30 nov. 2023

Adieu Heinz Kissinger (1923-2023)

29 novembre 2023. Réaction à chaud. Henry Kissinger, le tout-puissant secrétaire d'état américain vient de tirer sa révérence à 100 ans. Oui 100 ans d'une vie très active, pleine de succès mais aussi de controverses. Cet homme réputé très brillant a marqué notre enfance. Mes condisciples et moi suivions ses paroles et gestes avec une avidité inouïe. Il incarnait pour nous le génie politique par excellence au point d'éclipser ses présidents et d'autres super-puissants du monde. L'obtention du Prix Nobel de la paix - mérite ou noun selon qu'on est son partisan ou son adversaire - constitue une distinction qui montre la dimension planétaire de ce maître en diplomatie. Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu au 20e siècle un diplomate plus impressionnant que cet homme. Parole de littéraire. Un modèle. Un inspirateur imbattable dont l'influence sur le monde a été considérable. Pendant très longtemps j'étais son fervent admirateur jusqu'au jour où j'ai découvert l'existence de son fameux rapport sur l'ordre du monde. Le Kissinger Report, disponible en ligne, date de 1974.  Un travail cynique qui met les intérêts des États-Unis et des Occidentaux au-dessus pour une main-miss sur le monde tout en prônant l'élimination physique des populations inutiles (les races inférieures étant visées en premier). .J'ai perdu depuis ce jour-là l'appréciation grandiose dont il a joui chez moi pendant plus d'une trentaine d'années. Du héros incontesté au raciste froid et sans cœur, le piédestal a basculé dans ma conscience. Et même encore, quelques séquelles d'admiration sont restées malgré ma témérité de le bannir de mon esprit. Excellent analyste, Kissinger n'a fait que servir son pays. Je lui dis toutefois merci pour m'avoir édifié pendant une grande partie de ma vie. Il ne me revient pas de le juger, que son âme repose en paix. 

27 nov. 2023

Oubli ou omission

Il y a des erreurs qui se commettent dans la vie qui s'expliquent par l'oubli ou par l'omission. L'oubli est inconscient, mais pas l'omission. L'omission peut être conçue comme un oubli conscient. C'est une décision que l'on prend d'oublier ou d'annuler un élément. La semaine passée, contrairement à mes habitudes, j'ai omis de parler d'écrire sur des thèmes qui me tiennent à coeur, surtout en ce qui concerne les méandres politiques actuels. J'avais une opinion tranchée sur les candidats à la présidence de la RDC, mais je me suis retenu de l'exposer. J'ai failli céder à la tentation de la publier n'eût-été la vertu de la patience. "Patience et longueur de temps / font plus que force ni que rage", nous rappellent deux vers octosyllabiques de Lafontaine. Ni oubli ni omission: seulement patience. Ne sois pas pressé, jamais pressé, tu verras. La vérité des urnes est au bout du tunnel. Observe, observe, observe encore. Analyse littéraire, dira le critique. Parole de ma Muse oubliée.   

  

23 nov. 2023

Docteur honoris causa

Depuis que le président Félix-Antoine Tshisekedi a été promu docteur honoris causa par l'Unikin, des gens me/se posent la question de savoir de quoi il s'agit au juste. Je crois que, dans ma position d'ancien directeur des études postgraduées (graduate studies), je suis bien placé pour répondre à cette question. Un doctorat universitaire comporte des formalités liées à un dépôt et à la défense d'une thèse académique; cette thèse constitue une étude originale qui marque un avancement dans ledit domaine de recherche. Un doctorat honoris causa par contre est une distinction octroyée par un institut universitaire pour honorer un individu qui a accompli des actions d'une valeur remarquable. 

Une sorte de prix accordé pour reconnaître les mérites du récipiendaire. Lors des processions académiques, le Dr hc a le privilège de siéger, en toge ou costume officiel, parmi les docteurs de l'université qui lui octroie la distinction. Le confèrement de ce titre est l'aboutissement d'un ensemble de démarches qui varient selon l'institut décernante, mais dont la finalité demeure identique: concéder un une personne non liéé à l'institut des privilèges spéciaux, l'élever à la distinction d'excellence selon les règles qui régissent l'institut. Et à ce titre, l'institut l'adopte, le considère comme un membre, sinon son représentant aux yeux du monde entier. Les collègues de l'Unikin, ce faisant, couronnent les accomplissements du président congolais. Je me souviens que le président Mobutu en a reçu un de l'université de Harvard, la première fois que d'ailleurs j'entendais parler et de ce doctorat et de cette université. Je ne saurais dire en quelle année, la seule chose sûre est que j'étais au petit séminaire de Kalonda.

