2 août 2020

Narcisse ou rester soi-même?

De l'autre côté du miroir
 
J'aime ton blog. Permets que j'y publie les réflexions suivantes. 
Rien n'est plus difficile que de rester soi-même, à moins d'avoir une conscience mal formée. A force de faire le mal, on finit par transformer le mal en bien. Le crime est banalisé au même niveau que la bonne action. Oui, le monde s'effondre.
Vaut-il encore la peine de faire des études de philosophie? Cette question me fut posée il y a trente-trois ans par mon oncle Mashamba. Je ne l'oublierai jamais. J'attendais le visa pour mon voyage d'études en Suisse. Selon lui, le pays était tellement par terre que pour survivre il fallait à tout prix renoncer à penser. Seul moyen pour tenir le coup dans ce contexte. Je lui avais donné tort en mon for intérieur sans le lui manifester car à l'époque je plaçais la philosophie sur un piédestal pour m'en défaire totalement. Comme il me fallait définir ma branche - philosophie ou philologie et lettres inexistante -, je remis la pendule à l'heure. J'ai pris l'option de me faire littéraire un peu contre mon gré, étant sous les ordres de la hiérarche. A quelque chose malheur est bon. Je tins à insuffler de l'équilibre dans mon être à travers ma formation. Ce bout-là, aussi contradictoire et réfutable soit-il, je le tiens jusqu'à ce jour.
Aliéné par la beauté de mon image? Que non, je ne suis pas Narcisse. Mon maître, c'est Kha Kahiudi bien avant Louis Lavelle. Cela ne revient-il pas au même?
Je disais à quelqu'un il y a quelques jours que je suis très victime de ma formation scolaire et spirituelle. Pourrait-il en être autrement? Je réfléchis à travers des créneaux relativement étroits au point qu'il y a des gens qui me traitent encore de calotin. L'étiquette dévote ne me quittera peut-être jamais. Ma muse me le rappelle souvent: "Comporte-toi en conséquence." La séparation totale est difficile parce que je tiens à quelques principes fondamentaux qui tissent et guident ma vie. C'est le défi de ma vie. Combien de fois n'ai-je pas renoncé à approfondir l'analyse d'un texte simplement parce que le non-dit de ce texte m'aliénait de mes options essentielles de vie? Une sorte de pudeur, peut-être d'hypocrisie ou de timidité. Un peu de tout cela. Combien de fois n'ai-je pas jugé une situation comme le ferait un prédicateur devant ses ouailles? Tout compte fait, je garde quand même un certain anonymat pour ne pas dire une certaine discrétion sur ma première vie. Pas si vrai que cela.
S'il est cependant une chose qui demeure intacte, c'est mon moi. Au-delà de toutes les considérations sociales ou philosophiques, je demeure moi-même. Toujours égal à moi-même, têtu comme un cheval rébelle, je ne change pas facilement mes idées quoique je m'adapte aux circonstances ambiantes. Les conseils que me prodiguent ma muse et mes proches demeurent des pistes que j'intériorise pour personaliser mes décisions. Je décide, et j'assume mes décisions. Je ne recours plus à la générosité de qui que ce soit. Je n'ai plus de bienfaiteurs ni de bienfaitrices. Je garde mes amis, du moins ceux ou celles qui tiennent aussi à moi. Je vis, je me bats par mon travail; et cela me permet de tenir les deux bouts de l'année. Le grand train de vie m'est indifférent. L'appât de l'enrichissement illicite ou malhonnête ne me tente pas, sinon je n'aurais choisi ce chemin de vie. Chaque centime de mon salaire est gagné à la sueur de mon front. Que des amis ou congénères étalent des biens matériels et des comptes en banque à vous couper le souffle, ne m'émeut pas outre-mesure. Je vis ma vie. Je ne crois pas qu'ils en soient plus heureux surtout s'ils ont recouru à la fraude ou à la malversation pour les obtenir ou s'ils ont détourné des biens et des deniers publics, extorqué ou volé l'argent des privés ou du contribuable. La tentation ne m'a jamais pris de faire comme eux car je tiens l'honnêteté pour une vertu inaliénable. Ce que je volerais demeurerait une perpétuelle épée de Damoclès sur ma tête. Jamais je ne transformerais un crime en bonne action quelle que soit le motif de mon forfait.
Je reste moi. Je ne me laisse pas envoûté par les mouvements actuels d'aisance matérielle. Ma vie ne change pas: je crois que j'ai tout ce qu'il faut pour vivre. Très peu de choses font mon bonheur. Ce qui me manque ne me revient pas, je l'oublie. Ce que je désire, je l'obtiens sans que je le demande. Cela vient à ma rencontre. Je crois à la Providence. Je ne suis pas saint, je ne suis pas Narcisse, l'autre côté du miroir ne m'attire pas car je ne me verrai jamais beau. Je suis moi.  

