29 avr. 2021

Lorsqu'on vieillit

29 avril. C'est mon anniversaire. Je ne sais pas si je dois le célébrer, car plus je pense à la vieillesse, plus je sens approcher la mort. Au fait, ce rouleau a commence à se dérouler dès le premier jour de ma vie. Dieu seul sait quand je mourrai en dépit de bons vœux que m'adressent mes amis: "Joyeux anniversaire ya Claver. Paix, bonheur et vie en abondance." (D Mabana). "Happy birthday love hope you live to see many more years." (J Bennett). "Salut cher Claver, un bon et joyeux anniversaire. Tous mes meilleurs vœux. Ad multos annos." (M Kisambu). "Zum Geburtstag: Wenn Du nicht mehr weisst, wohin Du gehen sollst, halte inne, und schau zurück, woher Du gekommen bist." (T Schmitt)". 

Lorsqu'on vieillit, on se croit sage. On revoit le chemin parcours derrière en se disant que le temps et la distance de la vie qui restent sont plus courts que le temps passé sur terre. Alors, on a peur, on est traumatisé. Alors, on est heureux de s'approcher de la mort si la vie n'est pas heureuse. Alors, on développe des défauts insoupçonnés: avarice, mauvais cœur, troisième œil, sorcellerie. Les enfants vous suivent comme un fou simplement parce que vos cheveux sont blancs ou gris. Ils ont peur de vous. Si quelqu'un meurt dans la famille étendue, tout le monde vous soupçonne d'être le sorcier criminel. Lorsqu'on vieillit, on devient inutile à la société: un consommateur improductif dont la société cherche à se débarrasser au plus vite. On développe un sale caractère, exécrable aux yeux de certains. On est inquiet, on se demande combien de temps le calvaire de la vie va encore durer si l'on est pauvre et sans sous. Pas étonnant si on tombe dans la débilité, la démence sous forme de Parkinson ou de schizophrénie. On redevient une bouche de trop, un enfant à nourrir et se mouvant à quatre pattes: le chemin est tracé si le parcours est encore long. On perd la mémoire et commence à confondre le passé, le présent: Alzheimer. Je ne me moque pas. Ce sont des pensées qui me passent par la tête. 

Lorsqu'on vieillit, aux yeux des optimistes, on commence à vivre, à goûter les finesses de la vie. On est fier d'arborer sa longue barbe blanche ou ses bigoudis sur des cheveux gris. On se moque de la jeunesse qui ne sait rien de la vie. On aime à raconter les vieilles histoires, à impressionner l'auditoire par une expérience extraordinaire de la vie. On croit avoir tout vu et vécu. On pense être la mesure de l'intelligence et de la sagesse. Moi, je regarde la vie comme elle va et vient. Je vis le présent, ne pense à rien d'autre car je ne saurai rien y changer. Dieu l'a tracée ainsi pour moi. Me voilà prêt à affronter les aléas qui restent sur mon chemin. 

Pendant que j'écris ces lignes, mes neveux Lubamba -Eliezer, Ethniel, Natan - m'ont appelé pour me chanter "Joyeux anniversaire, Lubutuku ya mbote oncle Claver." Ils souhaitent venir me visiter à la Barbade. Pourquoi pas s'il plait à Dieu? Leurs vœux me sont allés droit au cœur. Signe qu'il y a de la famille qui m'aime et me veut du bien. C'est cela beauté de la vie. Me voilà à ma place de la chaîne familiale: oncle. Claver Jr m'a appelé de la maison pour dire qu'il a oublié de me souhaiter des voeux quand je suis parti pour le travail. Madeleine m'a écrit une belle carte: "Je te souhaite un joyeux anniversaire et plein de bonheur." (Ibangu). Je vais les retrouver pour partager un morceau de gâteau. Ainsi va la vie, lorsqu'on vieillit, que dis-je, lorsqu'on prend de l'âge. La vie est belle..

28 avr. 2021

Dépendance africaine ou néocolonialisme?

