28 sept. 2025

A propos de ton article précédent

Voici la réaction du Pourfendeur 

 "Claver,

J'ai renoncé à te lire depuis un temps, par manque de temps. Je reviens en force car tu commences à dévier dans tes propos. Le titre de ton entrée précédente ne correspond pas à son contenu. Qu'est-ce-que ce titre a à voir avec Mr Vital Kamhere. Toi-même tu t'en es rendu compte, et en as parlé. Mais comme tu sais écrire, tu sais justifier tes écarts de language. Très astucieusement tu t'arranges pour parler de Mr VK à partir d'informations tirées de la presse et des réseaux sociaux, en te limitant à cela. Tout ce que tu présentes est vrai, connu de tous. Par contre la façon dont tu le présentes est révélatrice de tes qualités littéraires. Une sorte de réfuge bien rodé. Tu parais neutre, mais lui reproches son opportunisme. Ton titre Politica politica mani pulite  aurait sans aucun doute mieux convenu à tes propos. Tu te dis apolitique mais ne rates aucune occasion pour parler politique. Sais-tu qu'il y a parmi tes lecteurs des politiciens? J'en connais au moins trois.

"Pourquoi rêver ce que nous ne sommes pas?" Là tu as raison de soutenir que la politique est un haut lieu d'illusions et du commerce de rêves. Longtemps, on a cru qu'après le départ des colonisateurs les états africains travailleraient au bonheur des Africains. A leur place on a eu des dictateurs corrompus jusqu'à la moelle. Le politicien promet tout pourvu qu'il soit élu. Le reste ne l'intéresse pas. Une fois au pouvoir, il oublie tout jusqu'à l'échéance électorale suivante. Magouilles, corruptions, trafics d'influences, financements illicites, enrichissements malhonnêtes, assassinats commandités, tel est le lot du politicien. Et ceci vaut dans le monde entier. Comment d'hommes politiques font face à la justice ou se retrouvent en prison? Un métier qui paie bien son employé, mais à quel prix? Vendeur de rêves paradisiaques et d'eldorados utopiques. Rares sont ceux qui réussissent à satisfaire les voeux de leurs peuples. En fait, l'homme politique n'est pas celui qu'il est en privé. Ce qu'il dit n'est pas ce qu'il croit. Ce qu'il promet n'est jamais ce qu'il réalise. Le spectacle du dehors ne correspond pas toujours à l'individu. Malheureusement, il y en a qui ne vivent que dehors. Parano ou mégalo, tu as bien vu, brave littéraire psy. 

Comme d'habitude, je ne souhaite pas trop que tu t'aventures dans le domaine politique, mais tu es têtu et parfois téméraire. Un peu de modestie Claver, tu ne sais pas tout."

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Le Pourfendeur

25 sept. 2025

Pourquoi rêver ce que nous ne sommes pas?

Nous vivons parfois dans des contes des fées. Nous croyons être ce que nous ne sommes pas, la réalité nous rattrape parfois cruellement. Nous vivons dans des personnages que nous ne sommes pas. Nous inccarnons des êtres et des choses qui ne réflètent pas notre vraie personnalité ni notre âme. C'est cela ce qui s'appelle naïveté que les psychologues appellent paranoia, mégalomanie. D'autres dépassement, illusion, sublimation, déplacement, etc. Tous ces mots dénotent cette déviation d'identité. Et l'homme politique est le personnage typique de ce rôle emprunté. Difficile de le définir tel qu'il est vraiment. Difficile de relier ce qu'il dit à ce qu'il fait, ce qu'il promet à ce qu'il réalise. Un personnage multiple, divers et aux casquettes tentaculaires. Je voulais reprendre comme titre une expression italienne déjà utilisée plusieurs fois dans ce blog: Politica, politica, mani pulite. Une expression qui se vérifie et se confirme depuis la nuit des temps. La politique, c'est comme un fashion show: une représentation théâtrale sur un portable scénique. 