1 août 2020

UWI: Launch of the Faculty of Culture, Creative and Performing Arts

1 August 2020. Emancipation Day for the Nations and the Peoples of the Caribbean. Today took place the launch of the newest faculty of Cave Hill Campus: The Faculty of Culture, Creative and Performing Arts (FCCPA). A milestone in the life of the University of the West Indies. What a great event! Speakers to outline the importance of this new faculty were: PVC Prof Barriteau, Principal of Cave Hill, VC Sir Hilary Beckles,  The Most Hon. Mia A. Mottley PM of Barbados, and Prof. David Akombo, the Dean of the FCCPA. The ceremony was hosted by UWI TV. Very well done. From now on Cave Hill has a space rather a school and an intellectual anchor where culture and creative arts will be academic topics of study, research and degrees. By launching this faculty the UWI realizes its mission to serve the Caribbean and contribute to knowledge in various areas of human creativity and activity. Long life and success to the FCCPA. 

Août 2020 commence

Un mois plein de défis et d'espoirs s'annonce. Un mois qui rappelle et préfigure pas mal de scénario de ma vie. Un mois du destin. 
Défis et espoirs. Aujourd'hui, commence ma deuxième année de service en tant que directeurs des études graduées de mon campus. Le temps de faire le bilan d'une année d'apprentissage et d'adaptation aux nouvelles responsabilités. J'ai été reconduit à ce poste, ce qui est un bon signe. Je crois que j'ai été souvent surpris dans la gestion de ce poste. C'est là que mon expérieuce passée et présente a joué un rôle important pour contrebalances mes lacunes actuelles. J'ai beaucoup appris, beaucoup découvert, moi qui pourtant prétendais avoir tout vu dans ma vie. J'ai entre mes mains un des dossiers les plus difficiles à gérer dans la vie de notre université... c'est à mon avis le défi principal de cette année académique qui vient au milieu des incertitudes liées au Covid-19. "Make it happen", disait notre ancien registraire qui vient de prendre sa retraite depuis hier au cours d'une émouvante cérémonie d'adieu. Imaginer, créer, gérér, pré-voir, résoudre des problèmes, là se trouve la clé de la réussite. 
Ce mois me ramène à beaucoup d'événememts importants de ma vie. 6 aôut 78, vêture à St Hypollite Bandundu. En 80 formation de langue allemande à Goethe Institut Staufen, première de mes quarante visites à Munich. 7 août 83 ordination sacerdotale à Kenge. 8 août 83 célébration de ma première messe à Notre-Dame, Kenge, 10, 15 aôut 83, messes de prémices à Kimbau-Matari, etc. Différentes ordinations. 20 août 1905, naissance de ma deuxième maman, Theresia Weingärtner à Hangnach. 23 août 2012, décès de ma mère Christine Matsasu d'heureuse mémoire à Kinshasa. Ces personnes m'ont tendrement entouré de l'amour qui me fortifie et me fait vivre jusqu'à ce jour. Paix à leurs âmes! 5 août 94, rencontre avec Traudl Schmitt à Wurmlingen qui prit le relais de "Maria", au cours de mon ministère auprès des malades, deux semaines après la mort à Kenge de ma soeur Anne-Louise dont j'évoquais le nom à chaque célébration eucharistique. En ce 1er août 2020,  mes pensées pieuses vont à  tous mes chers parents défunts, en totale union de prières et de coeur avec tous les miens. 
Août est aussi le mois d'anniversaires de naissance de quelques-uns de mes proches. Bénédictions et grâces en abondance. Hi Eileen Baker qui souffle des bougies en chiffres ronds. Be blessed. Institut Goethe: Erno Schlindwein, Lodo Radaelli et sa famille, Elisabeth Peters, Jules Kafuty, etc. Des rencontres du hasard? Appelez cela coïncidence si vous voulez, c'est la Providence qui guide mes pas sur les tortueux chemins de la vie, car pour moi le hasard n'existe pas. Les symboles, je les respecte fort comme mon inspiratrice fleur de cactus me le rappelle. Nostalgique? Oui quoique la vie aille de l'avant. En ce mois je perdis définitivement le lien télépathique qui me liait à ma mère. En ce mois je revis en rêve la figure naissante de ma vieille maman de Munich. En ce mois pointèrent à l'horizon des ombres mystérieuses de mes proches. Un mois du destin à plusieurs égards. Je m'arrête là pour aujourd'hui.  

