26 déc. 2018

Abbé Innocent Mwela Kipoy in memoriam

25 décembre 2018. La nouvelle est tombée. Abbé Innocent Mwela Kipoy n'est plus, décédé en Italie de suite d'une maladie qui l'a cloué au lit pendant des mois. Que son âme repose en paix!
Deux messages. Le premier sur Messenger: "Je viens d'apprendre le décès depuis 10 heures ce matin de l'abbé Innocent Mwela Kipoyi!! Il fut mon professeur de religion au Collège Saint Paul (Institut Kivuvu) en 1989, avec comme recteur Abbé Tamuzi et Abbé Nkoy Leke chargé de discipline." (Arthur Mungwasi) Et presque au même moment sur Imo: "I heard that A. Mwela has passed away. Let his soul rest in peace!" (G Ilenda).  J'ai tout de suite appelé Arthur pour partager des condoléances communes. Lui a reçu le message de l'abbé Donat Tampwo. J'ai ensuite eu Jean-Robert Mifuku avec qui nous avons échangé assez longuement, car il y avait aussi Maman, Amélie et Godé. Puis d'autres messages confirmant la mort me sont parvenus. Ce n'est que tard dans la soirée que je joindrai Séra qui n'était pas informé. 
Je vais être bref car j'ai déjà parlé de l'abbé Innocent sur ce blog. C'est à l'occasion de son ordination à Bandundu en avril 1974 que je fis sa connaissance. Le premier prêtre ordonné formé au petit séminaire de Kalonda et à l'Urbaniana de Rome, fit la fierté de ses enseignants et anciens condisciples. Après la belle célébration liturgique où les abbes Nico Berends et Barthélemy Binia firent des prouesses, une grandiose fête populaire eut lieu au bar Bolingo si ma mémoire est bonne. Que d'inoubliables souvenirs! En septembre 74 il devint notre préfet de discipline au petit séminaire de Kalonda. C'est lui qui nous fit les photos de souches pour les examens d'état. De là il partit se spécialiser en catéchèse à Lumen Vitae. A notre retour de Rome en 82, il était curé à Notre-Dame de Kenge. J'eus comme diacre et prêtre le privilège de vivre dans la même communauté que lui. Cet homme de Dieu qui soignait sa Vespa vitrée comme un bijou était exemplaire, un sage guide pour les jeunes que nous fumes. 
Une anecdote. Avril ou mai 1984. Un jour qu'il revint de Kinshasa par Sotraz, il n'y aucun moyen de transport pour l'accueillir. Pas de jeep, pas de voitures de l'évêque à la procure. Seul le camion benne Magirus était disponible, mais pas de chauffeur. Imaginez ce que j'ai fait. Eh bien, j'ai conduit la Magirus jusqu'à la Sotraz pour chercher l'abbé curé, impressionné par mon initiative et très amusé par cette solution insolite. Sur ce court trajet, nous n'avons fait que rire, rire, rire jusqu'à la procure. Il m'a demandé: "Est-ce que tu as le permis de conduire approprié?" J'ai répondu: "Bien sûr que non, et personne n'osera m'arrêter." Ca, c'est moi.
Homme humble, discret et généreux, l'abbé Mwela a combattu le grand combat et a exercé son ministère sacerdotal avec passion et fidélité. 
Je l'ai revu une dernière fois à la procure de Kenge à Limete alors qu'il se préparait pour son voyage en Italie. C'était la nuit, et je ne l'ai pas reconnu. Par contre, nous avons des contacts emails pendant son séjour en Italie. Il était très impressionné et heureux quand je l'ai félicité à l'occasion de ses quarante années de sacerdoce. J'étais parmi les peu qui y avaient pensé. Et il a lu ce blog à cette occasion. Il me reste à m'unir à la douleur de sa famille biologique, et de la communauté diocésaine de Kenge. Que le Seigneur reçoive l'âme de son humble serviteur dans son Royaume Céleste.  
"Mbuta na mono, kwenda mbote. Ngemba na nge, kuvila beto ve!"