A l'Université des West Indies par exemple, c'est sur proposition d'au moins deux professeurs ou administratifs auprès du bureau du Vice-Chancelier qui, lors du Conseil de Nomination de l'Université, en décidera. Un dossier contenant le CV du récipiendaire ainsi que diverses recommandations est requis: il est déposé par une faculté auprès du comité du nomination du campus des défenseurs de la cause avant d'être transmis, après approbation, auprès de l'Université. Bref, entre Département, Faculté, Comité de nomination du campus, Comité de nomination de l'Université, cette démarche peut prendre une année ou plus avant d'aboutir. La sélection est rigoureuse car elle engage l'intégrité de l'université. C'est un contrat de prestige gagnant-gagnant entre l'université et le récipiendaire qui peut être une personne du sport, des affaires, des sciences, des arts, de la politique ou du monde social. Un individu (même déjà docteur à thèse) peut obtenir autant de doctorats honoris causa que possible de différents instituts académiques.     

Avis partagés sur les élections en RDC

Les avis sont partagés sur la capacité Tshisekedi de gagner un deuxième mandat et sur l'identité du candidat commun de l'opposition Moise Katumbi. Tshisekedi dispose de son arsenal gouvernemental et législatif de l'Union sacrée tandis que Katumbi peut compter sur les apports de ses partenaires et alliés. Quelles sont les chances de Martin Fayulu, le président élu de 2018, pour rééditer son précédent exploit s'il en était un? Très peu à voir la configuration actuelle des cartes, cependant une coalition avec d'autres canditdats de poids pourrait faire la différence. Un retournement de dernière minute pourrait aller en sa faveur car tout reste encore possible. Tout cela si les élections sont crédibles et transparentes. Les faiblesses ou échecs du leadership de Tshisekdi sont exposés par ses opposants: trop de promesses non tenues, amateurisme, tribalisme, gabegie, corruption, complicité dans les pillages des ressources minières, etc. L'opposition n'offre jusque là pas encore de stratégies d'alternatives convaincantes pour gagner le pouvoir. De Katumbi bien qu'il s'en défende, une  certaine opinion persiste à dire qu'il détient ou a détenu  trois passeports, donc trois nationalités avec des noms différents. Les adversaires ne manquent pas d'exploiter cette faille identitaire. Le candidat, quant à lui, s'appuie sur ses réalisations comme gouverneur du Katanga pour revendiquer la magistrature suprême. Apparemment, il serait le seul à affronter avec une certaine chance le tout-puissant président sortant. Et Fayulu, pourquoi pas? C'est le parfait outsider, la carte gagnante du Jungle Bridge. Attendons voir. 

Autre problème, le non-tenue des élections dans Rutshuru et Masisi pose problème car elle ouvre une voie à la balkanisation du pays étant donné que ces deux régions sont convoitées et actuellement occupées par le M23. Ne faudrait-il pas prolonger le mandat des anciens élus de ce coin et réorganiser les élections plus tard? Que les politiques s'y penchent. Cette faille sera sans aucun doute utilisée par les pays voisins pour réaliser leur projet d'occupation. Le piège de ce dilemme consiste à jouer le jeu des envahisseurs. L'occasion, si l'on y prend garde, serait propice pour consolider la partition du Grand Kivu au profit des étrangers. Ce problème mérite d'être mûrement examiné et clarifié. Parole de littéraire!

Que les avis soient partagés, c'est une bonne chose. Signe que les Congolais réfléchissent sur le sort de leur pays et proposent des solutions. Signe aussi d'esprit démocratique car chacun a la liberté de solliciter le suffrage populaire ou de voter pour le candidat de son choix. Que les élections reflètent la voix du peuple, tel est le voeu à émettre au détriment d'un tripatouillage du scrutin. Meilleurs voeux à mes parents, amis, collègues et connaissances candidats à différents postes de ces élections. Qu'au-delà de la diversité des uns et des autres règne l'unité de la Nation Kongo. Parole de patriote!