29 juil. 2020

COVID-19: Qui croire? Quoi croire?

Qui croire? Personne. Depuis bientôt six mois que le confinement a été imposé et levé, re-imposé ou re-levé, des personnages illustres et inconnus du monde médical et politique, du monde des affaires et des médias tentent de donner des réponses adéquates à cette pandémie dont le nom n'échappe plus à personne. Le coronavirus ignoré il y quelques années a surgi et domine toutes les conversations du monde scientifique et populaire. Des explications de toutes sortes sont avancées pour en expliquer l'origine, la nuisance et la médication. Des théories se contredisant les unes aux autres tout comme des solutions disparates illustrant la complexité de la catastrophe. Biologistes, médecins, chimistes, laborantins, intelligences artificielles ou scientifiques de tout acabit, se croisent et s'empoignent pour faire triompher leur vérité. Rien n'y fait. Nul n'a raison. Et il ne faut croire personne. Pharmaciens, financiers, démarcheurs, histoires, mythologues tirent l'épingle de leurs côtés sans obtenir la crédibilité qui leur a été forgée par la force de l'histoire. Rien n'y fait. Nul n'a raison. Qui croire? Personne! Un citoyen américain s'est acheté une Lamborghini avec l'argent alloué à la riposte contre le COVID-19. Un gars se retrouve en geôle pour avoir détourné des cartons de médicaments et masques destinés à la riposte. Le malheur des uns fait le bonheurs. 
Quoi croire? Rien. Une aubaine pour la mafia pharmaceutique mondiale. Le coronavirus n'est pas une maladie, je dirais même, tout sauf une malade. C'est un business, une affaire très rentable. D'aucuns parlent d'une arnaque à l'échelle mondiale. Créé pour changer l'ordre du monde et imposer un nouvel ordre mondial, inventé de toutes pièces par les décideurs de la planète, le coronavirus illustre un point de non-retour dans l'histoire de l'humanité. Plus rien ne sera comme avant. Et chacun y va de sa philosophie, de sa cosmologie, ou encore de sa conviction scientifique. Les industries, les centres de recherche, les politiciens totalitaires comme les mécènes philanthropiques attisent leur appétit de la "chair humaine fraîche et sanguinolente". Comment expliquer que le pays le plus puissant et le plus développé du monde, comptent le plus des victimes de ce coronavirus? Ne sommes-nous placés au-delà de la science telle que pratiquée jusqu'à ce jour? Le monde entier est pris en otage par une pensée unique qui prescrit la distanciation sociale, l'hygiène des mains et le port des masques. Aujourd'hui et ici on prescrit l'hydroxy-chloroquine; demain et ailleurs on renie et on attend le vaccin. Que croire? Rien.  Et  Nous voilà tous sans le vouloir adeptes du sinistre personnage de Nniko Nniku du poète congolais Tchicaya U Tam'si. Nous vivons comme dans l'imaginaire et l'irréel. Quoi croire? Rien. Toutes les doctrines imaginables et inimaginables se défendent comme dans une marmite magique en argile que nobles ancêtres appelaient le "nzungwa thuma". Quoi croire? Rien.
Le COVID-19 inaugure un monde à l'envers qui n'est plus la terre des hommes, mais inspire la déchéance de l'humanité qui touche à son point ultime. La conscience ne guide plus l'homme; l'intérêt seul compte. Le plus sage serait de ne rien croire ni personne.

