30 nov. 2015

Adieu Jonah Lomu

Adieu Champion! Je me souviens des lancées solitaires et héroïques de Jonah Lomu en Afrique du Sud lors du Mundial de Rugby qui s'est déroulé. Je me souviens encore des signes de victoire de Nelson Mandela, acclamant son équipe. Ces deux figures légendaires se retrouvent unis dans leur dernière demeure.
J'admire l'excellence et exècre la médiocrité. Il n'avait que vingt ans lorsque le monde du sport a découvert son extraordinaire talent de rugbyman. Une rapidité époustouflante, une force musculaire et physique spectaculaire, couronnées par une chevelure rassemblée en bec de coq. C'est comme cela que j'ai vu et apprécié la légende de la Nouvelle Zélande dont je découvrais le rugby à l'époque. Très loin des fades rencontres que je voyais chez les Français! Jonah Lomu, une machine à essais et un faiseur de victoires. Inarrêtable, il était encore au sommet de son métier lorsqu'il a été frappé par la maladie. Et voilà qu'il est parti aujourd'hui ad patrem. Que la terre des ancêtres lui soit tendre. 
Adieu Champion!

C'est parti pour un autre dialogue en RDC

En RDC, c'est décidé: un dialogue a été convoqué à moins de treize mois des élections. Sans date mais avec l'objectif d'avoir des élections apaisées. Je ne suis pas politologue, mais je me pose quand même des questions. Peut-être parce que je suis ignorant des réalités du pays, peut-être parce que je vis en dehors de ce pays. Un ami prêtre dit que c'est une solution à doubles pièges. Soit on repoussera de quelques années les élections car à cette allure il ne voit pas les élections avoir lieu dans les délais constitutionnels. C'est peut-être ce que le pouvoir en place pourrait obtenir. Ou bien, il en doute, ce sera pour affiner le processus électoral, et encore une fois, en raison de crise financière, changer les modalités du scrutin. La majorité présidentielle approuve et applaudit alors que l'opposition n'y voit ques des manoeuvres astucieuses pour torpiller le processus démocratique et revenir à un pouvoir autocratique. Dans la semaine, le comité permanent des évêques catholiques a publié un document appelant à ce que le sang ne soit pas versé dans ce processus. Un ensemble de désaccords sur beaucoup de points depuis le passage de 11 à 26 provinces, la nomination des commissaires spéciaux à la tête des provinces, la mise en place de la CENI jusqu'à ce dialogue. Depuis Kabila Désir jusqu'aux mesures spéciales de grâce présidentielle annoncées. Un ensemble de flous pèse sur tous les plans: il y a des agendas si pas cachés, mais à vue. Chacun l'interprète dans son sens. Y aura-t-il élection? Y aura pas? Niente di sicuro! Politica, politica, mani pulite!

