25 sept. 2025

Pourquoi rêver ce que nous ne sommes pas?

Nous vivons parfois dans des contes des fées. Nous croyons être ce que nous ne sommes pas, la réalité nous rattrape parfois cruellement. Nous vivons dans des personnages que nous ne sommes pas. Nous inccarnons des êtres et des choses qui ne réflètent pas notre vraie personnalité ni notre âme. C'est cela ce qui s'appelle naïveté que les psychologues appellent paranoia, mégalomanie. D'autres dépassement, illusion, sublimation, déplacement, etc. Tous ces mots dénotent cette déviation d'identité. Et l'homme politique est le personnage typique de ce rôle emprunté. Difficile de le définir tel qu'il est vraiment. Difficile de relier ce qu'il dit à ce qu'il fait, ce qu'il promet à ce qu'il réalise. Un personnage multiple, divers et aux casquettes tentaculaires. Je voulais reprendre comme titre une expression italienne déjà utilisée plusieurs fois dans ce blog: Politica, politica, mani pulite. Une expression qui se vérifie et se confirme depuis la nuit des temps. La politique, c'est comme un fashion show: une représentation théâtrale sur un portable scénique. 

L'événement politique de cette semaine en RDC, c'est la démission de Mr Vital Kamhere, ancien président de l'Assemblée. Pour la deuxième fois, il a été déchu de ce prestigieux poste hautement respecté dans des conditions humiliantes. En fin politicien, il a parlé de "démission volontaire"; avait-il vraiment le choix? Je ne connais pas l'individu personnellement, mais son parcours est des plus éclairants. Mes informations sur lui sont tirées de la presse et des réseaux sociaux. Opportuniste et félin politique, VK a connu une ascension fulgurante, mais aussi controversée. Auteur d'un fameux livre de propagande pour l'élection de Mr J Kabila, il a été déchu pour avoir osé remettre en question la présence de l'armée rwandaise sur le territoire congolais. Mis à la touche, il a crée son propre parti, l'UNC. Signataire de l'accord de Genève avec Mrs Félix Tshisekedi, Ferdinant Matungulu, Adolphe Muzito, Moïse Katumbi, qui portait Martin Fayulu comme candidat unique de l'opposition contre le dauphin de JK, Emmanuel Shadary, il est allé à Naïrobi signer un accord avec Félix Tshisekedi comme candidat président pour 2018 et lui-même en 2023. Devenu directeur du cabinet du président Tshisekedi, il a dû faire face à un tribunal pour le projet dit des 100 jours où il aurait détourné 57 millions de dollars et a été emprisonné pendant plusieurs mois. Acquitté, il a été nommé ministre de l'économie peu après sa sortie de prison. Aux éléctions de 2023, il a soutenu le candidat Tshisekedi réélu au lieu de se présenter lui-même, et a occupé le poste de président de la chambre basse du Parlement. Une pétition l'a cloué au sol. Le revoilà aujourd'hui renvoyé à sa base, sans fonction officielle au sein de la république. 

Des questions se posent sur son avenir politique, son positionnement par rapport aux actualités de l'heure dans un pays où l'Est est occupé par les rebelles du M23/AFC. Pendant ce temps, bosseur intrépide, le propagandiste polyglotte a réussi à soutenir une thèse en linguistique économique d'une université grecque (?) et à se faire en conséquence nommer professeur associé en économie à l'UNIKIN. Quelle prouesse intellectuelle! A ce propos, des voix de contestation se sont faites entendre dans le corps académique. Certains le disent fini. D'autres doutent de son avenir. Pour moi, l'homme politique possède, en dépit de sa déchéance, d'énormes capacités qu'il peut brandir pour se remettre sur la sellette politique congolaise.  Je ne suis pas fanatique de VK ni d'ailleurs d'aucun leader politique; je me définis comme un littéraire apolitique.

J'en viens à la question initiale de cette entrée. Pourquoi rêver ce que nous ne sommes pas? A quoi bon se prélasser de titres politiques et honorifiques si on doit finir dans la déchéance de toutes les boues? Célébré aujourd'hui comme un héros, honni et bafoué demain comme Uncas, le dernier des Mohicans. Tel est le sort des prétentieux parano et mégalo. Soyez vous-mêmes, soyons nous-mêmes. Moralité: Vanité des vanités. Avez-vous jamais pensé à la façon dont l'aigle écrase une tortue? C'est ça la politique. 



   

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