1. L'Afrique est-elle vraiment vouée à dépendre des dons et de la générosité de l'étranger? J'entends par étranger toutes les puissances occidentales et orientales qui exploitent ses richesses et la rendent incapable de se prendre en charge. L'Afrique possède une histoire minée par un lourd héritage colonial: elle a subi et continue de subir sous des formes plus subtiles l'esclavage, le colonialisme, l'exploitation. Déportation de la main d'oeuvre vers les Amériques, occupation et exploitation brutales de ses terres, colonisation éhontée, réduction à l'état de pauvreté éternelle, incapacité de se défaire des liens d'exploitation, soumission aveugle à l'ordre économique mondial, aliénation mentale et infériorisation viscérale, etc. Autant des conditions d'être qui font que l'Afrique ne décollera jamais. Solution: NON à toute forme de soumission et d'exploitation imposée de l'étranger. Refuser l'aide de l'étranger, et compter sur nous-même. Utopique? Non c'est possible. Il faut d'abord y croire et passer à l'action. Incapables ou rendus incapables de nous prendre en charge, nous avons été, hélas, éduqués à attendre tout de l'étranger.

2. Le clientélisme politique ou néocolonial. Tout a été mis en place pour que l'Afrique se plie aux injonctions extérieures. Juste un exemple. Idriss Deby Itno est assassiné au Tchad; Macron y court pour enterrer un "ami" que pourtant il n'a connu ni d'Eve ni d'Adam. Rendez-vous est pris dans la foulée avec le président en exercice de l'Union Africaine, qui moins d'une semaine après se retrouve à Paris. Celui-ci va réclamer depuis Paris une transition pacifique du pouvoir au Tchad pendant que le même jour ses concitoyens meurent à l'Est et qu'une marche de sympathie en faveur de ces victimes est impitoyablement réprimée. Ces gestes que j'épingle comme par coïncidence donnent toute la mesure du clientélisme politique et du néocolonialisme. Tout est soumis au diktat de Paris, et tous obéissent à l'hégémonie impérialiste de l'ancienne puissance coloniale. Tel est le soubassement des transactions politiques autour du Tchad. Pourquoi les Africains ne peuvent-ils régler leurs problèmes par eux-mêmes? Pourquoi a contrario, comme j'aime à le souligner, les Africains n'interviennent-ils pas dans les problèmes internes de la France? Nous Africains recourons pour tout à nos (anciens) maîtres à qui nous permettons de s'ingérer dans nos affaires, ignorants que ces puissances ne servent que leurs propres intérêts. Sans plus.   

3. L'exil économique. Nous aimons l'étranger, j'entends l'espace Schengen ou outre-atlantique ou outre-indien. L'eldorado nous est proposé comme un Schlaraffenland où la manne tombe du ciel, à la jouissance éternelle. "Nsusu ya mvimba" comme chantait Djanana de Viva La Musica. Le souci de jouissance et de la boustifaille immédiates nous sert souvent de leitmotiv. D'où l'exil risqué vers le paradis où l'on vit bien. On connait les milliers de morts sur la traversée de la Méditerranée ou de l'Atlantique. On connait les conditions inhumaines de nos compatriotes en Inde ou en Chine. Tout cela parce que nous n'avons jamais créé chez nous ces eldorados si attractifs. Et nos leaders, à signe d'incompétence et d'irresponsabilité, manquent totalement de vision. Ils ne manifestent aucun intention de libérer l'Afrique de la soumission étrangère parce qu'ils ne s'occupent que du pouvoir, parce qu'ils servent de relai ou de partenaires à leurs mentors étrangers. Ils ne font aucun effort pour créer de l'emploi ni protéger leur population de la précarité, des dangers comme des invasions extérieures. Incapables de créer des usines, ils exposent nos richesses au pillage des étrangers. Ils ne perçoivent pas que l'exil économique est dû en grande partie à leur incapacité de créer des conditions acceptables de vie ou de travail en Afrique. Il est très facile de condamner les Européens ou Américains de nous exploiter et piller nos richesses; mais que faisons-nous pour résoudre ces problèmes nous-mêmes. Tant que la mentalité de la dépendance ne changera pas, l'Afrique n'évoluera jamais et attendra la manne de l'étranger. 

Le temps est venu de dire: NON. Non à l'étranger et à leurs institutions d'exploitation. Non à l'éternelle dépendance africaine. Non au néocolonialisme!