L'événement politique de cette semaine en RDC, c'est la démission de Mr Vital Kamhere, ancien président de l'Assemblée. Pour la deuxième fois, il a été déchu de ce prestigieux poste hautement respecté dans des conditions humiliantes. En fin politicien, il a parlé de "démission volontaire"; avait-il vraiment le choix? Je ne connais pas l'individu personnellement, mais son parcours est des plus éclairants. Mes informations sur lui sont tirées de la presse et des réseaux sociaux. Opportuniste et félin politique, VK a connu une ascension fulgurante, mais aussi controversée. Auteur d'un fameux livre de propagande pour l'élection de Mr J Kabila, il a été déchu pour avoir osé remettre en question la présence de l'armée rwandaise sur le territoire congolais. Mis à la touche, il a crée son propre parti, l'UNC. Signataire de l'accord de Genève avec Mrs Félix Tshisekedi, Ferdinant Matungulu, Adolphe Muzito, Moïse Katumbi, qui portait Martin Fayulu comme candidat unique de l'opposition contre le dauphin de JK, Emmanuel Shadary, il est allé à Naïrobi signer un accord avec Félix Tshisekedi comme candidat président pour 2018 et lui-même en 2023. Devenu directeur du cabinet du président Tshisekedi, il a dû faire face à un tribunal pour le projet dit des 100 jours où il aurait détourné 57 millions de dollars et a été emprisonné pendant plusieurs mois. Acquitté, il a été nommé ministre de l'économie peu après sa sortie de prison. Aux éléctions de 2023, il a soutenu le candidat Tshisekedi réélu au lieu de se présenter lui-même, et a occupé le poste de président de la chambre basse du Parlement. Une pétition l'a cloué au sol. Le revoilà aujourd'hui renvoyé à sa base, sans fonction officielle au sein de la république. 

Des questions se posent sur son avenir politique, son positionnement par rapport aux actualités de l'heure dans un pays où l'Est est occupé par les rebelles du M23/AFC. Pendant ce temps, bosseur intrépide, le propagandiste polyglotte a réussi à soutenir une thèse en linguistique économique d'une université grecque (?) et à se faire en conséquence nommer professeur associé en économie à l'UNIKIN. Quelle prouesse intellectuelle! A ce propos, des voix de contestation se sont faites entendre dans le corps académique. Certains le disent fini. D'autres doutent de son avenir. Pour moi, l'homme politique possède, en dépit de sa déchéance, d'énormes capacités qu'il peut brandir pour se remettre sur la sellette politique congolaise.  Je ne suis pas fanatique de VK ni d'ailleurs d'aucun leader politique; je me définis comme un littéraire apolitique.

J'en viens à la question initiale de cette entrée. Pourquoi rêver ce que nous ne sommes pas? A quoi bon se prélasser de titres politiques et honorifiques si on doit finir dans la déchéance de toutes les boues? Célébré aujourd'hui comme un héros, honni et bafoué demain comme Uncas, le dernier des Mohicans. Tel est le sort des prétentieux parano et mégalo. Soyez vous-mêmes, soyons nous-mêmes. Moralité: Vanité des vanités. Avez-vous jamais pensé à la façon dont l'aigle écrase une tortue? C'est ça la politique. 



   

24 sept. 2025

Le mythe de la mémoire

J'ai toujours prétendu avoir une bonne mémoire. C'est vrai côté cour. Mais c'est pas vrai côté jardin. La meilleure mémoire, je la trouve dans ma propre famille, chez les miens. Nous avons tous hérité de cette mèmoire. Il y a un véritable mythe de la mémoire. Voire une obsession. Je me souviens des choses, des noms, des mots, des événements et des détails que ceux avec lesquels je les ai vécus, ont perdus de vue ou oubliés. Mais souvent j'oublie moi-même  qu'il y a plus fort que moi en cette même matière. Dans ma vanité, je me crois imbattable et cette facilité de retention impressionne souvent mon entourage. A tel point que je considère comme faux ou dubitatif tout ce qui ne me revient pas à l'esprit. Je suis sérieux. Cela constitue une force, mais une faiblesse aussi. Je m'explique. 
Je fais des tours en rond, j'effectue du sur-place, du nombrilisme en quelque sorte. Je ne sors pas de ma coquille ni du rond-point, continue de circuler comme si la route s'arrêtait à moi. C'est comme si la roue de l'histoire et de la fortune ne tournait pas. Me prenant pour un étalon de mesure, je fonctionne par rapport aux lacunes des autres, aux trous de la mémoire des autres. C'est dangereux, car cela pourrait un jour se révéler suicidaire. A quoi bon à mon âge? J'ai assez vécu pour connaître le monde et ses dessous de cartes. C'est ici que le littéraire que je suis intervient. Mes analyses, pour peu qu'elles soient objectives, dépassent le moment présent et se projettent dans l'avenir. Le passé ne me sert que de tremplin pour entrevoir ce qui adviendra. Un peu à la manière de mon maître dont la vision et l'intuition m'ont toujours fasciné. Jusqu'à ce jour, tant d'années après sa mort. Paix à son âme! 
Le fait de ne pas oublier ou de se souvenir comporte ses revers, des revers insoupçonnés. Des joies comme des peines camouflées par l'usure du temps. Des belles amours étouffées dans l'oeuf et des contentements à jamais enterrés dans le tréfond intérieur. Des rancunes et des jalousies enfouies dans l'inconscient reviennent soudain expliquer un agir ou un comportement actuels. Des conflits intérieurs refoulés refont surface pour justifier certains dérapages actuels. La libido de Freud revient, les motivations profondes resurgissent à la surface. Comme pour dire que rien n'est nouveau sous le soleil. Ce que je prétends voir aujourd'hui a déjà été vu par d'autres. La joie comme la peine que j'éprouve aujourd'hui ont déjà été éprouvées, jadis, par d'autres. Je ne crée pas le monde, il est là et j'y suis jeté. La mémoire forme justement cette capacité qui me dispose à refaire le chemin du temps, à le dépasser et à le projeter au-devant de moi. La mémoire, ma mémoire, c'est un mythe, mon mythe. 
"Je souviens" (sic), disait mon feu paternel. 

