16 nov. 2015

Paris frappé en plein coeur

Vendredi 13 novembre 2015. Des nombreux innocents, 129 au total, sont décédés à Paris à la suite de la méchanceté criminelle des hommes. Leur soirée s'est vite transformée en cauchemar et en deuil. Que leurs âmes reposent en paix! Je compatis de tout coeur à la souffrance de tous mes frères et soeurs humains impliqués de près ou de loin dans cette tragédie. Un carnage révoltant!
En lisant les réseaux sociaux, je suis scandalisé par les réactions de certaines personnes insensibles à ce drame. Certains disent que les Français méritent un tel sort, ils paient pour des crimes qu'ils commettent en Afrique, au Moyen Orient et partout dans le monde. Des Ivoiriens soutiennent que 200 personnes, c'est rien comparées aux 3000 morts que l'armée française a tués lors des combats post-électoraux de 2010. Et un Libyen de soutenir qu'ils expient les péchés commis autour du renversement et du massacre de Kadhafi. C'est une réponse aux croisades chrétiennes des temps actuels symbolisés par l'interventionisme des Occidentaux dans les pays arabes et africains, alors qu'ils croisent les bras lorsqu'Israël fusille les Palestiniens. Une confusion totale dans l'interprétation de ces abominables incidents. Etc. Je ne saurais souscrire à de telles opinions dénuées de sens, de logique et de sagesse. Rétribution divine, dixit un Rabbin. La passion qu'entraînent les injustices ou les tueries qui ont lieu dans ce monde, ne saurait nous détourner de l'amour du prochain ni de l'obligation de défendre la vie.
Je crois que ces actes et attitudes dépassent tout entendement. Un carnage déroutant qu'aucune doctrine religieuse ni idéologique ne saurait justifier. Même pas au nom de l'Islam qui, comme toute religiion, prêche l'amour du prochain. C'est des actes d'individus qui passent à l'extrêmisme, au radicalisme, à l'intolérance.
Hélas, notre monde est régi par des forces d'une extrême violence qui ne reculent devant aucun obstacle pour atteindre leurs objectifs criminels. De telles tueries, pour peu qu'elles déraillent de la vérité et du bon sens, ne se justifient ni moralement, ni éthiquement, ni politiquement, encore moins humainement. Soyons solidaires de toutes les personnes touchées par cette tragédie et offrons nos prières à l'Eternel pour qu'Il soulage nos peines, qu'il nous délivre de la peur.

15 nov. 2015

Joyeux anniversaire à trois personnes!

15 novembre. Trois personnes chères à mon coeur célèbrent leur anniversaire de naissance. Il s'agit de mon oncle paternel et ami Dieudonné Bunda, de ma cousine Adrienne Kayolo et de mon aîné et ami l'abbé Henri-Joseph Tamuzi. Papa Bunda a largement partagé mon enfance et ma vie: on se connaît très bien. On a été complices dans beaucoup de choses que très peu de gens savent à propos de notre enfance commune. Que le Seigneur lui accorde de grandir en maturité après les dures épreuves qui l'ont secoué ces depuis deux décenies et de tenir bon à l'avenir. Courage et paix du coeur. Adrienne, c'est sans commentaires. Que l'Eternel la protège et la garde dans son cheminement vital. Quant à Enrico, depuis qu'on s'est connus à Kalonda, on a contre vents et marées gardé de bonnes relations. Que le Seigneur l'accompagne dans son travail de missionnaire chez les Belges.
Enfin à tous les trois un anniversaire à la fois joyeux et béni. Union de coeur et de prières.

13 nov. 2015

Incompétence ou mauvaise volonté?