27 nov. 2015

Retour à la Barbade: 26.11.15

Depuis hier 26 novembre 2015 après-midi, je suis de retour à la Barbade. Le séjour à la Martinique a été des plus actifs et instructifs. Une conférence intéressante sur le postcolonial où il m'a été donné de suivre les présentations de quelques sommités connues du monde intellectuel. Des personnages à la fois d'une intelligence  admirable, mais d'une simplicité surprenante. Convivialité, échanges intellectuels, débats d'idées avec ce que cela comporte de dérapage et de défi, tout était au rendez-vous. 
Force m'est de reconnaître la qualité remarquable des interventions; et la présence de plusieurs spécialistes du domaine y était pour beaucoup. Un Adlai Murdoch ou une Lydie Moudileno font figure d'autorités dans le postcolonial. Michel Laronde travaille depuis plus de vingt ans sur son concept de post-contact ou des littérations des immigrations. Bref, cette conférence a rassemblé un excellent aéropage de chercheurs pluridisciplinaires (historiens, psychologues,  critiques littéraires, théoriciens, philosophes, sociologues, philologues, etc) . Chapeau aux organisateurs!
Comme il y a dix ans, la conférence s'est bien passée malgré les longues attentes, et parfois l'improvisation. Rarement les ateliers ont commencé ou fini à l'heure; une fois, on est allés jusqu'au-delà de 19 heures. Les communications faites par Skype ne m'ont pas plu, quoique cela relève d'une bonne prouesse technologique. Le 25 novembre, le programme m'indiquait comme modérateur d'un atelier au même moment où je devais faire ma présentation dans un autre atelier. Cela s'est réglé à mon insu. La communication a été depuis le début le maillon faible de la chaîne. Je conseillerais volontiers aux collègues d'améliorer ce point.
Contrairement à la conférence Images de soi organisée sur plusieurs sites de l'île, celle-ci n'a pas permis un tour de la ville ni de la Martinique. Rien n'était prévu non plus au programme. Cela pourrait s'expliquer par des coupes budgétaires habituelles dans nos universités. Le dernier après-midi, j'ai profité d'une voiture qui conduisait le collègue Lawson-Hellu au centre-ville, pour effectuer un petit tour touristique à Fort-de-France, au marché, à l'hôtel de ville, à la bibliothèque Schoelcher où Chamoiseau était censé déposer les cahiers de Marie-Sophie Laborieux, à la librairie Alexandra où on a rencontré d'autres conférenciers, au port d'où des bateaux vont vers Ste Lucie, Dominique ou Guadeloupe. Que des souvenirs également!
Retourné à l'hôtel, je suis tout de suite parti pour Hyper U acheter quelques denrées alimentaires qu'on ne trouve pas à la Barbade. Je ne vous dis pas lesquelles, mais je n'ai pas manqué de glisser une bouteille de Champagne. A l'aller comme au retour, le bus m'a pris sans que je perde une minute. Bon tempo.
Maître Jourdain du Postcolonial a passé un séjour agréable et enrichissant à la Martinique du 22 au 26 novembre 2015. Il a assené quelques coups et uppercuts à la Francophonie pour défendre son idée des francophonies périphériques. Quoiqu'il n'ait pas pu nécessairement conquérir quelques adeptes, son message a été diffusé. Le retour à la Barbade s'est passé sans histoires, en compagnie de Dr Laté Lawson-Hellu qui a pris une correspondance Air Canada pour Toronto.

25 nov. 2015

« Ecrire en situation postcoloniale : la francophonie en question»



25 novembre 2015. Aperçu de mon exposé.
Au-delà du débat théorique  et politique que soulève le concept de francophonie, il semble intéressant d’examiner cela sous un point de vue postcolonial. Quel type de rapport la francophonie entretient-elle avec le postcolonial ? Ou mieux comment concevoir la francophonie dans le contexte du postcolonial ? Pour répondre à ces questions, il importera d’abord de remonter à l’origine de ces notions et de retrouver les fondements théoriques, idéologiques et culturels qu’elles comportent. Si la francophonie relève fondamentalement de la matrice française et pose l’opposition francophone vs français comme un point d’ancrage, le postcolonial rompt avec l’unicité monolithique française et embrasse volontiers le pluralisme et la diversité. Par rapport au discours en vigueur sur la francophonie, par rapport à l’enlisement qui guette la pensée française, le discours postcolonial semble mieux indiqué pour résoudre le cercle vicieux. Et c’est ici que le débat tire sa pertinence. Détracteurs et défenseurs de la francophonie s’affrontent dans une interminable querelle de mots et d’idéologies. Dans le contexte littéraire, les écrivains non français, donc classés comme francophones, souffrent d’un complexe de marginalisation. Les activistes politiques et culturels ne voient dans la francophonie qu’une survivance post-indépendante du néo-colonialisme, qu’une dissimulation de l’impérialisme français. Selon eux, la francophonie sert plus les intérêts de la France que ceux de locuteurs qui se réclament la langue française. Et ces ambiguïtés délibérément entretenues semblent insurmontables. Dans mon livre, Ecritures en situation postcoloniales : francophonies périphériques, paru en 2013 aux Publications Universitaires Européennes, j’ai insisté sur ce malaise que soulève le fait d’écrire en français et j’ai utilisé  l’expression « francophonies périphériques » dans la suite normale de littérature-monde forgé M. Le Bris et J. Rouaud, ou de littératures-mondes dont parle Oana Panaïte, conformation à la notion de tout-monde d’Edouard Glissant.

