29 avr. 2015

Buon compleanno Mabana

29 avril 2015. C'est ainsi qu'a été libélé le tout premier voeu que j'ai reçu de Lodovica Radaelli en ce jour d'anniversaire. Je compte une année de plus. Puis dans l'ordre un long message email de Séraphin, un email de Jean-Robert, un SMS de Rigobert, un SMS de Lucie, deux messages Facebook de Xavier et Gaby, et même un message Virgin Atlantic. La série va continuer probablement dans la journée avec quelques coups de fil.
Comme toujours, je retrace ma vie. Du Lukela à la MC Kimbau jusqu'à la cabane de Buccaneer Terrace à la Barbade. Quel parcours! Quel cheminement jonché de hauts et de bas! Je rends grâce au Seigneur pour tant des merveilles. Pendant que j'écris ces lignes, Claver Jr trace mon destin:
"When I will get older, I will be smarter than you Daddy. 
Hum?
Because you never practice on the 3DS" (Sic)
Je me tourne vers Chrystelle et lui demande: 
"What do you wish your Daddy for his birthday?
A coffeemaker"
Il est 7h18. On doit les conduire à l'école dans une dizaine de minutes. La journée s'annonce bien, ensoleillée et nuageuse.

28 avr. 2015

Le silence des gouvernants africains

28 avril 2015.
Comme pour confirmer des allégations antérieures, le gouvernement indonésien a exécuté aujourd'hui huit étrangers impliqués dans le traffic de drogues parmi lesquels quatre Nigérians et un Ghanaien. 
Selon l'activiste nigérian Femi Falami interviewé par la BBC, le gouvernement nigérian n'a à sa connaissance pratiquement rien fait pour défendre ses citoyens, il n'a exercé aucune pression sur les Indonesiens. Et même au Nigeria très peu de personnes sont informées de ces condamnations à mort.  Je ne crois pas que le gouvernement ghanaien ait mieux agi que son homologue nigerian. Tel est notre sort.
Souvenez-vous de l'effort du gouvernement pour défendre de Mr. Atlaoui arrêté lui aussi avec nos compatriotes africains, exécutés dans l'abandon total. La France au contraire a tenté de prouver que Atlaoui est innocent, ce que n'ont même pas osé les Africains. Là reside toute la différence dans la prise en charge de nos sorts par les gouvernants.
L'Australie a élevé sa voix menaçant de représailles diplomatiques l'Indonésie; ses deux ressortissants sont passés à l'arme. La Philipine a obtenu le retardement de l'exécution de Mary Jane Veloso, le temps de négocier. Les nôtres ont peut-être agi dans l'ombre, mais rien n'a filtré de leur action au grand jour. En d'autres mots, rien ou presque.

Mathématique démocratique au Burundi

L'histoire de la démocratie en Afrique est caractérisée par des violences; ce qui m'a toujours amené à penser qu'elle n'est pas faite pour l'Afrique. Les théories des politologues, juristes, philosophes et autres spécialistes, impressionnent sur papier pendant que la pratique du terrain réserve des surprises inattendues, qui remettent en question la fiabilité et la stabilité des institutions. Au Burundi, on assiste à un imbroglio dans le calcul des mandats du président Nkurunziza; et il y a déjà des morts, des déplacés, des emprisonnements, des fuites vers les pays voisins. Tout cela au nom de la démocratie.
Oui, c'est la mathématique démocratique qui est au coeur des troubles qui se passent au Burundi. Un littéraire, lorsqu'il parle de mathématique, ne sait plus de quoi il parle, car ce n'est pas son domaine. Peut-être est-ce un avantage de parler des choses qu'on ne sait pas, et de bénéficier du doute et de la foi des lecteurs. Il s'agit de la mathématique appliquée non pas au compte des votes, mais au principe même qui régit le vote. Selon qu'on est de l'opposition ou du pouvoir, le compte est différent: c'est cela qui fait problème. Les deux camps parlent de respect de la Constitution. Les deux camps ont raison, mais finalement, la raison du plus fort finira par triompher. Comment déterminer ce plus fort? Le plus fort, c'est celui qui a les manettes des institutions nationales. En démocratie, le plus fort, c'est le peuple, flatteusement appelé le souverain primaire. 
Le nerf du conflit, c'est le calcul mathématique. Mr. Nkurunzize affirme que la Constitution lui accorde le droit de se présenter une fois de plus, étant donné que la disposition de la Constitution qui stipule le suffrage universel est entrée en vigueur en 2010. L'opposition de son côté déclare que ce dernier a déjà épuisé ses deux mandats présidentiels pour avoir été élu démocratiquement par le Parlement en 2005. Les accords d'Arusha qui ont stabilisé le pays eux datent de 1999; mais l'article limitant les mandats présidentiels a été versé dans la Constitution en 2010. "C'est ici que les Romains s'empoignèrent", aurait dit feu Mgr M'Sanda. Même Constitution, interprétations différentes. Et bien entendu, chaque camp tire la couverture de son côté.
Essayant de comprendre ce bras de fer qui à la longue s'annonce meurtrier, passionné et délibérément confus, j'en viens à me demander ce qu'est devenu l'arbre à palabres légendaire et pourquoi on ne recourt plus à cette sagesse de nos ancêtres pour éviter que le sang coule abondamment. La confrontation démocratique mue par des sous-bassements ethniques et religieux verse beaucoup trop de sang un peu partout en Afrique. Cela s'est vu au Nigeria, en Lybie, en Côte d'Ivoire, en Egypte, au  en RDC, au Rwanda, au Kenya, etc. Les autorités politiques, toutes classes confondues, ont intérêt à sauver le Burundi du chaos en optant pour une solution basée sur la paix et l'entente nationales. Seul le dialogue consensuel peut apporter la paix des braves!