21 sept. 2025

Félicitations à l'abbé Xavier Mabana

Kinshasa, 20 septembre 2025. Ce samedi,  le Cardinal métropolitain Fridolin Ambongo a procédé à l'ordination diaconale d'une dizaine de candidats au sacerdoce pour le compte de l’archidiocèse de Kinshasa. Parmi ces candidats figurait mon frère cadet Xavier Mabana, le plus jeune de la fratrie. Etant moi-même passé par cette expérience, je lui souhaite, au nom des miens, un fructueux diaconat dans la vigne du Seigneur. Sagesse, santé, courage et succès dans son engagement au service de l'église. Sincères félicitations et bonne continuation vers la prêtrise. Proficiat!



20 sept. 2025

L’esprit de mendicité dans notre société

L’esprit de mendicité est une tare indélébile de notre société. En 2010, j’étais présenté à un prélat qui ne m’a pas reconnu alors que nous avions travaillé ensemble vingt ans auparavant. Réaction spontanée dès qu’il a su qui j’etais: "Prof, j'ai un projet que vous pouvez soumettre aux organismes américains." C’est ce souvenir qui m’est resté de cette rencontre et que je n’ai jamais réussi à effacer de ma mémoire. Soit. 

Je voudrais insister sur une remarque qu’un missionnaire allemand faisait aux gens de Kindi, dans le diocèse de Popokabaka. "Beno lukala ba pheka". (Vous êtes des "donne-moi %, des mendiants). A force d’entendre "Père pheka" il a fini par forger l’expression "bapheka". Observation condescendante ou injurieuse venant d’un étranger, mais réellement vraie et tangible. Considrée avec recul, une telle observation est profonde car elle touche le mode de vie de nos compatriotes. Nous adorons recevoir, plutôt que travailler pour gagner ou donner. N’est-il pas plus facile de recevoir que de donner? N’est-il pas plus confortable de s'asseoir et recevoir des dons que de bosser dur pour des miettes? La paresse est compensée par la mendicité. L’effort est supplanté par le farniente. 

Il y a des gens qui passent des heures voire des jours à surfer sur l’internet rien que dans le but d’obtenir des dons. Comme des véritables professionnels  dans la récolte des fonds.  Des collecteurs de fonds pour soi. Cela leur réussit apparemment sans qu’ils tombent dans la fraude ni la cybercriminalité. Leur procédure est propre, limpide, sans déviation. Ils tendent des pièges et récoltent des butins. C’est même leur occupation quotidienne. Confortablement assis chez eux, toujours à l'affut, ils se plaisent à forcer subrepticement la générosité de leurs correspondants dans les réseaux sociaux. Il m’est arrivé de contacter une personne pour la première fois sur Facebook que cette personne ne se gène pas de m’envoyer tout de suite son numéro Mpesa ou Orange. L’argent facile quoi! Véritables chasseurs de dons, ces gens rançonnent tout le monde. S’ils reçoivent en retour deux ou trois réponses positives, et il y en a, leur compte est bon. 

Ceci me rappelle un représentant légal qui déclarait sans gêne: "Moi je n’accepte que des dons, pas des crédits" (sic). Ceci me rappelle la pratique répandue parmi les hommes d’église avec les offrandes, les pasteurs avec les dîmes, ou encore les collecteurs de cotisations en cas de deuil ou d’événements familiaux importants. A la différence que dans le premier cas, la collecte est organisée, structurée, voire  institutionnalisée. Enlevez l’aspect sacré, vous arriverez à la même conclusion. Et les abus ne manquent pas. Certains gèrent des ONG humanitaires sans qu’ils dépensent un seul sou à cette intention. Des pasteurs millionnaires règnent en pacha sur une cohorte d’ouailles paupérisées par leur système d’extorsion et de dépouillement bien rodé. Kleingeld macht Macht.

