12 sept. 2025

Décès surprenants

Il y a des décès surprenants. Dans mes relations, il m'arrive d'avoir perdu de vue quelqu'un dont la mort vous surprend soit alors que vous ne pensez plus à lui soit alors que vous venez à peine de reprendre contact. Quelqu'un de disparu pendant des décennies revient alors qu'on ne l'attend plus ou qu'on n'entend plus parler de lui, voilà qu'il meurt aussitôt revenu dans le cercle. Un autre perdu, voire oublié, vous revient déjà mort. D'autres en bon nombre meurent sans que la nouvelle ne soit connue. Dimanche passé à St Francis, j'ai demandé à une dame des nouvelles de son mari, mais c'était pour apprendre qu'il était mort et enterré pendant mon absence de l'île. Je me suis confondu en excuses. Ainsi va la vie. Ainsi va aussi la mort.

Jean Ekwalamu, alors qu'il s'était déplacé aux Etats Unis depuis des années, a échangé avec des emails peu avant sa mort. Rigobert Nzundu, mon cousin, avait repris contact avec moi peu avant la maladie qui l'a conduit à la mort. J'ai eu l'occasion d'organiser une petite collecte de fonds auprès des amis communs. Florent Katuta dernièrement, j'ai reçu son numéro afin de l'intégrer à notre groupe de Kalonda, promotion 1969-70. Je lui ai écrit et l'ai appelé sur Whatsapp, sur téléphone fixe, sans succès. Je me reproche de n'avoir pas utiliser le numéro de sa fille qui m'était aussi donnée. Peut-être que j'aurais eu la chance de le revoir ou de lui parler. Les exemples sont légion. D'autres personnes comme Papa Kimbinda sont décédées le jour même où je les ai revues. C'est que la mort circule autour de nous jusqu'au jour ce sera notre propre tour. Ainsi va la vie. Ainsi va la mort.

A chacun son destin. C'est le cas de le dire. Les décès sont souvent surprenants. Des malades longtemps alités ou subissant d'atroces souffrances meurent souvent après les bien portants. Des personnes aux physiques d'acrobates ou spartiates deviennent fragiles, sans force ni énergie à leur mort. Des jolies femmes et des beaux messieurs perdent leurs éclats étincelants, rabourgris ou émaciés par la maladie peu avant leur mort. Des riches se retrouvent démunis, ruinés, sans le sous, à leur mort. Vaninté des vanités, tout est vanité. Des sommes astronomiques sortent pour l'enterrement alors que le défunt malade ou pauvre a vécu dans la précarité et la misère totales. Certaines tombes valent parfois plus cher que les huttes occupées par le défunt ou que l'abri du sans domicile fixe. Décès surprenants. Ainsi va la vie. Ainsi va la mort.  

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