de la population. Que la RC décide d'expulser les étrangers en situation irrégulière relève de la souveraineté du pays. Le problème, c'est la manière dont se machinent ces expulsions. Et même encore, on devrait établir des lois de solidarité plutôt que de séparation. Que j'aie besoin d'un passeport et d'un visa pour traverser le fleuve est inconcevable. En prenant de telles décisions, les autorités de deux côtés ne servent pas la cause de la population, elles consacrent plutôt la division et la haine. Il sera plus facile d'aller à Paris-Bruxelles que de traverser de l'autre rive.
On ne saurait faire table rase de ce qui est arrivé. Ignorer la brutalité et l'humiliation qui ont accompagné ces rapatriements serait irresponsable. Les deux pays ayant un destin commun, il faudra qu'à l'heure où on parle de l'Union Africaine, ils s'assoient autour d'une table et négocient sereinement les enjeux de leur situation unique. Des familles entières sont détruites, séparées, condamnées à ne plus se reconstituer à la suite de tels événements. A l'allure où vont les choses, je ne serai pas étonné qu'on interdise des mariages entres les Congolais des deux rives. Quelles sont les origines des grands écrivains r-congolais Tchicaya U Tam'si, Sony Labou Tansi ou Henri Lopes? Sans parler d'autres personnages dont le réseau familial traverse le fleuve.
Je lance une interpellation aux autorités de nos deux pays. Elles ont le devoir de calmer la situation, car les deux Congo sont liés par le sort. Elles ont le devoir de trouver des solutions qui rassemblent plutôt que d'enfoncer le clou de la division et de la haine. Autrement, elles consacreront leur incapacité à réunir leurs peuples à cause d'une vile arrogance nationale mal gérée ou de combines politiques sans scrupule. Qu'au-delà des querelles intestines insensées mais inévitables entre voisins alienés par le joug colonial triomphe la sagesse de nos ancêtres communs.

Real Madrid-Atletico Madrid: quelle finale?

Je n'ai pas eu le temps d'écrire mes sentiments sur cette finale que je juge dramatique, injuste quelque part pour les Colchoneros qui ont vu la coupe s'envoler de leurs mains. Fatigués, essoufflés après tant d'efforts, les joueurs de l'Atletico ont subi la deuxième période tout en contenant les assauts du Real. C'est la loi du football: un match c'est 90 minutes, et il peut basculer à n'importe quel moment. C'est ce qui s'est fait.
La tactique défensive à outrance que l'Atletico a pratiquée à la fin du match a l'avantage de garder le score intact, mais elle a le grave défaut d'offrir plusieurs occasions aux adversaires, dont une seule peut être fatale. C'est ce qui s'est fait. D'autre part, on vous dira qu'on ne peut défendre et attaquer à la fois. Certaines équipes réussissent la contre-attaque accélérée; là, ils étaient trop fatigués pour y recourir avec succès. La ligne médiane était complètement assaillie par le Real, ce qui leur a donné beaucoup d'avantages. 
La prolongation était psychologiquement en faveur du Real, vu que l'Atletico avait misé sur une préservation du 1-0. La seule motivation n'aurait plus suffi à contenir les adversaires. Félicitations au Real pour son réalisme et sa persévérance. L'homme du match, contrairement à ce qui s'écrit, c'est Sergio Ramos. Son but de la 93e minute a non seulement abattu l'Atletico et relancé le match, mais aussi accordé la coupe au Réal. Bale, Marcelo et Ronaldo ont parachevé le reste. Le but décisif de Bale est intervenu grâce à la combattivité de De Maria. Un joueur qui a brillé de bout en bout par son engagement.
Au-delà du drame, félicitations méritées à l'Atletico et à son entraîneur pour ce beau parcours. N'oublions pas que cette équipe a éliminé Barcelone et Chelsea. Le football veut, malheureusement, qu'il y ait un vainqueur et un vaincu. Le Real l'a emporté. Et de quelle manière?

Heute vor 17 Jahren


25 Mai 1997. Heute vor 17 Jahren ist Frau Theresia Weingartner (92) in München gestorben. Ruht sie in Frieden des Ewigen Gottes. Vier Wochen zuvor war ich mit ihr zum letztenmal, um meinen Geburtstag mit ihr zu feiern. Obwohl ihr Gesundheit schon so schlimm war, war ich der Meinung ich würde sie nochmals sehen. Wir waren gemeinsam im Restaurant von Wildmoser, sie konnte ihr Bierglass nicht fertig trinken. Ich bin sicher, es ist sehr wahrscheinlich ihr letztes Bierglass  gewesen, bevor sie starb.
Liebe Maria, liebe Mutter, vielen herzlichen Dank für alles, was Du fûr mich getan hast und für Deine Anwesendheit neben mir jedesmal es möglich war. Ich bin Dein Sohn gewesen, den Du leiblich nicht gehabt hast. Alles was wir miteinander erlebt hatten bleibt unvergesslich im meinem Herzen. Viele Erinnerungen von unseren Treffen in Rom, München, Lindau, Hangnach, Fribourg, Enney, St. Gallen, Zürich, Bonfol, Basel, Genfer See,... und sogar Köln. Über dreissigmal bin ich in München gewesen. Mein Leben is so gewesen und geworden, weil es Dich gab. Dank sei dem Herrn, der uns aus Gnade nebeinander gesetzt hat. Ruhe in Frieden und hab das ewige Leben.
 