25 déc. 2018

24 déc. 2018

La dernière semaine de 2018

L'heure du bilan et des projets d'avenir continue. 2018 a été une année de défis à plusieurs égards. Défis aussi bien sur le plan professionnel et que social. L'université des West Indies s'est montrée très flexible dans sa gestion, ouvrant des portes à des initiatives susceptibles de générer des entrées. Des collègues ont obtenu des subventions d'organismes internationaux dans le cadre de leurs recherchers médicales ou économiques. Notre département a ouvert des opportunités d'apprentissage de la langue anglaise à des étrangers pour des courts séjours à la Barbade. On s'est donc montré créatifs en termes de moyens pour contourner la crise qui frappe la région et le monde depuis des années. 
Sur le plan social et humain, nous avons perdu beaucoup de parents, amis et connaissances qui ont quitté ce monde. Paix à leur âme! Des naissances, des anniversaires mémorables, des mariages; des promotions, des fins d'études, des réussites ont eu lieu à plusieurs niveaux dans notre environnement familial et social. A signaler les visites de Mado et Emos Mosimi en fèvrier; et de l'abbé Modeste Kisambu en avril.  A signaler le mariage de Jude et Alice Muzembo en juillet auquel j'ai participé. Ibangu et Mukawa sont passés à l'école secondaire, séparés pour la première depuis Little by Little. Une belle expérience pour les deux. Nous avons aussi connu, hélas, des événements peu reluisants. Cela fait partie de la vie. 
Des retrouvailles avec Franck Mapasu, Paulin Bampoli, mes aînés Mbuya et Kalala, avec Père Sébastien Kiwonghi, et en France Noel Manzanza, Declerd Midon; et Willy Musitu en Belgique et abbé Ngiengo. En Suisse les Schola et Lukas, Shambuyi et Véronique ainsi que leurs familles. Avec Traudl Schmitt à Wurmlingen. J'ai aussi connu du beau monde. MF ma muse littéraire m'a guidé de sa sagesse légendaire. Une année pleine quoi! Dieu a fait grâce en nous gardant en vie. Que son nom soit sanctifié!
Nos esprits sont spécialement tournés vers notre pays, la RDC. Les élections sont reportées au 30 décembre. Les sentiments des gens sont partagés selon leurs voeux ou attentes. Que les citoyens de ce pays s'acquittent pacifiquement de leur droit constitutionnel sans que le sang coule. Tel est mon voeu, telle est ma prière.  Ce soir les Barbadiens Ibangu et Mukawa chanteront à la messe de Noël des enfants à 18h, avec une pensée spéciale pour le pays d'origine de leurs parents. 

19 déc. 2018

Migritude ou littérature migrante

Juste pour commenter l'article précédent tiré du site de RFI d'hier, j'ajoute que le thème de la migration a toujours été d'actualité en littérature africaine toute expression confondue. Anglophones, hispanophones, lusophones et francophones n'ont jamais cessé, à de degrés divers et dans des tons variés, de rendre compte du déplacement forcé ou libre des hommes depuis l'esclavage, depuis les guerres tribales d'occupation, depuis le temps colonial jusqu'à ce jour où l'immigration constitue un problème de la communauté internationale. 
Ainsi ces dernières années, francophonie, littérature migrante, poétiques hybrides ou diasporiques comme préfèrent l'exprimer nos collègues canadiens, sont devenus mes domaines d'intérêt. Notons en passant que le Canada est paradigmatique du phénomène migratoire. C'est sans surprise que mes enseignements et ma production fictive baignent actuellement dans ce complexe et protéiforme registre. L'ici et l'ailleurs forment une mine d'inspiration et de création de littérature pour tout exilé. Il est aussi évident que ma pièce La sorcière aux tendres bombes (ILV, 2013) qui traite du retour de Johnny Playboy à son Pokedjan natal traduit essentiellement ce désir d'interstice entre les mondes divers, rencontre entre cultures, langues et expériences individuelles et communautaires aux origines différentes ainsi que les mutations profondes qui naissent de ce melting pot. Ainsi, des thèmes comme les conflits raciaux, le féminisme, le mariage de même sexe, l'homosexualité, jadis exclus de a sphère traditionnelle s'invitent désormais au débat dans un contexte impromptu et inattendu, global ou socio-politique. 
Mouvements et déplacements des hommes reflètent l'histoire de l'humanité et ont forcément des conséquences sur l'évolution du monde, sur l'éducation ou l'insertion sociale de nouveaux venus ou arrivés. L'entrée massive d'une ethnie minoritaire dans un pays voisin cause, à s'y méprendre, de graves problèmes inattendus auxquels le pays d'accueil n'a pas été préparé, ouvrant ainsi la voie à des conflits sociaux, à des xénophobies voire des mouvements de lynchage collectif. Je n'ai pas le temps ni l'intention d'abonder dans cette direction. J'estime avoir assez exposé pour donner matière à réflexion à mes lectrices et lecteurs. Je vais conclure en soutenant sur un ton d'enseignant de littérature, qu'à la suite des migrations, la notion même de littérature change.
La sorcière aux tendres bombes dont je suis l'auteur, fait-elle partie de la littérature congolaise? Elle ne parle nulle part de mon pays d'origine. Elle appartient à la catégorie littérature migrante ou d'exil, à la migritude sans aucun doute; mais ne saurait s'intégrer dans ces seules délimitations. Afrique et Europe s'y donnent rendez-vous, suscitant des implications sociopolitiques qui traduisent le malaise social, psychologique et mental de ce début de siècle. Littérature nationale ou globale? Littérature universelle ou World Literature? Tout cela y est, mais le texte africain avec sa couleur locale reste ouvert aux mouvances de l'esprit créatif, poétique et intellectuel.