Cher Claver,
Avec ton histoire d'incompétence, tu deviens intéressant. Un des rares articles dans lesquels tu fais un effort d'objectivité et d'excellence, mais où tu pèches comme toujours par ton autocélébration. Cette ambivalence me dérange beaucoup chez toi. Là tu as touché un problème sérieux dont souffrent nos sociétés africaines. Mais à te lire, on a l'impression qu'il existe aussi ailleurs dans la mesure l'Etat n'est jamais un bon boss. Il ne paie bien que ses cadres supérieurs. Là encore, il faudrait préciser de quel état il s'agit, car certains pays se comportent mieux que d'autres dans ce domaine.
Chez nous en Afrique, les incompétents se retrouvent à tous les niveaux de l'échelle hiérarchique. A y réfléchir de plus près, j'estime qu'il y a une nette confusion entre incompétence et mauvaise volonté dans l'exécution des responsabilités. Tu l'as bien souligné, la compétence ne se définit pas par l'énormité de la tache mais par la volonté de trouver des solutions, par le désir de résoudre les problèmes qui se posent. En fait, c'est l'efficacité que dans d'autres cieux on appelle "excellence". Et dans les meilleures sociétés, un prix d'excellence est octroyé aux meilleurs agents.
Agir et vouloir agir vont de pair. Un ordre de mission est bloqué dans les tiroirs d'une secrétaire simplement parce que le coeur de cette dernière est miné par la jalousie, la rancoeur ou l'esprit de vengeance. Un travail n'est pas effectué parce que l'agent a oublié, est paresseux, sabote l'entreprise. Un tas des raisons pour paralyser l'exécution des objections de l'entreprise. Le manque de compétence se mêle aisément à une mauvaise volonté. Tout sert de prétexte pour que rien ne marche. Un ami m'a dit que le jour où il était promu à la tête de sa division, aucun de ses collègues de service ne l'a félicité. "Tout marquis veut avoir des pages," a dit Jean de La Fontaine.
Tu as raison, je suis d'accord avec toi.
  

12 nov. 2015

Helmut Schmidt (1918-2015)

Gestern habe ich über den Tod von Helmut Schmidt, 95, gehört. Möge seine Seele im Frieden ruhen.
Für mich gilt der Helmut Schmidt als der erste Bundeskanzler, den ich in Amt gekannt hatte, als ich am Goethe Institut Staufen war. Das hat schon eine besondere Bedeutung für mich, da ich damals zum ersten mal die deutsche Politik beobachtet hatte. Der Name HS ist mit anderen Namen verbunden: Hans-Dietrich Genscher, Helmut Kohl, Franz Joseph Strauss. Das waren die Namen, die ich damals viel gehört hatte. Ich erinnere mich daran, dass ich sogar eine paar Ausreden vom Kanzler H S gerne wiederholte wie "Meine Damen und Herren der Opposition". Für einen, der in seiner Heimat nie von Opposition je gehört hatte, war das ein ganz neue Sache. 1980 war ein Wahljahr, und die SPD hatte die Wahlen gewonnen. Gerne hatte ich die Propaganda im Fernseher geschaut, und die deutschen Politiker zugehört. Der Herr mit der ewigen Zigarette hat mich beeindruckt, da er immer die richtigen Antworten auf alle Fragen hatte. 
Respekt, Herr Bundeskanzler! Ruh im Frieden Gottes und Gottes Segen.
KM

Félicitations aux nouveaux promus de Kenge

Par un courriel de Dr. Makambu Mulopo lui-même promu, par le net, j'ai pris connaissance de la liste de nouveaux promus au titre de professeurs associés parmi lesquels les abbés Faustin Kwakwa, Tryphon Ilenda, Floribert Kiala, Firmin Mboma, Elvis Kininga. Un excellent avancement pour mes collègues en même temps qu'une option très sérieuse pour leur engagement au service de l'éducation supérieure et universitaire de Kenge.
J'en suis d'autant plus fier qu'il m'a fallu à moi-même sept ans d'enseignement universitaire pour accéder à ce titre de Senior Lecturer. On me dira que c'est deux systèmes d'éducation différents certes, mais le titre et les attributions y liées sont identiques. Ceci confirme ce que j'avais écrit il y a une année lors de ma promotion de professeur. J'aurais été au pays que je le serais devenu en moins de dix ans. Au travail les gars!
Tout en félicitant ces ecclésiastiques pour leur promotion méritée, je leur conseille de travailler la main dans la main, en témoins de la vérité et agents du développement intellectuel de leur terroir natal. Ce sera la première fois qu'autant de crèmes de la crème se retrouveront en permanence sur cet espace local. Que l'expérience du terrain leur soit inspiratrice et enrichissante!