28 juil. 2020

Prof. Owen Arthur in memoriam

27 July 2020. Former PM of Barbados, the late R. Hon. Owen Arthur passed away at QEH, Bridgetown, Barbados. May his soul rest in peace. Professor of Practice. Mr Arthur (1949-2020) was a great man of the Caribbean who served Barbados as PM for almost fourteen years, winning consecutively three times the national general elections. Nobody has done better in the history of Barbados. Barbados mourns for the passing of one of its greatest leaders. The University of the West Indies he served as lecturer and professor at Mona and Cave Hill, mourns for the loss of one of its best academic builders. Not only he contributed intellectually, he also fully supported the expanding and the excellent transformation of the physical site of the Cave Hill Campus. The former leader of the BLP (Barbados Labour Party) will be remembered as one who passionately loved his country and the Cariibbean, and who dedicated his life to the development of this part of the world. A very simple guy you could meet shopping at Supercentre or with whom you could use the elevator in the Caricom Building of the Cave Hill Campus or who even would greet and kindly ask you how you are doing. For his latest appointment this man chaired the Board of Directors of LIAT, the Caribbean Airline Company. I spoke to him for the first time at the inaugural of the African section of the Barbados National Museum back in 2002 it my memory is correct. He played an important role to promote  Africa awareness in Barbados. An outstanding politician with vision and wisdom. 
Extending my condolences to his family and the People of Barbados, I pray the Lord to grant him eternal peace and rest.  

27 juil. 2020

La tempête Gonzalo a vécu

Weekend 25-26 juillet 2020. On nous a annoncé une tempête tropicale nommée Gonzalo. Nous avons vécu quelques pluies intermittentes. On craignait des inondations. Nous avons vu quelques traces d'eau sur les routes. Plus de peur que de mal. Dieu est grand et miséricordieux. Qu'il soit éternellement béni et loué! 
Vous avez lu Gonzalo? Ce nom me rappelle ma propre vie. Mayidi, 1978, j'avais joué le rôle de Gonzalo, le conseiller du roi, dans Une tempête d'Aimé Césaire. Avec les amis Célestin Manzanza comme Caliban, Alexis Olenga comme Prospero, Antoine Thwadi comme Eshu, ou encore César Phoba comme Trinculo ou je ne sais quel marin. "Hardis les gars... adieu Bordeaux". La particularité de ce rôle est que je fus le premier acteur à monter sur la scène, donnant ainsi le ton de la pièce, enflammant l'enthousiasme des spectateurs ou affûtant l'oreille de l'audience. 
L'honorable et pacifique conseiller du roi porte aujourd'hui le visage de catastrophe naturelle sous le spectre de la tempête dont il fut victime dans la pièce de Césaire, ou de Shakespeare. Allez-y voir. Autre temps, autres mœurs. Esclave devenu Prince aujourd'hui, comme Roi réduit aujourd'hui au laquais de parquet. Evangéliste transformé en impitoyable Poséidon. Mais cette déchéance n'est que de surface, ainsi que l'a démontré le passage de Gonzalo.


