30 nov. 2018

52e anniversaire d'indépendance de Barbados

30 novembre 2018. La Barbade, l'île où j'ai élu domicile depuis bientôt dix-huit ans, fête aujourd'hui ses cinquante-deux ans d'indépendance. C'est le pays natal d'Ibangu et Mukawa Mabana qui sont de fait barbadiens et qui pour se rendre en RD Congo ont besoin d'un visa. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'état congolais n'autorise pas la double nationalité. Ils sont donc forcés de demeurer étrangers au pays natal de leurs parents. Ce qui rend tout effort d'intégration difficile. A eux toutefois de décider de leur sort lorsqu'ils deviendront majeurs!
Je n'oublierai jamais un dimanche de je ne suis plus quelle année où à l'église Claver Jr, alors âgé de sept ou huit ans, a exécuté l'hymne national barbadien avec enthousiasme au point d'attirer la sympathie des voisins qui le suivaient, admiratifs et fiers. Au fait, ces enfants appartiennent à cette île et bénéficient de tous les droits et privilèges de leur nation. 
Cette île, depuis que j'y suis a connu deux partis à sa tête. Le BLP (Barbados Labour Party) était aux affaires les premières années de mon séjour. Puis il y a eu alternance de dix années, donnant l'occasion au DLP (Democratic Labour Party) de gouverner jusqu'en 2018. Ce parti a été puni par les électeurs, perdant ainsi tous les sièges au Parlement. Un véritable modèle démocratique quoiqu'il y ait actuellement une crise financière sans précédent. 
Je souhaite un heureux jour d'indépendance à la Barbade. Que Dieu la bénisse et la protège!

26 nov. 2018

Repose en paix Maman Angélique Kayengo

Ce matin, je réagissais à une invitation de mon frère Ferdinand Alexandre Mundu, que je n'ai plus vu ni entendu depuis des années. L'invitation traînait depuis quelque temps et ce n'est qu'aujourd'hui que j'y ai émis mon acceptation:
- Bonjour mon frère
- Salut, ça va.... Angelique épouse de Jean Mvuabika est décédée aujourd'hui 
-Wooooo mama na Mvwabi. Woooooo ngudia mini Kayengo Matsasu... woooo mama Matsasu Kayengo. Pardon peka numéro dia Jean ya mutela. Que son âme repose en paix!

Jean Mvwabika fut le chauffeur de Mgr M'Sanda de fin 1976 à 2001. Appelez-cela une coïncidence, mais c'est des choses qui m'arrivent à moi. Je sens la main de la Providence autour de moi. Mama Angélique avait exactement les mêmes noms que ma mère Christine Matsasu Kayengo. Les fidèles lecteurs et lectrices le savent. Je n'ai jamais cherché à justifier cette coïncidence onomastique que j'attribue à nos traditions communes des Basuku ou Bayaka. Au-delà de tout cela, il y avait des vibrations cosmiques de ma mère qu'il me fallait saisir. N'oubliez pas que Miledi mia Khatu jouit d'une relation très télépathique avec sa mère biologique, laquelle relation a fonctionné je n'en doute pas.
Je m'unis de coeur et d'esprit à toute la famille pour pleurer Mama na Mvwabi, cette maman si discrète, respectueuse, sympathique et généreuse. Je l'ai bien connue; elle avait une santé très fragile. Que des fois alors que je cherchais nuitamment son mari pour qu'il prépare un voyage brusquement décidé par le patron, elle me disait: "Aza epai ya Jétro."
Wenda mboti mama Kayengo Matsasu, ngudi'ama.