27 avr. 2021

Joyeux anniversaire Jean Robert

Joyeux anniversaire de naissance abbé Jean Robert Mifuku. Il avait 13 ans lorsque nos chemins se croisèrent sur le plateau vert de Kalonda. Le voilà aujourd'hui encore dans la fleur de la jeunesse. Quel admirable parcours JR! Comment ne pas remercier l'Eternel pour tant de merveilles accomplies dans la vie de son serviteur? Santé, paix et bonheur cher ami et frère en ce jour spécial! "Vita vita, pax, felicitas". 


26 avr. 2021

Assemblée du Kwango: Départ du VG Kangulumba

 Extrait du Groupe ZIBULA MESO POUR LE KWANGO, 26 avril 2021

Le départ du Vice-Gouverneur de la Province du Kwango Léopold KANGULUMBA KISESELE sur une motion de défiance de l'honorable FAYULU BATA Willy adressée auprès de lui. L'Assemblée Provinciale du Kwango a 21 députés. Certes, cette motion a été signée par 11 députés. C'est pour autant dire, tous les éclaircissements donnés par le Vice-Gouverneur au camp du signataires de ladite motion n'ont pas abouti.
Avant la cérémonie, 20 députés se sont affichés de leur présence à l'Assemblée. Et au moment du vote, 14 députés ont dit oui pour le départ et 6 ont nié que le Vice-Gouverneur soit déchu, et 1 absent. La chaîne est linéaire.
(Source: https://www.facebook.com/groups/186347165257248)

PS: J'ai édité le texte sans l'altérer. L'original est disponible sur Zibula meso pour le Kwango. Merci M. Tsesa Le Savoir.

23 avr. 2021

Etre président de république

23 avril 2021. En 60 ans d'indépendances africaines, nous avons vu toutes sortes de présidents. Des bons, mais surtout des mauvais. Aujourd'hui on enterre à N'Djamena le président du Tchad, le Maréchal Idriss Déby Itno pourtant réélu ce 11 avril pour un énième mandat après 30 ans de règne sans partage. Le président Emmanuel Macron y est présent, aux côtés des présidents congolais, malien, guinéen, nigérian, burkinabé, etc. L'occasion est propice pour réfléchir sur les présidents des républiques africaines.

Après 60 l'Afrique s'est illustrée par des coups d'état détrônant des présidents élus dans la foulée des indépendances. Certains ont été tués, d'autres détrônés et assignés à résidence dans leur localité d'origine. D'autres ont pris le chemin de l'exil. Le Tchad a toujours eu un régime fort à sa tête. En commençant par François Tombalbaye que j'ai eu, enfant, l'occasion de voir en juillet 66 paradant sur le boulevard Kasavubu aux côtés de Mobutu. Il a été tué en 75, lui et sa famille. Suivi de Félix Maloum Goukouni Wedeye, Hissen Habré qui croupit en exil dans une prison de Dakar, dont j'ai vu l'entrée en 19. Son successeur Idriss Déby est mort au front il y a une semaine, tentant de repousser une rébellion venue de Libye. Une ère nouvelle s'ouvre avec le propre fils du défunt. La chaîne du pouvoir se fait et se défait au rythme des rébellions ethniques pour la plupart. 

Néo-colonialisme. Le président français est venu rendre hommage à un ami de la France, soldat mort au front armes à la main. Ce geste montre toute l'ampleur du néo-colonialisme. A l'époque Mongo Beti avait sorti l'expression des "dictatures francophiles". La France continue de soutenir des dictateurs, regrettant la "perte d'un ami courageux", s'assurant que la transition aille dans le sens des intérêts françafricains. Cet empressement à ne jamais rater de telles occasions montre à quel point le néo-colonialisme se réveille des cendres africaines. 