A tous les niveaux les mendiants sont légion. Demander est devenu comme une deuxième nature. Tout le monde demande, qui un android ou un i-phone, qui un ordinateur ou une tablette, qui de l’argent pour inscription ou prescription médicale, qui des parfums ou prêt-à-porter, etc.  Les motifs de demandes ne manquent pas. Il ne faut surtout pas s’étonner. Pour beaucoup de nos compatriotes, vivre hors du pays fait de vous un bienfaiteur naturel. La diaspora aide des familles entières à vivre dans nos pays. Certains procèdent astucieusement, prudemment, en vous laissant l’initiative de décider. D’autres, plus méticuleux et rusés, mettent en place des structures ou des fondations diffusant avec un lien spécial du genre: "Aidez-nous", "Offrande" ou "Faire un don". Une mendicité déguisée mais très efficace. Comme quoi, l’esprit de mendicité gangrène notre société. 


18 sept. 2025

Leçons de vie

Il a fallu que j'atteigne 35 ans pour comprendre de quoi la vie est faite et que j'en tire des leçons. Et ces leçons-là, je les ai  bien apprises. Je ne me suis plus trompé sur les hommes et leurs comportements. C'est du moins ce que je prétends.  J'ai compris le monde. 

Je possède une perception cosmique des événements. Je crois avoir assez vécu, assez subi des camouflets pour mieux saisir la portée exacte des comportements humains. L’ingratitude se paie ici bas. Porter un faux témoignage contre son généreux bienfaiteur condamne à la perdition. Vous êtes à peine décédé que vos biens sont spoliès et votre oublié. C'est ça la réalité de la vie.

La flamme de la gloire s’éteint en un clin d'œil. Je n’avais jamais cru que Muhamad Ali pouvait battre George Foreman. L'orgueil et le succès qu'on affiche ne sont que du vent. Je n’avais jamais imaginé que le prestigieux leader Mobutu pouvait aller mourir en exil au Maroc, comme Napoléon à l’île de Ste Hélène. L’ancien ministre de la justice Constant Mutamba qui a dépeuplé la prison de Makala se retrouve aujourd’hui incarcéré à Makala. Le rescapé Kamhere, acquitté du procès des 100 jours, fait la une des actualités: l’Assemblée nationale a continue une pétition de destitution en dépit des excuses qu’il a présentées. Que la roue de la fortune tourne en sa faveur ou contre lui, ne doit pas surprendre. Le dernier, et pas le moindre, est un escroc gigolo qui, en contractant un mariage de raison, cherche une case décente pour couvrir sa tête et assurer l’avenir de ses enfants du premier lit. Que le monde est méchant!

Quidquid latet apparebit. Nil inultum remanebit. 

13 sept. 2025

Ce 13 septembre 2025

13.9.2025. Ma première pensée va vers Noela Bunda, ma cousine malade. Elle a rechuté depuis une semaine. Uni à toute ma famille, je prie pour sa prompte  guérison et implore l'intercession de la SV Marie pour elle. Courage à Papa Bunda, à mes cousines et cousins, face à cette dure épreuve. Le Seigneur soit avec eux.

Aujourd'hui a lieu à Nécropole 2, Kinshasa, le dévoilement de la pierre tombale en souvenir de mon beau-frère Cyrin Muzembo, décédé le 16 février 2020. Cinq ans déjà. J'en profite pour féliciter sa veuve, ma soeur Béatrice, et ses enfants - Lydie, Jude, Glody, Nicole, Merveille, Jude - pour cette louable initiative. Nous sommes ensemble. Hommage à Papa Cyrin. 

Adieu Ingrid et Emile

Cette fin de semaine est marquée par deux décès: Ingrid Iton il y a trois jours et Emile Angevin hier. Que leurs âmes reposent en paix! . J'ai connu Ingrid dès mon arrivée à Cave Hill. Elle était libraire, je collaborais avec elle en tant que responsable des langues modernes. J'étais informé de sa maladie, mais pas au point qu'elle s'en aille si tót. Dieu a repris celle qu'il a donnée. 

Emile Angevin, d'origine sénégalaise, a passé sa vie en Guadeloupe. Marié à une Barbadienne, il enseignait l"anglais dans une école secondaire à Pointe-à-Pitre. A ce titre, il organisait des séjours linguistiques pour ses étudiants guadeloupéens à la Barbade. C'est dans ce cadre que nous nous sommes connus. Une mort brusque à la suite d'une attaque cardiaque survenue en début de semaine. Paix à son ame!

Condoléances émues à leurs proches familles et amis. Que la terre caribéenne les retourne à la mère Afrique. Adieu Ingrid. Adieu Emile.

12 sept. 2025

Question: Que feriez-vous?