L'incompétence

La vie m'a rendu sensible à l'incompétence des personnes que je rencontre dans les bureaux. Je ne prétends pas être le contraire, loin de là, car je possède beaucoup de lacunes. Par contre, je sais reconnaître le bon travail. Autour de moi, je sais sentir la capacité de quelqu'un dans l'exécution ou l'exercice de sa profession. Il y en a qui font juste leur métier, il y en a qui y ajoutent de la passion et du zèle. C'est cette dernière catégorie de personnes qui m'intéresse.
C'est à ce niveau, si vous ne l'avez pas encore compris, qu'intervient la corruption ou le pot-de-vin. L'individu chargé d'apposer sa signature pour valider un document ne signe pas s'il n'est pas assuré de ses dividendes. Le huissier chargé de déposer le document sur le bureau du patron ne bouge pas s'il n'est pas "soigné". Et le "démarcheur" a horreur que son dossier traîner inutilement. Alors il faut accélérer le processus, "motiver" l'ouvrier au travail, "soutenir" le dossier. Dans les sociétés privées, le contrôle est meilleur car l'agent est rémunéré à l'heure et gratifié en fonction de son rendement. Dans les sociétés publiques, c'est le chaos: travailler une heure de plus ou de moins ne fait pas de différence. Et même encore, qu'importe? L'Etat paie mal les fonctionnaires subalternes, cela s'entend dans tous les pays du monde. 
A l'instant même, je viens d'écrire un courriel à une institution respectable qui m'a promis un document pour une date déterminée. Il s'agissait de corriger une coquille: mon postnom. "Kahiudi" est souvent massacré simplement parce que c'est plus difficile à écrire que "Dismoiquipuedonctant". Soit. Ils l'ont transformé en "Kathudi". Voilà plus de deux semaines que j'attends que l'erreur soit corrigée. Un bon secrétaire ne se serait pas ridiculisé outre mesure: il lui aurait suffi d'effectuer la correction sur la première page sans exiger que le patron re-signe le document. Quitte à "réajuster"  plus tard les choses dans le dossier. Cette disposition aurait l'avantage de satisfaire immédiatement l'attente du client sans que le patron soit dérangé, étant donné que cela n'aurait aucune importance pour ce dernier. En outre, c'est de la courtoisie élémentaire que de transcrire correctement le nom de ses interlocuteurs.
Que de n'avoir pas répondu à mes rappels relève de la méprise et de l'incompétence! Et de tels incompétents, il y en a beaucoup. Et si par hasard, ils lisent ce blog, ils se reconnaîtront. N'en déplaise au ciel des émirats. Un compatriote africain traiterait cette attitude de discriminatoire, de raciste à la limite. Je m'arrête à l'incompétence.
Par contre, je félicite volontiers et m'enthousiasme devant toute preuve de maîtrise de son domaine, devant tout signe de bon fonctionnement. En janvier 1986, j'avais participé à un pèlerinage Anuarite à Isiro. Lors de la messe de clôture célébrée par le Cardinal Malula devant des milliers de chrétiens, j'étais impressionné par l'organisation. Comme il faisait très chaud, des points d'eau potable étaient érigés pour permettre aux fidèles de se désaltérer. Une ambulance était également prévue. Même des sanitaires. Je découvrais qu'on pouvait mieux faire. A la fin des cérémonies, je me suis frayé un chemin pour aller féliciter personnellement l'organisateur principal de l'évènement. Cela s'appelle le bon travail.