Joyeux anniversaire à Jean-Robert et Firmin

Ironie de la vie, je me rends compte par la magie de l'internet que les abbés Jean-Robert Mifuku et Firmin Mboma fêtent leur anniversaire le même jour. L'un et l'autre représentent des relations profondes et significatives pour moi. Mieux vaut tard que jamais, joyeux anniversaire à vous deux là où vous vous trouvez en ce moment. Que l'Eternel soit votre lumière et votre salut!

27 avr. 2015

L'émigration africaine et ses réalités

Des millliers d'Africains sont agressés aux quatre coins du monde sans qu'on n'ait jamais entendu une déclaration commune de l'UA plus préoccupée de politique et de commerce que de la vie de ses protégés. Des Africains meurent par centaines et par milliers dans des naufrages sur le passage de la Mer Méditerranée sans qu'aucune ambassade africaine en Italie ne se donne la peine de vérifier l'identité des siens. Des citoyens africains sont emprisonnés à tort ou à raison dans les geôles européennes ou américaines sans qu'aucun pays africain ne vienne à leur secours ni ne s'inquiète de leurs sorts. Nos pays semblent fléchir devant les actes de leurs contreparties occidentales. Nous sommes comme abandonnés à nous-mêmes. Le silence de nos autorités surprend scandaleusement alors qu'elles sont censées agir pour nous protéger, nous assister et nous rassurer. L'UA a le devoir de s'occuper de ses habitants et de leur bien-être. Si je me trompe peut-être, mon pourfendeur se chargera de me remettre à ma place.
Les Occidentaux par contre prennent la défense de leurs sujets. A titre d'exemple, la France mène depuis des années des actions pour que Serge Atlaoui soit épargné de la mort à laquelle il est condamné en Indonésie pour traffic de drogues. Je viens d'apprendre que le nom d'Atlaoui ne figure plus sur la liste des prochains tués. Touchez aux cheveux d'un Américain, vous aurez des agents de leur ambassade à vos trousses. Molestez un Togolais ou Malien, il ne vous arrivera rien du tout, sauf peut-être si vous les tuez. Le mal est plus profond, il réside dans une conception erronnée de l'état de droit. Notre système politique ne dispose pas d'arrangements pour ces genres de situation. Nos compatriotes sont victimes d'expulsions massives et de jugements sommaires à l'étranger sans que nos autorités expriment de déclarations officielles ni de demandes d'explications. Cette démission pousse beaucoup à opter pour l'activisme.
C. Koffi m'a appris à l'époque qu'un Ivoirien victime d'une perte de tous ses bagages et pièces d'identité dans une gare routière s'est vu refoulé comme persona non grata de son ambassade où il est allé chercher de l'assistance. "Vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-même. L'ambassade n'est pas responsable de vos inepties." Il a dû corrompre une secrétaire afin que lui soit établi un "Tenant Lieu". J'en sais aussi quelque chose, mais moi j'avais la chance de connaître quelqu'un. J'imagine qu'un compatriote congolais ou angolais dans le même cas serait maltraité de la même façon.
Au lieu de traiter nos compatriotes qui vont à la recherche d'emplois et de meilleures conditions de vie à l'étranger d'aventuriers, d'opportunistes ou de bandits de grand chemin, les pouvoirs africains devraient intégrer ce problème dans leurs préoccupations. Longtemps chemin d'opposants politiques, l'exil est devenu le refuge d'émigrés économiques. Beaucoup de nos familles tiennent au pays parce qu'elles ont un fils ou une fille à l'étranger. Et Western Union fonctionne impécablement. D'autre part, un séjour à l'étranger aide à ouvrir les yeux sur la façon de résoudre certains problèmes: "Pourquoi ne pouvons-nous pas faire ceci ou cela chez nous?... Pourquoi l'eau et l'électricité sont encore des problèmes chez nous?" On comprend même mieux l'ampleur du sous-développement dans lequel nous vivotons au pays. Car le délestage et la coupure d'eau, usuels chez nous, constituent de nettes défaillances dans la gestion des infrastructures publiques.
Le silence de nos pays est ahurissant devant ce drame qui se déroule sous les yeux du monde. Les Occidentaux se plaisent à diffuser les images des rescapées avec un sadisme déconcertant. Pour faire face à cette migration massive venant d'Afrique, l'Union Européenne se réunit sans faire référence à l'UA inexistante et inactive. Comme quoi, ce ne sont pas des partenaires crédibles. Terrorisés, tués et exterminés dans leurs propres pays, avalés par les vagues maritimes, exploités, moqués, dominés et muselés, les Africains n'ont plus qu'à s'en remettre à la clémence céleste.