23 nov. 2015

Début du colloque sur le postcolonial

23 novembre 2015. Je me suis réveillé de bonne heure, ai tenté d'appeler ma maison mais pour réaliser que je n'ai pas de connexion faute d'unités. J'actionne l'ordinateur, mais personne de l'autre côté n'est sur Skype ni Messenger. J'envoie quand même des messages pour m'assurer que mon message arrive à destination.
- "Vous êtes studieux; vous n'arrêtez pas d'écrire", m'interrompt Mylène Thérese Jeannot, chargée de relations publiques du colloque, qui passe dans l'amphy pendant la pause-café. 
- "Plus paresseux que moi, vous n'en avez jamais vu. Merci quand même pour le compliment.", que je lui réponds. Elle éclate d'un rire typiquement caribéen. Revenons à nos chiens, pour éviter les moutons de l'hôtel.
Je descends au restau. Qui je vois? Lydie Moudileno qui m'apprend qu'il y a une navette prévue à 8 h. Lydie, je l'ai connue à Berlin et l'ai invitée à notre colloque Antillanité, créolité, littérature-monde de 2010. Cette franco-congolaise détient une grande réputation dans le domaine des études postcoloniales africaines et caribéennes. Comme le programme ne commence pas avant 9 heures, je prends mon temps. Le buffet est complet pour tous les goûts. J'évite le gras depuis un certain temps, mais je prends quand même du lard aux omelettes. Fabienne, enseignante à Londres, qui est partie pour la navette, me dit que ce sera prêt autour de 8h30. Ce qui m'arrange parfaitement. Que non! J'arrive tard; c'est parti. Soit. J'ai encore le temps. Une dame de l'hôtel m'embarque dans une voiture des conférenciers, qui me conduit à Schoelcher. 
Je découvre dans l'amphy que la dame qui était avec moi dans la voiture s'appelle Anny Curtius. Un nom connu pour l'avoir cité dans mon livre Ecritures en situation postcoloniale. Le chauffeur c'est Michel Laronde, et le troisième homme s'appelle Adlai Murdoch. Des noms qui ne vous disent rien, mais connus des spécialistes du postcolonialisme. Que le monde est petit! Il le sera encore lorsque je revois d'autres collègues que j'avais croisés au colloque Images de soi en 2005. Après avoir été présenté à l'organisateur principal, M. Alexandre Alaric, je reconnais Rodolphe Soubiat, Patricia Donatien, Christine Raguet, Fathallah Daghmi, et d'autres. Avec Fathallah, on a une longue conversation: nous parlons de l'Afrique, et de nos réalités politiques et sociales. D'origine marocaine, il enseigne à Poitiers. Un très bel échange enrichissant et instructif pour chacun de nous.
Maintenant il est 11h19; on nous annonce que le déjeuner aure lieu dans la salle du CROUs à 12h30.

22 nov. 2015

22 novembre: Cap sur la Martinique

Il y a dix ans jour pour jour, j'étais en conférence à Fort-de-France. Et le 23 novembre 2005, j'eus l'immense honneur et plaisir de rencontrer le poète Aimé Césaire. "Quarante-cinq minutes avec Aimé Césaire" était écrit pour que le souvenir de cette rencontre ne disparaisse pas. Le texte existe en ligne et est encore accessible.
22 novembre 2015, je suis de nouveau à Fort-de-France pour une autre conférence sur la théorie postcoloniale. Arrivé relativement tôt, j'ai dû attendre jusqu'à 14 heures pour obtenir une chambre au Squash Hotel. Je me suis installé dans leur restaurant pour travailler, compléter mes notes, rédiger quelques courriels, etc. Première déception, on me met au 3e étage dans un bâtiment sans ascenseur. Je réussis quand même à obtenir une chambre au rez-de-chaussée, plus commode que la première. Après une petite promenade dans les environs, j'ai pu prendre un dîner-buffet. 
A BGI j'ai rencontré mon collègue Adrian Cashman et Daniela Santos, tous les deux en partance pour le Brésil. Spécialiste de gestion de l'eau au Cermes, Adrian est parti pour une conférence sur la protection de l'eau à Forteleza; Daniela m'a appris qu'elle quittait l'île, mettant brusquement fin à ses études doctorales. Dommage quoique prévisible! A la conférence de Schoelcher qui aura lieu du 23 au 25, il y a au moins sept chercheurs que je connais. Entre autres: Lydie Moudileno, Martin Munroe, Patricia Yssa Donatien, Rodolphe Soubiat, et mes collègues de l'UWI. A demain.

20 nov. 2015

Nge kuzola kubaka kikhokoto?

Nge kuzala kubaka kikhokoto... kikhokoti... kinkhokotu (?). Quand il a vieilli, il disait: Nge kuzola kubaka kikokota. Une performance linguistique que seul Mutekulu Kahiudi a retenue. Cette phrase fut la seule que mon noble grand-papa pouvait prononcer en kikongo. Tous ses petits-enfants, les vrais, la connaissent.
Paix et honneur Kha Kahiudi!