Dans vos aventures de jeunesse, vous avez croisé un homme ou une femme qui, plus tard, se marient à une personne proche, parente ou amie. Comment devez-vous vous comporter? Rester calme, mais tenir une certaine prudence. Devez-vous dire la vérité ou bien la taire à jamais? Réponse logique: la taire à jamais et éviter de fréquenter le couple. Et si la vérité éclatait contre votre gré, que feriez-vous? Reconnaitre ou nier la vérité, mais promettre de n'y plus revenir ni tomber. Et si le couple se brisait à cause de vous, que feriez-vous? Le regretter simplement, mais sans présenter des excuses car ces actes étaient commis avant l'existence du couple. Mais les choses se compliquent dans certains cas de figure. Chaque cas étant unique, chaque cas mérite d'être traité différemment. Il n'y a donc pas de règle commune pour chaque cas. Quoi qu'il en soit, seule la vérité vous libère. Foutaise de calotin. La réalité de la vie veut que pour un bien social supérieur on garde le secret inviolé. Sachez qu'il y a beaucoup d'enfants bâtards - connus, tus ou ignorés - dans des couples pourtant bien assis et stables. Ce qu'on ne sait pas, c'est parfois terrible jusqu'à ce que la vérité se dévoile. Dixit Maleno.  Je dirai même plus: c'est souvent terrible. 

Décès surprenants

Il y a des décès surprenants. Dans mes relations, il m'arrive d'avoir perdu de vue quelqu'un dont la mort vous surprend soit alors que vous ne pensez plus à lui soit alors que vous venez à peine de reprendre contact. Quelqu'un de disparu pendant des décennies revient alors qu'on ne l'attend plus ou qu'on n'entend plus parler de lui, voilà qu'il meurt aussitôt revenu dans le cercle. Un autre perdu, voire oublié, vous revient déjà mort. D'autres en bon nombre meurent sans que la nouvelle ne soit connue. Dimanche passé à St Francis, j'ai demandé à une dame des nouvelles de son mari, mais c'était pour apprendre qu'il était mort et enterré pendant mon absence de l'île. Je me suis confondu en excuses. Ainsi va la vie. Ainsi va aussi la mort.

Jean Ekwalamu, alors qu'il s'était déplacé aux Etats Unis depuis des années, a échangé avec des emails peu avant sa mort. Rigobert Nzundu, mon cousin, avait repris contact avec moi peu avant la maladie qui l'a conduit à la mort. J'ai eu l'occasion d'organiser une petite collecte de fonds auprès des amis communs. Florent Katuta dernièrement, j'ai reçu son numéro afin de l'intégrer à notre groupe de Kalonda, promotion 1969-70. Je lui ai écrit et l'ai appelé sur Whatsapp, sur téléphone fixe, sans succès. Je me reproche de n'avoir pas utiliser le numéro de sa fille qui m'était aussi donnée. Peut-être que j'aurais eu la chance de le revoir ou de lui parler. Les exemples sont légion. D'autres personnes comme Papa Kimbinda sont décédées le jour même où je les ai revues. C'est que la mort circule autour de nous jusqu'au jour ce sera notre propre tour. Ainsi va la vie. Ainsi va la mort.

A chacun son destin. C'est le cas de le dire. Les décès sont souvent surprenants. Des malades longtemps alités ou subissant d'atroces souffrances meurent souvent après les bien portants. Des personnes aux physiques d'acrobates ou spartiates deviennent fragiles, sans force ni énergie à leur mort. Des jolies femmes et des beaux messieurs perdent leurs éclats étincelants, rabourgris ou émaciés par la maladie peu avant leur mort. Des riches se retrouvent démunis, ruinés, sans le sous, à leur mort. Vaninté des vanités, tout est vanité. Des sommes astronomiques sortent pour l'enterrement alors que le défunt malade ou pauvre a vécu dans la précarité et la misère totales. Certaines tombes valent parfois plus cher que les huttes occupées par le défunt ou que l'abri du sans domicile fixe. Décès surprenants. Ainsi va la vie. Ainsi va la mort.  

8 sept. 2025

40 ans de la Congrégation des Soeurs de Marie Reine de la Paix Kenge

7 septembre 2025. Les 40 ans de la Congrégation des Soeurs de Marie Reine de la Paix, Kenge, se sont célébrés à la cathédrale de Kenge. Ayant assisté à la fondation de cette congrégation en tant que proche collaborateur du fondateur Mgr Dieudonné M'Sanda, j'ai décidé d'écrire quelques pensées qui me passent par la tête. Ce témoignage n’à aucune valeur historique, étant donné qu’il est subjectif, lié à mes souvenirs et impressions personnels. Et il n'engage que moi. Remontons au commencement. 