18 décembre: "Journée internationale des migrants: la migration au prisme de la fiction africaine" (RFI)

Source: 

http://www.rfi.fr/afrique/20181218-migrants-prisme-fiction-africaine-migritude-beyala-biyaoula-tchak-diom 

L’immigration est l’un des thèmes majeurs de la fiction africaine francophone. Très tôt, les auteurs africains se sont focalisés sur les enjeux sociaux et identitaires des drames des allers et retours entre leur continent et les anciennes métropoles. Ils y ont puisé quelques-uns des récits les plus mémorables de leur corpus.

Depuis L’Odyssée jusqu’à Alain Mabanckou, en passant par Ovide, Dante, Pétrarque, Kafka, Victor Hugo, Nabokov, Edward Saïd, Wole Soyinka et Nuruddin Farah, l’histoire mondiale de la littérature est tissée de récits de migrations, de transits et d’exils. C’est ce que s’est employé à rappeler un colloque qui s’est tenu en octobre dernier à l’université du Mans (France), consacré aux figures du migrant et représentations de la migration dans les arts et la littérature.
Les participants à cette rencontre sur les migrations, saisies à travers les prismes de la littérature et des arts avaient pour objectif, comme l’écrivent les organisateurs, d’examiner les modalités mises en œuvre par les écrivains pour « restaurer l’humanité des migrants et éclairer les complexités subjectives et les singularités de sujets souvent perçus de manière monolithique, en leur donnant un visage et une voix qui déconstruisent les clichés (…) ».
« Migritude »
C’est à ce travail en profondeur de la déconstruction des clichés sur la migration à l’œuvre dans les lettres africaines que fait référence la notion de « migritude » inventée par l’historien de la francophonie africaine, Jacques Chevrier. Faisant écho au thème de la négritude qui a dominé les écritures africaines à ses débuts, ce néologisme « renvoie, explique son inventeur, à la thématique de la migration dans les récits africains contemporains, mais aussi au statut d’expatriés de la plupart de leurs producteurs qui ont délaissé Dakar et Douala au profit de Paris, Caen ou Pantin ».
Il s’agit en effet d’une nouvelle étape dans l’évolution des lettres africaines francophones dont la plupart des auteurs contemporains se retrouvent à l’étranger, ayant fui les régimes dictatoriaux qui se sont installés dans leurs pays à la suite des indépendances. Tel a été le cas du Guinéen Tierno Monembo, du trio togolais Kossi Efoui, Sami Tchak, Kangni Alem, du Djiboutien Abdourahman Waberi, du Congolais Daniel Biyaoula ou de la Camerounaise Calixthe Beyala. D’autres comme Simon Njami, Blaise N’Djehoya, Yodi Karone ou Catherine Ndiaye ont élu domicile sur le sol français car leurs parents s’y trouvaient ou parce qu’ils y étaient nés.
C’est sous la plume de ces « négropolitains » qu’est née au tournant des années 1980 la littérature de la « migritude », mettant en scène les heurs et malheurs de la vie des immigrés d’Afrique noire établis en France. Ce courant avait pour modèle la littérature « beur » née de l’immigration maghrébine, historiquement antérieure à l’immigration en provenance de l’Afrique subsaharienne.
« L’homme des deux mondes »
Si le surgissement de l’immigration comme l’un des topoï majeurs de la fiction africaine peut être historiquement datée, « le va-et-vient entre l’Afrique et l’Europe a été un thème fondateur des lettres africaines », rappelle pour sa part Bernard Magnier, responsable de la collection «  Afriques » aux éditions Actes Sud, basées à Paris. Le drame de l’écartèlement entre les valeurs spirituelles incarnées par l’Afrique et les valeurs matérielles européennes se trouve, on s’en souvient, au cœur de L’Aventure ambiguë (1961) du Sénégalais Cheikh Hamidou Kane et de l’Ivoirien Bernard Dadié Un Nègre à Paris (1969), deux romans africains emblématiques de la première génération. Dans ces récits pionniers, le drame se résolvait par le retour des protagonistes au pays natal et la réinscription de ces derniers dans la tradition ancestrale.