24 nov. 2018

Comment dire? Une semaine cool

Une semaine marquée par beaucoup d'événements culturels et académiques intéressants. Au niveau de l'université comme de la vie. Les liens se renforcent entre notre université et l'Afrique. Fin octobre le conférencier-invité des cérémonies de promotion était Prof Ebenezer Owusu, Vice-Chancelier de l'université du Ghana. Un MOU (Memorandum Of Understanding) a été signé entre les deux universités pour un échange d'étudiants entre le Ghana et la Barbade dans le domaine des études médicales. Une collaboration qui montre clairement le haut niveau de recherches entreprises par les deux universités. 
Cette semaine, au cours de sa conférence biennale "Global Feminism and The Anti-Colonial Project", l'IGDS (Institute for Gender and Development Studies) a honoré ses pionnières: Profs Eudine Barriteau, actuelle recteur-e de Cave Hill, Patricia Mohamed et Ronda Reddock. La ministre et députée ghanaïenne Ursula Owusu-Ekuful y a été invitée à livrer la conférence publique sur le leadership féminin au Ghana, et par conséquent en Afrique. C'est la semaine de la femme à Cave Hill. Félicitations à mes collègues de Gender Studies, je pense notamment à Halimah DeShong et à Tonya Haynes, pour l'organisation de ces journées. Coïncidence ce vendredi, deux femmes de mes proches se font aussi remarquer: de ce côté de l'Atlantique Rosemary Alleyne prend congé de CBC et va à une retraite anticipée alors que de l'autre côté en RDC, Gabrielle Ilenda Kiema lance sa campagne pour un poste de députée nationale pour la ville de Kenge aux prochaines élections du 23 décembre. Félicitations à la première, et bonne chance à la seconde. 
Hier, cela faisait treize ans que j'ai rencontré l'icône de la négritude Aimé Césaire à Fort-de-France. Un moment unique dans ma vie que d'avoir touché et embrassé un des hommes les plus brillants de l'histoire culturelle. J'étais là à la bonne heure. Moment inoubliable et fabuleux pour un littéraire qui n'y croit pas jusqu'à ce jour! Paix à son âme!
By the way happy birthday to my brother Nicolas. We talked yesterday.
Hier a eu aussi lieu le CTS11 de notre département de langue, linguistique et littérature, organisé par mes collègues de Literatures in English, je n'y ai pas participé mais j'ai encouragé mes étudiants qui y ont présenté des contributions. Il était consacré à la science-fiction en littérature. Un sujet sur lequel, je dois l'avouer, je n'ai pas d'opinion. Félicitations à Richard Clarke, Nicola Hunte et Andrew Armstrong qui ont mis sur pied cet atelier.
Lundi 26 novembre, l'Afrique sera encore en honneur. L'Université des West Indies et l'Université de Johannesburg inaugure l''Institut pour les Affaires Globales Africaines: "The UWI and The University of Johannesburg Institute for Global African Affairs". .Une collaboration qui promet d'être fructueuse et bénéfique pour les deux institutions.
Enfin, le 24 novembre 1965, il y a donc 53 ans, le lieutenant-général Joseph-Désiré Mobutu prenait les rènes du pouvoir en RDC pour un règne sans partage qui dura 32 ans. L'homme de l'authenticité savait pourtant parler et haranguer les foules, défendait un nationalisme qu'il aurait prétendument ou cyniquement hérité de Lumumba, Paix à son âme. 

23 nov. 2018

Barbadian Woman retiring from CBC

Mrs. Rosemary Alleyne said: "I am retiring from Caribbean Broadcasting Corporation ... Goodbye... I enjoyed the ride."





Congolese Woman Running for MP




Maman Gabrielle Ilenda is MP Candidate for the Constituency of Kenge-City, Kwango, DRC. Official Picture.

(Re)Découvrir Tchicaya U Tam'si ce samedi 1er décembre 2018 - 19h00.

Samedi 1 décembre 2018 - 19h00.
https://www.maisondelapoesieparis.com/events/redecouvrir-tchicaya-u-tamsi-avec-boniface-mongo-mboussa/

Rencontre & Lecture

(Re)découvrir Tchicaya U Tam’si – Avec Boniface Mongo-Mboussa

(Re)découvrir Tchicaya U Tam’si
Avec Boniface Mongo-Mboussa
Lecture par Pierre Baux & Violaine Schwartz
Rencontre animée par Sophie Joubert  

Tarif: 10 € / adhérent : 5 €      

Gérald-Félix Tchicaya, connu sous le nom de Tchicaya U Tam’si, est né en 1931 à Mpili au Congo-Brazzaville. Poète, dramaturge, nouvelliste, romancier, il est l’une des voix majeures du continent africain. Admiré par toute une génération (celle de Sony Labou Tansi et Tierno Monénembo), Tchicaya U Tam’si domine la production poétique de la postnégritude, sans compter la force unique de ses romans et nouvelles. Viscéralement attaché au Congo, Tchicaya U Tam’si mêle sa souffrance et ses voluptés à celles de sa terre natale : « Ma poésie, disait-il, est comme le fleuve Congo, qui charrie autant de cadavres que de jacinthes d’eau.»
À lire – Les Œuvres complètes  (Tome 1, 2 et 3) de Tchicaya U Tam’si sont éditées chez Gallimard (préface de Boniface Mongo-Mboussa).
Armelle Stepien
Responsable des relations publiques
Tél. 01 44 54 53 10
astepien@maisondelapoesieparis.com
 