9 nov. 2015

Les séquelles du colonialisme

Samedi 7 novembre, on était invité chez Dr. G. A, un compatriote camerounais qui a tenu à nous présenter trois étudiants nigérians venus depuis peu sur l'île. La soirée était très conviviale, le dîner succulent; la conversation a tourné autour de plusieurs sujets d'intérêt commun. La politique s'est naturellement invitée dans nos échanges. On a parlé de tout ce qui nous préoccupe, nous gens de la diaspora qui percevons de loin les réalités de nos pays. A cette occasion, Ekam, un banquier camerounais qui travaille à la Barbade, a attiré mon attention sur une réalité pourtant évidente mais qui ne m'avait jamais frappé outre-mesure. Commentant la prestation de serment du nouveau président tanzanien, il a déclaré:
 "De tous les pays africains, les anciennes colonies francophones sont celles qui ont le plus de problème avec la démocratie. Regardez la Côte d'Ivoire, le Burkina, le Togo, la RDC, le Congo, le Cameroun, le Rwanda, etc. pendant que les anglophones dans leur majorité présentent une meilleure figure. En Zambie, au Nigeria, au Ghana, en Tanzanie, les présidents partent sans problèmes à la fin de leurs mandats. Le Zimbabwe et l'Ouganda constituent l'exception qui confirme la règle." Déclaration en partie vraie car les lusophones, arabophones et hispanophones ne font pas mieux. 
Je savais que les anglophones, à l'instar du Ghana, du Nigeria ou du Botswana, avançaient mieux sur le plan économique que les francophones encore minés par les ingérances françaises et les diktats de Paris. Je savais que les anglophones jouissaient d'une bien meilleure infrastructure politique et socio-culturelle que les francophones dirigés par des dictateurs à la solde de Paris. Je savais également que les anglophones sont plus libres de leur mouvement et opinion dans le giron du Commonwealth que ne le sont les francophones plus préoccupés de satisfaire la politique coloniale d'assimilation qui les assujettit encore par l'entremise de la Francophonie.  Tout cela n'était rien par rapport à l'enlisement du processus démocratique qui a lieu dans certains pays francophones prêts à transgresser les lois fondamentales pour les tailler à la mesure du pouvoir despotique qu'ils se sont forgés ou qu'ils sont en train de sculpter.
Je soutiens toujours, jusqu'à preuve du contraire, que la démocratie, n'est pas faite pour les Africains. Mais mla marche de l'histoire montre de plus en plus qu'elle est possible - en pays anglophones - en dépit des entraves liées au despotisme et aux ambitions de quelques individus vite évincés par les pesanteurs du temps. Si la volonté du peuple est respectée, la démocratie ne pourrait qu'en tirer gain de cause. Autrement, oubliez cela s'il vous plait. Au Congo, l'impunité à vie est désormais étendue à tout président exonérant the "incumbent" de toute poursuite judiciaire. Dixit la nouvelle constitution. Au Rwanda, ite misa est: Paul Kagamé peut se representer pour un troisième mandat selon les nouvelles dispositions constitutionnelles. Au Burkina, on éteint le feu du coup d'état raté, on revient au sankarisme. En RCA, le sang continue de couler entre chrétiens et musulmans. En RDC on va au diaolgue en ordres dispersés tandis que l'Opposition décrie un piège pour le "glissement" tant redouté. Au Cameroun, c'est le silence du Vieux Requin qui taille les lois. Au Gabon, laissez-le tranquille, Ali continue la dynastie paternelle Bongo. Bref les francophones continuent de patauger dans le marasme confusionniste dicté par leurs maîtres.
Le Ghana avance, le Nigeria s'est hissé au sommet économique et a dépassé l'Afrique du Sud. Que dire de la Libye, du Sud-Soudan, de la Somalie, de l'Egypte? Ces non francophones constituent apparemment des cas inclassables mais que l'on mettrait sous la coupe générale de l'Afrique.