Pendant longtemps le diocèse de Kenge issu de la scission des dioceses de Kikwit, Popokabaka, Kisantu et Inongo, n’avait pas de congrégation religieuse locale. Fruit de la mission SVD arrivée au Congo fin 1951-52 pour les premiers (PP Van der Heyden, Van Gorp, Van Den Boon, Hoenen, Fr Van Roijen), préfecture apostolique en 1957 et érigé en diocèse en 1963, le diocèse s’implantait lentement mais solidement dans l'entre Kwango-Kwilu et Mayindombe. Le voeu de voir un institut de vie consacrée de droit diocésain pour les filles à Kenge date de longtemps. Celles qui désiraient devenir religieuses étaient orientées ailleurs vers Kinshasa, Kikwit chez les Sœurs de Marie au Kwango, Kisantu, Popokabaka, Inongo, ou encore vers des congrégations missionnaires internationales. C’est le cas de Maman Esther Kanene ou Sr Pascaline Bindanda ou Sr Nzeyi pour ne citer que ces trois-là. De même pour les jeunes gens. Frère Grégoire Kuyenguna ne s'est-il pas retrouvé chez les Frères de St Joseph de Kisantu? L'histoire est longue. 

Les conditions n’étaient pas encore réunies pour fonder une congrégation diocésaine. A titre d’exemple, pendant ma régence à Kalonda, j’avais en février ou mars 79 accompagné, sur ordre de l’évêque, les candidates Régine Malosa et Charlotte Mangombo à Kikwit pour des contacts informels avec les Sœurs de Marie au Kwango. Ce fut d'ailleurs mon tout premier séjour à Kikwit. Sr Charlotte est devenue salésienne de la visitation, professe à voeux perpétuels depuis presque 45 ans, et Mama Régine vit comme laïque consacrée à Kin. 

La première fois que mes condisciples de théologie Flavien Busina, Benjamin Fala, Jean Pierre Gavuka, Faustin Mampuya) et moi avions entendu Mgr M’Sanda parler d'une congrégation diocésaine, c’était en 1981-82 à Rome, à la Casa Internzionale del Clero. Il cherchait des fonds auprès des dicasteres romains et d'autres organismes. Je l'avais aidé à la rédaction de certains de ces projets. A notre retour à Kenge en août 1982, une structure de base était déjà en place. Une maison était en construction dans l’enceinte de la Procure, juste derrière le bureau de la coordination. Les jalons de la construction du noviciat étaient déjà posés au Camp Zaïre sur une étendue de plusieurs hectares. Une jeep Land Rover de 5 portières de couleur jaune était déjà assignée à ce projet. On l'appelait la Reine. Comme il n’y avait pas de moyen de transport pour le secrétariat de l’évêché, il m'avait été permis d'utiliser cette jeep jusqu’à l'arrivée des soeurs formatrices et l’ouverture officielle du postulat. C’est même moi qui conduisis en décembre 82 les candidates postulantes à Bonga pour leurs attestations médicales. 

Trés actif, déterminé et engagé dans cette œuvre d’église, Mgr M’Sanda a sollicité auprès du Cardinal Joseph-Albert Malula de mettre au service de la nouvelle fondation deux Sœurs Thérèsiennes comme formatrices pionnières. C’est ainsi que les Sœurs Germaine Mbuku, alias Maman Koko, maîtresse, et Bernadette Nzuzi, son assistante, ont été affectées à Kenge à partir d'octobre 1982. Elles ont rassemblé les six premières candidates dans la maison qui servira de postulat. Elles s’appelaient: Viviane, Valentine Kandambi, Pétronille Milungu, Lucie Mukadi, Anastasie Sukari et Scholastique Sumbu. Les premiers pas étaient difficiles, tout était à commencer, à créer, à inventer. Il fallait écrire les règles, équiper la maison, assurer la vie matérielle, organiser la vie spirituelle. La plupart de ces jeunes femmes travaillaient dans l’enseignement primaire et secondaire, sauf une qui s’occupait de la librairie. Soutenues et guidées d’une manière paternelle et affable par Mgr le Père Fondateur, les deux sœurs pionnières ont abattu un travail missionnaire solide et spectaculaire.  Elles ont réussi à poser les bases fondamentales de la congrégation des MRP. Soeur Nzube fut rappelée à Kinshasa, remplacée par Soeur Alphonsine Kazodi, que je revis plus tard à l'Ecole de la Foi de Fribourg.

L’année 1982-83 reste à mes yeux cruciale, la pierre angulaire. Les difficultés ne manqueront pas. Des défis sont affrontés avec zèle et résolution. Année de la première visite ad limina, j'ai participé à la rédaction du tout premier rapport quinquenal de l'évêque. Il fallait achever le chantier du noviciat, du moins du premier bâtiment, l'ouverture du noviciat étant fixée pour le 8 septembre 83. Pour ce faire, les travaux de construction du nouvel évêché pourtant avancés étaient momentanément suspendus, vu que c'était la même équipe qui construisait les deux chantiers. Cette année-là est restée pour moi, devenu factotum, la plus assidue en termes de travail et de responsabilité. Je devais m'adapter à mon nouvel environnement. Ordonné prêtre le 7 août, je suis revenu de mes prémices de Kimbau-Matari, Kabwita, Kibuka, Mutoni, etc. et j'ai aidé aux préparatifs. 