Maison de la Poésie - Paris
Passage Molière
157, rue Saint-Martin 75003 Paris

22 nov. 2018

Présentez de l'argent à quelqu'un et vous le connaîtrez 2

L'argent est un appât incontournable pour évaluer la personnalité de quelqu'un. J'ai suivi ou subi une éducation dans laquelle l'argent était plutôt méprisé, dévalorisé et vilipendé. On l'utilisait, mais on nous lavait le cerveau en nous convaincant qu'il n'était rien. La section littéraire que j'ai faite au petit séminaire valait plus que tout, et nous donnait des valeurs humaines d'après lesquelles je vis jusqu'à ce jour. Jamais j'aurais suivi la section commerciale. Inimaginable pour moi. J'étais formaté contre l'argent.
Tenez! Le 16 janvier 2018 alors que je devais attendre le bus Transco qui me mènerait de Kenge à Kinshasa, je suis parti de la procure sans prendre une somme importante d'argent que me devait le SGA de peur de rater le bus. On m'a fait suivre ladite somme à la station de bus. Lorsque j'ai raconté cette histoire à mon frère, il s'est écrié: "Tu vis décidément dans un autre monde. Moi à ta place, j'aurais annulé le voyage pour attendre mon argent. Le choix est clair." Ce n'est pas mon attitude, l'argent me sert et je ne tuerais jamais personne pour l'obtenir. Et je n'ai pas besoin de beaucoup d'argent pour vivre. J'ai l'essentiel et le strict nécessaire. C'est ça ma philosophie. 
Il est, par contre, des gens pour qui l'argent est le sommet de la vie. Prêts à tout, pourvu qu'ils obtiennent cette valeur pourrie qui ne cesse de diaboliser notre monde. 
Il y a une semaine. Mon neveu Hermann a été agressé, blessé à la machette au visage par des malfrats qui lui ont ravi son téléphone Androïde, son porte-monnaie et son sac à computer. Les bandits qui l'ont attaqué étaient dans une voiture Ketch. Un paisible citoyen se trouvant à la mauvaise heure au mauvais endroit a failli perdre sa vie pour avoir entrepris une tardive ballade nocturne. Les criminels ne cherchaient rien d'autre que l'argent, ou les valeurs qui vont avec. A toute place publique de nos mégapoles africaines se trouvent par centaines des voleurs d'argent prompts à dévaliser les baladeurs innocents non avertis ou inattentifs. Ils sont dans la foule, se mêlent à elle, ne se distinguent par aucun signe particulier du moins aux des non avertis. Ces impitoyables détrousseurs ont le visage d'un monsieur tout le monde. Pendant que j'y pense, les femmes ne volent pas à la pique, mais sont plus méthodiques, utilisant des moyens plus élaborés ou sophistiqués comme suggérés dans l'article précédent. Souvent elles appartiennent à des gangs criminels bien organisées. Une dame de Berlin m'a édifié une fois alors qu'elle déclinait un poste de trésorière-comptable de l'ambassade: "S'il vous plait, Ambassadeur, n'osez pas me confier ce poste. Je vous ferai honte, car je ne résiste jamais à l'attrait de l'argent." Tous ces cas de figures existent à tous les niveaux. Une chèvre broute à la mesure de la corde qui l'attache. Du portier au patron tout le monde vole sans honte. Une machine irréversible du vol. C'est ainsi que vous vous retrouvez avec des présidents ou des ministres milliardaires dans des pays où persistent encore la malnutrition, la maladie épidémique, la pénurie d'eau et d'électricité. Tout l'argent tiré des taxes, productions et ressources du pays atterrit, grâce à une corruption bien organisée, dans leurs poches et celles de leurs collaborateurs ou alliés financiers. Le sinistre Abacha n'en représente qu'un spécimen parmi des centaines connus et insoupçonnés. Les nombreux paradis fiscaux, les contrats léonins, les Panama Papers, illustrent ces dilapidations inconscientes des biens communs, ces détournements sans pitié qui plongent les pays dans la misère et la précarité.
Devant l'argent chacun a une attitude bien caractéristique. Tout le monde est un suspect voleur implicite ou explicite. Seul le comportement compte. Honnête, malhonnête, correct, malfrat, bandit, pauvre ou riche, rien n'est jamais sûr. Le donneur suspecte le receveur, et vice-versa. C'est pourquoi on le compte en le présentant et on le recompte après l'avoir reçu.  Ce n'est jamais dit, mais c'est la réalité. Il y a comme un pacte de silence autour de l'argent.
Dans notre pays comme dans notre continent africain, tout se paie monnaie comptant. Qui a l'argent est considéré, respecté, adulé et présenté comme un modèle de réussite. Le pauvre est un laissé pour compte; personne ne jette un regard sur lui, pis encore, personne ne le prend pour un humain. L'argent détermine la mesure de l'individu. La possession financière constitue le grade le plus élevé sur l'échelle de l'humanité. "Matin, midi, soir, hommes et femmes vont à la recherche de cette valeur rare qu'est l'argent. Et chacun rêve d'en avoir plein un jour." Les jeux de loterie montrent ce rêve entretenu par des millions de personnes. Las Vegas, Monaco, les casinos sont des destinations fabuleuses du rêve d'argent. Car tout se monnaie, tout s'achète, et tout s'estime en espèces. L'argent donne puissance et honneur, il offre des possibilités énormes du fait qu'il ouvre toutes les portes possibles. Quand on l'argent, on peut tout se permettre. D'où le désir insatiable de l'argent chez la plupart de nos compatriotes. Les migrations vers l'Eldorado occidental américain et européen concrétisent cette propension de l'homme vers l'accumulation de l'argent et des biens. D'où le désir de s'essayer en politique pour des musiciens, des artistes, des professeurs, des avocats, des comédiens, etc. récupérés par le régime en place pour se maintenir au pouvoir. Il est évident que le premier but non avoué est de s'enrichir en argent et d'accumuler le plus de biens possibles. L'attrait de l'argent ne s'arrêtera jamais, c'est une obsession universelle.