Aujourd’hui, les enjeux ne sont plus les mêmes. Les indépendances sont passées par là, avec leurs lots de désenchantement et désillusions. Pour les écrivains de la génération de la « migritude » nés pour la plupart après la décolonisation, le retour au pays natal n’est plus une solution pertinente. Leurs personnages, comme dans Bleu, Blanc, Rouge (1998) du Congolais Alain Mabanckou ou dans Le Ventre de l’Atlantique (2003) de la Sénégalaise Fatou Diome, aspirent à partir à tout prix. Ils rêvent de faire fortune à Paris, lieu de toutes les consécrations. Quant aux auteurs, ils se définissent à la différence de leurs aînés de l’époque héroïque de la Négritude, « d’abord comme écrivain et accessoirement nègres ».
Cette dernière citation est extraite de l’essai-manifeste du romancier Abdourahman Waberi, publié dans la revue Notre Librairie (1998), sous le titre ô combien éloquent : « Les enfants de la postcolonie. Esquisse d’une nouvelle génération d’écrivains francophones d’Afrique noire. » Reprenant pour son compte la formule de Salman Rushdie qualifiant les intellectuels postcoloniaux de « bâtards internationaux nés dans un endroit et qui décident de vivre dans un autre », l’auteur de Cahier nomade(1996) et Balbala(1997) revendique pour lui-même et ses compères une identité post-nationale et diasporique.
Cette génération est aussi soucieuse de s’intégrer dans sa société d’accueil. Cela ne les empêche pas de pointer du doigt, par romans interposés, le racisme et les injustices dont ils y sont victimes. C’est ce que fait le personnage de Daniel Biyaoula dans L’Impasse (1996), l’un des ouvrages les plus marquants de la littérature de la « migritude ». Joseph Gakatula incarne le vieux motif de « l’homme des deux mondes  » : rejeté à la fois par son pays natal, en l'occurrence le Congo, et incapable de trouver ses repères au sein du milieu parisien où il évolue, il échoue dans un hôpital psychiatrique. Plus joyeux dans leur mise en scène de l’hybridité, les romans de Calixthe Beyala – la grande dame de la « migritude » - donnent à voir de l’intérieur la condition de la vie immigrée, installée à équidistance entre l’africanité et la francité.
S'il y a eu une éclipse du thème de l’immigration au cours de la décennie écoulée dans la littérature francophone subsaharienne, on est peut-être en train d’assister aujourd'hui à un retour en force de la « migritude » avec l’entrée en scène d’une nouvelle génération de romanciers : Gauz, Mohamed Mbougar Sarr, Aminata Aïdara... Les romans de ces nouveaux-venus s’inspirent de la vie des émigrés africains en France, mais aussi du drame des migrants en Sicile.
Lire la «migritude» : 7 romans incontournables
Beyala Calixthe : Le Petit prince de Belleville , Paris, Albin Michel, 1992
Biyaoula Daniel : L’Impasse, Paris, Présence Africaine, 1996
Diome Fatou : Le Ventre de l’Atlantique, Paris, Anne Carrière, 2003
Mabanckou Alain : Bleu Blanc Rouge, Paris, Présence Africaine, 2001
Ngangu Nkashama Pius : Vie et mœurs d’un primitif en Essonne 91000, Paris,
L’Harmattan
Njami Simon : African Gigolo, Paris, Seghers, 1989
Sami Tchak: Place des fêtes, Gallimard, Coll. Continents noirs, 2001