L'ouverture du noviciat eut lieu le 8 septembre 1983 à la paroisse Notre Dame de la Paix, Kenge, présidée par Mgr Dieudonné M'Sanda, en présence du  Cardinal Malula qui, dans sa bienveillance paternelle, était venu accompagner et soutenir l'oeuvre pionnière de ses filles missionnaires. Cette cérémonie inaugurale était suivie de la bénédiction du premier bâtiment du couvent des MRP. Une grande délégation des soeurs thérésiennes était venue de Kinshasa. De l'homélie du père-fondateur, j'ai retenu une expression qui a fait rire toute l'assemblée: "Tolotolo me simba yandi". A cette occasion, les légionnaires ont chanté pour ovationner le Cardinal: "Tiya eee tiya yaya e yaya tiya, tiya eee e tiya yaya eyaya tiya... Nganga-Nzambi bu ulonga, tala disu ku n¹sia lukaya ko etc...)". Excellent orateur, le Cardinal, ancien séminariste de Mbata Kiela, les a remerciés dans un kikongo ya leta parfait. Peu après ce discours, il a reçu en cadeau, de l'évêque de Kenge, une vache posée dans un camion Magirus au grand étonnement de tous. Dès ce jour-là, les novices et leurs formatrices se sont installées dans leur nouvelle maison. Des instructeurs parmi lesquels le père scheutiste Ludo d'Haes et le père Luigi Brugnetti SSS enseignaient des cours de spiritualité, des sacrements. Le père Louis Schön, alors curé de Masamuna, était chargé de la direction spirituelle. J'avais remplacé le père Brugnetti, l'année suivante. Le 24 janvier 1984, à la suite d'un incident dû à une mauvaise communication entre l'abbé procureur Tryphon Ilenda et moi, les soeurs n'avaient pas eu messe au noviciat. Je laisse les autres détails à d'autres.

Kenge, 8 septembre 1985. Les premières Soeurs MRP émettent leurs premiers voeux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance en l’église Notre Dame de la Paix. La cérémonie est présidée par le fondateur en personne: Mgr Dieudonné M’Sanda Tsinda Hata en présence de plusieurs prêtres, religieux et religieuses. On note la présence d'une trés forte délégation des Soeurs Théresiennes de l’Enfant Jésus de Kinshasa venues par bus soutenir les formatrices. Les nouvelles professes s’appellent: Pétronille Milungu, Lucie Mukadi, Anastasie Sukari et Scholastique Sumbu. La cinquième novice, Valentine Kandambi, a été retardée. Elles vont tout de suite se mettre au travail au sein de leur congrégation comme enseignante, maîtresse de postulantes ou novices, économe, intendante, etc. Les soeurs thérésiennes vont rester jusqu'en 87, après avoir formé deux autres groupes de novices et professes. Je n'ose pas risquer de citer leurs noms de peur de friser l'inexactitude et de fausser la véracité de mes propos. La congrégation va désormais  voler de ses propres ailes. Ayant quitté l'évêché de Kenge le 12 octobre 1987, j'avoue en avoir assez dit pour conclure. 

Hier 7 septembre 2025, j'ai suivi avec quelque émotion des vidéos de la messe des 40 ans d'existence de la Congrégation des Soeurs de Marie Reine de la Paix de Kenge, dans la cathédrale Mwense Anuarite, célébrée par Mgr Jean Pierre Kwambamba, évêque de Kenge. Assumant que l'érection canonique de la Congrégation a coïncidé avec les voeux des toutes premières professes, je suis remonté aux années de fondation, j'ai admiré et admire encore la persévérance de cette congrégation. Félicitations aux soeurs de MRP, à Soeur Jeanine et à ses consoeurs qui poursuivent cet idéal. Ad multos annos! Félicitations à Mgr Jean-Pierre Kwambamba Masi et au diocèse de Kenge d'avoir maintenu la flamme inaugurale et d'avoir fait grandir cette oeuvre de Dieu dans l'esprit de son fondateur et dans le respect de l'église. Félicitations à la Fraternité de Marie Reine de la Paix, dont je salue la bravoure et la fidélité filiale à la vision de leur fondateur. Enfin, je suis heureux d'avoir modestement contribué à l'édification de cette congrégation diocésaine fondée par Monseigneur Dieudonné M'Sanda Tsinda-Hata de pieuse mémoire, dont je fus le secrétaire de 1982 à 1987. Que l'Eternel achève lui-même l'oeuvre qu'il a commencée par ses humbles serviteurs et servantes.   