22 nov. 2023

RDC: Lancement de la campagne électorale

Depuis le 19 novembre 2023 la campagne a été officiellement pour les élections présidentielles et législatives en RDC. Les tenors ont été très actifs. Le président sortant a lancé la sienne au Stade des Martyrs, misant sur son bilan et surtout sur sa détermination d'achever le travail commencé. L'opposition brandit les irrégularités observées dans le ficher électoral ainsi que la gestion des déniers publics alloués à la CENI. Tout en dénonçant la non-indépendance de la commission électorale vis-à-vis du pouvoir en place, elle déplore l'irréalisme des échéances et le manque de transparence et les incohérences dans différents mécanismes électoraux: machines à voter, kits, moyens de distribution, etc. A croire que toutes les conditions ne sont pas réunies pour des élections libres et transparentes. C'est l'heure des attaques directes sur chacun des candidats de la part de leurs adeptes. Il y aurait des candidats de l'étranger. C'est aussi l'heure de diffuser des slogans et de louer sur écrans géants les réalisations du Président candidat à sa ré-élection contesté par ses pairs. "Il a sauvé la RDC" des invasions étrangères, de Kagame et du Rwanda. En fait, tout est mis en place pour la ré-élection du Béton National. Tout semble verrouillé. 

A Kenge, pas plus que ce lundi passé, mon cousin le maire de la ville a interdit au candidat président Sesanga d'utiliser la Tribune pour son meeting, mais il a permis le mardi au ministre Kamhere de tenir son discours sur cette esplanade. Deux poids deux mesures. Les marges de manoeuvres sont limitées pour les candidats de l'opposition: on hésite pas à leur compliquer les choses. Sesanga a dû aller au Désert pour ceux qui connaissent Kenge, et Kamhere a eu les honneurs de la Tribune. De telles traitements et scènes se répéteront à travers le pays selon que les gestionnaires du pouvoir seront du pouvoir ou de l'opposition. 

L'autre jour, un collègue professeur barbadien retraité rencontré dans un supermarché s'est empressé de me demander pourquoi Mr Denis Mukwege était candidat à la présidence. "Ce monsieur, très respecté et honoré par la communauté internationale en tant que médecin, va salir sa réputation en entrant en politique. Il est déjà au sommet de la réputation avec son Prix Nobel. Que cherche-t-il encore comme président? Bon médecin ne veut pas forcément dire bon président." Je lui ai dit que j'étais mal placé pour répondre à une telle question. Cela m'a rappelé une réflexion d'un passager du Bus Bodi Batu. Il se demandait pourquoi Mr Kalenge se présentait comme candidat à la députation nationale alors qu'il est un excellent gestionnaire de sa compagnie de transport. Pour ce monsieur qui a un certain âge, il est évident que c'est une erreur. Je m'arrête à ce deux cas pour amorcer une courte réflexion et essayer de déchiffrer l'ambiance dans laquelle se développent ces insolites ambitions. Il faudrait forcément être de ce pays pour comprendre ses situations.

La politique offre d'énormes possibilités de pouvoir sur tous les plans. En plus du salaire et de l'enrichissement faramineux, elle permet de soumettre les hommes en les manipulant dans les sens de son tempérament, de se mettre au dessus-de la mêlée, d'exploiter impunément les rouages des interdits et des lois, de s'imposer sur d'immenses quantités d'hommes et de femmes. Ce pouvoir de domination meut l'homme congolais. Professeurs d'université ou du secondaire, magistrats, avocats, médecins, musiciens, comédiens, artistes, écrivains, journalistes, animateurs sociaux, fonctionnaires - la liste est longue - tous se ruent vers cette manne qui tombe du ciel, oubliant leurs talents naturels au profit d'un métier mal réputé mais rémunérant et lucratif en termes d'influence et d'espèces sonnantes. C'est finalement le seul métier qui met à l'abri de la pauvreté. Le seul qui paie. Accumuler des fortunes rien qu'en allant dormir ou ronfler aux assises parlementaires, sans rien apporter de constructif pour le pays. L'engouement pour les 21 000 dollars de salaire mensuel est tel que chacun, même et surtout le plus incompétent, sollicite la députation nationale. La finalité de la vie, on dirait, c'est de faire la politique.   