17 déc. 2018

L'avant-dernière semaine de 2018

Une année est en train de s'achever. L'heure du bilan sonne pour revoir l'année qui s'écoule et tracer des projets pour celle qui vient. Seulement voilà. Pour nous rd-congolais, nous en sommes à nous interroger sur la tenue ou non des échéances électorales qui assureront l'avenir du pays pour les cinq prochaines années à venir. La campagne électorale se fait dans un climat de chasse aux sorcières. On m'a appris hier qu'un ami candidat a été tabassé dans son fief parce qu'il défendait les couleurs du pouvoir. Je crois que la tolérance est de mise pour une démocratie. Chacun a le droit d'exprimer librement son opinion et d'afficher son appartenance politique. Que chacun ait le droit de battre campagne dans les mêmes conditions que les autres sans se laisser intimider par ceux qui ne partagent pas son programme, tel devrait être l'idéal démocratique. C'est pourquoi je défends que nous rendions le concept de démocratie aux Hellènes qui l'ont créé. Tout montre que, quoi que nous fassions, il nous demeure étranger.
Sur le plan de la vie, beaucoup de choses se sont passées, de bonnes et de moins bonnes. De positives avancées comme de frustrantes déceptions. Des événements heureux comme des malheurs. Des naissances comme dans des morts dans nos cercles familiaux, amicaux ou professionnels. Des maladies comme des guérisons. Autant des raisons pour faire pencher la tendance dans un sens ou dans un autre selon qu'on est optimiste, pessimiste ou simplement stoïque. Heureusement qu'il y a la main de Dieu dans ce qui nous arrive.
Que promet l'année 2019? On ne peut que formuler des vœux de bonheur, santé, paix, amour, progrès, et toute la panoplie de bienfaits, aspirations individuelles, familiales ou nationales. Mais tout cela ne se réalise que sous certaines conditions minimales. On n'est parfois pas loin du fond du gouffre et tout ce que l'on a bâti pendant toute sa vie peut s'écrouler comme un château de sable. Quelque chose m'a ébranlé très profondément, que je ne m'étais jamais expliqué auparavant. Des réponses vous arrivent parfois au hasard d'une conversation ou d'une rencontre. J'ai passé plusieurs jours et nuits à y penser. Vous pouvez découvrir que celui que vous preniez pour un indéfectible frère n'est qu'un exécrable traître qui vous épie, vous hait et vous détruit ailleurs, à votre insu. Mais j'ai compris: l'homme par nature cynique et méchant peut irrémédiablement briser les plans des autres. Cela s'est vu, se voit et se verra tant que l'humanité existera. Ceci est personnel, je l'ai dit à quelques proches.
Une chose est cependant certaine: il faut rester soi-même, croire en soi, quelle que soit la fureur de l'ouragan qui menace. Cap sur 2019 chacune et chacun à sa manière.

16 déc. 2018

Chrystelle au Ballet


Du 14 au 16 décembre ont eu lieu une série de trois productions de ballet. Et comment parents nous avons été invités à apprécier les talents de nos enfants/ Depuis l'âge de trois ans, Chrystelle Ibangu  pratique le ballet de façon constante. Elle est maintenant en classe grade 3. Allez-y savoir ce que cela signifie. Un travail de longue haleine, patient et rigoureux, car l'erreur ne se pardonne pas dans ce domaine et pourrait se révéler fatale. La préparation est éreintante, exigeante et méticuleuse. Quel chemin parcouru ! Quel admirable aboutissement !
Je me souviens encore des séances de premières années où je me demandais si cela valait la peine de dépenser tant d'argent pour si peu de résultats. J'estimais que le résultat tardait à se concrétiser. C'était perdre de vue que la Royal Dance Academy était dirigée par une Louise Woodvine professionnelle et talentueuse. Au final, on se réjouit aujourd'hui de beaux spectacles auxquels nos enfants participent. Il y a deux années cette académie fêtait ses 25 ans d'existence. Un spectacle commémoratif grandiose était organisé au Frank Collymore Hall à la Banque Centrale de la Barbade. En juillet dernier, le départ en vacances a dû être retardé à cause des présentations de ballet de Chrystelle. C'est une passion, une vie.
C'est beau et agréable d'assister à de telles représentations, car l'art fait partie des activités humaines les plus raffinées et les plus valorisantes. C'est beau et agréable de goûter aux plaisirs éthérés de la musique et de la danse classiques, fruits d'un travail assidu, régulier et méthodique. On n'est certes  pas au Moulin Rouge de Paris, mais fier de voir nos enfants atteindre un tel degré de perfection dans la pratique de cet art si élitaire.