5 sept. 2025

Anicet et Florent in memoriam

2-3 septembre 2025. Ces nouvelles sont tombées comme un coup de massue. Anicet Kerezina et Florent Katuta sont décédés à un jour d'intervalle. Et nous avons pris connaissance de leurs décès presque le même jour. Un grand coup pour la communauté des anciens du petit séminaire de Kalonda.

Condisciple de Séraphin Mbenza, JP Mankasi, Albert N'Koyi ou Fabien Ndindi, Anicet Kerezina me précédait d'une année. Il venait de la mission Banza-Lute. La vie estudiantine s'est vécue allègrement avec lui. Lorsqu'il était devenu bidel général en 1972-73, j'étais son vice. La seule responsabilité que j'ai exercée comme petit séminariste. Il fut suspendu en mai-juin 73, je ne saurais dire pour quelle raison, et je fis l'intérim. J'ai déjà évoqué cette période de ma vie dans ce blog. Élève brillant, philosophe par moments, Keli fut un pur produit de la tradition kalondaise. Je ne l'ai plus revu depuis son départ du PSK. Je me suis une fois rendu à sa terrasse du centre commercial de Limété, mais ne l'ai pas rencontré. Toute sa vie, il est resté attaché à ses condisciples et à la communauté du PSK. Paix à son âme! 

Florent Katuta fut mon condisciple au CO avant de poursuivre sa formation à l'institut Nto Kiese de Kenge. Très doué pour le foot et la gymnastique en général, Katos fut de ceux qui rendaient la vie agréable dans notre classe. Il nous sortait des histoires à faire éclater le cerveau. Du genre:

 - Mfumweto untete nani? 

- Eeeee Mfumu eee, nge wena muleke. Mfumwete untete Ta Tsamba. Halanda Ta Tsamba Ta Kongo. Halanda Ta Kongo me wu." 

(Qui est notre premier chef? Ooo Père, tu es un enfant? Notre premier, c'est Ta Tsamba. Après Tsamba  Ta Kongo. Après Ta Kongo, c'est moi-même). 

C'était une question de catéchisme que le Père Edwin Zimmermann SVD, brousaard de Kolokoso, aurait posée à un mulopo du Chef Tsamba de Kimafu pour son test de baptême. 

Florent, c'était aussi cela. Mon congénère, nous nous sommes échangé des coups pendant un entraînement de l'équipe Etoiles Filantes. Une équipe des plus jeunes qu'on ne pouvait pas intégrer dans Benalco, Charlemagne, etc. On y était avec les François Mapasu, René Ngambele, Kokama, Corneille Mukangu ou encore Tryphon. Animateur, Katos était informé de tout ce qui arrivait sur le plateau vert. Et il parlait bien. Après la psycho-péda à Kenge, Florent a poursuivi sans surprise et avec brio une licence en éducation physique, IPN. Nous nous sommes revus une ou deux fois entre 82 et 87. Aux dernières nouvelles, il était inspecteur des écoles secondaires à Bandundu-Ville. La paralysie qui l'a conduit à la mort est survenue à la suite d'un voyage en moto pour le site des examens d'état de Bagata. Il ne s'en est pas remis... après trois séances kiné à l'hôpital général de Bandundu, il a succombé. Que son âme repose en paix.  

Condoléances partagées avec les familles biologiques des défunts et la communauté des Kalondais. Requiescant in pace! 

Adieu Anicet et Florent. 

3 sept. 2025

1 et 2 Septembre dans mon univers

Hallo Julius, alles Gute zum Geburtstag. Gesundheit, Gottes Segen und Gnade.

[08:40, 01/09/2025] Kahiudi: Voilà aujourd'hui 13 ans que Maman a été enterrée à Mikonga. Pieuses pensées pour sa mémoire. Union de prières.

[16:20, 01/09/2025] Rigobert Mabana Mangombo Kisal: Qu'il est pénible de perdre ses géniteurs même quand on est déjà soi-même parent. Que Dieu veille sur leurs âmes !

[9/2, 20:48] Kahiudi: La vie continue. Aujourd'hui Mukawa a suivi son tout premier cours à l"université.

[9/2, 20:49] Kahiudi: Et aujourd'hui en 1969, j'avais vu Séraphin Kiosi pour la première fois à Kalonda.

Le 1er septembre, c'est l'anniversaire de Jules, le jour où Maman a été portée en terre. Le 2 septembre commémore ma toute première rencontre avec Séraphin et mon amitié à la Fleur de Cactus. Soit quatre événements qui me tiennent à coeur, et dont je me souviens chaque année. Un lecteur ou une lectrice de ce blog saura décanter l'importance de ces événements dans mon univers.