18 nov. 2023

C'est fini avec George Weah au Liberia

17 novembre 2023. Le peuple a décidé au Liberia après un second tour qui a fait la différence. Monsieur George Weah a concédé sa défaite avec fairplay. Pendant son mandat, il n'a pas rempli sa mission ni les attentes de ses électeurs qui l'ont remis à sa place. Excellent footballeur mais piètre président. Le peuple libérien a tranché. Le nouveau président, c'est le vétéran Joseph Boakai, 78 ans. Une page est tournée. George Weah c'est fini. Vive la démocratie. Respect! 

Une leçon à suivre! En Afrique les présidents ont tendance à  s'accrocher au pouvoir comme s'ils étaient nés pour l'être à vie. Avec des bilans négatifs ou mitigés, ils ne cèdent jamais, tripatouillent la constitution et les règles démocratiques pour leurs intérêts personnels au lieu de viser le bien suprême. Souvent ils prétendent qu'ils incarnent les aspirations alors même qu'ils pillent les ressources du pays, sèment l'insécurité à défaut de défendre l'intégrité territoriale et de développer le pays. Tribalisme, népotisme, injustice, chômage, pillage, enrichissement illicite, corruption, gabegie, malversations financières, paupérisation de la population, etc. Voilà l'horrible bilan qu'ils affichent scandaleusement au lieu de travailler pour leur peuple, et avec ça, tout en ignorant prenant leurs compatriotes en otage, ils briguent et accumulent des mandats interminables. Les Liberiens ont dit leur dernier mot: Weah out. Boakai yes! Congratulations Mr President-Elect. Une passation de pouvoir sans ambiguité: Vive la démocratie. Vive le Liberia ! 

15 nov. 2023

Palestiniens et Juifs: Entente impossible

C'est commse si c'était inscrit dans le Coran et la Bible que ces deux peuples ne pourraient jamais s'entendre ni cohabiter pacifiquement sur ce territoire dont ils revendiquent l'origine. Tout les oppose. La religion, la culture et l'histoire quoiqu'une observation attentive montre d'incroyables similitudes dans leurs us et coutumes. Ils sont certes différents, mais très proches dans leurs comportements et approches des réalités du monde. Cette haine viscérale qui les marque réciproquement est fondée sur un héritage commun dont ils se disputent la propriété. Jérusalem Ouest mais il y a aussi Jérusalem-Est. Juifs, mais il y a aussi des Arabes en Israël. Impossible de les séparer ni de les anéantir quoique des efforts pour les museler et les faire disparaître existent. La Bande de Gaza est et a toujours été une poudrière depuis la création de l'état d'Israel. La cohabitation n'a jamais été pacifique, et au vu de ce qui s'y passe à chaque décennie je doute qu'elle le sera jamais un jour. "Israel a le droit de se défendre", tel est le slogan que proclament les Américains et leurs puisants alliés pour soutenir la cause d'Israël. Ce discours-là maintient l'existence et la survie d'Israel. Le Hamas se présente comme une bande des terroristes dont le seul but est de défendre leur terre natale en tuant leur plus des Juifs possible. Difficile pour un outsider de comprendre ce qu'il en est car il y a beaucoup de pesanteurs idéologiques et ethniques qui les séparent. Comment imposer la paix sur ce territoire du Moyen Orient demeure une énigme qui dépasse les efforts entrepris jusque là. L'ONU dénonce un carnage qui s'opère actuellement à Gaza. On ne sait pas jusqu'où ca ira. Le monde entier observe, ahuri et impuissant de maîtriser la fougue des Israëliens qui cherchent à libérer les ôtages à tous prix. Et tous les moyens sont mis en oeuvre pour atteindre ce but. Le Hamas accuse Israël d'être responsable de tous les maux et désastres. Il ne faudrait pas oublier les extrémistes où ultra-orthodoxes de tout bord. Tout le monde parle de paix, vise la paix, mais n'a pas le même agenda, ne met pas les moyens pour y arriver. Il y aura après les présentes atrocités un temps d'accalmie, puis le cycle infernal de la violence reprendra.