Présidents à vie, présidents morts au front. La péréquation est là: ou bien on le reste à vie ou bien ça pète. L'intention de beaucoup est de tripatouiller les constitutions ou les résultats des urnes pour s'assurer une présidence à vie. Lansana Conté comme Robert Mugabe n'ont jamais eu l'intention de quitter le pouvoir. Sassou-Ngouessou, Biya, Kagame, Bongo, Guelleh, Ouatara, et d'autres ont encore de longues années de règne devant eux alors qu'ils s'y trouvent depuis plus de dix ans. D'autres dont on vante le mérite d'avoir assuré une passation pacifique de pouvoirs ne l'ont fait qu'à contre-cœur, forcés par les pressions tenaces des citoyens comme de la communauté internationale. On peut les classer en deux catégories: les jouisseurs et les militaires. Les jouisseurs savourent du champagne au mépris de la pauvreté qu'endurent leurs concitoyens. Les militaires s'assoient de force sur le pouvoir et imposent une discipline intransigeante.    

Nous en avons des présidents. Des bouffons comme des théoriciens. Des charlatans  comme des tragiques. Des patriotes comme des traîtres. Des intellectuels comme des tueurs. Des voleurs sans vergogne comme des héros épiques. Des maréchaux comme des empereurs. La liste est interminable. Tous étaient ou sont encore présidents. Vive les républiques bananières!

Beni Today

Je viens de voir une vidéo montrant des têtes de femmes coupées et placées à côté d'elles. Quelle cruauté! Des atrocités insupportables mais qui sont commises dans un pays où les autorités ne haussent pas la voix et où les groupes rebelles contrôlent des portions importantes du territoire. Je viens aussi de voir une autre où une foule de personnes - hommes, femmes, enfants - subissent les crépitements incessants de mitraillettes dans une horreur terrifiante. Du jamais vu ni pensé! Et pourtant, c'est ce que vivent au quotidien nos compatrioites de l'Est.

Pourquoi tant de terreur dans un pays où l'élite intellectuelle et militaire semble plus préoccupée de pouvoirs et privilèges que du bien-être et de la paix? Pourquoi cette irresponsabilité de nos dirigeants qui ne semblent pas en mesure de protéger nos concitoyens? Que fait l'armée nationale pendant ce temps? Le président a promis des représailles impitoyables, en a-t-il les moyens? L'armée kenyane viendrait au secours des Congolais, celle-là même qui peine à endiguer les Al Shabab sur son propre territoire. Quoique la situation semble confuse, un effort doit être entrepris à tous les niveaux de la nation pour rétablir la paix dans cette poudrière incendiaire extrêmement difficile à contrôler. 

L'initiative louable des élus de Beni, Butembo, Ituri est loin d'attirer à Kinshasa l'attention qu'elle mérite. On parle d'une commission parlementaire qui s'y rendrait pour résoudre les problèmes, identifier les assaillants et remettre de l'ordre entre les communautés. Ce n'est pas assez à mon avis. Il faut une action plus incisive, mieux ciblée, que les autorités civiles, militaires et religieuses collaborent avec un véritable plan de paix. Autrement, ça restera des voeux pieux.

Séraphin disait hier qu'on est au quitte ou double, à un dangereux point d'éclatement: ou bien c'est la guerre totale ou bien c'est la paix. Et il a raison. Au point où en sont les choses, rien ne présage d'une sortie de crise. Tout est possible. C'est le défi qui doit affronter le président de la république, garant de l'intégrité du territoire et de la paix. En ce jour, sa place n'est pas à Kinshasa, ni à Brazzaville, encore moins à N'Djamena, mais à Beni. Parole de littéraire!

21 avr. 2021

Beaucoup d'anniversaires

Zingle aujourd'hui. Lodovica le 22, Liévin et Nicolas le 23, Pivary et Hermann le 25, Victorine le 26, Jean-Robert le 27, Sonia, Soeur Monique et CM le 29 avril. Autant de motifs pour célébrer la vie et implorer la clémence divine sur nous. Occasions propices pour méditer, prier et prendre des dispositions pour l'avenir. Félicitations collectives aux heureux élus du destin. 

Il y aussi hélas des anniversaires de décès. Pensées pieuses pour Maman le 23. Ya Matesa, Sr Maguy Akundey. Leur souvenir demeure gravé dans nos coeurs, "O mort, où est donc ta victoire?" Jean-Paul Ngalula sera porté en terre ce 24 avril. Condoléances mutuelles. Que les âmes des fidèles défunts reposent dans la paix céleste.