22 juil. 2020

Impressions actuelles

Actuellement, j'ai des impressions contradictoires, plutôt négatives sur mon environnement. Au niveau du boulot, ça va, j'entends, il y a des défis à relever tous les jours. Souvent il faut arbitrer des conflits de différents ordres ou d'intérêts. Là au moins, les règlements s'appliquent avec consistance. Ce qui m'inquiète actuellement, c'est les nouvelles qui viennent du pays. 
1. De ma Famille. Il y a eu pas mal de décès dans la famille de la fin de l'année passée à ce jour. Pas mal de conflits entre individus pour des actes ou dits maladroits. Parfois, il vaut mieux se taire que de prendre position dans une dispute émotionnelle qui divise plus qu'elle ne rassemble les gens. Des tendances apparaissent; des divisions se dessinent selon qu'on est de telle ou telle partie de la famille. Des engagements se défont selon que l'on défend tel ou tel intérêt, telle ou telle personne. Difficile de se situer au-dessus de la mêlée sans être indexé. Cela, c'est aussi la famille. Vous avez beau vous disputer, tant que vous partagez le même sang, vous finirez un jour par vous remettre ensemble. C'est un destin qui, malencontreusement, est souvent oublié, remis en question par des contingences immédiates. Qu'on se le dise, la corde familiale s'affaiblit mais ne se coupe jamais. Ni la richesse, ni la pauvreté, ni la réussite, ni l'échec, n'y peuvent rien. Expliquant un problème de santé, je me suis surpris d'entendre d'une cousine: "T'en fais pas, c'est dans le sang. Moi aussi j'ai le même problème, même pire que toi." Ce point-là est l'essentiel. Cette semaine, j'ai dû prendre la décision d'assister une tante immobilisée depuis quelques mois par un AVC. Elle était très heureuse de mon geste, implorant des bénédictions divines sur ma personne. Au lieu de croiser les bras et attendre que la mort la frappe, le plus important est de l'accompagner jusqu'à ce que Dieu en décide. J'ai invité d'autres frères et sœurs à faire de même. Devoir familial.
2. Du Kwango. Soyons clairs, il ne s'agit pas faire de la politique mais de soulever quelques questions sur la gestion actuelle de cette province, disctrict ou sous-région comme ce fut appelé autrefois. Je n'ai visité que les territoires de Kenge, Feshi et Kasongo-Lunda sur les cinq que compte cette province. Depuis juin 2017, dans un esprit de rendre la pareille (to give back) à ma communauté d'enfance, je travaille pour l'ISP de Kenge en tant que prof. visiteur. Ce retour au bercail me permet d'observer et d'apprendre énormément. J'ai vu, je vois, je connais un bon nombre de leaders de cette province. Il ne me revient pas de juger, mais de constater que la province tourne en rond. En soixante ans d'indépendance le Kwango n'a pas progressé, alors pas du tout. Et nos politiciens s'enrichissent alors que la population croupit dans la misère et que les infrastructures de base demeurent inexistantes. Eau et électricité posent toujours problème. Il y a actuellement une université et des multiples instituts supérieurs, mais le niveau intellectuel reste bas. L'amour du pays et de la science me convainc du bien-fondé de mes enseignements dans cet institut.
Je viens de lire la réponse du gouverneur déchu à la motion qui lui a été adressée le 26 juin 2020. Un texte plein de fautes d'orthographe et de grammaire presque sur toutes les lignes. Une argumentation incohérente qui donne la mesure de l'incompétence et de la mauvaise gestion qui lui sont reprochées. Il se vante d'avoir bâti un édifice pour abriter l'Assemblée Provinciale, mais les habitants de Kenge prétendent que ce bâtiment est inachevé, et peut-être, ne sera jamais achevé, l'argent ayant été dilapidé. On l'accuse de s'emparer arbitrairement des recettes de la DGRKwa pendant que les agents de cette régie demeurent impayés depuis des mois. Son intérimaire vient ce 20 juillet de poser la première pierre pour un marché moderne qui porte son propre nom. Sisa bidimbu. Rien n'augure ni un avenir ni un développement radieux pour le Kwango, en dépit de quelques slogans politiques qui, en réalité, ne servent que leurs auteurs.
3. De la RDC. Ce que je viens de dire pour le Kwango s'applique aussi à la RD Congo entière. Soixante ans après son indépendance politique, la RDC souffre de l'égoïsme de ses leaders plus prompts à servir leurs ambitions et leurs ventres plutôt que l'intérêt supérieur de la patrie. Enviée de ses voisins prêts à exploiter ses énormes richesses, affaiblie par de nombreuses poches de rébellion à l'Est comme au Sud, occupée de tous les côtés à ses poreuses frontières, la RDC offre le triste spectacle d'un no man's land incapable de faire face aux assauts de ses envahisseurs. Le pouvoir, de Kinshasa soupçonné de complicité et de trahison, ne contrôle pas la totalité du territoire congolais. Certains vont jusqu'à dire que le pays est occupé depuis l'avènement de l'AFDL. Le président Paul Kagamé du Rwanda est montré du doigt comme étant le grand déstabilisateur de la RDC, en fait l'homme de main des Occidentaux dans leur effort de s'assurer l'exploitation des matières premières de ce pays réputé être trop étendu pour être bien gouverné. Le pouvoir actuel, issu des accords post-électoraux FCC-CACH, ne formerait qu'une émanation de cette hégémonie occidentale par l'entremise du Rwanda. Tout le monde lit et reçoit différentes versions de ces arrangements qui font de l'autorité morale du FCC le véritable commandant en chef dont le président congolais exécuterait les ordres. Le peuple demeure en attendant muselé, soumis à son malheureux destin.  Le procès de 100 jours nous a montré le niveau de la corruption et de la gabegie dans lesquelles le pays s'enlise sous le régime actuel. Je n'affirme rien, mais je rapporte ce que je lis comme tout le monde dans les réseaux sociaux. Entre-temps vivent misère, pandémie, précarité, guerre, troubles, insurrections sociales, émeutes, etc. signes d'un profond malaise politique, social et économique.

Bref, mes impressions actuelles tendent plus vers le pessimisme quoique je sois de nature optimiste. Les nouvelles que nous recevions du pays ne sont guère rassurantes ni encourageantes.