17 mai 2014

La richesse des langues

Par-delà ce discours d'un colonisé en crise d'identité et qui se trouve mal dans sa peau, il y a une richesse des langues qui est indéniable. De connaître une autre langue ouvre largement des horizons. Les missionnaires l'ont très bien compris pour asseoir les jalons de leur évangélisation. Ils se sont investis dans les langues et l'étude théorique des langues, clés pour comprendre le comportement des peuples, leurs réactions et leurs usages naturels. Ils ont ouvert des centres de langues pour s'imprégner des cultures des peuples à évangéliser. Ils ont codifié des récits oraux, écrit des dictionnaires, des manuels de grammaire et d'ethnologie. Au final, les missionnaires qui ont eu le plus de succès sont ceux qui ont maîtrisé les langues des "gentes". 
Je ne m'en prends pas au français, mais aux conditions assimilatrices dans lesquelles il m'a été enseigné au point de me vider de mes pulsions originelles. Je m'insurge contre le colonialisme linguistique qui a soumis tout un continent, des continents, à se voir à travers des paramètres européens. Je me révolte contre cet esprit aliénateur qui m'a imposé une identité d'emprunt, identité ambiguë à laquelle les propriétaires naturels du français me renient l'appartenance et l'association. J'aurais préféré parler et penser en kisuku, kikongo ou lingala, me voilà sommé d'être classé francophone sur l'échiquier des langues du monde. Pourquoi tout cela? On m'a aliéné, mais il y a plus, je n'ai pas d'armée, je n'ai pas de fusil. Car le colon ne s'est pas imposé les mains vides, il avait les armes pour assurer que sa volonté de puissance soit faite, pour s'assurer l'exploitation des richesses. J'aurais été puissamment armé que j'aurais combattu pour préserver ma langue, mes langues, de toute invasion étrangère.
Une anecdote signée un musicien tanzanien de Kanda Bongo Man. Une Britanique d'origine congolaise s'est fait contester, puis retirer la nationalité anglaise à l'aéroport d'Addis Abbeba. Et pour cause? Elle n'a pas su formuler une seule phrase en anglais devant l'agent d'immigration qui l'interrogeait sur les détails de son voyage alors qu'elle brandissait fièrement un passeport UK.
Je dirais aux jeunes: apprenez les langues, pas forcément les langues occidentales, mais aussi les langues africaines. J'ai commencé ma carrière dans un Institut des sciences asiatiques et africaines où étaient enseignés le ntwi, le haoussa, et le swahili. Je ne sais pas s'il existe en Afrique un département qui enseigne ces langues en dehors des territoires où ces langues sont parlées. Aux Africains d'élever leurs langues à un niveau national et international, d'en faire la publicité et de créer les conditions idéales pour leur diffusion. Entre le vœu et l'action il y a un affreux gouffre mental et culturel.
Connaître plus d'une langue constitue une richesse considérable, car à travers une langue s'acquièrent une culture, un mode de vie, un comportement linguistique particuliers. On devient polyglotte par l'environnement immédiat, par l'apprentissage obligé ou choisi, par un effort d'assimilation de nouveaux sons et écrits. Boulot, commerce, amour, intérêt pédantesque, pragmatisme, ouverture sur le monde, autant des raisons pour justifier l'acquisition d'une langue. Souvent, la maîtrise de la langue maternelle conditonne initiale l'apprentissage des langues inconnues ou étrangères. En d'autres mots, tout laisse croire que les bons appreneurs de langues étrangères sont au départ bons dans leurs propres langues.
Une langue est une clé, elle ouvre la porte du cœur. Oui on drague avec la langue, mais c'est plus profond. Le père allemand Wilemi Hoff SVD, Mfumu Nkulutu, s'est fait adopter et aimer à Matari-Muboso-Mahungu-Kimbau non pas parce qu'il distribuait les mpidi, kayabu ou des sardines, mais parce que, parlant le kisuku, il a été reconnu comme l'un des nôtres. Paix à son âme!
En passant, une pensée pour le Ben Overgoor SVD, mort il y a trois ans. Big Ben fut notre professeur de latin, d'anglais et d'histoire à Kalonda. Pax tecum!