25 avr. 2015

Bon anniversaire Kalongo

26 avril 2015. Très bon anniversaire à ma soeur bien-aimée Victorine Kalongo. Puisse l'Eternel lui accorder paix et joie, santé, foi et sagesse. Qu'elle accomplisse ses responsabilités d'épouse et de mère avec droiture! Que sa maison soit accueillante, bénie, et un nid de paix pour son mari et ses enfants!
Buna bwa malembi Kalongu! 
C

La pratique de la démocratie

Les pays africains sont démocratiques officiellement, en tant qu'états modernes sur papier mais pas dans la réalité. Il ne faut pas être magicien pour constater que la réalité souvent ne correspond pas à ce qui est affirmé dans les slogans et devises.
En Afrique, le pouvoir revient au régime, pas au peuple. Les institutions par lesquelles le peuple peut sanctionner le régime sont prises en ottage par le pouvoir qui les manipule pour ses propres intérêts. Quelques pays font montre d'une avancée démocratique évidente construite au cours des années d'indépendance. D'autres sont marqués par des coups d'état répétés. D'autres encore sont gérés comme des propriétés privés de quelque tyran schyzophrène et en mal d'équilibre. La personnalité du leader joue donc un très grand rôle. Mathieu Kerekou est passé de dictateur à président démocratique avant de quitter pacifiquement le pouvoir. Il se la coule douce aujourd'hui. Le Bénin est un exemple. Mais on apprend aux dernières nouvelles que l'actuel président arrivé fin de deux mandats serait tenté de modifier la Constitution de 1999, qui l'a porté pouvoir. Attendons-voir. Au Burundi, Nkurunziza ne cache pas ses ambitions pour un troisième mandat alors que la Constitution le lui interdit; ses partisans accusent toute opposition à ce projet de vouloir semer le désordre dans le pays. Aujourd'hui même au Togo,  Faure Nyassimbé en découd avec quatre candidats désunis de l'opposition dans une élection présidentielle à un seul tour. Un boulevard pour sa réélection. Au Congo-Brazzaville on parle d'un referendum pour ouvrir la possibilité de réélire le septagénaire Sassou à son poste naturel. En RDC, on a tu la modification constitutionnelle pour entamer en un temps record la division du pays en 26 provinces, en vertu de la Constitution de 2006. Nos juristes et constitutionnalistes peuvent-ils nous éclairer à ce sujet? Autant de présidents, autant de rhétoriques politiques! Les présidents a vie n'existent plus, mais rien n'empêche ceux qui règnent sur leurs républiques  tels des seigneurs féodaux d'y penser et d'oeuvrer dans cette perspective, en privilégeant leurs propres progénitures. Sekou Touré, Houphouët, Eyadema, Bongo,... sont morts dans la gloire encensante du pouvoir.
Autant de chefs, autant de rhétoriques politiques. L'attitude au sommet de l'Etat est décisive dans la marche et la pratique du leadership démocratique. Tous s'appuient sur l'armée, la police et les services de renseignements pour imposer leur volonté au peuple et faire taire l'opposition. Mon collègue kenyan m'a appris l'autre jour: "At times, they do not need to kill; they will just create a scandal such as rape, robbery or bribery to silence a loquative opponent." Hélàs, la pratique de la démocratie est souvent entachée de sang, de trop de sang d'innocents.
C'est pourquoi, j'ai toujours dit: Démocratie pas pour l'Afrique! Un peu partout existent d'éternelles tentatives de processus sans jamais vraiment atteindre l'essence démocratique. Rentrons dans nos coutumes séculaires et laissons-la aux propriétaires qui l'ont créée. Parole de littéraire.